Merci encore pour ton commentaire, "lecteur fantôme" :) Ce n'est pas grave que tu ne laisses pas souvent de review, l'essentiel c'est que tu savoures ton "chocolat de l'avent" ^^ et que ça te plaise !
Merci à tous !
Ce chapitre permet de faire une mise au point sur le voyage dans le temps parce que dans la pièce... ce n'est pas toujours très clair ou bien logique (je vous raconte pas la prise de tête pour essayer de garder une espèce de cohérence logique...)
Samedi 7 Septembre 2019
Scorpius avait rarement vu Albus Potter d'aussi bonne humeur. Son ami, vraisemblablement très impatient et excité à l'idée de revoir Delphini dans les heures à venir, débordait d'un enthousiasme presque indécent et ne cessait de passer d'une occupation à l'autre dans l'espoir que le moment des retrouvailles arriverait plus vite. Ainsi, Albus avait trouvé le temps de voir Lily à la Grande Salle au petit déjeuner, de lui donner des conseils pour ses devoirs, avant de revenir dans la Salle Commune où il avait terminé ses propres devoirs ensuite. Puis, il avait spontanément présenté son aide à tous les Serpentard qui auraient besoin de son aide pour de la Divination, aidé un cinquième année à interpréter les signes dans la Sphère, avant de venir seconder un sixième année qui s'emmêlait les pinceaux sur l'astrologie. La tournée d'aides aux devoirs terminée, il se laissa tomber près de Scorpius, en train de lire près du feu, et décida d'apprendre des tours à Ratibus à renfort de petits bouts de pain en guise de récompense. Le rat se prêta volontiers aux exercices, sous le regard plus ou moins attentif de Scorpius qui levait de temps à autre le nez de son livre emprunté, la veille, à la Bibliothèque et qui traitait de la fabrication des baguettes magiques.
Après le déjeuner à la Grande Salle, Albus se rua dans le parc, espérant que leur amie n'allait pas arriver en fin d'après-midi. Scorpius le suivit, son livre toujours sous le bras et l'air particulièrement morose. Depuis ce matin, il ne parlait pas beaucoup et semblait plongé dans quelques pensées déprimantes, le regard parfois fixé dans le lointain et l'air triste. Albus se demanda vaguement si son ami n'avait pas encore eu des moqueries sur son prétendu lien avec Voldemort, mais préféra ne pas aborder le sujet tant que Scorpius n'envoyait pas une perche dans cette direction. Arrivés non loin du Saule Cogneur, les deux amis cherchèrent un coin tranquille aux alentours, assez discret pour ne pas qu'on les remarque trop, mais assez proche du passage secret pour que Delphini puisse arriver et repartir sans trop de difficulté. Leur choix se porta sur un chêne d'où ils pourraient surveiller les allers et venues en provenance du château, non loin du Saule et dont le tronc était assez large pour qu'ils puissent s'installer tous les trois contre lui en étant quasiment dissimulés à la vue des potentiels élèves qui passeraient non loin. Scorpius s'installa en tailleur dans l'herbe et tourna en silence les pages de son livre. Albus jeta des coups d'œil régulier en direction du Saule Cogneur. Ils n'eurent pas à attendre longtemps, une adolescente d'environ seize ans émergea environ un quart d'heure plus tard du passage secret en lançant des regards prudents autour d'elle. Albus lui fit signe et elle les rejoignit, vraisemblablement soulagée :
- Je suis si contente de vous revoir ! s'exclama-t-elle en se laissant tomber sur le sol près d'eux. Je craignais que vous n'ayez un empêchement de dernière minute ou quelque chose comme ça.
- Pour rien au monde, je n'aurais loupé ce rendez-vous ! dit Albus avec un grand sourire. Comment vas-tu ?
- Bien. Mieux maintenant que je suis avec vous deux ! Et vous ? Il paraît que vous avez eu des ennuis, mais ça va, j'espère ?
Scorpius leva les yeux de son livre et le referma en laissant son doigt entre les pages pour la retrouver facilement :
- Ça peut aller, merci.
Il nota que Delphini avait pris l'apparence d'une élève de Serpentard de sixième année et se demanda vaguement comment elle parvenait à avoir autant de Polynectar en réserve et de « petits bouts » de différents élèves. Elle lui sourit gentiment, puis tourna la tête vers Albus :
- Scorpius m'a dit que vous aviez bien remonté le temps, mais pour moi ça n'a rien changé. Racontez-moi donc votre version des faits, on va essayer d'éclaircir cette situation.
Les deux adolescents échangèrent un regard. Scorpius s'adossa plus confortablement contre le chêne :
- Vas y, raconte. Je complèterai en cas de besoin.
Albus hocha la tête et s'allongea sur l'herbe, en appuie sur un coude il fit un résumé complet à leur amie en commençant par le moment où il l'avait rencontrée lorsqu'elle était venue chez lui avec Amos, pour terminer sur le moment où ils étaient revenus et que les adultes les avaient trouvés. Pensive, Delphini se tapota la lèvre :
- Je vois déjà des différences, effectivement. Le début est pareil, mais déjà ça diffère au niveau du Ministère. Tu dis que chez vous, c'est Hermione Granger ?
- Ouais. Mais j'ai vu qu'ici c'est Percy Weasley, donc je suppose que le vol du Retourneur du Temps n'a pas dû se passer exactement pareil.
- Et tu supposes bien, acquiesça la jeune femme déguisée. On s'est bien infiltré aussi, sous couvert du Polynectar, mais j'étais en Ginny Weasley, toi en Ron Weasley et Scorpius en Harry Potter.
L'adolescent blond songea que ça ne changeait pas grand-chose, c'était simplement que Delphini avait pris l'apparence d'une autre adulte. Il la laissa toutefois continuer :
- Percy était moins concerné par votre disparition, je crois. C'est toi, Albus, en Ron, qui a trouvé une excuse pour l'éloigner de son bureau et on est entré tous les trois. C'était d'une simplicité enfantine de lui piquer le Retourneur !
- Dire que nous, on a failli se faire capturer par des livres enragés… marmonna Albus.
La jeune femme gloussa :
- Je suppose qu'on a dû avoir peur, mais j'aurais aimé me rappeler de votre version qui semble bien plus palpitante ! Ensuite, on est parti aussi à la Cabane Hurlante, j'ai ramené les robes de Durmstrang… Par contre, on projetait d'agir sur la Seconde Tâche et non sur la Première.
Scorpius haussa un sourcil, étonné. Tout en parlant, Albus s'était quelque peu rapproché de Delphini Diggory qui s'amusait de temps à autre à tripoter ses mèches noires.
- Comment ça se fait ?
- Eh bien, j'appartiens au présent où vous avez agi, expliqua la jeune femme. Même si on ne le savait pas… bref, pour moi, Cédric avait déjà foiré sa Première Epreuve, donc il était inutile pour nous de le faire échouer puisque c'était déjà le cas.
- Je vois, murmura Scorpius qui commençait à sentir poindre une migraine en essayant de prendre en compte les deux versions.
- Sans compter, reprit-elle, que notre but c'est qu'il reste en vie, n'est-ce pas ? Donc, nous sommes partis du principe qu'il suffisait qu'il ne touche pas le Portoloin-Trophée et pour cela, il suffisait simplement qu'il ne soit pas parmi les premiers à entrer dans le Labyrinthe !
- Bien sûr ! s'exclama Albus en se frappant le front. Que nous sommes bêtes ! Lorsque les Champions ont accompli la Deuxième Tâche, ça a donné un classement ! Mon père et Cédric ont été premier ex-aequo, suivi de Krum, suivit de Delacour. Les Deux Champions de Poudlard sont entrés en premiers et en même temps dans le Labyrinthe ensuite !
- Mais oui ! On s'est vraiment trop focalisé sur des détails, c'était évident qu'il fallait viser la deuxième tâche ! compléta Scorpius, un peu moins emballé que son ami. Si Cédric arrive à la fin de l'épreuve du Lac, il ne rentrera pas avec Harry, du coup il sera forcément sauvé.
Albus soupira en roulant sur le dos et étendit les bras dans l'herbe en regardant le ciel. S'ils avaient pensé à ça dès le début, ils auraient pu éviter un voyage pour rien et limiter les pertes !
- Du coup, pour moi, reprit Delphini, on a quitté la Cabane Hurlante et vous êtes partis en direction du Lac. Depuis, j'attendais et je n'avais plus de nouvelles et je voyais bien que mon cousin était toujours absent. J'ai compris que des professeurs vous cherchait, alors j'ai préféré vite rentrer de mon côté pour ne pas me faire prendre, mais j'ignorais totalement si vous aviez eu le temps d'agir…
- Attends... se mit à murmurer Scorpius. Donc, pour toi, «on» a voyagé dans le temps pour intervenir sur la deuxième tâche... mais ce «on» n'était pas nous...
- Hé mais c'est vrai, ça ! s'exclama Albus en se redressant. Mais alors, que sont devenus l'autre Scorpius et l'autre moi ?
Delphini poussa un long soupir.
- Je crois... qu'ils ont tout simplement disparu. Au moment où ils sont partis dans le temps, ce qui expliquerait pourquoi ils ne sont pas intervenus sur la deuxième tâche.
- Mais pourquoi ? dit Albus d'une petite voix.
- A cause de nous, intervint Scorpius d'une voix sombre. Notre venue ici a fait disparaitre nos doubles. On a pris leur place.
Il regarda Delphini. La jeune fille, un peu tremblante, approuva d'un hochement de tête.
- C'est bien possible...
Albus écarquilla les yeux. Un silence déplaisant s'installa et s'épaissit...
«Nous n'avons pas le droit d'être là» chuchota une petit voix désagréable dans la tête de Scorpius. Il s'empressa de l'étouffer.
- Donc, vous, vous êtes intervenus dans la Première Tâche ? demanda soudain Delphini, dans une tentative manifeste de briser le climat sinistre qui s'était instauré.
- Oui, dit Albus, troublé. Et quand on est rentré, non seulement Cédric n'était toujours pas là, mais nos parents nous ont sauté dessus et… et… il…. y a eu des gros bouleversements pour nous.
Aussitôt, les sourcils de la jeune femme se haussèrent, elle afficha un air inquiet et essaya de croiser le regard de l'adolescent qui l'évita.
- Quels gros changements ? Pire qu'Hermione Granger qui devient Hermione Krum… ?
Il acquiesça, la gorge nouée. La joie de retrouver son amie avait estompé sa déprime et sa culpabilité, mais à présent elle revenait au galop. Du coin de l'œil, il remarqua que Scorpius entortillait nerveusement un brin d'herbe autour de son index et reprit la parole :
- Dans notre présent… Hermione est ma tante, elle est mariée à Ron Weasley. Et ils ont deux enfants, mes cousins. Rose et Hugo… Ils n'existent pas ici.
La réaction de Delphini ne se fit pas attendre, elle plaqua ses deux mains horrifiées sur sa bouche, les yeux écarquillés :
- Oh mon dieu ! souffla-t-elle. Je suis désolée ! Tellement désolée ! Pourquoi tu ne l'as pas dit tout de suite… ? Oh, Albus !
L'adolescent roula à nouveau pour se mettre sur les coudes, sans se soucier de salir sa robe de sorcier.
- Il faudra qu'on répare ça aussi, alors… réfléchit Delphini à voix haute.
Albus lui lança un regard plein d'espoir. Elle lui sourit et tendit la main pour lui rebrousser les cheveux en arrière. Ce faisant, ils remarquèrent que sa main était en train de reprendre sa véritable apparence.
- Oh… murmura-t-elle. L'effet du Polynectar se dissipe, je vais devoir partir.
- Déjà ?! s'écria Albus plus fort qu'il ne l'aurait voulu.
- Je ne peux pas prendre de risque. Mais on peut se revoir, ou même se tenir au courant par courrier, du moment qu'on évite de trop en dire par lettre. Il faut qu'on programme un autre voyage, qu'on voit comment on va procéder puisqu'il faut sauver mon cousin, mais aussi les tiens !
Prise d'un doute subit, elle les regarde intensément :
- Vous avez toujours le Retourneur, j'espère ? On ne vous l'a pas confisqué ?
- C'est bon, il est dans la valise de Scorpius, répondit immédiatement Albus.
- Parfait ! sourit-elle en se relevant.
- Reviens demain ! proposa l'adolescent en bondissant sur ses pieds également.
Scorpius ne put retenir un léger grognement désapprobateur en entendant cette suggestion et le transforma en légère quinte de toux en sentant les deux regards se poser sur lui. Les yeux de la jeune femme étaient de nouveau noirs, elle posa une main sur l'épaule d'Albus :
- Je m'en veux déjà énormément, dit-elle gravement avec un pli soucieux au front. Vous avez déjà pris énormément de risques et vous devez vous reposer un peu aussi, et ne pas trop vous faire remarquer pendant quelques temps, si j'ai bien compris. Tenons-nous au courant par hibou, et je reviendrais ici pour discuter avec vous deux. Sans compter que si nous devons agir sur la deuxième tâche, il nous faudra réunir certains éléments et je vais devoir m'en charger moi, pour vous éviter des ennuis.
L'adolescent acquiesça machinalement. La voix de son amie était douce et apaisante, il avait pleinement confiance. Elle était plus âgée, plus mûre, elle prendrait forcément des décisions plus réfléchies là où il voulait précipiter les choses.
- Ne t'inquiète pas, Albus, on arrangera tout ! lui promit Delphini Diggory.
Elle l'embrassa sur les deux joues, il en profita pour humer discrètement son parfum en regrettant que leur réunion soit déjà finie.
- Amos se porte comment ? s'enquit Scorpius.
La jeune femme, à présent un peu à l'étroit dans sa robe de sorcière d'étudiante, tourna la tête vers lui avec un sourire triste :
- Pas très bien, mais il tient le coup avec espoir.
L'adolescent blond hésita, puis hocha doucement la tête :
- Dis-lui qu'on pense à bien à lui et qu'il a toute notre compassion en attendant.
- Je lui transmettrai. Il faut vraiment que je parte, là.
Rapidement, elle pressa une nouvelle fois ses lèvres contre une joue d'Albus dont le teint vira au rouge soutenu, puis elle se mit à courir en direction du Saule Cogneur, sous le regard neutre de Scorpius. Les doigts crispés autour de son livre, il s'avoua intérieurement qu'il n'était pas mécontent de réaliser qu'ils n'avaient pris aucune décision concrète pour le moment concernant la suite des évènements. Ils n'allaient pas avoir besoin de remonter le temps dès le lendemain et ça, c'était plutôt une bonne nouvelle, il ressentait vraiment le besoin d'avoir un répit. Même un répit doux-amer.
- Quel soulagement, soupira Albus avec un sourire rêveur. On va réussir à sauver tout le monde, j'en suis sûr ! Il faut juste être patient.
- C'est ce que je me tue à te dire, répliqua un peu sèchement son ami en reprenant la direction du château. De la patience, c'est tout ce qu'il faut.
Surpris par le ton employé, Albus ouvrit la bouche en lui emboitant le pas :
- Tu es de mauvaise humeur…
- C'est rien, je suis juste fatigué. La semaine a été longue et assez éprouvante, ce n'est pas à toi que je vais l'apprendre. Delphini a raison, on doit se reposer et surtout être réellement prêt, pour la prochaine fois.
Albus l'observa du coin d'œil, en silence. Il sentait que Scorpius ne lui disait pas tout, et il se demanda si ça concernait l'absence de Rose, mais quelque chose lui soufflait que ce n'était pas ça. Son ami semblait triste mais il ne pouvait tout de même pas le forcer à parler ! Albus se mordilla les lèvres en réfléchissant à ce qui pouvait faire ainsi de la peine à Scorpius, mais rien ne lui venait à l'esprit et il songea qu'il n'avait donc qu'à être patient puisque c'était le mot d'ordre en ce moment… peut-être que son meilleur ami finirait par lui confier ce qu'il avait sur le cœur.
