Salut tout le monde !

Merci encore pour vos commentaires ! ça me fait très très plaisir quand j'en vois qui viennent me dire qu'ils préfèrent ma version à celle d'origine (mon égo est flatté XD). Et je suis contente de voir aussi que ceux qui n'ont pas lu la pièce de Théâtre aiment aussi ma version !

Merci à tous et des gros bisous !


2020

31 octobre

Hermione, Drago et Harry avançaient dans les rues de Godric's Hollow. Hermione tourna la tête vers Harry qui lui rendit son regard. La dernière fois qu'ils étaient venus tous les deux en ces lieux, Nagini avait essayé de s'en prendre au Survivant et ils ignoraient encore comment se termineraient les évènements. D'un commun accord, ils avaient décidé que Ron et Ginny resteraient à la maison, au cas où il arriverait quelque chose à Hermione et Harry. Il n'était pas question que les enfants perdent leurs deux parents si les choses tournaient mal. Drago jetait des regards qui se voulaient dédaigneux autour de lui, mais observaient les lieux avec attention en réalité. Il avait toujours évité cet endroit comme la peste, son père ne lui en disait pas du bien, après tout cette ville avait abrité Dumbledore et les Potter, des héros faibles qu'il ne fallait pas côtoyer de trop près.

- Est-ce qu'on sait à quel endroit on doit retrouver les enfants ? demanda-t-il de sa voix trainante.

- Non, mais par contre on a une heure précise, répondit Hermione. On va se calquer sur cette heure et on les cherchera avec un sort s'il le faut.

Les trois adultes s'arrêtèrent près du cimetière. L'endroit était relativement désert, peu importe l'époque, ils devraient donc être tranquilles.

- Drago, c'est à toi, lui sourit Hermione.

Malefoy glissa la main dans le col de sa robe de sorcier et extirpa le sablier autour de son cou. Hermione le regarda avec curiosité :

- Il est magnifique !

- Astoria ne m'offrait jamais du bas de gamme, rétorqua-t-il en étudiant l'objet.

La Ministre tira doucement sur la chaine extensible qu'elle passa autour de son cou et de celui de Harry, les obligeant à se rapprocher de Drago qui fronça le nez en se sentant un peu trop collé aux deux autres. Ses yeux gris fixés sur l'objet, il saisit sa baguette magique. Le sablier était d'or et de cristal et permettait de programmer une date et une heure avec une précision remarquable.

- Tu sais le faire fonctionner, j'espère, marmonna Harry.

- Evidemment !

Sur le plateau d'or en haut du sablier, le sorcier inscrivit la date avec la pointe de sa baguette magique et le retourna ensuite pour inscrire le mois sur l'extrémité opposée.

- 14 heures, souffla Hermione.

Malefoy acquiesça et tapota la partie en cristal inférieure, faisant apparaitre les heures et les minutes. Sans hésiter, il sélectionna celle qui l'intéressait. Enfin, il porta son attention sur la molette qui reliait les deux ballons contenant le sable et la fit tourner jusqu'à avoir le jour précis.

Un instant plus tard, un éclair blanc et aveuglant les obligea à fermer les yeux. Lorsqu'Harry rouvrit les paupières, il crut pendant un bref instant que ça n'avait pas marché. Il n'avait rien ressenti de particulier et pourtant le cimetière était moins grand, les barrières différentes, et les maisons que l'on pouvait voir étaient plus espacées également.

- Ça a marché ! s'exclama Hermione. On a réussi !

Drago s'empressa de refaire disparaitre le Retourneur dans son col. Hermione sortait déjà sa baguette magique pour localiser les deux enfants.

- Par ici ! déclara-t-elle en prenant la tête de leur trio.

Aussi discrètement que possible, tâchant de se fondre dans le décor, ils avancèrent dans les rues. Harry ne pouvait s'empêcher de jeter des coups d'œil curieux autour de lui. Il se trouvait dans la même ville que ses parents ! Ses parents étaient encore en vie ! Il osait à peine le croire. Peut-être pourrait-il les observer du coin de l'œil ?

A mesure qu'ils avançaient, la Ministre reconnaissait le chemin :

- La direction nous indique celle où vivent tes parents, Harry… Tu crois que les enfants sont allés les voir ?

- Je n'en sais rien du tout, répondit le Survivant qui ignorait si cette idée le terrifiait ou l'enchantait.

Drago resta silencieux, le regard vif et alerte au moindre mouvement.

Ils ralentirent, conscients qu'ils ne devaient pas trop se faire remarquer, encore moins par les Potter s'ils décidaient de mettre le nez à leur fenêtre. Une porte s'entrouvrit sur le côté, immédiatement Drago tourna la tête et aperçu un visage familier passer timidement par l'entrebâillement. Scorpius !

- Ici ! indiqua-t-il aux deux autres en se dirigeant immédiatement vers la demeure sans les attendre.

- Monsieur Malefoy ! s'écria Albus en voyant Drago pénétrer sur les lieux. Vous êtes venu !

Drago se contenta de hocher la tête tandis que Scopius sautait au cou de son père :

- Tu es venu, papa ! Je ne m'y attendais pas !

- Pousse-toi, Malefoy ! grommela Harry. Tu campes dans l'entrée !

Le Survivant entra à son tour, une fois que Drago se fut décalé.

- Albus !

Il y eu un instant de flottement durant lequel le père et le fils se dévisagèrent avec une incertitude visible. Finalement, Harry ouvrit les bras et Albus se rua contre lui et l'étreignit de toutes ses forces.

- Papa !

Les larmes aux yeux, il pressa le visage contre le torse de son père. D'une main rassurante, Harry lui caressa les cheveux, soulagé de serrer son fils dans ses bras. Il était vivant, en bonne santé à première vue.

- Vous allez bien, tous les deux ? s'enquit Hermione après avoir refermé la porte derrière elle.

Toujours collé à son père, Scorpius tourna la tête :

- Oh, Madame la Ministre, chuchota-t-il.

Pendant un moment, l'effroi le saisit. La Ministre en personne était là. Une fois de retour chez eux, n'allait-elle pas les punir pour toutes leurs bêtises ? Peut-être même qu'on allait les envoyer à Azkaban !

Elle lui sourit :

- Je suis en train de transgresser mes propres lois en venant ici, alors appelle-moi Hermione, veux-tu ?

Intimidé, il acquiesça et tourna la tête vers son père :

- Vous avez donc bien eu notre message ?

Drago hocha la tête en observant le visage de son fils. Il était plus pâle qu'à l'accoutumé, paraissait fatigué également… Il dut prendre sur lui pour ne pas utiliser la Legilimancie afin de savoir ce qui avait pu arriver à sa progéniture durant ces dernières heures.

- Oui, on a reçu, intervint Harry. Bien joué, les enfants ! A présent, où est Delphi ?

Albus sursauta en s'écartant un peu de son père :

- Tu es au courant pour Delphi ?

- Oui. Tu as bien pris soin de nous cacher son existence, mais nous savons tous.

- Vraiment tout… ? murmura Scorpius d'une voix hésitante.

Hermione croisa les bras sur sa poitrine, laissant son regard courir librement dans la maison. Elle avait reconnu la demeure de Bathilda Tourdesac. La dernière fois qu'elle était venue ici, c'était avec Harry et le corps de la pauvre Bathilda servait de cachette à Nagini le Serpent. C'était étrange de revenir ici et de noter l'ironie du destin qui semblait vouloir les faire revenir dans cette maison lorsque le danger planait.

- Tout, répondit Harry. Nous savons qu'elle est la fille de Voldemort.

Scorpius soupira :

- On sait pas où elle est… Quand on a vu la date, en arrivant, on a immédiatement pensé qu'elle voulait agir et surement tuer Harry Potter bébé elle-même, pour sauver la vie de Voldemort. Pour le moment, tout va bien, elle ne s'est pas approchée de la maison.

- Parfait, on va prendre le relais et guetter son arrivée pour l'empêcher d'approcher, déclara Harry. En attendant, j'aimerai bien que tous les deux vous ne racontiez ce qui vous est arrivé, et sans omettre de détails cette fois-ci.

Les deux adolescents échangèrent un regard tandis qu'Hermione se postait déjà vers la fenêtre donnant sur la rue pour surveiller les allées et venues.


31 octobre 1981

16h00

Les deux adolescents avaient fini par tout raconter à leurs parents. Albus s'était résigné à avouer qu'il connaissait bien Delphini depuis qu'elle était venue chez eux avec Amos et que dès cet instant il avait décidé d'agir. A mi-voix, il confia qu'il avait précipité les choses quand il avait su que son père refusait qu'il aille passer Noël chez les Malefoy, ce qui attira un regard noir de la part de Drago à l'encontre du Survivant. Il expliqua plus en détail l'évasion du Poudlard Express, puis l'appel au Magicobus qui leur avait permis d'aller à Flagley-le-Haut pour voir Delphi et son « oncle ». Qu'ils s'étaient ensuite réfugiés dans la maison inhabitée du vieil homme tandis que la jeune femme préparait le nécessaire pour agir. Il expliqua à nouveau que, de son point de vue, ils avaient échoué lors de leur intervention sur la Première Tâche et que la jeune femme avait voulu les orienter sur la seconde, qu'il était prêt à agir jusqu'à ce que Scorpius disparaisse et qu'un autre Scorpius vienne le chercher pour le ramener dans le présent. Hermione, absente lors de la première fois où ils avaient fait ce récit, écouta avec un grand intérêt et pria Scorpius de lui raconter ce que lui avait vécu durant ces dernières semaines. L'adolescent grimaça, n'ayant guère envie de se remémorer tout ceci, mais se lança dans son récit. Il expliqua leur intervention lors de la Première Tâche, qui n'avait pas sauvé Cédric mais qui avait tout de même chamboulé des évènements, notamment le statut de la Ministre elle-même qui était devenue Professeur des Métamorphoses. Il parla ensuite de Delphi qui était venue les trouver pour savoir comment faire avancer les choses et leur nouvelle intervention, sur la Deuxième Tâche cette fois, ce qui avait donné lieu à un terrible présent avec Voldemort au pouvoir, Harry Potter décédé depuis longtemps, un petit groupe isolé de rebelles…

- C'est passionnant ! s'exclama Hermione lorsqu'il acheva de raconter cette partie. Vous vous rendez compte à quel point un simple petit détail modifié peut tout chambouler ! C'est totalement l'effet papillon !

- Oui, oui, Hermione, intervint Harry. Mais je doute que les enfants aient trouvé l'expérience passionnante. Continue, Scorpius, je t'en prie.

L'adolescent expliqua comment il avait réussi à intervenir à nouveau pour empêcher son autre lui et Albus de modifier les tâches, préservant ainsi le futur.

- Et donc, nous sommes arrivés au bord du lac et nous vous avons trouvé, réfléchit Drago à voix haute. Dans le bureau de McGonagall, vous nous avez raconté à peu près la même chose, sauf que vous avez évité de mentionner cette fille.

- Et raconté que le Retourneur de Temps avait été détruit, ajouta Harry. Qu'en est-il réellement ? Nous ne l'avons pas retrouvé du tout.

Les joues de Scorpius se colorèrent d'un rouge soutenu. Il baissa la tête, non sans avoir lancé un coup d'œil un peu désespéré en direction d'Albus. Celui-ci se rapprocha et lui prit le bras pour l'encourager à parler. L'adolescent blond s'humecta les lèvres et souffla :

- J'ai menti en disant que j'avais perdu le Retourneur, je l'avais caché dans ma poche.

Drago fronça les sourcils en le fusillant du regard :

- Pourquoi ? Après tout ce que tu venais de vivre, c'était dans ton intérêt de nous le donner ! Qu'est-ce que tu comptais faire avec ? Continuer à jouer avec le temps ? Ce que tu as vécu ne t'a donc pas suffi, il fallait que tu continues ?! Tu avais l'air pourtant sincèrement soulagé dans le bureau de la Directrice !

Sous les reproches, Scorpius rentra la tête dans les épaules et ce fut Hermione qui vola à son secours :

- Calme-toi, Drago… Il a surement une bonne raison pour avoir fait ça.

- En fait, il avait peur de vous le donner, répondit alors Albus. Vous venez de le dire vous-même, Monsieur Malefoy, ce que Scorpius venait de vivre était une leçon et il ne voulait pas que ça se reproduise. On s'est dit que si on vous donnait le Retourneur, il allait surement être rangé quelque part et pouvait, un jour, être servi à mauvais escient. Nous, on a voulu le détruire, comme ça on aurait été sûr de ne plus voir ce genre de monde parallèle se produire.

Hermione échangea un regard avec Harry qui hocha légèrement la tête :

- L'idée était… louable. Vous n'aviez pas à prendre ce genre de décision, mais je comprends. A votre place, j'aurais pu avoir envie de faire pareil. N'est-ce pas Drago ?

- Je suppose, marmonna l'interpellé en posant son regard gris sur son fils. Mais vu que nous sommes ici, quelque chose a dû mal tourner. Je me trompe ?

Scorpius redressa la tête :

- C'est exact… J'ai parlé de mon idée de détruire le Retourneur à Albus dans le dortoir, mais Delphi était là, cachée et nous a entendu.

Albus prit le relais du récit et leur expliqua comment la jeune femme avait su les manipuler en faisant semblant d'approuver leur idée, puis sa suggestion d'utiliser un sortilège de destruction à l'extérieur pour ne pas faire de dégâts matériels dans le Château. Il raconta comment elle était parvenue à retourner la situation à son avantage et à les forcer à partir avec elle dans le labyrinthe de la Troisième Tâche. Hermione posa les mains sur sa bouche, horrifiée, en entendant parler de vive voix de l'assassinat du Professeur Bamard et des sortilèges Doloris subis par Scorpius. Drago pressa la main sur l'épaule de son fils, le teint blême.

Lorsqu'Albus termina son récit, un long silence pesa dans la pièce.

- Une chance que votre rencontre avec Cédric n'ait pas eu de mauvaises conséquences pour la suite, souffla Hermione finalement.

Ses yeux se posèrent sur les deux adolescents, elle leur adressa un regard compatissant :

- Mais ne vous inquiétez pas. Montez plutôt à l'étage pour vous reposer, Harry, Drago et moi, on se charge de la suite.

Scorpius leva le regard vers son père qui approuva d'un hochement de tête.

- Hermione a raison, vous avez besoin de repos, renchérit Harry.

Il suivit du regard les deux enfants qui sortaient de la pièce, songeant qu'il leur faudra tout remettre en ordre au moment de partir. Il ne faudrait pas que le futur soit à nouveau modifié parce que Bathilda Tourdesac réaliserait que sa maison avait été occupée en son absence !

- Tout va bien, Drago ? s'enquit Hermione d'une voix prudente.

Les poings serrés, Malefoy tourna un regard flamboyant de colère vers elle :

- A merveille ! railla-t-il. Mon fils s'est fait torturé par une psychopathe. Si je mets la main sur cette fille, j'en fais du pâté pour dragon !

Il ponctua sa phrase d'un craquement de doigts qui ne présageait rien de bon pour la jeune femme.

Après un rapide tour au premier étage, Albus porta son choix sur la chambre la plus petite, mais également la plus sobre qui paraissait peu utilisée. Certainement une chambre d'ami. Retirant ses chaussures, il se laissa tomber sur le lit, bientôt imité par Scorpius. Le regard fixé sur le plafond, ce dernier chuchota :

- Albus, la prochaine fois que tu veux transgresser le règlement, ne compte pas sur moi pour te suivre.

- T'inquiète pas, bailla son ami. Je ne vais même plus oser arriver en retard en cours avec tout ça, j'aurais trop peur des conséquences.

Scorpius tourna la tête vers lui. Albus s'était couché sur le côté et le regardait d'un air un peu soucieux.

- Quoi ?

- Oh… rien, souffla Albus. Je me demandais juste comment tu te sentais, après tout ça. Je suis vraiment désolé de t'avoir entrainé là-dedans.

- Tu ne pouvais pas savoir…

Il remarqua que son ami se mordillait nerveusement les lèvres et tendit le bras pour lui ébouriffer sa tignasse noire :

- Tu ne pouvais pas savoir, répéta-il.

- J'aurais pu, si j'avais été plus à l'écoute de mes rêves…

Intrigué, Scorpius haussa un sourcil :

- Tes rêves ? Tu parles des cauchemars que tu faisais ?

- Je te voyais dedans, lâcha l'adolescent. Je te voyais me prévenir et appeler au secours, j'ai vu Voldemort… et… et je t'ai vu subir plusieurs fois le sortilège impardonnable, je t'ai vu aussi… mourir. Tout le reste s'est produit réellement, tu m'as prévenu, tu as vu le retour de Voldemort, Delphi t'a fait du mal alors…

Il se tut, la voix enrouée et se cacha le visage dans les mains en roulant sur le dos, la respiration tremblante.

Les yeux écarquillés, Scorpius resta sonné quelques secondes par cet aveu. Il finit par se redresser sur les genoux, saisit les poignets d'Albus et les écarta de sa figure. Le regard vert d'Albus, humide de larmes, rencontra le sien. Il se pencha vers lui, aussi rassurant que possible, assez près pour sentir le souffle de son ami sur ses joues.

- Je suis là, Albus, murmura-t-il. Et je ne compte pas mourir, surtout maintenant que tu m'as prévenu. Il ne m'arrivera rien, on va s'en sortir et on va rentrer à la maison avec nos parents. Ton père est là, le mien aussi, et ta tante aussi, ce ne sont pas n'importe qui. Ils ne nous laisseront pas tomber, ils vont nous sauver. Ton père est un héros après tout, non ?

Albus acquiesça, sans grande conviction, et libéra ses poignets de l'étreinte de son ami, le visage un peu rouge. Réalisant que leur proximité pouvait le gêner, Scorpius s'écarta et se rallongea. Il n'avait pas osé lui parler de Delphi, lui demander comment il se sentait après avoir réalisé qu'elle n'avait jamais eu le moindre sentiment pour lui. Albus ne lui en parlait pas non plus. Parce qu'il avait trop mal, peut-être, rien que d'y penser ? Ou la trahison de la fille de Voldemort et ses actes avaient suffi à éteindre en lui tout sentiments amoureux et il se fichait royalement d'elle ?

Scorpius risqua un coup d'œil en direction d'Albus et constata que celui-ci avait fermé les yeux. Il ne put se résoudre à le déranger avec ses questions et préféra l'imiter.