Coucou tout le monde !
SaphiraEmeuraude & Vicky72 : merci pour vos commentaires :)
24 juin 1995
Delphini avançait tout en jetant des regards à droite et à gauche. Dans son dos, Scorpius et Albus la suivaient de près, à contrecœur. La jeune femme avait réussi à les emmener pile à l'intérieur du labyrinthe, lors de la Troisième Tâche du Tournoi des Trois Sorciers, et même si l'idée de s'enfuir leur avait effleuré l'esprit, ils avaient compris que ça n'était pas du tout une bonne idée. S'enfuir reviendrait à laisse le Retourneur entre les mains de Delphini, ce qui n'était pas envisageable un seul instant s'ils ne voulaient pas rester coincer ici. De plus, ils savaient tous les deux que le Labyrinthe abritait bien des dangers et qu'ils n'étaient pas spécialement préparés à les affronter sans baguette magique ! Et si par miracle, ils survivaient au Labyrinthe pour demander l'aide des adultes de cette époque, non seulement on risquait de ne pas les croire, mais ils risquaient de chambouler le futur d'une façon alarmante. Comme Delphi marchait devant eux, Albus se rapprocha un peu de son ami et chuchota :
- Qu'est-ce qu'on fait… ?
- J'en sais rien, marmonna Scorpius. Mais je suis prêt à mourir pour empêcher le retour de Voldemort.
Son ami lui adressa un regard assez impressionné :
- Vraiment ?
L'adolescent blond continua sur un ton lugubre :
- Tu n'auras pas à me pleurer bien longtemps, elle va me tuer et tu ne tarderas pas à te faire tuer aussi.
Albus soupira et avança en silence durant quelques secondes. Il réfléchissait, essayant de mettre tous ses neurones à contribution pour se sortir de ce guêpier. Du coin de l'œil, il constata que la jeune femme marchait avec sa baguette magique dégainée, elle repoussait facilement les créatures qui se dressaient sur sa route.
- Il faut qu'on lui pique sa baguette et qu'on récupère le Retourneur, murmura-t-il. Ainsi, on retournera la situation à notre avantage.
- C'est complètement suicidaire ! répliqua Scorpius.
- C'est suicidaire de toute façon, rétorqua Albus. Si on essaye de l'arrêter, elle nous tuera. Si on obéit, elle nous tuera aussi.
Son ami resta silencieux et jeta un coup d'œil vers la jeune femme qui continuait d'avancer. Il ralentit légèrement le pas pour la laisser les distancer davantage.
- Elle dit qu'elle a besoin de nous, murmura-t-il en réfléchissant rapidement. Donc, elle doit s'attendre à ce que ce soit toi qui lance un sort sur Cédric pour l'empêcher d'atteindre le Trophée.
- Surement…
- Donc, on pourrait aussi s'enfuir, juste histoire de gagner du temps. Si elle est trop occupée à nous poursuivre, elle ne pourra pas empêcher Cédric d'atteindre le Trophée en même temps que ton père.
- Et si on se fait manger par une bestiole du labyrinthe ? marmonna Albus.
Scorpius lui jeta un coup d'œil :
- Pour reprendre tes propres termes, on va mourir de toute façon. On a juste le droit de choisir de quelle manière…
Albus se mordit les lèvres, regarda Delphini tout en ralentissant également, puis le chemin derrière eux. Ils avaient dépassé tantôt un croisement, ça pourrait être l'occasion d'emprunter un autre sentier.
- Ok, souffla-t-il. On essaye de la retarder.
Les deux amis ralentirent davantage et se mirent à reculer ensuite, sans quitter la jeune femme du regard. Sûre d'elle, elle continuait d'avancer rapidement sans se retourner, persuadée qu'ils n'étaient pas assez stupides pour essayer de s'enfuir. Lorsqu'il estima la distance assez respectable, Albus tourna soudain les talons et se mit à courir pour atteindre le croisement. Il s'engouffra sur le chemin de droite, suivi par Scorpius qui se demanda comment ils allaient se justifier s'ils tombaient sur l'un des champions. Il ignorait également depuis combien de temps l'épreuve avait commencé. Ils étaient arrivés dans ce maudit labyrinthe tous les trois, en évitant les haies de justesse, mais il était incapable de savoir où en était les champions. Delphini devait surement chercher à avoir le temps de gagner la zone non loin du Trophée, puisqu'elle savait avec certitude qu'il allait l'atteindre. Il fallait donc logiquement être sur les lieux au moins quelques minutes avant son arrivée… et faire en plus en sorte de ne pas tomber sur Harry Potter adolescent.
- Par Merlin, qu'est-ce que… ?! chuchota soudain Albus en s'arrêtant brusquement.
Scorpius lui rentra dans le dos et chancela dangereusement. Il parvint à maintenir son équilibre et regarda par-dessus son épaule pour voir qu'une belle jeune fille était couchée sur le sol, les yeux grands ouverts de stupeur, ses cheveux blond-argenté étalés sous elle.
- Tu… tu crois qu'elle est morte… ? demanda l'adolescent d'une voix blanche.
Avec précaution, Scorpius s'avança vers la jeune fille :
- Non, c'est la Championne de Beauxbâtons, Fleur Delacour. Elle a été stupéfixée, mais… si mes souvenirs sont bons, c'est normal.
- Normal… ?
L'adolescent blond hocha la tête et lui fit signe de continuer à avancer, tout en contournant Fleur :
- Il y a le faux Maugrey Fol Œil qui est en train de faire en sorte que ton père atteigne le Trophée. Il s'est débarrassé des autres Champions.
- Ah oui… c'est vrai… souffla Albus d'une petite voix. S'il nous voit avec l'œil magique, on est mal aussi…
Les deux amis firent deux pas en avant lorsque Delphini se posa brusquement devant eux, furieuse. Scorpius recula en se demandant d'où elle sortait. Le chemin devant eux s'étendait encore sur plusieurs mètres et ils ne l'avaient pas entendu arriver. Il se demanda si elle n'était pas carrément arrivée en volant, mais n'eut guère le loisir de se poser davantage la question. Le sortilège le frappa de plein fouet et il bascula au sol en hurlant de douleur. Il avait la sensation qu'on lui fracassait les os en miettes tandis qu'on lui transperçait chaque centimètre carré du corps avec des aiguilles chauffées à blanc. La souffrance était si forte qu'il n'entendait et ne voyait plus rien.
- Arrête ! Pitié, arrête ! supplia Albus.
Mais la jeune femme l'ignora, le regard rivé sur sa victime dont les hurlements se répercutaient sur les haies. Craignant qu'elle ne torture son ami jusqu'à la mort et complètement désespéré, l'adolescent chargea brusquement, tête baissée et percuta Delphini. Surprise, la jeune femme perdit l'équilibre et heurta la haie. Malheureusement, elle n'avait pas lâché sa baguette magique et la pointa férocement dans sa direction :
- Toi… Je vais te soumettre à l'Imperium jusqu'à ce qu'on arrive à destination, ensuite tu feras tout ce que je te dirais !
Il avait envie de fanfaronner, de crier un héroïque « JAMAIS ! », que jamais il ne se laisserait faire, qu'il résisterait au sortilège impardonnable, mais il avait terriblement peur qu'elle continue de s'attaquer à Scorpius. Son ami tremblait de tous ses membres, par terre, ses mains liées plaquées sur son visage. Albus était sûr qu'il pleurait.
- Dernière chance, Potter, susurra Delphini. Tu as encore une chance de me suivre de ton plein gré.
Elle tourna à nouveau sa baguette vers Scorpius :
- Endolor…
- STUPEFIX !
Bouche bée, Albus vit le jet de lumière frapper Delphini dans le dos. Les yeux écarquillés de surprise, elle tomba dans l'herbe, près de Fleur Delacour. L'adolescent tourna la tête et sa stupeur monta d'un cran lorsqu'il reconnut celui qui venait de les sauver. Cédric. Cédric Diggory. Ce dernier le regarda :
- Harry ?
Puis il plissa les yeux et secoua la tête :
- Oh pardon, je t'ai pris pour quelqu'un d'autre.
La méfiance s'afficha ensuite sur le visage du fils d'Amos tandis qu'il regardait les corps stupéfixés de Fleur, de Delphini, Scorpius recroquevillé sur le sol qui le regardait comme s'il était un fantôme, puis Albus dont le teint pâle pouvait rivaliser à présent avec celui de la famille Malefoy.
- Qui êtes-vous ? Qu'est-ce que vous faîtes là ? interrogea-t-il tout en regardant leurs poignets attachés. Vous faîtes partis de l'épreuve… ?
Scorpius se redressa sur les genoux, la voix enrouée par ses cris précédents.
- Oui… Nous faisons partie de l'épreuve, jeune sorcier, déclara-t-il dans un murmure mystérieux avec un intonation plus grave qui laissa Albus perplexe. Tu as réussi à stopper la Traqueuse, contrairement à l'autre champion.
Cédric regarda Fleur, avant de reporter son attention sur l'adolescent qui faisait rouler ses yeux dans ses orbites :
- Libère-nous et tu pourras passer. Mais attention, tu n'as droit qu'à un seul essai pour détruire ces cordes acheva-t-il en montrant ses poignets.
Le jeune homme parut réfléchir et peser le pour et le contre, hésitant à les croire. Les deux adolescents lui paraissaient jeunes pour faire partie d'une épreuve, mais après tout pourquoi pas ?
- Emancipare ! lança-t-il en prenant sa décision.
Aussitôt, les mains d'Albus et Scorpius furent libres. Le Champion de Poufsouffle leva sa baguette magique et projeta des étincelles rouges en l'air pour signaler la présence de Fleur :
Scorpius se redressa lentement et s'écarta du chemin :
- Tu peux continuer, jeune sorcier.
Cédric Diggory leur adressa un dernier regard et reprit sa route au pas de course.
Albus et Scorpius échangèrent un coup d'œil, il fallait partir avant l'arrivée des secours.
- La Traqueuse… ? demanda Albus qui retenait à grand peine un sourire.
- Oh ça va ! J'ai dû improviser !
- Et c'était quoi cette voix et ce truc avec tes yeux ?
L'adolescent blond marmonna :
- J'essayais d'imiter le Professeur Trelawney quand elle nous fait sa comédie à chaque cours.
Albus éclata de rire, bien que conscient que la situation ne s'y prêtait pas beaucoup.
Scorpius s'autorisa un sourire amusé, puis sursauta soudain :
- C'est pas vrai !
Aussi incroyable que cela puisse paraitre, Delphini était en train de se débarrasser du sortilège qui la paralysait et rampait sur le sol. Elle avait le Retourneur de Temps dans la main et le tapotait avec sa baguette magique :
- Si vous croyez que je n'ai pas songé à un plan de secours. Je me débrouillerai sans vous !
- Albus ! Vite !
Voyant que l'artefact commençait à vibrer dans la paume de Delphini, les deux adolescents bondirent comme un seul homme et touchèrent l'objet à l'instant où ce dernier les engloutissaient tous les trois. Durant le court instant où ils se retrouvèrent dans la salle blanche, ils luttèrent pour ne pas se séparer de Delphini qui tentait de ses débarrasser d'eux. La plateforme circulaire se mit à tourner plus vite, leur faisant perdre l'équilibre à tous les trois. Lorsqu'Albus toucha le sol, il était de retour à Poudlard, en compagnie des deux autres. Le labyrinthe n'était plus là, ils étaient par contre au beau milieu du terrain de Quidditch, heureusement désert. Voyant que Delphini avait lâché le Retourneur de Temps, il tendit le bras pour l'attraper. Un jet de lumière jaune jaillit avant qu'il ne puisse l'atteindre et fit exploser l'objet.
- Oups… quelle maladroite… se moqua la jeune femme en baissant sa baguette magique.
Horrifié Scorpius regarda le Retourneur brisé tandis que Delphini s'élevait dans les airs :
- Adieu ! s'écria-t-elle joyeusement. Je ne doute pas que vous n'allez pas tarder à disparaitre sous peu, tous les deux.
Stupéfait, les deux adolescents constatèrent qu'elle savait voler. Machinalement, ils se ruèrent à sa suite, mais elle était plus rapide et disparue bientôt de leur champ de vision alors qu'ils arrivaient près du lac.
Hors d'haleine, ils se laissèrent tomber sur la berge.
- On est coincé dans le temps ! Je ne sais même pas en quelle année nous sommes ! soupira Albus. Qu'est-ce qu'on fait ?!
- On se tire d'ici avant l'aube, pour commencer… répondit Scorpius. On va aller à Pré-au-Lard, ce n'est pas très loin… et… et déjà on verra où nous en sommes…
- Et Delphini… il faut l'arrêter… On ne connait pas son plan de secours.
- Je sais, murmura son ami. Je sais, Albus… Mais on fera comme on peut, nous n'avons pas le choix. Dis-toi au moins que Cédric a dû suivre son destin, c'est déjà ça…
Tournoi des Trois Sorciers
1995
Posé sur un piédestal, à une centaine de mètres, le Trophée des Trois Sorciers scintillait dans l'obscurité. Harry se mit à courir. Il était le premier ! Il avait réussi !
Il courait de toutes ses forces vers le trophée, se voyant déjà le brandir triomphalement devant Ron et Hermione !
Harry vit alors à sa gauche quelque chose d'immense qui dépassait au-dessus de la haie et avançait à toute allure le long d'un chemin perpendiculaire. Il ralentit le pas tandis que la chose surgissait sur le chemin. Une araignée géante !
- Stupéfix ! cria Harry.
Le sortilège atteignit le corps noir, velu, gigantesque de l'araignée mais n'eut pas plus d'effet que s'il lui avait jeté un caillou. La créature parue par contre se fâcher et fonça sur lui.
- Stupéfix ! Impedimenta ! Stupéfix !
Mais c'était inutile. L'araignée était si grande, ou dotée de tels pouvoirs magiques, que les sortilèges ne faisaient que l'énerver davantage. Harry eut tout juste le temps d'apercevoir ses huit yeux noirs étincelants et ses pinces tranchantes comme des rasoirs avant qu'elle soit sur lui.
Il se sentit soulevé en l'air par les deux pattes avant de l'araignée et se débattit comme un fou en essayant de lui donner des coups de pied. Sa jambe heurta alors une des pinces et il ressentit une terrible douleur. Harry leva sa baguette magique au moment où l'araignée ouvrait à nouveau ses pinces et cria :
- Expelliarmus !
Cette fois, le sortilège de Désarmement se révéla efficace et l'araignée le lâcha, mais Harry fit une chute de près de quatre mètres et tomba sur sa jambe déjà blessée qu'il sentit s'écraser sous lui. Sans prendre le temps de réfléchir, il pointa sa baguette magique sur le ventre de la créature et hurla « Stupéfix ! » en même temps qu'une autre voix.
Cédric avait jailli d'un chemin adjacent et avait jeté le sortilège en même temps. La combinaison des deux « Stupéfix » eut enfin l'effet escompté : l'araignée s'effondra sur le côté, écrasant une haie proche, dans un enchevêtrement de pattes velues qui s'étendirent en travers du chemin.
- Harry ! s'écria Cédric. Ça va ? Elle n'est pas tombée sur toi ?
- Non, répondit Harry, la respiration haletante.
[…]
Cédric prit Harry par le bras et l'aida à avancer en boitillant vers le piédestal sur lequel était posé le trophée. Tous deux tendirent alors la main vers chacune des anses de la coupe qui scintillait sous leurs yeux.
- A trois, d'accord ? dit Harry. Un… Deux… Trois…
D'un même geste, ils saisirent chacun une anse du trophée.
A cet instant, Harry ressentit une secousse quelque part au niveau du nombril. Ses pieds avaient quitté le sol et il n'arrivait plus à lâcher le Trophée des Trois Sorciers qui l'entraîna comme une tornade dans un tourbillon de couleurs, Cédric toujours à côté de lui.
