Encore un petit chapitre. Nous entrons dans une phase générale où la pièce est bourrée de sournoises incohérences (j'en avais déjà relevé à ma première lecture, mais là en travaillant plus précisément sur les textes pour cette réécriture, j'en découvre des nouvelles qui me foutent des gros bâtons dans les roues.) Faudra qu'on m'explique pourquoi, dans la pièce, les deux adolescents se retrouve dans un bled paumé avec des Moldus alors que Pré au Lard est à porté de main avec les passages secrets... et nous ignorons également comment ils ont réussi à aller à Godric's Hollow sans baguette magique.


Avec précaution, Scorpius sorti de la Cabane Hurlante et balaya les lieux du regard, s'assurant que personne ne se trouvait dans les alentours. Rassuré, il fit signe à Albus qui sorti à son tour.

- Tu es sûr que c'est une bonne idée ? marmonna ce dernier.

L'adolescent blond le regarda par-dessus son épaule et tenta de le rassurer d'un sourire :

- On ignore dans quelle époque nous sommes, Albus, il faut bien qu'on se débrouille comme on peut. Ici, on trouvera la réponse et on avisera.

- On avisera comment ? Delphi a détruit le Retourneur, on ne pourra pas rentrer chez nous !

Scorpius se mit à avancer en direction du centre-ville de Pré-au-Lard. Après le départ de Delphi, ils avaient emprunté le passage secret du Saule Cogneur pour gagner le village des sorciers.

- Peut être qu'on restera coincé dans cette époque à jamais, mais on doit empêcher Delphi d'agir, répliqua-t-il. Elle n'a pas dû choisir cette époque par hasard et elle a détruit également le Retourneur, ce qui signifie qu'elle ne pourra pas partir non plus.

Albus hocha la tête, guère rassuré. Il ne doutait pas que son ami n'hésiterait pas à parler à un adulte de confiance dans le cas où la situation deviendrait désespérée, mais il prendrait le risque de modifier encore le futur. L'adolescent se passa une main dans les cheveux, nerveux. Peut-être que le futur était déjà modifié à cause de leur présence ici ! Il regrettait amèrement ce fameux soir où il avait espionné la conversation entre son père et Amos Diggory. S'il était resté tranquillement dans sa chambre, il n'aurait pas entendu parler de cette histoire et n'aurait pas rencontré Delphi. Mais peut-être qu'elle aurait alors trouvé un autre moyen pour l'attirer dans ses filets…

Scorpius se dirigea vers la gare, le plus naturellement le monde, comme s'il était parfaitement normal que deux élèves en âge d'être à l'école se trouvaient en ces lieux. Albus restait soigneusement près de lui. Il avait beaucoup plus de mal à afficher une attitude nonchalante. Il sursauta lorsque la main de Scorpius se referma sur son poignet.

- Du calme, Albus, chuchota ce dernier. Ça ne sert à rien de paniquer et ça pourrait même nous attirer des ennuis.

L'adolescent soupira en acquiesçant :

- Désolé…

- Essaye de voir le bon côté des choses, au moins nous n'avons pas Delphini sur le dos actuellement et nous sommes libres de nos mouvements. Bon, on va bien trouver une date ici !

Tâchant de faire preuve d'enthousiasme pour rassurer Albus, Scorpius se mit à regarder autour de lui. La gare n'était pas bien grande et servait surtout pour le Poudlard Express lorsqu'il amenait et ramenait les élèves à Poudlard pour les débuts ou fins de vacances. La période étant calme et la matinée peu avancée, l'endroit était quasiment désert. Albus remarqua rapidement le présentoir à journaux adossé contre un mur et se précipita dans sa direction.

- Par Merlin ! s'exclama-t-il en déchiffrant la date inscrite en haut du numéro de la Gazette du Sorcier.

Scorpius s'empressa de le rejoindre :

- Quoi ? Tu es tout pâle, Albus.

Son ami lui montra le journal, le doigt tremblant. Scorpius écarquilla les yeux :

- 30 octobre 1981… C'est… C'est la veille de la défaite de Voldemort.

- Et la veille du jour de l'assassinat de mes grands-parents, murmura Albus en s'appuyant contre le mur.

La tête lui tournait, il se laissa glisser au sol.

- Elle essaye d'empêcher la grande prophétie… Elle va surement essayer de tuer mon père elle-même, demain, pour protéger Voldemort.

- La grande prophétie ? répéta Scorpius.

- Oui, tu sais bien… « Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche. Il naitra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois… et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal… »

- Oui, je m'en souviens, murmura l'adolescent blond. Oui, tu dois avoir raison, elle va tuer le bébé Harry elle-même pour préserver Voldemort.

Il se mit à faire les cent pas devant Albus, tout en réfléchissant, tandis que son ami se prenait la tête entre les mains.

- Bon, je ne sais pas encore comment on va faire, mais ce qui est sûr c'est qu'on doit se rapprocher des lieux. On doit aller à Godric's Hollow.

- Comment… ? On n'a pas de baguette magique, on n'a pas l'âge de transplaner et on ne risque pas de demander à quelqu'un de nous amener…

Scorpius sourit, avec l'air de déjà regretter ce qu'il allait dire :

- On va prendre le Magicobus, c'est la seule solution. Et si on nous pose des questions, on dira qu'on doit rendre visite à de la famille en urgence ou quelque chose comme ça.

- Oui, mais il faut une baguette magique pour lui faire signe, remarqua Albus d'une voix faible.

- On trouvera bien une âme charitable qui fera signe pour nous ! répliqua Scorpius en lui prenant le bras pour l'aider à se relever. Allez, debout !

Peu convaincu, Albus se redressa et suivit son ami hors de la gare, déjà persuadé qu'ils n'arriveraient à rien. Mais c'était sans compter sur les talents de comédien de Scorpius qui alla pleurnicher auprès de Madame Gaichiffon. La voix tremblotante, les larmes débordants des yeux, il expliqua qu'il était élève à Poudlard mais qu'on lui avait envoyé un message expliquant que sa mère était gravement malade, qu'elle allait peut-être mourir et qu'il voulait aller la voir. Dans sa précipitation et son inquiétude, il avait oublié sa baguette magique. L'ami qui l'accompagnait était un Cracmol et si peu doué en magie qu'il n'avait même pas réussi à faire venir le Magicobus malgré leurs efforts. Albus ne fut guère ravi d'être traité de Cracmol mais joua le jeu en adoptant un air des plus penauds et honteux. Les sanglots de Scorpius et l'inquiétude visible chez Albus eurent raison de la brave sorcière qui sortit de son magasin et agita sa baguette magique pour appeler le bus violet.