Dimanche 27 octobre 2019
Environ 14 heures 30
Une femme entre deux âge, le cheveu grisonnant, indiqua une porte entrouverte à Ginny et Hermione qui venaient tout juste d'arriver à St Oswald sur la demande de Harry.
- Voilà, c'est ici. Comme je l'ai précisé à Messieurs Potter et Malefoy, Delphini est arrivé chez nous en fin d'année scolaire et ses compétences ont tout de suite étés remarquables. Les patients dont elle a la charge sont ravis et la complimente tous.
- Donc, aucun incident à déplorer avec elle ? demanda Hermione en se doutant de la réponse.
- Aucun, Madame la Ministre. La seule plainte que j'ai pu entendre, de la part de ses collègues, c'est que Delphini restait énormément en retrait et ne cherchait pas spécialement à se lier d'amitié, mais c'est tout.
Les deux amies échangèrent un regard. Ginny adressa un sourire à la directrice de l'établissement et la remercia en avançant dans le couloir.
- Tu crois que c'est une vraie infirmière ?
Hermione répondit par une moue peu convaincue :
- Peut-être… mais il est possible également qu'elle ait ensorcelé le personnel et les patients pour faire croire qu'elle était compétente et ne pas avoir d'ennuis. Nous allons surement en savoir davantage rapidement.
Elle poussa la porte d'une chambre simple aux murs recouverts de lambris de chêne. La pièce contenait un lit métallique, une table de chevet et un bureau. Aucun effet personnel en vue, aucune photo ou peinture sur les murs…
Harry et Drago étaient déjà dans la pièce et cherchaient des indices. Le Survivant était en train de regarder sous le lit tandis que Malefoy tapotait contre le lambris d'un air concentré.
- C'est si… impersonnel que c'est à se demander si elle vivait vraiment là… commenta Ginny en balayant la pièce du regard.
- D'après ses collègues, c'est bien le cas, répondit Harry en rampant sur le plancher pour sortir de sous le lit.
Il se redressa et épousseta sa robe de sorcier pour la débarrasser de la poussière accumulée.
Hermione leva sa baguette magique :
- Specialis Revelio !
Rien ne se passa. Drago fronça les sourcils :
- J'avais déjà essayé, Granger !
- Je n'en savais rien, rétorqua-t-elle froidement.
Ginny ouvrit le tiroir de la table de nuit, mais ne trouva rien à l'intérieur. Harry soupira et retira ses lunettes qu'il essuya avec sa manche :
- Tu as eu le temps de regarder au Ministère, Hermione ?
- Oui. Je peux confirmer ce que t'a dit Amos, à savoir qu'il n'a pas de famille à part Cédric. Et je n'ai absolument rien trouvé sur une prénommée Delphini. Aucun dossier à Poudlard, rien dans les papiers du Ministère. Cette jeune femme est une ombre.
A peine acheva-t-elle sa phrase qu'un sifflement lugubre résonna dans la pièce. Tous les regards se tournèrent vers Ginny qui venait de dévisser le verre de la lampe à huile posée sur le bureau.
- C'était quoi, ça… ? Ce bruit ? demanda Drago.
- Du Fourchelang, répondit Hermione en pivotant immédiatement vers le Survivant. Qu'est-ce que ça disait ? Tu as compris, n'est-ce pas ? Harry !
L'interpellé remit lentement ses lunettes rondes sur son nez, le visage un peu pâle :
- « Bienvenue à l'Augurey » … je crois que c'était ça… Mais je ne vois pas en quoi ça nous avance.
Drago s'adossa contre le mur, les sourcils de plus en plus froncés :
- Le Fourchelang est extrêmement rare, Potter. Il n'y a que le Seigneur des Ténèbres et toi qui le parliez, aux dernières nouvelles. Même les Mangemorts ne le comprennent pas.
Hermione croisa les bras :
- L'Augurey ? C'est pas le nom que nous a donné Scorpius ? Le bras droit de Voldemort ?
Un silence angoissé plana tandis qu'ils échangeaient des regards interpellés. Chacun essayait de remettre les pièces du puzzle en place. Scorpius et Albus étaient amis avec une jeune femme nommé Delphini. Cette Delphini s'était faite passer pour la nièce d'Amos Diggory et personne ne connaissait réellement son nom de famille. Elle comprenait le Fourchelang s'ils en croyaient la lampe à l'huile et elle se faisait appeler « l'Augurey ». Nom donné par Scorpius lors de son séjour dans l'autre présent…
- Je n'aime pas du tout ça… murmura Ginny. Elle est bien plus dangereuse que ce que nous pensions, on dirait.
Drago se tourna vivement vers Harry :
- Parle en Fourchelang, Potter ! Il y a forcément quelque chose ici !
Le Survivant acquiesça machinalement mais que pouvait-il dire ? Cela faisait tellement d'année qu'il n'avait pas utilisé cette façon de parler. Il ferma les yeux en se concentrant, imaginant qu'un serpent se baladait devant lui :
- Révèle-toi.
A son grand soulagement, ce fut bien un étrange son composé de sifflement qu'il entendit sortir de sa bouche. Peu après, il entendit l'exclamation de stupeur des autres et ouvrit les yeux. La simple chambre avait disparu, elle n'était qu'une façade extérieure qui dissimulait la véritable pièce occupée certainement par Delphini la plupart du temps. Une petite salle sombre, angoissante. Une cheminée éteinte laissait voir deux serpents sculptés dans l'âtre. Un tableau représentant Salazar Serpentard et le Basilic ornait l'un des murs où des torches flamboyantes projetaient des ombres difformes autour d'eux. Un coffret en bois était posé sur un guéridon. Harry l'ouvrit avec prudence et découvrit une sphère opaque.
- C'est… une prophétie ? ça ressemble à ce qu'il y avait au Département des Mystères… souffla Ginny sans oser s'approcher davantage.
Hermione acquiesça, les sourcils froncés :
- Oui, mais je n'ai eu aucun vol à déplorer, et mon prédécesseur non plus. Ce qui veut dire que cette prophétie a été récupérée lorsque Voldemort était encore parmi nous.
Prudemment, Harry saisit la sphère tiède :
- Comment on fait pour entendre la prophétie sans la casser ?
Décidée, Hermione s'approcha de lui et murmura une formule en agitant sa baguette magique au-dessus de la sphère.
Une voix masculine éthérée résonna alors :
- Lorsque le temps sera retourné, lorsque l'autre sera épargné, lorsque des fils invisibles assassineront leurs pères : alors le Seigneur des Ténèbres reviendra, car son enfant le ramènera.
- Assassineront leurs pères ? répéta Drago tandis qu'Hermione s'écriait :
- Son enfant ?!
- Attendez ! trancha Ginny. Réécoutons !
De plus en plus horrifiés, ils écoutèrent trois fois la prophétie. Les mains moites, craignant de la briser, Harry reposa la sphère dans le coffret. Drago était blême. Ginny s'appuya contre un mur. Hermione avait plaqué les mains sur sa bouche. Elle les abaissa, non sans cacher leurs tremblements :
- « Le temps retourné »… c'est donc pour ça qu'il y a eu le vol du Retourneur de Temps, elle a utilisé les enfants pour le récupérer.
- « L'autre sera épargné »… est-ce qu'elle parle de Cédric ? C'est pour ça qu'elle a voulu le sauver ? murmura Ginny.
- On dirait, supposa Harry sans quitter le coffret ouvert des yeux.
Ils continuèrent à décortiquer ce qu'ils venaient d'entendre. Drago, la voix plus trainante que d'habitude, marmonna :
- « Les fils invisibles »… ce sont Scorpius et Albus. Elle les manipule depuis le début ! On a su le résultat, Potter va mourir lors de la Bataille de Poudlard si Diggory est sauvé grâce aux enfants !
- Toi aussi, tu vas mourir, rappela Ginny dans un souffle. Tu as voulu protéger ton fils et tu as été tué…
Ils échangèrent tous un regard pesant, se demandant qui allait oser prendre la parole sur la toute dernière phrase de la prophétie.
- Doit-on… comprendre… que Voldemort a eu un enfant… ? dit lentement Hermione. Et que ça serait Delphini… ?
Le prochain chapitre sera une série de Flash Back qui permettront (normalement) de mieux comprendre d'où sort Delphini et ses agissements (elle manquait cruellement de back-story dans la pièce) Et avant que vous poussiez des cris d'otarie outrées... non, je n'ai pas fait copuler Voldemort avec une nana.
