Note d'auteur: Bonjour/Bonsoir à tous et à toute! Voici la suite de l'histoire! J'espère qu'elle vous plaira!
Bonne lecture!
À Jeudi!
RAR Guest: Tu auras la réponse à ta question dans les prochains chapitres :)
Les jours s'écoulent lentement. Greg' m'a donné quelques pistes pour ma journée avec Snape. Phil' a donné son accord et m'a même proposé de faire une sortie en ville… mais en incognito. Il entend par là "sans faire de bêtises". Facile à dire. Plus difficile à faire. Mais je dois pouvoir faire ça. On commence par l'orphelinat. On verra pour la ville après.
J'ai pas envie que mon paternel constate que je suis une véritable bête de foire dans le quartier.
–Evan? Monsieur Snape est là!
Je soupire. Déjà. Je check l'heure. Ah oui, déjà. Il est sacrément ponctuel. Tout mon contraire en fait!
–Evan!
Oui, c'est bon, j'ai entendu, j'ai du mal à l'oral mais je suis pas sourd! Je sors de mon pieu, dépose mon casque sur mon bureau et quitte ma chambre pour rejoindre le couloir où Phil' m'attend.
–Il est dans mon bureau, ça va aller? Tu sais que tu peux venir me trouver moi ou Grégory si jamais…
Je hoche la tête. Ça va. Ça doit aller. Je le dépasse rapidement pour rejoindre Snape qui attend sagement devant le bureau de mon responsable. Je hausse un sourcil. Jean et haut noir. Intéressant. On s'est habillés pratiquement pareil si ce n'est que mon jean est troué et descendu au ras des fesses. Trop maigri. Il tient plus, j'y peux rien.
–Bonjour Evan
Je hoche la tête. C'est tout ce que je peux faire apparemment. Bon, d'abord, une clope. Je le regarde et lui fait signe de me suivre. On finit par gagner la cour où j'allume ma première cigarette. Je lui en propose une mais il la refuse. Merde, j'espère que c'est pas un de ces fameux cons qui combattent la cigarette!
–Tu fumes depuis longtemps?
Aïe… Je hausse les épaules. Oui, non, je ne sais plus. Je compte plus les années depuis longtemps. Il n'ajoute rien et me laisse fumer tranquillement.
–Tu as aimé les photos?
Je me tourne vers lui et lui adresse un pouce vers le haut. Ouaip même si j'ai pas vraiment compris ta lettre. Bon, va pas croire que je suis débile hein, manquerait plus que ça!
Il fait bon et les bruits de la circulation des rues derrière le grand mur qui scelle la cour comblent le silence qu'il y a entre nous deux. L'ambiance n'est pas aussi pesante que je l'aurais cru.
– Je… Je t'ai apporté un truc… c'est pas grand-chose mais Phil' m'a dit que tu apprécierais.
Je hausse un sourcil. Un cadeau? Qu'il n'essaie pas de m'acheter celui-là! Il me tend un petit sachet dans lequel je trouve une écharpe. Noire. Douce. J'apprécie, c'est vrai. J'ai cramé celle que j'avais avec des cendres de cigarette. Il y a un trou dedans mais je la conservais quand même. J'y suis attaché. Phil' a eu raison. Il me connait, cet enfoiré!
Severus ne me demande même pas si ça me plait. Il soupire longuement et regarde le ciel. Bleu. Sans nuage. Parfait pour un mois de Juillet.
–Oh, vous êtes là! Ça se passe bien?
Je jette un œil à Greg' qui vient prendre l'air à sa pause, comme il le fait tous les jours. Je lui désigne le paquet et il sourit. Lui aussi était au courant. Moi j'ai rien prévu. Je suis pas à l'aise avec ces choses là… Je réalise que j'ai même pas su lui dire "merci", merde!
La sonnerie retentit. Le temps est passé sans même que je ne m'en rende compte.
–Ah, c'est l'heure! Severus, cette cloche annonce l'heure des repas. Je vous laisse avec Evan mais si vous avez des questions, je suis là.
Une manière de m'épargner d'autres échecs vocaux. Merci Greg'! La cloche sonne une seconde fois et je lui adresse mon majeur. Bordel, tais-toi, on est pas sourds! J'oublie Snape et reviens sur mes pas pour lui faire signe de me suivre.
On passe dans le couloir où d'autres enfants débarquent pour gagner le self. Severus me suit toujours, un peu perdu et nous faisons la file. C'est amusant. Presque.
On patiente une dizaine de minutes avant de pouvoir se servir. Je me dépêche toujours quand ça sonne sinon je dois toujours attendre une plombe et ça m'énerve. Je me sers vaguement des pâtes aux quatre fromages alors que lui pioche plutôt dans la viande, les pommes de terre et les légumes. Mouais. Au moins il ne fait aucun commentaire sur mon régime alimentaire. De toute façon, je bouffe ce que je veux, je prends pas un gramme de graisse! Je prends un soda et le regarde distraitement observer ce qui l'entoure.
Je soupire et lui attrape le poignet pour le conduire au self des surveillants où il se prend un café avant que je ne l'entraine à nouveau vers une table à l'écart. Ma table. Je soupire. Finalement, ça ne se passe pas si mal que ça …
Je m'assieds tranquillement et le regarde prendre place en face de moi avec son plateau. Je le regarde un moment avant de prendre une bouchée de pâtes.
–Ça ne fait pas mal les tatouages?
Je me redresse. Plongé dans mon assiette, la tête basse, je l'oublierais presque tellement il est discret mais il était pas là avant, il faudrait pas qu'il vienne me dicter sa loi maintenant! Je hausse les épaules. Ça dépend les gens et ça dépend les endroits. J'ai connu pire qu'une aiguille me déchirant la peau alors bon… Moi ça ne me fait plus rien à force.
–J'imagine que tu en as beaucoup…
Et ouais, mec! J'approuve totalement en relevant légèrement mon t-shirt, dévoilant quelques tatouages sur mon torse légèrement musclé. Je suis fin, certes, mais mes nombreuses fugues et cavales m'ont donné plus de muscles que je ne l'aurais crû. Cadeau d'un ami du quartier. Je lui fais sa pub et en échange, les tatoos sont gratos. Il se redresse à son tour et me montre son avant bras gauche. Ouah, stylé!
–C'est… Lorsque j'étais jeune j'ai rejoint un clan… Le chef m'a marqué comme du bétail et je n'ai pas apprécié mais j'imagine que nous avons tous deux une perception différente de la chose.
Oh… Pas cool. Je comprends mieux la tête de mort à l'encre noire. Moi j'utilise ces trucs pour me souvenir mais aussi pour me cacher. La plupart du temps, les gens essaient tellement de distinguer mes tatouages et de les compter qu'il ne remarque pas ma sale gueule qui va avec et je suis relativement tranquille.
Lui n'a pas eu le choix. Pire que tout, il garde la trace de tout ce qu'il a fait. Pour un détenu, ça fait peut-être classe, mais pour lui… Il me fait presque pitié.
Dans un silence qui se fait un peu plus pesant, nous terminons notre assiette avant de soupirer et de nous affaler sur nos chaises respectives.
–Je prendrais bien un dessert, pas toi?
Je lui adresse un regard alors qu'il observe le self. C'est vrai que j'ai plutôt faim. Je n'ai pas exagéré sur les pâtes en me disant que ce serait galère de manger mais le fait que tout se passe bien m'a ouvert l'appétit.
–Deux mousses au chocolat? J'ai un faible pour le chocolat.
Je lui adresse un pouce en l'air en réprimant un sourire. Moi aussi, j'ai un faible pour le chocolat, c'est marrant ça!
–Attrape!
Je saisis au vol la mousse en chocolat avec la cuillère collée dessus et l'ouvre dans un geste précis, habitué. Je n'attends pas et dévore tout son contenu en quelques secondes à peine. Pas l'habitude de manger avec quelqu'un. Heureusement, il ne râle pas sur mes manières. J'en ai pas de toutes façons…
–Alors comme ça, toi aussi tu aimes le chocolat! Moi, c'est ta mère qui m'a contaminé! Je crois qu'elle nous a contaminés tous les deux!
Il sourit, sans doute nostalgique. Je pensais qu'il forcerait un peu la discussion mais il semble s'être habitué à mes silences. Tant mieux. Il est assez patient. Le côté prof peut être…
Mes précédents tuteurs ont toujours essayé de me faire émettre le moindre son, même par la force s'il le fallait. Certains m'ont frappé, parfois fort, parfois pas suffisamment pour laisser des marques mais je n'ai jamais crié.
Si j'ai bien un principe, c'est de toujours faire le contraire de ce qu'on me demande! Juste pour faire comprendre aux gens que c'est moi qui décide.
Il continue de me parler, de maman, de souvenirs. Moi je l'écoute, je ne sais pas faire autrement et, même s'il doit parfois voir ma bouche se contracter pour tenter de cracher un "merci", il ne dit rien.
Le self est déserté peu à peu et je lui fais signe de sortir. Nous regagnons finalement ma chambre et je m'installe dans mon lit, lui laissant ma chaise de bureau.
–Jolie décoration…
Cette remarque achève de me mettre de bonne humeur. Il est sympa comme père, finalement! Pas trop casse couille, loin des autres pères potentiels que j'ai pu rencontrer. Heureusement parce que celui-là, c'est le bon et que je pourrai pas en changer.
Mon sourire retombe alors que le silence se fait dans ma piaule. C'est difficile, je ne supporte pas vraiment ça et je peux pas mettre de la musique et faire comme s'il n'était pas là… Je le regarde pendant qu'il observe ce qui l'entoure. Il jette un œil approbateur aux photos que j'ai installées au dessus de la tête de mon lit lorsque ma porte s'ouvre.
Oh bordel, qu'est-ce qu'elle fout là? La mini jupe beaucoup trop basse et son haut beaucoup trop haut, la tonne de maquillage noir sur la tronche, Sandy nous fait une entrée fracassante digne d'une prostituée.
Je ne l'aime pas comme ça mais elle s'est mise en tête de me plaire, sans doute pour continuer de coucher avec moi mais c'est mort. Ma queue ne daigne même pas se réveiller. Snape me regarde, interrogateur. Oh, merde, il va quand même pas croire que c'est ma copine, si?
–Evan!
Je grimace, sa voix trop aigue pour être vraie me vrille les tympans. Ecœurant. Elle se glisse dans mes bras mais je la repousse plusieurs fois. Elle insiste, ça commence à m'énerver.
–Mademoiselle, il me semble qu'Evan ne souhaite pas… que vous lui tombiez dans les bras alors je vous demanderais de bien vouloir sortir.
Elle lui adresse un œil agacé auquel il répond par un regard noir. Okay, je sais de qui je le tiens celui-là! Même à moi il me fait frissonner.
Sandy agrippe mon haut et je lui prends les poignets pour la faire lâcher prise. Elle peste et Severus fait un pas en avant. Vaincue, elle sort.
Tant mieux, je me demande ce qui m'a pris de la baiser, elle est chiante comme meuf! Je l'aurais mise à la porte s'il ne l'avait pas fait fuir.
– Ce n'est pas une amie à toi… j'imagine…
Je lui adresse un regard presque reconnaissant. J'espère qu'il comprendra avec ça. Ce genre de filles, c'est vachement collant. Il est fort comme type! Cette assurance, cette froideur… C'était impressionnant.
–Je vais devoir y aller. Je peux revenir la semaine prochaine si tu veux. Passe par Phil' ou envoie moi un message.
Quoi? Déjà? Mais… La journée est passée sans que je ne m'en aperçoive et je n'ai même pas dit un mot! Il doit être déçu j'imagine… Il se lève, se dirige vers la porte quand mes jambes bougent toutes seules et que je me retrouve à tirer à mon tour sur son haut.
–Evan?
Ah euh… merde. Réflexe. Je le lâche avant de réfléchir en toute hâte. C'est le moment où jamais. De la tête, je désigne l'écharpe que j'ai laissée sur le lit et ouvre la bouche. J'y arrive pas.
Je n'y arrive toujours pas et c'est mon père! Vaincu, je parle sans émettre un son. Il me regarde avant de passer une main dans mes cheveux.
–De rien, Evan! À la semaine prochaine? J'aimerais qu'on discute sur la possibilité que tu passes une journée à la maison…
Mon regard se voile mais si j'ai survécu à aujourd'hui, je devrais pouvoir passer une journée chez lui sans avoir l'atroce impression de ne pas être à ma place. J'acquiesce doucement. Même si je refuse, Phil' s'arrangera de toute façon pour que j'y aille.
Le moment viendra un jour où j'aurai trouvé ma place quelque part dans ce monde chaotique. Oui, ça viendra.
