Disclaimer : L'univers et les personnages de Harry Potter ne m'appartiennent pas, merci à JK Rowling pour les avoir créés.
Coucou !
Enfin de retour avec le dernier chapitre de cette fic. Je pense que si j'ai eu tant de mal à terminer , c'est sûrement parce que j'ai tellement de mal à « couper le cordon »...
Je voudrais remercier du plus profond du cœur tous ceux et/ou celles qui m'ont laissé des reviews sur cette histoire. Je ne le dirai jamais assez, je vous aime !
Et je vous demande encore pardon d'avoir autant tardé à publier ce chapitre.
Merci aussi à mes nombreux lecteurs et abonnés « silencieux »… et c'est bien dommage (d'être silencieux) ! Alors pour ce dernier chapitre, s'il vous plait… un petit effort de clavier ! Ça ne coute rien que quelques secondes, et je vous jure que ça illumine la vie des auteurs :)
Pour ceux que ça intéresserait, je ne vous abandonne pas et j'ai actuellement une autre fic « sur le feu ». Mais étant donné que je n'ai encore écrit que quatre chapitres, il faudra patienter un peu avant de la découvrir.
J'ai aussi quelques idées d'OS… donc, vous n'avez pas fini de me « subir ».
Sur ce, suivant l'expression consacrée, enjoy & review
Un nouveau départ
.
Appuyée contre la rambarde de pierre blanche du balcon suspendu au-dessus de l'océan, la jeune femme contemplait la splendeur incandescente qui striait encore l'horizon d'un trait d'or en fusion. Les deux mains qui vinrent délicatement se poser sur ses épaules ne la surprirent pas malgré Ia furtivité habituelle des déplacements de leur propriétaire, aiguisée par des années d'espionnage et de volonté de surprendre ses élèves, de préférence en faute.
Elle se laissa aller avec confiance contre l'homme qui avait nonchalamment laissé glisser ses paumes le long de ses bras, enroulant les siens autour de sa taille, en déposant un baiser dans son cou, avant d'appuyer sa joue contre ses cheveux pour profiter lui aussi du spectacle grandiose des derniers rayons du soleil couchant.
La marée était basse et l'océan lui-même semblait être assoupi, seules quelques vagues paresseuses teintées d'or rouge, venaient mourir contre les plaques de roches acérées que surplombait la terrasse. Les nombreux touristes arrêtés sur le terre-plein qui faisait face à la baie d'Hendaye pour admirer le coucher de soleil étaient bien loin de se douter de la présence de leur Havre à seulement quelques mètres d'eux.
Ils s'étaient réfugiés là dès que Poppy, baissant les bras après deux jours de récriminations de la part de Severus, les avait enfin, de guerre lasse et rassurée sur les capacités mentales du Maître des Potions, laissés partir. L'infirmière avait en effet décrété Hermione trop proche de son 'patient' pour être vraiment objective, et réinvesti son ancien domaine jusqu'à ce qu'il soit complètement remis.
Minerva avait débarqué en trombe à l'infirmerie, le lendemain de l'expérience, en apprenant que Severus y était confiné, malgré son refus de garder le lit, et les avait surpris en plein milieu d'un baiser passionné qui ne pouvait prêter à aucune confusion. Elle en avait instantanément oublié les reproches qu'elle avait déjà sur les lèvres pour ne pas avoir été prévenue. Elle était tombée des nues en apprenant leur relation, qu'elle devait être l'un des rares membres du personnel à ne pas avoir au moins soupçonnée. Et elle avait, une fois encore, inondé de ses larmes la redingote d'un Maître des Potions qui levait silencieusement au ciel des yeux excédés, en remerciant Merlin que les élèves étant en vacances, personne ne puisse surprendre la scène, sous le regard amusé d'Hermione.
Depuis qu'incertaine de sa réaction, elle lui avait glissé à l'oreille, quelques minutes plus tôt, et avec une certaine appréhension, le secret qu'elle portait depuis quelques semaines, il la suivait silencieusement des yeux, avec dans le regard un émerveillement incrédule.
Devant son mutisme, qu'elle ne savait trop comment interpréter, elle s'était réfugiée sur le balcon, ne sachant que penser de sa, ou plutôt de son absence de réaction. Le silence s'étira dans la sérénité du soir, uniquement troublé par le bruit du ressac et les cris des mouettes. La nuit tombait doucement, allumant des milliers d'étoiles dans un ciel sans nuages. Demain serait une belle journée.
—Tu es vraiment sûre ? Souffla-t-il à son oreille en posant les mains sur le ventre de la jeune femme avec une sorte de révérence.
—J'ai aussi fait un test moldu par double précaution, mais oui, je suis vraiment sûre. Tu... tu ne m'en veux pas ?
Il la fit pivoter entre ses bras pour plonger ses yeux au plus profond des siens.
—T'en vouloir ? T'en vouloir pour faire de moi le plus heureux des hommes ? Jamais je n'aurais osé imaginer... espérer... qu'un jour… Tu... tu es la meilleure, la plus belle chose qui me soit jamais arrivée, Hermione. Et maintenant, tu me fais le plus beau des cadeaux qu'un homme puisse espérer de la femme qu'il aime. De quoi pourrais-je t'en vouloir ? De plus, que je sache, ces choses-là se font généralement à deux, et j'en suis au moins autant responsable que toi.
Si tu veux vraiment tout savoir, reprit-il après un temps de silence, « je suis absolument terrifié. J'ai peur de... de ne pas être à la hauteur. Je n'ai jamais su... Tu es bien placée pour savoir ce que sont mes relations avec les enfants... Mais j'ai fait la paix avec le passé, et sans toi, je n'y serais pas arrivé. Je te dois tout, Hermione, jamais je ne pourrai t'en vouloir pour quoi que ce soit.
—Tu seras un très bon père, Severus, je n'en doute pas un instant.
—Comment peux-tu dire ça ? Après tout ce que j'ai fait ? Après... Tobias ? Termina-t-il d'une voix presqu'inaudible.
—Tu as énormément plus d'expérience que beaucoup d'autres en la matière. Tu as été directeur de Serpentard depuis tes vingt et un ans. Pendant dix mois sur douze, tu as été leur seule famille. Le seul adulte à qui ils pouvaient vraiment se fier. Et s'il y a une chose qu'il faut reconnaître aux Serpentards qui ont été sous ta tutelle, c'est leur admiration et leur respect, unanimes et inconditionnels, pour leur directeur de Maison. Tu as toujours été présent pour eux. Tu les as aidés, défendus, malgré l'ostracisme dont ils étaient la plupart du temps victimes de la part des autres élèves, et il faut bien l'avouer, de beaucoup de professeurs également. Tu t'es soucié de leur santé, et de leur bien-être. Je suis persuadée que pour beaucoup d'entre eux, tu as été ce qu'ils ont connu de meilleur en tant que famille. Quant à Tobias… tu ne seras jamais comme ton père, Severus, ce n'est pas dans ta nature. Malgré tous les griefs que tu pouvais avoir contre certains, tu n'as, quoi qu'ils aient fait jamais levé la main sur un enfant. Récurer des chaudrons sales n'a jamais tué personne, et Dieu sait que Harry et Neville peuvent en témoigner d'expérience. Sans compter que tu culpabilises bien trop pour ce que tu as été obligé de faire pendant la dernière année de la guerre pour que quiconque puisse penser un instant que tu sois capable de maltraiter volontairement un enfant. Même alors, la pire des punitions que tu aies jamais donnée était bien plus douce que les traitements que leur faisaient subir les Carrow lorsque tu n'étais pas là pour les freiner.
—Justement ! Je n'étais pas toujours…
Elle attrapa ses cheveux à pleine main et se hissant sur la pointe des pieds tout en l'attirant vers elle, elle fit faire ses objections d'un baiser.
« Souviens-toi de ce que tu m'as dit un jour, Severus Snape, murmura-t-elle contre sa bouche, « ne m'idéalise pas, ne me mets pas sur un piédestal, personne ne le mérite. Tout ce que j'ai fait, c'est te faire comprendre et accepter, du moins je l'espère, qui tu es vraiment… Et pour tout dire, je suis au moins aussi terrifiée que toi. Moi non plus, je n'aurais jamais pu imaginer avoir un jour un enfant. Je n'ai jamais pensé avoir la fibre maternelle. Alors s'il te plaît, tais-toi et prépare-toi à m'aider au mieux sur ce coup, parce que je sens que je vais fichtrement en avoir besoin !
Il fit entendre un petit bruit amusé en la serrant contre lui, avant de reprendre possession de ses lèvres. Lorsqu'il la libéra, une lueur taquine luisait dans son regard.
—Oh je ne me soucie pas trop de ça, tu es Hermione Granger, après tout… il doit bien exister, quelque part, un livre dans le genre 'Comment élever un enfant pour les nuls'... dès demain, je ferai des recherches. Sourit-il en esquivant le coup de poing qu'elle s'apprêtait à lui donner dans l'épaule. « Et tâche de ne pas trop m'abimer si tu veux vraiment que je puisse t'aider !
.
Epilogue
.
1er septembre 2020
Le Choipeaux termina sa chanson sous le regard atterré du directeur. Au fil des ans, l'artéfact faisait de plus en plus concurrence à Dumbledore, pour l'ineptie fumeuse de plus en plus prononcée de ses chansons.
Hermione se pencha vers lui, le regard fixé sur un petit groupe, plus serré que les autres, parmi les enfants qui attendaient leur répartition.
—Nos 'quatre mousquetaires' ont beau faire les bravaches, ils crèvent de trouille d'être séparés.
—De toute façon, il y a peu de chances pour qu'ils se retrouvent tous dans la même Maison... et tant mieux pour leurs professeurs ! termina-t-il d'un ton légèrement amusé après un instant de réflexion.
Lorsqu'il ne resta plus que quelques enfants, Hernie annonça enfin :
« Potter Lily ! » Après seulement quelques secondes, le Choipeaux s'écria joyeusement : "Gryffondor!"
—Le contraire m'aurait étonné, les chiens ne font pas des chats ! grommela Severus à mi-voix.
Hermione le fit taire d'un coup de pied dans la cheville, pendant que la fillette rousse aux yeux verts rejoignait la table des rouge et or sous les applaudissements de la salle et le regard songeur du directeur. La jeune femme n'était pas dupe, sous l'ironie du propos se cachait une ancienne blessure, et elle avait appréhendé le jour ou la jeune Lily rejoindrait vraisemblablement la Maison de ses parents. Cette scène ravivait bien trop une ancienne blessure, qui ne guérirait jamais tout à fait dans le cœur de son compagnon. Comme s'il avait senti les craintes de la jeune femme, Severus lui saisit la main et la serra doucement pour la rassurer.
—Tout va bien ! Fit-il à mi-voix. « Regarde ! Ajouta-t-il. Et son regard brillait de fierté, pendant qu'Hernie faisait signe d'approcher à une fillette aux longs cheveux bouclés, d'un noir de jais.
« Prince Eileen ! »
La petite fille fut très rapidement, et sans grande surprise pour ses parents, répartie à Serdaigle, et rejoignit sa table en jetant un regard désolé à Lily. Deux quatrième année blonds se poussèrent pour lui faire une place près d'eux.
—Ne sois pas triste Elie, fit Lysander.
—On s'en fiche des Maisons, poursuivit Lorcan. « De toute façon, toutes les Maisons ont des cours en commun, maintenant. » Terminèrent-ils avec un bel ensemble.
Il ne restait maintenant plus que cinq enfants à répartir. Aussi brun et les yeux aussi noirs que ceux de sa sœur (ils sont aussi bruns que vous et ils ont vos yeux, Severus, mais à part ça, ce sont les portraits crachés de leur mère, lui avait annoncé Poppy, connaissant ses complexes, onze ans auparavant). Le petit garçon jeta un regard furtif vers la table du personnel et reçut en retour deux sourires encourageants.
« Prince Lorenzo ! »
Le Choipeaux resta silencieux pendant de longues secondes. Severus était tendu. Jamais il ne l'aurait avoué, mais il était clair que malgré que le garçon soit au moins aussi intelligent que sa sœur, il aurait aimé qu'au moins un des jumeaux...
Au bout d'un très long moment, le Choipeaux annonça enfin "Serpentard !". Il relâcha le souffle qu'il n'avait pas conscience d'avoir retenu, pendant qu'Hermione le regardait d'un air mi- ironique, mi- attendri, en serrant tendrement à son tour la main qui n'avait pas lâché la sienne.
Le dernier gamin n'en menait pas large. Au fur et à mesure que ses amis étaient répartis, ses cheveux roux striée de mèches colorées étaient passés par différentes nuances intéressantes. Mèches maintenant grisâtres, assorties à son air désespéré.
"Weasley Arthur !"
Le Choipeaux sembla prendre pitié de lui, et n'hésita pas une seconde. "Poussouffle !" s'écria-t-il. Soulagé d'avoir été répartie dans la Maison de sa mère, et de son frère avant lui, le petit garçon rejoignit la table des jaune et noir, un immense sourire plaqué sur le visage, ses mèches redevenues d'un beau turquoise vif, qui jurait avec le roux intense du reste de sa chevelure.
—Un Weasley réparti chez les blaireaux… le Choipeaux mettrait-il enfin un peu de plomb dans le tissu moisi qui lui sert de cervelle ? Commenta Severus à mi-voix.
—Shtt ! Langue de vipère ! Dois-je vous rappeler que selon vos propres affirmations, toutes les Maisons doivent être traitées avec équité, monsieur le Directeur ? Sourit Hermione.
—Eh bien, je suppose que si l'on devait trouver un symbole de l'Union des Maisons, ceci pourrait en constituer un bon exemple. Souffla une Minerva ravie, de l'autre côté du Maître des Potions.
Ces enfants sont le symbole vivant de ce que vous avez réussi à accomplir depuis votre retour parmi nous, Severus. Je reconnais que même après la guerre, les choses n'avaient pas beaucoup évolué dans cette école. La vieille femme que je suis avait sans doute encore trop de préjugés ancrés en elle. Il fallait bien quelqu'un comme vous pour faire avancer les choses. La création du cours préparatoire a véritablement été un coup de maître, ainsi que, je l'avoue, votre intransigeance concernant une stricte équité entre les Maisons. Vous êtes certainement le directeur qui a fait le plus pour Poudlard depuis des siècles. Sans compter la guérison de Potter…
—Je n'y serais jamais arrivé tout seul, Minerva, remerciez plutôt Hermione. Sans elle, je ne sais pas où je serais à présent.
—Sans 'elle', tu serais quand même ici. Parce que tu es quelqu'un de bien Severus, et que tu n'as jamais eu besoin de personne pour l'être.
—Elle a raison, mon garçon. Et je vous demande encore une fois pardon d'avoir douté de vous à une époque. Je connaissais Albus, j'aurais dû comprendre.
—Ne revenons pas sur ces vieilles histoires, Minerva, laissons le passé dormir. Même Hermione a fini par faire la paix avec ce vieux fou.
Severus laissa son regard errer un instant sur les élèves qui chahutaient gaiment dans la grande salle, s'interpellant même parfois d'une table à l'autre. Oui, les choses avaient bien changé. La main d'Hermione trouva la sienne sous la table, et même l'éclat d'une chevelure rousse et de deux yeux tellement semblables à ceux d'une autre fillette, dans ce qui semblait une autre vie, assise à la table de Gryffondor, ne réussit pas à entamer le cocon de chaleur qui enveloppait son cœur. Ses yeux plongèrent dans ceux, pleins de tendresse de la jeune femme, et il se prit à remercier mentalement Morgane de lui avoir donné la chance de pouvoir enfin apprécier la saveur de l'existence, sans plus avoir à craindre pour sa vie ou pour celle de ceux qu'il aimait.
FIN
Lumos maxima, please ! Même si une histoire est terminée, les reviews sont toujours (et peut-être plus encore) les bienvenues !
