Notes de l'auteur : Juste pour information, il y aura un peu d'angoisse, mais aussi de la douceur pour accompagner.
Notes du traducteur : Et pour la rentrée, Naruto et Gaara nous offre un peu de vocabulaire anglais ! Non, non, ce n'est pas une coïncidence... Merci à tous ceux qui lisent, commentent, et aiment cette histoire. Bonne lecture à tous !


Chapitre 4 : Graines somnolentes

L'humeur massacrante de Gaara commençait à vraiment agacer Naruto. Il était sûr que même Kankurô avait remarqué le récent tempérament de son petit frère. Ce qu'il y avait de plus frustrant dans tout ça, c'était qu'il n'avait aucune idée de ce qu'il s'était passé dans la tête du rouquin. Les gens, et Gaara particulièrement, étaient incroyablement déroutants parfois.

Naruto adorait la tarte. Dès que Kankurô leur avait dit qu'il leur cuisinerait une tarte aux pommes pour ce soir, l'estomac du blond s'était bruyamment réjouit de la nouvelle. Bien sûr, ils avaient donc constaté qu'ils n'avaient plus de farine, et ainsi il avait été décidé que Naruto et Gaara iraient faire des courses, ensemble. Kankurô était occupé – il était toujours occupé, à la surprise du blond – et puisque Gaara n'avait pas le permis, Naruto se devait d'être son chauffeur attitré.

Pour échapper à la mauvaise humeur du rouquin, Naruto avait suggéré d'y aller seul. Les deux frères ont rejeté l'idée à l'unisson, de manière presque comique, en se regardant l'un l'autre avec un air proche de la panique. Naruto avait alors levé les yeux au ciel. Oui, une fois il avait ramené de la farine de pomme de terre au lieu de la farine normale, mais y avait-il vraiment une différence ? Il y avait écrit « farine » sur l'emballage, n'était-ce pas tout ce qui importait ?

Ainsi son insatiable envie de tarte l'avait mené à faire des courses en compagnie du rouquin renfrogné. Quand Gaara avait une fois de plus jugé de l'état du fidèle véhicule de Naruto avec une méfiance injustifiée, il avait demandé s'ils pouvaient prendre la voiture de son frère à la place. Dès lors, le regard de Kankurô était passé de la Škoda bosselée à sa toute nouvelle Audi et son œil s'était mis à tiquer sans raison apparente.

Naruto n'avait pas fait attention à ce comportement étrange et avait instantanément rejeté l'idée que le rouquin avait suggérée. Il n'aimait pas les nouvelles voitures. Il y avait trop d'électricité à l'intérieur et leur tableau de bord lui faisait penser à un vrai vaisseau spatial. Mais le pire c'était le système de traçage qu'ils installaient secrètement dans ces trucs durant le processus de fabrication.

"On aurait dû prendre sa voiture, marmonna Gaara tandis que le fracas familier du moteur se faisait de plus en plus fort.

_Dis pas n'importe quoi. Tu ne voudrais pas que le gouvernement sache où on fait des courses, tu crois pas ? » raisonna Naruto.

Gaara lui jeta un regard glacial. « Ils ne nous tracent pas. Personne ne le fait. Sa voiture est sécurisée, bien plus que… ça, dit-il en désignant l'horreur généralisée que constituait le vieux véhicule.

"Tu ignores tellement de choses sur ce qu'il se passe. Tu ne regardes pas les journaux ? Ils nous surveillent, tous, » dit Naruto en haussant les épaules. Juste pour être sûr, il jeta un œil au ciel mais aucun satellite n'était visible.

« Si tu es si inquiet, pourquoi est-ce que tu emportes ton téléphone partout avec toi ? Et tu ne disais pas que tu activais constamment la localisation automatique ? »

C'était un argument valide, que Naruto n'avait pas vu venir. Il répondit en se mordant les lèvres : « Il faut que je la laisse activée pour pouvoir retrouver mon téléphone avec mon ordinateur portable, si jamais je le perds.

_Comment ça « si jamais tu le perds » ? Tu le perds tout le temps, contra Gaara.

_Tu as l'air incroyablement grognon aujourd'hui, rétorqua le blond en resserrant son emprise sur le volant de sa voiture. Tu sais j'aurais facilement pu me débrouiller tout seul pour les courses. »

Son compagnon ne répondit pas immédiatement à cela. En se pinçant le nez, Gaara finit par répliquer : « Je sais. Mais comme je n'avais rien de mieux à faire, je me suis dit que j'allais venir avec toi.

_Merci. C'est gentil, ça me fait plaisir, » dit honnêtement Naruto avec un petit sourire. Avec un peu de chance, sa bonne humeur déteindrait sur l'excentrique rouquin.

Une demi-heure plus tard deux sacs de courses étaient confortablement installés sur la plage arrière. Les bras croisés sur sa poitrine, Gaara était assis sombrement à côté de Naruto, à regarder par la fenêtre. Le blond ne faisait pas attention au rouquin silencieux, mais il ne cessait de regarder son rétroviseur intérieur. Ce van qui le suivait de près commençait à l'énerver.

Qui était dans ce véhicule, et pourquoi avait-on choisi de le suivre de si près ? Etait-ce à cause de Gaara ? Avec un virage rapide sur la droite, Naruto parvint à les semer.

"O-Où est-ce que tu vas ? La maison est de l'autre côté, remarqua Gaara en regardant Naruto d'un air ébahi.

_ Je sais. J'en avais juste marre de cette voiture jaune juste derrière nous, elle était beaucoup trop près, » expliqua-t-il calmement, les yeux rivés sur le rétroviseur à nouveau.

Gaara se retourna pour regarder par la lunette arrière. « Je ne vois personne.

_Exact, sourit le blond en tenant le volant d'une main d'un air détaché, tu peux m'en remercier. »

Mais Gaara n'en fit rien, pour à la place le regarder comme s'il venait de perdre l'esprit.

"Qui sait, c'était peut-être le gouvernement, considéra Naruto en haussant les épaules.

_Dans cette voiture jaune ? demanda sérieusement le rouquin.

_Hm-hmm, » confirma le blond.

Sur le siège passager, Gaara enfouit la tête dans ses mains. Comme il ne se redressait pas dans une position normale, Naruto le regarda d'un air inquiet après un certain moment.

"Hé, ça ne sert à rien de cacher ton visage maintenant. Ils ont déjà ta photo. Tu vois, ils utilisent l'objectif sur le devant de ton téléphone portable pour rassembler des informations. C'est pour ça que le mien est recouvert de ruban adhésif. Astucieux, hein ? » dit Naruto en souriant d'un air détendu.

Lentement, Gaara releva son visage et se redressa. Il avait l'air calme mais n'y avait-il pas quelque chose qui semblait bouillir sous la surface ? Naruto était certain de pouvoir ressentir la colère contenue qui émanait du rouquin.

« Est-ce que ça va ? » demanda Naruto en lui jetant un œil. « Tu as l'air horriblement tendu dernièrement. Et tu n'aurais pas perdu un ou deux kilos ? »

Gaara enroula instinctivement ses bras autour de sa taille, comme pour se protéger de cette attention non-désirée. Cependant, le rouquin choisit de ne pas lui faire grâce d'une réponse.

Naruto soupira, mais il avait l'impression qu'il ferait mieux de laisser tomber. Ils roulèrent dans un silence tendu, jusqu'à ce qu'il remarque des piétons à l'air suspect sur le trottoir. L'un d'eux parlait au téléphone et l'autre leur prêtait un peu trop d'attention quand ils les dépassèrent.

Naruto claqua de la langue d'un air entendu. Ils le surveillaient, ça au moins c'était clair. Il ne faisait aucun doute que sa situation actuelle était transmise à l'instant par le téléphone portable, et il était presque sûr de trouver des agents à l'air tout aussi suspects un peu plus loin qui l'attendraient.

Mais comme toujours, il avait un coup d'avance et il les sèmerait bien avant qu'ils ne s'en rendent compte.

Malgré leurs déguisements astucieux, Naruto savait qu'ils n'étaient pas juste des gens ordinaires. Il vira soudainement à gauche le long d'une route de gravillons bosselée qui serpentait dans une forêt d'épais conifères.

"Mais bordel tu vas où là ? dit Gaara, incapable de retenir l'irritation dans sa voix.

_Tu n'as pas remarqué ces types avec leur lunettes de soleil juste avant ? demanda Naruto en vérifiant dans le rétroviseur.

_Tu veux dire le couple de personnes âgées qui promenaient leur chien ? redemanda le rouquin la voix serrée.

_Oui, confirma Naruto. Ils nous ont remarqué."

Gaara soupira profondément et serra dans ses mains les sièges usés par le temps jusqu'à ce que ses articulations soient blanches. "Bien sûr qu'ils nous ont remarqué ! Avec tout mon respect ta voiture est une attraction en elle-même, sans parler du bruit assourdissant du moteur que tu essaies de couvrir avec le son de la radio."

En réponse, Naruto souffla juste pour montrer son désaccord. "Tu as tort. Ils nous surveillaient et transmettaient notre situation à leurs partenaires. Tôt ou tard, une voiture rouge serait apparue derrière nous.

_Arrête ça ! s'exclama Gaara qui ne pouvait contenir son irritation plus longtemps. Tu délires encore.

_Ce n'est pas moi qui délire dans cette voiture," dit rapidement Naruto en vérifiant de nouveau dans le rétroviseur interne. Personne ne les suivait, ce qui prouvait qu'il avait raison depuis le début.

"Oh si, tu délires vraiment si tu affirme que des trucs pareils sont vrais, rétorqua Gaara en serrant les poings. Personne ne nous suit, et le rouge est peut-être la couleur de voiture la plus commune de nos jours. Si jamais on en voyait une ce serait une simple coïncidence.

_Tu vois, c'est ce qu'ils veulent que tu crois, fit remarquer Naruto, confiant quant à ses conclusions. Mais j'y vois clair dans leur jeu, parce que j'ai toujours un coup d'avance. Ils ne nous auront pas, grâce à moi.

_Juste… Juste écoute-toi !" s'exclama de nouveau Gaara en se tenant la tête dans la main tant il était exaspéré. "C'est exactement comme la dernière fois au centre commercial, quand tu m'as dit que tous ces gens savaient qui tu étais, et ce que tu étais sur le point de faire.

_Ton incrédulité prouve seulement à quel point tu es ignorant, Gaara. Ils savent tout." dit Naruto d'un ton complètement sérieux.

Mais Gaara soupira seulement en signe de défaite. « Je n'ai pas la patience pour ça, là maintenant. Ramène-nous à la maison le plus vite possible, sinon…

_Sinon quoi ? » demanda Naruto, en tenant le volant d'une main tout en se nettoyant les dents de l'autre.

Gaara tourna la tête pour le regarder avec une expression sombre et agacée. « Sinon je te ferais quelque chose de si horrible que tu préfèrerais laisser ces traqueurs imaginaires t'attraper. »

Un peu décontenancé, Naruto déglutit mais n'osa pas objecter. Un nuage sombre planait dans la voiture, et il était certain qu'un éclair le frapperait s'il osait discuter de ce sujet controversé plus longtemps.

Après avoir retrouvé son chemin vers la route principale, il essaya d'alléger l'atmosphère avec un sujet totalement différent : « Hé, tu sais quoi ? » demanda-t-il en souriant. Comme il s'y attendait, son compagnon silencieux ne lui fit pas la grâce d'une réponse. « Sakura passe le weekend avec nous » dit Naruto avec un sourire radieux en tapotant ses doigts sur le volant à un rythme régulier.

Mais Gaara ne montra aucune émotion indiquant s'il appréciait la nouvelle.

Naruto jeta un œil au rouquin, qui avait toujours les poings serrés. « Son petit-ami est parti un moment. Encore un voyage d'affaire, je suppose. Bref, elle déteste rester seule chez elle et je ne peux pas lui en vouloir. Tu devrais voir leur maison, elle est énorme ! »

Un léger soupir pour seule réponse, et désormais le rouquin silencieux fixait ses genoux, plongé dans ses pensées.

« D'habitude elle va chez Tenten, mais cette fois Néji est là et crois-moi, tu ne veux pas passer le weekend sous le même toit que ces deux tourtereaux, » gloussa Naruto en souriant pour lui-même. « Je te jure. Je l'ai fait et j'ai failli ne pas y survivre. »

Un léger ricanement échappa des lèvres de Gaara mais alors que Naruto tourna la tête vers lui, il était de nouveau en train de regarder par la fenêtre du côté passager.

Rentrés à la maison, Kankurô prit les courses qu'on lui tendait avec un hochement de tête en guise de remerciement. Ses yeux noirs alternaient entre un Naruto silencieux et un Gaara encore grognon. Quoiqu'il interpréta de cette observation, ça ne sembla pas le rassurer, à en juger par la façon dont sa bouche s'était pincée en une ligne fine.

Alors que Naruto offrait de l'aider à faire la cuisine, l'aîné des frères eut instantanément un soufflement amusé, et le le rouquin sentit ses lèvres trembler en un bref sourire.

"Merci, je peux me débrouiller tout seul, » dit Kankurô en retournant à ce qu'il faisait.

Juste au moment où Gaara s'apprêtait à se précipiter à l'étage et que Naruto était sur le point de le survivre (il avait un mauvais pressentiment, sans savoir pourquoi), la porte d'entrée s'ouvrit, et une Sakura entra, qui souriait amicalement. Gaara et Naruto s'arrêtèrent dans leur élan.

"Bonjour tout le monde, » salua-t-elle et la première chose que Naruto remarqua était la posture relâchée de ses épaules. Contrairement à l'instant, elles étaient d'habitude tendues, et accompagnées d'une veine qui pulsait sur sa tempe ou de ses poings fermement serrés à ses côtés.

"Sakura," expira Naruto quand il redescendit enfin sur terre. « Salut. »

Son parfum s'engouffra dans ses narines quand elle déposa son sac lourd sur le sol. Elle lui souriait, et elle vint à lui en étirant ses bras, l'enfermant dans une brève étreinte qui avait semblé durer une éternité.

C'était leur moment, un moment où elle faisait attention à lui et à personne d'autre.

"Salut, Sakura," l'accueillit Kankurô en apparaissant subitement dans l'entrée. Un tablier était noué de manière assez lâche autour de sa taille et il y avait de la farine dans ses cheveux bruns. Sakura s'écarta de Naruto et sourit au brun, car de toute évidence elle trouvait ça drôle. Kankurô lui répondit par un sourire, et soudainement Naruto eut froid, et il se sentit seul et exclu. Il put entendre au loin les pas de Gaara qui s'évaporaient à l'étage.

"J'espère que tu te plairas ici," dit finalement Kankurô en retournant dans la cuisine. « Tu pourras dormir sur le canapé.

_Merci, » sourit-elle, un peu plus longtemps que nécessaire aux yeux de Naruto. Avec une légèreté sautillante, elle ramassa son sac et dépassa Naruto vers le salon. Il la suivit hâtivement.

« Tu peux dormir dans ma chambre, je prendrai le canapé.

_Merci, mais non. Je préfère dormir ici, » dit-elle gentiment, mais avec un ton qui laissait entendre qu'il n'y avait pas de place pour l'argumentation.

Dans une défaite silencieuse, Naruto acquiesça et ses yeux errèrent du canapé bien rangé aux étagères sur le mur, puis la porte de la chambre de Kankurô pas loin.

"N'hésite pas à me le dire si tu changes d'avis, » dit Naruto même s'il savait déjà ce qu'elle allait faire.

Elle lui sourit brièvement. « Merci. Tu es un bon ami Naruto. »

Kankurô passa la tête dans le salon. « Hé Sakura, je fais une tarte aux pommes. Si tu veux, tu peux m'aider.

_Oh, j'adorerais," acquiesça-t-elle en laissant de nouveau Naruto, debout tout seul.

"Hé, pourquoi elle peut aider et pas moi ? demanda le blond avec une légère irritation.

"Eh bien, dit Kankurô sans prendre la peine de le regarder tandis qu'il cherchait un autre tablier pour Sakura. Pour commencer, je suis presque sûr qu'elle ne confondrait pas le sel avec le sucre. »

C'était un bon argument, Naruto devait l'admettre. Bon sang, c'était des brioches bien salées qu'ils avaient eues à l'époque. En se rappelant l'expression de pur dégoût sur le visage de Kankurô quand il avait innocemment pris une bouchée de la brioche nouvellement préparée, il ne put s'empêcher de ricaner. Après ça, l'aîné des frères l'avait banni de la cuisine. Bien sûr, Naruto avait désapprouvé cette restriction, mais étonnamment Gaara n'avait pas été de son côté à ce moment-là. Et c'était à cause de ça que la restriction s'appliquait encore aujourd'hui.

Naruto s'assit à la table de la cuisine en signe de défaite. Un peu plus tôt, Gaara avait disparu à l'étage accompagné d'une aura sinistre, et le blond se demanda s'il devrait aller le voir. Mais là encore, Sakura était son amie, et il se sentait obligée de rester dans la même pièce qu'elle.

Maintenant elle avait de la farine dans les cheveux et elle et Kankurô riait à propos de quelque chose dont Naruto n'avait aucune idée. Elle s'était attaché les cheveux en queue de cheval et chaque fois que Sakura bougeait la tête, elle ondulait de manière féminine juste au-dessus de ses épaules.

"Naruto," dit-elle soudainement d'une voix exceptionnellement joyeuse.

Il lui sourit automatiquement en retour. Comme elle se tenait juste devant lui, il ne pouvait s'empêcher de remarquer à quel point le tablier la mettait en valeur.

"Tu pourrais m'aider ? demanda-t-elle et il se redressa. J'ai besoin d'envoyer quelques texto mais comme tu le vois je suis en train de préparer une tarte, expliqua-t-elle et à la mention du met l'estomac de Naruto gargouilla.

_D'accord, promit-il en haussant les épaules.

_Merci, t'es un véritable ami, Naruto, dit gentiment Sakura en l'embrassant sur le front.

_J-Je ferai n'importe quoi pour toi, » répliqua Naruto en rougissant et brusquement il lui sembla très important de triturer la nappe.

"Tiens, dit-elle en lui donnant son téléphone. Dis à Sasuke que je suis pour le weekend et que je l'appellerai demain. »

Naruto pâli et ses organes se nouèrent inconfortablement. Mais le souvenir de son doux baiser lui brûlait encore le front, et il se fit une mission de ne pas montrer son inconfort.

"Tu veux que je te récite ce que j'écris ou… ? » demanda Naruto de son meilleur air détaché.

"Nan, tu peux le faire toi-même comme avant. Tu sais qu'il ne verra pas la différence. » dit Sakura l'air absente tandis qu'elle lisait le livre de recette avec Kankurô qui regardait le texte par-dessus son épaule.

Les mains en sueur, Naruto fit ce qu'il avait à faire. Assez rapidement, il écrivit : « Je passe le weekend avec Naruto. Je t'appelle demain. »

Trente secondes plus tard il eut une réponse. « Oh vraiment ? Tu passes un peu trop de temps avec lui en ce moment. »

Naruto fronça les sourcils, confus. Ce n'était pas vrai. Juste alors qu'il allait le lui faire remarquer, Sasuke envoya un autre message : « Honnêtement, je ne comprends pas pourquoi tu prends la peine de passer du temps avec le Pisseux. »

Peut-être était-ce le soleil qui était caché par un nuage, mais soudainement la pièce sembla plus sombre. Le nœud de ses organes se resserra tandis qu'il relisait les mots blessants.

« Ne l'appelle pas comme ça, tapa Naruto.

_C'est juste un surnom. Et tu l'appelais comme ça aussi, tu te souviens ?

_Tout ça c'était de ta faute » répondit Naruto, et dans sa tête il ajouta quelques mots bien sentis.

« C'était une blague,

_Mais elle n'était pas très drôle, babe, répondit Naruto. Il était censé être Sakura, après tout.

_Peu importe. Je dois y aller maintenant. On se parle plus tard. Je t'aime.

_Je t'aime aussi » répondit Naruto en ajoutant la signature de Sakura, un cœur rose brillant à la fin.

Il leva les yeux vers les pâtissiers. Ça avait l'air tellement amusant, et il se sentait tellement exclu. Ils riaient, et honnêtement il n'avait pas très envie de savoir à propos de quoi.

« Bon, j'ai fini. Ton petit-copain est content d'avoir de tes nouvelles, » dit Naruto et cette fois, son irritation était audible dans sa voix. Sakura se tourna vers lui et les muscles de son visage étaient bizarrement crispés.

« Merci, » fit-elle seulement en revenant à ce qu'elle faisait.

En reposant le téléphone plus loin, il était dégoûté et énervé, mais quand son rire porta à ses oreilles à nouveau, il essaya d'effacer ses précédentes pensées en fermant les yeux.

Et il les ouvrit pour voir Sakura qui tenait de la pâte sur son doigt, et le tendait à Kankurô qui en lécha la pâte en passant. Pour une raison quelconque, la précédente nausée de Naruto lui revint, dix fois plus forte.

Sa tristesse silencieuse fut interrompue quand il remarqua que Kankurô le fixait avec intérêt. Naruto haussa un sourcil d'un air interrogatif, et le sourire du brun s'étendit au maximum.

« C'est un nouveau T-shirt ? demanda poliment Kankurô.

_Ben, non… dit Naruto en baissant les yeux sur son T-shirt usé par le temps.

_Cette couleur te vas vraiment bien, complimenta le brun en faisant un clin d'œil.

_Euh… vraiment ? M-Merci, » bégaya le blond, confus.

Une nervosité familière émergea en lui, car une fois de plus il ne savait pas comment interpréter ce geste. Avant qu'il ne puisse détecter quelque sorte de réponse sur les expressions du visage de Kankurô, celui-ci se détourna vers Sakura à la place.

« Cet été on a eu les fraises les plus sucrées qu'on aie jamais eues, » lui dit Kankurô en époussetant au passage un peu de farine de ses épaules.

« Oh vraiment ? » elle fut instantanément intéressée. « Vous en avez encore au frigo ?

_Hum… Je ne crois pas, désolé, dit Kankurô. Il faudrait que quelqu'un aille en cueillir dans le jardin, je suppose. »

Les épaules de Sakura s'affaissèrent et elle eut l'air déçue. Même les épis de sa queue de cheval semblaient plus plats qu'auparavant.

« Je peux aller t'en chercher » promis Naruto et instantanément son aura sombre s'éclaira. Son remerciement ravi était une récompense suffisante à ses yeux, se dit-il, et tandis qu'il se dirigeait vers le jardin, il fut en fait reconnaissant d'avoir une petite échappatoire à leur compagnie. Quand il eut finit de parcourir le champ dans le but de trouver les meilleures pour elle, il avait un bol entier d'exquises fraises, la crème de la crème. Dans la cuisine, Kankurô accepta le bol avec un sourire chaleureux qui fit trembler quelque chose dans le cœur de Naruto.

« Prends une fraise, dit le brun à Sakura, dont les mains étaient couvertes de pâte.

_Je suis occupée, là, dit-elle en désignant ses mains.

_ Laisse-moi t'aider, dit-il doucement en mettant l'une des fraises choisie avec attention par Naruto dans sa bouche.

_Oh, elles sont… » elle s'interrompit en fermant les yeux et tous ses mouvements s'arrêtèrent pendant un instant. Kankurô rit de sa réaction, et en arrière-plan Naruto avait l'impression de disparaître à nouveau.

Après que la tarte soit cuite et qu'ils purent la déguster tous les quatre, ils s'étaient installés dans le salon pour jouer à un jeu de plateau. Après trois tours d'un jeu qui ne requérait pas de talent mais beaucoup de chance, Naruto était sûr qu'il se passait quelque chose.

Gaara ne l'avait pas regardé, pas même par accident, depuis qu'il les avait rejoint. Même si ça semblait probablement trivial, Naruto ne pouvait s'empêcher de trouver cela agaçant. Depuis le temps il s'était habitué à la façon presque obsessive dont ces yeux turquoise l'étudiaient en secret, ou parfois, de manière très ouverte

En plus de ça, Naruto était secrètement frustré, parce que Gaara ne cessait d'éliminer les pions de Sakura. Au début il n'avait pas remarqué, mais quand le rouquin eut plus d'une fois l'occasion de rendre la partie difficile à quelqu'un d'autre, il n'en fit rien sans raison.

Durant la soirée, Sakura parvint à voler un moment seule avec Naruto. Ses yeux verts foncés avaient de nouveau ce regard, un regard qu'elle avait chaque fois qu'elle était sur le point de se mêler de quelque chose dont elle ne devrait pas.

« Quoi, soupira Naruto, et l'étincelle dans ses yeux s'amplifia.

_Qu'est-ce qu'il se passe ? murmura-t-elle.

_C'est pas à moi de te demander ça ? » rétorqua Naruto en plissant les yeux.

Ses sourcils se froncèrent et presque instinctivement, elle serra les poings. « Et qu'est-ce que tu veux dire par là ?

_Ce n'est pas évident ? répondit encore une fois Naruto avec une question. Tu ne trouves pas que tu es un peu trop familière avec Kankurô ? »

Elle empoigna son T-shirt avec colère, et à ce moment Naruto sut mieux que jamais qu'il n'avait pas choisi le meilleur moment pour évoquer ses observations.

« Arrête d'impliquer des trucs pareils. Quelqu'un pourrait mal interpréter s'il t'entendait parler de manière si légère, dit-elle calmement, bien que son emprise fut menaçante. Et n'essaie même pas de parler de tes délires à qui que ce soit, c'est clair ? » Maintenant sa voix aussi était menaçante.

Vu la façon dont elle le dévisageait, il n'avait aucun doute que Sakura pourrait le castrer à mains nues si elle le voulait. Et s'il se souvenait bien, elle avait promis plus d'une fois d'arriver à un tel traitement. Effrayé, Naruto déglutit et acquiesça fébrilement, vaincu. Etant donné qu'elle desserra son emprise, son obéissance silencieuse sembla la calmer.

« Bon, commença-t-elle avec une voix curieuse, en faisant craquer ses doigts, qu'est-ce qu'il se passe entre toi et Gaara ?

_Rien en ce qui me concerne, » répondit Naruto en cherchant du regard une échappatoire.

Mais alors elle lui prit le bras pour attirer son attention. « Il y a forcément quelque chose qui ne va pas chez lui. Tu n'as rien remarqué ? »

Les épaules affaissées, Naruto essaya de se recroqueviller comme une tortue. « Il est tout le temps comme ça.

_Tu devrais peut-être lui parler ? suggéra-t-elle.

_Pourquoi ? Pourquoi moi ?" gémit le blond, en cherchant de nouveau dans la pièce une excuse pour partir. « En plus, il ne me dira rien. Je crois que je suis la dernière personne qu'il a envie de voir.

_Hum, je ne crois pas, considéra Sakura. Tu devrais lui parler.

_Non," refusa Naruto en se libérant de son contact. Il partit vite chercher Kankurô pour lui demander s'il pouvait l'aider pour quoique ce soit.

Plus tard dans la soirée, ils étaient assis sur le canapé pour regarder un film. Naruto était de mauvaise humeur mais faisait de son mieux pour que personne ne s'en rende compte. Ce que Sakura lui avait dit le travaillait encore et l'agaçait au point que c'était la seule chose sur laquelle il pouvait se concentrer. Même le fait que Gaara ait volé la place à côté de Sakura, laissant ainsi Naruto entre lui et l'accoudoir du canapé, ne le dérangea pas.

Gaara et ses changements d'humeur ! Naruto souffla dans sa frustration.

Il fut momentanément tiré de ses pensées houleuses quand Gaara lui tendit un petit bol de poissons à la réglisse, ses bonbons préférés. Surpris de ce geste (et du fait qu'il ne se souvenait pas que quiconque en ai acheté), il sourit brièvement au rouquin, qui une fois de plus refusa de le regarder.

A la fin de la soirée, Naruto aida Kankurô à débarrasser la table. Gaara avait disparu quelque part depuis un moment, probablement dans sa chambre, sans surprise. Sakura prenait une douche dans la salle de bain du sous-sol et se préparait à aller au lit. Ou sur le canapé, dans son cas.

"Tu sais quoi, Naruto ? » demanda brusquement Kankurô en posant les assiettes sales dans l'évier. Le blond s'arrêta dans ses mouvements et attendit que l'autre continue sa conversation à sens unique. Dès que Kankurô remarqua son regard discret, Naruto baissa les yeux pour étudier ses chaussettes.

"Je suis un peu inquiet pour Gaara. Il est assez déprimé en ce moment, » dit le brun. Bien sûr, Naruto avait fait la même observation que le grand frère inquiet mais tout de même, il décida de ne pas dire ce qu'il pensait. Et ce qui n'avait pas échappé à son observation était que Kankurô portait encore ce T-shirt ajusté qui épousait son physique admirable où il le fallait.

"Mais il est différent avec toi. Tu avais remarqué ? »

Non, Naruto n'avait pas remarqué Le visage d'un Gaara énervé qui lui hurlait dessus et prenait son instinct de protection pour quelque chose de complètement ridicule lui revint à l'esprit. Si être renfrogné et agacé signifiait « différent », alors, oui, il voyait de quoi il parlait.

"Tu pourrais lui parler, tu vois ? suggéra très gentiment Kankurô.

_Lui parler de quoi ? demanda Naruto sans cesser de fixer son torse.

_Ben… Tu sais, » dit Kankurô, qui parvint ainsi à ne pas l'éclairer du tout sur le sujet. « J'ai juste l'intuition que ce serait une bonne idée. »

Aux yeux de Naruto, ce n'était pas une bonne idée du tout. Mais quand il eut fini d'user le point qu'il fixait sur le torse de Kankurô avec ses yeux, il releva la tête pour voir ce regard onyx qui le regardait déjà de manière inquiète et désespérée.

Et Naruto ne pouvait pas dire non à ce visage incliné et ces yeux suppliants, et avant qu'une émotion lisible ne puisse traverser son visage, il passa rapidement devant Kankurô avec un « D'accord » marmonné.

Il se dépêcha de sortir de cette situation, courant presque pour monter les escaliers. Dans sa tête, il pensait d'abord aller se cacher dans sa chambre pour une durée indéterminée, mais finalement ses pieds refusèrent de l'y mener. Il se trouva donc debout devant la porte de Gaara, comme il l'avait promis à Kankurô.

Pour une raison inconnue, sa poitrine lui faisait mal et il y avait un carrousel de pensées plus anxieuses les unes que les autres qui défilaient dans sa tête, sans s'arrêter. Il toqua timidement à la porte de bois et l'absence de réponse ne le surpris absolument pas.

"Gaara ?" Pas de réponse. "Je voudrais te parler."

Au moment où il allait se retourner et s'en aller dans sa propre chambre, comme il l'avait initialement prévu, il y eut un cliquetis et la porte s'ouvrit, laissant apparaître un visage pâle et sérieux qui le fixait depuis l'entrebâillement.

"Je peux entrer ?" demanda gentiment Naruto.

Pour toute réponse, le rouquin s'éloigna simplement de la porte, permettant à Naruto d'entrer s'il le désirait.

Le blond franchit le seuil avec précaution et ferma la porte derrière lui. Il n'avait jamais été dans la chambre de Gaara auparavant. Il ne fut pas surpris de constater l'ordre et la propreté générale de la pièce. Il remarqua ensuite les nombreuses étagères sur les murs. Des tas de cactus et autres plantes désertiques étaient alignées pot après pot.

Et la plante carnivore qu'il lui avait donnée était installée sur la table, baignée d'un rayon confortable du soleil couchant.

Gaara était étendu sur le lit, les mains derrière la tête. Contrairement à plus tôt, ses pâles yeux verts observaient attentivement le blond de nouveau, et quand le blond s'approcha de lui, les yeux suivirent chacun de ses mouvements. L'atmosphère était pesante, et soudainement le blond oublia toutes les idées qu'il avait préparées pour ouvrir la conversation. L'idée de quitter la pièce émergea dans son esprit, mais il la repoussa après un moment.

Pour alléger son anxiété, il prit un livre de l'étagère. Après avoir rassemblé suffisamment de courage, il osa enfin s'asseoir au bord du lit, en faisant bien attention à ne pas toucher le rouquin. Il avait conscience de la proximité des pieds de Gaara, et il pouvait affirmer sans exagérer qu'il en ressentait la chaleur corporelle.

Déjà auparavant il avait remarqué les chevilles du rouquin. Elles étaient fines, osseuses, et charmantes dans l'ensemble. Et maintenant qu'elles reposaient près de lui, il se demandait ce que ça ferait de retirer ces chaussettes et tracer de ses doigts les nœuds d'os qui constituaient les articulations de ses chevilles.

Avant que ces pensées ne dérivent plus loin, il s'ajusta dans une position plus confortable et ouvrit le livre au hasard vers le milieu.

"Lap belt : ceinture de sécurité qui passe au-dessus des genoux du conducteur ou du passager. Lapoard : Un plateau fin que l'on place sur ses genoux en guise de table ou d'une surface pour écrire. Lap dance : Une danse éroti-

_Qu'est-ce que tu fais ?

_Je lis, répondis Naruto.

_C'est un dictionnaire," fit remarquer Gaara d'un air blasé.

A cela, Naruto ne fit que hausser les épaules. Il feuilleta les pages jusqu'à la fin puis inspecta la quatrième de couverture, comme s'il lisait un commentaire qui y serait imprimé. « Excellent vocabulaire, mais aucune forme d'intrigue. Quatre étoile sur cinq selon Konoha Times »

Un léger bruit s'ensuivit, qui aurait aussi bien pu être un froissement des draps ou Gaara qui laissa échapper un ricanement.

« Qu'est-ce que tu fais dans ma chambre ? Demanda finalement Gaara, et le blond continua de parcourir son livre. Naruto pinça ses lèvres, plongé dans ses pensées, tandis qu'il inspectait la finesse des pages. « Tu viens tout le temps dans ma chambre et je ne t'ai jamais demandé d'explication. »

Comme il n'y eut pas de contre-argument, le blond supposa que l'affaire était classée. Le livre posé sur ses genoux, il regarda au loin avant de partager ses pensées.

« Alors… tu as des plantes désertiques ici, dans ta chambre.

_Elles ne survivraient pas dehors. Pas sous ce climat en tout cas, » répondit Gaara en regardant brièvement les pots.

Naruto acquiesça et pinça les lèvres à nouveau, puis fredonna une mélodie désaccordée quelques temps. « Pourquoi tu n'arrêtais pas d'éliminer les pions de Sakura ? »

Cette question sembla prendre le rouquin au dépourvu. « Je ne savais pas que tu avais remarqué.

_Ben… J'ai aussi remarqué que tu épargnais les miens. Je ne savais pas qu'on formait une alliance pour les jeux de plateau, dit Naruto.

_On était peut-être alliés, peut-être pas, » dit platement le rouquin en fermant les yeux.

Naruto observa cette vision un moment, et laissa son regard errer des paupières assombries aux pommettes lisses, avant de s'arrêter aux lèvres légèrement entrouvertes. « Est-ce que c'est toi qui a acheté les poissons au réglisse. Je crois que c'est toi. Merci, ça me fait plaisir.

Seul un léger tremblement des lèvres de Gaara lui répondit, une réponse qu'il aurait sûrement manqué s'il n'était pas justement en train d'observer cette partie de son visage. Mais alors les yeux de jade s'ouvrirent et le prirent sur le fait.

La réaction initiale de Naruto fut de sourire, aussi il fit ça et le livre tomba sur le sol, ce qui fit du bruit. Gaara leva les yeux au ciel mais ne se soucia pas d'exprimer son désaccord quant à la manière dont son livre était traité. Naruto s'étendit à côté de son ami, et oublia le livre qui résidait désormais quelque part hors de leur vue.

"Tu as bien aimé passer du temps avec elle ? » demanda Gaara sans cesser de le fixer.

Le visage de Naruto se ferma et il baissa les yeux. « O-Ouais. C'était assez amusant.

_Il s'est passé quelque chose ? demanda Gaara en remarquant son soudain changement d'humeur.

Naruto soupira et se demanda s'il devait se taire ou raconter ce qu'il avait sur le cœur. Le visage énervé de Sakura lui revint à l'esprit, et il eut envie de se recroqueviller sur lui-même, une fois encore. Les mots blessants de Sasuke faisaient brûler le nœud de son estomac, et une part de lui craignait que Gaara trouve l'origine de ce surnom amusante.

« Est-ce que ça va ? » demanda Gaara en touchant son bras.

Naruto sursauta mais se détendit vite quand son ami se mit à lui caresser le bras. « C'est juste un truc stupide, vraiment. »

Pour toute réponse il lui serra légèrement le bras. Le blond déglutit et continua.

« Elle m'a demandé de lui faire une faveur, et que j'envoie un message à son petit-ami pendant qu'elle faisait la tarte.

_Pourquoi elle te demanderait de faire ça ? demanda Gaara en fronçant ses sourcils inexistants dans sa confusion.

_Ben des fois je l'aide, quand elle est occupée et qu'elle en a besoin, expliqua Naruto en commençant à jouer avec les ficelles du sweat de Gaara. Bref… Les textos de son petit-ami m'ont rappelé des choses que je préférerais oublier. Et ça faisait mal, et je ne pouvais pas lui dire à elle, ni à qui que ce soit, et je ne pouvais pas refuser non plus. »

Gaara l'attira contre son torse et caressa son dos dans des mouvements lents. Son cœur battait à un rythme régulier et apaisant « De quoi il parlait ?

_Eh bien… » commença le blond en soupirant. Il se sentait en sécurité maintenant, et au chaud, et toutes sortes de sentiment réconfortants commencèrent à desserrer les nœuds. « Je… Je ne savais pas qu'il m'appelait encore par ce surnom stupide qu'il m'avait donné au collège. C'était un truc stupide à l'époque, une farce qu'ils m'avaient faite, et je croyais que tout le monde l'avait oubliée depuis. »

Des doigts dans ses cheveux massaient l'arrière de sa tête, soulageant la tension qui s'était de nouveau engouffrée en lui avec les souvenirs. Timidement, Naruto noua ses bras autour de la taille de son ami et écouta les battements de son cœur.

« Ils avaient un petit sac, tu sais, qui avait trois trous – deux pour les yeux et un pour la bouche. Ils le mettaient souvent sur leur tête et me guettaient derrière les recoins. Et une fois, je marchais le long d'un couloir sombre de l'école, j'allais aux toilettes, et ils ont jaillis devant moi dans l'ombre et je … j'ai crié, je crois que j'ai pleuré aussi, mais le pire c'est que je me suis pissé dessus. »

Gaara le serra plus fort et passa ses mains dans ses cheveux pour le réconforter. Naruto étouffa un sanglot involontaire et enfoui son visage plus loin dans la poitrine de son ami.

« Et depuis, tout le monde m'appelle le Pisseux, et c'est humiliant.

_Les gens sont horribles, » murmura Gaara en remarquant que la respiration du blond se faisait plus erratique. « Tu es en sécurité maintenant. Personne ne te fera de mal.

_Pourquoi tu n'étais pas là quand j'étais à l'école ? Tout aurait été mille fois mieux, » dit Naruto en essayant de calmer sa respiration paniquée.

« Je suis là pour toi maintenant, répondit calmement Gaara. Tout va bien maintenant.

_Tu sais quoi ? demanda Naruto après un moment, en se libérant de l'étreinte réconfortante. Un peu plus tôt, tu m'as un peu manqué quand tu n'étais pas dans les environs. »

Étrangement, Gaara sembla un peu triste et se contenta d'ébouriffer ses cheveux blonds en réponse.

« Ouais, c'est vrai. Ça m'a manqué ton air maussade et ton silence entêté et frustrant, » Naruto sourit et lui tira la langue pour essayer d'alléger l'ambiance.

Gaara ricana puis sourit, mais bientôt son expression se fit plus douce.

« Je suis désolé de t'avoir crié dessus dans la voiture, dit le rouquin. Je le regrette.

_Ne t'en fais pas pour ça, assura Naruto. Je m'excuse aussi. »

Mais Gaara secoua seulement la tête. « Ne t'excuse pas. Tu es juste comme ça. Tu essayais de nous protéger, et j'apprécie ta bonne intention.

_Je suppose que des fois je m'emporte un peu trop. Maintenant que j'y repense, j'agissais un peu comme un idiot, » admit Naruto en jouant de nouveau avec les ficelles du sweat de Gaara.

La main dans ses cheveux glissa dans son cou, puis sur sa mâchoire. Le pouce du rouquin tint son menton un moment, avant de commencer à tracer le dessous de sa lèvre inférieure d'un bout à l'autre. Il s'arrêta au milieu, et tira gentiment dessus pour ouvrir la bouche de Naruto.

"Tu as de bonnes dents," commenta Gaara en le lâchant.

Le souvenir de son toucher étrange imprégnait encore le visage de Naruto, tandis qu'il fixait ces yeux turquoise éveillés. Une part de lui s'était attendue à ce qu'il trace aussi le contour de ses dents, ou quelque chose d'aussi bizarre, mais le contact avait immédiatement cessé. Naruto n'étais pas sûr de savoir qu'en penser.

"Ben, tes dents sont tellement blanches, dit finalement le blond comme sir rien n'était sorti de l'ordinaire. On dirait des nuages d'été, ou la couleur d'un globe oculaire. »

Juste pour appuyer ses propos, il toucha timidement la lèvre inférieure de son ami avec un doigt, et sans surprise la bouche du rouquin s'ouvrit. Naruto traça de son doigt la rangée de dents blanches et alignées. Une couronne acérée capta son attention un peu plus longtemps et il appuya dessus avec son doigt.

La langue de Gaara passa contre le doigt curieux, et Naruto retira brusquement sa main.

Pour une raison qui n'était pas claire, il commençait à avoir honte. Il baissa les yeux et les ferma, mais une main sur sa hanche le ramena immédiatement dans la chambre.

Les yeux de jade l'étudiaient avec un peu de retenue, tandis que la main du rouquin reposait sur la ligne séparant le jean et le T-shirt de Naruto. Cette légère caresse de Gaara aurait aussi bien pu être un geste de réconfort ou une tentative de relever son T-shirt.

Naruto rougit à cette pensée. Ce n'était sûrement pas ça. Son imagination dérivait juste de nouveau, sans qu'on lui demande.

Pour se distraire de ses pensées stupides, Naruto remarqua l'embout métallique de la fermeture éclair sur le sweat de Gaara. Il le monta, puis le descendit de quelques crans, et continua ainsi de manière répétitive. Le léger bruit que faisait les dents de la fermeture éclair en s'ouvrant et se fermant était le son le plus intéressant du monde.

Il était sûr qu'il aurait fait ça pour toujours, si les mains de Gaara n'avaient pas par accident touché la peau sur ses côtes, qui étrangement avait été découverte. Naruto s'arrêta dans ses mouvements et regardait les profondeurs sérieuses dans les yeux de son ami.

"Gaara…" mumura Naruto qui sentit ses joues s'échauffer. La main sur sa peau glissa vers le haut, rencontrant un point sensible qui le fit sursauter.

La main s'arrêta et le trouva de nouveau, le chatouillant d'abord gentiment avant de l'attaquer avec plus de détermination quand il commença à gigoter et rire de manière incontrôlable.

"Arrête, haha, tu – hah – me fais – " Naruto riait mais il était à bout de souffle, il essaya de repousser le rouquin sans être complètement sérieux.

Mais Gaara lui sourit seulement légèrement, et s'amusait de manière évidente des halètements de rire que Naruto ne pouvait retenir. Quand les doigts de Naruto trouvèrent un point similaire sur les côtes du rouquin, Gaara hoqueta et fut forcé d'arrêter de tourmenter son ami.

"Je ne t'ai jamais vraiment entendu rire," dit innocemment Naruto en chatouillant son ami, qui à son tour essayait de se protéger de ces mains rapides comme l'éclair.

"Naru – haah -a-arrête, a-haha.

_Tu as un joli rire," dit le blond avec un sourire sournois tandis que Gaara se tortillait en riant, tout en se contenant. "Tu devrais rire plus souvent," ajouta-t-il mais alors les mains du rouquin parvinrent à emprisonner ses poignets.

Naruto rit de bon cœur et abandonna. La légère rougeur, presque invisible, sur le visage pâle capta son attention, tout comme la respiration accélérée du rouquin. Soudainement Naruto se sentit de nouveau bizarre et se dégagea de son emprise.

"Ton rire n'est pas mal. Tu devrais vraiment rire plus souvent," le blond répéta son opinion, rien que pour remplir le silence gêné de la pièce.

"Si tu me chatouilles encore, je te promets que ce sera ta fin, répondit Gaara d'un air fatigué, à bout de souffle.

_Hah, c'est toi qui as commencé, remarqua le blond avec défi.

_Tu avais l'air tout triste et maussade. Il fallait que je t'égaie un peu, expliqua le rouquin en évitant soudainement son regard.

_Vraiment ?" demanda le blond en plissant les yeux. Il pensa le chatouiller encore, juste pour l'entendre rire, mais alors les yeux de jades croisèrent ses yeux bleus, et ces sentiments étranges reparurent à la surface.

"Peut-être…" commença Naruto, et la main pâle vint se poser sur sa hanche de nouveau. Comme s'il anticipait de nouvelles chatouilles, Naruto laissa échapper un rire aérien et saisi les poignets de Gaara. Pour toute réponse, le rouquin resserra sa main sur sa hanche. "Peut-être que je devrais y aller. »

Toc, toc. "Gaara ?"

C'était Kankurô derrière la porte. Naruto pâlit et l'inconfort qu'il avait ressenti la dernière fois qu'il l'avait vu se rappela à lui.

Gaara ne semblait pas remarquer sa confusion, et il se releva lentement pour marcher jusqu'à la porte. Puisqu'il ne voulait pas être vu sur le lit du rouquin, Naruto se leva aussi et s'appuya contre le mur là où on ne l'apercevrait pas depuis la porte.

Silencieusement, Gaara ouvrit légèrement la porte, tout juste ce qui était nécessaire.

"Est-ce que ça va ?" demanda le grand frère inquiet.

Sa seule réponse fut un haussement d'épaules.

"Tu as parlé avec Naruto ?" demanda Kankurô, apparemment habitué au langage non-verbal de son petit frère.

Gaara acquiesça lentement.

"Oh, c'est bien." Il y avait un air soulagé dans la voix de Kankurô avant que son ton ne s'assombrisse. "Je m'inquiète pour toi. Je croyais que tu allais mieux depuis qu'on avait emménagé ici, mais récemment j'ai l'impression qu'on en revient au point de départ.

_Ça ne te concerne pas," dit rapidement Gaara, sur le point de fermer la porte. Kankurô la maintint ouverte.

"Si, ça me concerne. Depuis la semaine dernière je me dis que tu devrais peut-être aller vivre avec Témari un moment. Au moins jusqu'à ce que tu ailles mieux ?" Même si le brun le proposait comme une suggestion, le ton de sa voix ne laissait pas place à l'argumentation.

"Je n'irai pas là-bas, dit platement Gaara en réessayant de fermer la porte.

_C'est pour ton bien, fit remarquer Kankurô, et la légère tension de sa voix indiquait à Naruto qu'il commençait à perdre patience. Et je m'en voudrais toute ma vie si un jour je rentrais à la maison pour te retrouver…" il s'interrompit, sa voix se cassa un peu sur la fin.

"Bonne nuit," dit précipitamment Gaara sans parvenir à fermer la porte, encore une fois. En réalisant son échec, il soupira et appuya sa tête contre l'encadrement de la porte.

"Pourquoi est-ce que tu ne vois pas que je suis de ton côté ?" demanda brusquement Kankurô, avec une frustration qui suggérait qu'il lui avait déjà posé cent fois la question, sans jamais avoir une réponse satisfaisante.

"De mon côté ? Tu étais le fils parfait, avec une auréole au-dessus de la tête, accusa Gaara.

_Ce n'est pas vrai," remarqua Kankurô, visiblement blessé. Comme il n'eut pas de réponse il continua. " Mon rôle n'était pas plus facile que les autres. Tu es mon frère, et j'ai toujours été de ton côté. On est pareil.

_On n'est pas pareil," dit Gaara froidement, qui n'essayait plus de fermer la porte. À la place, il l'ouvrit plus grand, comme pour mieux voir la douleur qui imprégnait sûrement le visage de son frère. "Et Témari ne peut pas m'arrêter. Tu le sais."

Un silence sinistre suivit les mots empoisonnés. Tandis que Naruto suivait la conversation des deux frères depuis sa cachette, il n'osait même plus respirer quand le silence persévéra.

"Gaara… Il y a des gens qui t'aiment. Des gens qui sont en vie, murmura Kankurô, la voix fatiguée et blessée.

_La seule personne que je voulais voir vivre est morte," siffla cruellement Gaara.

Il fallut quatre secondes entières avant que le désespoir de Kankurô ne brise le silence accumulé :

"Pourquoi faut-il que tu sois si compliqué, Gaara ?" Maintenant l'aîné des frères semblait exaspéré. "Je veux juste ce qu'il y a de mieux pour toi.

_Laisse moi tranquille, ne dis pas très gentiment Gaara.

_Tu sais que je ne te laisserais pas. Pas quand tu t'infliges ça, dit Kankurô avec colère en agrippant les poignets couverts de gaze du rouquin.

_Tu n'es pas ma mère, contra Gaara en se dégageant.

_Non, c'est vrai. Mais je t'aime plus qu'elle ne t'a jamais aimé. Pourquoi est-ce que tu ne le vois pas ?" murmura Kankurô, avec une véritable souffrance dans la voix. "Et je suis sûr que Naruto s'inquiète aussi pour toi. Je me demande ce qu'il dirait s'il savait –

_Je suis désolé," interrompit soudainement Gaara, réussissant ainsi à faire taire son frère.

Naruto pouvait presque entendre le point d'interrogation et la surprise de Kankurô, après que le rouquin aie prononcé cette excuse inattendue. "Tu as raison. J'avais tort. Bonne nuit.

_Est-ce que tu dis ça pour – "

Mais juste alors Gaara ferma la porte. Après un moment, les pas lents de Kankurô s'évanouirent dans le couloir jusqu'à ce que les craquements de l'escalier indiquent qu'il était descendu.

Naruto fixa intensément son ami, qui refusait soudainement de croiser son regard. Il marcha jusqu'à lui, mais l'autre faisait comme s'il n'était pas là.

"C'était quoi ce bordel ? demanda le blond. De quoi est-ce qu'il parle ? Et ne dis pas que ça ne me concerne pas.

_Ignore tout ce qu'il a dit," murmura finalement Gaara qui ne bougeait pas. Avec précaution, il s'approcha d'un peu et regarda son ami avec attention. "Qu'est-ce qu'il s'est passé la semaine dernière, et pourquoi tu irais chez ta sœur ?

_Il ne s'est rien passé, et je ne vais nulle part," nia Gaara, l'expression fermée comme une pierre.

Mais Naruto ne recula pas. "Il avait l'air de dire que tu te faisais intentionnellement du mal. Que tu essayais de te tuer.

_Oublie ce qu'il a dit," ordonna sèchement Gaara.

Naruto ne fit pas attention à son ton. "Est-ce que c'est vrai ? J'ai besoin de savoir."

Comme il n'eut pas de réponse, la frustration commença à monter. "Ce qu'il s'est passé sur le lac c'était un accident, non ? Ou tu as vraiment…" il s'interrompit, car sa voix s'était soudain enfuie. Mais son émotion ne sembla rien déclencher chez son ami, qui s'appuyait contre la porte sans bouger, le visage dur comme la pierre.

"Gaara…"

Puisque Gaara le regardait de manière si impassible, Naruto recommença à se demander s'il y avait bien un masque sur son visage, après tout. Tandis que les secondes passaient dans ce silence chargé et assourdissant, il était sûr d'avoir entendu les lents cliquetis du verrou dans le cœur de Gaara, tandis que l'autre y tournait une clé imaginaire pour se fermer au monde extérieur.

"Tu ne veux pas en parler ? Ok," dit Naruto, plein de défi et pas du tout prêt à abandonner. En haussant les épaules, il prit place sur la chaise devant le bureau de Gaara et s'y assis. Il tapota machinalement des doigts sur la surface boisée et jeta un œil alentour. Son ami resta debout près de la porte, stoïque comme jamais.

"Moi je veux parler. Tu n'as pas besoin de le faire, si tu ne veux pas, mais tu ne peux pas m'en empêcher," dit Naruto en lançant au rouquin un air de défi, qui ne sembla pas vraiment considérer ses paroles.

"Je peux te réciter toutes les idioties exaspérantes et abrutissantes que mon insupportable collègue, Ino, me débite à propos de l'amour de sa vie dès qu'elle le peut. Je peux chanter toutes les chansons que je connais sur le ton de la conversation, ce qui donne l'impression que je suis juste en train d'en faire un commentaire. Et je peux lire ce pavé de dictionnaires de A jusqu'à Z dans quatre putains de dialectes différents, avec juste un petite pause pour aller aux toilettes et boire de l'eau. Et non, tu ne peux pas choisir le dialecte que tu préfères, car pour rendre les choses intéressantes je vais changer l'accent au hasard," dit Naruto, épuisé après ce long monologue. Il n'y avait toujours pas d'émotion visible sur le visage de son ami.

"Tu veux vraiment me défier ?" demanda Naruto en remontant ses manches comme s'il était sur le point de se mettre au travail. Avec un soupir déterminé, il saisit le lourd dictionnaire et l'ouvrit au début.

Avec un regard sombre envers Gaara, il dit : " Il y a vingt-deux définitions rien que pour A. Après il y a trois définitions pour double A. Je suis sûr que tu as envie d'entendre ça toute la nuit, pas vrai ?"

La bouche de Gaara trembla mais le mouvement était si infime qu'il aurait aussi bien pu n'être qu'une illusion.

"Bien, on y va," dit Naruto en changeant d'accent, en se raclant la gorge derechef. "A, a. A's ou As, a's ou as. La première lettre de –

_Ok." Gaara l'interrompit soudainement, et l'exaspération dans sa voix sonnait comme une victoire aux oreilles de Naruto, qui eut un grand sourire. "Mais tu as gagné uniquement parce que tu es incroyablement chiant.

_Je suis au courant," rit le blond, content de lui et de son plan absurde.

Avec un soupir vaincu, Gaara le regarda de travers avant de s'asseoir sur le lit. Il se passa une main sur le visage, puis la laissa reposer lentement sur ses genoux. Les bandes de gaze qui couvraient ses poignets semblaient usées, comme si elles avaient été beaucoup utilisées. Les bandages disparaissaient sous ses manches, et Naruto se demanda jusqu'où ils allaient.

Ces dernières semaines, Naruto avait remarqué que les bandes de gaze était devenues une part entière de l'apparence du rouquin, pourtant chaque fois qu'il avait posé des questions sur le sujet, il avait vite été rejeté.

"C'est vrai, commença doucement Gaara en regardant ses chaussettes. J'ai vraiment essayé de me tuer.

_Quoi ? s'exclama Naruto, sous le choc. Pourquoi tu ferais un truc pareil ?"

Le rouquin haussa les épaules. "Je ne veux pas être ici. Et cette vie n'a pas de sens, en vrai, quand on y réfléchit.

_Quoi ?" répéta me blond, encore sous le choc, en s'asseyant près de son ami. Il lui agrippa les épaules et le secoua légèrement. "Mais de quoi tu parles, Gaara ?"

Enfin Gaara croisa son regard. Il était calme et composé, comme si ce qu'il avait confié n'avait aucune signification pour lui sur le plan émotionnel. "Je ne m'attends pas à ce que tu comprennes."

Naruto resserra ses épaules. Son estomac était froid comme un seau d'eau glacée. "Tu as raison. Peut-être que je ne comprends pas. Pourquoi tu ne me l'as pas dit ?

_Pourquoi je l'aurais fait ? Tu aurais juste essayé de m'arrêter, répondit Gaara de manière étrangement calme.

_Oui, bien sûr que je t'aurais arrêté," répondit Naruto, abasourdi. Il fixa son ami, choqué, un long moment, en se demandant qu'elle version de la réalité s'était installée dans la tête de son ami. Ce n'était clairement pas celle que Naruto percevait.

"Tu as besoin d'aide.

_Non, nia facilement le rouquin.

_Si. Et je vais t'aider à surmonter ça, d'accord ?" promit le blond.

Gaara le regarda avec des yeux vides. "Tu as tes propres problèmes à gérer. Tu n'as pas besoin des miens.

_N'importe quoi, dit le blond en l'attirant à lui. Tu es mon ami, et à quoi ça sert d'avoir des amis s'ils ne sont pas là à des moments pareils ? En plus, toi tu étais là pour moi quand je devais gérer mes galères. Maintenant je veux faire la même chose pour toi. Parce que si je ne t'avais pas…" il s'interrompit. "S'il te plaît…

_Naruto…" le rouquin soupira et regarda le blond inquiet près de lui. Il ne put soutenir son regard longtemps, et il revint à ses chaussettes. "Je ne peux pas te convaincre d'abandonner, hein ?

_Nope," dit le blond en lui donnant une tape amicale sur l'épaule. Gaara le regarda sombrement et secoua la tête, comme s'il n'en revenait pas. Il tritura l'extrémité de ses bandes de gaze un moment, avant de commencer à parler.

"Mon enfance n'a pas vraiment été facile. Ni mon adolescence.

_Oh. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda Naruto avec compassion.

_Je ne m'entendais pas vraiment avec ma famille. J'avais seulement des liens avec ma mère, mais elle est morte quand j'avais onze ans, dit doucement le rouquin

_Je suis désolé de l'entendre," réconforta le blond en caressant le dos de son ami avec des mouvements lents.

"Et avec ton frère ?"

Gaara souffla. "C'était le fils modèle avec un M majuscule. Père l'emmenait partout avec lui, et comme ils se ressemblaient, on aurait dit des copies."

Naruto acquiesça en continuant de caresser son dos. "Si je comprends bien tu ne t'entendait pas très bien avec père, alors ?

_Ouais, murmura sobrement Gaara en serrant les poings. On ne s'entendait pas bien. J'étais mauvais, quelque chose qu'il avait honte d'appeler son fils.

_Tu le penses vraiment ?" demanda le blond, sous le choc.

Gaara le regarda avec noirceur, et durant le flottement de ce regard, toute cette haine de ces années passées se ressentait dans ses yeux de jade froids. "Il aurait voulu que je meure à la place de ma Mère. J'aurais préféré aussi."

Quelque chose serra le cœur de Naruto en de petits morceaux tremblants. Naruto le serra de la même façon, et espéra que sa compassion se transfèrerait ainsi dans l'âme du rouquin, pour lui réchauffer le cœur.

"Mais ton frère a l'air de vraiment se soucier de toi. Je ne crois pas qu'il ait la même opinion que ton père, dit finalement le blond en desserrant son étreinte.

_Ça n'a pas d'importance, répondit Gaara. Comme Témari, il ne me comprend pas. Et je suis juste un fardeau pour lui.

_Je ne pense pas que ce soit vrai, murmura le blond en avalant la boule qui se formait dans sa gorge. Tu n'es pas un fardeau. Il s'inquiète pour toi. Je m'inquiète pour toi."

Gaara le regarda avec précaution. "Tu as tes amis, et ton travail. Tu n'as pas besoin de moi."

Naruto laissa échapper un rire sanglotant et soupira. "J'ai besoin de toi. Et je ne te laisserai pas aller de l'autre côté."

Quand le rouquin le regarda seulement avec précaution, le blond lui sourit avec tristesse en retour.

"Je crois que tu es une pierre là maintenant, non ? Et je veux être un poisson pour toi. Je vais te remonter à la surface depuis le fond du lac, dit Naruto avec détermination.

_Un poisson à la réglisse, murmura Gaara. Ils fondent sous l'eau." Et on pouvait voir un air de défi dans ses yeux verts.

Donc on dirait que le rouquin était capable d'avoir des conversations irrationnelles, lui aussi. Cette notion réjouit Naruto, et à cet instant il avait vraiment l'impression qu'ils avaient leur propre langage.

« Si je suis destiné à fondre, alors je t'entourerais de douceur sucrée même si c'est la dernière chose que je ferais, » dit le blond. Il appuya ses mots d'un sourire doux qui obtint une minuscule réponse du rouquin

« Tu n'as pas à faire ça, dit Gaara avec fatigue.

_Je veux le faire. Et tu ne peux pas m'en empêcher, » répondit Naruto.

Gaara inspecta ses ongles mais l'air absent dans ses yeux dit à Naruto qu'il était plongé dans ses pensées. Il se souvint combien ça avait été réconfortant quand Gaara avait caressé ses cheveux lors de son déséquilibre mental. Ce serait sûrement pareil pour le rouquin, aussi Naruto glissa avec confiance une mèche de cheveux roux derrière l'oreille de Gaara.

Les yeux de jade sérieux se tournèrent vers lui plus vite que Naruto ne pourrait dire "A", quel que soit le dialecte.

Naruto retira instantanément sa main pour la poser sur ses genoux, la tenant de son autre main pour montrer à l'autre qu'il ne recommencerait pas.

Quand le demi-sourire gêné de Naruto se mua en inquiétude, l'expression de Gaara s'adoucit. Il semblait être de nouveau présent dans la pièce, dans l'instant, et plus il regardait Naruto plus il semblait se détendre.

"Tu es quelqu'un de bien, Naruto, dit-il en se levant. Tu devrais retourner dans ta chambre. Il se fait tard.

_Non," dit le blond et de nouveau les yeux de jade interrogatifs se posèrent sur lui, de manière de moins en moins confortable à mesure que les semaines passaient. "Je reste avec toi.

_Qu'est-ce qui te fait croire que c'est nécessaire ? Ou même que j'ai envie que tu sois là ?" Il n'y avait pas de demi-mesure dans les mots du rouquin, et ça fit sourire Naruto, un petit peu.

"Il n'y a aucune chance que je te laisse tout seul maintenant que je sais que tu es suicidaire. Nope, tu es coincé avec moi à partir de maintenant," dit le blond avec détermination.

Mais Gaara lui offrit seulement un regard sceptique qui lui disait de ne pas tester sa patience. En réponse, Naruto lui tira la langue et aplati les oreillers sur le lit.

"Que tu le veuilles ou non, je vais te coller. Au moins jusqu'à ce que tu ailles mieux. Je serais comme ton ombre.

_Pas besoin, Kankurô le fait déjà. Je sais qu'il fouille mes affaires quand je ne suis pas là," Gaara se leva et observa les papiers qui traînaient sur son bureau comme s'il était à la recherche d'empreintes.

"Ton frère s'inquiète pour toi. Il s'inquiète vraiment, fit remarquer Naruto. Et je suis sûr qu'il fait de son mieux pour essayer de t'atteindre.

_Il n'est pas très doué pour ça, dit rapidement le rouquin en jetant les papiers sur le bureau.

_Ben, tu n'es pas vraiment la personne la plus accessible que je connaisse, observa le blond. Et en plus de ça, tu es têtu.

_C'est faux.

_Tu vois ?"

Un vieux T-shirt lui fut jeté au visage. Il le fit tomber sur le sol avec un sourire et rit d'un air entendu.

Quelques minutes avant minuit, ils étaient tous les deux allongés sur le lit de Gaara, partageant la couverture. Même si Naruto ne dormait jamais en jean, il refusait de le retirer maintenant. Cette nuit dans la penderie, quand ils avaient partagés le matelas, ce genre de proximité avait semblé moins étrange que celle-ci. C'était sûrement à cause de la couverture qu'ils partageaient, conclut Naruto, qui regrettait les sacs de couchages séparés qu'ils avaient à ce moment-là.

Ils s'étaient brossé les dents ensemble, une corvée qui leur avait semblé naturelle instantanément, même si la salive et la mousse dans l'évier l'avaient un peu dégoûté. Naruto avait expliqué qu'il était nécessaire qu'ils soient côte à côte, car il était inquiet à l'idée que le rouquin déprimé ne parvienne à s'en aller de ce monde s'il ne le surveillait pas constamment. Ce n'est que quand Gaara avait commencé à défaire son jean dans la salle de bain, avec un regard appuyé dans la direction de Naruto, que le blond avait compris qu'ils n'avaient pas besoin de partager absolument tout.

"Tu fous le bordel dans ma chambre. J'aime pas ça," geint à voix basse le rouquin dans la nuit.

Naruto lui jeta un regard. "Tu as les yeux fermés. Tu ne vois rien.

_Mais je peux sentir le désordre," se plaint le rouquin en soupirant.

Le blond haussa les épaules et jeta un œil dans la chambre sombre pour constater que son ami avait raison. Non seulement le dictionnaire ouvert était placé au hasard sur une chaise, mais le vieux T-shirt de Gaara était aussi froissé sur le sol. À côté il y avait les chaussettes de Naruto, séparées comme si elles étaient en pleine course.

"Tu as peut-être raison, admit le blond en fermant les yeux. Mais essaie de dormir maintenant. Ta ressemblance avec un raton-laveur se fait de plus en plus évidente chaque jour qui passe."

Il était sûr qu'une remarque quelconque s'en serait suivie, mais rien ne vint même après un moment.

Seule une légère respiration venait du côté du lit que Gaara occupait, remplissant le vide, et se sentant plus en sécurité qu'il ne l'avait été depuis longtemps, Naruto aussi laissa ses yeux se fermer.


Il était sûrement tôt, si l'on en croyait les lueurs grises qui dévoraient lentement le noir de la nuit. Avec un bâillement, Naruto étira ses bras et réalisa alors que l'emplacement à ses côté était vacant.

Comme s'il n'en croyait pas ses yeux, il tapota le matelas juste pour être sûr qu'il n'y avait rien. La place était encore chaude, donc ça ne faisait pas longtemps que Gaara était parti.

Décidant qu'il était probablement allé aux toilettes et que la situation ne requérait apparemment pas la panique (du moins pour l'instant), Naruto s'affala de nouveau dans le lit et se recouvrit avec la couverture jusqu'au menton.

Alors qu'il somnolait déjà, la porte s'ouvrit et Gaara entra silencieusement avec un petit plateau. Ce fut l'arôme riche du café qui ouvrit en grand les yeux de Naruto, et il se redressa comme un ballon depuis le bout du lit.

"Tu nous a ramené le petit-déjeuner ?" formula Naruto bien que ce fut évident.

« Je commençais à avoir faim. Et je ne voulais pas réveiller les autres pour l'instant, » expliqua Gaara alors que son estomac gargouilla.

"C'est bien que tu aies de l'appétit. Ca fait des semaines que je te regarde bouger la nourriture dans ton assiette comme si tu essayais de la faire disparaître en l'usant, » dit Naruto en acceptant le sandwich triangulaire que son ami lui tendait.

"Oups," dit timidement le blond quand des miettes de pain s'éparpillèrent sur le lit par accident. En sortant sa meilleure expression de chien battu il regarda le maniaque de la propreté qui lui faisait face sur le lit, cependant cette fois il ne put déceler aucune trace de colère sur le visage de Gaara. A la place, il secoua seulement la tête comme s'il s'était attendu à ce qu'une telle chose se produise.

Ils mangèrent en silence, laissant le pouvoir de la caféine les tirer lentement de leur état de somnolence. Il y avait un petit bol de fraises sur le plateau. Chaque pseudo-fruit semblait parfait et juteux, et Naruto en prit un avec précaution entre ses doigts. C'était froid.

Il remarqua une fois de plus la silhouette toujours amaigrissante de son ami. Gaara avait désespérément besoin de prendre des habitudes alimentaires plus saines. Avec beaucoup de précaution, Naruto poussa la fraise entre les lèvres de son ami, et la manière dont elles tremblèrent en constatant la froideur du fruit n'échappa pas à l'observation de Naruto.

Tandis que Gaara attirait la fraise dans sa bouche l'aide de ses lèvres, dents, et de sa langue, ses douces lèvres froides touchèrent par accident les doigts de Naruto. Avant que le blond ne puisse y penser plus loin, il fut une fois de plus captivé par les expressions faciales du blond. Alors que Gaara mâchait le pseudo-fruit, sa chair glacée le surpris et un léger hoquet échappa des lèvres un peu tremblantes.

Dès que le rouquin eut avalé le premier fruit, Naruto plaça une autre fraise sur ses lèvres, ne perdant pas une seconde en le poussant dans sa bouche. Gaara réagit à la froideur des fruits juteux de la même façon qu'auparavant, et Naruto dévora chaque détail qu'il pouvait percevoir.

Après avoir répété cela cinq ou six fois, Gaara détourna soudainement la tête, refusant le fruit offert.

« A-Arrête. C'est trop, » murmura-t-il en déglutissant. Mais comme Naruto ne retira pas sa main et maintint la délicieuse fraise près des lèvres de son ami, Gaara attrapa fermement son poignet en lui lançant des dagues avec les yeux.

Avec grâce, le rouquin attrapa le pseudo-fruit avec ses lèvres et la mit dans sa bouche. Et la façon dont ses lèvres s'enveloppèrent autour des doigts de Naruto au passage n'était de toute évidence pas un accident.

Après ça, le rouquin lâcha les poignets du blond avec un regard sévère.

"N'essaie même pas d'essuyer tes doigts sur mes draps, » le prévint Gaara.

Stupéfait, Naruto laissa sa main flotter un moment dans l'air avant de la retirer et de regarder le bout de ses doigts. Il les essuya hâtivement sur son T-shirt, sans se soucier de vérifier qu'il n'avait pas laissé de tâches rouge sur le tissu blanc.

Naruto se racla la gorge. « Je m'inquiète un peu pour toi. Je voudrais être sûr que tu manges assez. »

Après que le petit-déjeuner soit mangé, Gaara posa le plateau vide sur le bureau. Des miettes de pain étaient éparpillées sur le lit et le sol à côté, grâce à Naruto. Mais bizarrement le rouquin sembla excuser le désordre, pour l'instant du moins.

"Il s'est passé quoi la semaine dernière ? » osa de nouveau demander Naruto.

Gaara le regarda avec réserve, pourtant la question du blond ne sembla pas décomposer sa stature.

"Kankurô m'a trouvé dans ma chambre. Je croyais qu'il était au travail, mais il avait un jour de congé, » finalement, expliqua Gaara d'une voix calme. C'était comme s'il n'avait aucune émotion quand il évoquait le passé.

"Il a eu peur quand il a trouvé la bouteille de liqueur et les somnifères que je lui avais caché.

_Q-Quoi ? » s'exclama Naruto tandis que sa mâchoire se décrochait.

Mais Gaara le regarda simplement avec calme. "Il les a confisqué. Et depuis il me suit comme une ombre.

"Bien sûr qu'il te suit, dit Naruto qui comprenait clairement les motivations du grand-frère. T'es cinglé ?

_Pas plus que les autres habitants de cette maison," répondit le rouquin.

Sans un mot, Naruto saisi Gaara par les épaules et le secoua, comme s'il pouvait lui rendre un peu de bon sens de cette façon. Puis il l'attira à lui et le serra fort, comme pour l'ancrer dans ce monde, l'ancrer en lui.

D'une certaine façon, il voyait pourquoi le rouquin pensait comme ça. Les pensées sombres lui étaient familières, et bien sûr des idées suicidaires lui avaient traversé l'esprit dans ses jours les plus désespérés. Mais d'aller aussi loin qu'essayer de se tuer n'avait jamais été une option qu'il avait sérieusement envisagée. Il serra son ami un petit peu plus fort et laissa échapper un soupir hésitant.

"Je ne veux pas te perdre, dit-il et sa voix ressemblait dangereusement à un sanglot. J'ai perdu tant de choses déjà. Mes parents… Mon père adoptif… Je n'ai pas pu les sauver, et ça me blesse encore après toutes ces années. Mais je veux te sauver. »

Maintenant, Naruto sanglotait vraiment, et avec honte il savait que ses larmes mouillaient non seulement ses joues mais aussi le T-shirt du rouquin. Gaara lui tapota le dos, et sa main chaude resta sur ses omoplates après ça, aussi brûlantes que le soleil de midi.

« Tu es quelqu'un de bien, Naruto.

_Mais et si ce n'est pas assez ? »

Le silence fut sa seule réponse. Puis Gaara lui tapota le dos de nouveau de manière très lente. « Qu'est-ce qu'il est arrivé à tes parents ? »

Naruto se dégagea de l'étreinte et essuya son visage avec la couverture. « Eh bien… Mon père a eu une opération apparemment bénigne, qui a réussi en elle-même, mais l'erreur médicale qui a suivi a mené à sa mort prématurée quand j'avais sept ans. Deux ans plus tard, ma mère s'est suicidée.

_Tu penses qu'elle a fait ça pourquoi ? » demanda calmement Gaara.

Naruto soupira et ferma les yeux un moment. Quand il les ouvrit, sa voix était à peine plus haute qu'un murmure. « Elle m'a laissé seul pour le deviner. De ce que je sais, elle n'avait pas l'énergie de prendre soin d'elle, sans parler de nous deux. Elle a essayé, pourtant. Mais après elle en a eu assez d'essayer.

_Je vois, dit doucement le rouquin. Il s'est passé quoi après ça ?

_Un ami de notre famille, Iruka, m'a adopté. A l'âge de dix-sept ans, je l'ai perdu d'une apoplexie soudaine. »

Sur le point de devenir légalement un adulte, Naruto avait déjà laisse les années orageuses que l'adolescence lui avait fait traverser. Mais de perdre le dernier adulte en qui il avait confiance dans la vie avait brisé quelque chose en lui, et les années qui suivirent il avait erré, essayant de trouver un endroit où il se sentirait chez lui.

Cette recherche l'a mené d'une relation à l'autre, et à ce jour il avait vécu dans tant d'endroits que les doigts de ses deux mains ne suffiraient pas à les compter. Ce n'était pas par manqué d'efforts, mais pourtant il n'avait pas eu d'éducation convenable. Si Sakura ne lui avait pas trouvé un travail à la libraire, il aurait sûrement fini sans le sous et sans abri, au bout d'un moment.

Ce n'est que quand il a emménagé ici, sous le même toit que Gaara, qui lui semblait étrangement familier, et son frère aîné, qui avait le don pour le rendre anxieux, bien qu'il soit très beau, qu'il s'était enfin senti chez lui.

Gaara l'attira de nouveau contre lui et caressa lentement son dos tendu. « Je suis désolé pour toi.

_Ne le sois pas. Je ne veux pas de ta pitié, murmura Naruto. Il y a longtemps que j'ai mis un terme au passé. Je ne peux rien y changer. Mais je peux affecter le futur, et je peux affecter ta vie. Je ne veux pas te perdre aussi, Gaara. »

Les bras pâles qui l'entouraient le serrèrent plus fort. « Pourquoi tu te soucies autant pour moi ?

_Comment pourrais-je faire autrement ? Tu es mon a-ami, bégaya le blond. Et tu sais parler mon langage, Gaara, dit-il en se pressant d'avantage contre son ami adoré. C'est un langage que peu de gens connaissent.

_Naruto… » murmura le rouquin pour l'apaiser, en lui tapotant le dos.

Mais quand le blond ajusta sa position dans les bras de son ami, et que ses lèvres frôlèrent accidentellement le cou pâle dans le mouvement, tout le corps de Gaara se tendit et il le repoussa. La surprise sur son visage était évidente tandis qu'il tenait Naruto à bout de bras.

Naruto se recula et essaya d'agir comme s'il ne s'était rien passé. « Euh, je vais descendre le plateau et voir si Sakura est réveillée. Merci pour le petit-déjeuner. »

Comme il s'y attendait, le rouquin ne répondit pas, mais Naruto put sentir les yeux de jade qui le regardaient tout le temps qu'il lui fallut pour sortir de la chambre.