On continue avec de l'interlude, assez important puisque je donne ma version de la mort de Harry en expliquant le rôle de Cédric Diggory là dedans. Le prochain chapitre sera par contre sur le "présent" avec Scorpius
Mai 1998
- Maître, dit une voix désespérée, éraillée.
Il se tourna : Lucius Malefoy était assis dans le coin le plus sombre, ses vêtements en haillons. Il portait toujours les marques du châtiment qu'il avait reçu après que le garçon eut réussi à s'échapper. L'un de ses yeux était encore fermé, bouffi.
- Maître… s'il vous plait… Mon fils…
- Si ton fils est mort, Lucius, ce n'est pas ma faute. Il n'est pas venu se joindre à moi, comme le reste des Serpentard. Peut-être a-t-il décidé de devenir ami avec Harry Potter ?
- Non… jamais, murmura Malefoy.
- Il faut l'espérer, cela vaudrait mieux pour toi.
- Ne… Ne craignez-vous pas, Maître, que Potter meure d'une autre main que la vôtre ? demanda Malefoy, la voix tremblante. Ne serait-il pas… pardonnez-moi… plus prudent de mettre un terme à la bataille, d'entrer dans le Château et de le chercher v… vous-même ?
- Ne fais pas semblant, Lucius. Tu veux que la bataille cesse pour savoir ce qui est arrivé à ton fils. Mais je n'ai pas besoin de chercher Potter. Avant la fin de la nuit, c'est lui qui sera venu me trouver.
Voldemort baissa à nouveau le regard sur la baguette qu'il tenait entre ses doigts. Il était troublé… Et les choses qui troublaient Lord Voldemort devaient être remises en ordre…
- Va chercher Rogue.
- Rogue, M… Maître ?
- Rogue. Maintenant. J'ai besoin de lui. J'ai un… service… à lui demander. Va.
Effrayé, titubant un peu dans la pénombre, Lucius quitta la pièce. Voldemort resta là, debout, continuant de rouler la baguette entre ses doigts, les yeux fixés sur elle.
- C'est le seul moyen, Nagini, murmura-t-il.
Il se retourna et il était là, le grand serpent au corps épais, suspendu dans les airs, ondulant avec grâce dans l'espace ensorcelé, protégé, qu'il avait créé pour lui, une sphère transparente, étoilée, quelque chose qui ressemblait à la fois à une cage scintillante et à un aquarium. A ses côtés se tenait un Mangemort visiblement attitré à la garde rapprochée du serpent. Sa capuche abaissée laissait voir le visage de Cédric Diggory, toujours soumis au Sortilège de l'Imperium. Il avait reçu pour ordre de tuer quiconque tenterait de s'en prendre à Nagini.
- Maître, permettez-moi…
- Je n'ai pas besoin qu'on m'aide, répliqua froidement Voldemort.
Bien qu'il ne pût voir la scène, Harry imaginait Bellatrix renonçant à lui tendre une main secourable.
- Le garçon… Est-il mort ?
Un silence total tomba sur la clairière. Personne ne s'approcha de Harry, mais il sentit leurs regards se concentrer sur lui, comme s'ils l'écrasaient un peu plus contre le sol et il fut terrifié à l'idée qu'ils voient frémir un doigt ou une paupière.
- Toi, dit Voldemort.
Il y eut une détonation et un petit cri de douleur.
- Va regarder de plus près. Dis-moi s'il est mort.
Harry ne savait pas qui il avait envoyé vérifier. Il ne pouvait que rester étendu là à attendre qu'on vienne l'examiner, craignant d'être trahi par son cœur qui battait à tout rompre. En même temps, il remarqua, maigre consolation, que Voldemort n'osait pas l'approcher, qu'il soupçonnait que tout ne s'était pas déroulé selon le plan prévu…
Des mains, des mains plus douces qu'il ne s'y attendait, touchèrent le visage de Harry, relevèrent une paupière, se glissèrent sous sa chemise, le long de sa poitrine, cherchant son cœur. Il entendait le souffle court d'une femme, ses longs cheveux lui chatouillaient la joue. Il savait qu'elle pouvait sentir les pulsations de la vie battre régulièrement contre ses côtes.
- Est-ce que Drago est vivant ? Est-ce qu'il est au Château ?
Le murmure était à peine audible. Ses lèvres étaient à deux centimètres de l'oreille de Harry. Elle avait penché la tête si bas que ses longs cheveux masquaient son visage à ceux qui la regardaient.
- Oui, répondit-il dans un souffle.
Il sentit la main se contracter contre sa poitrine. Ses ongles s'enfoncèrent dans sa peau. Puis la main se retira. La femme s'était redressée.
- Il est mort ! s'exclama Narcissa Malefoy en s'adressant aux autres.
Ils se mirent alors à hurler, les cris de triomphe et les trépignements de joies retentissaient à présent, et à travers ses paupières, Harry distingua des éclairs rouges et argentés que l'on tirait en l'air pour célébrer l'évènement.
Immobile sur le sol, simulant toujours la mort, il comprit. Narcissa savait que le seul moyen qui lui permettrait d'entrer dans Poudlard pour y retrouver son fils serait de se fondre dans les rangs d'une armée victorieuse. Elle ne se souciait plus, maintenant, que Voldemort gagne ou pas.
- TAISEZ-VOUS ! s'exclama Voldemort.
Il y eut un bang !, un éclair de lumière brillante et ils furent réduits par la force au silence.
- C'est fini. Pose-le par terre, Hagrid, à mes pieds, c'est là qu'est sa place.
Harry sentit qu'on l'étendait dans l'herbe.
- Vous voyez ? continua Voldemort.
Harry l'entendit reculer puis revenir à grands pas juste à côté de l'endroit où il était allongé.
- Harry Potter est mort ! Comprenez-vous maintenant, vous qui vous êtes bercés d'illusion ? Il n'était rien, n'a jamais rien été, qu'un jeune garçon qui voulait voir les autres se sacrifier pour lui !
- Il vous a battu ! s'écria Ron.
Le sortilège fut brisé et les défenseurs de Poudlard se remirent à hurler, à vociférer jusqu'à ce qu'un deuxième bang ! plus puissant que le premier étouffe à nouveau leurs voix.
- Il a été tué en tentant de s'enfuir subrepticement par le parc du Château, reprit Voldemort – on sentait dans sa voix qu'il se délectait de son mensonge-, il a été tué en essayant de sauver sa propre vie.
Mais Voldemort s'interrompit. Harry entendit des bruits confus puis un cri et un autre bang ! Il y eut un éclair de lumière et un grognement de douleur. A nouveau, il entrouvrit imperceptiblement les paupières. Quelqu'un avait jaillit de la foule et s'était précipité sur Voldemort. Harry vit la silhouette s'effondrer sur le sol, désarmée. Voldemort jeta la baguette de son assaillant et éclata de rire.
- Qui est-ce ? demanda-t-il de sa voix douce semblable à un sifflement de serpent. Qui s'est porté volontaire pour montrer à quel sort doivent s'attendre ceux qui poursuivent le combat lorsque la bataille est perdue ?
Bellatrix eut un rire ravi.
- C'est Neville Londubat, Maître ! Le garçon qui a causé tant d'ennuis aux Carrow ! Les fils des Aurors, vous vous souvenez ?
- Ah, oui, je me souviens, dit Voldemort en regardant Neville.
Celui-ci s'efforçait de se relever, sans baguette, sans protection, dans le no man's land qui séparait les Mangemorts et les survivants de Poudlard.
- Mais tu es un Sang-Pur, n'est-ce pas, mon garçon, toi qui es si courageux ? demanda Voldemort à Neville qui lui faisait face en serrant ses poings vides.
- Et alors ? répliqua Neville d'une voix sonore.
- Tu as montré du caractère et de la bravoure et tu es issu d'une noble lignée. Tu feras un précieux Mangemort. Nous avons besoin de gens comme toi, Neville Londubat.
- Je me rallierai à vous quand il gèlera en enfer ! répondit Neville. L'armée de Dumbledore ! s'écria-t-il.
En réponse, des exclamations s'élevèrent de la foule que les sortilèges de Mutisme de Voldemort n'arrivaient pas à faire taire.
- Très bien, dit Voldemort.
Harry senti dans le ton velouté de sa voix un plus grand danger que dans ses puissants maléfices.
- Si tel est ton choix, Londubat, nous allons revenir au plan d'origine. Ce sera sur ta tête, dit-il à mi-voix, que ça se passera.
Harry, qui regardait toujours à travers ses cils, vit Voldemort brandir sa baguette. Quelques secondes plus tard, surgissant de l'une des fenêtres fracassées du Château, quelque chose qui avait l'air d'un oiseau difforme vola dans la demi-obscurité et atterrit dans la main de Voldemort. Le tenant par une extrémité pointue, il secoua l'objet moisi qui se déplia et pendit au bout de ses doigts, vide et effiloché : le Choixpeau Magique.
- Il n'y aura plus de Répartition au collège Poudlard, annonça Voldemort. Il n'y aura plus de Maisons. L'emblème, le blason et les couleurs de mon noble ancêtre, Salazar Serpentard, suffiront à chacun, n'est-ce pas, Neville Londubat ?
Il pointa sa baguette sur Neville qui se raidit, immobile, puis il lui enfonça le Chapeau sur la tête jusqu'au-dessous des yeux. Des mouvements agitèrent la foule rassemblée devant le Château et, d'un même geste, les Mangemorts levèrent leurs baguettes, tenant en respect les combattants de Poudlard.
- Neville va maintenant nous montrer ce qui arrive aux gens suffisamment sots pour s'opposer à moi, dit Voldemort.
Et d'un coup de baguette, il mit le feu au Choixpeau Magique.
Dans l'aube naissante, des hurlements déchirèrent l'atmosphère. Neville était en flammes, incapable de bouger, et Harry ne put le supporter : il devait agir…
Beaucoup de choses se produisirent alors en même temps.
Ils entendirent au loin un grand tumulte, en provenance d'enceinte de l'Ecole. A en juger par le bruit, des centaines de personnes escaladaient les murailles qu'on ne pouvait voir d'ici, et se précipitaient vers le Château en lançant des cris de guerre. Au même moment, Graup, de sa démarche pensante, apparut au coin du Château et hurla :
- HAGGER !
Les rugissements des géants de Voldemort lui répondirent. Ils coururent vers Graup comme des éléphants, en faisant trembler la terre. Puis des bruits de sabots et des claquements d'arcs résonnèrent et des flèches s'abattirent soudain parmi les Mangemorts qui rompirent les rangs, poussant des cris de surprise. Harry sortit la cape d'invisibilité de sous sa robe de sorcier, la déploya sur lui et se leva d'un bond, au moment où Neville parvenait lui aussi à bouger.
D'un mouvement rapide, fluide, Neville s'était libéré du maléfice du Saucisson qui l'avait paralysé. Le Choixpeau enflammé tomba de sa tête et il tira de ses profondeurs un objet argenté, avec une poignée incrustée de rubis étincelants… La lame aux éclats d'argent fendit l'air, mais son sifflement fut inaudible dans le vacarme que produisaient les hurlements des nouveaux venus, le fracas des géants qui s'affrontaient, les martèlements de sabots des centaures, et pourtant il sembla que tous les regards se tournaient vers elle. Immédiatement alerte, Cédric Diggory pivota avec l'agilité qui avait de lui un bon Attrapeur dans l'Equipe de Quidditch et brandit sa baguette magique. Harry voulu crier à Neville de se pousser et leva sa propre baguette pour lancer le Charme du Bouclier. Mais Cédric fut plus rapide :
- Avada Kadavra !
Le sort de mort instantanée frappa Neville Londubat de plein fouet. Horrifié, Harry vit son camarade osciller sur ses pieds, avant de s'écrouler sur le dos, l'épée de Gryffondor dans les mains. Nagini siffla de colère, le museau à peine entaillé par la lame. Sans réfléchir, profitant de la cohue ambiante, Harry se mit à courir à toute vitesse. Il fallait tuer le Serpent, c'était maintenant ou jamais ! Dominant les hurlements, les rugissements, le tonnerre des géants qui se battaient en piétinant le sol, le cri de Hagrid retentit plus fort que tout le reste :
- HARRY ! beugla-t-il. HARRY… OU EST HARRY ?
Le Survivant l'entendit à peine, concentré sur sa cible.
- Experlliarmus ! lança-t-il en direction de Cédric pour le désarmer alors que son camarade toujours sous Imperium se rapprochait du gros Serpent.
La baguette sauta des mains de Cédric Diggory alors qu'Harry continuait de courir. Sans réfléchir, Il se débarrassa de sa cape qui le ralentissait, conscient qu'il n'avait que quelques maigres secondes pour agir avant que tout ne soit perdu.
Voldemort, conscient du danger planant sur la tête de son Serpent, était particulièrement attentif. La survie de Nagini était plus importante que tout le reste ! Le Mage Noir posa le regard sur l'épée de Gryffondor à l'instant où Potter s'en emparait.
- AVADA KADAVRA !
Cédric s'écarta d'un pas et regarda son ancien camarade s'écrouler au sol, dans un tintamarre métallique, et se baissa pour récupérer sa baguette magique, contrarié d'avoir failli échoué.
Avec satisfaction, le Mage Noir regarda l'élève de Poufsouffle pointer sa baguette vers le cadavre, au cas où ce dernier leur préparerait encore une mauvaise surprise, il savait que ce n'était pas le moment de jubiler, il devait mettre Nagini en sûreté et s'assurer que Harry Potter ne reviendrait pas d'entre les morts, cette fois-ci. Il redéploya la protection autour de Nagini qui fut suspendu dans les airs et qui flotta à ses côtés, tandis qu'il s'avançait vers l'épée argenté en repoussant tous ceux qui se trouvaient sur sa route. Il était temps de montrer que toute lutte et résistance était vaine !
Des cris d'horreur résonnèrent dans le Parc de Poudlard lorsque le corps de Harry Potter s'éleva dans les airs, exposé à la vue de tous, la poitrine transpercée par l'Epée de Godric Gryffondor.
Le soleil se leva peu à peu sur Poudlard et la Grande Salle, mais il fut bien vite recouvert par de sombres nuages tandis que les derniers survivants de l'armée de Dumbledore fuyaient devant les Détraqueurs qui prenaient peu à peu possession du Parc. C'était une énorme victoire pour les Forces du Mal. Déjà, les couleurs diverses et colorées du Château avaient disparu, au profit de l'Emblème de Serpentard et de la Marque des Ténèbres. Poudlard était perdu, Harry Potter était mort et Voldemort avait à nouveau l'Ecole de Sorcellerie complètement sous son contrôle. Il ne restait qu'une poignée de survivants qui avaient dû fuir les lieux, à contrecœur, mais conscient que s'ils se faisaient tous tuer aujourd'hui, il n'y aurait à jamais plus le moindre espoir. Des feux d'artifices fusaient de temps à autre de l'extrémité des baguettes magiques, mais l'heure n'était pas encore totalement à la fête, mais au Jugement. Réunis dans la Grande Salle, les Mangemorts faisaient cercle autour de la famille Malefoy. Agenouillés sur le sol, la tête basse, ils savaient tous les trois qu'ils auraient de la chance s'ils parvenaient à être simplement tués sans subir de tortures auparavant. Bellatrix Lestrange évitait avec soin de les regarder, préférant garder toute son attention rivée sur son Maître qui observait le trio avec attention. Nagini rampait autour d'eux, l'air d'attendre qu'on lui donne l'autorisation d'avoir enfin un repas digne de ce nom.
Les yeux rouges de Voldemort se posèrent sur Narcissa Malefoy. Un bang ! retentit et elle poussa un petit cri plaintif en en portant instinctivement la main à son bras. La manche de sa robe était déchirée, du sang se mit à couler sur le tissu.
- Tu as voulu me leurrer, Narcissa… susurra le Mage Noir d'une voix beaucoup trop douce qui pour être clémente. Tu as dit que le garçon était mort, à cause de toi, nous avons failli courir à notre perte !
- … M… Maître… bégaya-t-elle en se repliant davantage sur elle-même. Pardonnez-moi, je…
- Endoloris !
Drago ferma les yeux en essayant de contenir les tremblements nerveux qui agitaient son corps. Il ne voulait pas voir sa mère se tordre de douleur sur le sol, il savait que s'il devait supporter en plus ce spectacle il risquait d'avoir un geste ou une parole maladroite qui aggraverait son propre cas. L'entendre hurler était déjà on ne peut plus insupportable et, pendant un bref instant, il se demanda s'il ne devait justement pas faire n'importe quoi pour la libérer de sa souffrance, même s'il devait mourir lui-même par la suite. Au moins, la paix viendrait avec le repos éternel. Mais le Seigneur des Ténèbres savait à quel point la mort peut être une libération et pouvait justement ne pas l'offrir…
Les cris s'arrêtèrent. Il rouvrit prudemment les yeux, le teint plus pâle qu'à l'ordinaire. Narcissa haletait près de lui, les larmes coulant abondement sur ses joues. L'attention de Voldemort se tourna sur Lucius :
- Et toi, crois-tu que j'ignores que tu n'as fait que chercher ton fils durant la Bataille ?
Lucius resta silencieux. Nier ne lui apporterait que plus d'ennuis.
- Je t'ai laissé de nombreuses chances, Lucius, continua Voldemort en s'approchant de lui. Depuis l'échec de ta mission au Département des Mystères, tu n'as fait que de décevoir au lieu de te comporter comme un fidèle Mangemort.
- Je suis désolé, Maître… murmura Malefoy.
Drago crispa ses mains sur ses genoux, s'attendant à entendre son père hurler à son tour dans les secondes à venir. Il remarqua alors que le serpent géant se dirigeait vers sa mère. Voldemort caressa affectueusement sa tête au passage et lui laissa le champ libre.
- Maître ! Pitié, non ! supplia Lucius en comprenant ce qui allait se passer. Je vous en prie, ne…
Mais ses suppliques se perdirent dans le bruit des crocs du Serpent s'enfonçant dans la chair de Narcissa Malefoy qui émit un gémissement de douleur, le corps parcouru de spasmes. L'animal prenait son temps pour manger, et il prenait le temps de bien garder sa victime en vie aussi longtemps que possible.
Drago sentit la tête lui tourner entre l'odeur du sang, les râles de sa mère et les sanglots étouffés de son père dans ses vêtements déchirés. Rien n'allait plus dans sa vie depuis le retour du Seigneur des Ténèbres, sa famille était tombée en disgrâce, seule Bellatrix parvenait encore à avoir un peu de mérite aux yeux de leur Maitre… Crabbe était mort tantôt, Potter l'avait sauvé mais ne lui avait offert ainsi qu'un simple sursis avant d'être lui-même lâchement assassiné dans le dos – chose dont Voldemort ne se vanterait surement pas, il en était sûr, trop peu de sorciers présents avaient réellement vu comment était mort le Survivant- sa mère était en train de se faire assassiner sous ses yeux et il ne donnait pas chère de la peau de son père. Quant à lui…
Les lèvres serrées, Drago Malefoy attendait son propre châtiment, la main serrée contre son bras marqué par la Marque des Ténèbres qui lui brûlait la peau. Les yeux baissés, il évitait de regarder en direction des corps éparpillés dans la Grande Salle : des anciens camarades, des professeurs… il ne voulait pas non plus regarder les autres Serviteurs du Seigneur des Ténèbres, encore moins sa tante.
- Aujourd'hui est une grande victoire… commenta Voldemort d'une voix douce en caressant sa baguette magique comme s'il songeait vaguement à se montrer clément.
Pendant un instant, une lueur d'espoir s'alluma dans le regard de Lucius Malefoy qui redressa la tête… à l'instant où un jet de lumière verte fusait de la baguette de Voldemort. Il s'effondra sur le corps de sa femme, les yeux gris encore teinté de cette espérance. Nagini siffla d'un air contrarié, dérangé dans son repas. Drago retint son souffle, aussi bien parce qu'il savait qu'il était le suivant sur la liste, que parce qu'il sentait qu'il allait vomir s'il respirait encore les effluves de sang qui envahissaient les lieux. Au moins, se consola-t-il, ses parents ne souffraient plus à présent.
- Que vais-je donc faire de toi, Drago ? demanda Voldemort en pointant sa baguette vers lui. Tu mériterais un châtiment pour avoir échoué dans tes missions…
Il resta silencieux, dans une attitude soumise et d'attente, priant pour que tout cesse d'une façon ou d'une autre.
Un sourire cruel se dessina sur le visage blafard aux yeux rouges :
- Lève-toi, Drago Malefoy. A toi, j'accorde l'immense honneur de rattraper les erreurs de ta famille, Voldemort sait se montrer clément quand il le veut Les jambes tremblantes, Drago se remit debout, s'attendant à un mauvais coup d'un instant à l'autre.
- Montre-moi que je peux encore compter sur la famille Malefoy. Déçois-moi une fois, une seule fois encore, et tu regretteras le jour où tes parents ont décidé de te donner naissance.
Drago Malefoy mit un genou à terre devant le Seigneur des Ténèbres et lui baisa la main :
- Merci, Maître. Je ne vous décevrai pas.
Les jambes tremblantes sous sa robe de sorcier, il rejoignit les rangs et prit place près de sa tante dont l'expression faciale indiquait qu'elle était outrée par la survie de son neveu mais qu'elle n'allait certainement pas oser protester devant Lord Voldemort.
