Aujourd'hui, nous sabotons la 1ère Tâche, les enfants !


24 novembre 1994.

Tournoi des Trois Sorciers, 1ère Tâche.

Albus et Scorpius avaient réussi à s'installer au tout premier rang, dans les gradins et ne pouvaient s'empêcher de regarder tout autour d'eux avec curiosité en attendant le début de la Première Tâche.

- Pssst ! C'est pas ton père, là-bas ? chuchota Albus en donnant un coup de coude discret dans les côtes de Scorpius.

L'adolescent blond tourna la tête pour apercevoir un garçon blond et au teint pâle qui s'installaient avec des élèves de Serpentard.

- On dirait… chuchota Scorpius. C'est quoi le truc épinglé sur sa robe ?

Il plissa les yeux en voyant que Drago Malefoy adolescent n'était pas le seul à avoir cet étrange badge accroché sur ses vêtements, plusieurs autres élèves de Poudlard en avait également un.

- « Vive Cédric Diggory » … déchiffra Albus tandis qu'un groupe passait devant eux. Et d'autres en ont un où il est marqué « A bas Potter ».

- Les livres ne nous parlent pas de cette discrimination, s'amusa Scorpius.

Albus ricana :

- Evidemment… Mon père est considéré comme un héros, ça le ferait pas de lui rappeler qu'il a aussi été impopulaire parfois.

Cette nouvelle sembla particulièrement le ravir. Scorpius secoua doucement la tête, quelque peu troublé de savoir qu'ils se trouvaient tous les deux non loin de leurs pères respectifs, en sachant qu'ils avaient le même âge qu'eux. Son regard balaya la foule, en cherchant il pourrait surement voir peut-être sa mère aussi puisqu'elle avait fait ses études à Poudlard, bien qu'étant un peu plus jeune que son père de deux ans.

- Regarde, les profs ! C'est trop rigolo !

Albus lui désigna une tribune où les professeurs étaient réunis. Ils reconnurent immédiatement le Professeur McGonagall qui prenait place, le dos bien droit, le visage sévère et les cheveux tirés en un chignon serré sous son chapeau.

- Elle n'a pas beaucoup changé… murmura Scorpius. Et là, en bas, c'est Hagrid qui est tout prêt de l'enclos ! Il discute avec un type roux…

- C'est mon oncle, répondit fièrement Albus. Charlie Weasley, il étudiait les dragons en Roumanie.

- C'est trop bizarre de voir tout ça… murmura Scorpius.

Ils aperçurent également le professeur Flitwick qui devait empiler des coussins pour pouvoir apercevoir correctement le terrain dans son ensemble, Mme Pomfresh l'infirmière qui se tenait prête à soigner les champions…

- Ah, ça va commencer ! s'exclama Albus en joignant ses applaudissements à ceux des autres élèves.

En effet, sortant de la grande tente dressée tout prêt de l'enclos, un homme énergique monta dans la grande tribune où étaient dressés cinq fauteuils.

- Ludo Verpey, chuchota Scorpius à son ami tandis que le directeur du Département des Jeux et Sports Magiques ouvrait grand les bras pour accueillir les clameurs de joie de la foule.

- Mesdames et messieurs, jeunes hommes, jeunes filles, je vous demande d'applaudir le grand… le fabuleux… le seul… et unique TOUNOIR DESS TROIS SORCIERS ! s'exclama-t-il.

Des exclamations enthousiastes s'élevèrent dans tous les gradins.

- Permettez-moi de vous rappeler que cette Première Tâche sera notée par cinq Juges ! Inutile de me présenter, vous me connaissez tous déjà ! Je vous demande donc d'accueillir la belle, la merveilleuse Mme MAXIME, Directrice de l'Académie de Beauxbâtons !

La demi-géante entra dans la tribune en adressant un signe de tête à la foule et s'installe sobrement sur le siège tout à droite.

- Et maintenant, voici le Directeur de l'Institut Durmstrang : M. KARKAROFF !

Sans un regard pour quiconque, le membre du Jury pénétra à son tour dans la tribune et prit place à côté de Mme Maxime.

- Notre Directeur du Département de la Justice Magique nous fait l'honneur de sa présence, voiciiiiiiiiiiiiii M. CROUPTON !

Les applaudissements étaient devenus de plus en plus modérés au fur et à mesure que le Jury entrait en scène, M. Croupton eut tout juste droit à quelques claquements de main poli. Ludo Verpey se racla la gorge en souriant :

- Est-il besoin de présenter le cinquième membre du Jury ? Considéré comme l'un des plus grands sorciers de tous les temps, amateur de sorbet au citron, voici l'illustre Professeur DUMBLEDOOOOOOOOORE !

Le Directeur de Poudlard s'installa sur le dernier siège, l'œil pétillant, tandis que des chaleureux applaudissements montaient des différentes tribunes. Lorsque le calme retomba, Ludo Verpey continua :

- Les quatre Champions vont bientôt pouvoir commencer, leur passage a été tiré au sort ! La première Tâche consiste à s'emparer d'un œuf d'or dissimulé au milieu d'un nid de dragons ! Les Champions doivent le récupérer en évitant de se faire croquer !

Un frisson d'appréhension et d'excitation parcourut les élèves et les professeurs tandis que plusieurs sorciers étaient en train de faire pénétrer un grand dragon dans l'enclos. Se souvenant que Scorpius avait particulièrement adoré les cours consacrés à ces créatures, avec le regret de ne pas pouvoir en voir un de près, Albus tourna la tête vers son ami. L'adolescent blond avait un sourire jusqu'aux oreilles en détaillant le grand animal qui grognait de mécontentement.

- Vas-y, fais l'expert… C'est quoi comme espèce ?

- Un Suédois à museau court, répondit du tac au tac Scorpius en riant. Il est magnifique ! Regarde-moi cette couleur de gris et de bleu ! Et ses écailles !

Amusé, Albus se dit qu'après tout, ils pouvaient fort bien rester encore un petit peu, après avoir fait échoué Cédric. Scorpius serait certainement des plus ravis en voyant les quatre dragons de l'épreuve !

- Magnifique… si tu le dis, le taquina-t-il. Ça reste un gros lézard cracheur de flammes !

- Idiot, répliqua son ami sans se départir de sa bonne humeur.

L'enclos fut déserté par l'équipe de sorciers, laissant le Suédois à museau court s'intéresser à son nid et à ses œufs. Les deux adolescents échangèrent un regard en reprenant leur sérieux, les doigts serrés autour de leurs baguettes magiques. La voix de Verpey résonna :

- Il est temps de commencer ! Accueillons notre premier Champion : Cédric DIGGORY !

L'élève de Poufsouffle quitta la tente, le teint verdâtre, sous les acclamations de la foule. Albus hocha la tête, songeant que les photos et coupures de presse dans la chambre d'Amos Diggory ne rendaient pas réellement hommage au jeune homme séduisant qui se tenait là. Il culpabilisa un instant en le regardant étudier le terrain. Cédric avançait nonchalamment mais en gardant une distance assez respectable avec le dragon qui le regardait d'un air méfiant. Son regard se posa sur une pierre qui sembla lui convenir et il leva sa baguette magique. Un instant plus tard, la grosse pierre s'était transformé en un chien qui se mit à japper. Agacé, le dragon darda ses yeux reptiliens sur cette petite créature qui la dérangeait tandis que le Champion commençait à le contourner avec précaution pour se rapprocher du nid.

- Maintenant ! souffla Albus au moment où Cédric Diggory tendait la main vers l'œuf. Il lança alors le sortilège du Croche-Pied

-Expelliarmus ! murmura Scorpius presqu'aussitôt.

Immédiatement, le Champion trébucha violemment au bord du nid. Sa baguette fut expulsée quelques mètres plus loin, sous les cris d'horreur de la foule.

- Olalala ! commenta Verpey. C'était une belle tentative !

Le bruit avait alerté le dragon qui se désintéressa soudain du chien pour se tourner vers le voleur près de ses œufs. Cédric Diggory se rua hors du nid, mais ne put éviter un jet de flammes qui l'atteignit au visage. A tâtons, il essaya de retrouver sa baguette magique.

Parfait ! songea Scorpius. On a vraiment l'impression qu'il est tombé tout seul et qu'il a perdu sa baguette sous le choc.

- Scorpius, chuchota précipitamment Albus. Le Retourneur…

Alerté, par le ton inquiet de la voix de son camarade, l'adolescent blond tourna la tête vers son ami alors que Cédric effectuait une roulade avant pour fuir le Suédois à Museau Court fou furieux.

- Il chauffe ! Vaut mieux déguerpir ! continua Albus, la main plaquée contre la poche de sa robe. Il vibre ! Je crois qu'il veut rentrer !

Scorpius hocha la tête :

- Filons !

Bousculant quelques élèves sur leur passage, ils se mirent à courir pour quitter les tribunes, se félicitant tout de même d'avoir eu la présence d'esprit de s'être installés proche de la sortie.

- éh là ! glapit une voix de fille en se retenant à la rambarde. Attention !

- D'solé ! lança Scorpius sans ralentir.

Ils entendirent la foule hurler au moment où un craquement de coquilles brisées résonnait. En courant, les deux amis contournèrent une partie des gradins, les déboires de Cédric Diggory occupaient bien trop la foule pour que quiconque s'intéresse à eux. Albus sortit précipitamment l'artefact de sa poche, Scorpius remarqua immédiatement que l'objet était en train d'afficher la date précise et l'heure de leur départ de l'année 2019. Par réflexe, il plaqua sa main sur le Retourneur et se sentit à nouveau avalé dans l'étrange dimension blanche du temps qui passe. Albus se retenait à la manche de son ami, pâle, très pâle. Trop pâle.

- Albus… !

Scorpius le serra contre lui, craignant de le perdre au milieu de leur voyage et effrayé. Le Retourneur n'était peut-être pas si fiable que ça, il semblait avoir une limite ! Voilà qui n'avait pas du tout été prévu au programme !

Albus sentait la plateforme circulaire sous ses pieds mais ne parvenait pas à garder l'équilibre. Son ami était son seul point d'ancrage. Sa tête…

Les étoiles étaient en perpétuels mouvements. Il essayait de tendre la main pour les arrêter, mais…

- Albus ! Albus ! l'appela Scorpius avec inquiétude.

Il avait la nausée. Et il avait froid…

L'ombre de l'oiseau noir le dévisageait, perché dans les branches du Saule Cogneur immobile. Un rire méprisant franchit son bec.

L'adolescent se sentit soudain jeté à terre. Il faisait à nouveau nuit, le sang battait violemment à ses tempes. Il entendait la voix inquiète de Scorpius, mais ne comprenait pas les mots.

- Albus Potter ! A bas, Albus Potter ! Vive Cédric Diggory ! chantonna Delphini qui virevoltait dans une somptueuse robe de bal, au bras de Viktor Krum.

- Au secours ! cria Scorpius. Quelqu'un !

Des bruits de pas précipités se firent entendre.

- Vous voilà ! s'écria Harry Potter en surgissant d'entre les arbres. Drago ! Ginny ! Ils sont là !

Le Retourneur de Temps brûlait dans ses paumes, mais il ne le réchauffait pas. Son sang était glacé dans ses veines.

- Albus… chuchota Scorpius avec angoisse. Le Château va brûler si…

L'adolescent blond n'eut pas le temps d'achever sa phrase qui se perdit dans un hurlement de douleur. Lord Voldemort sorti de l'enclos des Dragons, son regard écarlate fixé sur Albus, un phénix noir perché sur l'épaule. L'oiseau démoniaque claqua du bec, contrarié.

L'adolescent cligna des yeux en sentant les ténèbres qui voulaient le happer. Il rencontra le regard vert et brillant d'inquiétude de son père, puis celui de sa mère.

« Lorsque le temps sera retourné. »

Avec difficulté, Albus rampa au sol pour échapper au Mage Noir et se retrouva nez à nez avec le corps de Scorpius gisant sur le plancher poussiéreux de la Cabane Hurlante. Les lèvres de son ami étaient entrouvertes et une larme restait figée au coin de son œil.

« Lorsque l'autre sera épargné. »

- Scorpius, non !

Désespéré, il posa la main sur le cou de son meilleur ami et recula précipitamment en sentant un épais liquide rouge ruisseler sur sa paume. Du sang.

« Lorsque les fils invisibles assassineront leurs pères… »

Il se sentit arraché à l'étreinte de Scorpius.

- Il faut l'emmener à l'infirmerie !

- Je m'en charge ! répondit la grosse voix de Hagrid.

Albus se retourna en sentant une présence dans son dos. Voldemort l'avait rattrapé.

- Bientôt… susurra le Mage Noir avant d'éclater de rire.

L'adolescent entendit les vitres de Poudlard exploser et se laissa sombrer dans la tombe qui se creusait sous son dos.

Tétanisé, Scorpius n'osait plus bouger. Ces dernières secondes s'étaient écoulés extrêmement vites et pourtant il avait eu le temps de tout enregistrer avec détails. Son ami avait commencé à se sentir mal dès qu'ils avaient été absorbé par l'artefact et s'était effondré par terre, le corps parcourut de spasmes, les yeux roulant dans ses orbites. Scorpius avait eu le réflexe de vite cacher le Retourneur dans sa poche, et sans lâcher Albus il avait appelé à l'aide. Il se fichait bien d'être puni pendant toute l'année à venir, du moment qu'ils retournaient se mettre en sécurité. Du moment qu'Albus était trouvé, ramené et soigné… Heureusement, Harry et Ginny Potter n'étaient pas loin. Tremblant, l'adolescent regarda les parents de son ami se précipiter vers eux, rejoint presque instantanément par son propre père et Hagrid.

- Qu'est-ce qui lui arrive ? s'inquiéta Ginny en se laissant tomber à genoux près d'eux.

Le regard furieux d'Harry se posa sur Scorpius qui se tassa un peu plus sur lui-même :

- Mon fils ! Qu'est-ce que tu as fait à mon fils ?!

- R… rien… baragouina Scorpius en serrant un peu plus son ami contre lui. Je ne sais pas…

- Je te le demande une nouvelle fois ! tonna Harry en lui arrachant Albus des bras. Que lui as-tu f…

- Silence, Potter ! gronda Drago. Ne t'en prends pas à lui !

D'un geste brusque, Drago Malefoy attrapa Scorpius et le remit sur ses pieds.

- Il faut l'emmener à l'infirmerie, déclara Ginny en posant la main sur le front de son fils dont le corps continuait d'être agité de tremblements nerveux. Vite.

L'adolescent laissa son père vérifier rapidement s'il n'était pas blessé, n'osant pas croiser son regard. Inquiet, il vit Hagrid se pencher, ramasser Albus et partir en courant vers le Château, les Potter sur les talons. Rassuré de constater que sa propre progéniture revenait en meilleur état que celle d'Harry Potter, bien que visiblement en état de choc, Drago Malefoy fronça les sourcils :

- Il va falloir qu'on ait une longue discussion, toi et moi…

Scorpius rentra la tête dans les épaules comme pour se protéger déjà au mieux du sermon qu'il allait essuyer.

- Viens.

Une main posée sur l'épaule de son fils, soit pour le rassurer quelque peu, soit pour être sûr qu'il n'allait pas encore s'enfuir, Drago prit la direction du Château en sa compagnie. En silence, Scorpius marcha à ses côtés, la tête basse et refoulant à grand peine les larmes qui voulaient déborder de ses yeux. Son père n'aimerait pas le voir pleurer, c'était indigne des Malefoy. Il savait qu'ils allaient avoir des ennuis, des gros ennuis surement… mais il se consola en se disant qu'au moins, tout était terminé à présent. Ils avaient accompli leur mission. Maintenant, il fallait juste qu'Albus se remette de ce qui lui était arrivé.


Voilà !

Alors, ceux qui ont lu le script... Vous avez du noter encore les changements apportés. Je n'ai pas gardé le coup d'Albus qui revient avec un bras cassé, parce que j'ai trouvé ça un peu bizarre, perso... et je trouvais plus intéressant de partir sur cette espèce de vision cauchemardesque pseudo-prophétique.