L'Art de Manipuler Son Monde FanFic 3
Chapitre 8
Grey était un peu stressé, à vrai dire il attendait au croisement d'une rue que Natsu apparaisse. C'était le matin, et le premier cours de la journée commençait dans une vingtaine de minutes. Largement assez de temps pour se rendre au Lycée. Grey tapait du pied, il avait arrêté son mp3 et enlevé ses écouteurs pour être attentif à ce qui l'entourait et ne pas louper le passage de son meilleur ami. Il avait réfléchi un peu et s'était dit que la meilleure façon d'avancer était de demander frontalement ce qu'il n'allait pas. Là, ils seraient entre eux et Natsu le ferait.
D'ailleurs Grey sentit son coeur battre plus fort, quand enfin il vit son meilleur ami. Il avait une montée d'adrénaline et de stresse. C'était fou. Son meilleur ami venait de le remarquer. Natsu le regarda, puis s'avança vers la direction du brun. Grey était rassuré dans un sens, au moins ça voulait dire qu'il ne comptait pas l'ignorer. Et qu'il était ouvert à la conversation c'était déjà ça. Maintenant, il fallait crever l'abcès. Quand ils furent l'un en face de l'autre, ils se saluèrent normalement. Ils se mirent pourtant à marcher dans le silence. Ce fut Grey qui se décida au bout de quelque minute à ouvrir la bouche.
"Natsu, dis moi ce qui va pas.
-Tout va bien quand je me remplis le bide à le faire péter."
Grey dut se faire violence pour ne pas rire. Mais la tête satisfaite de Natsu qui montrait bien qu'il avait encore trop manger à son petit déjeuner était juste hilarante pour Grey. Il n'y avait que son meilleur pote pour sortir des phrases pareil. Mais étrangement le brun ne sentait aucune tension comparée à la journée d'hier. Comme si celle ci n'avait jamais existé, Natsu se mettait à lui parler du match de ce soir.
Il reconnaissait qu'il avait déconné en ne venant pas à l'entrainement mais il tentait de se justifier en disant que faire un entrainement la veille d'un match ne servait à rien. Grey ne disait rien et se contenta juste de répondre de temps en temps. Ce n'était pas la première fois que Natsu réagissait comme ça. Un coup il pétait un plomb et le lendemain tout rentrait à la normale comme si la nuit avait apporté à Natsu les réponses qu'il voulait. Et Grey, même s'il savait qu'au fond son meilleur ami renfermait en lui ce qu'il n'allait pas, préférait pour l'instant faire pareil. Rien ne s'était passé. Il était comme avant, meilleur pote contre vents et marées. Grey ne tarda d'ailleurs pas à prendre part à la conversation de façon plus vive jusqu'au point où lui et Natsu commencèrent à se cracher des insultes à la tête car l'un n'était pas d'accord avec l'autre. Ca leur faisait du bien à tous les deux ce genre de moment. Ca leur servait d'exutoire à toute ce qui pouvaient les énerver. Et toutes les insultes qu'ils pouvaient reprocher au monde ils les libéraient de leur intérieur en se les lançant réciproquement à la tête. C'était pour ça qu'ils ne tenaient jamais compte des propos tenus pendant ces instants.
Les deux lycéens marchèrent en direction de leur bahut en réveillant au passage toutes les personnes qui pouvaient encore dormir. Ils finirent néanmoins par se calmer se mettant d'accord sur leur débat idiot, arrivant à un compromis. Il discutèrent un peu des cours, après avoir épuisé toute ce qu'il pouvait au sujet du match du soir, Grey en vient sans détour au cas "Lisanna". Il voulait savoir ce que ressentait son ami et si la rupture du mardi avait déjà fait effet ou non.
"Je sais pas, c'est bizarre. Je l'aimais vraiment mais je sais que de toute façon on se remettra plus ensemble..."
Natsu avait dit ça d'un ton neutre, les mains dans les poches son sac étant en bandoulière. Grey ne ressentait pas vraiment de tristesse, juste de la fatalité émanant de son ami. Oui, pour sûr, Lisanna était en couple avec une femme. Rien ne la ferait revenir vers un homme, et surement pas son ex petit ami. Grey compatissait, il pouvait comprendre que la pilule était d'autant plus dur à avaler parce que si Lisanna l'avait quitté ce n'était pas parce que Natsu avait des défauts qui ne convenaient plus à Lisanna. Non, c'était juste parce qu'il n'était pas une grande brune avec des seins et des hanches de fou. Grey avait déjà vu Cana et il savait de quoi il parlait quand il l'a décrivait.
Mais une question de Natsu surpris Grey, celui ci lui demandait comment ça se passait avec "Luigi". Grey mit un moment avant de comprendre de qui il parlait, puis il tiqua. Il hésitait à se frapper le front face à la débilité de Natsu.
"Lucy, L-U-C-Y, du con c'est pas dur à retenir."
Natsu rigola un peu trop fort au goût de Grey, d'autant plus qu'il ne comprenait pas ce qu'il y avait de drôle. Ce qui ferait rire le brun serait plutôt la mémoire de poisson de son meilleur ami. Il ne lui demandait pas de retenir des formules de maths quand même juste un putain de prénom de quatre lettres.
Mais Grey finit par répondre à la question de Natsu, pour une fois que celui-ci était curieux sur ses relations amoureuses. Remarques il fallait dire que Grey collectionnait les plans culs, il comprenait que ça n'intéresse pas son pote.
"Bah ça va, c'est cool, elle est gentille et toute mignonne, non ?"
Natsu lâcha un vague, oui oui, histoire de faire plaisir à son meilleur ami. Mais en dehors du fait que la blonde était jolie, ça il ne pouvait pas le nier, Natsu n'avait pas assez discuté avec cette fille pour confirmer qu'elle était bien gentille. Après tout, il en avait une impression mitigée, déjà parce qu'elle était très amie avec Lisanna et ensuite parce qu'elle était un peu sortie de nul part. Natsu ne savait pas quand Grey l'avait rencontré, ni depuis quand ils étaient en couple.
Et il fallait dire que c'était louche que du jour au lendemain son meilleur pote se mette en couple de manière plus ou moins "sérieuse". Grey était du genre à ne pas vouloir se prendre la tête. Mais bon, s'il avait envie de prendre soin d'une fille pour une fois, Natsu n'allait pas l'en empêcher. Il espérait juste que cette fille était sincère aussi.
Lucy était au centre de documentation et d'information de son lycée. Il était au environ de dix heure, et elle avait encore du temps avant le prochain cours. Elle venait souvent ici, même si le centre était pauvre en livre, il y contenait les classiques littéraires et pas mal de manuel scolaire. Mais ce qui intéressait par dessous tout Lucy c'était les ordinateurs mis à disposition des élèves. Elle était assise à l'un d'entre eux, l'écran affichait une page blanche. Elle aimait écrire, et elle voulait un jour publier un roman. Alors elle s'y prenait dès maintenant. Alors certes, elle se doutait bien que les mots qu'elle alignait aujourd'hui ne vaudrait jamais un prix littéraire, mais l'important était de s'entraîner. Son histoire ne volait pas très haut, c'était l'histoire d'un chat bleu qui rêvait de sortir avec une chatte blanche dont il était amoureux. Lucy aimait bien cette petite histoire comique, faire parler des chats étaient très amusant. Elle rigolait toute seule devant l'ordinateur, ça lui valut un regard interrogatif de la part de la documentaliste.
Lucy fut morte de honte. Elle concentra son attention sur ce qu'elle était en train d'écrire, ça l'aidait à dissimuler son état de malaise. Elle repensait à Natsu, et à Grey, elle espérait tellement que le match de ce soir se passerait bien. Pour eux, mais aussi pour son frère. Il jouait dedans aussi. Mais elle avait confiance en lui, il était un bon joueur. Ca devrait aller, pourvu que ça aille.
C'était déjà le vendredi, et lundi elle devrait donner à Grey sa dissertation, tout s'arrêterait. Elle l'attendait avec impatience mais en même temps si elle pouvait retarder un peu la fin de cette semaine, elle ne dirait pas non. C'était contradictoire et elle le savait. Mais elle commençait à apprécier Grey, puis elle pouvait enfin s'approcher de Natsu. Elle espérait sincèrement qu'il la trouvait jolie, et qu'à la fin du chantage de Grey, il viendrait la voir pour discuter. Mais elle se faisait des idées, il ne s'était rien passer, et elle avait même l'impression qu'il ne l'aimait pas. Tout ça à cause des histoires de Lisanna.
"Hey, Lulu !"
Lucy sortit de ses pensées et se tourna pour voir Levy s'asseoir sur la chaise à côté de la sienne. Elle lui sourit, elle était contente de la voir. C'était un peu leur moment à toutes les deux le vendredi matin pendant les deux heures de trou. Alors que tous les autres sortaient du Lycée, comme c'était autorisé, elles allaient au CDI. La documentaliste était ravie de les voir à chaque fois. Il fallait dire qu'il n'y avait pas vraiment foule ici. Comme si les lycéens n'appréciaient pas la lecture, même ceux qui passaient le bac Littéraire ne venaient pas.
"C'est mignon ce que t'écrit !"
Levy rigola un peu après avoir dit sa phrase. Elle jetait des coups d'oeil à l'ordinateur de Lucy depuis tout à l'heure, et elle aimait beaucoup ce qu'elle y lisait. Levy croyait en les talents d'écrivains de son amie. Lucy lui avait déjà fait lire quelque petites histoires, et elle trouvait que le style d'écriture était vraiment agréable. Mais il pouvait être différent d'une histoire à l'autre. Quand Lucy écrivait sans se prendre la tête son style était simple, direct, et faisait souvent sourire. Mais quand elle prenait son temps, qu'elle réfléchissait à chaque mot, à chaque sens que pouvait avoir un paragraphe, son style devenait très beau, très littéraire.
"Tu es vraiment gentille à m'encourager, Levy."
Elles se sourirent mutuellement, elles discutèrent de l'histoire sur les chats que Lucy était en train d'écrire. C'était vraiment les moments que les deux jeunes adoraient le plus. Parler écriture, littérature, ça les faisaient vibrer. L'une rêvait d'écrire un roman et l'autre de l'éditer. Il y avait la future écrivaine et la future éditrice. Elles se destinaient toutes les deux à une carrière dans le secteur du livre, ça c'était certain. Et même si ça les inquiétait, car le secteur était bouché et que le livre papier était en cours de disparition avec l'arrivé du numérique. Elles gardaient espoir.
Après tout, rien ne remplaçait le contact avec le papier, son odeur et la satisfaction d'avoir une petite bibliothèque remplie chez soi pour montrer qu'on était un peu érudit. D'autant plus que si Lucy réussissait à se faire publier un jour, elle voudrait avoir son livre dans les mains, de manière matérielle. Si elle devait juste le voir publier en version numérique, elle serait remplie de frustration. Avec la crainte que son bouquin puisse être supprimé une fois que les gens l'auraient acheté puis lu. Après tout à quoi ça servait de stocker un livre numérique pendant des années ? Alors que la version, une fois achetée ne disparaissaient jamais vraiment. Quand on ne voulait plus du livre, on le donnait, ou on en faisait dont à une bibliothèque, ou on le revendait à qui le reprenait. Lucy espérait que les gens qui jetaient les livres, n'existaient pas vraiment.
"Tu sais Lucy, la dernière fois en allant aux toilettes, j'ai vu un mec qui s'y était lavé les cheveux."
La blonde regarda son amie d'un air étonné. C'était pas vraiment banal en soi, après tout, qui se lavait les cheveux dans les petits lavabos des toilettes du Lycée ? Mais la vrai question était : il y avait vraiment un mec qui se baladait avec du shampoing dans son sac ? Lucy rigola à cette idée.
Elle imaginait déjà un gars aux longs cheveux soyeux. Un punk ou un homosexuel. Ou alors, il était juste un maniaque de la propreté. En réalité, il y avait plein de raison à avoir un shampoing dans son sac. Lucy, elle, avait bien du déodorant, du produit hydroalcoolique pour les mains, une brosse à cheveux, une trousse de maquillage, un miroir. Bref pourquoi un gars ne pourrait pas considérer son sac comme une trousse de secours parée à toute éventualité ?
"Il était vraiment mal élevé, en plus, il avait des piercing hideux sur le visage."
Lucy devenait de plus en plus curieuse. Levy était pourtant du genre à aimer les piercings, et aussi les tatouages mais un peu moins. Bien sûr, ses parents ne lui donneraient jamais leur autorisation, mais ça n'empêchait pas la jeune femme de s'y intéresser. D'ailleurs Lucy ne manqua pas de faire remarquer à son amie, qu'elle n'était pas très cohérente.
"C'est vrai, mais sur lui, c'était moche."
Les deux amies rigolèrent le plus discrètement possible. Mais, elles se firent quand même gentiment reprendre par la documentaliste. Elles continuèrent de parler de ce gars aux piercings, et la description qu'en avait Levy, faisant penser à Lucy que peut être l'avait-elle déjà croisé quelque part. Un gars aux longs cheveux noirs et au visage percé, lui disait quelque chose. Et plus elle y réfléchissait et plus elle était sûre d'elle.
"Oh mais je sais, c'est un ami de Natsu et Grey, il est dans leur équipe de foot."
Levy la regarda un peu étonné que son amie connaissent ce genre de type. Mais comme Lucy sortait avec Grey, forcément elle côtoyait les joueurs de foot. D'ailleurs Levy n'avait pas encore abordé ce fameux sujet. Elle n'osait pas trop, même si elle et Lucy étaient de très bonne amie, elles ne s'étaient jamais confiées sur leur histoire d'amour. Surement parce que quand Lucy était tombée amoureuse, elle n'avait mis au courant que Lisanna. Et celle-ci était une telle pipelette que ça lui était sortie sans même qu'elle s'en soit rendue compte. Mais voilà, elle n'avait pas donné le nom du garçon et Lucy ne l'avait jamais dit à Levy. Et Levy ne confiait pas aux gens ses secrets si ceux ci ne lui en confiait pas en retour.
Donc Levy restait muette, même si de nombreuses question lui brûlait les lèvres. Elle mourrait d'envie de savoir si Lucy était heureuse, ce que ça faisait d'avoir un amour réciproque, d'être en couple avec un gars comme Grey. Levy était une adolescente comme les autres, elle avait des questions de comère. Elle même n'avait jamais eu de copain. Et dans leur groupe à part Lisanna qui passait son temps à rompre et se remettre avec la même fille, et Erza coincée dans une histoire compliquée, on ne pouvait pas dire que c'était la grande réussite niveau couple.
Alors Lucy était un peu la première à qui elle pouvait poser ce genre de question. Et pourtant, elle s'en empêchait. Comme si, elle avait peur que Lucy lui dise de se mêler de ses affaires.
Lisanna était dans sa dernière heure de cours de la matinée. Elle n'arrivait juste pas à se concentrer correctement, d'autant plus que la poésie n'avait jamais été son truc. Elle préférait le théâtre, c'était plus vivant. Dans le théâtre elle aimait surtout le fait de pouvoir jouer la comédie. S'imprégner d'un rôle, d'un personnage et chercher à comprendre qui il était et pourquoi il réagissait d'une manière et pas d'une autre à certaine situation. Lisanna voulait monter sur scène, jouer la comédie, pouvoir être une personne qu'elle n'était pas le temps d'un spectacle.
Parce que dans sa vie, elle avait l'impression qu'elle jouait également un rôle. Et cela commençait à lui peser. Elle en avait marre de dépendre de ses sentiments, de passer pour l'idiote ou l'inconsciente. Alors certes, elle s'était entichée d'une femme volage, et l'avait suivi jusque dans un pays étranger (avec l'accord de ses parents évidemment). Elle se sentait stupide et parfois elle se surprenait à penser qu'elle aurait mieux fait de continuer à s'intéresser aux hommes plutôt qu'aux femmes. Mais ce n'était pas comme si, elle pouvait décider de pour qui flanchait son coeur.
Quand la sonnerie retentit, Lisanna sortit directement son téléphone avant même de ranger ses affaires. Depuis qu'hier, elle avait reçu un premier message de sa 'petite amie', elle en recevait en boucle. Et même si Lisanna avait décidé de faire la sourde et de ne pas répondre, elle ne pouvait pas s'empêcher de lire. Cana était dure dans sa façon de lui parler, parce qu'elle ne se rendait juste pas compte que Lisanna et elle n'avaient pas du tout la même vision des choses. Cana voulait vivre sa jeunesse de façon la plus libre possible. Elle ne voulait pas s'emprisonner dans une relation mais elle tenait à Lisanna malgré tout.
La jeune fille le savait dès les débuts de sa relation avec Cana. Celle-ci ne lui avait jamais caché ni sa manière de vivre ni sa manière d'aimer. Mais Cana était plus âgée, elle avait plus d'expérience et Lisanna se demandait si elle croyait encore en l'avenir de leur relation. Il fallait dire que c'était du n'importe quoi, ce bordel. Lisanna se rappelait encore de la tête de son père quand elle lui avait dit qu'elle voulait aller faire ses années de lycée dans un autre pays, tout ça pour suivre une fille de dix neuf ans qui devait partir rejoindre son père qui vivait à l'étranger.
Finalement son père le lui avait interdit, mais elle était partit quand même, parce que Lisanna était une inconsciente. Elle s'était déscolarisée pour suivre une femme qu'elle ne connaissait que depuis quelque mois. Heureusement Lisanna avait eu un éclair de lucidité et avait appelé ses parents en catastrophe pour qu'ils viennent la chercher. Son père avait d'abord voulu la laisser dans sa merde noire. Mais il était son père, et l'idée de la laisser dans un pays inconnu à la merci du premier psychopathe l'avait fait bondir dans le premier avion pour la ramener chez eux. Il s'en était suivit une bataille avec les institutions éducatives pour permettre à Lisanna de rentrer dans un lycée avec trois mois de retard.
Quand elle repensait à tout ça, elle se disait qu'elle ne pourrait jamais pardonner à Cana de l'avoir entraîner dans une situation pareil. Et elle ne se sentait même pas coupable. Pire, elle accusait Lisanna de l'avoir abandonné. Alors, peut-être qu'elle était toujours amoureuse de Cana, et qu'elle attendait juste qu'elle revienne, mais jamais elle ne la suivrait à nouveau ni elle ni personne d'autre. Lisanna ne quitterait plus jamais rien pour une histoire d'amour. Sa seule valeur sûr était ses parents et il lui avait fallu toute cette escapade pour le comprendre.
"Lisanna, j'aimerais fermer la salle."
L'enseignante venait de la sortir de sa bulle, Lisanna se rendait compte qu'elle n'avait toujours pas bouger. Elle était restée immobile les yeux sur son téléphone. Elle s'excusa brièvement et jeta ses affaires dans son sac, mit son manteau et déguerpit de la salle.
C'était l'heure du déjeuner, mais Lisanna n'avait pas vraiment faim. Elle s'essaya dans les marches de l'escalier qui séparait le premier du deuxième étage. Elle regardait les lycéens descendre avec une rapidité dangereuse. Elle ressortit son téléphone. Le dernier message de Cana lui disait d'arrêter de faire la capricieuse et de lui répondre. Peut être qu'il était mieux pour elles deux que tout s'arrête. Après tout, Lisanna n'était qu'une Lycéenne, Cana une étudiante, elles ne vivaient plus dans le même pays. Et une relation à distance rongerait Lisanna, qui savait pertinemment que Cana ne lui resterait pas fidèle le moins du monde. Mais elle avait besoin de réfléchir plus, Lisanna ne se sentait pas prête à stopper sa relation. Elle gardait toujours l'espoir naïf de voir sa petite amie débarquer du jour au lendemain pour lui dire ce qu'elle avait envie d'entendre.
"Lisanna, ça va ?"
Elle tourna la tête pour voir sa grande sœur debout à coté d'elle. Mirajane venait de sortir de son cours d'Histoire. Lisanna reprit un peu de contenance et se releva. Les deux sœurs discutèrent un peu de tout et de rien. Mirajane ne fit aucune allusion à la tristesse qui transparaissait sur le visage de sa sœur. Elle savait à quel point Lisanna était une fille fragile émotionnellement. Mirajane s'en voulait énormément, puisque s'était elle qui avait présenté Cana à sa sœur. Elle l'avait rencontré à un cour particulier d'art martiaux. Si elle avait su que Cana et sa petite sœur tomberaient amoureuse l'une de l'autre entraînant toutes les conséquences qui ont suivit, elle se serait bien gardé de les mettre sur le même chemin.
"Mira, Cana me harcèle depuis hier."
Elle grimaça, elle ne savait pas quoi dire à sa sœur. Elle avait beau adorer se mêler de la vie des gens, Mirajane n'aimait pas quand les choses tournaient au vinaigre. Elle prit la main de Lisanna et lui sourit tendrement.
"Ecoute, si tu ne veux pas lui répondre ne le fait pas. Mais si tu veux lui répondre, alors ne réfléchit pas trop, fait le juste."
Lisanna allait lui répondre quelque chose quand quelqu'un les interpella. C'était Jason qui voulait discuter de la prochaine édition du journal. Lisanna rigola un peu en voyant l'excitation des journalistes du lycée. Elle laissa sa grande sœur partir de son coté, et Lisanna regarda à nouveau son téléphone. Mirajane avait raison.
La seule chose que Lisanna pu faire dans l'instant, ce fut de répondre à Cana pour la première fois depuis qu'elle l'avait quitté. Et elle laissa exprimer tout son désarrois, toute sa frustration et sa colère envers à la fois la situation mais aussi sa petite amie.
"Vas te faire foutre."
