Et un nouveau chapitre :)

Je suis désolée, je n'ai pas le temps cette fois-ci de répondre à tous vos commentaires... Mais je vous remercie tous, du fond du coeur !

Bonne lecture !


1981

30 octobre

-Prêt ? souffla Albus.

Scorpius acquiesça. Son ami trempa la plume empruntée à Bathilda Tourdesac dans le gobelet de cristal qu'ils avaient trouvé dans la maison avec de la poudre de Demiguise. Faisant fonctionner leur mémoire à plein régime, les deux jeunes gens étaient parvenus à recréer une encre invisible comme ils le souhaitaient. Scorpius caressa le hibou maltraité tantôt par Albus et le caressa en lui donnant un reste de biscuit trouvé au fond de sa poche, à la base destiné à Ratibus.

- Par quoi je commence… ? réfléchit Albus à voix haute. Ah, je sais. « Papa… »

- Tu ne veux pas plutôt l'appeler « Harry » ? ou « Harry Potter » ?

- Non, répliqua Albus en affichant un visage résolu. « Papa ».

L'adolescent blond s'approcha. Son ami avait un peu de mal à écrire sur le tissu de la couverture, la pointe de la plume s'accrochait aux fibres.

- « Papa. A l'aide. Godric's Hollow.

- Albus… je viens de penser à un léger petit détail… murmura soudain Scorpius en serrant le hibou contre lui.

Les yeux de son camarade se levèrent vers lui, interrogateurs :

- Quoi ?

- Comment il va nous rejoindre… ? Il n'a pas de Retourneur de Temps.

La question de Scorpius laissa Albus figé sur place, la bouche entrouverte, le teint soudain un peu plus pâle. Complètement absorbés par leur idée de prévenir Harry Potter en personne pour modifier le moins possible le futur, ils avaient omis un détail pourtant d'une importance cruciale ! La plume trembla légèrement dans sa main et le découragement se peignit sur le visage d'Albus. Scorpius ouvrit la bouche pour essayer de le réconforter, mais resta muet en voyant l'expression découragée se muer soudain en un froncement de sourcils résolu.

- C'est mon père ! décréta soudain Albus d'une voix ferme. Il n'était même pas majeur qu'il se dépêtrait déjà de plus d'une situation compliquée et dangereuse ! Il trouvera un moyen pour nous rejoindre une fois qu'il aura ce message ! C'est un héros après tout !

Un léger sourire parut sur le visage de Scorpius qui enfouit son nez dans les plumes douces et chaudes du hibou. Son ami était le premier à râler sur « Harry Potter, ce héros », mais le premier finalement à vouloir son aide.

- D'accord, alors dans ce cas, met une date. 31 octobre 1981. Et une heure aussi.

- Pourquoi ?

- Parce qu'il ne faut pas qu'ils arrivent avant qu'on soit en train d'écrire ce message. Et puis, il nous faut aussi une limite. Imagine que ton père ne reçoive pas notre mot ! S'il n'est pas là, au plus tard, à l'heure que nous avons indiqué ça voudra dire qu'il faudra qu'on agisse nous-même et qu'on se précipite pour prévenir les Potter et changer le futur de façon radicale.

Albus hocha la tête. La plume gratta à nouveau sur la couverture de bébé tandis qu'il ajoutait les précisions voulues.

- Voilà, je pense qu'on a tout mis… souffla-t-il en regardant le tissu encore à peine humide à l'endroit où l'encre invisible était présente.

- Parfait. Maintenant il faut vite renvoyer tout ça, que tes grands-parents reçoivent leur colis comme prévu.

Une fois l'encre parfaitement sèche, les deux adolescents replièrent la couverture avec soin et la remirent dans le paquet qu'ils refermèrent. Le hibou émit un hululement mécontent à l'adresse d'Albus tandis qu'il lui rattachait le colis à la patte, mais pinça affectueusement le poignet de Scorpius lorsque ce dernier ouvrit la fenêtre du jardin.

Le hibou s'envola, suivit du regard par les deux amis. Albus tourna la tête vers son ami ensuite. Ils échangèrent un sourire crispé, ils n'avaient plus qu'à attendre que les heures s'écoulent jusqu'au lendemain.


2020

Fin Aout

- Mais papa ! protesta Albus en attrapant la couverture de bébé sur son lit.

- Pas de mais ! tempêta Harry en sentant la moutarde lui monter au nez. Noël est une fête en FAMILLE. Je ne vous vois plus qu'aux vacances de Noël et durant les deux mois d'été ! Tu t'isoles déjà bien assez comme ça et tu voudrais en plus esquiver tes retours ici pour aller chez les Malefoy ? Il n'en est pas question ! Tant que tu n'es pas majeur, tu es prié de m'obéir et de faire ce que je te demande.

Furieux, Albus jeta la couverture dans la pièce. Elle percuta la potion offerte par Ron qui tomba de la table de nuit et se brisa au sol, répandant son contenu sur le tissu. L'adolescent désigna la couverture d'un doigt accusateur :

- Elle ne m'a pas porté chance visiblement !

Son père tendit la main vers lui, il ne savait pas trop s'il voulait le retenir pour le gifler ou le serrer contre lui :

- Albus…

Mais l'adolescent l'esquiva et déguerpit en courant hors de sa chambre :

- Ni chance, ni amour pour moi !

Harry se lança à la suite de son fils.

Aucun des deux ne remarqua que des lettres s'inscrivaient sur le vieux tissu abandonné au sol.


2020

31 octobre 2020

Harry Potter était épuisé. L'aube se levait à peine mais il était debout depuis des heures déjà. Ou alors, peut-être ne s'était-il tout simplement pas couché, le sommeil le fuyait et quand il fermait les yeux il entendait son fils qui l'appelait au secours. Les cheveux encore plus en bataille que d'habitude, il s'arrêta devant la porte de la chambre d'Albus et ouvrit la porte avec précaution. Le cœur serré, il observa la pièce. Rien n'avait été touché depuis le départ de son fils pour l'école, le drap était encore de travers sur le lit, suite à son réveil le jour de la rentrée. Harry soupira en s'appuyant contre le chambranle. Les vieux manuels des années précédentes étaient rangés sur une étagère, côtoyant une vieille photo de famille datant d'une époque où il était encore facile de lui parler. Le Survivant tourna les yeux vers le bureau et remarqua la photo encadrée qui trônait près d'un vieux jeu de cartes, Scorpius était assis sous un arbre, la tête reposant contre l'épaule d'Albus. Les deux adolescents avaient l'air contents, en tout cas ils souriaient.

- Oh, tu es là, souffla Ginny en sortant de leur chambre.

Elle se rapprocha de lui et saisit sa main. Une boule bloqua la gorge de Harry qui ne put s'empêcher d'attirer sa femme plus près de lui et de la serrer, s'accrochant à elle.

- Je suis désolé, Ginny. Si j'avais été plus attentif, plus prudent, Albus…

Elle lui tapota le dos :

- Tu n'es pas responsable, Harry, il a aussi son caractère… Delphi a manipulé tout le monde. Et on a toujours l'espoir de le retrouver.

Il se mordit les lèvres. Harry n'avait pas osé parler du Retourneur de Temps de Malefoy aux autres, par crainte de leur donner de faux espoirs. Ils ne savaient toujours pas en quelle année se trouvaient les enfants.

- On me traite comme un héros, mais je n'aurais même pas du survivre ! Mon destin était de mourir, même Dumbledore avait peur de s'attacher à moi parce qu'il me savait normalement condamné ! J'ai vaincu Voldemort, c'est vrai, mais…. Tous ces gens, Ginny, tous ces gens qui ont perdu la vie ! Mes parents pour commencer, Fred, Sirius, Lupin, Tonk, Cédric, Rogue, les Cinquante tombés à la Bataille de Poudlard. Pourquoi ai-je eu le droit de survivre ? Je suis responsable de tout ce désastre !

- Harry, protesta Ginny. Tu n'es pas responsable de la mort de tout le monde, enfin ! Ils ont été tués par Voldemort et ses Mangemorts.

- Mais j'aurais surement pu l'arrêter avant et en sauver davantage. Tout ce sang sur mes mains. Et maintenant, c'est Albus le prochain sur la liste et…

- Tais toi !

Ginny lui saisit le visage à deux mains, le regard flamboyant, et planta ses yeux dans les siens :

- Je t'interdis de parler de notre fils comme s'il était déjà mort ! Tu m'entends ? On le retrouvera !

Harry ne se sentit pas capable de soutenir son regard. Ginny ne comprenait pas, il s'était toujours senti responsable de tous ces décès mais arrivait à relativiser en songeant que sa famille était en sécurité. Mais la réalité le rattrapait, même les siens risquaient la mort à cause de lui. Il se défit de l'étreinte de sa femme et entra dans la chambre. C'est alors qu'il vit la couverture abandonnée sur le sol, la fiole de potion d'Amour encore renversée sur le tissu. Machinalement, il se dirigea vers elle. S'il y avait bien un jour où il avait besoin de chance, c'était aujourd'hui ! Harry attrapa la couverture :

- Oh non !

Immédiatement, Ginny le rejoignit :

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- La couverture est abimée, murmura-t-il consterné. La potion de Ron a fait des dégâts.

- Peut être qu'avec un Reparo, on pourra la récupérer, suggéra Ginny en sortant sa baguette magique de sa poche.

Harry déplia complètement la couverture et fronça les sourcils.

- C'est bizarre… Regarde, on dirait que ça a formé des mots.

Toute aussi intriguée, Ginny vint se poster à côté de lui :

- On dirait que c'est écrit « Papa ».

Harry plissa les yeux :

- Oui ! « Papa. A… A l'aide ». C'est Albus ! Albus nous a écrit ! Il a trouvé comment nous contacter !

Le cœur battant, Ginny déchiffra la suite :

- « A l'aide. Godric's Hollow. 31 / 10 / 1981 »

Ils échangèrent un long regard. Leur fils essayait-il de leur indiquer la date et le lieu où il se trouvait coincé ? A la date précise du meurtre de James et Lily ?

- Il y a autre chose. « 14h00 », acheva Ginny.

- Surement une heure de rendez vous. Par Merlin, nous savons enfin où ils sont ! Vite il faut prévenir Hermione et Drago ! s'écria Harry en sentant une bouffée d'espoir revenir en lui.

- Mais Harry, comment on va faire pour remonter le temps… ?

Le Survivant lui adressa un sourire éblouissant en dégainant sa baguette magique et en invoquant son Patronus.

- Ne t'inquiète pas pour ce petit détail.