C'est le week end de Paques ! Et comme j'ai rien à faire de particulier, j'ai pu pas mal avancer sur l'écriture de cette fic ! Du coup, je vous poste aujourd'hui le chapitre suivant ! J'ai pas mal de modifications à faire pour le chapitre d'après, mais je pense que vous n'aurez pas à attendre une semaine pour avoir la suite :)

Bonne lecture à tous !


Pour la centième fois au moins depuis qu'il était arrivé, Harry regarda sa montre. Il était maintenant dix-huit heures passées et Delphi Jedusor ne se montrait toujours pas. Ce n'était pourtant plus qu'une question d'heures avant que Voldemort arrive et passe à l'action. Laissant Hermione prendre sa place devant la fenêtre, il monta au premier étage pour voir comment se portait Albus et Scorpius. Il eut la surprise de constater que Drago se tenait adossé dans le couloir, non loin de la chambre dont la porte était restée ouverte. Le Survivant s'arrêta sur le seuil de la pièce et constata qu'Albus dormait profondément, blottit contre son camarade. Ils semblaient chercher à se réconforter dans le sommeil. Il hésita un instant à fermer le battant, pour leur laisser un minimum d'intimité, puis songea qu'en laissant ouverts ils pouvaient s'assurer plus facilement qu'il ne leur arrivait rien. Harry rejoignit donc Drago pour monter la garde avec lui.

- Je ne t'ai pas remercié… Sans ton Retourneur, nous n'aurions jamais retrouvé les enfants, finit-il par dire au bout de dix longues minutes rompant le silence qui s'éternisait entre eux.

Malefoy ne lui accorda pas un seul regard, mais répondit d'une voix égale :

- Sans ta couverture, nous n'aurions pas su où chercher.

Harry acquiesça machinalement et resta silencieux. Il ne savait pas quoi raconter à Drago. Si Ron était venu, ils auraient trouvé des sujets de conversation, mais Malefoy n'avait jamais fait partie de leur groupe d'amis et ils n'avaient pas spécialement de points communs. Ils ne s'entendaient pas autrefois et au jour d'aujourd'hui ils ne se fréquenteraient même pas de loin si Albus n'avait pas décidé de lier d'amitié avec Scorpius. Harry songea soudain qu'il ne connaissait aucun ami à Drago. A l'Ecole, il trainait sans cesse avec Crabbe et Goyle, et souvent avec Pansy Parkinson, il s'était même attendu à les voir se marier. Mais Drago avait finalement choisi Astoria, une sorcière très tolérante à la santé fragile, et il n'avait pas spécialement entendu parler de Pansy et Goyle, Crabbe étant mort durant la Bataille de Poudlard. Harry songea qu'il ne serait pas étonné d'apprendre que Goyle avaient rejoint les rangs de Delphini, tandis que Malefoy se battait finalement à leur côté. Hermione lui avait d'ailleurs dit plusieurs fois que depuis la mort de sa femme, Drago était seul. Harry n'y avait pas prêté attention sur le moment, mais ce détail le frappa soudain. Avec qui un Malefoy pouvait-il se lier d'amitié ? Les anciens Mangemorts voyaient en lui un traitre depuis la Bataille de Poudlard, sans parler de Lucius qui avait échoué plus d'une fois pour le compte du Mage Noir. Et les autres ne voulaient pas spécialement se lier d'amitié avec un ancien Mangemort…

- Potter, dit soudain l'objet de ses pensées. Tu as quel âge ici ? Le bébé, je veux dire.

- Un an et trois mois, répondit machinalement Harry. Pourquoi ?

Drago fronça les sourcils :

- Quelque chose est bizarre, non ? Si Delphi voulait te tuer, elle avait un an et trois mois pour le faire. Pourquoi attendre aujourd'hui ?

Harry hasarda :

- Peut-être parce que c'est un jour symbolique… ? Tout a changé aujourd'hui…

Mais tout en parlant, il trouva lui-même cette réponse peu convaincante. Malefoy tourna la tête vers lui :

- Ce n'est pas toi qu'elle veut ! C'est le Seigneur des Ténèbres !

Bouche bée, le Survivant le dévisagea :

- Quoi ? Tu n'es pas sérieux !

- Evidemment que si ! C'est logique, Potter ! Elle attend Voldemort, pour le prévenir de ce qu'il va se passer. S'il ne te tue pas, il ne sera pas vaincu ! S'il ne te tue pas, la Prophétie te concernant ne sera pas appliquée, il aura la vie sauve, il aura la possibilité de continuer à répondre son règne et il n'aura qu'à envoyer un autre larbin te tuer dans le pire des cas.

- Par la barbe de Dumbledore, tu as raison !

Harry se précipita dans les escaliers :

- Hermione ! Hermione, changement de programme !


Il marchait au milieu des pierres tombales du cimetière de Godric's Hollow.

- Tu cherches la tombe de qui ? demanda Scorpius dans son dos.

- Celle de mon père…

Albus mit les mains sur ses hanches et regarda la couverture de bébé qui se mit à onduler sur le sol à la manière d'un serpent en direction de son ami. Scorpius s'écarta aussitôt et s'installa sur le sommet du monument aux morts, les jambes dans le vide :

- Albus, tu ne trouveras pas la tombe de ton père. Voldemort ne va pas essayer de le tuer.

L'adolescent fronça les sourcils et se tourna en sentant un souffle derrière lui. Astoria le regardait, un Retourneur de Temps en or dans les mains :

- Mon fils va bientôt me rejoindre…

- C'est faux ! protesta Albus en se retournant brusquement pour faire signe à son ami.

Mais Scorpius n'était plus sur le monument aux morts. Il marchait dans une rue de Godric's Hollow, en direction de la maison des Potter.

- Scorpius !

Il se mit à courir dans sa direction. D'ici, l'église du village était bien visible. La porte s'ouvrit sur Delphi qui pointa sa baguette en direction de Scorpius :

- AVADA KEDAVRA !

Le jet de lumière verte fusa.

Scorpius tomba, face contre terre.

Horrifié, Albus le rejoignit. Il devinait, au loin, leurs pères qui intervenaient pour maitriser la sorcière. Mais il était trop tard pour sauver Scorpius dont le corps refroidissait déjà contre ses mains.

- ALBUS REVEILLE TOI !

Des mains le secouaient avec énergie. Sonné, tiré brutalement de son cauchemar, sous le choc, il dévisagea sans comprendre Scorpius qui cessa de le secouer dès qu'il le vit ouvrir les paupières.

- Scor… Scorpius… balbutia-t-il.

Sans trop réfléchir, Albus se redressa à demi et serra son ami dans ses bras, soulagé de le sentir bien en vie, le visage ruisselant de larmes qu'il ne contrôlait pas.

- Qu'est-ce qu'il se passe, ici ? demanda Drago en entrant précipitamment dans la chambre. On vous a entendu crier.

Harry pénétra à son tour sur les lieux :

- Albus, est-ce que ça va ? s'alarma-t-il en le voyant pleurer. Tu as mal quelque part ?

Son fils renifla et secoua la tête, laissant le soin à Scorpius de répondre à sa place :

- Il a fait un cauchemar.

- Pas étonnant, commenta Hermione également présente. Avec toute cette histoire, il y a de quoi être traumatisé.

Harry fit un geste en direction d'Albus, dans l'intention de le réconforter mais s'arrêta net en remarquant que sa progéniture restait contre Scorpius et que ce dernier semblait trouver naturellement les gestes voulus pour l'apaiser en lui caressant tantôt le dos, tantôt les cheveux. Scorpius n'osa pas annoncer que ces cauchemars en question semblaient plutôt relever du domaine de la vision.

- Bon… commença Harry en se raclant la gorge. Puisque vous êtes réveillé, on va pouvoir vous tenir au courant de notre découverte.

En quelques mots, ils expliquèrent aux deux enfants la théorie de Drago Malefoy.

- Donc il faut trouver Delphi avant qu'elle ne puisse parler à Voldemort… supposa Scorpius.

Hermione acquiesça :

- Oui, mais on ignore où elle se cache. Surement se cache-t-elle en ville, mais où précisément… ?

Découragé, Scorpius soupira. A chaque fois qu'il pensait le problème réglé, quelque chose d'autre venait leur mettre des bâtons dans les roues.

La voix tremblante d'Albus raisonna :

- A l'église. Elle se cache là-bas.

- Comment tu sais ça ? s'enquit Harry stupeur.

Son fils renifla et s'essuya les yeux avec sa manche, puis osa tourner les yeux vers son père :

- J'ai un certain don pour deviner des choses.

Indulgent, le Survivant sourit :

- Je sais que tu ramènes des bonnes notes en Divination, mais ce n'est pas difficile quand on sait comment fonctionne Trelawney.

La réponse vexa Albus qui se renfrogna. Scorpius osa braver le regard du Survivant, agacé :

- Albus a un vrai don ! Une sorte d'intuition. Il n'a même pas besoin d'ouvrir les manuels scolaires pour savoir comment on interprète les présages et il fait des cauchemars aussi ! Des cauchemars qui lui donnent souvent des éléments importants !

- Et c'est toi qui te base sur des cauchemars également pour prendre parfois des décisions, n'est-ce pas Potter ? susurra Malefoy. Quelqu'un nous a fait une réunion surprise en septembre parce que M. Potter avait sa cicatrice qui lui faisait mal et qu'il faisait de terribles cauchemars ?

Harry recula d'un pas en levant les mains :

- D'accord, d'accord, marmonna-t-il.

Hermione vint s'assoir sur le bord du lit, près des adolescents :

- A l'église, donc. De toute façon, on n'a pas d'autres pistes. Et que fait-on maintenant ?

Durant quelques minutes, chacun se plongea dans ses réflexions, cherchant un moyen d'attraper Delphini sans qu'elle ne s'en doute.

- On a qu'à transplaner dans l'église, suggéra Harry.

- Trop risqué, répondit Hermione. Le bâtiment est grand, elle peut se cacher à plusieurs endroits différents et s'enfuir si elle nous voit arriver. Je pense que le mieux, c'est de trouver un moyen de la faire sortir de son trou.

- Si ce n'est que ça, je peux le faire ! s'exclama Scorpius. Je peux passer dans la rue devant l'église en prenant la direction de la maison des Potter, comme si je comptais les prévenir ! Elle ne voudra pas me laisser faire et sortira à ce moment-là, vous n'aurez al…

- NON ! hurla Albus en faisant sursauter tout le monde.

Il saisit les épaules de son ami, le regard affolé :

- Surtout pas ça ! Jamais, tu m'entends ?! Tu ne dois pas rester tout seul, ni servir d'appât, ni quoi que ce soit dans le genre qui concerne Delphi !

- Albus, calme-toi… Tu vas lui faire mal… remarqua Hermione stupéfaite par l'attitude de son neveu.

Dans sa panique, l'adolescent serrait beaucoup trop fort son ami qui sentait ses doigts malmener sa chair sous son vêtement. Certain d'avoir des bleus, Scorpius ne le repoussa cependant pas. La frayeur de son camarade n'était pas un caprice, il en était certain.

- C'est bon, je resterai tranquille, jura Scorpius.

Soulagé, Albus hocha la tête et desserra son emprise. Curieux, Drago dévisagea les deux enfants, puis porta son attention sur Harry qui regardait son fils d'un air soucieux.

- Delphini ne sortira pas de sa cachette si elle nous voit. Soit elle tentera de nous attaquer, soit elle s'enfuira, ce qui est le plus probable, reprit Malefoy. Seul le Seigneur des Ténèbres peut lui faire baisser sa garde.

- Pourquoi ne pas transformer l'un d'entre nous en Voldemort alors ? proposa Hermione.

- Il faudrait du Polynectar pour ça et personne n'a un petit bout de Voldemort sur lui, répliqua Harry qui trouvait cependant que l'idée n'était pas mauvaise.

Scorpius leva la main pour attirer l'attention :

- Pas besoin de Polynectar ! J'ai appris en cours qu'on pouvait métamorphoser des gens avec des sortilèges ! Madame la Ministre est très douée et pourrait certainement réussir ce genre de sorts !

Hermione rosit :

- Tu me flattes, Scorpius. Et je t'ai déjà dit de m'appeler Hermione.

Drago tourna la tête vers la sorcière, intéressé :

- Tu crois que tu peux faire ça, Granger ? Mais il faut décider qui transformer entre moi et Potter.

- Moi ! répondit aussitôt Harry. Si j'ai bien suivi les récits des enfants, Delphi n'est pas idiote, elle n'approchera pas Voldemort de façon suicidaire, elle va surement tenter de l'aborder en lui parlant en Fourchelang pour attiser sa curiosité et qu'il ne la tue pas dans la seconde.

Indécise, Hermione se balança d'un pied sur l'autre :

- Mais si tu restes bloqué dans la forme de Voldemort… ?

- C'est un risque à courir, je suis le seul à pouvoir le faire.

Drago croisa les bras et acquiesça. Certes, Harry allait encore jouer les héros, mais il n'avait pas du tout envie de prendre sa place. Il ne parlait pas la langue des serpents de toute façon.

- Descendons te préparer, décida Hermione en se relevant.

Elle quitta la chambre, suivi par Drago et Harry.

Scorpius tourna la tête vers son ami :

- On devrait les accompagner, pour rester en sécurité.

Albus hocha la tête en se frottant les yeux. L'adolescent blond quitta le lit et enfila ses chaussures :

- Tu m'as encore vu mourir dans ton cauchemar, c'est ça… ? demanda-t-il d'une voix qui se voulait légère.

Son ami se pencha et ramassa ses baskets :

- Je t'ai vu précisément dans la rue principale du village, expliqua-t-il à voix basse. Delphi sortait de l'église et…

Il n'acheva pas et secoua la tête, il ne voulait pas se souvenir de ça.

Scorpius tourna le visage vers lui et sourit :

- Tu vois, grâce à toi et à ton don je ne vais pas mourir. Tu m'as sauvé la vie, c'est pas rien.

Albus écarquilla un peu les yeux. Il ne s'attendait pas à ça, il n'avait même pas vu les choses sous cet angle. Il emboita le pas de son camarade qui sortait de la chambre, les yeux rivés sur son dos et perdu dans ses pensées.