Note d'auteur: Bonjour les gens! J'espère que ce chapitre vous plaira! Ici, on en apprend un peu plus sur Sevy!

Bonne lecture!

À Jeudi prochain!

Ps: Le fameux t-shirt "your life is a joke" que porte Evan est l'un des miens. J'ai trouvé ça marrant d'ajouter une petite note perso'.

Et vous? Vous l'avez ce t-shirt?


Mon souffle se coupe. Merde! Il a décroché du premier coup le con! Tendu, j'ouvre et referme la bouche, forçant le barrage de mes cordes vocales pour tenter d'émettre un son, sans succès. Il insiste.

-Evan?

Les mêmes larmes de frustration me montent aux yeux. Je raccroche et je jette mon téléphone d'un geste énervé sur mon bureau avant de me précipiter dessus. Faites qu'il soit pas cassé, putain! Greg' ne m'en achètera pas un autre et c'est le seul truc pour écouter de la musique que j'ai!

Ouf! Il a rien… Je le repose délicatement et pars m'asseoir sur mon lit, au fond de la pièce.
Les minutes passent, dans une attente intenable. Il ne rappelle pas et la tension quitte peu à peu ma poitrine, libérant le souffle que je retenais jusqu'alors sans m'en rendre compte.

Je reste prostré sans voir le temps passer jusqu'à ce que quelqu'un frappe à ma porte. Quoi encore?!

–Evan?

Je me retourne pour découvrir Phil' sur le pas de la porte. C'est pas le moment. Je chiale, merde! J'essuie rapidement mes larmes mais le mal est fait. Il le remarque et vient poser sa main sur mon épaule, dans une vague tentative de réconfort. Fous moi la paix, bordel, j'ai pas besoin de ta pitié! C'est rien ça! J'ai déjà vécu pire je te rappelle! J'ai pas besoin de toi!

–Monsieur Snape m'a appelé…

Ah merde, l'autre lui a déjà dit! Il a pas trainé celui-là!

–Tu aurais essayé de l'appeler?

Je hausse les épaules. C'est pas le moment de me chercher avec ça. J'ai pas envie d'en parler. Et je sais pas parler de toute façon! Il soupire et vient s'installer sur le lit. Il ne s'en ira pas.

–Et si… si tu lui faisais un message? Tu écris bien à Greg' alors…

Je me tourne vers lui et lui adresse un regard noir. Et qu'est-ce que tu veux que je lui dise?! "Salut, je suis le trou du cul d'orphelin que t'as laissé derrière toi!"? Sympa comme premier message d'un fils à son père, non?! Phil' me regarde longuement avant de soupirer. C'est pas facile pour lui mais c'est pas facile pour moi non plus!

–Une photo? Une musique?

Un bon majeur fièrement dressé, quelle bonne idée! Cette réflexion m'arrache un sourire.

–Je… Il était inquiet à propos de cet appel, il avait peur que tu sois… dans le même état que la dernière fois. Je lui ai proposé de venir demain…

Une deuxième rencontre, évidemment… Je soupire. Phil' ne lâchera pas le morceau comme ça. Il veut me voir dans une bonne famille. Avoir une belle vie et pas celle d'un délinquant fumeur et débauché.

– Je vous laisserai tous les deux… Monsieur Snape a des choses à te dire et peut-être que toi aussi…

Sur ces mots, il resserre son étreinte sur mon épaule, me murmure des encouragements avant de s'en aller. Demain…

Une boule se forme dans ma gorge alors que le reste de la journée passe au ralenti. J'ai vaguement conscience que Greg' m'apporte un sandwich auquel je ne touche pas. Pas que je veuille le gaspiller, mais j'ai trop la nausée pour songer à manger. Peut-être plus tard…

Je vais prendre une douche avant de m'étendre dans mon lit sans toutefois fermer les yeux. Je n'y arrive pas. Des scénarii de rencontre tournent sans cesse dans ma tête. Tous se finissent mal: je me braque, je casse tout, ce truc se manifeste, Snape renonce et abandonne. Je ne sais pas lequel est le pire. C'est dingue de réaliser que d'un coup, on se retrouve avec un père et que, d'une seconde à l'autre, il peut disparaitre comme ça, sans prévenir.

Je tente en vain d'essayer de parler, de murmurer quelque chose, même un "salut" mais ça me demande trop d'efforts. Tellement d'efforts que j'en ai mal à la gorge. Je toussote alors que la frustration monte d'un cran.

Tu sais parler, Evan. Tes cordes vocales n'ont rien. Parle! La ferme, bordel! Les heures passent. Je n'ose pas fermer les yeux. J'ai peur de faire un cauchemar. Toujours le même, évidemment. La même série, du moins.

On frappe finalement à ma porte au bout d'une très trèèèès longue nuit.

–Evan? Monsieur Snape arrive bientôt… Tu viens déjeuner et t'habiller?

C'est Phil'. Il reste dans le couloir, évitant comme il peut la confrontation. Je me redresse dans mon lit, les membres raides. Ma tête est vide, l'angoisse surmonte tout et je n'arrive pas à réfléchir. J'ouvre la porte pour faire face à mon responsable. Il voit ma sale tronche, ça lui suffit. Il sait que j'ai passé une sale nuit. Je suis trop crevé pour riposter.

–Un croissant?

L'odeur de la viennoiserie m'arrache un gémissement maladif. J'ai la nausée, je ne suis pas en état de manger. Peut-être plus tard, mais pas maintenant. Comme le sandwich. Peut-être qu'après, j'y arriverai… Je suis déjà trop mince. Faut que je bouffe. Je dois prendre du poids ou je vais finir par disparaitre.

–Va prendre une douche, tu te sentiras mieux. Et… mets ce que tu veux...

Je ne relève même pas qu'il vient de me permettre de me saper comme j'en ai envie. J'ai déjà pris une douche hier mais une autre me ferait peut-être du bien.
Comme un robot, je me lave avant de quitter la douche pour faire face au miroir. Bordel, quelle sale tronche! Ça fait peur à voir.

Je détourne les yeux et enfile un t-shirt noir avec les mots "your life is a joke" tagué dessus en blanc avec un jeans large qui me retombe sur les fesses et des grosses baskets noires complètement défoncées. Génial… J'ai l'air d'un vrai mort vivant! Déjà que je suis blanc comme un macchabée alors m'habiller en noir… ça accentue le côté zombie.

Je quitte la salle des douches, dépose mes fringues dans la corbeille à mon nom et gagne le bureau de Phil', les pieds trainants et la tête basse.

–Bonjour Evan…

Je redresse la tête. Merde, il est déjà là. Je pensais que j'aurais eu le temps de respirer, de remettre mes idées en place avant la confrontation mais non…

–C'est gentil d'avoir essayé de m'appeler.

Quoi? Il se fout de ma gueule? Il sait très bien que je lui ai raccroché au nez! Je fais un pas en arrière, prêt à foutre le camp et à m'enfermer dans ma chambre.

–Écoute… Je sais que ça a été difficile pour toi… Mais je te remercie d'avoir essayé.

–Et si nous allions dans mon bureau?

–Ça ira, Philippe. Je pense qu'Evan a eu assez d'émotions pour cette semaine. Je suis juste venu déposer ceci.

Il me tend une enveloppe assez lourde que je prends d'une main maladroite et tremblante. Je pense qu'il voulait discuter avec moi mais à voir ma tête… Il a dû comprendre et renoncer. Pour cette fois. Snape me regarde puis fait demi-tour. Je fais un pas en avant, la main tendue, avant de me rétracter.

–Evan?

Snape se retourne en entendant Phil' m'appeler. Je hoche la tête en guise de remerciement à mon paternel. C'est tout ce que je peux faire, j'espère qu'il comprendra. J'ai horreur qu'on me prenne pour un demeuré.

–De rien.

Il s'en va et moi je regagne ma chambre, relâchant l'air que je contenais jusqu'alors dans mes poumons. Un jour je vais mourir d'apnée respiratoire moi! Je baisse les yeux sur l'enveloppe et l'ouvre délicatement. Mon coeur se serre. Maman.

Sans détourner mon regard de la photo de l'enveloppe, je referme la porte et m'allonge dans mon lit. Mes doigts retracent doucement les traits de ma mère. Elle est jeune sur ce cliché. La voir me fait plus de bien qu'il n'y parait. Une douce chaleur émerge dans mon corps.

J'ai grandi et je n'avais plus beaucoup de souvenirs d'elle. Je me souvenais qu'elle était brune, vaguement de sa voix douce mais les détails m'échappaient. Elle aussi avait les yeux gris. Je souris.

D'autres photos suivent. Maman avec Snape. Snape tout seul. Ils étaient jeunes tous les deux. En sortant la dernière photo, celle où ils sont enlacés dans les bras l'un de l'autre, une longue lettre quitte l'enveloppe. Est-ce qu'il avait vraiment prévu de me donner l'enveloppe et de partir? Comme ça?!

Cher Evan,

Tu dois m'en vouloir et je le comprends. Tu dois te sentir trahi et en colère contre moi et tu en as tous les droits. J'ai quitté ta mère, je vous ai abandonnés ta mère et toi, encore dans son ventre.

Écoute, j'ai besoin que tu comprennes que j'ai quitté Éléna pour la protéger. Ni plus, ni moins. Notre relation la mettait en danger, je n'avais pas le choix.

J'ignorais qu'elle était enceinte lorsque je suis parti. Je ne voulais pas qu'elle vive une pareille vie, l'angoisse au coeur et la mort à chaque coin de rue. J'ai… Je n'ai pas toujours été qui je suis, j'ai fait des choses que je ne me pardonnerai jamais. Des choses qui mettaient la vie de ta mère en danger.

Elle ne voulait pas que je parte mais je lui avais promis de revenir. Les courriers pouvaient être interceptés, je n'avais donc aucune nouvelle et j'ignorais que, quelques mois plus tard, elle te mettrait au monde et que sa santé déclinerait jusqu'à lui ôter la vie alors que j'étais en route pour venir vous retrouver. On m'a annoncé sa mort mais on ne m'a jamais dit que j'avais un fils sinon j'aurais tout fait pour te retrouver.

Je m'en veux énormément. Rien n'effacera jamais toutes ces années où tu as dû grandir seul. Je voudrais prendre soin de toi mais j'imagine que tu as besoin de temps pour y réfléchir.

Je suis actuellement professeur dans une grande école en Écosse. J'y ai également un grand manoir, légué par mon grand-père et qui pourra nous servir de maison si tu décides de vivre avec moi.

En attendant que tu prennes ta décision, je reste ici, près de toi, à l'hôtel St Martins Lane London à deux pas où tu peux me joindre.

Vivre une nouvelle vie peut te bouleverser, j'en suis conscient, c'est pourquoi je te propose de passer quelques jours chez moi durant ces vacances. Nous pourrions apprendre à nous connaitre, d'une manière ou d'une autre.

J'en ai parlé à Phil' et il semble partant. Nous attendons tous deux une réponse de ta part pour organiser cette expédition.

Ps: Les photos que je t'ai données viennent de l'album de ta mère. Ce sont les seules que j'ai gardées sur moi. Elle et moi avions à peine une vingtaine d'années. Je venais de terminer ma dernière année à l'école de Poudlard où je suis actuellement professeur et ta mère terminait ses études en littérature. Je regrette que la vie l'ait quittée si tôt.

Merci d'avoir appelé. Même si tu n'as rien su me dire, même si les mots sont restés, tu as fait cet effort et je t'en remercie.

À bientôt Evan!

Severus Snape

Merde. Merde. Merde! C'est quoi ce bordel? Une position dangereuse? C'est quoi cette histoire? Il se croit dans un film? Mais ça expliquerait tout. Tout ce que Maman disait. À chaque fois que je me plaignais qu'il soit parti, elle me répétait toujours de ne pas le détester. Qu'il avait fait ça pour nous. Même sur son lit de mort, elle lui avait adressé quelques mots. Ma tête se fait basse. Des larmes dévalent mes joues. Ma gorge se noue. Merde! Non, non, non et non! Ne pleurs pas! Mes poings s'abattent contre le matelas.

La journée vient à peine de commencer mais je n'ai déjà plus envie de faire quoi que ce soit. Je me remets sous ma couverture et je ferme les yeux.

Merde! Je me découvre un père qui mène une… double vie? Une vie dangereuse? Ensuite, j'apprends qu'il ignorait qu'il avait un fils. Ça a dû lui faire un choc autant qu'à moi mais ça fait trop à assimiler pour à peine quelques jours. Mes nerfs lâchent trop souvent en ce moment. Ça ne me plait pas.

Les nuits pratiquement blanches et ma perte d'appétit n'aident pas non plus.

Les heures passent, j'arrive pas à me rendormir. J'ai mis un peu de musique pour briser le silence. On dirait pas comme ça mais j'ai horreur de ça. J'ai toujours l'impression que c'est le calme avant la tempête et ça m'angoisse.

–Evan? Je peux entrer?

Je relève la tête. Greg se tient à l'entrée de ma chambre. Je ne l'ai même pas entendu frapper.

–Ça va? Tu tiens le coup?

Je soupire longuement alors que mon regard s'égare sur les photos que j'ai collées sur le mur près de mon lit. Gregory suit mon regard et s'en approche.

–Oh, tu as reçu des photos de ta maman! Tu lui ressembles beaucoup!

Je souris. Discrètement. J'aime pas qu'on me voit sourire. Mais c'est la première fois qu'on me le dit et ça me fait plaisir. Je me lève pour donner la lettre au Doc. Il me jette un regard avant de la prendre doucement pour la lire.

–Oh… Je vois. Ça doit être un sacré bordel dans ta tête!

Je souris. C'est rare de le voir parler ainsi, il fait son "Evan" comme dit Phil'.

–Tu vas accepter?

Je hausse les épaules, je ne sais pas trop, j'ai besoin d'y réfléchir.

–Tu pourrais passer la journée et revenir dormir ici non?

L'idée a du mérite. Je ne suis pas à l'aise en présence d'inconnus, même si c'est mon père. On ne se connait pas et passer la journée entière à se regarder ne m'inspire pas vraiment.

–Une journée? Juste un essai? On peut commencer par une journée ici si tu veux! Tu es dans ton élément, ça te rassurera!

Décidément, Greg' a de bonnes idées. Mon regard s'éclaire et je prends mon téléphone pour écrire quelques mots. Avec le Doc', tout semble être plus facile et les mots viennent naturellement sur mon portable. Des mois d'entrainement pour arriver à ce résultat. J'y arrive mais pas tout le temps. C'est… compliqué. C'est jamais moi qui décide quand ça marche et quand ça ne marche pas.

Pourquoi pas…

Greg' sourit et passe une main dans mes cheveux. Il me décoiffe et je râle un peu, plus pour la forme que parce que je suis réellement fâché. Je n'aime pas qu'on touche à mes cheveux.

–J'en parlerai à Phil' et on préviendra ton père. Mercredi?

Je hoche la tête.

–Bien! Tu verras, tout se passera bien!

Il me serre l'épaule en guise de réconfort et me parle brièvement de ce que nous pourrions faire mercredi. Ce serait l'occasion de montrer à Snape comment je vis ici.
L'angoisse s'estompe au fur et à mesure que je réalise que cette journée ne me semble pas si insurmontable. Je retrouve l'appétit et mange le croissant avant d'entamer le sandwich.

Greg' me regarde terminer mon sandwich puis s'en va et me couve du regard avant de me laisser. J'ai pris ma décision. Si ma mère l'a aimé, c'est qu'il en vaut la peine, finalement, mon crétin de paternel!