Helloooooooooooooooooo! Et oui, après des mois d'absence, je reviens pour quelques chapitres bonus !
La première semaine fut plutôt agréable pour les deux amis. L'arrestation de Lucius Malefoy par Harry Potter avait fait grand bruit et certaines mauvaises langues apostrophèrent Scorpius pour lui demander à quel moment il comptait rejoindre son grand-père dans sa cellule. Ou on demandait à Alba quand est-ce qu'il allait envoyer son camarade sous les verrous. En général, les deux concernés ne répliquaient pas et Scorpius utilisait son statut de Préfet pour retirer des points à quiconque cherchait à les provoquer. D'une façon générale, les rumeurs l'associant à Voldemort s'atténuaient. Cependant, certains continuaient à les regarder de travers, notamment Polly et Rose qui, étrangement, trainaient beaucoup moins en compagnie de James.
Dans ce climat en demi-teinte, le mois de septembre finit par toucher à sa fin. Profitant d'un après-midi où il faisait encore beau, les deux amis s'étaient installés à l'ombre d'un arbre Scorpius taillait un bout de bois et Albus relisait ses notes prises pour son futur livre. Insatisfait, le jeune homme trouvait ses phrases peu claires et absolument pas pédagogue, tout en se demandant comment on pouvait enseigner clairement la Divination aux sorciers. Lui-même possédait un don inné, et était bien placé pour savoir qu'il n'excellait pas dans tous les domaines de cette matière. Il possédait une certaine intuition, savait globalement déchiffrer les astres et certains rêves, se débrouillait avec la Sphère, mais rencontrait parfois des difficultés avec les feuilles de thé. Et malgré son don et les messages de ses rêves, il n'avait pas su comprendre le danger représenté par Delphini, ni les sentiments de Scorpius à son égard. Amusé, le jeune homme blond se rapprocha et posa son menton sur son épaule :
- Aie un peu plus confiance en toi, c'était bien ce que tu avais écrit.
- Je peux faire mieux ! grommela Albus.
Scorpius posa la baguette magique en cours de fabrication et lui arracha le parchemin des mains.
- Hééé ! Rends-le-moi !
- Oui, tout à l'heure, quand tu seras loin d'un encrier et que tu ne pourras pas tout raturer.
A contrecœur, Albus ferma le flacon d'encre qu'il avait amené et le rangea dans son sac. Son ami parcourut les lignes emplissant le parchemin et hocha la tête :
- Par moment, c'est mieux. Par contre, le deuxième paragraphe est moins clair que ta première version, je trouve.
- Je modifierai ça tout à l'heure, répondit Albus en s'allongeant dans l'herbe et en posant la tête sur les genoux de Scorpius.
Celui-ci sourit en lui caressant les cheveux.
Ils restèrent un long moment silencieux tout en regardant Merlin promener Ratibus perché sur son dos sur la rive du Lac.
Le soir tombait lorsque les deux camarades retournèrent au Château.
- Il faut que j'aille rendre un livre à la Bibliothèque, annonça Scorpius.
- Ok, on se retrouve dans la Grande Salle pour le dîner.
Le jeune homme blond acquiesça. Ils se séparèrent dans le hall.
Albus commença à ressentir comme une impression de malaise une fois dans la Salle Commune. Le feu dans la cheminée lui parut trop flamboyant, trop haut, trop brûlant. Les braises craquaient trop fort. Les ombres sur les murs devenaient menaçantes. Tendu, le jeune homme ne s'attarda pas et alla dans le dortoir où il déposa Ratibus sur le lit. Merlin l'avait suivi et se roula sur les couvertures de Scorpius en battant nerveusement de la queue, ses yeux bleus dévisageant Albus avec une telle intensité que celui-ci détourna les yeux. Il quitta le dortoir et la salle commune en se tortillant les doigts d'anxiété et en hésitant à rejoindre son petit ami à la Bibliothèque. Ils risquaient de se croiser sans se voir, Scorpius n'en avait pas forcément pour longtemps et pouvait redescendre par des passages secrets. Il se résolu à camper dans le hall, le nez levé vers les escaliers.
Les minutes s'écoulèrent, sa nervosité s'accentuait au lieu de se dissiper. Ce ne fut pas Scorpius qui arriva en haut des marches, mais Lily qui les dévala, au risque de se tordre le cou, en le voyant :
- Albus !
Essoufflée, l'adolescente s'arrêta près de lui :
- Scorpius est à l'Infirmerie, il m'a dit de te prévenir.
- Quoi ?! Qu'est-ce qui lui est arrivé ?
Elle secoua la tête :
- Je ne sais pas. Quand je l'ai croisé, il était avec une Poufsouffle qui l'escortait. Il avait des écorchures sur le visage et il gardait son bras contre lui, comme s'il avait mal.
Inquiet, Albus bondit dans les escaliers :
-Merci, Lily !
Le jeune homme cavala jusqu'au quatrième étage et entra en trombe dans l'Infirmerie. Mme Pomfresh faillit lâcher le flacon qu'elle tenait à la main de surprise :
- M. Potter ! Un peu de calme, je vous en prie !
- Désolé, marmonna-t-il tandis que l'Infirmière s'intéressait à nouveau au patient devant elle.
Assis sur le bord de l'un des lits, Scorpius se laissa docilement soigner en grimaçant lorsque la potion entrait en contact avec ses plaies.
- Comment va ton bras, mon garçon, s'enquit-elle.
Avec prudence, le jeune homme fit jouer ses articulations et sourit :
- Beaucoup mieux, je ne sens plus rien.
Les écorchures disparues grâce aux bons soins de l'Infirmière, Scorpius put sortir en compagnie de son camarade.
- Qu'est-ce qui t'est arrivé ?
Le visage maussade, le jeune homme blond secoua la tête :
- Je ne sais pas trop à dire vrai. J'étais dans l'escalier et j'ai senti mes jambes se bloquer, je suis sûr que c'était le Maléfice du Croche-Pied et du coup, je suis tombé dans les marches.
- On t'a volontairement fait chuter ? souffla Albus bouche bée.
- C'est peut-être juste un accident, le Maléfice ne me visait pas forcément.
Ils pénétrèrent dans la Grande Salle sans plus évoquer le sujet.
La question planait tout de même entre eux : s'agissait-il réellement d'un accident ? Et si non, pourquoi Scorpius ? Les rumeurs à son sujet s'étaient atténuées et lors de ces cinq premières années, jamais on ne l'avait ainsi agressé.
Le lendemain, il n'y avait plus de doutes : le duo d'amis était visé. En sortant d'un cours, le sac d'Albus avait craqué et s'était déchiré au beau milieu d'un couloir. Il avait d'abord cru que c'était à cause du poids de ses manuels, bien qu'étonné parce que son sac était tout neuf, avant d'examiner la déchirure avec attention en compagnie de Scorpius. Ce dernier était catégorique : le tissu n'avait pas craqué de façon naturelle, mais avec l'aide d'un Sortilège de Découpe.
- Deux incidents en deux jours, ça commence à faire beaucoup, commenta le jeune homme blond alors qu'il se rendaient dans la Grande Salle pour dîner. Tiens, salut, Lily !
La sœur d'Albus sautilla jusqu'à eux, le sourire aux lèvres :
- Scorpius ! Tu vas mieux ?
Il acquiesça :
- Mme Pomfresh m'a soigné en deux minutes, tout va bien.
L'adolescente hocha la tête avec soulagement. James se posta aux côtés de Lily :
- Salut, tous les deux.
Albus posa la main sur son cœur en adoptant un visage faussement étonné :
- Qu'ouïe-je ? Tu nous adresses la parole en public ? Rose risque de te faire une scène de scandale.
Il vit alors sa cousine descendre les escaliers en compagnie de Polly, la tête haute et prenant grand soin de faire semblant de ne pas regarder dans leur direction, exercice peu naturel puisque le quatuor se tenait aux pieds des marches.
James suivit les deux filles des yeux sans chercher à les rejoindre.
- Il y a un problème ? se risqua à demander Scorpius à James.
Ce dernier haussa les épaules :
- On s'est disputé. Bon, on va manger ?
Ils entrèrent dans la Grande Salle et gagnèrent leur table respective. Le jeune homme blond s'installa et se servit dans le premier plat à portée de main :
- Tu crois que ton frère et Rose ont rompu ?
Albus tourna la tête en direction de la table des Gryffondor : James parlait avec Lily et n'accordait pas la moindre attention à sa cousine et à Polly qui faisaient de même de leur côté.
- On dirait… Il a peut-être enfin daigné mûrir un peu.
Son regard croisa celui de Hugo qui lui sourit en le saluant de la main discrètement. Il se dépêcha de remettre le nez dans son assiette lorsque sa grande sœur se tourna vers lui. Le geste n'échappa aucunement à Rose qui leva les yeux à son tour et rencontra ceux d'Albus. Ce dernier tressaillit et détourna la tête, le teint soudain un peu plus pâle que d'habitude.
- Qu'est-ce qu'il y a ? chuchota Scorpius.
- Rose m'a regardé comme si je la dégoûtais. Je sais qu'elle ne m'aime pas trop, mais là c'est un cran au-dessus…
- Que je sache, tu n'es pas responsable de leur rupture.
Albus ne répondit pas. Les sourcils légèrement froncés, il réfléchissait en se demandant ce que sa cousine avait encore inventé.
L'oreille tendue, Albus écouta la respiration paisible de leurs deux camarades de dortoir. Constatant leur sommeil, il se leva sans bruit, écarta les rideaux, puis se faufila dans celui de Scorpius qui sursauta en voyant sa silhouette apparaitre.
- Idiot, tu m'as fait peur ! rouspéta-t-il à voix basse tout en se poussant pour lui faire de la place.
Hilare, Albus se glissa dans les couvertures :
- Ta tête était impayable.
Les deux jeunes gens se blottirent l'un contre l'autre, sans plus échanger un mot. Scorpius caressa machinalement les cheveux noirs de son petit ami en songeant qu'il aimerait bien trouver un coin tranquille pour passer des moments en tête à tête, sans avoir la crainte d'être dérangé par d'autres.
