NdA: Bonne lecture!
Après avoir festoyé autour d'un gâteau au chocolat avec Severus, je suis retourné dans la salle commune, le téléphone que j'ai acheté pour Luna toujours dans mon sac. Je pourrai le programmer plus tard, quand les autres dormiront.
Les garçons ont papoté quelques minutes et, lorsque le calme s'est abattu dans la chambre, Luna est enfin revenue. Pâle, les cheveux blonds tressés, revêtue de son éternel boxer et d'un long t-shirt, elle se glisse dans mon lit, le rouge teintant ses joues. Je ne résiste pas à cette vue et l'attire contre moi, à demi assis.
Mes doigts glissent le long de ses hanches avant de remonter le long de ses côtes. Son souffle précipité, à quelques millimètres de moi, me fait perdre la tête. Je l'embrasse jusqu'à ce qu'elle ne retienne mes mains.
– Dé…Désolée
Nos regards se croisent. Mes mains retombent mollement le long de mon corps. La frustration est là. Elle stress. Je le sais, je le sens alors je laisse tomber. Je retombe mollement sur mon oreiller et Luna hésite à s'allonger à son tour. Assise sur le côté, elle plonge à nouveau son regard dans le mien. Elle rougit à nouveau alors que ses mains tremblantes s'avancent vers moi pour se poser sur mon haut de pyjama.
Elle en triture le bord avant d'oser s'aventurer en dessous. Ses yeux ne quittent pas les miens. Je ne sais pas ce qu'elle cherche à faire mais je la laisse faire alors que ses doigts frêles parcourent ma peau et m'arrachent des frissons. Mon t-shirt se relève et je me redresse pour l'aider à me le passer par-dessus la tête.
Luna rougit. Je me recouche et guide ses doigts avec les miens pour les faire courir sur ma peau. Je suis recouvert de chair de poule. Ma blonde passe sur mes tatouages et remontent vers mes tétons. La caresse m'arrache un gémissement et je ferme brièvement les yeux avant de sentir les lèvres de Luna sur mon corps. Son visage caché par ses cheveux, elle embrasse délicatement ma peau. Putain, je vais devenir fou.
– Putain… Lu'…
Mon corps s'échauffe. Ses lèvres se posent sur les miennes. Est-ce qu'elle a conscience de l'incendie qu'elle est en train d'allumer en moi au moins?! Et puis, d'un coup, tout s'arrête. Ses mains quittent sagement ma peau et Luna choisit de s'allonger à mes côtés. Sa tête se pose sur mon torse.
– Bonne nuit, Evan…
Attends quoi?! Bonne nuit? Tu me fais quoi là, Lu? Elle ferme les yeux et, après quelques minutes de respiration rapide, finit par s'endormir. Bordel… J'ose à peine y croire. Elle m'allume comme une dingue et puis… et puis… elle me laisse là? En plan? Frustré, je repose la tête sur l'oreiller et regarde obstinément le plafond. Je sais que le sommeil ne viendra pas. Pas après ça.
Finalement, je me suis endormi aux premières heures du jour. Mes yeux lourds de sommeil se sont fermés et j'ai glissé dans les bras de Morphée.
Lorsque j'ouvre les yeux, je ne sais pas combien d'heures plus tard, je suis tout seul. Luna n'est plus là. Idem pour Blaise et Draco. Seule la lumière me tient compagnie et je réalise qu'il doit être presque midi car je crève la dalle.
Je me lève, un peu dans le coltard, et repense aux événements de la veille. Elle m'a vraiment chauffé? Bordel… À l'aveugle, j'attrape un de mes jeans dans mes affaires et prends mon pull à capuche en plus d'un t-shirt. Ça caille. Vivement le retour du soleil. Au manoir, quand il faisait relativement bon, j'allais me promener avec Onyx et j'en profitais toujours pour jouer avec lui. Avec ce temps, ni lui, ni moi, n'avons envie de mettre le nez dehors.
Je profite de l'absence des autres pour me glisser sous la douche en soupirant d'aise. La chaleur me fait du bien mais ce petit moment en tête à tête avec mon corps et moi-même me fait rapidement penser à ce qui s'est passé hier. Ma queue, décidément bien éveillée, se dresse fièrement et je grogne en m'occupant d'elle. Frustré. Je suis complètement frustré.
Enfin habillé, je rejoins la salle commune où quelques étudiants se détendent et m'apprête à la quitter pour aller prendre mon premier repas de la journée. J'ai faim. Je sais même pas quelle heure il est. Un œil à mon portable m'annonce qu'il est déjà dix heure quarante-cinq. Mouais, aucune chance d'avoir un petit dej' à cette heure là.
Affamé, je décide de rester là et j'appelle un elfe pour lui demander si je peux avoir quelque chose à me mettre sous la dent. En bégayant, bien sur. Il me regarde avec insistance et revient avec la blinde de bouffe, comme s'il m'avait trouvé trop maigre et me le montrait à sa manière, en me gavant. Soulagé, je bouffe quelques trucs et me bois mon éternel chocolat chaud qui m'attend bien sagement, à la bonne température. Idéal pour me réchauffer et passer une meilleure journée.
Une fois repus, je quitte la salle commune et réalise alors que je n'ai aucune idée de l'endroit où les autres sont. Je passe par la cour pour m'allumer une clope mais ils n'y sont pas. Après en avoir fumé finalement deux ou trois, je regagne les couloirs pour m'y balader.
Je finis par trouver Daph' avec les filles, dans un local isolé. Elles discutent entre elles et s'arrêtent dès qu'elles me voient. Qu'est-ce qui se trame encore… Je devine que cela me concerne car les joues de Luna rougissent plus qu'elles ne devraient. Après une hésitation, j'entre pour aller étreindre ma copine et l'embrasse plus langoureusement que d'habitude devant les filles. Nos regards se croisent, une nouvelle fois. Elle baisse les yeux. Je ne sais pas où elle en est ni où elle veut aller dans notre relation. Ça m'inquiète et ça me fait peur en même temps.
– Bonjour Evan! Tu vas bien?
J'acquiesce mollement, peu certain de ce que je suis en train de faire. Je finis par relâcher Luna qui parait aussi timide que la première fois où je l'ai embrassée. Parfois, j'ai l'impression que tout ce chemin parcouru n'est qu'un stupide rêve.
Rapidement, je décide de m'isoler et choisis de les laisser tranquilles pour regagner les couloirs où j'erre un peu, la tête vide, avant de retourner dans ma chambre où un devoir de potions m'attend.
Je ne cherche pas les garçons parce que je sais que Blaise va m'emmerder avec la tête que je dois probablement tirer.
Avec un soupir, je m'assieds à mon bureau et sors mon manuel de potions. Pfff, ça me prend la tête. Pourtant il faut juste que je lise mais je n'arrive pas à terminer une seule fichue ligne correctement et sans m'égarer dans mes pensées. Un vrai massacre.
Mais j'ai pas le choix, je dois l'avoir terminé pour le milieu de la semaine et je ferais bien de m'y mettre, au moins pour me faire une idée du sujet et du niveau de galère que ça va être. Un vrai bonheur. J'aurais peut-être dû demander à Draco un coup de main. Ou à Théo plutôt. Lui au moins, il ne pose pas de questions lorsqu'il sait que ça ne le regarde et ne le concerne pas.
Découragé, je relis plusieurs fois la même page avant de me décider à mettre un peu de musique pour échapper à ces pensées qui envahissent petit à petit ma tête, comme si j'étais tout bonnement incapable de me la sortir du cerveau.
Avec un fond de musique, j'arrive presque à me détendre et je tourne enfin la première page d'une longue série. Comme à mon habitude, j'annote discrètement dans mes bouquins les choses intéressantes et fais des liens entre les différents manuels d'herbologie, de botanique et de potions et rassemble progressivement des informations qui me seront utiles pour mon devoir.
Satisfait, je me repose contre le dossier de ma chaise et soupire profondément. Je n'aurai finalement pas vu l'heure et je ne suis même pas descendu prendre mon repas de midi dans la grande salle. Heureusement, un elfe, sans doute le même que tout à l'heure, a pris la peine de me garder un plat et une part de dessert avec des sorts de conservation dessus.
Toujours le casque sur les oreilles, je suis en train de terminer ma page en grignotant mon dessert lorsque deux bras viennent m'enlacer. Je baisse les yeux pour reconnaitre le bracelet que j'ai offert à Luna pour Noël. Elle reste là, à m'étreindre sans pour autant m'imposer sa présence avant de glisser sa tête à côté de la mienne, sur mon épaule.
J'enlève mon casque et je réalise alors qu'elle tient une assiette.
– Tu… Tu n'es pas descendu alors… Je ne pensais pas que les elfes t'avaient amené quelque chose…
– C…C'est moi… Pas vu l'heure…
Elle sourit maladroitement. Je peux clairement sentir qu'elle se sent encore un peu gênée. Par notre nuit d'hier et par mon baiser de ce matin. J'imagine qu'elle doit avoir beaucoup de questions de son côté mais je ne peux pas vraiment y répondre. Pour moi aussi, c'est ma première relation sérieuse et c'est beaucoup plus compliqué que je ne le pensais de s'engager avec quelqu'un de cette façon.
– Tu bosses tes devoirs? Potions?
J'acquiesce. Je vois bien qu'elle essaie de faire comme d'habitude, d'agir normalement, comme si rien ne s'était passé mais moi je suis complètement paumé dans l'histoire. Est-ce qu'on avance ou bien au contraire, on recule? Si au moins elle m'expliquait ce qui lui est passé par la tête… Mais elle reste ainsi, sans rien me dire. Est-ce… qu'elle me fuit? Mais alors… pourquoi elle… pourquoi elle…
Frustré, je me relève pour l'enlacer, sans lui laisser la moindre échappatoire. Doucement, je nous fais reculer jusqu'à atteindre le lit où elle finit par tomber. Son visage est rouge, sa respiration est agitée. Elle reprend difficilement son souffle alors que je l'embrasse en l'écrasant de mon corps. Je la retiens par les poignets lorsque je réalise ce que je suis en train de faire. Crétin.
Serrant les dents, je finis par la relâcher et quitte la pièce. Je ne peux pas rester. Je ne peux vraiment pas. Je ne suis pas dans un état normal, je ne sais pas ce que je pourrais lui faire dans ces conditions…
La tête basse, les poings serrés, je passe le tableau de nos appartements avec Sev' et choisit de quitter les lieux.
Je me dirige vers la cheminée, me glisse à l'intérieur et m'empare d'un peu de poudre de cheminette. Comment c'était déjà? Ah oui, prononcer distinctement la destination…
–Ma…Manoir Prince
Et me voilà parti. Comme je m'y attendais, je m'écrase totalement par terre après être tombé et surprends les elfes en train de vaquer à leurs occupations.
– Maitre Snape! Nous ne vous attendions pas! Ne devriez-vous pas être à l'école?
Je ne réponds pas. Une elfe à laquelle je suis habitué me propose de me reposer un peu, ce que j'accepte rapidement. J'imagine qu'elle doit prévenir Severus mais pour l'instant, je ne veux voir personne.
J'ai laissé Luna dans un état lamentable, j'étais à deux doigts de glisser mes mains sur sa poitrine… Si je l'avais fait, je n'aurais sans doute pas valu davantage que les crétins que j'ai envoyé voler en début d'année. Quel crétin…
Une pensée me traverse. Aller la retrouver, la prendre dans mes bras, lui dire que je suis désolé mais j'en suis incapable. Pas après ça. Frustré, je me glisse dans mon lit et m'enroule dans les couvertures et dans mon plaid préféré. Je ne veux plus bouger et attendre. Attendre que tout mon bordel s'efface. Comme un gamin.
Je ne sais pas combien de temps je passe, allongé dans mon lit. Je sursaute lorsqu'une main passe dans mes cheveux. Je n'avais pas réalisé que je m'étais endormi, vaincu par mes émotions.
–Evan?
Sev', évidemment. Les elfes n'auront pas trainé pour aller le prévenir…Enfin… j'imagine… Je me replie sur moi-même dans une attitude purement défensive, celle qui dénote que je n'ai pas envie de parler, que je veux qu'on me laisse tranquille.
J'entends mon père soupirer. Il sait que quelque chose ne va pas. Il a dû tomber sur Luna ou tout simplement, il n'en savait rien jusqu'à ce que les elfes du manoir ne le préviennent. Il s'assied sur le bord de mon lit mais je ne bouge pas. J'ai fait le con et c'est la première fois que ma connerie me bouleverse autant. J'ai tout foutu en l'air, génial!
Il attend un peu. Ma respiration se calme mais ma colère contre moi-même ne retombe pas. J'ai merdé. Clairement.
– Je te laisse une potion calmante si tu veux… Après, il faut qu'on parle.
Ma gorge se serre. Oui, évidemment. J'ai littéralement foutu le camp hors de Poudlard, sans même l'avertir. J'ose même pas imaginer ce qu'il a dû penser en voyant les elfes débarquer et l'avertir de mon arrivée au manoir. Est-ce qu'il a vu Luna? Est-ce…qu'il sait? En tout cas, il ne dit rien et s'en va.
Je reste un peu recroquevillé sur moi-même, sans trop savoir quoi faire. Je suis complètement perdu.
Mes yeux se posent sur la potion et j'en avale quelques gorgées. Sur le coup, j'ai l'impression que ça n'agit pas mais ma respiration s'apaise encore un peu plus et l'angoisse qui m'étreignait s'évapore.
Je déglutis. Rester ici n'arrangera pas les choses. Je sais que Sev' ne me laissera pas tranquille et qu'il finira par revenir à la charge alors bon… Résigné, je soupire profondément et descends dans le salon après une grosse demi-heure.
Sev' est dans le canapé, occupé à lire un manuel de potions, comme je m'y attendais. Il relève les yeux en m'entendant arriver et referme son bouquin pour me faire signe de m'asseoir à côté de lui.
– Il s'est passé quelque chose?
Me dis pas que tu veux me faire parler, Sev'… Pas maintenant, je ne m'en sens pas capable… Il arque un sourcil alors que je cherche son regard.
– Trop difficile?
J'acquiesce, la gorge serrée, alors qu'il s'introduit délicatement dans mes pensées. Je n'attends même pas qu'il me guide avec ses questions et le plonge dans le vif du sujet.
- J'ai merdé. Grave .Je l'ai…Oh putain, j'ai vraiment fait le con…
Je baisse brièvement les yeux pour plonger ma tête dans le creux de ma main alors que je réalise le degré de ma connerie. Du haut level quoi!
– Avec Miss Lovegood?
J'acquiesce. Je ne me vois pas lui montrer ce que j'ai fait. J'en ai bien trop honte.
– Je… je l'ai…forcée… J'ai… mon con…trôle…
Sev' se redresse, les sourcils froncés. Pas besoin de lui faire un dessin, je suppose qu'il a compris.
– Evan, j'ai besoin de savoir… Est-ce que tu… tu as été jusqu'au bout?
Je nie vivement de la tête. Non! Comment je pourrais… Mes yeux dans les siens, je me remémore avec colère ma dernière entrevue avec elle, comment je l'ai fait reculer jusque dans mon lit avant de l'écraser de tout mon poids en la retenant par les poignets. Puis le reste, ma fuite, mon arrivée ici…
Je n'ai pas besoin d'en montrer davantage. Sev' comprend que je m'en veux. En même temps, ce n'est pas difficile de saisir la situation. C'était assez clair.
– Je vois. C'est déjà bien. Tu as eu suffisamment de contrôle pour t'arrêter…
Je soupire lourdement. Non. Je lui ai fait peur. Je l'ai clairement vu dans ses yeux. Son corps tremblait lorsque je l'ai relâchée. J'ai cédé, comme si c'était une vulgaire allumeuse, comme si je m'étais retrouvé à l'orphelinat et que je pouvais la mettre dans mon lit en un claquement de doigts. Je le vois qu'elle est différente, je n'arrête pas de me le dire et pourtant, j'ai cédé à mes instincts comme un vulgaire animal!
– Bon… Écoute, tu ne peux pas laisser les choses ainsi. Miss Lovegood a le droit à une explication je pense… Vous devriez mettre les choses au point tous les deux.
– Elle…a peur de moi.
– Laisse lui un peu de temps. Tu peux te reposer ici si tu veux avoir la paix. Si tu ne le sens pas, je m'arrangerai avec Albus pour que tu restes un peu à la maison.
J'acquiesce. Oui, j'aimerais bien. Je sais que je dois lui parler mais… Putain, si je lui avais offert son téléphone plus tôt, j'aurais pu lui envoyer un sms, ça aurait été bien plus facile. Ou alors… Je pourrais demander à Sev' de… non, c'est complètement stupide.
Sev' reste là, les bras ballant, sans trop savoir quoi faire.
– Ça va aller?
Je soupire plutôt bruyamment et me relève pour aller prendre un pull et faire un tour. J'ai besoin d'air. Dommage que Draco ait repris ses balais, j'aurais bien aimé voler à nouveau et laisser mes pensées vagabonder. Peut-être que je pourrais en acheter un si j'économise assez d'argent de poche… Enfin, faudra que je demande à Blondie ça coute combien parce que je n'en ai aucune foutue idée.
J'aurais bien aimé avoir quelque chose qui puisse me vider la tête sans trop penser à elle mais je ne peux pas m'en empêcher. Je me demande si elle est restée là, si elle attend quelque part que je revienne ou si, tout simplement, elle est retournée voir Daph' et les autres… J'en ai aucune idée. Est-ce qu'elle pleure encore? Ça m'emmerderait qu'elle le fasse. J'aime pas la savoir en train de chialer toute seule dans un coin.
Pourtant, je ne peux pas m'empêcher d'y penser. Heureusement que la potion agit encore parce que je ne suis pas capable de gérer la moindre de mes émotions pour l'instant. Tout mon esprit est tourné vers la recherche de solutions et je dois avouer que toutes mes tentatives mentales tournent mal. Je la vois, comme dans mon rêve, pleurer et partir loin de moi.
Fatigué, je marche dans la forêt un petit moment jusqu'à ce que le vent se lève. Je sais pas quelle heure il est, mais ça commence à sérieusement cailler. Les mains dans les poches, je finis par rentrer, la tête basse en ayant aucune foutue idée du temps que j'ai passé dehors.
– Tu es là…
Je relève la tête. Cette voix… Bordel, c'est elle. Luna. Elle se tient devant la porte, revêtue d'un pull à capuche que je reconnaitrais entre mille. L'un des miens. Qu'est-ce qu'elle fout là? Je m'arrête, malgré le froid et j'attends, peu certain de la suite. Je ne pensais pas qu'elle viendrait ici, qu'elle me suivrait jusqu'au manoir… Et pourtant.
Elle s'avance et me fait face. Je sais pas trop quoi faire alors je me contente de ne pas bouger. Elle me gifle. Fort. J'imagine que j'ai la trace. Ça fait mal mais je ne dis rien. Je ne me masse même pas la joue. Je l'ai mérité. Il n'y a rien à dire là-dessus.
J'ai à peine le temps de réagir lorsqu'elle s'avance davantage pour m'enlacer. Son étreinte est si forte que si je n'avais pas reculé d'un pas, je serais probablement tombé à la renverse.
– Imbécile…
Quoi? Attends, j'y comprends plus rien du tout… Je t'embrasse, je te force, je te domine carrément sur un lit, je te fais peur et tu me gifles, à raison, avant de… m'enlacer? Je suis complètement perdu. Un vrai bordel… Où est-ce que ça a bien pu buger dans ta cervelle?
– Tu es gelé, viens…
Elle m'attire à l'intérieur où, curieusement, Sev' a déserté.
– Le professeur a dit qu'il… qu'il avait une réunion et… je voulais… Tu veux un chocolat?
– Hey… Tu me fais quoi là… C'est moi qui bug d'habitude…
Ma parole revient. Toujours, quand je suis avec elle. C'est plus facile. Luna nous sert finalement deux chocolats et j'en profite pour me réchauffer en jetant un œil aux potions calmantes qui semblent nous attendre sur la table basse. Il a pensé à tout.
Elle s'assied, dans le fauteuil et je prends place le plus loin possible d'elle, assis par terre, devant la cheminée. Ça fait con, mais je ne me sens pas d'être aussi près d'elle, surtout après ce que j'ai fait.
– Je comprends, tu sais? C'est difficile pour toi et être avec moi ne doit pas être… facile disons.
Facile? C'est un euphémisme! T'es tellement différente des filles avec qui je couchais que je ne sais pas du tout comment interagir avec toi!
– T'es… Je suis… Non, laisse tomber…
Je ne peux clairement pas lui dire que j'ai baisé des dizaines de filles avant elle…
– Tu sais… Pour hier soir… Je pensais… Enfin, je voulais y aller tout doucement avec toi… Tu… Tu es mon premier garçon et…et je suis loin d'être ta première fille… Je voulais… je pensais… te faire plaisir…
Elle rougit. Oui, j'ai compris à ses réactions que c'est la première fois qu'elle touchait le corps d'un garçon. J'ose pas imaginer le jour où on ira plus loin. Si on va plus loin un jour, évidemment. Si elle veut encore d'une relation avec moi…
– Je suis allée trop loin et… j'ai été une idiote de croire que…
Je soupire. Oui, évidemment. Si elle n'a jamais été avec un garçon, elle peut difficilement comprendre l'incendie qu'elle a allumé en moi la nuit dernière. La sentir appuyée contre moi, sentir sa poitrine contre mon corps a été la goutte de trop. Mon esprit a lâché prise, mon corps a cédé. J'ai fait n'importe quoi. Peut-être que si… que si je prenais de la potion calmante, ça me canaliserait un peu… Mais je crois pas que me droguer soit une solution… Il va juste falloir que je me calme et que j'arrête de penser avec mon entrejambe une bonne fois pour toute. Plus facile à dire qu'à faire, évidemment.
– C… C'est moi… Je n'ai… Je n'arrive pas à me contrôler avec toi. Pardon…
Elle écarquille les yeux.
– Tu regrettes?
Bien sur que oui, bordel! Je t'ai forcée! Je t'ai fait peur! Je n'aurais jamais dû faire ça! Elle enchaine cependant sans attendre de réponse de ma part.
– Parce que moi non tu sais…
Vraiment? J'aurais pu la forcer et elle ne regrette rien? Je nie de la tête. Pas vraiment, pas notre baiser en lui-même…
– Je t'ai fait peur…
– Un peu. Au début. Mais tu n'es pas comme eux, je le sais… Et je crois que c'est un peu en partie de ma faute…
Je souffle, exaspéré.
– Je ne suis pas celui que tu crois, Lu'… J'ai… cou…couché avec des dizaines de filles, je ne pensais qu'à … ma queue et à mes envies… Les filles… n'étaient qu'un… défouloir. Je n'avais qu'à claquer des doigts pour qu'elles fassent… ce que je voulais… Tu… Toi tu n'es pas comme elles et c'est pour ça que je suis aussi perdu. Je ne veux pas me planter avec toi…
Je reprends mon souffle. Putain j'ai jamais parlé autant. J'ai mal à la gorge. Heureusement que j'ai du chocolat chaud pour adoucir tout ça. Luna se tait, toujours assise dans le fauteuil. Les yeux plongés dans son chocolat chaud, ses doigts frêles tenant fermement la tasse. J'imagine qu'elle doit être en train de réfléchir à ce que je viens de dire ou qu'elle est tout simplement trop choquée pour réagir.
Son regard se fait vague alors qu'elle réalise qu'elle est loin d'être ma première.
– Mais… Tu es… ma première…copine?
Mon interrogation est marquée parce que j'ignore si je peux toujours nous considérer comme étant ensemble. Elle sourit. J'imagine que c'est bon même si je sais qu'au fond de moi, j'aurai du mal à me pardonner pour ce que j'ai fait.
Luna termine son chocolat. Moi aussi mais je ne quitte pas pour autant ma place.
– Bon, tu vas continuer à faire la tête longtemps?
– J… Je crois que je vais avoir besoin de temps pour… pour me pardonner…
Elle acquiesce.
– Je comprends… Il est tard, je crois que le repas va bientôt être servi… Tu viens?
Je nie de la tête. Non, pas envie. J'ai pas vraiment faim là et je me demande comment toi tu fais pour avoir de l'appétit après un moment pareil…
– Mange un peu quand même, d'accord? Et reviens nous en forme!
Elle repose tranquillement sa tasse et après quelques instants, elle s'approche pour déposer un baiser dans mes cheveux, me contourne et je l'entends énoncer la destination de Poudlard dans la cheminée. Elle est partie. Elle était juste devant moi. Je souffle. Putain, j'avais grave envie de la prendre dans mes bras là. Si je l'avais suivie, j'aurais certainement cédé une nouvelle fois. Ici au moins, je peux décompresser.
Après quelques minutes, je me relève pour déposer ma tasse et manque de sursauter en sentant un frottement bien connu contre ma jambe. Onyx. Sev' a dû le ramener en déposant Luna ici…
J'attrape mon chat bien content de ronronner dans mes bras, et je remonte dans ma chambre pour faire le point. J'en ai vraiment besoin.
Je m'allonge dans mon lit et mon matou vient s'allonger contre moi pour profiter d'une séance de gratouilles intensives. Il ronronne et je souris avant de me poser contre mon oreiller, caressant distraitement son ventre bien rempli. Va vraiment falloir que je me calme. Et que je mange aussi. Après tout, elle me l'a demandé…
