Bonjour à tous ! Voici le chapitre du jour :) En espérant qu'il vous plaira. Pour la petite précision, il s'agit encore d'un chapitre totalement inédit inventé par mes soins


Scorpius fit la moue en regardant la paume de Delphini, assise sous le Saule Cogneur dont les branches se balançaient sans agressivité.

- Tu as trop de lignes, dans ta main, c'est pas possible de déchiffrer.

La jeune femme recula sa main avec un petit rire et la présenta à Albus :

- Lis-moi l'avenir, dis-moi que tu veux sortir avec moi.

L'adolescent rougit jusqu'à la pointe des oreilles :

- Mais… mais non… enfin…

Il croisa le regard de Scorpius qui détourna la tête. Son ami dégaina sa baguette magique et tapota la couverture de son livre qui s'ouvrit, dévoilant le Retourneur de Temps. La jeune femme hocha la tête en observant l'artefact :

- C'est bientôt l'heure de l'utiliser.

- On n'est pas pressé, répondit l'adolescent blond. Ce n'est pas encore Halloween…

- Halloween ? s'étonna Albus en s'approchant de ses deux amis.

Ses doigts se refermèrent sur le Retourneur de Temps, mais lorsqu'il rouvrit la main un instant plus tard, il était en miettes. Le fantôme de Rose se posa devant lui, les poings sur les hanches, furieuse :

- Dis donc ! Tu comptes attendre combien de temps avant de venir me sauver ?!

Il leva les yeux sur sa cousine tandis que la nuit tombait sur le Parc de Poudlard, un sourire aux lèvres :

- Tu as hâte de revenir pour voir Scorpius ? Il t'aime beaucoup, tu sais.

Elle secoua la tête en le foudroyant du regard :

- Tu es vraiment un crétin, Albus ! Cours ! Suis la course des étoiles, tu les sauveras peut-être tous… ou aucun.

Albus se leva et se mit à courir à toute jambe en direction du Lac. Ils devaient les sauver. Mais qui ? Cédric, Scorpius, son père, ses cousins… et il y en avait d'autres. Il devinait les silhouettes de tous ces gens qui le suivaient, mais il n'arrivait pas à les distinguer précisément. L'adolescent arriva à un croisement de chemins et aperçu la chevelure blonde de Scorpius qui s'éloignait sur la gauche, tandis que Delphini partait à droite. Indécis, il les regarda tous les deux sans savoir qui suivre. Un bruit dans les buissons le fit sursauter, il pivota sur ses talons en allumant sa baguette magique et resta muet de stupeur en se retrouvant nez à nez avec l'Oiseau Noir. Quelque chose le fascinait chez cet étrange animal, tout en l'effrayant en même temps.

- Albus, écarte-toi ! ordonna Harry Potter en surgissant devant son fils pour s'interposer entre lui et la Créature. Stupéfix !

Un jet de lumière rouge fusa en direction de l'Oiseau qui s'envola en esquivant le sort.

- Où est Scorpius ? demanda Albus.

- Peu importe ! Je t'ai déjà dit qu'il n'était pas une bonne fréquentation pour toi, dépêche-toi de rentrer au Château et de faire tes devoirs de Métamorphose !

Un hurlement de douleur résonna dans le Parc.

- Albus, je t'interdis de… !

Mais l'adolescent n'écouta pas son père et reprit sa course en direction des cris de souffrance qu'il entendait. Il aurait reconnu la voix de Scorpius entre mille autres ! En trébuchant sur l'herbe mouillée, il arriva sur les rives du Lac.

-Noooon ! gémit Scorpius couché sur le sol en levant les mains pour se protéger.

Le bec acéré de l'Oiseau Noir transperça ses paumes, le sang se mit à couler à flot le long de ses bras. Sentant sa propre main le démanger, Albus baissa les yeux et découvrit que les lignes sur ses paumes s'effaçaient lentement mais sûrement. Il voulut courir à nouveau, rejoindre son ami et le protéger de la Menace Noire, mais il réalisa alors qu'il ne pouvait plus bouger… Il était en train de devenir de plus en plus transparent, il s'effaçait de cette réalité !

Les yeux grands ouverts, Albus fixa le plafond de son lit en essayant de maitriser sa respiration. Scorpius avait vu juste, ses cauchemars devenaient de plus en plus fréquents. Il se frotta les paupières, fatigué mais sachant déjà qu'il n'arriverait pas à retrouver facilement le sommeil. La situation du Retour dans le Temps le stressait, tout simplement. Une fois tout remis dans l'ordre, il ferait moins de mauvais rêves, il en était certain. Le plus discrètement possible, il se redressa dans son lit et écarta les rideaux du baldaquin. Immédiatement, il remarqua que ceux de Scorpius étaient également ouverts et que son ami n'était plus dans son lit. Soucieux, Albus observa les draps vides, se rappelant l'attitude distante et attristée qu'il avait affiché toute la journée du samedi et le soir avant d'aller se coucher. Enfilant ses pantoufles et sa robe de chambre, l'adolescent sorti du dortoir sans réveiller ses deux autres camarades et descendit dans la Salle Commune alors que trois heures du matin sonnaient dans Poudlard. Il trouva Scorpius avachi sur la table la plus proche de la cheminée. Les flammes crépitaient joyeusement dans l'âtre et Albus supposa que les elfes de maison, remarquant la présence d'un élève en pyjama endormi dans la salle, avaient dû ajouter du bois pour qu'il n'attrape pas froid. La tête de son ami reposait sur un parchemin à demi rempli, la plume trempait encore dans l'encrier et le livre qu'il avait trainé toute la journée était ouvert en grand devant lui. Visiblement, l'adolescent était réellement très intéressé par l'étude des baguettes magiques, les différents bois, les Botrucs associés aux arbres, et les éléments que l'on pouvait inclure dans chacune d'entre elle. Le livre emprunté à la bibliothèque ne datait pas d'hier, ses pages étaient jaunies et il sentait le renfermé quand on approchait le nez de lui. Indécis, Albus regarda son ami, puis le parchemin et vit qu'il était en train en train d'écrire à son père, il lui donnait des nouvelles des cours et lui parlait justement du vieux grimoire en regrettant qu'il n'existe pas une édition plus récente et au goût du jour. Détachant ses yeux de la missive, l'adolescent se demanda s'il devait le réveiller pour lui dire de retourner se coucher, le lit étant tout de même plus confortable. Il tendit la main dans l'idée de la poser sur son épaule pour le secouer, et stoppa son geste en voyant le rectangle cartonné qui dépassait de sous la lettre. Une photo représentant Astoria Malefoy et Scorpius. Le visage de la jeune femme était amaigri mais le cliché montrait son bonheur tandis qu'elle tendait un paquet de bonbon à son fils, qui devait avoir dix ans, et la joie du petit garçon qui déballait le sachet tout en se blottissant contre elle. Albus se mordit les lèvres. Il venait de comprendre enfin l'humeur de son ami, cela faisait un an qu'Astoria Malefoy avait été enterrée ! Sa mère lui manquait cruellement, à coup sûr, et il fallait aussi prendre en compte Rose qui n'était plus là. Un léger soupir franchit ses lèvres tandis qu'il continuait d'hésiter sur l'attitude à adopter. Albus se décida finalement en posant sa main sur la nuque de Scorpius qui tressaillit en ouvrant les paupières.

- Tu vas avoir mal partout, si tu dors comme ça… chuchota Albus en caressant les mèches blondes entre ses doigts et en faisant semblant de ne pas voir les yeux rouges de son ami.

Scorpius resta immobile, rassemblant ses pensées et finit par murmurer :

- C'est quelle heure… ?

- A peu près trois heures du matin. Qu'est-ce que tu fais ici, aussi tard ?

L'adolescent blond se redressa sur sa chaise en se frottant le visage avec la manche de son pyjama :

- Peeves m'a réveillé en me soufflant sur la figure et comme je n'arrivais pas à retrouver le sommeil, j'ai préféré descendre.

Connaissant assez son ami pour savoir qu'il avait besoin de son soutien, Albus tira une chaise et s'installa près de lui, en gardant sa main sur sa nuque. Devait-il, ou non, parler d'Astoria ? Scorpius pouvait très bien avoir envie d'avoir une discussion sur sa mère, tout comme il pouvait justement avoir envie d'éviter le sujet à tout prix. L'adolescent blond attrapa la photo et la glissa dans son livre, sans dire un mot.

- Tu sais… Tu peux m'en parler, si tu veux, se risqua Albus.

- Elle me manque, que veux-tu que je te dise d'autre ? répondit Scorpius. J'ai un grand vide dans le cœur, depuis que maman n'est plus là. Je savais pourtant… on le savait, qu'elle… que sa santé lui donnerait une courte vie, mais…

Il soupira et secoua la tête. Il avait déjà dit tout ça, ça ne changeait rien.

- Je comprends… murmura Albus. Maintenant que Rose et Hugo sont partis, je ressens aussi cet espèce de vide.

Une expression vaguement irritée s'afficha sur le visage de Scorpius :

- Oui, mais toi, ça va finir par passer puisqu'on va encore se promener dans le temps pour tout réparer ! Moi, ma mère, elle ne reviendra jamais !

- C'est pas pareil… Tu l'as dit, ta maman était malade… Rose et Hugo ne sont pas condamnés, eux.

Albus comprit qu'il aurait mieux fait de se taire lorsqu'il vit le regard gris de son ami se durcir. Il essaya de se rattraper, maladroitement :

- Enfin… c'est pas… Je veux dire…

Scorpius referma brutalement son livre, faisant tressauter la table assez fort pour que des gouttes noires jaillissent de l'encrier.

- Ma mère est morte, Albus, et moi, au moins, je ne vais pas embêter tout le monde pour remonter le temps et faire en sorte de la sauver ! On aurait jamais dû accepter d'aider Delphini ! Les morts sont faits pour rester morts en paix, non pour qu'on s'amuse à réécrire l'histoire en les sauvant !

Conscient qu'il était sur un terrain on ne peut plus glissant, Albus se recula sur sa chaise :

- Mais… enfin, Cédric et ta maman, c'est un peu différent. Encore une fois, Astoria était malade, pas Cédric… Et imagine, si on trouvait là, un remède efficace pour la sauver ? Peut-être que tu serais content de remonter le temps, pour lui donner et donc la sauver…

Son ami secoua vivement la tête et fourra son visage dans ses mains :

- On joue aux dieux, Albus, ce n'est pas bien ! Même notre simple présence ici… Tu te rends compte qu'on a apparemment fait disparaitre les Albus et Scorpius de ce présent ? Et qu'est-ce qu'on va faire encore comme dégâts en intervenant sur l'autre Tâche ? Et si on arrive à faire revenir Hugo et Rose ?

Albus resta silencieux, regardant les doigts tremblants de son ami qui semblait parti pour avoir perdu son sang-froid au profit d'une crise d'angoisse voire d'une crise de nerfs…

- En voulant faire revenir tes cousins, on va ni plus, ni moins, casser le couple d'Hermione et Krum ! Si ça se trouve, ils ont des enfants aussi ! Donc, eux aussi, ils disparaitront ?

- Je… je ne sais pas… bégaya l'adolescent qui n'avait pas pensé à ça. Je suppose que, quoi qu'on fasse, il faudra qu'on vive en sachant les dégâts que l'on a causé…

Le dos de Scorpius tressauta. Bien que craignant d'être repoussé, Albus se rapprocha finalement davantage et passa un bras autour de ses épaules :

- Je suis désolé… je t'ai embarqué dans un truc qui nous dépasse. Tu préfères peut-être que je continue tout seul, avec Delphi ? Je comprendrais que tu ne veuilles plus te mêler à tout ça.

- C'est ça… marmonna Scorpius. Si je ne te suis pas, tu vas faire encore plus de conneries et en prime je n'aurais pas conscience des changements, s'ils ont lieu ! Je refuse d'être un de ces pions que l'on manipule tous les trois !

Albus hocha la tête et préféra ne plus ouvrir la bouche, déjà soulagé de constater que son ami ne le laissait pas tomber. Néanmoins, il prit mentalement note que le sujet était très délicat et qu'il allait falloir qu'il évite d'en parler tant que ce n'était pas strictement nécessaire, sinon Scorpius pourrait bien revenir sur sa décision et ne plus vouloir l'aider. C'était son droit, bien entendu, et il ne lui en voudrait jamais pour ça ! Mais, égoïstement, c'était tout de même mieux de vivre cette aventure étrange avec son meilleur ami.

Au bout de longues minutes, Scorpius finit par prendre une profonde inspiration pour se calmer et reposa les mains sur la table, l'air fatigué :

- Je retourne me coucher… J'en ai bien besoin, je crois.

Albus lui tapota le dos :

- Repose-toi bien, c'est dimanche, tu vas avoir tout le temps de faire la grasse matinée, si tu veux.

L'adolescent blond acquiesça machinalement et remonta dans le dortoir, sous le regard un peu inquiet d'Albus.


Attention, attention, je ne sais pas encore si demain (samedi 25 octobre) je pourrais publier. J'ai une grosse journée qui m'attend et il est possible que je n'ai pas vraiment le temps de passer ici. J'ignore également ce qu'il en sera de dimanche... Par contre, ce qui est sûr et certain, c'est que je vous retrouverai Lundi dans le pire des cas !

Dans le doute, je vous dis donc : à lundi les petits !