N'hésitez pas à lire mes réponses aux commentaires ci dessous, j'apporte quelques précisions :
_ Bewitchings-christmas : Ah, j'ai hâte! La fin de ton chapitre est vraiment plein de suspense (même si j'ai déjà lu la piècec'est que j'ai toujours l'impression de redecouvrir la pièce avec ta ficC'est que les détails sur Delphini manquent cruellement dans le texte original, et je suis donc vraiment impatiente de voir ce que tu vas nous préparer! Bonne continuation et bonne chance pour la suite! = Merci ! Bon j'avais prévu, à la base, de faire l'enfance de Delphi dans le chapitre là, mais il s'avère que j'ai plutot fait sur ses origines, histoire de donner un peu plus d'explications. Par contre, promis, le chapitre suivant sera consacrée à cette "charmante" jeune femme.
_ Hey : Pfft, plutôt décevant je dois dire
Tu fais pas dans l'originalité du con =On ne peut pas plaire à tout le monde...j 'espère que tu as voulu dire "du coup" et pas "du con" au passage.
_ : super fanfiction ! Je n'ai pas lu Harry Potter et L'enfant Maudit mais cette histoire est superbe ! J'attends la suite avec impatience = Merci ! Et la suite est là, comme tu peux le voir hihi. Elle s'est faite attendre, désolée...
_ Guest : *Mode otarie activé juste pour le plaisir!* ;) = le genre de commentaire simple mais que j'aime parce que ça me fait rire xD !
_ Salvayka Adamovitch :
a quuuaaaannndd la suuuiiiitteeee ? =
Maintenaaaaaaaaaaaaaaaaant la suiiiiiiiiiteeeeeeeeeeeeee XD
1996
Les cris de douleur du Mangemort résonnèrent dans le manoir lorsque Severus Rogue pénétra dans les lieux. Imperturbable, il avança dans le grand hall et fut arrêté par Bellatrix qui lui barra le chemin :
- Le Seigneur des Ténèbres est occupé.
Le Professeur des Potions baissa les yeux sur le visage de Lestrange et nota l'estafilade qui lui barrait la joue. A nouveau, un hurlement de souffrance se fit entendre.
- Il parait que la mission que le Maître vous avait donné a été un échec, commenta Rogue d'une voix doucereuse. Vous avez été repoussés par une bande d'adolescents…
Bellatrix le fusilla du regard et répliqua :
- J'ai tué Sirius Black !
- Je suis impressionné, répondit Rogue qui n'avait pas l'air impressionné du tout.
- Tu n'étais pas là !
Le Professeur de Potions fronça les sourcils :
- Je respecte les ordres du Maître. Si j'avais participé à votre mission, je n'aurais pas échoué, mais surtout Dumbledore l'aurait su ! Je te rappelle qu'il ne doit pas me soupçonner un seul instant.
Elle pinça les lèvres, persuadée que son interlocuteur jouait effectivement un double jeu, mais pas en faveur de leur camp.
- Dumbledore est justement arrivé ! On a dû battre en retraite !
- Pendant que le Maître se retrouvait seul à l'affronter, bravo, répliqua Rogue avec un rictus moqueur.
Les cris avaient cessé. Rogue contourna Bellatrix et s'approcha de la porte du salon. Il frappa sans ouvrir :
- Maître. J'ai quelque chose pour vous.
Le battant s'ouvrit instantanément, dévoilant le riche salon des Malefoy. Une odeur de chair brûlée planait encore dans les airs. Voldemort était assis dans un fauteuil, ses yeux rouges luisant encore de colère, la baguette pointée en direction de sa victime qui se tenait recroquevillée sur le sol.
- Va t'en ! siffla Voldemort à l'adresse du Mangemort.
Ce dernier ne se le fit pas répéter :
- Oui, Maître. Pardon, Maître.
Il sortit précipitamment de la pièce sans un regard pour Severus. Ce dernier ferma la porte derrière lui et s'avança jusqu'à Voldemort, avant de mettre un genou à terre :
- Maître, j'ai sur moi quelque chose qui devrait vous réconforter après l'échec du Ministère.
- Vraiment ? s'enquit le Mage Noir. Qu'as-tu donc pour moi, Severus ?
Le professeur des Potions fouilla dans sa cape et en extirpa un coffret en bois. Il l'ouvrit devant Voldemort qui écarquilla les yeux devant la sphère opaque qui reposait au centre.
- La prophétie a été détruite ! Essayerais-tu de me leurrer ?
- Jamais je n'oserais, Maître ! protesta Rogue. Ce n'est, hélas, pas celle que vous cherchiez. Néanmoins, Dumbledore semble pressé de la faire disparaitre…
Du coin de l'œil, il observa le gros serpent qui quittait l'âtre de la cheminée éteinte et qui le frôla en passant pour rejoindre Voldemort. Constatant que celui-ci ne disait rien, le professeur continua :
- Il l'a récupérée au Ministère, il se doute que vous avez des Mangemorts infiltrés et ne souhaitait pas que des « mauvaises mains » s'emparent de cet objet.
Un sourire moqueur étira les lèvres du Mage Noir qui lui fit signe de continuer, intéressé malgré tout. Que voulait donc dissimuler ce vieux fou ?
- Il me l'a confié en me demandant de la mettre en lieu sûr, Maître. Il a l'air de tellement tenir à ce qu'elle ne tombe pas entre vos mains…
Un rire sifflant jaillit des lèvres de Voldemort :
- Dire qu'il a une confiance aveugle en toi, ce pauvre imbécile. Pose le coffret sur la table, Severus.
Rogue se mit debout en refermant le couvercle et posa la prophétie comme demandé. Il s'inclina ensuite devant Voldemort :
- Puis-je faire autre chose pour vous satisfaire, Maître ?
- Oui. Dit à Narcissa que je souhaite voir son fils dès que ce dernier sera rentré de Poudlard.
- Bien, Maître, répondit Rogue en s'inclinant une nouvelle fois avant de sortir du salon.
Il referma dans son dos, satisfait. Voldemort devait être ravi de le savoir encore et toujours si dévoué à son égard. Il n'avait plus qu'à rejoindre Dumbledore pour lui annoncer son succès : le Mage Noir continuait à lui accorder sa confiance.
Septembre 1996
Le regard perdu dans les flammes de la cheminée, Voldemort caressait machinalement la tête de Nagini enroulée autour de sa chaise. La prophétie reposait devant lui, luisant faiblement à la lueur du feu. Le Mage Noir ne savait quoi penser au sujet de cette sphère. Depuis que Rogue la lui avait apportée, Voldemort réfléchissait beaucoup et commençait à douter au sujet de sa futur gloire. Bien sûr, il avait déjà la main mise sur le Ministère de la Magie, bien sûr ses Mangemorts faisaient régner la terreur en son nom, même les Moldus n'étaient pas assez stupides pour ne pas comprendre qu'il se passait quelque chose d'important. Il projetait également de se débarrasser de ce vieux fou de Dumbledore, la dernière personne en travers de son chemin pour atteindre Potter. Pour s'amuser, Voldemort avait confié la mission à Drago Malefoy. L'adolescent n'avait pas eu d'autre choix que d'accepter, fier que son Maître lui confie une mission si importante ! Et Voldemort s'était délecté du visage de Narcissa Malefoy qui s'était décomposé lorsqu'ils avaient appris la nouvelle. Le fils n'était qu'un idiot qui se croyait sélectionné parmi tous les autres pour accomplir un devoir important. Les parents, eux, avaient bien compris qu'il s'agissait là d'une façon de les punir, encore une fois, pour leur échec au Département des Mystères. Si Drago se faisait attraper alors qu'il essayait de s'en prendre à Dumbledore, nul doute que les sorciers l'emprisonneraient loin de ses parents… et s'il échouait dans sa mission, la terrible colère de Lord Voldemort s'abattrait encore une fois sur leur famille. Voldemort ne croyait pas réellement en la réussite de Drago Malefoy, il avait déjà un plan de secours pour se débarrasser de Dumbledore en la personne de Rogue. Albus Dumbledore accordait trop facilement sa confiance, il pardonnait aisément sans voir que le danger était sous son nez…
Les yeux rouges du Mage Noir se posèrent encore une fois sur cette prophétie qu'il avait écouté maintes fois, à l'abris des oreilles indiscrètes de ses Mangemorts. Cette petite chose le faisait parfois douter. Et Lord Voldemort n'aimait pas douter. Plusieurs fois, il avait esquissé le geste pour la détruire, agacé contre ce qu'il entendait. Car si cette prophétie disait vrai, il allait être vaincu. Encore.
Il avait été trop confiant la dernière fois, lorsqu'il avait voulu tuer les Potter et n'avait pas prévu de plan de secours. Il n'avait pas non plus prévu de solution lorsque Harry Potter lui avait encore échappé au cimetière et avait dû faire profil bas en réunissant ses Mangemorts. Cette fois-ci, il devait mettre toutes les chances de son côté. Oh, il avait toujours ses Horcruxes pour le protéger, mais au cas où… Il devait s'assurer de pouvoir revenir, une nouvelle fois, si par un incroyable coup de chance Potter parvenait à le vaincre. Ce n'était qu'un adolescent mais il semblait doté d'une chance inouïe !
Ce qui contrariait grandement Voldemort dans cette prophétie, c'était cette phrase : « Son enfant le ramènera ». Quelques mots simples pour annoncer sa possible future défaite et surtout… un enfant ? La simple idée de s'approcher d'une femme pour assurer une descendance lui donnait envie de tuer dans l'instant la femme en question.
Un enfant ! Mais quelle idée saugrenue !
Et s'il commençait à avoir un héritier, son image serait ternie ! Dans la tête des gens, avoir un enfant était souvent synonyme de couples, d'amour et autres stupidités dans le genre. Et de faiblesse. Il ne devait pas paraitre faible devant les autres !
Ses longs doigts pâles glissèrent le long des écailles de Nagini tandis qu'il réfléchissait à la manière de procéder. S'il devait assurer ses arrières, il devait faire en sorte qu'un minimum de personnes soient au courant de son plan.
Bellatrix Lestrange avait était une belle femme, autrefois, très demandée par les garçons lors de ses études à Poudlard. Mais les années passées à Azkaban avaient eu raison de son charme, son visage s'était amaigri jusqu'à le rendre semblable à une tête de mort rehaussée par deux yeux emplis de folie. Elle ne jurait que par les Sang-Purs, s'était mariée à l'un d'entre eux, et avait toujours méprisé Sirius Black qui jetait la honte sur sa famille. Rapidement, elle avait rejoint les rangs des Mangemorts et était parvenue à faire du nom des Lestrange et des Malefoy quelque chose de respecté et de craint. Le Seigneur des Ténèbres lui avait énormément appris au sujet de la Magie Noire, elle le craignait autant qu'elle l'admirait et aurait tout donné pour qu'il daigne remarquer les efforts qu'elle déployait pour le satisfaire pleinement. Malheureusement, le nom des Lestrange était trop associé à celui des Malefoy… l'échec de Lucius au Ministère et son emprisonnement avait jeté le voile de la honte, une nouvelle fois, sur leur famille. Même le fait d'avoir tué Sirius Black, n'avait pas été un élément suffisant pour que le Maître soit satisfait. Cette mort ne signifiait rien pour lui, par contre la perte de la prophétie, si. Il l'ignorait, lorsqu'il ne l'humiliait pas devant les autres Mangemorts pour rappeler ce qu'il en coûte de le décevoir. Aussi, quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'un soir la Marque des Ténèbres sur son bras la brûla particulièrement, signe que le Maître la demandait. A la fois anxieuse et toute excitée qu'il l'appelle, Bellatrix descendit en trombe du premier étage du Manoir et entra dans le salon où le Mage Noir passait le plus clair de son temps. Elle fronça le nez en arrivant, une odeur désagréable planait dans la pièce. Couchée sous la table, Nagini redressa la tête en la voyant entrer et siffla d'un air mécontent. Bellatrix se laissa tomber à genoux devant Voldemort, assis dans un somptueux fauteuil, et baisa la main posée sur l'accoudoir :
- Maître… Vous m'avez appelé, ronronna-t-elle.
Voldemort recula sa main avec agacement :
- En effet.
Le gros serpent ondula sur le sol.
Mal à l'aise, mais s'efforçant de ne pas le laisser paraitre, Bellatrix remarqua que Nagini formait un cercle tout autour d'elle, comme pour l'empêcher de s'enfuir.
- Que puis-je pour vous, Maître ? susurra la sorcière en levant les yeux vers le Mage Noir.
- Je voudrais que tu boives ceci, répondit-il en lui présentant une fiole remplie d'un liquide sombre.
- Pourquoi, M… ?
- Ne discute pas ! l'interrompit-il, glacial. Contente toi d'exécuter mes ordres !
Les yeux de Bellatrix se posèrent sur la fiole qu'elle saisit d'une main tremblante. Elle dévissa le bouchon et eut un haut le cœur lorsque l'odeur âcre de la potion s'empara de ses narines. Les yeux rouges du Seigneur des Ténèbres la fixaient, il paraissait mécontent. Ne voulant surtout pas lui déplaire, Bellatrix porta la potion inconnue à sa bouche et bue. La préparation était pâteuse, désagréable sur la langue et difficile à déglutir. La sorcière eu plusieurs fois l'impression que les gorgées restaient coincées quelque part au fond de sa gorge ou s'entassaient dans son estomac. Puis elle sentit un picotement désagréable dans son ventre, suivit de la sensation qu'une partie de ses entrailles étaient en train de se déchirer.
Voldemort s'empressa de faire disparaitre le flacon dès qu'il fut vide et congédia Bellatrix Lestrange sans plus d'explications.
Janvier 1997
Bellatrix n'en revenait pas. Sidérée, elle regardait son reflet dans le miroir qui lui faisait face. Depuis plusieurs semaines, elle souffrait de nausées matinales et commençait à manger beaucoup plus que d'habitude. Et à présent…
Du bout de ses doigts tremblants, elle frôla son ventre comme s'il lui était étranger, déboussolée de le constater plus rond que d'habitude. La sorcière ne pouvait plus nier qu'elle était enceinte. Mais comment ? Rodulphus, son mari, était encore enfermé à Azkaban !
Prise d'un doute, Bellatrix réajusta correctement sa robe de sorcière et s'assura qu'on ne pouvait pas deviner son état. Elle sortit ensuite de sa chambre et se dirigea vers l'aile est du Manoir, sachant que Lucius et Narcissa entreposaient là leurs grimoires de Magie Noire.
Arrivée dans la bibliothèque, elle verrouilla avec soin la porte derrière elle. La sorcière se dirigea ensuite vers les rayonnages et commença à déchiffrer les tranches des livres. Son doigt s'arrêta sur « Sang Pur et Descendance ». Un livre interdit par le Ministère de la Magie à cause des descriptions et moyens décrits pour permettre aux sorcières et sorciers stériles d'avoir des enfants. Bellatrix saisit le grimoire et le déposa avec précaution sur la lourde table en ébène dans son dos. Elle se mit à tourner les pages jaunies sans savoir réellement ce qu'elle cherchait. Devait-elle se rendre au chapitre concernant les sorcières stériles ? Ou les sorciers ? Les sortilèges illégaux pratiqués sur les femmes pour les rendre féconde ? Les potions ? Les grossesses inattendues ? Elle ne voulait pas cette chose en train de grandir dans son ventre ! Si elle était enceinte, les autres la mettrait à part parce qu'elle serait considérée comme faible !
La sorcière se mit à tourner plus fébrilement les pages, cherchant le chapitre concernant les avortements. Il fallait absolument qu'elle se débarrasse de cet enfant avant que tout le monde soit au courant ! Sa main se figea soudain et revint en arrière. Elle venait de voir…
Tétanisée, elle retrouva la double page qu'elle avait entrevue rapidement quelques secondes auparavant. Devant ses yeux s'étalait la recette d'une potion de fécondation. Les illustrations, en couleur, montraient les différentes étapes de la préparation et le résultat final lui parut familier. Dans un flacon en cristal, la potion en train d'être versée paraissait épaisse et surtout noire comme de l'encre. Elle avait déjà vu un flacon semblable, cette couleur sombre et cet aspect plus pâteux que liquide. La sorcière écarquilla les yeux.
Le Mage Noir, son Maître bien aimé lui en avait fait boire quelque chose de semblable, si ce n'est identique ! Mais pourquoi ? Dans quel but ? Figée de stupeur, elle cherchait des explications. Le Seigneur des Ténèbres voulait-il un enfant ? Avec elle ? Son cœur accéléra de joie à cette idée. Le Maître l'appréciait donc assez pour une telle chose ? Bellatrix posa la main sur son ventre. La progéniture de Voldemort grandissait-elle ici… ? Si c'était le cas, elle devait en prendre le plus grand soin.
Troublée, elle referma l'épais grimoire et le remit à sa place. Le Maître ne lui avait rien dit cependant, il continuait de la traiter comme d'habitude et de rappeler à quel point Lucius avait jeté la honte sur leur famille.
Lorsque Bellatrix sortit de la bibliothèque quelques instants plus tard, elle décida de ne rien dire à Voldemort. Elle ne connaissait pas les plans de son Maître et préférait attendre que ce dernier décide de la suite des évènements. Tôt ou tard, elle ne pourrait plus cacher son ventre s'il continuait à grossir et le Seigneur des Ténèbres la convoquerait forcément ce jour-là, qu'il soit ou non le père de cet enfant. Il lui faudrait alors soit se débarrasser du bébé, soit le garder. Le Maître déciderait et elle se pliera à sa volonté.
Fin janvier 1997
La réponse aux interrogations de Bellatrix lui fut donnée environ deux semaines plus tard. Elle sortait de la luxueuse salle de bain des Malefoy lorsque Narcissa vint la trouver :
- Le Seigneur des Ténèbres veut te voir.
La sorcière acquiesça sèchement du menton et s'empressa d'emprunter les couloirs et escaliers menant au salon. Le cœur battant, les mains moites, elle avançait pourtant d'un pas rapide et sûr. Le Maître pouvait très bien la convoquer pour un tas de raisons, mais la sorcière pensait deviner précisément pourquoi il la demandait.
Ce fut avec une certaine appréhension, mêlée d'une joie de revoir Voldemort, que Bellatrix entra dans le salon et s'agenouilla devant le Mage Noir assis dans son habituel fauteuil :
- Vous m'avez fait demandé, Maître ? ronronna-t-elle en embrassant sa main pâle avec adoration.
- L'on m'a rapporté que tu semblais fatiguée et moins efficace, lors de tes dernières sorties. Tu aurais même laissé un Moldu s'échapper.
Elle rougit violement de honte. Ils étaient partis semer la terreur dans une ville Moldu, ravi de voir tous ces Sang de Bourbe pitoyables qui ne comprenaient pas la magie. Les magasins explosaient, les routes se fissuraient sous leurs yeux et ils cherchaient des explications dans leur « technologie ». Elle avait lancé un sortilège de Doloris sur un sale gosse qui passait non loin et s'était délectée de l'inquiétude des parents qui paniquaient devant leur stupide progéniture qui braillait comme un cochon. Ils avaient voulu appeler les secours, les Mangemorts avaient détruits la route et fait exploser « l'Ambu-Lance ». Bellatrix avait levé le sortilège et s'était préparée à lancer un Avada Kedavra… mais une terrible crampe au ventre et une horrible nausée l'avaient totalement déconcentré. Assez longtemps pour que la petite famille décampe.
- Je suis désolée, Maître ! ça ne se reproduira plus !
Il pianota sur l'accoudoir tandis que la Mangemort retenait son souffle.
- Comment te sens-tu ? Cela ne te ressemble d'avoir l'air malade… répliqua-t-il sur un ton beaucoup trop doucereux.
Prenant son courage à deux mains, elle murmura :
- J'ai découvert les effets de la potion que vous m'avez fait boire, il y a quelques mois.
Un sourire cruellement satisfait fendit la bouche du Mage Noir :
- Tiens donc… ? susurra-t-il.
Un frisson d'angoisse remonta le long de son échine tandis qu'elle se demandait si elle avait bien fait de dire ça.
- Je n'en ai parlé à personne, s'empressa d'ajouter la sorcière. La potion fonctionne très bien, Maître.
La réponse parut satisfaire Voldemort qui se frotta pensivement son menton squelettique.
- Parfait. Il est temps de passer à l'étape supérieure, tu vas quitter cet endroit.
La sorcière ouvrit la bouche pour protester mais le Mage Noir la dissuada d'un regard. Elle baissa les yeux :
- Où dois-je aller, Maître… ?
- Je te le ferai savoir en temps et en heure. Pars, maintenant, j'ai d'autres choses à faire.
1er Juillet 1997
Les pleurs du bébé réveillèrent Bellatrix qui marmonna d'agacement. Elle ouvrit les yeux et se redressa dans le lit devenu trop familier ces derniers temps. Voldemort l'avait envoyé dans un Manoir à Little Hangleton dès le mois de février et elle n'avait plus eu le droit d'en sortir, ni de parler de sa grossesse. Euphémia Rowle avait été envoyée pour veiller sur Bellatrix et s'assurer que l'enfant arriverait bien à terme. Un secret qu'ils partageaient donc tous les trois, le Seigneur des Ténèbres, Euphémia et elle-même… les autres croyaient qu'elle était partie en mission pour le Maître. Ce n'était pas totalement faux, si ce n'est que cette « mission » commençait à l'agacer. Rester toutes ces longues journées entre quatre murs !
Le bébé, une fille, était née le matin du 30 juin, pour le plus grand soulagement de Bellatrix qui n'en pouvait plus de se sentir alourdie, grosse, handicapée… Elle voulait retrouver les autres Mangemorts et son Maître. La sorcière attendait à présent avec impatience le moment où le Mage Noir la ferait revenir à ses côtés, tout en redoutant sa réaction. Une fille… Elle n'était pas sûre que le Maître apprécierait une héritière au lieu d'un héritier.
La sorcière sortit de son lit, dépassa le berceau sans se préoccuper de l'enfant et sortit de la chambre. Elle trouva Euphémia dans la cuisine, en train de lire un parchemin.
- Va t'occuper de ma fille, ordonna-t-elle sèchement. Ses pleurs me dérangent.
- Bien, Madame, marmonna la sorcière en sortant de la pièce.
Bellatrix jeta un coup d'œil peu intéressé au parchemin étalé sur la table et attrapa la Gazette du Sorcier. La photo d'Albus Dumbledore s'étalait à la première page et l'on voyait également le château de Poudlard où la Marque des Ténèbres était visible près de l'une des tours.
Bouche bée, Bellatrix parcourut l'article qui relatait de la mort du Directeur de Poudlard, tué par Severus Rogue. Elle n'osait pas en croire ses yeux. Rogue ? Assassiner Dumbledore ? Et elle n'avait même pas été tenue au courant ! Les autres avaient dû faire la fête toute la nuit pour fêter cette victoire, et elle, elle apprenait par hasard la nouvelle dans le journal !
Vexée, elle jeta la Gazette du Sorcier sur la table. Mais au fond, elle était heureuse pour son Maître. Sans Albus Dumbledore pour lui barrer le chemin, le Seigneur des Ténèbres allait pouvoir enfin régner en maître absolu sur le monde des sorciers !
Voilà, ça c'était pour la naissance de Delphi. Le prochain chapitre sera donc consacré à son enfance, ses motivations, tout ça, tout ça !
