CHAPITRE 15
Clarke fixe devant elle le tableau qu'elle vient de peindre. Ce tableau est un pur mensonge. Un joli mensonge aux couleurs vives, un jaillissement de fleurs rose pâle et de rayons de soleil. Avec ce tableau, on a l'impression que Clarke est en paix avec elle-même, qu'elle est heureuse d'être de retour dans la Cour du Printemps, mais tout ça n'est qu'un rôle. Un rôle qu'elle joue depuis maintenant deux mois.
La jeune femme regarde par-delà la fenêtre, en soupirant. Elle resserre ses doigts sur le pinceau dans sa main en repensant à son statut. Grande Dame de la Cour de la Nuit. Elle pense au tatouage présent sur son bras droit. Elle garde toujours des manches longues, et Finn n'a jamais essayé d'aller plus loin. La seule fois où il s'est interrogé, Clarke a mis un bandage autour en lui expliquant que Bellamy l'avait blessée. Bien-sûr, il n'a pas posé plus de questions, il a juste maudit Bellamy sans chercher à comprendre. Elle pense à son petit ami, loin d'elle en ce moment même. Elle sent toujours le lien présent entre eux, mais elle ne peut pas communiquer avec lui. La jeune femme a essayé, pourtant, mais c'était peine perdue. Elle est trop loin. Elle sait juste qu'elle doit jouer son rôle dans ce palais pour pouvoir les détruire de l'intérieur.
Clarke soupire alors que le pinceau se consume entre ses doigts. Elle souffle sur les cendres vers la fenêtre. Elle a de plus en plus de mal à contrôler ses pouvoirs ici, tant elle ne respire plus aux côtés de Finn. Elle ferme les yeux. Peut-être qu'une fois sa mission accomplie elle fera brûler ce palais, à son tour.
- Clarke ?
La jeune femme ouvre soudainement les yeux. Elle tourne la tête et plaque un sourire sur son visage. Elle ne comprend toujours pas comment Finn fait pour ne pas remarquer à quel point ce sourire est faux.
- Qu'est-ce que tu fais ? demande-t-il en s'approchant.
- Je viens de finir une toile, dit-elle en regardant son œuvre.
Il hume et s'approche d'elle. Clarke ferme les yeux alors qu'il pose ses mains sur ses épaules et les caresse délicatement. Cela fait quelques semaines qu'il tente à nouveau des rapprochements avec elle, mais qu'elle refuse. Elle sait qu'il est patient, mais elle a peur qu'il s'énerve au bout d'un moment… Mais elle ne peut pas se forcer à être tendre avec lui, à l'embrasser ou le toucher alors que Bellamy est en permanence dans ses pensées.
- On va aller manger ? demande-t-il.
- Vas-y, je te rejoins.
Il acquiesce et se penche en avant pour déposer un baiser sur sa joue. Clarke l'entend repartir et se lève de sa chaise. Elle prend sa bouteille d'eau sur le côté et verse l'intégralité sur sa toile. De la peinture dégouline sur le sol devant ses yeux. Elle serre le poing et transforme la toile en glace. Elle sourit. Elle n'utilise presque plus ses pouvoirs depuis qu'elle est dans cette Cour, pour ne pas alarmer Finn de sa force. Elle essaye de ne plus les utiliser, mais cela lui manque quand même. Elle a hâte de rentrer chez elle pour les utiliser à nouveau.
Elle descend les escaliers et rentre dans la salle à manger. Elle sourit en voyant Finn déjà attablé avec Jasper et Monty.
- La voilà !
C'est le seul avantage qu'elle a pu trouver à revenir à la Cour du Printemps. Elle est heureuse d'avoir retrouvé ses deux amis, qu'elle aime énormément. Elle aurait aimé qu'ils la suivent dans sa Cour… Malheureusement, ils sont beaucoup trop attachés à Finn. Bien-sûr, ce dernier ne leur donne pas beaucoup de liberté, mais ils auraient du mal à le trahir.
- Vous m'attendiez ? demande-t-elle en s'asseyant à sa place.
- Bien-sûr que non, j'ai presque fini, répond Jasper.
Clarke rit en mettant des cuillerées de haricots et de pâtes dans son assiette. Elle grignote en écoutant la conversation de ses deux amis sur la soirée dans quelques heures. Le Solciste d'Été. Il y a un an jour pour jour, elle se mettait en couple avec Finn. Quand elle repense à tout ce qui s'est passé depuis… L'enfermement de Finn, le sauvetage de Bellamy, elle qui devient Immortelle, elle qui devient Grande Dame… Elle aimerait tellement en parler avec Jasper et Monty, mais c'est impossible. Elle doit se taire.
- On va te trouver une tenue pour ce soir, lui dit Finn.
- Laisse-moi deviner : une robe rose ? raille-t-elle.
- De quoi tu te plains ? Tu étais toujours habillée en noir là-bas…
Oui, et elle aimait ça.
Clarke sort de son bain le soir même en sachant pertinemment que sa servante, du nom de Roma, l'attend derrière la porte. Elle se regarde dans la glace et enroule son corps avec son peignoir. Elle égoutte ses cheveux avec une serviette et les laisse sécher à l'air libre. Lorsqu'elle revient dans sa chambre, Roma est assise sur son lit, comme elle l'avait imaginé.
- Laisse-moi deviner, dit Clarke en haussant un sourcil. Tu es là pour m'aider à me préparer au Solciste.
- Touché.
Clarke sourit légèrement en s'asseyant devant son miroir. Roma arrive à côté d'elle et commence à lui appliquer du fard à paupière et du mascara. Clarke aime beaucoup Roma, puisqu'elle est simple et gentille. Elle aimerait bien qu'elle l'accompagne à la Cour de la Nuit, après toute cette histoire. Clarke regarde un petit moment sur le côté et fronce les sourcils en voyant la robe noire qu'elle mettait continuellement à la Cour de la Nuit.
- Qu'est-ce… Qu'est-ce que ça fait ici ?
- Je me suis dit que tu voulais peut-être la porter ce soir.
- Quoi ? Ja… Jamais de la vie. Je préfèrerai que tu la brûles.
Clarke baisse les yeux alors que ses joues prennent une légère teinte rouge. Elle ne sait pas si c'était un test de la part de Roma, mais en tout cas elle est contente de sa réponse. Bien-sûr qu'elle aurait aimé la porter, mais elle ne peut pas. On ne porte rien de noir dans la Cour du Printemps. Tout est blanc, tout est rose, tout est faux. Roma lui applique un peu de rouge à lèvres, et la fixe en terminant.
- J'étais ici ce jour-là, tu sais, dit-elle. J'ai vu arriver le Grand Seigneur de la Cour de la Nuit. Je l'ai vu te prendre dans ses bras et t'emmener. Je ne l'ai pas empêché.
Clarke réprime ses larmes dans ses yeux. Elle ne peut pas pleurer, mais ce n'est pas l'envie qui lui manque. La seule évocation de Bellamy la rend triste et heureuse en même temps.
- Je n'en ai jamais rien dit ni à lui ni aux autres, continue Roma. Je les ai laissés croire à un enlèvement… Mais tu te cramponnais à lui et il était prêt à nous massacrer tous à cause de ce qui était arrivé.
- Pourquoi est-ce que tu me dis ça ?
- Je n'ai jamais vu Bellamy lever la main sur un seul de ses serviteurs au Mont Weather. Il s'en est pris aux partisans d'Ontari, oui. Mais jamais aux faibles, jamais à ceux qui étaient sans défense.
- C'est un monstre, rétorque Clarke en tremblant.
Elle se lève de sa chaise et tourne le dos à Roma, pour ne pas que celle-ci voit son désarroi sur son visage. Clarke n'aime pas parler de Bellamy parce que ça lui fait mal. Elle aimerait juste être dans ses bras en ce moment même, et pas coincée dans ce palais, aux côtés d'un homme qu'elle déteste plus que tout. Elle s'éloigne de Roma mais celle-ci n'en démord pas et continue à parler.
- On raconte que tu es revenue de chez lui transformée… En mal. Je n'ai raconté à personne qu'au contraire, tu étais enfin rétablie.
- Roma…
- Ma cousine travaille au palais de Wells, à la Cour de l'Été. Elle m'a assuré que tu étais bien portante, gaie et heureuse.
- C'était une comédie qu'il m'a forcée à jouer, réplique Clarke.
- Si tu le dis.
Clarke ferme les yeux une petite seconde pour se reprendre, et file vers son armoire. Elle l'ouvre et regarde les robes à l'intérieur, ne sachant pas laquelle porter pour ce soir. Roma se met à ses côtés et regarde à son tour, alors que Clarke la laisse faire, encore surprise par la conversation qu'elle vient d'avoir avec elle. Fox sort finalement une robe couleur crème.
- Tu ne l'as jamais portée, dit-elle.
Clarke hoche la tête en faisant tomber son peignoir sur le sol et en enfilant délicatement la robe que Roma lui tend. Elle se regarde dans le miroir. Effectivement, cette robe lui va bien, mais les affaires noires de sa Cour lui manquent vraiment. Elle laisse Roma la coiffer et est heureuse de voir que celle-ci ne parle plus de ce qu'elle a pu voir chez Bellamy ou non.
La fête du Solstice d'été est telle que Clarke se la rappelait : serpentins, rubans et guirlandes de fleurs à foison, tonneaux de vin et de bière partout dans la salle et afflux d'Immortels aux célébrations. Cette fois-ci, cependant, elle peut se balader sans soucis et sans peur. Elle peut montrer qui elle est. Enfin… La couverture qu'elle doit porter.
- Un verre ?
Clarke accepte le verre que Finn lui tend et sourit. Elle regarde au loin les Immortels danser et rire ensemble. Même si elle est dans cette Cour, elle ne peut pas s'empêcher d'être heureuse en voyant ce spectacle. Finn s'absente pour faire la connaissance de certains Immortels alors que Clarke reste aux côtés de Jasper et Monty. Elle part vers le buffet se servir un nouveau verre.
- Clarke Griffin ? Je suis surpris de te voir ici.
Clarke se fige avant de se tourner vers le Grand Seigneur de la Cour de l'Été, Wells. Celui-ci hausse un sourcil dans sa direction.
- La dernière fois qu'on s'est vus, tu étais en couple avec Bellamy et tu cherchais même à éliminer Finn, pas vrai ?
- Je peux tout expliquer, dit-elle en commençant à trembler.
- En haut dans dix minutes ?
La jeune femme hoche la tête alors que Wells lui fait un sourire qui se veut rassurant et s'éloigne. Elle avale cul sec son verre en sentant ses mains devenir moites sous ses gants blancs. Clarke fait confiance à Wells parce que c'est le cas de Bellamy, mais il faut juste qu'il la croit. Elle monte les escaliers et attend juste devant sa chambre, en faisant les cent pas. Wells arrive quelques minutes après et la rejoint. Elle le tire dans sa chambre alors qu'il s'assoit au bout de son lit.
- Écoute, Wells. Je… Je suis revenue dans cette Cour, oui, mais seulement parce que j'y ai été forcée. Je n'ai pas eu le choix… Pour sauver Bellamy.
- Attends…
- C'est Finn ! s'exclame-t-elle. C'est Finn qui s'est allié avec Charles Pike, c'est lui qui a terrassé ma Cour.
Wells écarquille les yeux, ce qui encourage Clarke à tout lui raconter. Elle lui parle de son bonheur dans la Cour de la Nuit, de la guerre qui est arrivée dans la Cour et de la découverte de Finn. Elle lui explique que Pike a brisé le marché fait au Mont Weather parce qu'il l'a simplement confondu avec leur lien d'âmes-sœurs. Elle lui dit tout ce qu'elle sait.
- Donc tu es ici pour connaître les plans de Finn… murmure-t-il.
- Oui… Il a un meeting avec Pike demain. Je serai présente.
- Tu es donc une espionne…
- Oui… En tant que Grande Dame de la Cour de la Nuit.
Wells ouvre la bouche, choqué par ce qu'elle vient tout juste de lui dire. Il se lève finalement et la prend dans ses bras pour la féliciter, alors qu'elle rit. Elle ferme les yeux contre lui. Elle est heureuse d'avoir pu dire son secret à quelqu'un, notamment Wells. Elle lui fait confiance.
- Je ne dirais rien, dit-il finalement en la regardant. Tu sais toi-même que je suis plus de ton côté et celui de Bellamy que du côté de Finn. Ce qu'il a fait… Ça me répugne.
- Moi aussi. J'ai juste hâte que ça se termine pour retrouver Bellamy. D'ailleurs, à son sujet…
- Il va bien, répond Wells en souriant. J'ai croisé Raven et Octavia il n'y a pas longtemps. Tout le monde va bien.
Clarke pousse un soupir de soulagement en souriant. Elle sent des larmes affluer dans ses yeux, qu'elle essaye de repousser. Elle ne veut pas pleurer alors qu'elle est si près du but, mais ça commence réellement à être dur. Deux mois sans lui… C'est invivable.
- Est-ce que tu as des nouvelles de la Cour des Cauchemars ? demande-t-elle.
- Beaucoup sont morts là-bas, mais d'autre se sont cachés dans les grottes. McCreary est toujours vivant, c'est ce que Raven m'a dit. La Cour se reconstruit.
Clarke acquiesce, écoutant les paroles de son ami. Elle est contente de voir qu'il reste des survivants, c'est le principal. Wells part finalement de la chambre, en la laissant toute seule un instant. Clarke sèche ses larmes et souffle plusieurs fois de suite pour se donner contenance. Elle sort à son tour.
La jeune femme descend les escaliers et reprend une respiration normale en rejoignant ses amis. Elle reste avec eux alors que Finn les rejoint en se servant un verre. Clarke tourne le visage vers lui. Un an plus tôt jour pour jour, il l'avait embrassée pour la première fois. Un an auparavant, elle avait dansé au milieu de cette foule, insouciante et joyeuse pour la première fois de sa vie, certaine qu'elle ne serait plus jamais aussi heureuse qu'en cet instant.
- Est-ce que tu veux danser avec moi ? demande finalement Finn.
- Oh… Oui, bien-sûr.
Il tend sa main et prend celle de Clarke dans la sienne. Elle racle sa gorge et le suit au milieu de la piste de danse. La musique est lente, et Finn la guise sur son rythme. Clarke noue ses bras autour de ses épaules et pose son front contre son épaule. Le contact de son corps la répugne au plus haut point désormais. Il caresse son dos de haut en bas alors qu'elle frisonne de dégoût. Ils n'échangent pas un seul mot pendant les trois danses, et elle interrompt leur slow pour aller manger quelque chose au buffet.
Ils restent côte à côte, sans rien dire. Clarke boit quelques gorgées de son verre, de temps en temps. Elle n'arrive toujours pas à croire que Finn s'est allié avec un tyran et qu'il ait tué des centaines de personnes simplement dans le but de la retrouver. Certains penseraient à un acte fou d'amour, mais pas elle. C'est tout le contraire. C'est toxique, c'est insensé. Il n'avait pas le droit de faire ça.
- Je pense que je vais aller me coucher, dit-elle en reposant son verre.
- Clarke…
Finn s'approche d'elle alors qu'elle lève la tête et le regarde. Il se penche légèrement en avant, comme s'il voulait déposer un baiser sur ses lèvres. Clarke a un mouvement de recul.
- Finn, je…
- Clarke, je suis désolé… Tu sais que je t'aime, pas vrai ? Je ne te ferai jamais de mal.
Clarke ne peut rien dire, mais elle aimerait tellement le frapper lorsqu'il prononce ces mots. Il ne s'en rend peut-être pas compte mais il lui en a fait dans le passé, du mal.
- Je ne suis pas encore prête, murmure-t-elle.
La jeune femme ne dit rien de plus. Elle se retourne juste et part dans sa chambre. Elle claque la porte derrière elle en prenant son visage entre ses mains. Elle n'en peut plus, elle veut partir. Un jour, un jour. Elle aimerait que Bellamy vienne la chercher, mais elle sait que c'est impossible. Ça compromettrait tout. Elle doit juste attendre.
Le lendemain, Clarke croise les bras en voyant Pike arriver dans le palais, accompagné de deux hommes.
- Ses émissaires, murmure Jasper pour lui expliquer. Eris et Bron.
Clarke serre les dents en hochant la tête et en les fixant. Pike s'approche doucement d'elle et lui fait un signe de tête.
- Je suis heureux de voir que tu vas bien.
- Moi de même, murmure-t-elle.
Elle le suit en compagnie de Finn dans le bureau de celui-ci. Elle reste derrière, les bras croisés, pour ne pas leur montrer qu'elle s'intéresse à ce qu'ils disent. Elle veut faire profil bas. Ils ne doivent pas savoir qu'elle est présente pour ça. Finn sort la carte d'Arkadia qu'il lui avait montrée une fois et la pose sur son bureau. Pike se place devant.
- Si on parvient à s'allier avec la Cour de l'Automne, on aurait une armée assez grande pour abattre ce Mur contre les Mortels.
- C'est-à-dire ?
- Avec la vôtre, la mienne et celle de Lexa… Vingt mille personnes. On commence par aller voir l'Automne, puis l'Hiver. Roan sera de notre côté. On détruira les Mortels et on aura l'ascension sur la Cour de Bellamy.
Clarke se sent défaillir au fond de la salle. Vingt mille personnes… Vingt mille personnes pour terrasser ce Mur et tuer tous les Mortels y habitant, sans compter régner comme a pu le faire Ontari... Avant qu'elle ne puisse s'en empêcher, elle ouvre la bouche.
- Pourquoi faire ça ?
- Pardon ? demande Pike en se tournant vers elle.
- Détruire le Monde des Mortels ? Est-ce que vous vous sentez si menacé par eux que vous n'avez pas d'autre choix que de les tuer ?
- De quel droit…
- Oh, désolée, est-ce que j'ai blessé votre égo ?
Pike s'approche d'elle, une lueur assassine dans le regard. Clarke continue à le regarder sans broncher ou sans même reculer. Elle n'a pas peur de lui, et elle aime beaucoup le provoquer. Ça marche sur lui. Finn s'approche derrière et lui lance un regard noir, alors qu'elle hausse un sourcil dans sa direction. Elle se tourne finalement vers Pike.
- Ce n'est pas parce que j'ai été libérée de la Cour de la Nuit que j'approuve ce que vous faites. Pourquoi détruire les Mortels alors qu'ils sont innocents et qu'ils ne vous feraient aucun mal ?
- Peu importe. Leur Monde est inutile désormais. ILS sont inutiles pour notre Monde. Ils ne sont pas comme nous.
- Sans doute. Ils sont plus civilisés.
Clarke ne dit rien de plus et sort du bureau, en prenant une grande inspiration. C'est dangereux ce qu'elle fait, mais elle n'a pas pu s'en empêcher. C'est beaucoup trop dur de ne rien dire. Elle n'aurait jamais pu être dans cette Cour, même si elle n'avait pas rencontré Bellamy. Elle aurait étouffé. Il faut qu'elle y aille, elle ne veut plus rester une seule seconde de plus ici. Elle a eu toutes les informations qu'elle voulait, et maintenant elle doit en informer au plus vite sa Cour.
La jeune femme dévale les marches de cette Cour et sort au grand air. Elle se fige en voyant deux gardes de Pike, devant elle. Elle avale sa salive, alors que Jasper et Monty arrivent près d'elle.
- Clarke, voici Byrne et Sinclair. Ils vont rester quelques jours avec nous.
- Pourquoi ?
- Pike nous a chargé de veiller sur vous, explicite Byrne.
Clarke fronce les sourcils. Bien-sûr, le jour où elle souhaite partir, Pike lui a assigné des putains de gardes. Elle secoue la tête et remonte les escaliers, en ouvrant la porte du bureau d'un geste de la main. Pike lève un sourcil dans sa direction, et soupire en disant à Finn qu'il va attendre plus loin. Il franchit la porte alors que Clarke regarde Finn, furieuse.
- Il m'a assigné des gardes ! s'exclame-t-elle.
- Je le sais, c'est moi qui l'y ai autorisé.
- Excuse-moi ? Tu te prends pour qui au juste ? Mon père ?
- Non, ton fiancé !
- Mon fiancé ? Je n'ai jamais dit oui à ta pseudo demande en fiançailles, donc tu n'as aucun droit sur…
Finn explose de rage. Des meubles volent en éclats, des fenêtres se fissurent et se brisent, et Clarke n'a pas le temps de se protéger. Le bureau la heurte de plein fouet, l'expédiant contre les étagères, et elle le sent dans chaque partie de son corps. Ses genoux atterrissent rudement sur le tapis et Finn surgit devant elle, les mains tremblantes. Un liquide tiède coule sur la joue de Clarke – du sang.
- Clarke, excuse-moi…
- C'est bon, répond-elle.
Il l'aide à se relever et regarde sa blessure. Elle tremble des pieds à la tête, mais ce n'est pas parce qu'elle a peur. Non. Elle tremble parce qu'elle doit se retenir d'utiliser ses pouvoirs pour l'envoyer valser à son tour. Et elle le fera un jour, elle le sait.
- Qu'est-ce que tu as fait ? demande Jasper en entrant dans le bureau.
- Tu es fou ? rétorque à son tour Monty.
Ils arrivent vers Clarke et la prennent par les épaules en l'entrainant en dehors de la pièce. Elle entend à peine ce qu'ils disent à cause du bourdonnement dans ses oreilles. Ils l'entrainent dans sa chambre, et elle se regarde dans le miroir. Elle a une entaille sous sa pommette, et son cou et ses mains sont couverts de petites écorchures. Elle s'assoit sur son lit et laisse Jasper essuyer son sang avec un gant mouillé.
- Tu sais bien que je suis souvent de son côté, marmonne Jasper. Mais ce n'est pas le cas en ce moment même. Il n'aurait pas dû faire ça.
- Merci, murmure-t-elle.
Clarke lui dit qu'elle est fatiguée, donc ils la laissent tranquille dans sa chambre. Elle sait que sa blessure va rapidement guérir, ce n'est pas le problème. Le problème c'est ces gardes qu'on lui a assigné. Elle va devoir s'échapper d'eux pour pouvoir s'échapper de cet endroit. Elle s'allonge dans son lit en fermant les yeux. Demain. Elle partira demain.
Cependant, elle se rend rapidement compte que cela ne sera pas si facile. Ils restent en permanence derrière son cul. Et le pire, c'est qu'ils sont désagréables. Ils critiquent ce qu'elle fait, ils jugent ses actes, et ça commence réellement à l'exaspérer. Elle ne peut pas partir.
- Moi j'aurais mis de la peinture bleue à gauche, dit Byrne en croisant les bras.
- Ah oui ? Plutôt à droite, j'aurais dit… rétorque Sinclair.
- Peut-être que vous voulez prendre ma place ? demande Clarke. Vous voulez vous mettre à la peinture ?
Ils ne répondent pas et lui lancent un regard noir. Clarke se lève de son tabouret et part dans la salle à manger, en s'asseyant sur une chaise et en attendant ses amis. Ils arrivent quelques temps après et commencent à manger tous ensemble.
- Tes chiens de garde sont toujours là ? demande Jasper.
- Tais-toi, grogne Finn.
- Quoi ? Je ne suis pas d'accord avec cette décision. Clarke n'en pouvait plus de toi parce que tu l'enfermais et maintenant tu lui assignes des gardes du corps ? C'est n'importe quoi.
- Je suis ton Grand Seigneur, Jasper. Ne me parle plus jamais sur ce ton.
Jasper secoue la tête et continue à manger dans le silence. Clarke ne dit rien. Elle est heureuse de voir que Jasper la défend, mais elle ne veut pas que Finn se venge sur lui. Tout sauf ça.
Une semaine plus tard, elle sent qu'elle est sur le fil du rasoir. Elle s'énerve de plus en plus contre Pike, ce qui attire l'attention de Byrne et Sinclair. Ils savent qu'elle ment, elle le sait. Elle doit partir.
La jeune femme se lève de son lit le soir même, lorsque la nuit tombe. Elle reste la plus discrète possible en prenant le sac à dos qu'elle a préparé un peu avant, et en sortant de sa chambre. Elle ouvre sa porte et pousse un soupir de soulagement en voyant les chaises de Byrne et Sinclair vides. Elle a attendu qu'ils fassent leurs rondes, et ça a marché. Clarke s'éclipse de sa chambre et parcourt le couloir. Elle serre les dents alors que le sol grince parfois sous ses pieds. Elle atteint l'escalier et le descend. Elle est soulagée de voir la porte juste devant elle, mais quelqu'un porte soudainement un coup contre sa tempe. Elle tombe sur le sol en gémissant.
- Je savais que tu mentais, gronde Byrne en la surplombant. Pike avait raison.
Clarke n'a même pas le temps de réagir. Byrne se penche vers elle, ouvre sa bouche de force et verse un liquide chaud à l'intérieur. Clarke n'a d'autre choix que de l'avaler, en toussant. Byrne se remet droite en souriant. Clarke cligne plusieurs fois des yeux pour se remettre de ses émotions, et tend le bras en avant en envoyant son pouvoir vers Byrne. Cependant, celle-ci recule un peu à cause de la secousse, mais reste debout.
- Ce que tu viens d'avaler va bloquer tes pouvoirs pendant plusieurs heures. Je me suis dit que ça allait me servir.
Clarke gémit sur le sol en essayant une nouvelle fois de se servir de ses pouvoirs, sans grand succès. Elle prend son sac à dos derrière elle et essaye d'arracher le couteau sur le côté, mais Byrne lui assène un violent coup de pied dans le ventre. Clarke ne bouge plus pendant un moment, sonnée par le coup. Elle resserre finalement ses doigts sur le couteau, alors que Byrne la chevauche en serrant ses mains autour de son cou. Clarke n'a plus le temps de réfléchir. Elle décroche le couteau et tranche la gorge de Byrne. Du sang jaillit de sa blessure sur le visage de Clarke, alors qu'elle pousse Byrne sur le côté. Elle tousse et se relève en s'essuyant le visage. Byrne gigote quelques secondes sur le sol, avant de s'immobiliser.
- Non !
Clarke se retourne subitement et croise le regard de Sinclair. Celui-ci regarde sa coéquipière, avant de se tourner vers Clarke, le regard noir. Il commence à se ruer vers elle alors qu'elle recule en courant à son tour. Elle sait très bien où elle va. Elle part dans le fond de la salle à manger et casse violemment la vitre contenant toutes les armes de la Cour. Elle se blesse, mais elle s'en fiche. La jeune femme empoigne une épée et se tourne en la brandissant en avant, en fermant les yeux. Elle entend un bruit de chair s'enfonçant sur la lame, alors qu'elle ouvre les yeux. Sinclair se retrouve devant elle, empalé par l'épée. Elle le laisse tomber sur le sol en étouffant un sanglot. Même s'ils l'empêchaient de partir, elle aurait préféré ne pas les tuer. Malheureusement, elle n'a pas le choix. Elle n'a pas pu les assommer avec ses pouvoirs, cette fois-ci.
Clarke quitte la salle à manger et replace son sac à dos sur son épaule. Elle se dirige d'un pas rapide vers la porte d'entrée.
- Clarke.
Elle se fige sur place. Elle se tourne et mord sa lèvre en voyant Jasper et Monty devant elle. Ils ont les yeux écarquillés en voyant le sang sur son visage, et le corps de Byrne sur le sol. Clarke renifle.
- Il faut que je m'en aille, dit-elle, les larmes aux yeux.
- Clarke… Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi est-ce que tu veux partir ?
- Je veux rejoindre Bellamy.
Sa voix tremble lorsqu'elle prononce cette phrase, alors qu'une larme roule sur sa joue. C'est la première fois qu'elle peut dire ces mots à voix haute, et c'est étrange de le dire à ses deux meilleurs amis. Ils s'approchent d'elle en fronçant les sourcils.
- Comment ça ? demandent-ils.
- Il ne m'a jamais envoutée, murmure-t-elle. Je suis partie à la Cour de la Nuit par choix. Je n'aimais pas Bellamy au début, mais j'ai appris à le connaître… Et je suis tombée amoureuse de lui. Nous sommes des âmes-sœurs, nous sommes destinés à être ensemble. Nous… Nous nous aimons. Nous nous aimons vraiment, je vous l'assure.
- Mais alors pourquoi es-tu revenue ici ?
- Pour que Finn ne tue pas mes amis… Ma famille.
Clarke pose ses mains sur ses yeux en sanglotant. Elle essaye d'essuyer ses larmes mais d'autres coulent encore et encore. Elle est tellement soulagée de dire tout ça. La jeune femme regarde Jasper et Monty, en espérant qu'ils ne disent rien. Elle ne veut pas avoir à les tuer, eux aussi. Elle n'y arriverait pas. Monty regarde Jasper, puis tourne son visage vers elle.
- Vas-y, pars, murmure-t-il.
- Venez avec moi, les supplie-t-elle. Vous n'êtes pas libres ici. Avec Bellamy, vous le serez.
- Non… Finn est notre Grand Seigneur. Nous sommes à son service.
- Soyez à mon service, dans ce cas. Je suis la Grande Dame de la Cour de la Nuit.
Ils écarquillent les yeux en ouvrant grand la bouche, surpris par ce qu'elle vient de dire. Et, à sa plus grande surprise, ils sourient. Ils s'approchent d'elle et la prennent dans leurs bras. Ils essuient ses larmes et recoiffent légèrement ses cheveux.
- Allez, vas-y. On va retenir Finn lorsqu'il se réveillera.
- D'accord, concède-t-elle. Mais si jamais vous ne voulez plus être avec lui, venez dans ma Cour. On vous accueillera à bras ouverts.
Ils hochent la tête. Clarke plante un baiser sur leurs deux joues et sort au grand air. Elle commence à courir vers la forêt au loin, en priant pour que Finn ne se réveille pas pour le moment. Elle ne sait même pas comment Jasper et Monty vont faire pour cacher les corps, mais elle est reconnaissante de les connaître. Maintenant, il faut juste s'enfuir le plus loin possible et attendre que ses pouvoirs reviennent. Elle pourra enfin commencer à se tamiser de plus en plus près de la Cour de la Nuit, jusqu'à Bellamy. Elle peut le faire.
Clarke marche pendant plusieurs heures, mais est rapidement épuisée. Elle avance toujours sur la mousse, les pierres et les brindilles tandis que son souffle monte en vapeur devant elle. Continue vers le nord, se répète-t-elle. Mais d'ici là, jusqu'à ce que Bellamy puisse l'entendre et la retrouver, elle doit continuer son chemin. 1h du matin. 2h du matin. 3h du matin. Clarke grelotte de froid, mais elle ne veut pas lâcher. Elle essaye d'utiliser ses pouvoirs depuis tout à l'heure, et elle sent que ça revient, mais c'est très progressif. La jeune femme s'assoit finalement contre un arbre lorsqu'il est 4h du matin, et ferme les yeux. Elle va se reposer les yeux. C'est tout. Elle se repose.
Quelques minutes plus tard, une main attrape son visage si rudement qu'elle est réveillée en sursaut.
- Regarde qui nous avons trouvé, dit une voix masculine.
Clarke avale sa salive alors que deux hommes sont présents devant elle, dont l'un tenant un poignard sous sa gorge. Elle reconnait des envoyés de Pike, Eris et Bron, ce qui lui fait peur. Cependant, elle ne peut pas le montrer. Elle lève les yeux vers celui qui presse la lame contre sa gorge.
- Laissez-moi repartir, dit-elle calmement.
- Lève-toi, lui ordonne l'homme.
Clarke sent soudainement une ombre s'éveiller en elle, comme si sa présence sur ce territoire, devant ces hommes, l'avait ramenée à la vie… Bron la relève en gardant la lame pointée sur sa gorge et elle ne résiste pas. Elle marche auprès d'eux, en pensant que c'est le moment. Il faut qu'elle agisse. La jeune femme ralentit en réfléchissant, alors qu'Éris la pousse en avant. C'est l'instant qu'elle attendait. Clarke pivote sur elle-même et abat son coude sur son nez. Il recule en titubant. Elle ferme les yeux en concentrant tout le pouvoir qui brûle en elle. Un mur de flamme la sépare maintenant de Bron et Éris. Elle s'enfuit de l'autre côté en trébuchant dans la nuit.
Clarke court jusqu'à en perdre haleine, alors que le froid la prend de toute part. Elle claque des dents et désespère en voyant de la neige au loin. Elle s'est apparemment rapprochée du territoire de Roan, puisqu'elle a le corps entièrement gelé. La jeune femme appelle Bellamy par son lien, sans grand succès. Elle essaye de se tamiser, de faire surgir ses ailes, mais elle a trop froid. Elle avance péniblement dans la neige. Ses muscles la font souffrir à chaque pas, ses bottes sont trempés et ses pieds dangereusement engourdis. Clarke s'arrête en pleine marche lorsqu'elle voit qu'elle marche désormais sur un lac gelé. La glace semble tenir, heureusement pour elle puisqu'elle ne voit pas d'autre chemin.
- Toujours là ?
Clarke lève la tête et se sent défaillir en voyant Éris et Bron devant elle, en hauteur sur une falaise. Contrairement à elle, leurs pouvoirs fonctionnent parfaitement. Ils ont dû tamiser. Éris lève une main nimbée de flammes, et en envoie dans sa direction. Clarke se jette sur le côté, en l'évitant. Elle sait ce qu'ils veulent faire. Ils veulent faire fondre le lac, et la noyer.
Une fissure gigantesque se produit sur la glace, en arrivant vers ses pieds. Clarke commence à courir. Le terrain est glissant et elle doit mettre ses chevilles à rude épreuve pour garder l'équilibre. Le lac s'étend devant elle, alors qu'elle n'en voit pas le bout. Où aller ? Où aller ? De l'eau gicle sous ses bottes… De la glace fondue. Éris doit user de tout son pouvoir pour dégeler des mètres et des mètres de glace. Clarke court à toute vitesse, avant de tendre le bras à son tour. Elle a de la glace, elle aussi. Elle peut y arriver. Elle se concentre alors qu'une gerbe de glace jaillit de sa paume pour ressouder le lac devant elle. Tandis qu'elle reprend sa course, chaque battement de ses bras projette de la glace, solidifiant ce qu'Éris fait fondre au-devant d'elle. Clarke voit Bron s'emparer de son arbalète et commencer à décocher des flèches dans sa direction. Elle se jette sur le côté lorsqu'elle sent une flèche toucher le haut de son oreille. La glace lui brûle visage et les mains quand elle heurte le sol. Elle reste sur le dos, en se tournant vers les deux hommes… Qui sont beaucoup plus nombreux, maintenant. Clarke en compte neuf. Ils tamisent tous ensemble sur le lac, à une distance de quelques mètres. Ils la regardent en souriant. Elle ferme les yeux une petite seconde. Je n'y arriverai pas. C'est fini. J'accepte mon sort.
Une ombre atterrit soudainement devant elle, et la glace se fissure sous ses pieds. Clarke lève la tête. Elle étouffe un sanglot en croisant le regard de Bellamy. Il tend sa main vers elle, et elle le prend en se relevant. Ils n'échangent aucun mot, ils se regardent juste une fraction de seconde. Tout un tas d'émotions traversent leurs yeux, mais ils n'ont pas le temps. Clarke sursaute alors qu'Octavia et Miller atterrissent à leur tour sur le lac.
- C'est parti, murmure Miller en souriant.
Bellamy caresse une petite seconde la joue de Clarke, avant de se tourner vers les hommes. Ils sont trois fois plus nombreux qu'eux, mais ils peuvent y arriver. L'un des hommes a à peine le temps de tirer son épée que Miller le frappe de la sienne. Le choc de l'acier contre l'acier résonne au-dessus du lac. Certains des hommes n'ont pas bougé de leur place, mais décochent leurs flèches dans leurs directions. Du sang tâche déjà la glace et la neige. Octavia s'approche de Clarke et lui lance un poignard, que Clarke serre dans ses doigts. Tous les hommes sont autour d'eux désormais, à essayer de les désarmer et les tuer. Clarke sent quelqu'un la pousser en arrière, alors qu'elle cogne l'arrière de son crâne contre la glace. Elle cligne plusieurs fois des paupières en voyant Éris se pencher vers elle. Il lui sourit, alors qu'elle essaye de reprendre ses esprits. Elle a du mal à s'en remettre, mais il faut qu'elle se défende. Éris est pris de court lorsque Clarke pivote sur la glace, puis projette ses jambes pour le frapper entre les siennes. Il se plie en deux avec un grognement de douleur et elle abat ses poings sur son nez. Elle sent le cartilage craquer, ce qui lui donne un sentiment de satisfaction. Elle se relève, tend sa main et l'envoie au loin grâce à ses pouvoirs. Elle commence peu à peu à les retrouver, ce qui lui fait plaisir.
- Clarke, un petit coup de main par ici ! dit Octavia.
Clarke court vers elle. Trois hommes sont autour d'Octavia, leurs épées à la main. Clarke prend le poignard de tout à l'heure et le plante dans la jambe de l'un d'eux, qui hurle. Il lui décoche un coup de poing, ce qui la fait tomber par terre dans un cri. Il se précipite sur elle mais les ténèbres l'entourent et sa nuque craque. Clarke voit au loin que c'est Bellamy qui l'a fait d'un regard. Elle voit Octavia continuer à se battre. Elle fixe finalement une épée sur le sol, et d'un léger signe de main l'envoie dans l'estomac de l'un de ses assaillants. Octavia tue le troisième.
Plus aucun bruit se fait sur la glace, alors que tous les hommes, dont Éris et Bron, sont tués. Octavia s'approche de Clarke et l'aide à se relever.
- Contente de te revoir, murmure-t-elle.
Clarke lui dit les mêmes mots en la prenant dans ses bras. Miller s'approche et embrasse sa joue, alors qu'elle sourit. Clarke tourne finalement la tête et croise le regard de Bellamy, au loin. Elle se détache d'Octavia, commence à courir dans la direction de son âme-sœur et se jette dans ses bras. Bellamy serre ses bras autour de sa taille en la soulevant du sol, alors qu'elle pleure dans son cou. Clarke éloigne son visage lorsqu'il la repose sur le sol et l'embrasse sur les lèvres. Il répond à son baiser en serrant un bras autour de sa taille et en passant son autre main dans ses cheveux. Elle sépare son visage avant de l'embrasser à nouveau, une fois, deux fois, trois fois. Bellamy pose ses mains sur son cou en regardant tout son visage.
- Tu n'as rien ? Tout va bien ?
- Ça va mieux maintenant, répond-elle.
Bellamy hoche la tête tandis qu'elle blottit son visage dans son cou. Elle serre ses bras autour de sa taille.
- Rentrons à la maison, dit-elle.
Ils tamisent ensemble.
Bonsoir !
FLEMME DE FAIRE UNE NOTE. On se retrouve au prochain chapitre ;)
- Amandine.
