Et voici le chapitre 27 !
La sonnerie annonçant la fin du cours résonna. Dans un joyeux brouhaha, les élèves commencèrent à ranger leurs affaires.
- Potter, Malefoy, venez me voir ! les appela Lafaille en effaçant le tableau.
Les deux amis échangèrent un regard en finissant de fermer leurs sacs, puis s'approchèrent du bureau du Professeur. Ce dernier s'assit dans son fauteuil :
- Vous vous sentez mieux, Potter ?
- Oui, Monsieur, merci, répondit l'adolescent avec un sourire gêné.
Lafaille hocha la tête, satisfait :
- Vos retenues auront lieu demain soir, à dix-huit heures. Malefoy, vous irez à la Bibliothèque aider Mme Pince qui a besoin de remettre ses archives à jour.
Scorpius hocha la tête, songeant qu'il y avait bien pire comme punition que mettre le nez dans des bouquins.
- Et vous, Potter, vous rejoindrez le professeur Tomechon. En sa compagnie, vous ferez l'inventaire des ingrédients de potions que nous avons précisément dans les placards, afin de pouvoir re-stocker ce qui est nécessaire.
- Bien, Monsieur, répondirent les deux amis en chœur.
Scorpius soupira presque de soulagement, une fois dans le couloir :
- On ne s'en sort plutôt pas mal, je trouve… Je m'attendais à une retenue bien plus horrible.
- C'est peut-être parce que c'est la première fois qu'on fait une vraie connerie… supposa Albus en jetant son sac sur son épaule. On a une heure de libre là, avant de manger, on va se poser sous notre arbre ?
- Bonne idée, sourit Scorpius ravi de retrouver leurs bonnes vieilles habitudes.
Ensemble, ils franchirent la grande porte et avancèrent dans le Parc jusqu'à leur coin. Albus laissa choir son sac dans l'herbe et s'adossa contre le tronc avec un soupir de bien-être, imité bientôt par Scorpius qui tira son manuel de Défense Contre les Forces du Mal, niveau 4 de son sac pour le feuilleter.
- Bon… Tu crois qu'on a réussi à changer quelque chose ? demanda Albus en croisant les doigts derrière la tête.
- Je ne sais pas du tout, répondit Scorpius en étudiant la table des matières. Tiens, mais je sais que le programme a été modifié ! Mais ça n'a surement rien à voir avec notre voyage.
Albus lui jeta un coup d'œil :
- Tu crois que Delphi est toujours notre amie, ici ?
- Tout dépend de si Cédric est toujours en vie, ou non. Si nous avons échoué, il y a des chances pour qu'elle ait l'impression qu'on s'est foutu de sa gueule. Elle a dû nous voir partir en direction de la Forêt… et si ça se trouve, elle attend toujours.
L'adolescent fronça le nez, espérant que son amie ne pensait pas qu'ils l'avaient laissée tomber !
- Tu crois qu'on doit lui écrire ?
- Pour lui dire quoi ? répondit Scorpius. C'est beaucoup trop tôt, Albus, tu l'as dit toi-même, on ne sait pas du tout où en sont les choses ! A première vue, il n'y a pas beaucoup de changements, mais on est pas à l'abri d'un petit détail modifié qu'on aurait pas vu.
- Alors, on attend… ? marmonna-t-il en écartant Ratibus des lanières de son sac.
- Oui. Je sais, tu es impatient, mais il vaut mieux éviter de trop nous presser. Faisons-nous discrets, on finira par savoir ce qu'on veut savoir. Une fois qu'on aura mieux cerné ce présent, on connaîtra mieux la situation et là, on pourra écrire à Delphini pour essayer de faire une mise au point.
- Logique… murmura Albus. Ça me frustre d'attendre et c'est nul parce que tu as raison. Imagine si elle ne nous connaît pas et qu'elle reçoit une lettre qui lui parle de Retour dans le Temps…
Un mince sourire se dessina sur les lèvres de Scorpius :
- Tu briserais à coup sûr toutes tes chances de redevenir ami avec elle, mon pauvre chéri.
- Arrête ! On dirait le Professeur Trelawney, rit Albus.
Constatant que son ami avait l'air fasciné par le chapitre qu'il lisait, il se pencha pour regarder par-dessus son épaule :
- C'est quoi, qui te passionne autant ? Le nouveau programme ?
- Oui, on va étudier les Patronus ! J'ai hâte qu'on commence ces cours ! s'enthousiasma Scorpius.
- Tu as hâte de voir quel petit animal est lié à toi, hein ?
L'adolescent blond acquiesça :
- Ça… et puis, c'est tellement joli, les Patronus.
- Encore faut-il être assez doué pour réussir à en invoquer un. Tiens, regarde, ici on nous montre les plus rares.
Intéressé, Albus posa son menton sur l'épaule en regarda avec lui les pages qui traitaient du sujet.
- Le Patronus de Polly, ça sera surement un petit cafard, commenta Albus alors qu'ils retournaient au Château pour le repas.
Hilare, Scorpius marchait en remettant son livre dans son sac.
- J'avoue que ça lui correspondrait bien.
Ils entrèrent dans le Hall et prirent la direction de la Grande Salle.
- Albuuuuuuuuuus !
Les deux garçons sursautèrent en voyant James descendre les marches de l'escalier en courant. L'adolescent le regarda approcher en se demandant ce que son grand frère pouvait bien lui vouloir.
- Alors ça y est, tu es de retour parmi nous ?
- Oui, oui, c'est pas un scoop, marmonna Albus. Toute l'école sait déjà qu'on est revenu.
A sa grande surprise, James lui donna une tape dans le dos :
- Je devrais pas dire ça, papa et maman seraient furieux, mais woaw ! Bravo pour avoir déserté le Poudlard Express ! Oncle George est surement fier de toi !
Scorpius toussota, imaginant déjà Albus essayer de fuir la prochaine réunion de famille tandis que James ferait certainement tout pour le mettre justement tout au centre de la conversation. James tourna les yeux vers lui, faisant semblant de remarquer sa présence seulement à cet instant :
- Tient, Scor-minus… Il a fallu que tu suives mon frère, hein, histoire d'avoir un peu de gloire aussi à raconter.
- James ! Tu parles autrement à mon ami !
L'adolescent blond s'efforça de rester impassible et se détourna du Gryffondor :
- Viens, Albus, on doit manger avant d'aller en cours.
- Bonne idée, répondit Albus en jetant un regard féroce à son aîné, avant de suivre son meilleur ami dans la Grande Salle.
Ils se dirigèrent vers leur table. L'adolescent soupira :
- Il ne manque plus que Rose pour venir me faire son petit commentaire sur notre « fugue ». Au moins, je sais que Lily me fichera la paix avec ça.
Remarquant d'ailleurs sa petite sœur en compagnie de ses amies de deuxième année, il lui fit signe de la main. Elle lui retourna son salut, tout en leur adressant un gentil sourire à tous les deux.
- Je l'aime bien, ta petite sœur, commenta Scorpius en s'asseyant. Elle ne me regarde pas comme si elle voulait m'arracher les yeux. Ta mère aussi, elle a l'air très gentille.
Albus hocha la tête :
- Heureusement qu'elles sont là, c'est clair. Tient, tu peux me passer de la purée de patates douces ?
Après le déjeuner, les deux amis retournèrent à la salle commune pour prendre leurs affaires de l'après-midi, puis se dirigèrent vers la salle de Métamorphose. Albus s'installa à un pupitre avec Scorpius qui sortait déjà son manuel et sa baguette magique.
- Ma parole, chuchota-il, je sais que tu aimes plus l'école que moi, mais je ne t'ai jamais vu aussi motivé…
L'adolescent eut un sourire contrit :
- Je crois que les dernières heures m'ont un peu remué, j'ai besoin de retrouver un environnement à peu près stable…
- C'est ce que je vois, murmura Albus en sortant ses affaires à son tour.
Les élèves s'installèrent en bavardant joyeusement, en attendant l'arrivée de leur professeur qui ne tarda pas à entrer d'un pas vif et dynamique :
- Bonjour les enfants !
Albus sursauta tellement qu'il se cogna les genoux contre son bureau et grogna de douleur. Surpris à la fois par ce qu'il venait d'entendre et par la réaction violente de son ami, Scorpius resta bouche bée en constatant qu'ils n'avaient pas à faire au Professeur Bamard qui enseignait la matière depuis des années, mais à Hermione Granger.
- Eh bien, Potter, ça ne va pas ? lui demanda Hermione en s'installant derrière son bureau.
- Euh.. si… si…
Il échangea un regard stupéfait avec Scorpius. Leur professeur habituel n'était pas du tout proche de l'âge de la retraite, il n'avait jamais été question de le renvoyer non plus à ce qu'ils sachent… et surtout, jamais Hermione Granger n'aurait quitté son poste de Ministre de la Magie pour devenir professeur de Métamorphose. Il n'y avait donc qu'une seule explication : cette Hermione-là avait eu une vie différente à cause de leur voyage ! Albus sentit une sueur froide lui dégouliner dans le dos en se demandant ce qui avait réellement pu changer et en quoi intervenir lors de la Première Tâche avait pu faire changer la carrière de sa tante !
- Bien, vous n'êtes pas sans savoir que vous aurez les BUSE à passer l'année prochaine. Ce qui signifie que ce que nous étudierons cette année aura de fortes chances d'être demandé aux examens.
Le regard du professeur balaya la classe qui avait toute son attention, elle continua :
- Jusqu'à présent, nous avons étudiés plusieurs formes de métamorphoses. Le début concernait des objets à transformer en autre objets, puis nous sommes passés aux objets à transformer en animaux. Cette année, nous commencerons à étudier la métamorphose, mais au niveau de la morphologie du corps humain.
Perturbé, Albus se laissa aller contre le dossier de sa chaise. Il commençait à ne pas se sentir bien du tout. Scorpius faisait de son mieux pour rester neutre et prenait des notes pour se donner une contenance.
- Il existe différentes façons de modifier un corps humain. Qui peut me donner un exemple ?
Une main se leva parmi les élèves de Serdaigle qui avaient cours avec eux.
- Oui, Dragonneau ?
- Des potions ?
- Exact, cinq points pour Serdaigle. Qui a un ou deux exemples de potions à me donner ?
Les élèves échangèrent des regards entre eux. Scorpius hésita, puis décida qu'il aurait répondu de toute façon, si ça avait été un autre professeur :
- Le Polynectar ?
- Exact, Monsieur Malefoy. Cinq points pour Serpentard.
Le regard d'Albus coulissa vers son ami qui haussa doucement les épaules. Tandis qu'Hermione exposait rapidement les effets du Polynectar, l'adolescent se massa le front, les mains moites. Il vit alors Scorpius glisser discrètement l'emploi du temps vers lui et tapoter quelque chose dessus avec le bout de sa baguette magique. Machinalement, Albus lu ce que Scorpius lui montrait : leur emploi du temps indiquait bien entendu les heures de cours, la matière enseignée, mais également le nom des professeurs et celui d'Hermione…
Krum.
Hermione Krum.
Sidéré, il garda les yeux fixés sur ces quelques lettres, tandis que Scorpius continuait de prendre des notes à toute vitesse, la plume crissant sur le parchemin et les doigts tremblants.
- Certains sorciers sont également capables de se déguiser à volonté, sans avoir besoin de potions ou de sortilèges, c'est un don inné de naissance, continua le professeur. Ils sont nommés Métamorphomages.
Krum…
- Albus ! chuchota Scorpius. Tu es encore tout pâle…
- J'ai mal à la tête… répondit l'adolescent dans un murmure.
- Potter, Malefoy ! Mon cours ne vous intéresse pas ?
Scorpius redressa la tête, alerte :
- Pardon, Professeur. Albus ne se sent pas très bien…
Hermione s'approcha d'eux, tandis que les élèves tournaient la tête vers eux en se demandant ce qu'ils avaient encore inventé pour se faire remarquer. Elle dévisagea rapidement son élève, l'air soucieux :
- Vous voulez aller à l'infirmerie, Potter ? Vous avez effectivement une petite mine.
- Je…
Il grimaça en portant la main à sa tempe. Il avait l'impression que ses pensées allaient finir par exploser dans sa tête, mais il ne voulait pas retourner voir Mme Pomfresh. Il était presque sûr que s'il allait à l'Infirmerie, son père le saurait et viendrait encore lui faire une scène.
- Non… c'est bon, je reste, Professeur.
Le Professeur Krum esquissa un gentil sourire :
- Bien. Mais n'hésitez pas, si quelque chose ne va vraiment pas…
Il hocha la tête, le cœur au bord des lèvres :
- Oui… merci.
Hermione retourna à son bureau :
- Ce que nous étudierons en cours, ce seront les sortilèges. Cependant, si certains d'entre vous sont intéressés par l'étude du Métamorphomage, n'hésitez pas à venir me poser des questions à la fin du cours.
Les oreilles d'Albus bourdonnaient désagréablement, il n'arrivait décidément pas à se concentrer et fut soulagé de voir que, malgré sa panique plus ou moins évidente, Scorpius parvenait à suivre le cours à peu près correctement. La sonnerie en fin du cours explosa dans ses tympans, mais il l'accueillit avec soulagement et sorti rapidement en compagnie de Scorpius qui ne le lâchait pas d'une semelle, prêt à le rattraper au moindre malaise. Son ami lui brandit un Chocogrenouille sous le nez :
- Tiens, mange ça.
Machinalement, l'adolescent prit la confiserie et mangea en silence tout en laissant Scorpius l'entrainer dans les couloirs.
- On a cours de Potions, maintenant, tu es sûr que tu vas tenir le coup ? s'inquiéta l'adolescent blond en écartant une tapisserie pour passer dans un couloir secret et désert.
- Il faut bien… murmura Albus en s'arrêtant pour s'adosser contre le mur, s'autorisant quelques secondes de pause, loin de ses camarades.
Il laissa libre cours aux larmes qui menaçaient de déborder de ses yeux depuis plus d'une heure. Désemparé, Scorpius passa nerveusement d'un pied sur l'autre, avant de soupirer et de le prendre dans ses bras. Le geste acheva Albus qui éclata en sanglots :
- Rose n'existe pas ! C'est pour ça qu'on ne l'a pas vu, Tante Hermione est mariée à quelqu'un d'autre ! Et c'est sûrement pareil pour Hugo ! Qu'est-ce qu'on a fait, Scorpius ?
Ce dernier lui caressa le dos en se mordant les lèvres, puis répondit :
- On a joué avec le temps, voilà ce qu'on a fait. Et on le paye.
- Et tu crois qu'on a au moins sauvé Cédric ? gémit Albus. Et mon oncle Ron, alors, il est avec qui ? Et c'est qui à la tête du Ministère ?
- Je ne sais pas, Albus… Je ne sais pas… répondit doucement Scorpius. Mais je profiterai de ma retenue, à la Bibliothèque, pour essayer de savoir ce qu'il s'est passé. En attendant, essaye de te calmer, il ne faut pas que les autres sachent… On va enquêter, comprendre, on écrira à ta Delphini si tu veux aussi et on… on avisera…
Il n'aimait pas dire ça. Il ne voulait plus jamais entendre parler du Retourneur de Temps caché actuellement dans sa valise, ne plus jamais manipuler ce démoniaque artefact… Mais la détresse d'Albus était si douloureuse, et même lui sentait la culpabilité lui nouer le ventre. Ils avaient changé leur présent, à cause d'eux, deux personnes au moins n'existaient plus du tout.
Voilà ! Alors, je suppose que certains sont en train de se dire "éh oh ! C'est comme ça que tu corriges les incohérences ?! Tu nous colles une "Hermione Krum" " ? Bah... ouais :D Bon, ceux qui ont lu la pièce, vous avez tout de même dû noter que je n'ai pas du tout garder le caractère de "vieille fille frustrée méchante" qu'ils lui avaient collé. Pourquoi le nom de Krum ? ça... vous le saurez dans les prochains chapitres (si, si, il y a une logique dans ma tête, je vous assure)
Pour rappel, et souligner les différences, dans le script Hermione est donc une horrible prof méchante et frustrée, tandis que Ron est marié avec quelqu'un d'autre. J'ai inversé la situation. Ainsi, Hermione est bien mariée et vous aurez des explications plus tard, tandis que Ron est célibataire. Voià, voilà !
