NdA: Bonjour! Bonne lecture! J'espère que vous apprécierez ce chapitre! ^^ N'hésitez pas à me faire part de votre avis dans les commentaires ;)


Je retiens ma respiration. Évidemment, j'aurais dû y penser. Même quand ces types s'en sont pris à elle, elle avait l'air persuadée que c'était de sa faute.
Alors que, pendant tout ce temps où je me demandais comment j'allais l'aborder à nouveau ou même si j'allais revenir vers elle, elle se convainquait qu'elle était en tort. J'ai envie de lui glisser une main dans les cheveux, de la rassurer, de lui dire que ce n'est pas de sa faute, que je ne suis pas fâché, que c'est moi qui ai joué au con.

Alors pourquoi aucun son ne franchit mes lèvres? Elle me regarde et je peux clairement voir les larmes aux coins de ses yeux. Comment lui expliquer que je finirai par la détruire si je reste avec elle… Je ne suis pas ce que l'on peut appeler quelqu'un de gentil malgré tout ce qu'elle peut penser de moi. J'ai fait des choses dont je ne suis pas fier: j'ai combattu dans les rues bien plus souvent qu'à mon tour, j'ai bu comme un alcoolo en manque même si je ne supporte pas l'alcool, j'ai failli faire un coma éthylique et j'ai baisé tant de filles dont je ne retiens même pas les noms et que je ne prends même pas la peine de compter. Une vie pourrie pour un mec pourri.

En trainant avec elle, j'avais un peu oublié le genre de mec que j'étais mais je me suis souvenu et je sais pourquoi je suis devenu ainsi. Ça commence par une amitié, enfin, c'est ce que je pensais. Quand je suis devenu le souffre douleur de l'orphelinat, tous m'ont tourné le dos et j'ai appris à ne compter que sur moi-même et à me forger une carapace. Je ne veux plus revivre ça, c'était la raison pour laquelle je m'étais endurci. Comment ai-je pu oublier?

Et là, elle me fait face avec son regard. Il y a beaucoup mieux que moi et pourtant, elle m'observe et je sens son regard me déshabiller et effleurer chacun de mes tatouages. Elle semble y chercher quelque chose, une réponse à ses interrogations et une contradiction à ses doutes. Qu'est-ce que je peux répondre à ça moi? Désolé, je suis pas celui que tu crois?

Elle s'avance vers moi. J'ouvre la bouche, pour tenter de lui murmurer de ne pas m'approcher. Elle attrape mes mains et pose ses lèvres sur les miennes. Attends, quoi? Elle… Elle… Son contact m'électrise et mes mains trouvent naturellement refuge dans son dos, au creux de ses reins. Son baiser est bref, elle y met fin rapidement. Je n'ai pas le temps d'y répondre mais je devine à son manque d'expérience qu'elle est novice dans ce domaine. Pourtant, elle continue de me faire face et ne se départ pas de son sourire qui lui mange les lèvres malgré quelques rougeurs qui ornent ses joues et continue à me défier du regard.

– Et voilà, on est quittes!

J'écarquille les yeux. Comment ça, on est quittes?! Elle compte vraiment en rester là? Se faire embrasser une fois ne lui a pas suffi? En est-on réellement arrivés là? Elle veut vraiment jouer à ce jeu avec moi?

Je jette un œil autour de moi. Les étudiants commencent à quitter la grande salle et à regagner les couloirs. Elle s'apprête à filer mais je la retiens par le poignet avant de l'embrasser une nouvelle fois. À ma grande stupeur, elle répond au baiser et je retiens un sourire. Je n'ai pas le droit de faire ça et pourtant je n'arrive pas à me contenir. Je lui jette un dernier regard avant de m'en aller. Nous sommes quittes, certes, jusqu'à la prochaine partie.

Les élèves commencent à arriver et je m'éclipse dans un couloir proche, la tête complètement ailleurs. Elles sont belles tes résolutions, crétin!

Ne plus l'approcher, ne plus être avec elle, ne plus l'embrasser parce que tu ne la mérites pas. Et t'as fait quoi? Tu l'as laissée te prendre par la main et te rouler une pelle, pire que ça tu y as répondu! Je marche de longues minutes, je plane tellement que je ne réalise même pas où je suis jusqu'à ce qu'un prof ne m'interpelle. Merde, me dis pas que j'ai pas le droit d'être là! Sev' va être furax!

– Monsieur Snape? Vous allez bien?

Je me retourne pour faire face au nabot qui me regarde de ses yeux inquiets. Flitwick. Ça devrait aller, il est plutôt cool avec moi depuis que j'ai défendu Luna. Non, stop, tu dois arrêter de penser à elle sinon tu vas passer plus de temps à t'asticoter la queue que tu n'en as passé dans le pieu des meufs à l'orphelinat. Je reprends mes esprits avant de réaliser qu'il fait complètement noir et que je n'ai aucune foutue idée d'où je suis. Merde! J'ai passé combien de temps à errer ainsi?

Le prof devine que je suis complètement désorienté parce que je regarde partout autour de moi. Je ne sais même plus d'où je suis venu.

– C'est la première fois que vous venez dans cette partie du château? Venez avec moi, le couvre feu est dans quelques minutes. Je vais vous raccompagner jusqu'à votre dortoir. Vous êtes sur que tout va bien?

J'acquiesce mollement dans le vide en réalisant que j'ai passé au moins deux heures à me promener dans les couloirs sans même avoir pris conscience de mon environnement. Si Flitwick n'était pas intervenu, combien de temps aurai-je erré avant de m'en rendre compte? Où serais-je allé? Aurai-je retrouvé mon chemin où me serai-je ramassé sur moi-même, assis contre un mur en attendant dans l'angoisse que le jour se lève?

Flitwick m'invite à le suivre et nous descendons un escalier que je ne me rappelle même pas avoir emprunté. Le petit sorcier discute tout seul mais je le vois constamment se retourner pour voir si tout va bien et si je ne m'égare pas à nouveau. Nous tournons dans un couloir lorsqu'un homme y fait irruption.

– Evan? Que fais-tu ici? Tu ne te promènes pas dans le château d'habitude… Filius?

– Je le ramenais à son dortoir, Severus. Monsieur Snape avait l'air un peu perdu, il était près de la tour d'Astronomie.

Severus arque un sourcil avant de parler avec son collègue puis il revient vers moi et je devine qu'il a des choses à me dire. Il est soucieux, je le vois bien froncer les sourcils et ouvrir la bouche sans toutefois oser me dire quoi que ce soit. J'aurais presque envie de lui dire d'accoucher mais je devine les questions qu'il a en tête et j'avoue ne pas vraiment avoir envie d'y répondre.

–Evan? Tu es sur que tout va bien?

Ouais, ça va. J'ai erré pendant deux heures dans un château glacial, je tremble et je me suis perdu comme un con. Mon honneur et ma dignité sont en miettes mais à part ça, tout baigne… Je me suis même pas fumé une clope en plus, merde…

–J'ai vu Miss Lovegood te rejoindre après le repas. J'ignorais que vous vous… fréquentiez…

Je hausse les épaules, incertain. Ouais, on se fréquente, c'est ça… Le rouge me monte aux joues alors que notre baiser et son regard taquin repassent dans mon cerveau décidément peu coopératif. Bon, okay, on fait plus que se fréquenter, on s'embrasse, on se baise, enfin non, on ne baise pas encore mais ma queue aimerait bien.

–Vous vous êtes réconciliés?

Je me tourne vers lui. Comment t'es au courant de ça déjà? Il soupire. Ouais, t'as raison, réponds pas, c'es moi qui suis con. J'oublie toujours que t'as un putain de sens de l'observation! Pour lui répondre parce que je sais qu'il ne lâchera pas l'affaire, je roule des yeux avant de presser le pas.
C'est bon, je reconnais le chemin et, même si je ne suis pas très à l'aise tout seul dans le noir, les interrogations de Sev' me foutent encore plus la honte alors je m'empresse de rentrer. Il accélère le pas, la boucle mais me suit quand même. Bon, au moins je suis pas tout seul et s'il la ferme, ça peut le faire.

Mais rien à faire, même avec lui à mes côtés, je ne me sens toujours pas à l'aise dans ces couloirs déserts quand la nuit tombe. Je ne sais pas comment j'ai fait pour m'y promener sans voir la lumière s'éteindre et me plonger dans le noir.
L'endroit est trop lugubre, même pour des cachots. Il porte bien son nom mais me rappelle trop les punitions, les privations, la cave et les blessures que je soignais comme je pouvais, gamin que j'étais.

Pour oublier, je replonge dans mes pensées avant de chasser le baiser avec Luna de ma tête et de gagner le tableau du dortoir. Je lance un dernier regard à Sev' qui me salue et je finis par entrer pour tomber sur Blaise et Draco dans la salle commune. Ils m'ont attendu et j'imagine que ne me voyant pas rentrer, ils ont été prévenir Sev'.

– Evan! Bordel, t'étais où?!

Quelque part dans un coin, occupé à me faire sucer la queue. T'en as de ces questions, qu'est-ce que j'en sais moi d'où j'étais? J'étais complètement paumé, ça je le sais.

–Alors, avec Lovegood?

Blaise me regarde, un grand sourire aux lèvres. Je me tourne vers Draco, trahi mais il lève les mains.

–J'ai rien dit, il a deviné tout seul quand il a vu Luna te courir après…

Ouais, évidemment… Merci Lovegood…J'imagine qu'elle doit s'être réfugiée dans la chambre de préfète de Daph'… Je choisis d'ignorer les sourires de Blaise et m'empare de quelques affaires pour aller prendre une douche bien méritée qui me réchauffera en profondeur avant d'aller me coucher et de me blottir sous mes couvertures avec Onyx.

Lorsque je suis sous la douche, je profite de cet instant pour réfléchir. On est quittes… Quelle connerie. Dans quel jeu on s'est lancés? Dans quel foutu jeu JE me suis lancé? Celui de lui rendre toutes les pelles qu'elle me donnera ou celui de l'embrasser à chaque occasion pour qu'elle revienne au contact pour embrasser mes lèvres gercées?

Je ressens une chaleur bien connue naitre dans mon bas ventre et je m'empresse de chasser les images de ces dernières heures de mon esprit. J'ai pas besoin d'une douche froide maintenant, après tout ce froid et cette angoisse qui m'étreignent. Comment je vais faire pour l'accoster demain? Je vais l'embrasser à nouveau? Complètement l'ignorer? Frustré de sentir ma queue se redresser à nouveau, je l'astique en retenant comme je peux mes gémissements avant de rapidement me rincer et de quitter la douche pour mon lit. C'est toujours aussi crade mais je n'ai pas le choix.

Je souris en entrant dans le dortoir. Draco et Blaise dorment à poings fermés et Onyx roupille déjà tranquillement à côté de mon oreiller. Je me glisse avec bonheur sous les couvertures, me couche sur le côté pour accorder quelques caresses à mon meilleur ami avant de m'allonger correctement et de fermer les yeux.

Je ferme résolument les paupières, bien décidé à ne pas repenser à ce que j'ai fait dans ce putain de couloir et je prie pour ne pas bander à nouveau. Je n'ai vraiment pas besoin d'une douche froide. Pas maintenant. Heureusement, ça n'arrive pas. Comme je n'ai pas dormi correctement ces derniers jours, je suis totalement en manque de sommeil et je m'effondre comme une masse.

Ma nuit se fait simple, pas très agitée. Presque reposante. J'ai même la surprise de ne pas me réveiller avec une gaule d'enfer et connaissant mes pensées et mon imagination débordante, c'est déjà un bon point. Je gratouille un peu mon chat qui a dormi avec moi comme d'hab' à l'école et regarde autour de moi, l'esprit encore embrumé par le soleil. Draco et Blaise sont déjà partis. Je jette un œil au réveil magique et découvre qu'il est déjà presque neuf heure. Heureusement que nos cours ne commencent que l'après midi sinon j'aurais été dans la merde! Pourquoi ils m'ont pas réveillé ces cons?

Avec un grognement, je sors du lit avant de réaliser à quel point il fait froid. Pas envie de bouger, merde. Il fait beaucoup trop froid et ça me paralyse. Ici, je suis à l'abri, bien au chaud. Je me réinstalle et me re glisse confortablement dans mon lit en me recouvrant de couvertures. J'envisage de fermer les yeux et de me rendormir lorsque la porte de notre dortoir s'ouvre. Je jette un œil à la porte pour découvrir Théo qui m'observe, les poings sur les hanches dans une position faussement autoritaire. Tant mieux. L'autorité, moi j'en ai rien à branler.

Je fais mine de reposer la tête sur l'oreiller mais Théo a décidé de jouer son rôle de préfet et m'arrache les couvertures. Je grogne. Bordel, je supporte pas le froid… Je vois l'autre froncer des sourcils d'ici. Ça lui va pas. Il approche et s'assied sur le bord de mon lit. Tu fous quoi là? Ses yeux me regardent intensément et je me sens limite mal à l'aise. Je recule légèrement alors qu'il avance sa main. Je déglutis. Je n'ai jamais été très à l'aise avec les contacts, surtout depuis…

– Bouge pas, je veux juste vérifier que tu n'es pas fiévreux. Je ne connais pas encore les sorts de diagnostics…

Je hausse les épaules. Non, c'est bon, j'ai juste froid. Je le laisse faire son examen et j'en profite pour attraper ma couverture et la serrer contre moi. Je peux me rendormir? Y'a moyen?

– T'as pas de fièvre on dirait… Les cours vont bientôt commencer et tu n'as rien avalé alors tu vas te lever, prendre une douche pour te réchauffer et me faire le plaisir de manger quelque chose, ok?

Je suis tenté de lui adresser mon majeur mais si je ne me lève pas, je sais que Sev' va finir par rappliquer. Les autres aussi. J'ai pas envie d'être un phénomène de foire alors j'attrape le grand peignoir que je laisse toujours au pied de mon lit et l'enfile.

Les sorts de chaleur dessus me réchauffent instantanément et je soupire d'aise. Je câline une dernière fois mon chat qui roupille toujours comme un bienheureux et je quitte la chambre avec mes affaires et de nouvelles fringues à enfiler après un dernier regard. Sacré veinard. Si je pouvais retourner dans mon pieu sans m'attirer d'emmerdes, je le ferais direct' mais avec Théo pratiquement collé à mes basques, c'est peine perdue.

Il me suit tellement qu'il manque carrément de rentrer dans la cabine de douche avec moi et s'arrête avant de me faire signe qu'il m'attend dans la salle commune. Ouais, il ne me lâchera pas d'un iota quoi…

Je prends rapidement une seconde douche en profitant de l'eau très chaude pour achever de me réchauffer, me sèche et me change rapidement pour enfiler mon sempiternel pantalon trop grand, un t-shirt et un gros pull bien chaud à capuche avant de me brosser les dents et d'arranger sommairement mes cheveux.

J'ai jamais réussi à les dompter, c'est pas en ayant la tête dans le cul que je vais y arriver alors je renonce rapidement et regagne le dortoir pour y prendre mes affaires et ma cape avant de redescendre où mon comité d'accueil semble s'être agrandi. Draco, Blaise, Daph, Milli et Luna semblent s'être donnés rendez vous pour m'emmerder…

–Wah, la tête…

Merci Blaise, je sais que j'ai une sale tête, surtout au réveil. C'est pour ça qu'avec les meufs, quand je passais la nuit chez elles, dans leur chambre, je m'arrangeais toujours pour reprendre mes affaires et m'éclipser avant qu'elles n'ouvrent les yeux. Je m'enfuyais comme un voleur, sans même une note. À l'orphelinat, c'était presque pareil. Je baisais, je renfilais mes fringues et je retournais me coucher dans ma propre chambre.

Là, j'ai encore plus de mal avec sa remarque parce que je sais que j'ai enfilé plusieurs nuits sans arriver à dormir correctement. D'abord des nuits pleine de cauchemars, ensuite des nuits pleine d'interrogations, de doutes et de remords. Tu m'étonnes que j'aie une tête pareille au réveil…

Daph' me salue d'un discret signe de main alors que je grogne encore et Luna baisse aussitôt les yeux dès que nos regards se croisent. Je vois d'ici le rouge monter le long de ses joues alors qu'elle ne semble visiblement pas savoir où se mettre. Je remarque aussi que Blaise est prêt à l'ouvrir sauf que moi je ne suis pas d'humeur à l'entendre alors je le fais taire d'un simple regard noir et entame mon chemin vers la sortie. Une clope. J'ai besoin d'une clope.

– Evan, et le petit déjeuner?

Je l'emmerde le petit déjeuner, enfin non, mais j'irai bouffer après… Je montre mon paquet de cigarettes à Théo qui rumine encore que c'est dégoutant mais je ne moufte pas. Si tu trouves ça dégoutant, moi j'y suis déjà trop accro pour m'en passer alors merde… Si je veux pouvoir survivre à cette maudite demi-journée de reprise, il me faut ma dose de nicotine.

Théo soupire et me dit d'aller penser à manger. Il est à peine dix heure, j'ai largement le temps vu que les cours ne commencent pas avant au moins quatre heures. J'ai tout le temps du monde et j'en viens même à me demander pourquoi tu m'as réveillé. Ôte moi d'un doute, c'est quand même pas pour un fucking déjeuner hein?

–On sera à la biblio si tu nous cherches!

Ouais c'est ça, merci! C'est le premier endroit que j'éviterai comme ça! Les autres repartent et Luna fait pareil, suivant Daphnée et Millicent comme leur ombre. Bah voyons, elle me fuit encore? Je n'aurais peut-être pas dû la bécoter comme un sauvage après le baiser rapide qu'elle m'a donné. En plus j'ai bandé. J'en suis sûr. Elle a dû la sentir et la voilà qui fuis comme une parfaite vierge effarouchée.

Une… vierge… Attends, je serai pas son premier mec quand même? Je serai pas le premier à lui passer dessus au moins? Je repense à ses joues colorées, à nos regards échangés et je déglutis difficilement avant de tirer sur ma clope. Merde. Dans quoi est-ce que je me suis fourré encore… Un jeu, okay, plusieurs parties, pourquoi pas mais un mec comme moi, oser lui prendre sa première fois? Jamais. Ma queue n'est visiblement pas du même avis puisqu'elle se réveille sans y avoir été invitée.

Frustré, je tire une dernière fois sur ma cigarette et regagne la grande salle pour y avaler un truc rapide. Je passe en coup de vent prendre un chocolat chaud rapide avec une ou deux viennoiseries et quitte la salle non sans avoir adressé une salutation lointaine à Severus, occupé à discuter avec Filius. Est-ce qu'ils parlent de mon égarement d'hier? J'espère pas, ça m'énerverait qu'ils fassent comme si ma présence n'était pas importante pour en discuter même si ça me prendrait aussi la tête d'écouter leur discours. Bordel, je suis vachement indécis moi aujourd'hui… Ça promet.

Je mange dans mon coin, assez à l'écart des autres pour ne pas être dérangé et retourne rapidement déambuler dans les couloirs. Je n'hésite pas à jeter un œil à l'extérieur pour m'apercevoir qu'il pleut. Merde. Moi qui espérais pouvoir voler un peu en solo avant la reprise des cours, c'est mort.

Inconsciemment, je me dirige vers la biblio avant de réaliser que c'est précisément là que les autres sont. Je soupire profondément avant de m'installer dans un coin et de sortir mon casque pour écouter de la musique. Merci Sev' pour le sort qui lui permet de fonctionner sans quoi je serais devenu cinglé sans musique. Je reste là quelques minutes avant de m'éloigner pour me protéger un peu des courants d'air puis je sors un livre sur les créatures magiques histoire d'avoir quelque chose à lire et je découvre avec plaisir un nouveau post-it. Un sourire me mange les lèvres. Luna, évidemment.

– Evan?

Je relève la tête. Quoi encore? Je m'adoucis en reconnaissant Sev'. J'avais pas capté que c'était lui. Il me fait face alors que certains étudiants nous contournent pour aller en cours ou se promener, tout simplement.

– Qu'est-ce que tu fais ici tout seul? Tu ne vas pas rejoindre les autres?

– …N…Non… pas… envie

Je roule des yeux. Lui ne dit rien, il essaie de se montrer compréhensif mais ça m'agace de bégayer autant, on dirait un attardé. J'ai déjà muet, cinglé et roi de la baise en plus de l'étiquette "bad boy" sur le dos, j'en ai pas besoin d'une cinquième, surtout celle là.

– Tu as potions cet après midi, tu veux déjà venir?

Je croise quelques regards curieux que je meurs d'envie d'envoyer paitre mais à la place, je me lève, défroisse mes fringues, range mon bouquin, baisse mon casque malgré le faible volume et le suis volontairement jusqu'aux cachots. Allez Evan, une demi journée de cours, c'est pas la mort… Concentre toi et ça va allez, tu verras. Arrête de te prendre la tête, vois la comme les autres filles, fais la craquer, fais lui l'amour et basta. Ouais, c'est bien beau tout ça sauf qu'elle n'est pas comme les autres. Luna est tout sauf comme mes coups d'un soir, et ça, ça me casse les couilles.

Sev' retourne à ses potions et moi je reprends mon livre avant de changer d'avis et de me pencher sur la potion déjà inscrite au tableau. Mieux vaut que je ne me concentre pas sur elle sinon je risque de tout faire péter et je crois pas que Sev' apprécierait que je fasse sauter ses précieux cachots! Cette pensée de père totalement affolé et paniqué m'arrache un sourire que je dissimule rapidement.

Il est l'heure. Les autres ne vont pas tarder à arriver. Allez Evan, l'enfer reprend… Pitié, faites que ça passe vite… Je veux retrouver mon lit et ne plus penser à rien. Pourquoi tout est toujours si compliqué ici…