suite du bonus 4 qui faisait suite au bonus 3 xD
La démarche raide, inquiet à l'idée de ce que son père avait à lui dire, Scorpius quitta la salle de bain. Trop nerveux pour rester assis, il s'adossa contre le mur près du bureau d'Albus pendant que Drago fermait la porte derrière eux. D'un œil critique, Malefoy détailla rapidement la chambre sans faire de commentaire. Ratibus choisit cet instant pour trottiner sur le bureau en direction de Scorpius qui le laissa grimper le long de son bras et se lover sur son épaule, contre son cou.
- Je suis vraiment désol…
- Arrête de t'excuser, l'interrompit Drago. Dis-moi plutôt pourquoi tu es venu ici au lieu d'aller dans ta chambre comme je te l'avais demandé.
Penaud, l'adolescent baissa les yeux au sol et avoua :
- J'ai eu peur. Grand père était violent et j'ai eu la trouille en me disant que s'il parvenait à avoir le dessus sur toi… J'aurais dû rester pour t'aider.
Drago secoua la tête :
- Non, tu as eu une bonne idée. En restant, tu aurais pu être victime d'un sortilège perdu. Et si mon père avait réussi à me vaincre, il n'aurait pas hésité à t'éduquer à sa façon ensuite. Ici, Potter ne l'aurait jamais laissé s'approcher de toi.
- Pourquoi il a été si violent avec toi ? souffla Scorpius en montrant le bras atteint. Ce n'était pas toi le problème pourtant…
Son père rebaissa sa manche en soupirant :
- Si, en un sens.
- Je ne comprends pas…
- Tu es encore jeune, je ne veux pas t'ennuyer avec nos histoires de famille.
L'adolescent fit la moue :
- J'ai seize ans, papa, je ne suis plus un bébé. A mon âge, tu avais déjà rejoint les rangs de Voldemort.
Pour la première fois depuis des mois, Drago prit le temps de dévisager plus attentivement sa progéniture. Scorpius avait effectivement prit quelques centimètres pendant sa cinquième année à Poudlard et laissait ses cheveux pousser assez pour les attacher en catogan comme lui et comme Lucius. Ce n'était plus un enfant qui lui faisait face, mais un jeune homme. Un jeune homme encore un peu mal dans sa peau, et c'était son rôle de père de faire en sorte qu'il se sente mieux.
- Ton grand père n'avait pas rejoint les rangs de Voldemort pour rien, à l'époque où le Survivant n'était pas encore né. Comme beaucoup d'autres, il s'est joint aux Mangemorts par peur, par avidité, mais aussi parce qu'il partageait plusieurs de ses convictions. Les Black, la famille de ta grand-mère, étaient sur la même longueur d'onde également.
- Le Sang Pur, l'éradication des Nés Moldus…
- Exactement, approuva Drago en s'asseyant sur le fauteuil en grimaçant et en serrant son bras contre lui. Tu n'es pas sans savoir que notre famille est tombée petit à petit bien bas. Nous étions parmi les préférés de Voldemort, mais mon père a commencé par faire une première erreur lorsque j'étais en deuxième année à Poudlard. Lorsque le Seigneur des Ténèbres est revenu par la suite, il n'a pas été ravi d'apprendre que son journal avait été détruit, annihilant ainsi l'un de ses Horcruxes.
- Oui, j'ai lu ça quelque part… murmura Scorpius. Ton père a été arrêté quand tu avais quinze ans, je crois, quand Harry Potter a voulu récupérer la Prophétie au Département des Mystères.
- Tu as bien étudié ton sujet. L'échec de la récupération de la Prophétie a mis Voldemort hors de lui et il a estimé que l'emprisonnement à Azkaban n'était pas une assez bonne punition pour notre famille. Il m'a choisi et m'a confié la mission de tuer Dumbledore. Stupidement, j'ai cru qu'il m'offrait un privilège en or, qu'il espérait réellement me voir racheter le nom de mon père… Comme tu le sais, c'est Severus Rogue qui a mis finalement un terme à la vie de Dumbledore. Voldemort ne m'a pas sanctionné pour ça, mais il ne m'a plus porté le moindre intérêt.
L'air amer, Drago se passa une main sur le visage avec un soupir tremblant :
- J'ai tellement haïs toute cette période… Mon père est revenu au Manoir, Voldemort s'est installé chez nous, c'était infernal. Et j'avais honte de mon père qui rampait au sol pour essayer de revenir dans les bonnes grâces du Maître. Potter a été capturé avec ses amis et emmené chez nous…
Scorpius acquiesça :
- Oui, je m'en souviens, ça aussi c'est dans les livres. Mais… c'est précisé aussi que tu n'as pas trahi Harry. Tu as hésité en disant que tu n'étais pas sûr que ce soit lui. Pourquoi ?
Drago resta un moment silencieux comme s'il réfléchissait à la question.
- Tu n'es pas obligé de répondre, reprit Scorpius. Je me doute que ce n'est pas facile pour toi, Harry Potter est traité en héros dans tous les ouvrages et toi tu n'es… pas grand-chose. Enfin, ce ne sont que des lignes écrites. Je sais bien, moi, que tu es quelqu'un de… pas mauvais…
Touché malgré lui par les paroles maladroites de son enfant, Drago ferma les yeux en se remémorant cette sombre époque :
- Je n'ai rien dit parce que j'étais perdu. Je n'aimais pas voir Voldemort au pouvoir, parce qu'il détruisait ma famille. Si nous avions été réellement dans ses favoris, que nous avions eu des privilèges, j'aurais surement dénoncé Harry, je ne te le cache pas. En l'occurrence, Poudlard était devenu un endroit terrible, je ne m'y sentais pas à l'aise, et quand je rentrais à la maison c'était encore pire. Je ne pouvais pas m'empêcher de rêver secrètement que Potter serait à la hauteur de la réputation que lui donnait les rebelles et qu'il pourrait nous sortir de cette situation. Le trahir et le livrer à Voldemort, c'était renoncer au maigre et fol espoir qu'il nous restait de voir un monde meilleur arriver. Je peux t'assurer qu'à partir de là, quand Voldemort est arrivé et qu'il n'a pu que constater la fuite de Potter et ses amis, j'ai compris que j'avais mon espérance de vie réduite et qu'il se débarrasserait de moi dès qu'il en aurait l'occasion s'il ressentait à nouveau la moindre petite déception. Il a considéré mon père comme le principal responsable et s'est énormément acharné sur lui. Je dois avouer que pendant longtemps j'ai culpabilisé en me disant que c'était moi le responsable des tortures subies par mon propre père.
- Et il y a eu la Bataille de Poudlard, tes parents ne se sont mêlés à aucun camps, ils te cherchaient.
Drago acquiesça :
- C'est exact… Mais j'avais honte d'avoir menti pour ne pas que Harry Potter soit capturé, alors j'ai tenté de le tuer pendant la Bataille à Poudlard.
Il grimaça à ce souvenir et continua :
- Au final, c'est lui qui m'a sauvé. Deux fois. Puis Voldemort a été vaincu et je sais qu'au fond, mes parents ont autant été soulagé que moi de voir enfin la défaite de Voldemort. Toutefois, mon père avait toujours ses idées, c'est ça que tu dois garder en tête, Scorpius. Toute cette période m'a fait réfléchir et je reconnais avoir changé, au moins un peu. Tandis que mon père… il était soulagé de ne plus avoir un Maître aussi cruel à satisfaire, mais ses idéaux restaient présents.
- Ne pas souiller le Sang Pur des Malefoy, ne pas jeter une mauvaise image supplémentaire sur notre famille, récita Scorpius.
- Il ne te l'a jamais dit, mais il avait de grands espoirs pour toi. Il espérait que tu rattraperais nos erreurs, que tu redorerais notre blason, que tu serais plus docile que moi en un sens.
- Tu étais pourtant un fils relativement obéissant…
Un malheureux sourire étira les lèvres de son père qui rouvrit les yeux :
- Pas assez.
Il remonta sa manche, dévoilant le pansement imbibé d'essence de Murlap :
- Les entailles que tu as vu, tu sais combien il y en avait ?
Scorpius fit non de la tête. Il attrapa Ratibus qui essayait de manger ses cheveux et le reposa sur le bureau.
- Vingt-quatre. Pour vingt-quatre années de déception, selon ses propres dires. Après la Bataille de Poudlard, je me suis très vite rapproché d'une jeune fille avec qui j'avais déjà eu quelques contact lors de ma dernière année d'Ecole. Elle était gentille avec moi. Contrairement à d'autres, elle ne se moquait pas de la déchéance des Malefoy, ne se montrait pas méprisante… On a beaucoup parlé, j'ai apprécié le soutien qu'elle m'a apporté.
- C'était maman, c'est ça ? demanda Scorpius les yeux brillants.
- Oui. On s'est rapproché et je l'ai épousée. Mes parents, surtout mon père, n'étaient pas ravis de cette union et la jugeait bien trop « amoureuse des Moldus », juste parce qu'elle ne voyait pas en eux des personnes exécrables. Ma mère a réussi à le convaincre et à le calmer en mettant en avant le fait qu'Astoria était au moins de Sang Pur. Mais ça a été déjà une cruelle déception pour ton grand père, que je me marie à une sorcière trop tolérante.
Scorpius réalisa à cet instant que c'était la première fois qu'il parlait autant avec son père et que ce dernier se permettait quelques confidences.
- La santé fragile de maman n'a pas dû aider… souffla l'adolescent en lui prenant sa main indemne.
Les doigts froids de son père se refermèrent sur les siens :
- Bien vu. Je n'ose pas compter le nombre de fois où mon père m'a dit que j'avais fait un mauvais choix en prenant pour épouse une aussi faible sorcière adoratrice des Sangs de Bourbe. Il était bien entendu hors de question pour moi de la quitter, tu t'en doutes. Mais lui, il aurait bien aimé que je me sépare d'elle, même si divorcer n'aurait pas non plus apporté une image saine à la famille. Par contre, tu es né et ça, il a aimé.
Scorpius fronça le nez.
- Il s'est dit que toi, tu serais un bon petit Malefoy bien élevé. Et plusieurs fois il a demandé à ce que tu viennes passer tes vacances chez lui, ta mère et moi refusions à chaque fois, nous n'avions pas envie qu'il te mette ses idéaux dans la tête. Des refus qui ne lui ont pas plus et qui ont un peu plus accentué la déception qu'il ressentait à mon égard. Au fil des années, il a aussi estimé que j'étais effectivement responsable en partie des sévices que Voldemort lui avait fait subir.
Scorpius se mordit les lèvres et souffla :
- Donc, si je comprends bien, le fait que je sois avec Albus, il estime que c'est de ta faute, encore une fois…
- C'est impensable d'éteindre la lignée des Malefoy, à ses yeux. Impensable d'aimer les hommes, c'est une maladie pour lui, c'est une faiblesse immonde, et pire que tout tu fais ça avec un Potter. Un Potter ! Même si c'est lui le héros, le Survivant qui a vaincu Voldemort, c'est aussi à cause de Potter que notre famille est tombée si bas.
- Et toi, papa, tu en penses quoi de tout ça ? De… de moi ?
Il trouva que son père avait l'air particulièrement fatigué et affaibli. Il lui paraissait même de plus en plus pâle. Inquiet, Scorpius regarda le pansement avec la nette impression que le bandage se teintait de rouge.
- Je veux que tu sois heureux, même si tes choix ne sont pas toujours en accord avec mes préférences. Que tu sois gay ou non, je m'en fiche, ce n'est pas important. Que tu éteignes la lignée, ce n'est pas grave non plus, ça arrive. Nous ne serons pas la première famille de Sang Pur à avoir une fin, ni la dernière. C'est plutôt le fait que tu aies jeté ton dévolu sur un Potter qui me contrarie un peu, peu importe que ce soit Albus, son frère ou sa sœur. Ton grand père a estimé que j'étais faible étant donné que je ne comptais pas te faire renoncer. Par contre, ta mère aurait certainement approuvé ton choix et c'est ça qui compte à mes yeux.
Avec difficulté, Drago se leva du fauteuil. Scorpius ne résista pas à l'envie de le serrer dans ses bras :
- Je suis grand, papa, maintenant, tu peux te confier à moi quand tu veux. Jamais je ne te laisserai tomber, tu sais, et jamais tu ne me décevras.
Attendrit, Malefoy posa une main sur les cheveux de son fils. Son bras l'élançait terriblement, chaque entaille lui brûlait la peau avec autant de force que lorsque Lucius l'avait plaqué au sol pour le faire payer cette ultime déception. Depuis la mort de sa mère, Drago avait fait semblant de ne pas voir que son père semblait sombrer de plus en plus dans ses vieilles idées reçues et se montrait de plus en plus violent à la moindre intolérance. Il serra un peu plus Scorpius contre lui, soulagé que celui-ci ait eu la présence d'esprit de quitter la maison pour se réfugier ailleurs, ainsi son fils ne l'avait pas entendu hurler de douleur, n'avait pas entendu les vociférations insultantes de Lucius à l'encontre d'Astoria et celles qui lui étaient destinées également.
Scorpius sentit soudain son père lui glisser entre les bras et s'affaler lourdement sur le fauteuil.
- Papa… ?
Il écarquilla les yeux devant son visage blafard et ses yeux clos.
- PAPA !
Il se précipita vers la porte et l'ouvrit à la volée :
- Madame Weasley, au secours ! Papa a perdu connaissance !
Les pas précipités qui montent l'escalier. Les cheveux roux qui entrent en trombe dans la chambre. Albus qui l'attire contre lui en murmurant quelques mots rassurants tout en lui frottant le dos. Son corps parcourus de tremblements incontrôlables. La panique. Le nom de Saint Mangouste prononcé sur un ton d'urgence. Mme Weasley qui laisse de rapides instructions à ses fils et qui disparait en transplanage d'urgence avec son père.
Plop !
Vous vous doutez bien qu'il y aura encore des bonus. Par contre, comme je reprends le travail demain, c'pas sûr que je publie le prochain bonus demain, vous vous en doutez.
