Et finalement je profite d'une petite pause au travail pour passer en mode furtif sur fanfic et publier un nouveau chapitre.


En l'absence de leurs parents, il incombait à James de s'occuper d'Albus et de Lily. Renonçant à cuisiner, il avait pris un peu d'argent Moldu dans la réserve « d'urgence » de son père et avait transplané près d'une ville Moldu d'où il avait ramené des pizzas pour tout le monde.

Assis devant son assiette, l'air hagard, Scorpius ne disait pas un mot, toujours sous le choc.

- Si tu ne manges pas, tu vas dépérir et finir aussi à Saint Mangouste, lança James en posant son assiette sale dans l'évier.

- Tais-toi ! s'écria Lily.

Le grand frère haussa les épaules sans prendre garde au regard assassin que lui adressa Albus.

- Désolé… murmura Scorpius. Je n'ai pas faim. Merci quand même pour la pizza…

Malgré lui, il revoyait sans cesse son père, livide, le rouge écarlate coulant sur son bras. Ses yeux clos. Le pansement orné de rouge. Son visage brûlant sous ses doigts tremblants et sa main glacée.

- Scorpius.

Le jeune homme sursauta et réalisa que le frère et la sœur d'Albus avaient déserté la cuisine sans qu'il ne s'en rende compte.

- Tu crois que mon père va mourir ? demanda-t-il brusquement d'une voix étranglée.

- Bien sûr que non, le rassura Albus. Ils vont le soigner.

- Ils avaient aussi dit qu'ils soigneraient maman, elle a vu tous les spécialistes de Saint Mangouste et… et ils n'ont rien pu faire ! Je ne veux pas perdre mon père, Albus ! Je ne veux pas !

Face au désespoir de son petit ami, Albus prit rapidement sa décision.

- Viens, on monte.

Lui prenant d'office la main, il le ramena dans sa chambre et le fit asseoir sur son lit. Scorpius enfouit son visage dans ses mains en reniflant. Il ne voulait pas pleurer, ça ne servait à rien. Pleurer était un signe de faiblesse chez les Malefoy, comme bien d'autres choses. Et cette journée était un véritable cauchemar. Entendant Albus tirer les rideaux pour assombrir la chambre, Scorpius redressa légèrement la tête :

- Qu'est-ce que tu fais ?

- Puisque j'ai un don, autant essayer de le maîtriser pour te rassurer, non ? répondit son petit ami en sortant sa Boule de Cristal de son armoire avant de la poser avec précaution sur son bureau.

Intrigué, Ratibus s'approcha immédiatement pour venir renifler la Sphère posée sur un socle en bois.

- Sois sage… Tiens, je te le confie, il risque de me déconcentrer sinon.

Scorpius se retrouva avec le rat dans les mains. L'animal se dressa sur les pattes arrière en regardant son autre jeune maître d'un air interrogateur.

- Pourquoi tu as fermé les rideaux… ?

- C'est plus facile pour moi de déchiffrer quand il fait plus sombre.

Il posa Ratibus dans sa poche, le laissant s'installer confortablement pour une sieste bien méritée.

Albus tira son fauteuil plus près de son bureau :

- Je n'ai jamais essayé de lire l'avenir sur commande, alors je ne te promets rien…

Il plongea son regard vert dans la Sphère, ses pensées concentrées sur Drago Malefoy. Il visualisa mentalement le père de Scorpius lors de son arrivée chez eux tandis que des volutes de fumée commençaient à tournoyer dans le cristal.

Drago tourne la tête en entendant la porte d'entrée claquer. Scorpius n'est pas monté à l'étage, il s'est enfui. Où ?

Il entend vaguement Scorpius remuer sur le lit, inquiet. Il n'arrive pas à détourner son regard de la Sphère.

Drago hurle tandis que son bras est tailladé. Lucius Malefoy est entré dans une fureur noire. Malgré la douleur, Drago parvient à rouler sur le sol et à récupérer sa baguette magique tombée plus loin. Il vise son père qui esquive le sortilège. Le fauteuil près de la cheminée se renverse sous l'impact du sort.

Le voyant a le regard fixé sur la Boule de Cristal, la fumée blanche a envahi la Sphère mais ne montre aucune image. Ses yeux sont perdus dans le vide. Il n'entend pas Scorpius l'appeler avec inquiétude.

La vitrine contenant la collection d'objets magiques rares explose. Le goût cuivré du sang a envahi sa bouche et brûle son bras. L'elfe de maison arrive sans bruit et ouvre la trappe cachée sous le tapis, dans le dos de Lucius.

- Albus !

Scorpius s'est levé, mort d'inquiétude. Son ami ne regarde même plus la Boule devant lui, il a fermé les yeux et son corps est parcouru de spasmes.

- Expelliarmus ! Stupéfix !

La baguette magique de Lucius vole dans les airs et le sorcier tombe en arrière, pile dans la trappe ouverte par l'elfe.

- Albus ! Albus, regarde-moi !

Le jeune homme rouvrit les yeux et rencontra ceux de Scorpius. Les mêmes yeux que ceux de son père.

Drago Malefoy ouvre les yeux. Il est couché sur un lit aux draps blancs, son bras l'élance terriblement. Vaguement, il entend les sorciers présents autour de lui mais il ne comprend pas ce qu'ils disent. Il n'a pas la force de bouger.

- Albus !

Le jeune homme hoqueta comme un noyé qui respire enfin à l'air libre tout en reprenant petit à petit pied avec la réalité.

- Tu es flippant quand tu t'y mets, marmonna Scorpius.

Dépité, Albus tourna la tête vers la Boule de Cristal et soupira :

- Pardon, j'ai du mal à maitriser je crois… J'ai surtout vu la dispute entre ton père et ton grand père et je l'ai vu à Saint Mangouste aussi…

- Tu as vu tout ça dedans ? interrogea Scorpius perplexe en suivant son regard. Tu avais plutôt l'air en transe et tu as fermé les yeux.

Le voyant se frotta les paupières :

- Je crois que la Sphère m'a juste permis de mieux me concentrer… De ce que j'ai vu, ton père est avec les médecins, ils sont en train de s'occuper de lui, mais je vais avoir du mal à t'en dire davantage.

- Merci, Albus, c'est déjà ça.

Scorpius l'embrassa sur la joue, avant de rouvrir les rideaux. La fenêtre donnait sur le jardin où il pouvait voir James et Lily jouer sur leurs balais. Le grand frère lançait des balles de tennis à sa petite sœur qui faisait de son mieux pour les attraper.

- Ta sœur compte entrer dans l'équipe de Gryffondor ?

- James aimerait bien, il dit qu'elle serait une bonne Poursuiveuse. Si elle entre dans l'équipe, je serai le seul Potter-Weasley à ne pas avoir fait de Quidditch à Poudlard.

- Et ça t'ennuie ?

Albus prit le temps de la réflexion avant de pivoter sa chaise vers son ami :

- Non. Je n'ai pas envie de faire comme tout le monde dans le but de plaire aux autres.

Le jeune homme blond se détourna de la fenêtre et regarda l'horloge accrochée au mur. Le temps lui paraissait terriblement long.

- Pardon, je ne sais pas trop quoi te proposer pour te changer les idées, dit piteusement son petit ami. Ça me stress aussi tout ça…

- Au moins, je suis avec toi, c'est mieux que si j'étais tout seul à la maison. Tu as fait tes devoirs de vacances ?

- Pas encore, avoua Albus. En général, je m'y mets fin aout.

- Tu vas t'y mettre aujourd'hui ! J'ai déjà fini les miens, je peux t'aider. Ça nous occupera intelligemment.

Sans protester, le jeune homme ouvrit sa grosse valise et en sorti les devoirs comme le lui demandait Scorpius.


Peut être la suite demain, j'ai bien avancé pendant le week end mine de rien. J'avais vraiment pas prévu d'en écrire autant