*Sifflote d'un air innocent* Oh bordel de purée. Presque deux ans sans upload. Je suis impardonnable, et toutes les excuses du monde ne parviendraient pas à amoindrir ma peine. Je ne m'étais pas rendue compte que le temps passait aussi vite, mais me voilà, après deux ans de silence radio.

Je tiens à rappeler ce que j'ai signaler au début de cette histoire : Je compte bel et bien la terminer, un jour ou l'autre. Pas d'inquiétude sur ce point, mais je ne promet pas de ne pas encore disparaitre après avoir publié ce chapitre (je vous assure que je vais tout faire pour tenir un rythme correct cette fois-ci - comment ça je me répète à chaque fois ?...)

Je tiens à remercier toutes les personnes qui ont laissé une review, cela peu vous paraitre insignifiant, mais pour les auteurs c'est un monde que vous leur offrez, sachez-le. Et je fais d'énormes câlins virtuelles à toutes les personnes qui continuent de mettre en favoris ou de suivre cette histoire, malgré mon absence prolongée. Merci à vous tous !

Bon, je pense que j'ai assez fait durer le suspens, je vous laisse donc avec ce très attendu -ou pas- chapitre 6 !


Chapitre 6 : Pourquoi moi ?

Ce furent les rayons de soleil du matin qui réveillèrent Stiles. Il battit lentement des paupières, s'habituant peu à peu à la vive luminosité présente dans sa chambre. Il fronça les sourcils tout en scrutant la pièce, son regard tombant rapidement sur une forme humanoïde dont le haut du corps était étalé sur son lit, tandis que l'autre moitié reposait sur le sol. C'est sans difficulté qu'il reconnut Scott. Ce qui expliquait pourquoi il se trouvait dans sa chambre, chez lui, alors qu'il n'avait pas le souvenir d'être rentré de la clinique, la veille au soir.

La vision du visage paisible du loup-garou calma l'hyperactif, qui se sentait déjà devenir fébrile au souvenir de ce qu'il avait appris. La simple constatation du fait qu'il se sentait toujours en confiance avec Scott l'énerva. Il ne pouvait pas chasser la rancœur qu'il gardait envers son ami, pas après qu'il l'ait exclu de sa vie, ou du moins d'une grande partie de sa vie. La partie surnaturelle bien entendu.

Partie dans laquelle il était à nouveau plongé. Merde. Il s'en serait bien passé pour le coup. Qu'allait-il faire bon sang ? Il était censé être un humain lambda, et maintenant il devait apprendre à maîtriser des pouvoirs dont il n'avait pas connaissance une semaine auparavant ! A part ses yeux qui changeaient de couleur – en somme, tout ce qu'il y a de plus banal – il ne sentait pas plus fort, ni plus grand et encore moins plus... héroïque. Non, tout ça c'était le rôle de Scott. C'était à Scott de résoudre les problèmes, certes avec son aide, mais le basané finissait toujours par trouver le petit quelque chose qu'il manquait à ses plans. Il était Robin. Il n'avait pas à devenir Batman, bordel. Il s'était habitué à ce rôle secondaire, à soutenir Scott dans l'ombre. Si le monde comptait sur lui pour le sauver, ils pouvaient d'ores et déjà faire leurs bagages pour l'au-delà. Enfer ou paradis ? Tel est la question. Oh non, s'il commençait à être sarcastique alors qu'il se parlait à lui-même, c'est qu'il délirait. Mais genre démence. Du genre à se faire interner à Eichen House une seconde fois. Il frissonna. L'idée de cet asile lugubre et froid lui foutait les jetons. D'accord, il admettait qu'il délirait de temps à autre, mais plus jamais il ne retour-

- Stiles ?

La voix inquiète de Scott interrompit brusquement le flux incessant de ses pensées. Il baissa ses mains – il les avait amenées à son visage sans s'en rendre compte – et fixa le basané. Sans suivi une joute silencieuse entre les deux adolescents. Un conflit dont ils n'avaient même pas conscience, mais qu'ils perpétuaient sans se poser de questions. Humain plus si humain contre Alpha.

Stiles finit par baisser les yeux, non pas par signe de soumission mais parce que regarder le basané dans les yeux le ramenait inlassablement au jour où il l'avait laissé en arrière.

- Que fait tu ici Scott, soupira-t-il.

- Tu t'es évanoui hier chez Deaton, répondit-il sans voir la grimace qui barra le visage de l'hyperactif. Je t'ai ramené ici, mais il était trop tard pour que je rentre chez moi, et tu n'avais pas l'air d'aller très bien, donc je me suis dit qu'il valait mieux que je reste. Au cas où.

Stiles regarda avec un certain amusement le loup tortiller ses mains, gêné de devoir expliquer la raison de sa présence. C'était avec plaisir presque malsain qu'il regardait ce puissant loup-garou, Alpha de son état qui plus est, se comporter comme un enfant en faute. Qui pouvait se vanter d'avoir vu cela dans sa vie ? Peu de personnes encore en état de respirer, probablement.

Il entendit vaguement le loup lui demander ce qu'il pensait, là, actuellement. Le sarcasme ne pouvait pas être plus présent dans sa voix.

- Magnifiquement bien, mon p'tit loup ! Le soleil brille, les oiseaux chantent, une gazelle vient sûrement de se faire bouffer quelque part dans la savane. Mais tu sais ce qu'il y a de plus merveilleux ? C'est que dans cinq mois, tout cela n'aura plus d'importance, puisqu'on sera tous morts !

Scott le regarde, l'incrédulité prenant place peu à peu sur son visage.

- Mais, tu as justement cinq mois pour empêcher la fin du monde, dit-il. Tu peux le faire.

Flatté de la confiance qui lui accordait l'Alpha, Stiles ne se sentit pas pour autant plus apte à empêcher des foutues divinités d'un autre temps de ravager la Terre. Des dieux ayant déjà mis le monde à flot et à sang quatre fois, et qui comptaient bien remettre la chose une fois de plus. Et c'était lui que le destin avait choisir, 65 kilos de sarcasme et de peau fragile. Petit être chétif de 17 ans.

Scott interrompit le flux de ses pensées :

- Deaton voudrait que tu retournes au cabinet aujourd'hui.

- Pourquoi ? ne put s'empêcher de demander l'hyperactif, quand bien même le jeune Alpha avait peu de chances de savoir ce que voulait son employeur lunatique.

En effet, le basané ne devait pas connaitre la raison de cette convocation, puisqu'il baisse les yeux sur ses mains, tic de nervosité que Stiles n'avait plus vu -à part à son réveil- depuis leur enfance. Il poussa un soupir las. En ayant assez de rester allongé sans rien faire, Stiles décida de se lever, repoussant brusquement les draps et faisant ainsi sursauter le loup-garou de la pièce. Il ricana, l'air mauvais, fier de son effet, avant de descendre les escaliers. Il entendit distinctement le loup prendre le même chemin. Il retrouva Stiles dans la cuisine, s'activant à préparer un copieux petit déjeuner, sa faim s'étant brusquement éveillée. Le silence qui régnait entre eux était pesant, lourd de non-dits.

Les paroles de rejet résonnaient encore dans la tête des deux bruns, sans que l'un ou l'autre en fasse un geste pour réparer leur amitié écorchée à nouveau. Du côté de Stiles, le jeune avait une fierté blessée, qui ne lui permettait pas de quémander l'attention de son ami. Pour le loup, il pensait toujours à protéger l'hyperactif, bien que les récents événements lui prouvaient que le jeune Stilinski n'était jamais loin des ennuis. Quand bien même il essayait de l'en tenir éloigné.

Stiles poussa un long soupir -une fois de plus. La journée allait être longue.

ooOoo

Il grogna, la tête entre les mains. Il ne s'attendait pas à ce que l'Elu se présente si tôt. La fin était donc plus proche que ce qu'il avait prédit.

Le Destin avait cependant pris le meilleur choix possible, en prenant ce jeune homme. Vif et intelligent, il saurait quoi faire le moment venu. Un choix décisif, pour lui comme pour le reste du monde, de la civilisation.

Encore fallait-il qu'il parvienne à maitriser l'Ether.

ooOoo

Il était à nouveau face à la petite clinique de Beacon Hills. Une affreuse sensation lui tordait l'estomac depuis le matin, son corps et son esprit étaient plus agités que jamais. L'Aderall ne semblait plus pouvoir canaliser son énergie constante.

En prenant son courage -le peu qui pouvait encore faire face au vétérinaire- Stiles entra finalement. Immédiatement, il revit précisément tout ce qui avait pu se passer dans cette clinique. Notamment son bain glacé -qui avait mené à sa possession- et son attaque sur Scott. Une grimace déforma son visage.

Il passa outre son aversion pour ses propres souvenirs, et se dirigea vers l'arrière de la clinique.

-Stiles, te voilà ! s'exclama le vétérinaire, avec un sourire avenant.

Le dit Stiles fit un geste gêné de la main, gêne qui s'accentua en remarquant Derek, calé dans le seul angle sombre de la petite pièce. Le loup ne fit pas un seul mouvement dans sa direction, et Stiles essaya de ne pas s'en sentir déçu. Deaton, loin de se formaliser de l'ambiance tendue, invita l'hyperactif à s'asseoir.

-Je sais que les révélations de la veille t'ont plus que perturbé, mais on se doit d'avancer Stiles. L'heure approche, et il n'est pas question de perdre une seconde de plus pour te permettre de faire face à ce que va t'arriver prochainement. L'homme fit une pause, le silence brisé par le souffle irrégulier de Stiles, et celui plus calme de Derek , tous deux attentifs à la moindre de ses paroles. Comme je l'ai déjà expliqué la veille, d'ici à juillet, le jour de ton dix-huitième anniversaire, le monde va peu à peu sombrer dans le chaos. Tempêtes de plus en plus violentes, séismes ravageurs, volcans en éruption, toutes catastrophes possibles et inimaginables... Les dieux vont nous faire vivre un véritable enfer.

Stiles était horrifié. Il n'avait pas imaginé que la nature elle-même allait essayer d'éliminer la civilisation moderne tout entière. Mais ce n'était pas le pire :

- Ils vont lâcher les Tzitzimimes sur l'humanité qui, après des siècles de retenue, vont enfin assouvir leur faim en dévorant tout être ayant survécu à la première étape. Tu es le seul à pouvoir mettre un terme à tout cela avant que tout ne disparaisse, Stiles. Tu es le seul capable d'empêcher aux vents de se déchainer, à la terre de se soulever, au feu de ravager tout ce qui vit et à l'eau de submerger le monde à nouveau.

Toute cette pression, ces attendus sur sa seule personne... Il n'était pas prêt, pas ce que tous attendaient de lui. Il était juste Stiles, hyperactif notoire, pas le sauveur du monde. La tension montait à nouveau en lui, et, comme à son habitude -bien que plus régulièrement ces temps-ci la panique s'enracinait dans son être, et dévorait la moindre parcelle de raison et de lucidité qu'il possédait.

- Il faut que tu maîtrises tous ces pouvoirs d'ici cinq mois, reprit Deaton. Sans toi, on aura beau se battre, nos adversaires ne sont pas de simples créatures surnaturelles en colère. Ce sont des divinités aztèques, cruelles pour la plupart, implacables pour les autres.

Stiles émit un rire nerveux, au bord du gouffre. Il bascula.

- Je ne veux pas encore faire ma drama queen (1), mais je suis vraiment dans la merde. Non mais vous vous rendez compte ? JE dois sauver le monde alors que je n'ai pas été capable de sauver un chat coincé dans arbre bordel ! On est foutu. Je vous le dis direct, on est bien dans la merde, pas seulement moi pour le coup. Bah oui, si je ne suis pas capable d'empêcher ce qui doit arriver d'arriver, on est tous morts ! Je vais jamais y arriver. Contrôler des pouvoirs ? Pareil ! C'est impossible, je n'arrive même pas à me contrôler quand je parle, alors expliquez-moi COMMENT je dois faire pour maitriser des pouvoirs dont je ne connaissais même pas la foutue existence avant hier, en quelques mois ? J'espère que vous êtes prêts à mourir, parce que c'est ce qui risque d'arriver, je vous préviens ! J'ai toujours su que ce véto était fou à lier, mais là ! Là ça atteint des sommets ! Si, ou plutôt quand on va passer l'arme à gauche, faudra aller se plaindre de lui !

Il ne prenait même plus compte de la présence de Deaton et Derek, débitant des paroles sans reprendre son souffle, si bien que son visage tournait peu à peu au rouge.

- Je vous explique le topo : il nous reste cinq mois pour réussir à me transformer de ça, dit-il en désignant son propre corps, en quelque chose que je ne serais jamais ! Le Destin, ou la Nature comme vous le dites si bien, elle ne pouvait pas plutôt choisir quelqu'un d'un peu plus "héroïque", quelqu'un qui n'aurait pas une peur déraisonnable des araignées ou des insectes en général ! Non mais merde quoi ! Je ne veux pas mourir, mais une chose est sûre, c'est ce qui va arriver ! Je vais probablement me faire bouffer par ces choses, ces Tzitzoum dont je me souviens même plus du nom. Qui a eu l'idée de les nommer ainsi, quelle idée à la c-

- Stiles ! l'interrompit brusquement Derek, sur le point de se transformer, ses yeux bleus luisant fixés sur l'hyperactif.

Le brun ferma immédiatement la bouche, le bruit résonnant désagréablement dans la pièce soudainement silencieuse. Son regard se fixa immédiatement sur le loup, des années d'instinct lui dictant de ne pas tourner le dos à l'animal, mais de ne pas le défier non plus. Il vit le loup froncer les sourcils et esquisser un geste dans sa direction, mais l'adolescent -presque adulte- ne recula, sachant que cela pourrait attiser le loup-garou et signer son arrêt de mort -plus tôt que prévu, finalement.

Même après des mois sans avoir à côtoyer Derek, il se sentait toujours fébrile en sa présence, toujours attiré par le corps ferme de l'adulte face à lui.

Il ferma les yeux, douloureusement. Son béguin d'adolescent stupide ne devait pas refaire surface. Il avait réussi à transformer ses sentiments pour Lydia en une amitié mêlant complicité et admiration. Il allait faire la même chose avec le loup, au prix d'efforts colossaux, semblerait-il. Son attention se porta sur le vétérinaire, déterminé à finir au plus vite cet entretien, pour s'enterrer au fond de son lit et se morfondre sur le hasard de la vie qui s'acharnait sur lui.

- Je sais que tout peut te paraître un peu précipité ou fou. Mais nous n'avons pas le choix. Comme pour chacune de tes aventures avec tes amis.

- Aucun rapport ! s'exclama Stiles. On s'est toujours retrouvé face à des choses plus ou moins humanoïdes, que l'on pouvait affronter sans risquer le gourou suprême.

- Stiles, pour toi, le Nogistune n'était-il pas une divinité maléfique, qui t'a contrôlé pendant des semaines, t'a forcé à manipuler, blesser et tuer ? Etait-il une menace que tu considérerais aujourd'hui comme facile à vaincre ?

L'intervention de Derek le surprit.

- Non, bien-sûr que non, souffla-t-il, souvenir de la voir susurrante du renard à l'esprit.

- Tu y arriveras Stiles, reprit Deaton. Si cette prophétie existe, c'est pour une raison : la réaliser ou l'ignorer. Mais l'ignorer reviendrait à se passer la corde au cou. Après tout ce que tu as déjà vécu, j'ose espérer que tu as encore la combativité de surmonter une nouvelle épreuve. Cependant, le choix te revient, nous ne pourrons rien faire sans toi.

Stiles, les yeux dans le vague, prit le temps de passer en revue chacune des options qui s'offraient à lui. Toutes se finissaient par une mort douloureuse, dans la peur, sauf une. Une voie encore plus douloureuse que toutes les autres réunis. Il soupire, expulsant l'air contenu dans ses poumons.

- Je n'ai pas vraiment le choix, fit-il en offrant un pauvre sourire aux deux hommes. Que dois-je faire maintenant ?

- Nous n'allons pas commencer tout de suite avec la maitrise des éléments, le temps que cette tempête se calme. Tempête causée par tes pouvoirs encore ensommeillés. Ce sont ces derniers qui l'ont déclenché, mais ce sont tes sentiments confus qui l'alimentent sans cesse. Tu vas devoir faire des exercices de respiration, de méditation -Stiles poussa une exclamation de dégoût. Et il faudra externaliser ton énergie croissante, aussi bien magique que physique.

- Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais les seuls moments où je fais un quelconque effort physique, je suis poursuivis par une bestiole qui a eu la soudaine envie de me boulotter.

Le druide esquissa un sourire, alors que Derek levait les yeux au ciel, exaspéré.

- C'est pourquoi notre ami est ici présent. Pour dépenser toute ton énergie et permettre à ton corps de contenir la puissance dont tu seras doté d'ici quelques mois. Derek t'entrainera.


(1) : j'aime tellement ce terme, je trouve qu'il colle à merveille au comportement de ce cher Stiles, aussi bien dans la série que dans cette histoire XD

L'action se ramène peu à peu.
J'espère que ce chapitre vous a plu, et -on ne se répète jamais assez- n'hésitez pas à laisser une review pour dire ce que vous en avez pensé !

Pour le prochain chapitre : entrainement pour Stiles, et ce dernier n'est pas au bout de ses surprises (moi, sadique ? Nooooon...)