CHAPITRE 12

Son âme sœur…

Cet homme splendide et désintéressé qui s'est sacrifié toute sa vie pour sa famille, pour son peuple, pour ses amis, se tient là, devant elle. Clarke le regarde quelques secondes, avant d'ouvrir la porte en grand en s'écartant. Elle sent un sentiment de soulagement dans le lien qu'ils partagent ensemble, alors que Bellamy entre dans la cabane. Il regarde les peintures entreposées près du canapé.

- Tu nous as peints, constate-t-il.

- J'espère que ça ne te dérange pas.

Il secoue la tête et s'approche un peu plus près des toiles, en les touchant du bout des doigts. Il admire les peintures concernant sa sœur, ses amis, et s'attarde un peu plus sur les siennes. Il y en a une de lui avec un regard sombre, comme lorsqu'il la menaçait au Mont Weather. Cependant, on le voit sourire de plus en plus au fil des toiles.

- Tu as volé jusqu'ici, constate Clarke en voyant ses joues rouges.

Il acquiesce. Clarke lui propose de s'assoir sur le canapé, ce qu'il fait. Elle se place juste à côté de lui, en gardant un minimum de distance entre eux. Elle attend un petit moment avant de parler.

- J'aimerais… J'aimerais que tu me parles de tout. Que tu me racontes tout, du début à la fin. Si ça te va.

Il lève les yeux vers elle et hoche la tête. Elle aimerait s'approcher de lui, elle aimerait lui tenir les mains, elle aimerait l'embrasser, mais elle n'y arrive pas. Pas pour l'instant.

- Il y a trois ans, j'ai commencé à faire des… Rêves. Au départ, ce n'étaient que des visions fugitives, comme si je voyais par les yeux de quelqu'un d'autre. Je voyais une maison obscure et délabrée, une botte de foin dans une étable, un terrier de lapin… Les images étaient floues. Elles me parvenaient par intervalles tous les deux ou trois mois. Je n'y prêtais pas vraiment attention, jusqu'au jour où l'une de ces visions a été une main humaine qui peignait des fleurs sur une table.

Clarke est surprise d'entendre ce récit. Elle se rappelle de ce jour. Ses parents lui avaient offert de la peinture et elle l'avait directement essayée sur la table en bois du salon. Elle avait peint des roses, des tulipes, des œillets… Tout ce qui pouvait lui passer par la tête. Elle n'arrive pas à croire que Bellamy ait vu ces images, lui aussi. C'était il y a tellement longtemps…

- Ces rêves… continue-t-il. Ces visions de cette femme, je les chérissais. Ils me rappelaient qu'ailleurs dans le monde, la paix existait. J'essayais tout de même de chasser ces visions, mais j'ai alors senti ton odeur. J'ai tamisé jusqu'à toi, le jour où tu te faisais agresser dans la forêt. Quand j'ai vu ces monstres s'en prendre à toi, j'ai pensé à les poursuivre, mais quand ils t'ont relâchée, j'ai… J'ai commencé à te parler sans même savoir ce que je disais. Je savais seulement que tu étais là, que je te touchais et que…

Il pousse un petit soupir en secouant la tête. Clarke repense aux premières paroles qu'il ait pu lui dire : « Je t'ai retrouvée ». Elle comprend la portée de ces mots, désormais. Ces premières paroles n'étaient pas un mensonge. Elle gratte l'intérieur de son poignet, alors qu'il reprend son récit.

- Je préférais ignorer ce que tu faisais dans ce Monde, je préférais ignorer ton nom. Te voir en rêve était une chose, mais en chair et en os… Pourtant, au plus profond de moi-même, j'ai su ce que tu étais pour moi. J'ai juste refusé de l'admettre. J'ignorais alors que tu étais au palais de Finn. Quand je suis venu le voir, j'étais prêt à le provoquer, mais quand je suis entré dans sa salle à manger, j'ai flairé une odeur familière, mais cachée. Quand j'ai décelé le bouclier, tu étais là. Tu vivais chez mon pire ennemi, tu dînais avec lui et tu le regardais… comme si tu l'aimais.

Clarke baisse les yeux vers les mains de Bellamy et les voit crispés sur la couverture du canapé. Elle réalise peu à peu ce qu'il lui explique. Il sentait qu'il avait un lien avec elle, et il a dû la voir tomber amoureuse de quelqu'un qu'il ne supportait pas. Si c'était maintenant, elle ne pourrait pas le supporter. Rien que de voir Bellamy dans les bras d'une autre fille… Cela l'insupporterait.

- J'ai décidé de faire peur à Finn parce que je voyais comment il te regardait, lui aussi. Ce jour-là, je suis entré dans ton esprit et j'y suis resté assez longtemps pour que cela te terrifie et te fasse mal. Je voulais aussi montrer à Finn combien il était impuissant à te secourir. Je voulais qu'il te renvoie chez les Mortels, loin d'Ontari. Mais… Je t'ai vue au Mont Weather. J'ai été effrayé pour la toute première fois de ma vie quand tu as conclu ce marché avec Ontari. C'était irrationnel, et stupide, puisque je ne te connaissais pas.

Il gratte son sourcil et racle sa gorge. Il semble gêné de devoir raconter toute son histoire, mais ça ne l'empêche pas de continuer.

- J'ai décidé de t'aider, non pas parce que tu étais mon âme-sœur, mais parce que tu es le genre de personne qui se soucie des autres, qui aide les autres. Tu as décidé de nous libérer en concluant ce marché. C'est à ce moment-là que j'ai choisi de tout faire pour te sauver. Mais, quand elle t'a brisé la nuque et que je t'ai sentie mourir…

À la plus grande surprise de Clarke, une larme déborde de l'un des yeux de Bellamy. Il l'essuie rapidement, comme s'il était honteux qu'elle le remarque. Clarke mord sa lèvre, en pleurant elle aussi. Elle n'essuie pourtant pas ses larmes. Elle s'en moque.

- Dans mon désespoir, je me suis accroché à notre lien. J'étais prêt à tout faire pour te ressusciter, même à contraindre les autres Grands Seigneurs. Et, finalement, j'ai senti ta présence. Alors j'ai dû une fois de plus regarder Finn te prendre dans ses bras et t'embrasser. Je voulais rentrer chez moi, mais je voulais être sûre que tu ailles bien. J'ai attendu et je t'ai envoyé un signal par notre lien afin que tu viennes me rejoindre sur le balcon.

Clarke regarde les doigts de Bellamy jouant avec le canapé. Elle avance sa main et, finalement entrelace ses doigts avec les siens. Bellamy se fige une seconde, en la regardant, mais serre ses doigts autour de ceux de Clarke. Elle caresse doucement ses phalanges en lui murmurant de continuer.

- J'ai failli tout te dire à cet instant, mais tu étais si triste, et pour la première fois tu me regardais comme si… comme si je valais quelque chose à tes yeux. J'ai décidé que la prochaine fois que je te verrai je t'affranchirai de ce marché. J'ai été égoïste au tout début. Je savais que si je te libérais tout de suite, il te cloîtrerait et je ne te reverrai jamais. Je crois que ta transformation en immortelle a rendu notre lien permanent. J'en ai ressenti toute la force au moment de te quitter et, à cet instant, j'ai eu peur.

- Bellamy…

- Quand je suis arrivé à la Cour de la Nuit, Octavia m'attendait, et j'étais si désemparé que je lui ai tout raconté. Je la revoyais pour la première fois depuis le Mont Weather, et la première chose que je lui ai dite a été : « C'est mon âme sœur ».

Clarke sourit légèrement en entendant ces mots, et continue ses caresses sur la main de Bellamy. Elle s'approche un peu plus de lui dans le canapé, toujours sur le côté pour pouvoir le regarder. Elle plie ses jambes sous son corps.

- Pendant les trois mois qui ont suivi, j'ai essayé de me convaincre que tu étais mieux sans moi et que tu me haïssais pour tout ce que je t'avais fait subir, mais… par ce lien que je gardais avec toi, je percevais ta souffrance, ta tristesse, ta solitude. Le jour de sa demande en fiançailles, j'ai de nouveau senti ta présence. J'ai senti ton affolement, ton désarroi, et je t'ai entendu supplier que quelqu'un vienne te secourir. J'ai perdu la tête. Je me suis tamisé jusqu'à toi. Tu étais si maigre et si pâle… J'avais envie de le tuer pour ce qu'il te faisait subir.

Clarke renifle alors qu'une larme s'écrase sur leurs mains. Elle s'apprête à l'essuyer avec son autre main mais Bellamy la devance. Il l'essuie avec son pouce. Elle baisse le regard, pour ne pas croiser ses yeux noirs. Elle ne sait pas si elle est prête à le regarder, surtout maintenant. Il ne semble pas s'en soucier puisqu'il retire sa main et continue.

- Je t'ai rappelé notre marché afin de pouvoir t'emmener et prendre soin de toi. Je devais lutter pour te renvoyer et te voir dépérir au fil des mois, Clarke. Ça me rongeait de savoir qu'il dormait dans ton lit. Non seulement parce que tu m'étais destinée, mais aussi parce que… je savais… je savais que je t'aimais.

Clarke se fige en entendant ces mots. Voilà le point de non-retour. Le voilà. Il vient de dire ces mots.

- Quand tu es venue ici, j'ai décidé de ne rien te révéler et de maintenir notre marché. Je préférais subir ta haine plutôt que tu éprouves les mêmes sentiments que moi, car je savais si nous nous aimions, on t'arracherait à moi comme on m'avait pris ma famille. Je t'ai regardée dépérir… jusqu'au jour où il t'a enfermée dans son palais. En t'enlevant, j'ai violé les lois d'Arkadia. J'aurais dû tout te dire, mais je me sentais incapable de t'imposer ce lien. Pourtant, c'était plus fort que moi. Je devais rester auprès de toi. Je ne peux pas vivre sans toi.

Cela semble être la toute fin de son histoire, puisqu'il soupire et repose son dos contre le canapé. Clarke relâche sa main en passant les siennes sur son visage. Elle essuie ses larmes et prend une grande inspiration. Elle se permet finalement de plonger ses yeux dans les siens. Elle hésite, avant de murmurer.

- Est-ce que tu m'aimes ?

Elle utilise le présent, parce qu'elle veut savoir si ses sentiments sont toujours d'actualité ou pas. Bellamy ne répond pas de vive voix, mais il hoche la tête en la regardant. Elle ressent ses sentiments à travers ce lien. Cet amour est un mot trop faible pour exprimer tout ce qu'il ressent pour elle. Elle le sent.

- Et toi ? demande-t-il.

- Au moment où je t'ai vu devant la porte, j'allais te dire ce que j'avais décidé.

- Et maintenant ?

Clarke attend un peu avant de prendre sa dernière décision. Elle racle finalement sa gorge, et s'approche de lui sur le canapé. Elle fait passer une jambe par-dessus les genoux de Bellamy, et s'assoit à califourchon sur lui. Il pose ses mains sur ses hanches en la regardant, alors qu'elle pose les siennes sur ses épaules.

- Maintenant, je veux que tu saches que je t'aime, murmure-t-elle. Même si j'ai été en colère, et triste… Mon cœur t'appartient.

Bellamy hoche la tête. Il ne dit rien, mais Clarke voit qu'il est ému et content. Ses yeux s'illuminent soudainement, et elle se rend compte à quel point il lui avait manqué. Elle remonte ses mains sur son cou, attend une à deux secondes, et plonge en avant pour l'embrasser. Il répond rapidement à son baiser en passant une main dans ses cheveux et en la rapprochant de son corps. Elle ondule son bassin contre lui, ce qui l'incite à se lever du canapé, elle dans ses bras. Il ne veut pas perdre de temps puisqu'il met sa main sur la table derrière elle et enlève d'un mouvement de bras tout ce qui se trouvait dessus. Il dépose Clarke sur la table sans rompre leur baiser, et se recule à un moment seulement pour soulever le t-shirt de Clarke et l'enlever.

Sa langue revient rapidement dans sa bouche, sa main derrière sa nuque. Clarke ne parvient plus à penser, à réfléchir. Elle sait juste qu'elle a envie de lui, qu'elle en a besoin. Elle embrasse Bellamy alors qu'elle le sent dégrafer son soutien-gorge. Elle se laisse faire lorsqu'il la pousse doucement sur la table. Elle sent le froid du bois dans son dos, mais il se rachète en posant ses mains sur ses cuisses. Elle soulève son bassin pour l'aider à enlever son pantalon, qu'il descend en même temps que son sous vêtement.

- Gain de temps, murmure-t-elle.

- Tu ne crois pas si bien dire, répond-il en riant.

Clarke sourit à son tour en le voyant si heureux devant elle. Elle l'a déjà vu sourire à ses amis, à sa sœur, mais ce sourire… Ce sourire est diffèrent. Il se penche vers elle et l'embrasse à nouveau, plus lentement qu'avant.

Bellamy fait parcourir sa bouche le long de sa mâchoire, de son cou. Clarke laisse ses mains voyager vers sa taille, en les passant sous son t-shirt. Sa peau est brûlante sous ses doigts, alors qu'elle caresse ses abdominaux. Bellamy laisse de long baisers un peu plus bas, jusqu'à arriver à son bas ventre. Il place ses mains sur ses genoux et les écarte, en se déplaçant jusqu'au bord de la table. Clarke ferme les yeux tandis qu'il pose sa bouche entre ses jambes, en faisant bouger sa langue de gauche à droite. Elle mord sa lèvre en essayant de ne pas gémir trop fort, même s'ils sont seuls. Elle essaye de pousser ses hanches vers lui mais il la tient sur la table avec une main. Il se sert de son autre main pour insérer un doigt, sans arrêter le mouvement de sa bouche. Au bout de quelques coups de langue en plus, Clarke sent la tension quitter son corps alors qu'elle gémit et tremble durant son orgasme.

Sa respiration se calme alors que Bellamy se remet debout, en essuyant sa bouche avant de tendre une main vers elle. Elle la prend et le laisse la remettre sur pied. Elle n'attend pas une seconde de plus et l'embrasse à pleine bouche.

- Dans la chambre, dit-elle contre ses lèvres.

Bellamy la soulève à nouveau, ce qui lui permet de mettre ses jambes nues autour de lui. Il avance avec urgence, alors que Clarke passe une main dans ses cheveux en mordillant son cou. Il trébuche un peu et écrase Clarke contre un mur, sans le faire exprès. Ils éclatent de rire en continuant à s'embrasser et en trouvant cette fois-ci la chambre. Il l'allonge sur le lit et reste debout, en commençant à enlever son t-shirt. Elle le regarde, la boule au ventre. Elle laisse ses yeux voyager de haut en bas de son corps, alors qu'il retire tous ses vêtements. Il s'approche du lit et semble hésiter un petit moment, mais pas elle. Elle tire sur son bras jusqu'à ce qu'il soit entièrement sur elle. Elle le rapproche d'elle et dépose un baiser sur ses lèvres, pour lui dire qu'il peut continuer, qu'elle ne s'enfuira pas.

Il fait passer ses mains le long de son corps, comme s'il ne voulait pas laisser une seule partie de son corps non touchée. Lorsqu'il s'attaque à son cou, elle prie pour ne pas avoir un suçon par la suite. Elle croise ses jambes autour de sa taille et ondule son bassin, cherchant de la friction.

- S'il te plaît, ne prends pas ton temps, supplie-t-elle par pensée.

Il rit contre son cou alors qu'il pose ses mains sur ses hanches et la maintient contre le matelas. Il fait passer sa main entre ses cuisses et la touche à nouveau à cet endroit.

- Je suis heureux de voir que je ne suis pas le seul à être excité, répond-il.

- Tu seras le seul si tu ne te dépêches pas.

Bellamy rit à nouveau contre ses lèvres, en continuant à la caresser.

- Peut-être que j'ai envie que tu me supplies, peut-être que je veux que tu ressentes tout ce que j'ai pu ressentir ces derniers mois.

- Crois-moi. Je l'ai ressenti aussi.

Clarke gémit dans son oreille alors qu'il insère un doigt en elle. Elle mordille le lobe de son oreille, en lui envoyant de nouveaux mots.

- Peut-être que c'est toi qui va me supplier, au final.

La jeune femme place ses deux mains sur son torse, le repoussant et utilisant toute sa force pour renverser leurs positions et être au-dessus de lui. Bellamy lui sourit alors qu'elle ondule sur lui. Il grogne et agrippe ses hanches.

- Allez, gémit-il.

- Allez quoi ? répète-t-elle sans arrêter son mouvement.

- Dépêche-toi.

- Je ne crois pas, dit-elle en arrêtant de bouger. Tu sais quoi ? Je ne pense pas être dans l'ambiance désormais, on devrait peut-être parler…

- Tu devrais vraiment te lancer dans l'humour…

Clarke rit contre sa bouche. La jeune femme se met finalement en position assise et le sent s'insérer en elle. Elle peut à peine respirer ni penser, elle perçoit seulement les parties de leurs corps qui se joignent. Elle se retire un peu, puis s'enfonce avec une lenteur qui met Bellamy au supplice. Elle se penche et l'embrasse, en continuant son mouvement. Bellamy place ses mains sur ses fesses et prend le contrôle, en allant de plus en plus vite.

- Putain, murmure-t-elle contre ses lèvres.

- Si tu savais à quel point j'ai pensé à ce moment, dit-il.

Elle noue sa langue avec la sienne en ne se contrôlant plus. Elle va de plus en plus vite, et de plus en plus fort. Elle ressent de la chaleur dans tout son corps alors qu'il touche un point très sensible en elle. Elle gémit contre lui en serrant la couverture avec des poings derrière la tête de Bellamy. Celui-ci prend soudainement l'avantage et les renverse sur le lit, pour qu'il soit sur elle.

- Mon tour, dit-il.

Bellamy prend son genou, le met un peu plus haut et s'enfonce rapidement en elle. Clarke gémit fortement, surprise. Finn était doux avec elle, et c'est tout ce qu'il connaissait. Bellamy, lui, sait exactement ce qu'elle veut et ce dont elle a besoin. Il noue ses doigts avec ceux de Clarke sur le lit et lève ses bras au-dessus de sa tête, pour l'immobiliser dans cette position. Il l'embrasse langoureusement en bougeant rapidement en elle. Clarke sent ses muscles se contracter. Il doit le ressentir aussi puisqu'il lâche une de ses mains et la glisse entre eux pour la caresser avec son pouce, en faisant des cercles rapides. Bellamy embrasse son cou. L'orgasme de Clarke explose autour de lui lorsqu'il mord sa peau. Elle pousse un long cri de plaisir en murmurant à la fin son nom, alors qu'il orgasme à son tour.

Ils respirent l'un contre l'autre, leur front collé l'un contre l'autre, sans bouger. Bellamy approche un peu son visage et embrasse délicatement sa joue, avant de pivoter pour se mettre sur le dos, à côté d'elle. Clarke tourne son visage et regarde son profil. Elle embrasse sa mâchoire et rit contre lui.

- J'ai couché avec toi, dit-elle simplement devant son regard interrogateur.

- Ah oui ? On devrait peut-être recommencer pour en être sûrs…

Elle repousse son épaule en éclatant de rire. Il passe son bras sous elle et l'attire sur son torse. Elle pose son menton sur son épaule en levant les yeux vers lui. Il caresse ses cheveux.

- Tu sais quand je suis tombé amoureux de toi ? dit-il.

- Je t'écoute.

- Je suis tombé amoureux de toi quand j'ai compris que tu fabriquais un piège pour le ver géant. Ou quand tu m'as giflé parce que je me moquais de toi.

- C'est romantique.

Il rit pendant qu'elle lève les yeux au ciel. Il lui pose la même question, alors qu'elle réfléchit. Elle pense à tous les moments qu'elle a passé avec lui depuis la Cour de la Nuit. Elle savait qu'elle éprouvait des sentiments de plus en plus forts pour lui, mais le moment où elle est tombée amoureuse…

- Lors de l'un de nos entraînements, lorsque je suis entrée dans ton esprit et que tu m'as montré des images de moi en me complimentant. Pour la première fois depuis longtemps, je me suis sentie importante, et appréciée à ma juste valeur. C'est à ce moment-là que j'ai su que je t'aimais.

Il hoche la tête sans répondre. Elle se relève sur un coude en le regardant, et se penche légèrement pour l'embrasser. Bellamy pose une main sur sa joue en répondant à son baiser, tandis qu'elle se renverse sur lui. Il place son autre main sur sa hanche quand elle commence à bouger sur lui pour l'arrêter. Elle gémit de déplaisir alors qu'il arrache sa bouche de la sienne.

- On doit rejoindre les autres dans une heure au restaurant.

- Tu plaisantes ?

- On est vendredi soir.

Clarke soupire en se mettant sur le dos dans le lit. Elle aurait préféré rester toute la nuit avec lui, mais elle comprend que le vendredi soir est sacré pour lui et ses amis. Bellamy lui dit qu'il va se doucher, alors qu'elle hoche la tête. Il se déshabille rapidement dans la chambre et part dans la salle de bain. La jeune femme reste dans le lit quelques minutes, avant de se relever. Ses muscles lui font déjà mal à cause de ce qu'ils viennent de faire. Elle sourit en prenant le t-shirt noir de Bellamy sur le sol et en l'enfilant. Elle part vers la commode du fond et pose ses mains à plat sur celui-ci, en fermant les yeux. Ce qui vient d'arriver… C'est au-delà de ce qu'elle aurait pu imaginer.

Il revient dans la chambre en pantalon. Il dépose un baiser sur l'épaule de Clarke en ouvrant un tiroir de la commode et en prenant un t-shirt.

- Je réfléchissais pendant ma douche…

- Ça t'arrive ?

Il lui fait une pichenette sur son nez alors qu'elle éclate de rire en s'écartant. Elle s'assoit sur le lit en le regardant enfiler un t-shirt noir et s'adosser à la commode. Il baisse son regard vers elle.

- Règne avec moi.

- Pardon ?

Elle ne comprend pas réellement ce qu'il vient de dire, elle reste perplexe devant lui. Il croise les bras.

- Tu es un leader, Clarke. Tu as traversé le Mur. Tu nous as sauvés au Mont Weather, et tu es aussi puissante que nous tous. Même plus. Tu devrais prendre ta place à mes côtés.

- En tant que quoi, exactement ?

- En tant que Grande Dame de la Cour de la Nuit.

Le cœur de Clarke commence à tambouriner dans sa poitrine. Ses yeux se plissent en regardant son petit-ami, devant elle. Elle secoue la tête.

- Je croyais que vous n'étiez que six à régner. On nait en tant que Grand Seigneur ou Grande Dame, on ne peut pas le devenir.

- Tu me connais, dit-il en haussant une épaule. J'aime renverser et briser les règles.

- Bellamy, je suis sérieuse.

- Moi aussi. Règne avec moi.

Clarke ne répond toujours pas alors qu'il s'approche et s'assoit devant elle. Elle garde la bouche ouverte, encore surprise par ses révélations. Bellamy replace une mèche de ses cheveux derrière son oreille.

- Est-ce que c'est une façon étrange de me demander de me marier avec toi ? plaisante-t-elle.

Clarke ne peut pas s'empêcher de blaguer, parce qu'elle ne réalise pas encore ce qu'il vient de lui dire. Elle répète ses mots, encore et encore. Il lève les yeux au ciel et se penche en déposant un baiser entre ses deux yeux.

- Ne t'avance pas trop.

La jeune femme rit légèrement tandis qu'il se relève. Elle mord sa lèvre et lui dit qu'elle part faire sa douche elle aussi. Lorsqu'elle est sous le jet d'eau, elle pense à ce qu'il lui a dit. C'est complètement ridicule, mais… Elle ne sait pas. Elle était encore une Mortelle il a quelques mois, elle ne sait pas si elle pourrait prendre les rênes de la Cour de la Nuit. Elle n'a jamais eu peur de donner son avis, de prendre des décisions, d'essayer de sauver des vies. Oui, elle ne veut pas être une suiveuse. Elle ne veut pas de leader, mais est-ce qu'elle est prête à devenir une Grande Dame ? Que cela signifiait-il, de toute façon ?

Clarke sort de la douche en essayant de penser à autre chose qu'à la demande de Bellamy. Elle enfile une robe noire courte et se fait un chignon. Bellamy la regarde en soupirant alors qu'elle s'applique du maquillage.

- C'est bon princesse ?

Clarke lui lance un regard noir dans le miroir en finissant d'appliquer son mascara. Elle rejoint finalement Bellamy et accepte sa main, en tamisant dans le centre-ville avec lui. Ils marchent tous les deux côte à côte, Bellamy saluant les quelques personnes qu'ils croisent. Pour la première fois depuis longtemps, elle se sent toute légère. Heureuse, même. Ils continuent leur marche, alors que Clarke sent le regard de Bellamy peser sur elle.

- Tu es magnifique.

Elle tourne le visage vers lui, surprise par ce qu'il vient de lui dire en pensée. Elle rougit un peu et lève les yeux au ciel, ce qui le fait sourire.

- Tu n'es pas mal toi non plus.

Il rit en entendant son message. Ils passent plusieurs boutiques et s'arrêtent finalement devant le restaurant dans lequel leurs amis sont déjà. Clarke regarde le menu à l'extérieur, et aperçoit son reflet dans la vitrine du restaurant.

- On est beaux tous les deux.

Bellamy hausse un sourcil avant de regarder dans la réflexion devant lui. Comme toujours, il est entièrement habillé en noir. La tenue de Clarke complète la sienne, et ça la rend heureuse. Bellamy se penche vers elle et dépose rapidement un baiser sur sa tempe, avant de pousser la porte du restaurant. Ils aperçoivent leurs amis au loin et s'approchent d'eux. Clarke peut imaginer qu'ils parlaient d'eux, vu leur sourire sur leur visage, et vu la façon dont Miller vient de frapper Murphy pour ne pas qu'il finisse sa phrase.

- Salut les gars, dit finalement Clarke, timidement.

Bellamy et elle s'assoient au même moment, tout en regardant leurs amis autour de la table. Ils essayent tous de cacher leur sourire. Bellamy soupire finalement en s'adossant à sa chaise.

- Allez-y, dit-il. Dites-le.

Les cinq parlent tout à coup au même moment.

- Je le savais !

- Je t'avais dit qu'ils étaient ensemble !

- Miller, donne-moi l'argent du pari !

Clarke sent ses joues devenir rouges alors que ses amis continuent à parler à tort et à travers de leur relation. Elle tourne son visage vers Bellamy et le voit aussi embarrassé qu'elle, pour la première fois de sa vie.

- Qui a fait le premier pas ?

- Attendez, comment était le…

- Ne finis même pas cette phrase, Murphy.

Clarke mord sa lèvre pour s'empêcher de rire devant l'intervention de Bellamy.

- On aurait dû s'en douter.

- Tu n'avais qu'à pas me faire ce suçon tout à l'heure.

Bellamy lui tire la langue alors qu'elle se penche un peu et lui pince la cuisse. Il frappe sa main à cause de son geste.

- Je n'arrive pas à croire qu'ils sont en train d'avoir une conversation entre eux, dit finalement Octavia.

- Super, ça commence déjà, marmonne Murphy.

- La ferme, Murphy.

- Est-ce qu'on peut parler d'autre chose ? demande Clarke.

Lincoln demande finalement à Clarke s'ils ont attrapé le Suriel. Celle-ci pousse un soupir de soulagement et lui répond, en lui racontant tout ce qui s'est passé. Elle parle de tout sauf de la fin, lorsqu'il lui a révélé que Bellamy était son âme-sœur. Ils évoquent rapidement l'auberge dans laquelle ils ont passé la nuit.

- Donc Finn n'a pas parlé de tes pouvoirs ? demande Raven. C'est une bonne nouvelle, non ?

- Oui. Mais le Suriel m'a dit que Finn devinait que je puisais de plus en plus dans ses pouvoirs. Il est plus faible qu'auparavant. Il sait tout.

- Donc qu'est-ce que tu vas faire ?

- Je n'en sais rien. Il faudra que j'aille le voir un jour… murmure Clarke.

Ils hochent tous la tête, sans rien dire de plus. Ils changent finalement de sujet et discutent des futurs entrainements de Clarke avec eux. Elle est déjà heureuse de voir qu'elle s'est considérablement améliorée au niveau de son bouclier mental. Le contrôle de l'eau est bon, lui aussi.

- Il faudrait que tu travailles la métamorphose, dit Raven en piochant dans son assiette.

- Oh non, je ne veux pas me transformer.

- Pas te transformer, dit Raven en levant les yeux au ciel. Tu pourrais avoir des ailes et apprendre à voler avec.

- J'ai déjà peur quand c'est Bellamy qui me porte, marmonne Clarke.

Ce dernier rit légèrement en prenant une bouchée de son plat. Ils discutent de cette possibilité de pouvoir, ce qui angoisse légèrement Clarke. Effectivement, ce serait un beau pouvoir, mais elle ne veut pas apprendre à voler. Elle préfère largement tamiser, c'est beaucoup plus rapide et plus utile. Elle ne dit rien et les laisse parler, sans les interrompre.

Après le diner, ils décident tous de partir dans le bar de nuit au bout de la rue. Lorsque l'une des chansons préférées d'Octavia retentit, celle-ci tire Clarke par la main.

- Non ! s'exclame Clarke. Je ne sais pas danser !

- On se fiche de ça, tu n'auras qu'à te trémousser !

Clarke grogne tandis que Raven vient à côté d'Octavia et tire son autre main. Elle demande de l'aide aux garçons mais ils lui font juste des signes de la main en souriant. Elle part avec les filles, alors que celles-ci lui montrent des pas de danse à faire. Elle commence peu à peu à se détendre quand Raven pose ses mains sur ses hanches et danse collée-serrée avec elle. Clarke passe ses bras autour des épaules de son amie et ondule ses hanches avec elle, en éclatant de rire. Elle tourne la tête lorsqu'elle sent des yeux fixés sur elle. Bellamy prétend écouter ce que lui dit Miller, mais il continue à la dévorer du regard. Elle soutient son regard, en mordant sa lèvre.

- Arrête de me regarder comme ça, dit-il.

- Pourquoi ? Ça te distrait ?

- C'est le cas. On rentre à la maison ?

Clarke rit dans les cheveux de Raven en entendant la proposition de Bellamy. Elle est contente de savoir qu'elle a cet effet sur lui, ça lui fait vraiment plaisir.

- Plus tard, répond-elle en pensée. Écoute ce que te dis Miller, et mange ton dessert.

- Je préférerai que tu sois mon dessert.

Clarke rougit alors qu'il la dévisage de haut en bas. Elle continue à danser avec Raven et Octavia les rejoint. Elles dansent toutes les trois comme des folles pendant deux à trois chansons, et retournent finalement près des garçons. Elle prend une gorgée de sa boisson sans penser à ce que Bellamy vient de lui dire en pensée. Cependant, il ne rend pas la tâche facile puisqu'il pose sa main sur sa cuisse en embrassant sa tempe. Elle écoute Raven et Octavia devant elle mais perd toute concentration en sentant le pouce de Bellamy caresser délicatement sa jambe, sans rien faire de plus.

- Tu es juste cruel, pense-t-elle alors qu'il sourit.

Elle regarde autour d'elle et voit ses amis discuter, sans se préoccuper d'eux. Elle rit légèrement en voyant Murphy embêter Raven. Elle tourne son visage vers Bellamy alors qu'il discute avec Miller. Elle regarde sa mâchoire qu'elle aime tant, et descend peu à peu ses yeux vers son cou musclé et ses doigts caressant sa cuisse. Elle a seulement hâte de rentrer pour pouvoir être avec lui. Elle ne sait pas si son désir si intense est normal. Elle désirait Finn, oui, mais pas à ce point.

- Est-ce que c'est normal que je sois excitée à chaque fois que je te regarde depuis que je sais qu'on est destinés ?

Bellamy s'étouffe dans sa bière en entendant la pensée que Clarke vient de lui envoyer. Elle lève les yeux au ciel et lui dit qu'elle est sérieuse et qu'elle attend une réelle réponse. Il joue avec son verre en répondant.

- C'est normal. Quand un couple accepte le lien d'amour, c'est une sensation nouvelle. Certains couples peuvent rester une semaine dans leur chambre sans sortir. C'est un peu une période « lune de miel », ça nous passera dans quelques jours.

Clarke hoche la tête en écoutant ses explications. Elle espère que ça va passer rapidement. Elle adore vouloir de Bellamy à chaque minute, mais elle ne doit pas penser tout le temps à lui. Mais, en attendant… Elle n'a pas besoin d'être raisonnable ce soir.

- Bellamy et moi on va y aller, dit-elle à ses amis en se levant.

- Ah oui ? demande ce dernier, innocemment.

- Oui, répond-elle entre ses dents.

- Je suis bien ici pourtant, dit-il en souriant.

Elle lève un sourcil en le regardant alors que leurs amis sourient et se moquent. Ils savent très bien ce qui se passe, ils ne sont pas stupides.

- Soit on rentre à la maison et on fait l'amour toute la nuit, soit je ne t'autoriserai plus jamais à me toucher.

- On va rentrer, dit-il à l'intention de tout le monde.

Clarke commence à rire alors qu'il se lève rapidement et enlace ses amis un à un. Clarke fait la même chose et embrasse Raven et Octavia en leur souhaitant une bonne nuit. Ils sortent tous les deux du restaurant, et Clarke sent Bellamy attraper son poignet au vol. Ils tamisent tous les deux et atterrissent dans le salon. Clarke n'a même pas le temps de se remettre du tamisage puisque Bellamy la pousse contre la porte, ses lèvres sur les siennes. Elle sent un frisson parcourir le long de sa colonne vertébrale alors qu'elle passe ses bras autour de son cou. Elle enfouit ses doigts dans les cheveux de Bellamy et caresse son cuir chevelu. Il fait passer une main en dessous de ses fesses et la soulève du sol. Elle enroule ses jambes nues autour de sa taille tandis qu'il embrasse son cou et mordille sa peau.

- Contre le mur ? dit-elle, déjà à bout de souffle.

- Contre le mur.

Clarke rit alors qu'il reprend possession de ses lèvres. La jeune femme mord sa lèvre lorsqu'il fait passer une main entre leurs deux corps et commence à la caresser par-dessus son sous vêtement. Elle tire légèrement sur ses cheveux bouclés en gémissant dans son oreille lorsqu'il écarte le tissu sur le côté et la touche. Clarke baisse l'un de ses bras et défait le bouton de son pantalon, en lui disant de se dépêcher. Bellamy rit contre sa peau mais grogne lorsqu'il sent à quel point elle est excitée. Il n'attend pas plus longtemps et s'insère rapidement en elle. Clarke agrippe ses cheveux en gémissant et en répondant à son mouvement de hanche. Bellamy suçote longuement sa mâchoire alors qu'elle essaye de relever sa tête pour pouvoir l'embrasser. Il sourit en la regardant et en gardant son visage assez éloigné pour qu'elle ne puisse pas l'embrasser. Il dépose un baiser sur sa mâchoire, sa joue, sa pommette.

- Embrasse-moi !

Bellamy passe une main derrière sa nuque et écrase ses lèvres contre les siennes en allant plus rapidement et plus fortement en elle. Clarke sent que son excitation augmente de plus en plus alors qu'il ouvre plus grand la bouche pour pouvoir enlacer sa langue avec la sienne. Son orgasme explose finalement lorsqu'il la touche. Elle tremble des pieds à la tête et ferme les yeux. Bellamy vient rapidement après elle, en gémissant dans son cou.

Ils respirent l'un contre l'autre durant quelques secondes, pour reprendre un rythme normal. Clarke le regarde finalement et écarte les mèches de son front, en souriant.

- Est-ce que je t'ai déjà dit que tu étais beau ? dit-elle.

Il rit.

- C'est haut… murmure-t-elle. On ne pourrait pas commencer de plus bas ?

- Allez, Clarke. Dépasse-toi, pour une fois.

Clarke croise les bras en se tournant vers Miller et en lui tirant la langue. Tous ses amis sont autour d'elle alors qu'elle essaye d'apprendre à développer ses ailes. Elle pensait le faire tranquillement à la maison, mais ils lui ont dit que ce serait plus simple de le faire dehors, au bord du précipice. Octavia lui a dit que ça lui donnera encore plus envie de voler.

- Concentre-toi, lui dit Bellamy en croisant les bras.

- C'est facile pour toi de dire ça, tu as plus de 500 ans, marmonne-t-elle.

- Je ne t'ai jamais dit mon âge, Clarke.

- Tu fais vieux.

Bellamy lève les yeux au ciel en râlant alors qu'elle ferme les yeux en essayant de se concentrer. Cela fait déjà une heure qu'ils sont ici, sans grand succès. Clarke pense sans cesse à des ailes qui poussent entre ses omoplates, mais cela n'arrive pas. Pourtant, ils lui donnent tous des conseils.

- Est-ce qu'on pourrait travailler le tamisage à la place ? dit-elle en soupirant.

- Clarke, ne fais pas l'enfant, répond Raven en soupirant.

- Je ne fais pas l'enfant !

La jeune femme se tourne vers le bord et s'approche un peu plus du vide. Elle regarde en dessous d'elle. Il y a de l'eau tout en bas, mais ils sont au moins à 100 mètres de hauteur. Non, même si elle a des ailes, elle ne voudra jamais voler. Elle se tourne vers ses amis en secouant la tête.

- Non, c'est mort, je…

- Tu sais quoi ? Saute.

Avant qu'elle ne puisse comprendre ce qui se passe, Raven tend ses bras en avant et la pousse dans le vide. Clarke a seulement le temps de voir les yeux écarquillés de Bellamy et la bouche grande ouverte d'Octavia, alors qu'elle tombe en arrière. Elle n'a pas le temps de réfléchir. Son cœur s'arrête lorsqu'elle voit le décor défiler, jusqu'à ce qu'elle sente des ailes se déployer dans son dos. La jeune femme pousse un cri, ne sachant pas réellement contrôler cette transformation. Elle parvient à les battre de façon non régulière, jusqu'à s'élever vers la falaise de laquelle elle est tombée. Elle voit ses amis et atterrit violemment sur le sol. Bellamy se précipite vers elle et l'aide à se relever. Elle fixe Raven.

- Tu n'es qu'une garce !

- Remercie-moi au lieu de m'insulter…

- Te remercier ? Tu as failli me tuer !

- Mais ça a marché, pas vrai ? Tu as réussi parce que tu as eu peur, j'étais sûre à 90% que ça allait marcher !

Clarke plisse des yeux en la regardant. Bellamy doit sentir son énervement puisqu'il pose une main sur son épaule.

- 90% sûre ? Et si je ne les avais pas dévoilées ?

- Quelqu'un t'aurait rattrapée au vol, répond Raven en hésitant. Et puis c'est… C'est de l'eau en bas…

Clarke se précipite vers Raven les bras tendus pour pouvoir la frapper mais Bellamy et Murphy la retienne. Raven s'excuse finalement au bout de plusieurs minutes. Clarke croise les bras en la regardant.

- Allez, accepte mes excuses.

- Bien, à une seule condition.

- Laquelle ?

Clarke tend le bras et précipite Raven dans les airs avec son pouvoir. Elle entend son cri alors qu'elle dévoile ses ailes en plein vol et les rejoint quelques secondes plus tard. Elle s'écrase sur le sol, à bout de souffle.

- D'accord, je l'avais mérité.

Tout le monde rit en la voyant se relever, les jambes tremblantes. Bellamy se tourne vers Clarke pour lui parler mais Lincoln se tamise d'un seul coup devant eux. Il tend un bout de papier à Bellamy, qui le lit. Clarke fronce les sourcils en le voyant blêmir. Elle lit par-dessus son épaule.

Menace de Pike. Le Grand Seigneur doit venir rassurer ses sujets. Un plan doit se préparer.

- McCreary.

- Quoi ? demande Miller.

- Un message de la Cour des Cauchemars. Il va falloir que j'y aille demain.

- Qu'est-ce qu'il se passe ?

- Des nouvelles de Pike.

Tout le monde semble inquiet en entendant les mots de Bellamy. Clarke repense à la Cour des Cauchemars. Elle sait que c'est un endroit terrible, mais elle veut savoir à quoi ça ressemble.

- Je viendrai avec toi, lui dit-elle.

- Non.

- Pourquoi ? demande-t-elle, déçue.

- Le visage que je devrai montrer… Je ne veux pas que tu le voies. La manière dont il faudra que je te traite, dont je traiterai les autres…

- Le masque du Grand Seigneur.

Il hoche la tête alors qu'elle continue à le regarder. Clarke s'approche et prend sa main dans la sienne.

- Je m'en fiche. Je sais qui tu es. Je veux venir.

Clarke continue à la regarder et, finalement, esquisse un léger sourire. Il se penche vers elle et dépose un baiser sur son front. Clarke ferme les yeux. Il sera diffèrent avec elle demain, mais ça ne lui fait pas peur. Du moins, pour l'instant.


Hello !

Désolée pour ce jour de retard, ça a été la folie hier ! Plus aucune barre de réseau alors que j'arrivais à Paris et que je devais traverser la ville... La pire chose au monde, je vous jure ! J'avais donc complètement oublié qu'il fallait que je poste, ça c'est sûr. J'espère que vous ne m'en voulez pas, surtout que ce chapitre est un peu la concrétisation de Bellamy et Clarke ! En espérant que la scène du début ne vous a pas trop choqué...

- Amandine.