Oui, oui, oui ! Je suis censée travailler mes autres projets d'écriture, mais comment lutter contre l'inspiration qui vient frapper à ma porte et qui me dit "mets ça en bonus ! et ça ! et encore ça !" ça doit être parce que c'est le week end x)

Bonne lecture !


Albus était en train de jouer à la Bataille Explosive dans le salon avec Lily lorsqu'il entendit sonner à la porte d'entrée. Sachant sa mère à la maison, il lui laissa le soin d'aller répondre et posa une carte sur la table :

- Gagné !

Lily fit la moue :

- Attend un peu, j'ai pas dit mon dernier mot !

- Albus ! l'appela soudain Ginny depuis l'entrée.

Il sourit à sa petite sœur en quittant sa chaise :

- Ta revanche attendra. J'arrive maman !

Au petit trot, il rejoignit sa mère et découvrit avec surprise qu'elle n'était pas seule. Scorpius se tenait sur le seuil de la porte, la joue barrée d'une éraflure qui saignait encore, le teint pâle et l'air effrayé. Dans l'allée devant la maison, le Magicobus venait de démarrer et disparu de sa vue.

- Qu'est-ce qui se passe ? s'inquiéta-t-il en le tirant dans la maison.

Ginny ferma la porte derrière lui. La main tremblante de Scorpius agrippa celle d'Albus :

- Mon père et mon grand-père… Ils se sont disputés…

Mme Weasley le poussa doucement en direction de la salle de bain, Albus suivit le mouvement :

- Disputé pourquoi ? Pour que tu viennes jusqu'ici… C'est ton père qui t'a blessé ?

Scorpius toucha du bout des doigts l'éraflure et grimaça. Les larmes lui montèrent aux yeux. Il ne s'attendait pas à ce que la réaction de sa famille soit aussi violente.

- Chaque chose en son temps, décréta Ginny. D'abord, on soigne cette blessure, ensuite tu nous expliques plus précisément ce qu'il t'arrive, Scorpius.

Docilement, il se laissa conduire à la salle de bain et s'assit sur le rebord de la baignoire. Albus n'insista pas et épongea la balafre avec un coton tandis que Ginny fouillait dans l'armoire à pharmacie.

- Attention, ça va piquer un peu, prévint-elle en laissant tomber deux gouttes d'une potion sur la plaie.

Le jeune homme serra les dents.

- Je ne suis malheureusement pas aussi douée que Madame Pomfresh.

- Ce n'est pas grave, murmura-t-il tandis que la mère d'Albus mettait un pansement sur sa joue. Merci, Madame Weasley.

- Appelle moi Ginny, répondit-elle. « Madame Weasley » c'est ma mère. Je vais vous préparer un chocolat chaud, rejoignez-moi dans la cuisine.

Albus sentit une bouffée de reconnaissance l'envahir tandis que sa mère sortait de la salle de bain, persuadé qu'elle savait très bien que Scorpius voulait d'abord lui parler à lui.

- Alors ? murmura-t-il une fois qu'ils furent tous les deux seuls. Tu me racontes ?

- Est-ce que tu as parlé à tes parents ? A notre sujet… ?

- Pas encore, pourqu…

Son ami écarquilla les yeux :

- Attend, tu as parlé chez toi et c'est pour ça que… ?

Il désigna la joue pansée sans finir sa phrase.

- Ton père n'est pas là ?

- Il est parti tôt au Ministère, ce matin, répondit Albus d'une voix lente. Maman va par contre se poser des questions, qu'est-ce qu'on lui dit ? Tu veux qu'on invente vite un mensonge ?

L'idée tenta Scorpius durant quelques secondes, puis il finit par secouer négativement la tête :

- Non, les mensonges n'apportent rien de bon. Je n'ai pas vraiment peur de la réaction de ta mère, elle a l'air si gentille… Je… Je pense qu'elle, elle peut comprendre…

Scorpius s'essuya les yeux avec sa manche. Son ami le regarda d'un air désolé et approcha son visage du sien :

- Tu as bien fait de venir ici en tout cas.

Le baiser que lui donna Albus le réconforta légèrement et il se sentit d'attaque pour descendre dans la cuisine en sa compagnie. Ginny Weasley déposa deux bols de chocolat chaud devant eux :

- Tu veux bien me raconter ce qu'il t'arrive ? Si ton père débarque ici, je dois être en mesure de connaitre la situation, déclara-t-elle en pointant sa baguette magique en direction de l'évier pour faire la vaisselle.

Scorpius regarda Albus du coin de l'œil. Celui-ci hocha la tête et se racla la gorge :

- En fait, maman, faut d'abord que je te dise un truc au sujet de Scorpius et moi.

- Si c'est pour me dire que vous êtes en couple tous les deux, ça fait longtemps que je m'en doute, répondit-elle avec un sourire.

- Tu… depuis quand tu… ? bégaya Albus pris de court. Et papa, il est au courant ?

Scorpius baissa le nez dans son bol.

- Je suis ta mère, Albus, et je ne suis pas née de la dernière pluie. Tu me parles souvent de ton ami avec une affection bien particulière et j'ai vu certaines photos trainer dans ta chambre, acheva-t-elle en haussant un sourcil entendu.

Il rougit légèrement en comprenant de quoi sa mère parlait. Sur sa table de nuit trônait effectivement une photographie prise lors du Noël que Scorpius avait passé en leur compagnie et il n'était pas rare de les voir en train de s'embrasser.

- Par contre, ton père n'est pas au courant. J'ai estimé que ce n'était pas à moi de lui en parler, néanmoins je doute qu'il te chasse de la maison le jour où tu lui diras.

Elle agita sa baguette magique une nouvelle fois, le torchon posé sur la table commença à essuyer la vaisselle propre.

- Bon… donc, Scorpius en a parlé aujourd'hui chez lui, si j'ai bien compris. Tu peux m'expliquer ?

A mi-voix, le jeune Malefoy entreprit de raconter ce qu'il s'était passé chez lui, les résultats des examens reçus, sa joie en les montrant à son père et son grand père, l'idée qu'ils voulaient lui faire un cadeau et qu'il avait estimé le moment venu de parler, ainsi que les réactions des deux adultes. Ginny écouta avec attention et compréhension, Albus lui était outré.

- Voilà, vous savez tout, acheva maladroitement Scorpius. J'ai eu peur en les voyant parti pour se battre et j'ai préféré déguerpir. Je ne savais pas où aller alors je me suis dit qu'ici…

- C'est une bonne chose que tu sois venu te réfugier ici, tu es en sécurité. Lucius n'a jamais été très…

Elle n'acheva pas sa phrase, préférant ne pas insulter gratuitement le grand père de Scorpius en sa présence.

- Il aurait mieux valu que tu attendes d'être seul avec Drago, ça se serait mieux passé.

- Surement, murmura-t-il. J'ai été bête de croire qu'ils comprendraient… et mon père avait l'air terriblement déçu aussi, peut être que ça ne lui plait pas non plus que je sois comme ça.

Albus lui prit immédiatement les mains :

- Il n'y a pas de « comme ça » qui tienne, Scorpius ! C'est toi-même qui me l'a dit « on n'est pas des monstres » !

Ginny posa un regard plein de fierté sur son fils et lui passa une main dans les cheveux.

- Exactement. Scorpius, je te propose de rester à la maison pour le moment, par contre je dois prévenir ton père que tu es ici, il va surement s'inquiéter et te chercher partout.

- Je comprends… souffla le jeune homme.

- Albus, je compte sur toi pour t'occuper de lui. Et tiens-moi au courant quand le courrier arrive, si ton ami a reçu les résultats, tu vas surement les avoir toi aussi.

Ginny sortit de la cuisine en laissant la vaisselle se ranger d'elle-même dans les placards. Albus termina son chocolat chaud en observant son ami. Ce dernier avala sa boisson chaude à petites gorgées, soulagé malgré tout d'avoir pu se confier et ravi de réaliser que la mère d'Albus ne le traitait pas comme un déchet à virer de sous son toit.

- Il faudra que je parle à Papa, songea Albus à voix haute. Avec un peu de chance, il rentrera pour manger à la maison à midi, ça sera l'occasion.

Scorpius quitta sa chaise et rinça son bol dans l'évier, inquiet pour son père. Il n'avait jamais voulu mettre Drago en conflit avec Lucius, pas un instant il n'avait songé que son grand père pourrait agir ainsi… Il déglutit avec difficulté.

Albus lui prit la main :

- Viens, on va dans ma chambre, tu pourras te reposer un peu après tout ça.

Il suivit son ami dans l'escalier et se laissa tomber sur son lit avec un soupir.

- Tu as eu des bonnes notes ? demanda Albus en tentant de changer de sujet.

Scorpius fouilla dans ses poches :

- Oui… je suis partis avec machinalement, et j'étais en train de t'écrire aussi.

Il lui tendit la lettre qui lui était destiné ainsi que les résultats. Son ami s'assit en tailleur sur le lit et commença par lire le deuxième parchemin, admiratif :

- C'est excellent ! Je vais être moins bon que toi, je suis sûr…

- Ne dis pas ça. Par contre, je ne pourrais pas continuer la Divination avec toi, vu ma note.

Albus haussa les épaules :

- C'est pas grave, je sais bien que tu n'aimais pas spécialement cette matière.

Il lui rendit le parchemin et ouvrit la lettre qui lui était destiné. Attentif, il lut les lignes écrites et redressa la tête :

- Pour les pierres précieuses et semi-précieuse, je peux complètement t'aider !

Un véritable sourire se dessina sur les lèvres du jeune homme blond. Lui allait aider son ami à faire ses cartes oracle et en échange Albus pourrait l'aider à fabriquer une nouvelle gamme inédite de baguettes magiques !

- Attends, je dois avoir un livre plutôt bien fait sur le sujet, déclara son petit ami en quittant le lit pour se planter devant son étagère. Ce sera bien pour que tu aies une idée globale sur chaque pierre, et après tu n'auras qu'à me demander si tu as un doute.

Il se hissa sur la pointe des pieds, s'empara d'un ouvrage épais et revint près de Scorpius qui se redressa pour s'assoir sur le lit. Lire et étudier, ça il connaissait et c'était pratique pour oublier momentanément ses soucis.

Cela devait faire bien dix minutes qu'ils parcouraient le livre en silence lorsque Lily appela son frère en bas de l'escalier :

- Albus ! Le courrier est arrivé !

- J'arrive, Lily !

Il sauta hors du lit :

- Tu peux rester ici, si tu veux, Scorpius.

- Non, je préfère venir avec toi, répondit le jeune homme en gardant toutefois le livre contre lui. J'ai hâte de voir tes résultats.

Ils descendirent l'escalier ensemble, Lily adressa un sourire rayonnant à Scorpius :

- Salut ! Maman m'a prévenu que tu étais à la maison.

- Bonjour, Lily. Tu as l'air en pleine forme.

Albus lui prit le courrier des mains, songeur. Il soupçonnait sa mère d'avoir expliqué la raison de la visite imprévue de Scorpius et remercia mentalement sa petite sœur d'éviter d'aborder le sujet devant lui. Il déplia le parchemin en retenant son souffle tandis que son ami se rapprochait pour regarder par-dessus son épaule.

- Alors, alors ? s'écria Lily. Tu as des bonnes notes ?

Botanique : Acceptable

Défense contre les Forces du Mal : Acceptable

Métamorphose : Acceptable

Potions : Effort Exceptionnel

Sortilèges : Acceptable

Histoire de la Magie : Effort Exceptionnel

Astronomie : Optimal

Soins aux Créatures Magiques : Acceptable

Divination : Optimal

- Bravo Albus ! Tu vois, tu pensais avoir raté en Potions, mais tu as eu pile la note minimale requise pour pouvoir continuer ! sourit Scorpius.

Lily partit en courant en appelant leur mère pour l'informer de l'arrivée des BUSE. Albus tourna la tête vers son ami qui déposa à cet instant un baiser sur ses lèvres pour le féliciter.

- Hm, hm !

Albus sursauta en levant la tête, James se tenait en haut des marches, le regard fixé dans leur direction. Scorpius s'écarta immédiatement de quelques pas tout en sachant qu'il était trop tard et que le frère de son petit ami venait de les surprendre. Il ne pensait pas que James serait aussi violent que Lucius, par contre il avait de quoi leur pourrir leur sixième année.

- Fais voir, réclama James en descendant l'escalier et en tendant la main pour prendre les résultats.

Mal à l'aise, Albus lui laissa le parchemin. Son frère hocha la tête d'un air approbateur :

- C'est pas mal du tout pour un Serpentard. Tu n'auras pas à lire la bonne aventure sous les ponts, avec de tels résultats tu pourras au moins le faire dans une roulotte.

Il posa ensuite un regard étrange sur Scorpius :

- Et toi, tu as eu les tiens, Scor-minus ?

L'intéressé acquiesça, la gorge nouée.

La porte d'entrée s'ouvrit dans leur dos :

- Holà, il y a du monde ici, fit Harry avec surprise en découvrant ses deux fils et l'invité surprise. Scorpius ? Bonjour. Je ne savais pas que tu venais.

Les yeux verts du Survivant se posèrent immédiatement sur le pansement ornant sa joue tandis qu'il accrochait sa cape au porte-manteau.

- Bonjour, Monsieur Potter, répondit Scorpius aussi poliment que possible.

Albus reprit sa lettre et attrapa son père par la manche :

- Viens papa ! Faut que je te parle loin des oreilles indiscrètes.

Etonné, Harry laissa son fils le conduire à sa chambre, suivit comme une ombre par le fils Malefoy. Albus les laissa entrer, puis ferma la porte avec soin. Les mains sur les hanches, il se planta devant son père tandis que Scorpius retournait s'asseoir sur le lit, le livre toujours dans les mains.

- Bon, Papa ! Il faut qu'on te parle d'un truc.

- Qui doit être important pour que tu ne veuilles pas que ton frère t'écoute. Est-ce que ça a un lien avec la visite de ton ami ? Je sais que je deviens vieux et que je peux perdre la mémoire, mais je n'ai pas souvenir qu'il était prévu qu'il vienne à la maison aujourd'hui.

Son fils tourna le regard vers Malefoy, avant de reporter son attention sur lui :

- Papa, Scorpius est mon petit ami.

Pendant quelques secondes, Harry resta abasourdit. Machinalement, il regarda les deux jeunes gens tour à tour, avant de sourire :

- D'accord.

Ce fut au tour d'Albus de le regarder avec des yeux ronds :

- « D'accord » ? C'est tout ? Tu n'es pas fâché ou contrarié ou… ?

Le Survivant éclata de rire et lui ébouriffa les cheveux :

- Pour qui me prends-tu enfin ? Oh, je suis un peu surpris, mais au final ce n'est pas très étonnant. Ne fais pas cette tête, Scorpius, je ne vais pas te manger.

- Ça ne te fait vraiment rien du tout ? insista Albus.

- Il faut que je te le dise en Fourchelang ou en langue des êtres aquatiques pour que tu me crois ?

Il remarqua que Scorpius détournait la tête en battant rapidement des paupières comme pour lutter contre une montée de larmes. Intrigué, le Survivant tira le fauteuil du bureau d'Albus et prit place :

- Ecoutez-moi, tous les deux. Je ne sais pas ce que vous vous êtes mis en tête à mon sujet, mais si vous pensiez que j'allais vous mettre à la porte parce que vous êtes ensemble, c'est bien mal me connaitre. Ne reste pas debout, Albus, assieds-toi.

Machinalement, son fils obéit et se mit en tailleur sur son lit, juste à côté de Scorpius. Harry continua :

- Certains sorciers manquent de tolérance à ce sujet, j'en ai parfaitement conscience, mais je pense être suffisamment ouvert d'esprit pour ne pas considérer comme une tare le fait que vous préfériez les garçons.

Le mot « tare » arracha un frisson à Scorpius. Albus lui prit immédiatement la main et la serra dans la sienne.

- Mon Professeur préféré était un loup-garou, annonça Harry. Pourtant, ces personnes sont également mal acceptées, tu aurais dû t'en souvenir Albus et te douter que je ne réagirais pas contre vous.

- J'avais un peu oublié, avoua son fils. Et puis, c'est pas tout à fait la même chose…

- Si, né-moldu, loup-garou, homo, cracmol et tellement d'autres… autant de personnes pointées du doigt par manque de tolérance de la part de nos pairs.

Harry croisa les jambes en s'adossant contre le dossier du fauteuil :

- Il s'est passé quelque chose vous concernant ?

Les deux jeunes gens échangèrent un regard.

Mis en confiance par la réaction du père d'Albus, Scorpius prit la parole et raconta sa matinée au Manoir Malefoy. Les sourcils froncés, Harry écouta attentivement. La réaction de Lucius Malefoy ne le surprenait aucunement et il songea que le jeune homme en face de lui avait joué un jeu bien dangereux en abordant le sujet en sa présence.

- Avec tout ce que tu viens de me dire, Scorpius, j'aurais de quoi mettre ton grand-père en état d'arrestation pour quelques jours.

Terriblement nerveux, Scorpius secoua la tête :

- Je sais pas, il risque de m'en vouloir encore plus… C'est plutôt papa qui m'inquiète, je n'ai pas vraiment pu parler avec lui et si mon grand-père lui a fait du mal…

- Tu veux que j'aille voir chez toi ? Ce serait le meilleur moyen de savoir où ils en sont.

- Je peux venir avec vous ?

Harry hésita. Il n'était pas censé emmener des sorciers de premier cycle avec lui sur le terrain, par contre il comprenait l'inquiétude de l'adolescent et songea qu'à son âge il aurait aussi aimé qu'on le laisse venir.

- Papaaaaaaaaa ! appela Lily depuis le hall. Viens vite !

- Je reviens, je vais voir ce que veut Lily, annonça Harry en sortant de la chambre.

Albus poussa un soupir de soulagement :

- C'était plus facile de lui parler que ce que je croyais. Tu voudras que je vienne, s'il accepte que tu l'accompagnes ?

- Je ne sais pas s'il sera d'accord… si mon grand-père te voit, il risque de te vouloir du mal.

Albus grimaça. Des éclats de voix résonnèrent dans le hall.

- Où est mon fils ?! rugit une voix trainante reconnaissable.

- C'est papa ! s'écria Scorpius en se précipitant hors de la pièce.

Il descendit en trombe l'escalier, son ami sur les talons, et découvrit Harry face à son père, les mains sur les épaules comme pour le retenir de se ruer dans toute la maison.

- Papa !

Malefoy tourna immédiatement les yeux vers lui et le soulagement se peignit sur ses traits :

- Scorpius !

Le Survivant s'écarta juste à temps pour laisser la place à l'adolescent qui bondit au cou de son père.

Harry ferma la porte tandis que le père et le fils s'étreignaient :

- Où est Lucius, Drago ?

Malefoy ne répondit pas, il toucha la joue de Scorpius au niveau du pansement et la tâta rapidement comme pour s'assurer qu'il n'avait rien de cassé.

- Drago, insista Harry.

- Qu'est-ce que ça peut te faire, Potter ? répliqua froidement Malefoy.

- Il a attaqué ton gosse, je songe à sa sécurité avant tout.

Scorpius remarqua que les cheveux de son père étaient moins bien coiffés que d'habitude, son teint plus pâle aussi et qu'il avait mis des gants, chose qu'il ne faisait jamais. Albus s'approcha, le regard dans le vague :

- Il est blessé.

- Qui est blessé ? demanda Harry.

Albus désigna Drago au niveau du bras droit. Immédiatement, Scorpius arracha le gant sans écouter la protestation de son père, remonta la manche de sa robe de sorcier, et poussa un cri de stupeur. Harry lâcha un juron en voyant la paume ensanglantée de Malefoy et la vingtaine d'estafilades profondément tracées entre son coude et son poignet.

- C'est de la torture, Drago, je n'ai même pas besoin de ton accord pour lancer un avis de recherche à son encontre, décréta le Survivant. A toi de voir si tu veux coopérer ou non.

- Je vais chercher maman ! annonça Albus en filant.

Drago retira son bras des mains de Scorpius et rebaissa sa manche :

- C'est rien du tout. Occupe-toi de tes affaires, Potter.

- Papa…

Malefoy baissa le regard sur son fils et céda en captant malgré lui son inquiétude et son stress à l'idée de se retrouver face à Lucius, ou pire que son Albus se retrouve devant son grand père.

- J'ai réussi à le désarmer, dit-il d'une voix lasse. Et je l'ai enfermé dans la pièce sous la trappe.

- J'envoie immédiatement une équipe, annonça Harry en sortant sa baguette magique.

Apercevant Ginny qui arrivait précipitamment, il s'adressa à elle :

- Drago a besoin de soins, je peux compter sur toi ? Je dois régler une affaire de toute urgence.

Elle hocha la tête. Harry transplana sans plus attendre. Drago serra les dents, il n'aimait pas qu'on le voit dans un état de faiblesse, surtout en présence des Potter et de son fils. Bouleversé, Scorpius ne disait plus un mot et suivit le mouvement lorsque Madame Weasley entraina son père dans la salle de bain. Elle remonta la manche de Malefoy et commença par éponger le sang :

- Je ne garantit pas d'être efficace, il vaudrait mieux que tu ailles à Saint Mangouste.

- Certainement pas, répondit Drago sèchement.

Sur la demande de sa mère, Albus versa une solution d'essence de Murlap dans un grand récipient et imbiba un linge avec.

- Je suis désolé, lâcha soudain Scorpius. C'est de ma faute ! J'aurais dû me taire ! J'ai été idiot de parler devant lui, j'ai voulu profiter bêtement d'une situation en croyant que… Mais j'ai été stupide et…

- On parlera de ça plus tard, le coupa Drago qui n'avait pas du tout envie d'avoir un public écoutant ce qu'il estimait devoir être une conversation privée.

Dans un silence gêné, Albus essora le linge et le présenta à sa mère qui l'enroula autour du bras et de la main de Malefoy.

- Je voudrais parler à mon fils, seul à seul, précisa Drago une fois le pansement mis en place.

- Ma chambre est à côté, proposa spontanément Albus. Vous pouvez y aller et fermer la porte pour être tranquille.


Demain, il y aura encore un bonus !