Bien cher tous ! J'ai l'honneur et le plaisir de vous annoncer que j'ai terminé hier soir la totalité de la réécriture de l'Enfant Maudit ! Le traitement de texte est donc complet ! Je vous mettrais du coup un chapitre par jour jusqu'à la fin, qui ne va pas trop tarder. Nous sommes aujourd'hui Lundi, et vous allez découvrir sous peu le chapitre 27. Demain, mardi, je vous livrerai le chapitre 28... et mercredi, l'aventure prendra fin avec un épilogue !
Bonne lecture à tous !
Albus sentit des frissons lui parcourir régulièrement l'échine tandis qu'il regardait la copie du Seigneur des Ténèbres devant lui. Il avait beau savoir que c'était son père métamorphosé, il avait surtout envie de se cacher derrière Scorpius. Celui-ci regardait ailleurs. Drago fixait Harry avec un profond air de dégoût mêlé de crainte. Hermione elle-même ne semblait pas tout à fait à l'aise dans la cuisine de Bathilda Tourdesac :
- Tu te souviens du plan ?
- Oui, répondit Harry de sa nouvelle voix sifflante. Je transplane au cimetière, j'en sors, elle va surement me repérer.
- On fera en sorte d'arriver dans son dos, acheva Drago. Et les enfants, vous restez ici. Si ça tourne mal, le futur sera modifié de toute façon alors autant que vous vous précipitiez à ce moment-là chez les Potter, compris ?
- Oui papa, répondit docilement Scorpius en espérant que tout se passerait bien.
Il n'avait pas envie de perdre encore une fois son père.
- J'y vais ! annonça Harry-Voldemort.
Il tourna sur lui-même et disparu de la maison. Hermione se mit regarder sa montre, comptant le nombre de secondes qu'il faudrait normalement au Survivant pour attirer Delphi hors de sa planque.
- Viens, Drago, c'est à nous ! annonça-t-elle en disparaissant à son tour avec lui.
Scorpius se précipita vers la fenêtre et se tordit le cou, dans l'espoir de voir quelque chose.
Harry sortit du cimetière. Il supposa que Voldemort devait être impatient de tuer ses parents et adopta un rythme rapide tandis qu'il s'engageait sur la route. Avoir l'apparence de son pire ennemi le mettait mal à l'aise, il osait à peine regarder ses doigts osseux, ce corps abimé à cause de la création des Horcruxes.
- Seigneur…
Il entendit la voix féminine dans son dos et se retourna dans un ample mouvement de cape, la baguette magique dégainée.
- Qui ose me déranger ? demanda-t-il froidement en toisant la jeune femme qui mettait un genou à terre devant lui.
- Maître, souffla Delphini en Fourchelang. Si vous allez chez les Potter, vous allez perdre la vie.
Harry s'autorisa un éclat de rire glacial et sifflant avant de la menacer de sa baguette :
- Parce que tu parles la langue des serpents, tu penses que je vais t'écouter ? Tu me fais perdre mon temps !
Il se détourna, impérieux, sûr de lui.
- Maître, je vous en supplie ! gémit Delphi en plongeant presque au sol et en agrippant l'ourlet de sa robe de sorcier. Vous n'avez entendu qu'une partie de la prophétie concernant Harry Potter !
D'un geste brusque, il se retourna en lui arrachant le tissu des mains. Harry mesura à quel point la jeune femme était désespérée et se dépêchait de déballer tout ce qu'elle pouvait pour attirer son attention.
- Qu'est-ce que tu sais ?! siffla-t-il avec colère. Parle !
- Elle annonce en réalité votre défai…
- Expelliarmus !
La baguette magique de Delphi vola dans les airs. Stupéfaite, la jeune femme se retourna.
- Brachialigo ! s'écria Harry dans la seconde.
Immédiatement, le sortilège ligota la jeune femme dans des liens invisibles.
- Mettons-nous à l'abris avant d'attirer l'attention des Moldus ! ordonna Hermione en agitant sa baguette magique, rendant sa véritable apparence à Harry.
Le sort souleva le corps de Delphi pour le ramener dans le cimetière, escorté par les trois sorciers. Drago foudroya la prisonnière du regard :
- Tu as osé t'en prendre à mon fils !
- Les Malefoy sont des traitres ! répliqua-t-elle en se tordant le cou et en lui crachant au visage.
- On discutera plus tard, chuchota Hermione. Silencio !
Delphi se retrouva bâillonnée et leur adressa un regard meurtrier qui n'était pas pour les rassurer. Hermione se baissa en tirant Drago et Harry par la manche :
- Baissez-vous ! Il arrive.
Cachés derrière les pierres tombales, les baguettes pointées en direction de la fille de Voldemort pour la tenir en respect, les trois sorciers échangèrent un regard. Ils avaient eu chaud. Le Mage Noir était arrivé à Godric's Hollow, l'ambiance de la ville semblait s'être soudain alourdie, le vent parut soudain plus froid et en tendant l'oreille ils pouvaient entendre le frôlement de sa cape glisser sur le sol. Le Survivant plaqua une main sur son front, sa cicatrice l'élançait terriblement. Ses parents allaient mourir, à quelques mètres de lui à peine.
- Attention ! souffla Drago.
Loin de s'avouer vaincue, Delphi se débattait comme un beau diable dans ses liens invisibles. Elle roula soudain sur le côté, percuta Harry en équilibre instable qui tomba sur les fesses. Dans sa chute, il lâcha sa baguette magique. Immédiatement, la jeune femme tenta de rouler dans sa direction, comme si elle comptait s'en emparer malgré ses liens.
Scorpius recula de la fenêtre en devinant la silhouette menaçante qui arrivait. Est-ce que son père, Harry et la Ministre avaient réussi à agir ? Voldemort arrivait, comme prévu, et ne semblait pas avoir été prévenu par sa fille. Il se tourna vers Albus et découvrit se dernier prostré dans le fauteuil. En deux bonds, Scorpius le rejoignit :
- C'est bientôt fini, le rassura-t-il.
Albus gémit :
- Je le sens… Il est là…
Ses yeux roulèrent dans ses orbites.
Voldemort passe devant la maison de Bathilda, sans savoir que deux jeunes gens du futur connaissent déjà son destin.
Pendant un bref instant, il s'arrête devant la maison des Potter. Elle est là, bien visible, précisément comme on lui avait indiqué.
Harry se dépêcha de ramasser sa baguette, le cœur battant, priant pour que Voldemort n'entende pas les bruits de leur lutte.
Pour leur plus grande stupeur, une plainte bien audible se fit entendre depuis la gorge de leur prisonnière, malgré le sortilège de Mutisme.
- Sourdinam ! chuchota furieusement Hermione en visant la gorge de Delphi.
La plainte baissa immédiatement de volume, tandis que Harry envoyait un nouveau sortilège de Mutisme.
Ils échangèrent un regard inquiet. Delphi était douée, elle leur donnait du fil à retordre et semblait que jamais décidée à alerter son père par tous les moyens. Ils n'avaient que très rarement vu des sorciers ou sorcières capables de résister ainsi aux sortilèges de Stupéfixion.
La Ministre agita sa baguette magique en incantant rapidement, lançant un Salveo Maleficia et un Protega Totalum autour de leur groupe. Néanmoins, elle doutait que ces sortilèges soient capables de tenir le Mage Noir à distance s'il décidait soudain de s'intéresser au cimetière, mais au moins il ne devrait pas les entendre.
Albus se prit la tête entre les mains en se recroquevillant sur lui-même.
Un sourire cruel étire ses lèvres.
Ils ont cru lui échapper. Ils faisaient confiance à leur entourage. Mais ce soir, la vie des Potter s'arrêtera, il deviendra le plus grand sorcier de tous les temps une fois la menace du bébé éliminée. Même Dumbledore devra ployer le genou devant lui.
Il se remet en marche et tend sa baguette en direction du bouton de porte qui s'ouvre immédiatement.
- Scorpius… aide-moi…
Désolé, l'adolescent ne savait pas quoi faire pour soulager son ami. Ce soir, un grand destin se dessinait et le don d'Abus était certainement sensible aux importants évènements. Il lui attrapa les mains et les serra dans les siennes avec force.
Harry se redressa légèrement pour tenter de voir où en étaient les choses du côté de Voldemort, mais de leur cachette il ne pouvait pas voir grand-chose. Hermione poussa un petit cri, il se retourna et vit que le corps de Delphi commençait à léviter au-dessus du sol. Il se rappela seulement à cet instant que Scorpius leur en avait parlé.
- Stupéfix ! s'écria Drago.
La prisonnière retomba lourdement au sol. Harry fut soulagé de constater que les sorts d'Hermione étaient efficaces et leur permettaient de parler à voix haute sans se faire repérer.
Furieux, Malefoy plaqua ses mains sur les épaules de la fille de Voldemort, décidé à la maintenir au sol lui-même, certain qu'elle allait se débarrasser rapidement de son sortilège. Le regard qu'elle lui lança lui glaça les os et il sut immédiatement que si elle parvenait à leur échapper, elle le tuerait de ses propres mains.
- Je suis là Albus, ne t'inquiète pas.
- Lily ! Prends Harry et va-t'en ! cria James. Cours !
Des pas précipités dans la maison. Lily monte en courant pour protéger le bébé. James dévale l'escalier en sens inverse :
- Je vais le retenir !
Albus fut brutalement tiré de sa vision. Quelque chose de plus fort venait de le sortir de l'atroce cauchemar dans lequel il avait plongé : les mains de Scorpius avaient lâché les siennes et reposaient à présent sur ses joues, chaudes, douces et agréables… et ses lèvres s'étaient emparées des siennes. Confus, il hésita entre le repousser ou l'attirer plus près de lui et ferma les yeux.
Réalisant que son ami était de retour dans la réalité, Scorpius recula précipitamment, les joues pivoines :
- Pardon ! Je savais pas comment faire pour t'aider, j'ai fait le premier truc qui me passait par la tête, j'ai perdu les pédales, je suis désolé, je…
Sa tirade d'excuse fut interrompue par l'éclat de lumière verte qui illumina brièvement les alentours de la maison des Potter, suivit d'une terrible explosion. Et d'un silence assourdissant.
- PERE ! hurla silencieusement Delphi lorsque le bruit de l'explosion retentit jusqu'au cimetière.
Les yeux écarquillés, elle cessa de se débattre et retomba mollement au sol. Méfiant, Drago continua de la maintenir à terre et redressa la tête. Hermione était pâle et regardait en direction de la maison des Potter. Harry se détourna pour cacher son visage.
- Tuez-moi, gémit la prisonnière en éclatant en sanglots.
- Ce serait trop facile, répondit Drago d'une voix ferme. Tu payeras pour tes actes !
- Je voulais juste rencontrer mon p…
- Silencio !
S'il y avait bien une chose que Malefoy ne voulait pas entendre, c'était les lamentations de cette folle furieuse.
Figés pendant quelques secondes, Albus et Scorpius se précipitèrent vers la fenêtre en même temps. Le souffle court, ils regardèrent la maison encore fumante, des murs entiers avaient été réduits en miette, des éclats de verres jonchaient le sol.
- C'est encore plus horrible que ce que j'avais imaginé… murmura Scorpius.
Albus ne répondit pas. Des larmes coulaient sur ses joues. Il se retourna à l'instant où Harry transplanait dans la maison avec Drago, Hermione et Delphi. Il eut un mouvement de recul en voyant la jeune femme et Hermione s'empressa d'emmener la prisonnière dans une autre pièce. En silence, Harry rejoignit son fils et l'étreignit. Albus s'accrocha à lui :
- Pardon, papa… Pour tout ça, pour ne pas avoir voulu comprendre ce que pouvait être ta vie…
Le Survivant sourit en lui caressant les cheveux :
- Ce n'est rien… Je n'ai pas été très tendre non plus avec toi.
Drago se posta à côté de Scorpius qui s'appuya contre lui :
- On va pouvoir rentrer, hein, papa… ?
- Oui, Scorpius. Le temps de remettre cette maison en ordre et on repart.
Il leur fallut une bonne demie heure pour remettre la maison dans l'état exact où elle était au moment de l'arrivée d'Albus et Scorpius.
- Papa, viens voir… appela Albus alors qu'Hermione faisait une dernière vérification des lieux.
Harry laissa Delphi à la garde de Drago et s'avança. Albus lui montra les décombres de la maison et Harry sentit une vive émotion s'emparer de son être : Hagrid se tenait au milieu des ruines et venait de ramasser le bébé. De là où ils étaient, ils n'entendaient pas ce qu'il racontait mais Harry connaissait assez le demi géant pour deviner que ce dernier devait essayer de le raconter.
- Oh, c'est Sirius ! souffla-t-il en voyant une moto volante surgit dans le ciel et se poser en catastrophe près de la maison.
Emu, il observa son parrain qui se précipitait vers Hagrid en enjambant les pans de murs écroulés. Bientôt, Sirius allait laisser sa moto à Hagrid qui emporterait le bébé à Dumbledore et Sirius se lancerait sur les traces de Peter Pettigrow, avant de se faire arrêter et d'être enfermé à Azkaban… Harry ne se sentait pas capable d'en regarder davantage et laissa Sirius chercher son ami et sa femme vainement tout en demandant à Hagrid de lui confier le Survivant. Il se détourna, le cœur serré :
- Viens, Albus. Rentrons.
