Note de l'auteur :Merci encore à tous ceux qui ont lu, laissé un commentaire, mis dans leur favori ou dans leur alertes :). Ce chapitre n'était pas facile à écrire. J'espère que vous l'apprécierez.

Note du traducteur : J'ai eu beaucoup de mal à traduire ce chapitre, car on en arrive à la raison pour laquelle cette fiction est classée M. J'ai fait de mon mieux, je n'ai pas l'habitude de ce genre de scène, mais normalement ça ne devrait pas être trop désagréable à lire. Merci à tous ceux qui sont encore là, bonne lecture !


Chapitre 6 : Univers Privé

Les semaines qui suivirent, Naruto constata que le froncement inquiet entre les sourcils de Kankurô s'était lentement effacé. Les épaules du brun s'étaient légèrement abaissées et de temps à autres, il l'entendait fredonner doucement.

De son côté, Gaara n'avait pas renouvelé ses vieilles cicatrices. Au contraire, il avait laissé ses bras guérir, et maintenant, les marques rouges criardes qui avaient tant de fois dépassé de ses manches n'étaient plus que les évidences atténuées d'une peau autrefois brisée.

Depuis que les tendances de Gaara avaient été révélées, Naruto avait passé toute ses nuits avec lui, ainsi que les heures qu'il ne passait pas au travail. Peu importe à quel point il aimait être là pour son ami, le manque d'intimité avait créé des obstacles inattendus dans sa vie quotidienne. Non seulement son besoin important de solitude était éprouvé, le rendant parfois irritable, mais se masturber était également devenu quasiment impossible. Il avait découvert récemment un certain contentement dans les brefs soins qu'il se donnait sous la douche. Le sentiment de précipitation et de secret avait quelque peu atténué l'expérience, mais c'était mieux que rien.

C'était presque le soir, et Naruto était assis sous un pommier ombrageux, dans sa cachette spéciale dont il aimait croire qu'il était le seul à connaître. Un peu plus loin, Kankurô et Gaara lavaient leur Audi noire et brillante. Comme l'aîné des frères entraîna son cadet dans une étreinte d'un bras, et que Gaara laissa le contact durer plus de deux secondes, Naruto conclut qu'une paix durable s'était installée entre eux.

Laver une voiture était vraiment une chose futile, selon Naruto. Son vieux et fidèle véhicule était couvert d'une couche de poussière et de crasse si épaisse qu'elle fonctionnait maintenant comme une couche de cire. Laver sa précieuse Felicia ne lui avait pas traversé l'esprit depuis des années, et il était certain qu'un acte aussi irresponsable endommagerait son kit de roues adoré.

Donc quand Gaara posa une éponge savonneuse sur le pare-brise de la Škoda, et entama des mouvements qui ressemblaient dangereusement à ceux que l'on ferait pour nettoyer, Naruto rassembla rapidement ses affaires et se précipita vers la scène.

"Oh, je ne savais pas que tu étais là, dit calmement Gaara en le voyant arriver.

_Arrête, ordonna Naruto en s'arrêtant devant la prunelle de ses yeux, à bout de souffle.

Gaara cessa tout mouvement mais ne retira pas l'éponge de la vitre. Avec un visage stoïque, il observa le blond à ses côtés. « C'est un miracle que tu puisses voir au travers. Regarde comme elle est poussiéreuse. »

Naruto fixa l'unique tâche de propreté sur sa voiture. « Mais je l'aime bien comme ça. En plus, la poussière filtre la lumière du soleil, donc c'est plus facile de voir où je vais.

_On a inventé des lunettes de soleil pour ça. Moi je pense que ta voiture est, dans l'état, un danger pour la circulation, » argumenta Gaara. Il évalua du regard le blond agité un moment avant de suggérer : « Je me sentirais plus en sécurité dans ce truc que tu appelles une voiture si on pouvait voir au travers des vitres. Peut-être qu'alors on pourrait faire un tour, un jour ? »

Avec un soupir, Naruto rendit les armes. « Ok. Tu peux laver les fenêtres. Mais seulement les fenêtres – éloigne-toi du reste, compris ? »

L'ombre d'un sourire apparut sur le visage de Gaara, mais rapidement, il se détourna et commença à nettoyer lentement les surfaces vitrées. Il y avait de la mousse dans ses cheveux roux et le bout de son T-shirt était mouillé, mais il n'avait pas l'air d'en avoir conscience.

La manière dont ces doigts pâles serraient l'éponge, ou dont le rouquin se penchait pour la rincer dans un seau d'eau, n'échappa au blond.

Naruto ne savait pas combien de temps il avait passé là à regarder son ami à l'œuvre, mais quand Kankurô se racla la gorge pas loin, il fut tiré de ses pensées. Se sentant soudainement nu, Naruto se détourna et se dépêcha de rentrer.

Une fois dans sa chambre, il s'assit à son bureau et regarda nerveusement par la fenêtre. Cependant, il semblerait que son imagination le menait toujours loin de ce qu'il regardait. Ce ne fut qu'une fois la nuit tombé qu'il se rendit compte du temps qu'il avait passé là. Un léger coup frappé à sa porte le sortit de ses rêveries.

"Entrez."

Bien sûr, c'était Gaara, apportant avec lui l'odeur de cirage pour voiture. Naruto continua de regarder par la fenêtre.

"Il y a des pancakes à dîner, informa Gaara.

_Je n'ai pas faim.

_Tu n'as pas faim ? Alors il y a quelque chose qui ne va pas, dit le rouquin en refermant la porte derrière lui.

_Tout va bien, nia vivement Naruto. J'ai juste pas envie de pancakes, c'est tout.

_J'ai jamais entendu ça auparavant, dit Gaara en marchant lentement vers lui. D'abord tu me laisse laver ta voiture, maintenant tu rejettes la cuisine de Kankurô. Il y a forcément quelque chose qui ne va pas.

_Laisse tomber, ok ? dit Naruto avec détermination en s'affalant encore plus dans sa chaise.

_Tu agis bizarrement en ce moment, fit remarquer Gaara en s'allongeant paresseusement sur le lit de Naruto. Enfin, plus bizarrement que d'habitude, ajouta-t-il après un moment de réflexion, en étudiant du regard le blond et le cactus sur son bureau. Tu peux me parler, si tu veux. J'ai pas l'habitude que ce soit toi, le plus silencieux des deux. »

Naruto soupira. Il observa avec un intérêt dissimulé le rouquin et ses longues jambes, qui allaient jusqu'au bout du lit. Naruto se rendit compte qu'il n'y avait pas de place pour lui.

Machinalement, Gaara tendit la main vers son pied pour retirer sa chaussette et se gratter. Dans ce bref moment, tout ce à quoi Naruto fit attention fut la peau ivoire et les nœuds osseux de sa cheville.

Une fois que cette cheville fut de nouveau cachée à sa vue, il laissa son regard errer le long des jambes, du ventre, sur lequel il s'arrêta une seconde ou deux, avant de croiser le regard de Gaara qui l'étudiait en retour.

"Ton T-shirt est mouillé," dit platement Naruto.

Sans dire un mot, Gaara se redressa et enleva son T-shirt. Il le jeta paresseusement par terre et se dirigea vers l'armoire de Naruto pour en prendre un autre. Après quelques recherches il en choisi un bleu à manches longues. Comme s'il s'agissait du sien, il le mit, puis s'allongea de nouveau sur lit comme si son petit moment de détente ne s'était jamais interrompu.

L'œil de Naruto tiqua à la vue de son T-shirt bleu sur Gaara et de l'autre sur le sol. "Tu comptes laisser ça comme ça ?

_Peut-être, tout comme tu laisses tes chaussettes traîner dans ma chambre," dit calmement le rouquin.

Le blond laissa échapper un rire en secouant la tête et tambourina le bureau avec ses doigts.

"Tu as l'intention de continuer à me prendre des vêtements sans me le demander ?

_Hum, peut-être. Mais tu peux garder tes caleçons. Ils sont trop petits pour moi de toute façon," railla Gaara avec malice.

L'œil de Naruto tiqua derechef et ses poings se fermèrent d'agitation. Il avait du cran. "Fais attention à ne pas t'endormir avec mon T-shirt. Tu as tendance à baver, tu le savais ? Et en plus, tu ronfles."

Les yeux de jade se plissèrent et presque immédiatement Gaara toucha le bord de ses lèvres avec un soupçon d'embarras.

Naruto sourit, il se sentait beaucoup plus à l'aise avec ce Gaara un peu renfrogné qu'avec la version qu'il avait pu apercevoir il y a quelques instants. Mais sa joie fut de courte durée, quand son ami répliqua sur le même ton :

"Ben toi, tu rotes en mangeant. Et plus d'une fois tu avais des restes de nourritures sur le visage après manger."

Naruto rougit et détourna le visage. "Moi au moins je ne bois pas au goulot de la brique de lait. Tu es au courant que d'autres gens l'utilisent ?

_Tu as la manie de faire tomber tes mouchoirs usagés par terre. Tu es au courant qu'il y a des poubelles pour ça ? se dépêcha de répondre le rouquin. En plus de ça, tu laisses tes vêtements traîner partout dans ma chambre et quand tu m'empruntes quelque chose, tu ne le remets jamais à sa place.

Naruto souffla en croisant ses bras sr sa poitrine. "Ok, j'ai compris, je suis bordélique. Mais au moins je n'éprouve pas le besoin compulsif que tout soit toujours en place.

_Intéressant, de la part de quelqu'un qui insiste pour que sa voiture pourrie soit couverte d'une couche de crasse si épaisse qu'elle pourrait en ronger la peinture," répondit Gaara.

Naruto eut un hoquet et se recula dans sa chaise.

"Ben, ton irritabilité est presque maladive !

_Et toi, tu es collant quand tu dors," dit Gaara.

Naruto pâlit, et quelque chose se serra dans son estomac. "C-C'est faux ! Et même si c'était vrai tu es la dernière personne que je voudrais coller.

_Vraiment ? répondit simplement Gaara avec calme. On pourrait croire le contraire.

_E-Et qu'est-ce que tu veux dire par là ? bégaya Naruto en serrant les accoudoirs à s'en blanchir les jointures.

_Rien, répondit seulement Gaara en haussant les épaules de la manière la plus énervante possible.

_Sors de ma chambre," dit le blond les dents serrées, en tournant le dos au lit et à l'agaçant être humain qui y était allongé.

Dans son dos, Gaara se leva de son lit. Et tout aussi silencieusement, il marcha jusqu'à la porte, et parti.

Naruto enfouit sa tête dans ses bras et serra des poings tremblants de colère. L'odeur boisée de son bureau le distrayait momentanément de ce stupide parfum de cirage qui flottait encore dans l'air. Honnêtement, il n'avait aucune appréciation pour le souvenir de Gaara, en train de se tremper d'eau savonneuse, afin de rendre sa voiture plus que sale ne serait-ce que présentable.

Il pensa rapidement à ses parents en train de le faire. Ça avait toujours eut l'effet d'un seau d'eau froide. Un seau où des mains pâles serraient une éponge, la soulevait, puis passait cette chose humide sur une poitrine pâle et nue, les yeux cernés de noirs entrouverts et remplis de désir… Merde.

Avec un semblant de frustration, Naruto jeta un regard noir à son lit vide comme si l'agaçant rouquin y était encore. Même quand il n'était pas là, il réussissait à teindre ses pensées innocentes des nuances les plus scandaleuses.

Bien que ce fût difficile, il pressa son doigt contre le bout acéré des piquants recourbés de son cactus. De cette distraction bienvenue, il soupira de contentement et regarda par la fenêtre, où il observa le ciel bleu, et tout ce qui n'était pas des parterres ou des buissons bien entretenus.

Quand la légère pression sur son doigt perdit de son effet, ses pensées retournèrent à son ami énervant.

Mais au lieu de laisser sa frustration progresser, il enfouit sa tête dans ses bras. Le mieux qu'il pouvait faire pour l'instant c'était de se détacher de la tempête d'émotions qui tourbillonnait dans sa tête. Dans cette position, le temps s'arrêtait et tout ce qu'il restait était un sentiment de réconfort. Au bout d'un moment, il ne sut plus combien de temps il avait passé ainsi.

Toc, toc.

Ce coup à sa porte le fit sursauter et il se redressa hâtivement de sa posture avachie. La seconde qui suivit, Gaara entra dans la chambre, un plateau à la main.

Il posa directement le plateau devant Naruto. Il y avait des pancakes au sirop et à la myrtille, accompagnés d'un verre glacé de jus d'orange. L'estomac du blond gargouilla quand l'odeur sucrée, si sucrée, de la nourriture s'engouffra sans ses narines.

"Qui bave maintenant ?" railla Gaara en reprenant sa place sur le lit.

Mais Naruto était trop occupé pour faire une quelconque remarque, lui qui saisit fourchette et couteau pour entamer ce délicieux repas.

Ce n'était pas que l'odeur alléchante, la texture des pancakes et la façon dont ils fondaient en laissant un goût sucré dans sa bouche contribuaient aussi à faire gronder son estomac plus fort.

Après avoir mangé, il repoussa le plateau et rota, pour se couvrir immédiatement la bouche en jetant un œil timide à Gaara, qui secoua seulement la tête.

"Je me disais que tu devais avoir faim. Tu commençais à être sacrément irritable, dit Gaara après un moment. J'ai vécu avec un diabétique pendant si longtemps, j'ai appris à reconnaître les symptômes d'un manque de sucre. Tu te sens mieux ?

_Ouais"

L'estomac rempli et le doux souvenir de la cuisine de Kankurô encore sur la langue, il ne pouvait pas conserver son agacement contre son ami. Même après leur dispute puérile, son ami s'était assez préoccupé de lui pour lui apporter à dîner.

"Merci. Je veux dire, excuse-moi pour ce que je t'ai dit. Je m'en fiche que tu ronfles, ou que tu empruntes mes vêtements, » dit doucement Naruto.

Une expression tendre apparut sur le visage de Gaara. « Moi je me fiche que tu rotes. Et je dois admettre que je suis peut-être en train de porter un de tes caleçons, désolé. »

Naruto secoua la tête, il n'en revenait pas. Pour être honnête, il n'était même pas sûr qu'ils fussent suffisamment proches pour se permettre ce genre de chose.

"Enfin, bref, commença le blond en tambourinant vivement des doigts sur son bureau. On ferait mieux d'aller se coucher. Il se fait tard.

_Ta chambre ou la mienne ? » demanda le rouquin.

Naruto n'aimait pas la formulation de cette question. Bizarrement, cette fois ça le rendait plus nerveux que ça n'aurait dû. « Euh, et si on allait faire un tour plutôt ?

_A cette heure ?

_Ben, on voit au travers des fenêtres maintenant. Et puis je prendrais bien un peu d'air frais, » répondit Naruto.

Gaara contempla l'idée un moment avant de hausser les épaules. « D'accord. »

Le soleil se couchait et il commençait à faire noir. Bizarrement, les phares de la voiture de Naruto éclairaient plus que d'habitude, tandis qu'ils transperçaient le crépuscule, et il se demanda brièvement ce qu'il leur était arrivé. En plus de ça, les feuilles jaunes et les petits cailloux qu'il collectionnait sur le sol de sa voiture n'étaient plus là, et il ne put s'empêcher de s'interroger quant à leur absence. Il jeta un œil au rouquin assis calmement à côté de lui, et quand celui-ci lui rendit son regard, son pied sur l'accélérateur se fit étrangement plus lourd.

Ils se garèrent près du lac isolé. Le ciel était teinté de trainées oranges et bleu marine, tandis que le soleil couchant plongeait plus loin dans l'horizon. La vue était superbe, presque surnaturelle. Naruto déplia une couverture sur le sable fin de la plage et ils s'assirent, admirant les couleurs qui ne semblaient briller que pour eux.

Gaara fouilla dans son sac et en sortit une bouteille de ce qui semblait être du vin rouge.

"Bon Dieu, soupira Naruto d'exaspération. Non.

_Pourquoi pas ? demanda Gaara en débouchant la bouteille.

_Euh, je conduis. Tu avais oublié ? rappela le blond quand l'odeur de l'alcool parvint à ses narines.

_Et si on passait la nuit ici ? Tu ne travailles pas demain, répliqua tranquillement le rouquin. On peut dormir dans ta voiture.

_Vraiment ? demanda Naruto avec doute. J'ai pas l'impression que ce soit une bonne idée.

_Tiens, » dit le rouquin en lui donnant la bouteille.

Naruto l'évalua du regard avec suspicion. C'était une marque bon marché, et le goût était probablement horrible. Mais quand il remarqua la façon étrange dont son ami le fixait, il but rapidement une gorgée du vin pas cher, déçu de ne pas s'être trompé sur sa qualité.

« Tu te sens mieux, en ce moment ?

_Oui. Je réfléchis beaucoup, admit Gaara. Son regard scrutateur s'attarda sur Naruto. Peut-être qu'il y a quelque chose qui vaut le coup, finalement, dans cette vie. »

Le blond prit une autre gorgée, essayant de ne pas faire attention à ses propres interprétations.

Une brise chaude parcourut la plage, agitant les herbes hautes sur son passage vers les forêts environnantes. Naruto souffla au bord de la bouteille, créant un son sifflant semblable à celui du vent.

"J'ai – J'ai eu un ami qui a eu une chlamydia une fois, sur une plage comme celle-là. C'était un sale truc, mais après ça il a commencé à faire des tests régulièrement, dit Naruto avec une légère nervosité en tambourinant de ses doigts sur la bouteille.

_On dirait que ton ami a compris la leçon, médita paresseusement Gaara.

_O-Ouais.

_Je n'ai jamais eu d'infection, dit calmement Gaara. »

Naruto souffla doucement dans la bouteille, comme si elle produisait pour lui une mélodie privée. « Moi non plus. »

Au moment où Naruto allait discrètement regarder dans la direction de son ami, peut-être pour constater à quel point son T-shirt bleu le mettait en valeur, il fut surpris de voir que Gaara s'était rapproché. Et il semblerait que son attention n'était pas concentrée sur ses yeux bleus, mais un peu plus bas. Quand Naruto mordit nerveusement sa lèvre inférieure, ce regard scrutateur passa de sa bouche à ses yeux timides.

Le vin avait un goût horrible, mais soudainement c'était important de trouver quelque chose sur laquelle se concentrer. Gaara lui prit la bouteille des mains, et en ce bref instant leurs doigts se frôlèrent. Il ne savait pas pourquoi ça le faisait rougir comme ça, et il avait peur que son ami ne remarque cette réaction superflue. Quand il ferma les yeux, tout ce qu'il entendit fut un son de déglutition terminé par un bruit métallique quand Gaara referma la bouteille. Le bruissement de la couverture sur laquelle ils étaient assis lui indiqua que la distance qui les séparait s'amenuisait, et, peut-être par accident, la main de Gaara effleura la sienne.

"Les-Les étoiles sont jolies, bégaya brusquement Naruto, tu crois qu'elles brillent plus fort, vues d'ici ?"

Gaara ne sembla pas beaucoup s'intéresser aux corps célestes, puisqu'il n'avait d'yeux que pour Naruto.

"Oui," finit-il par répondre distraitement.

Naruto le regarda avec précaution. "C'est sympa de sortir un peu, de temps en temps, tu ne trouves pas ?"

Gaara acquiesça mais la tension qui s'était installée entre eux ne se changea pas en aisance amicale comme Naruto l'avait espéré. Si son anxiété était d'une quelconque indication, il aurait dû se laisser ramper lentement jusqu'aux hautes herbes et rester allongé là, sur le sol, jusqu'à ce que sa chère panique ne se calme. Mais au lieu de ça, il se surprit à se rapprocher de son ami.

Son attention se concentra sur le genou déchiré du jean de Gaara. L'imagination comblait déjà les trous de ses pensées civilisées, et il pouvait presque sentir le tissu laisser place à la douceur de la peau sous ses doigts, s'il venait à glisser les mains le long de ces jambes minces.

Un contact sur sa mâchoire le fit relever les yeux, et il paniqua presque en se demandant à quel point ses pensées intimes étaient lisibles sur son visage. Le vent agita les cheveux de Gaara, dissimulant son tatouage. Même comme ça, il ne ressemblait pas à quelqu'un d'ordinaire. Il serait toujours quelque chose d'unique, quelque chose de vrai, et dans un élan de courage, il laissa son regard errer sur ses lèvres, avant de vérifier ce qu'il y a avait dans les yeux turquoises.

On aurait dit que Gaara pouvait percevoir les profondeurs de son âme, et dans un vif élan de timidité Naruto s'écarta et s'allongea sur la couverture. L'envie de se cacher dans l'herbe lui revint, tentante. Fort heureusement, la bouteille fut débouchée et quand elle lui fut tendue, il l'accepta avec joie. Ils burent le vin jusqu'à ce qu'il n'en reste presque plus rien. Une collection d'étoiles brillantes avaient conquis les profondeurs du ciel, et ils les admirèrent, allongés en silence.

"Qu'est-ce qu'on fout là, bordel ?" finit par marmonner Naruto en riant, désignant de ses bras les environs avant de les laisser tomber à ses côtés. « Regarde-nous, dit le blond comme si c'était censé être drôle. On est là, à gâcher nos vies et boire un truc qui ressemble vaguement à du vin. Les gens de notre âge ont des enfants, un travail, et ont le contrôle de leur vie. »

Gaara mit les bras derrière sa tête et contempla les mots de son ami. « C'est vrai. Mais je n'envie pas ça.

_Quoi, Pourquoi ça ? » demanda Naruto, surprise.

Mais Gaara n'élabora pas sur le sujet. Au lieu de ça, il sourit mystérieusement en contemplant les étoiles lointaines. Naruto pouffa de bon cœur et développa le fil de ses pensées : « Au moins, j'aimerais avoir plus le contrôle de ma vie. Tu sais, commença-t-il en se demandant s'il se montrait trop courageux et s'il le regretterait plus tard, tout à l'heure, j'étais si anxieux que j'envisageais sérieusement d'aller me cacher dans l'herbe. »

L'intérêt de Gaara était focalisé sur lui, immuable et sombre. « Tu es sérieux ?

_Ouais, rit Naruto en essayant de faire passer ça pour une blague.

_J'ai fait quelque chose qui a provoqué ça ? demanda Gaara avec inquiétude en se redressant sur ses bras.

_Je suis juste comme ça, dit Naruto, embarrassé, en déviant du sujet d revers la main. Tu n'as rien fait de mal.

_Je suis désolé, dit Gaara en baissant la tête dans un semblant de honte. Je me sens idiot.

_Hé, non – Pourquoi tu dis ça ? demanda le blond en fronçant les sourcils.

_On n'aurait pas dû venir ici. Et je n'aurais pas dû emmener cet horrible vin. J'aurais dû me rendre compte à quel point tu étais nerveux, et te forcer à passer la nuit ici t'as sûrement donné l'impression d'être pris au piège, expliqua Gaara en jetant un regard noir à la bouteille presque vide.

_Non, ce n'est pas comme ça que je le vois, assura Naruto en prenant la main de son ami dans la sienne. Et puis c'est moi qui voulais venir ici, pour commencer, tu te souviens ? »

Le rouquin le regarda avec surprise, jusqu'à ce que son expression de se fonde en inquiétude. « J'aurais dû dire non.

_Honnêtement, ça ne me dérangeais pas ce que tu faisais, confia Naruto avec timidité. Je pourrais même dire que j'aimais bien, quand tu me touchais le visage. Mais la proximité physique est une chose à laquelle j'ai du mal à m'habituer, alors excuse-moi d'avoir paniqué.

_Tu n'as pas à être désolé pour un truc pareil, » murmura Gaara en serrant la main dans la sienne.

Pour toute réponse, Naruto sourit légèrement et traça sensuellement ses doigts sur le dos de ceux de Gaara. Puis, son courage s'évapora de nouveau, et il baissa les yeux.

Cette fois, le rouquin toucha sa mâchoire et releva gentiment le visage de Naruto. Le cœur de Naruto manqua un battement à la vue de la rêverie dans les yeux de son ami. Quand la caresse chaude quitta sa joue, il fut abandonné sans guide. Mais comme un métal attiré par un aimant, il se rapprocha du rouquin.

C'était peut-être à cause de l'anticipation, ou bien à cause de l'anxiété, mais la courbe que formait les battements de son cœur n'était plus qu'une ligne droite et effrayée, jusqu'au moment où ses lèvres touchèrent celles de Gaara.

Et dans ce contact doux et exquis, son cœur s'éveilla et la ligne auparavant plate formait maintenant un zigzag joyeux qui lui coupa le souffle.

Oh, comme ses lèvres étaient douces ! Et ce hoquet presque timide qui lui échappa donna le vertige à Naruto, sous le coup des émotions. Il s'oublia, lui, son anxiété, et son examen constant de lui-même, pour se concentrer uniquement sur ces lèvres sucrées et veloutées qui l'embrassait avec la même envie. Gaara tenait ses joues en se rapprochant de Naruto, et dans l'instant ça lui sembla simplement naturel de le laisser prendre le dessus.

Quand le rouquin rompit le baiser, Naruto était presque déçu. Et son opinion se reflétait sûrement sur son visage, à en juger l'air amusé qui s'empara des traits de Gaara, avant qu'il n'enfouisse son visage au creux du cou de Naruto. Le souffle chaud de Gaara sur sa gorge le fit frissonner, aussi il enroula ses bras autour de lui. Chacune des cellules de son corps tremblait et ça n'avait rien à voir avec l'air frais de la nuit. Le corps chaud partiellement au-dessus de lui fit disparaître ses doutes dans une grande boîte noire d'oubli, et tout ce qu'il restait était le bourdonnement excitant de l'anticipation.

Un tendre baiser sous son oreille fit hoqueter Naruto et il serra le rouquin un peu plus fort contre lui. Ses yeux étaient fermés depuis longtemps, et dès lors, pour lui n'existait plus dans ce monde que le contact sensible de ces lèvres.

Il aurait pu le laisser continuer pour toujours, mais son ami s'éloigna.

Contre le ciel nocturne, Gaara semblait venir d'un autre monde. La pensée selon laquelle tout cela n'était qu'un rêve lucide s'imposa de nouveau à Naruto, et le désespoir qui s'ensuivit le fit ramener Gaara à lui.

Mais Gaara ne bougea pas. Au contraire, il se redressa et évita son regard.

Naruto le regarda longuement. Subitement, il avait de nouveau froid. L'agitation s'emparait de son corps et la sensation de rejet lui vint quand il réalisa que le rouquin ne lui rendrait pas son étreinte.

« Tu comptes en rester là ? » demanda finalement Naruto, blessé, en se redressant pour ramener ses genoux contre sa poitrine. Gaara le regarda et acquiesça lentement. Naruto serra la couverture entre ses doigts.

« Pourquoi ?

_Je ne veux pas que tu penses que je profite de toi, expliqua le rouquin.

_Et pourquoi je penserai un truc pareil ? »

Mais Gaara ne répondit pas, lui donnant simplement un regard entendu qui laissa Naruto confus.

En quête de la chaleur et de la magie de ce moment délicat, Naruto se rapprocha lentement de Gaara. Un regard dans ces yeux de jade lui confirma qu'il pouvait rester, que sa présence était peut-être désirée, mais qu'à partir de là, il s'aventurait à ses risques et périls. Timidement, Naruto se rapprocha encore et subitement, l'odeur d'aiguille de pin flotta dans l'air, fraîche et attirante.

Comme si ses doigts étaient aimantés, il trouva les chaînes sur le jean de Gaara. Le léger cliquetis fut le seul son qui retentit dans la nuit, et au lieu d'alarmer, Naruto aimait à penser qu'il remplaçait le bruit des criquets endormis. Avec une innocence feinte, il suivit les courbes des chaînes jusqu'à atteindre la bande du pantalon auquel elles étaient reliées. De là, sa main plongea sous le T-shirt de Gaara.

"Naruto," soupira-t-il en se rapprochant.

C'était presque innocent, la vitesse à laquelle c'est arrivé, mais bientôt Gaara était étendu sur le dos, Naruto au-dessus de lui. Avec des baisers pleins d'envie, le blond retraça la courbe de la mâchoire du rouquin, jusqu'à arriver à sa gorge. Des mains curieuses trouvèrent leur chemin sous le T-shirt du blond, et dans les cheveux roux, avec une intensité fiévreuse.

Naruto hoqueta quand Gaara serra ses fesses dans ses mains, sans cacher un sous-entendu timide. Les papillons de son estomac s'agitèrent, battirent des ailes, avant de se transformer en petites explosions qui enflammèrent son bas-ventre. Plus rien n'existait maintenant sous ce ciel ouvert, que le rouquin fébrile qui le serrait plus fort contre lui.

Rien ne pouvait habiter l'esprit de Naruto, qu'à quel point les murmures échauffés de Gaara étaient doux à ses oreilles. Il ne pouvait se lasser de ces couleurs, rouge, noir, jade, mais il avait besoin de respirer, et avec regret il s'éloigna et s'assit sur les genoux du rouquin. Le rouge lui monta aux joues quand il sentit quelque chose de dur, et ce quelque chose transforma en flammes l'étincelle qui dévorait son entrejambe.

Gaara se redressa et s'empara des hanches de Naruto de manière suggestive. Très vite, ses bras s'enroulèrent à nouveau autour du blond, les ancrant tous les deux sous la pleine lune. Gaara leva les yeux vers son regard bleu, d'un air tout sauf tranquille.

Avec une agitation semblable, Naruto contempla ces profondeurs de jade, dans lesquelles il était certain de pouvoir se perdre. Aussi tentantes que ses yeux, il y avait ses lèvres légèrement entrouvertes, dont il avait plus d'une fois imaginé la douceur dans les recoins secrets de son esprit. Sans hésiter, Naruto baissa la tête et posa ses lèvres contre celles de Gaara.

Ses doigts s'enfouirent tendrement dans les mèches rousses, et quand sa langue toucha les dents de Gaara, le rouquin ouvrit la bouche de surprise, et timidement, il caressa de sa langue celle de Naruto. Chaque petit baiser était comme une étincelle enflammant l'essence qui remplissait à ras bord le cœur de Naruto. Puis, il était déjà étendu sous Gaara, et cette douce, et prometteuse, érection était de nouveau pressée contre lui.

"Aah," expira Naruto en le rapprochant encore, bien qu'il fût impossible de diminuer l'espace déjà inexistant qui les séparait.

"On dirait que quelqu'un est excité, taquina Gaara.

_Tu l'es aussi, remarqua le blond.

_Tu peux le dire," murmura le rouquin de sa voix de velours et Naruto sentit les muscles de son abdomen convulser sous l'effet de l'anticipation.

Au début, leurs baisers étaient calmes et inquisiteurs, mais rapidement ils se firent fiévreux et incontrôlés. De nouveau, des mains se perdirent sous des vêtements, dans les mèches de cheveux emmêlés, et dans les poches arrière du jean serré de Gaara.

Même quand Naruto fermait les yeux, tout ce qu'il pouvait imaginer c'était de l'ivoire, du rouge, et un scintillement de jade qui disparaissait derrière des paupières aussi noires que la nuit qui les enveloppait.

En cet instant irréel, tout ce qui existait dans son monde était les légers soupirs entre leurs baisers fervents et la connexion incompréhensible qui liait son cœur à celui qui battait juste au-dessus de lui.

Il avait chaud, il avait de la fièvre, et la coïncidence d'un frisson qui parcourut ses os n'avait rien à voir avec la température en train de chuter. Naruto ne cessait de donner des coups de hanches, juste pour avoir le plus de contact possible avec le corps chaud et dur au-dessus de lui. Les soupirs veloutés de Gaara à son oreille et sur sa peau faisaient de ses hormones, habituellement civilisées, un chaos cacophonique et bruyant, et perdu dans cet état d'esprit, tout ce qu'il voulait c'était évacuer cette tension hors de son corps, dans le vaste univers qui les entourait.

"Tu as du lubrifiant, et des capotes ?" demanda timidement Naruto. Gaara cessa tout mouvement et le regarda d'un air interrogatif. "Pourquoi j'aurais ça sur moi ?

_Ben, tu as bien apporté du vin, dit Naruto avec une honte grandissante. Gaara abaissa son visage dans le cou de Naruto pour embrasser un point au-dessous de son oreille.

_Il faut un peu plus que du vin et une plage sous la pleine lune pour me mener jusque-là.

_Ouais, je comprends, répondit le blond, les joues rouges. Désolé.

_Ne soit pas désolé, chuchota le rouquin en embrassant ses lèvres. C'est dommage, vraiment. J'aurais adoré te sentir te resserrer autour de mes doigts.

_U-Uh-huh," souffla Naruto tandis que l'excitation dans son bas-ventre s'intensifiait. Quand Gaara pressa son membre dur contre lui, pour le tenter, il ne put s'empêcher de gémir de frustration.

"Si tu veux, je peux te sucer un moment, jusqu'à ce que tu vois des étoiles et commence à crier mon nom," dit soudainement le rouquin, et son souffle chaud s'attardait sur l'oreille du blond.

"Haa… oui," dit Naruto en collant son érection contre Gaara, comme pour prouver son envie.

Lentement et sensuellement, Gaara laissa ses mains descendre le long du corps de Naruto jusqu'au bord de son jean. Au travers du tissu épais, il serra dans ses mains le sexe dur de Naruto, et eut l'audace de sourire quand le blond frissonna. Gaara ouvrit un à un les boutons avec une patience admirable, bien que Naruto ne partagea pas ce goût pour un rythme si lent.

Naruto grogna, il avait l'impression d'être une bombe à retardement, et chaque caresse sensuelle sur son érection douloureuse pouvait être celle qui le libérerait. À l'arrière de son esprit, il entendait déjà les bips réguliers qui sonnaient à mesure que les secondes passaient, et que les chiffres rouges digitaux se rapprochaient de zéro.

Ce ne fut que quand Gaara baissa son boxer et que son érection brûlante fut accueillie par l'air frais de la nuit que Naruto réalisa dans son ampleur ce qu'ils étaient sur le point de faire.

"S'il te plaît," chuchota Naruto, et aussitôt la fraîcheur de l'air ne fut plus qu'un souvenir, dès lors que Gaara le prit dans sa bouche.

"Ah – " hoqueta le blond en enfonçant ses ongles dans le sable. La tension qui grandissait en lui était déjà sur le point d'exploser. Il ne savait plus si les petites lumières qu'il voyait étaient les étoiles, là-haut, ou une ouverture vers sa fin imminente. Avec chaque succion enjouée, chaque caresse de langue sur son sexe sensible, Gaara faisait défiler plus vite les nombres rouges vers un rang net de zéros clignotants.

Et brusquement l'univers nocturne ne lui semblait plus silencieux. Il était empli de bruits de succion et de bips alarmants, du battement sourd de son cœur et des soupirs étouffés de Gaara, qui le poussaient plus près du bord inévitable de la complétion. La nuit était pleine de gémissements, de hoquets haut-perchés, et de demi-mots encourageants que Naruto était incapable de finir.

La flamme de son bas-ventre se faisait plus blanche, et plus chaude, et ses mains agrippaient le sable fin, et au lieu de fermer fort les yeux comme d'habitude, il ne voulait plus que regarder le rouquin qui le suçait. Il refusait d'admettre qu'il l'avait déjà imaginé, mais même si c'était le cas, il savait qu'une simple idée ne pouvait pas le préparer à l'intensité des sensations que Gaara faisait naître en lui.

"Oh putain, Gaara… gémit Naruto avec une passion grandissante. Je vais j-jouir."

Gaara lui répondit en accélérant le rythme. Sa façon lente d'attiser l'anticipation avait été abandonnée depuis longtemps, et Naruto se demanda si le rouquin était capable de sentir le feu qui brûlait sous sa peau.

"Ah, ah―! Gaar-ah!" soupira Naruto d'une voix entrecoupée par le plaisir grandissant, jusqu'à ce que soit trop, et qu'il tombe dans le gouffre d'un zéro, dans son obscurité sucrée et pleine de satisfaction. Derrière ses paupières, il pouvait voir la couverture d'étoiles scintillantes.

Il resta dans cet espace divin pendant quelques instants de plénitude gazouillants. Les lèvres de Gaara étaient toujours autour de son sexe sensible, qui se dégonflait, lui laissant le temps de redescendre de sa félicité. Quand les derniers gémissement et plaintes de la part de Naruto s'évanouirent pour laisser place à une respiration satisfaite, le rouquin reboutonna son jean.

"C'était quelque chose," admit Naruto en regardant Gaara, qui faisait partir l'arrière-goût à coup de vin.

"Content que ça t'ai plu," répondit Gaara en rebouchant la bouteille.

Le monde était à nouveau silencieux, à l'exception du tambourinement sourd de la tension qui les rapprochait l'un de l'autre, comme un aimant à du métal.

Naruto marcha vers Gaara à quatre pattes, un air sournois sur le visage. Il goûta le vin sur ses lèvres en l'embrassant une, deux fois, trois, quatre fois. Gaara soupira et la flamme se ralluma à l'intérieur de Naruto.

Gaara était maintenant étendu sur le dos, laissant à Naruto la liberté de lui retourner la faveur selon ce qui le mettait le plus à l'aise. Sans hésiter, Naruto usa de cette liberté pour relever le T-shirt de Gaara. Sa peau fantomatique était chaude, presque brûlante sous sa paume, et désormais, il ne pouvait plus croire qu'il n'était que le fruit de son imagination. Gaara était bien réel, et il appréciait clairement les mains sur sa peau. Avec des soupirs encourageants, il priait Naruto de continuer à placer ces baisers confiants et attachants sur la partie supérieure de son corps. Être témoin de l'anticipation du rouquin, sans barrière aucune, était comme une boîte d'essence jetée dans le feu ardent qui lui brulait le cœur. Bien sûr que Gaara était beau, et désirable, de toutes les manières possibles. Peu importe ce qu'il s'était dit jusqu'ici. Et d'avoir quelqu'un d'aussi divin, en attente de son toucher, faisait trembler d'excitation les mains de Naruto.

"Si tu veux, je peux te montrer quelques constellations, à toi aussi.

_Vas-y s'il te plaît," répondit Gaara en fermant les yeux.

Ce rouge, noir, et ivoire, et ce léger rougissement, timide, étaient sans aucun doute la vision la plus enchanteresse qu'il ait eu le plaisir de voir depuis longtemps. Toutes pensées quittèrent son esprit, à l'exception du désir de faire perdre à Gaara son tempérament d'ordinaire réservé, pour le faire plonger dans les profondeurs d'émotions gratifiantes et incontrôlées.

Les mains tremblantes, Naruto descendit la braguette du jean serré de Gaara, lui jetant quelques coups d'œil pour vérifier que tout allait bien. Mais quand il baissa de nouveau les yeux sur ses vêtements, il fut surpris de trouver un motif familier, de petits cœurs cartoonesques, qui l'accueillirent innocemment.

"Tu portais vraiment mon boxer, souffla Naruto d'amusement. Tu voulais vraiment t'introduire sous mes sous-vêtements, pas vrai ? taquina-t-il en le retirant lentement.

_C'est un accident, expliqua doucement Gaara, comme s'il était honteux.

_Vraiment ? dit seulement Naruto en commençant à caresser le membre dur du rouquin à un rythme calme.

"Nnaah," gémit Gaara en fermant les yeux.

L'anticipation se mêlait à un plaisir contenu, et tout pouvait se lire sur les traits crispés de Gaara. Serrant la couverture dans ses poings, le rouquin étira ses jambes minces jusqu'à ce que tout son corps soit tendu comme la corde d'un instrument. Naruto aima à penser qu'il jouait plutôt bien de cet instrument, si ces gémissement à moitié ravalés était une quelconque indication.

Par accident, il laissa échapper un bruit de succion, et le sexe du rouquin se fit encore plus dur entre ses lèvres. Sentir la réponse honnête de Gaara à quelque chose qu'il avait fait transforma les papillons dans le ventre de Naruto en chaînes exigeantes, qui resserraient son pantalon.

Les coups de langue sur l'extrémité de son pénis fit s'arquer le dos de Gaara, et quand une série de sensation de succion s'ensuivit, il laissa échapper un son que Naruto n'avait jamais entendu auparavant – un cri riche et haut-perché.

Tant qu'il le pouvait, Naruto adorait observer le bouclier de Gaara s'effriter morceau par morceau. Maintenant, Gaara avait perdu depuis longtemps son visage neutre, remplacé par un désir primitif qu'il ne pouvait retenir. Le visage crispé par un plaisir consumant, Gaara était totalement désirable et Naruto donna à son sexe quelques succion plus appuyées, juste pour voir quand il atteindrait un certain point, et lâcherai la couverture.

Presque immédiatement, les mains tremblantes de Gaara s'enfoncèrent dans les cheveux blonds en bataille de Naruto, jusqu'à ce que ses doigts s'y emmêlent.

"Aah, Naru―" gémit le rouquin, à sa manière haut-perché et absolument charmante.

Avec un hoquet excité qui se concrétisa en une vibration frénétique autour du sexe de Gaara, Naruto répondit aux sons qui échappaient des lèvres alléchantes et adorables du rouquin. Ses testicules se rapprochèrent de son corps, et il arqua le dos, attendant que les vagues du laisir viennent s'abattre sur son faible radeau.

"Merde, Naruto," parvint-il à murmurer en agrippant les cheveux blonds plus fermement, comme si en faisant cela il réussirait à apaiser l'excitation brûlante qui le dévorait vivant.

Mais le blond soupira seulement en réponse, prenant le plus de sexe possible en bouche. Gaara laissa échapper un soupir frustré et brûlant, son membre palpita dans la bouche de Naruto, un souvenir qui, le blond en était sûr, viendrait joliment le tourmenter plus tard. Plus Gaara se crispait, plus vite il le suçait, et quand il vit la bouche du rouquin s'ouvrir dans un cri silencieux, il sut que ce n'était qu'une question de secondes.

"P-put – Je j-jouis N-Naru – to," cria Gaara, et ses doigts s'enfoncèrent dans le crâne du blond avec un désespoir qui fit retentir des trompettes imaginaires dans la tête du blond.

Jamais auparavant n'avait-il vu Gaara se laisser aller si joliment, de manière si pure, et jamais il n'avait osé imaginer que ce serait aussi stimulant. Aucun mur de pierre, aucune barrière ni émotion cachée – tout ce par quoi il passait se montrait sur son visage avec une clarté gratifiante.

Et tandis que les trompettes de la victoire se taisaient et que les plaintes erratiques de Gaara se changeaient en inspirations profondes, Naruto continuait à caresser son membre en des mouvements lents et tendres de sa bouche. Ce ne fut que quand les doigts dans son crâne le lâchèrent, et que la totale relaxation du corps de Gaara reprit une forme de maintien, que Naruto se dégagea.

Sans vraiment regarder ce qu'il faisait – car le rouquin qui se dénouait gentiment était bien trop intéressant à regarder – Naruto remonta le boxer à motif et reboutonna son jean.

Comme le rouquin, Naruto se lava la bouche avec un peu de vin après avoir essuyé ses lèvres sur sa manche.

Sur la couverture, Gaara semblait totalement vidé, et respirait avec difficulté, les yeux à demi-clos. Peut-être voyait-il encore ces étoiles, ou bien ressentait-il cette sensation merveilleuse, la légèreté incompréhensible d'un univers complet.

« Bon… tu veux un câlin maintenant ou quoi ? » demanda Naruto d'un ton joueur.

Gaara lui sourit faiblement et se redressa. "On devrait peut-être retourner dans la voiture. Il commence à faire froid."

Ils rassemblèrent leurs affaires et se dirigèrent vers la voiture. Après avoir vidé un peu de leur vin dans la nature ils s'installèrent sur la plage arrière, la vessie vide.

Instantanément, Naruto se colla contre Gaara, qui le laissa faire. Les hormones sautillantes vibrant encore en lui, le blond caressa tendrement le torse couvert de son ami. Il faut croire que Gaara subissait la même influence, puisque ses mains se retrouvèrent sous le T-shirt de Naruto, laissant des caresses suggestives au bas de son dos.

"Bon, on fait quoi après ? demanda Naruto, brusquement sérieux. On se marie, fait deux enfants et demi, et on achète un golden retriever ?"

Gaara ricana en lui tapotant le dos.

"Mais je suis sérieux," dit à nouveau le blond, inspectant la fermeture éclair de la veste de Gaara. Puis, il tourna ses yeux bleus vers les profondeurs de jade, qui l'étudiaient avec un sérieux inattendu.

"Que veux-tu que l'on fasse ?" demanda Gaara en retour.

Dans la nuit qui s'assombrissait, dans la pénombre de la plage arrière, le rouquin avait tout sauf perdu le charme qui avait renversé Naruto, comme une vague sur la rive. Les nœuds qui lui chatouillaient l'estomac se serrèrent et un sentiment de surnaturel magnétique lui envahit de nouveau l'esprit.

"Je t'aime beaucoup, Gaara," dit Naruto avec franchise, avant de vite détourner les yeux. Il continua à creuser un trou dans la poitrine du rouquin à la seule force de son regard. « J'aime bien être avec toi. Je me sens bien quand tu es là. Et ce qu'il vient de se passer… J'aimerais que ça arrive à nouveau. »

Comme le rouquin ne répondit rien à sa confession, Naruto releva timidement les yeux. Gaara le fixait avec la même gravité qu'avant.

"Je t'aime bien, moi aussi. Tellement que ça me fait peur, dit doucement le rouquin, créant une bulle de bonheur flottante dans la poitrine de Naruto. Tu seras blessé. Je le sais. C'était égoïste de ma part de t'avoir entraîné là-dedans.

_Qu'est-ce que tu racontes ?" murmura Naruto en agrippant la veste du rouquin. Le cuir froid entre ses doigts tremblants calmait un peu les émotions qui tourbillonnaient, hors de contrôle et à grande vitesse.

"Naruto, tu es très spécial. Et même si, physiquement, je peux te faire te sentir bien, je ne suis pas sûr de te traiter comme il faut sur le plan émotionnel. Je ne suis pas un bon choix si tu cherches une relation saine.

_Ben moi non plus, essaya de plaisanter Naruto, dans une tentative d'alléger l'ambiance. Tout ce qu'on a à faire, c'est voir comment ça se passe.

_Comment tu peux être si optimiste ? demanda le rouquin. La poigne du blond sur sa veste se raffermit.

_Parce que je t'ai, toi. C'est pour ça. Et peu importe ce que me réserve la vie, je veux y faire face à tes côtés, dit Naruto. Et je veux que tu ailles mieux. Tu m'aides à me sentir mieux. »

Gaara le regarda tendrement, presque tristement. « J'ai peur de t'entraîner vers le bas, et de te faire te sentir mal.

_N'importe quoi, dit Naruto de manière rassurante. N'essaie pas de prendre de bonnes décisions à ma place. Je peux le faire moi-même.

_Tu es incroyablement têtu, tu le sais ça ? dit vivement Gaara, bien que le coin de ses lèvres fut légèrement étiré vers le haut.

_Tu ne cesses de me le rappeler, » rit doucement le blond, et ses mains plongèrent sous la veste de Gaara, jusqu'à ce qu'elles se rejoignent dans son dos. Naruto était maintenant appuyé contre le torse du rouquin, comme un aimant. A mesure que le temps passait, Gaara se détendit, et le doute sembla le quitter. Naruto releva son visage pour l'embrasser.

"Est-ce que j'étais bien, tu sais, sur la plage ? Ou est-ce que c'était horrible ? » demanda timidement Naruto, exprimant ce qui lui triturait l'esprit depuis un moment.

Gaara secoua la tête, amuse. « Pourquoi tu penses à ça ?

_Parce qu'il y a longtemps, tu m'as dit que j'étais le pire, lui rappela Naruto, tandis que sa fierté blessée se rappelait à lui.

_J'avais menti, répondit doucement Gaara. Je t'ai menti plus d'une fois, pour être honnête.

_Vraiment ? demanda le blond, sincèrement surpris. Qu'est-ce que tu veux dire ? »

Gaara le regarda sombrement, fatigué, puis il appuya la tête contre la vitre froide.

"Eh bien… Pour commencer, mon voisin n'avait pas vingt ans, comme je t'avais dit. Et ce n'était pas un truc d'une fois pour avoir ce tatouage très cool, ajouta-t-il, se moquant de lui-même.

_Ok ? répondit le blond, attendant la suite.

_Ce n'était pas un fils qui vivait chez ses parents, mais un homme, la quarantaine, qui était propriétaire de la maison. Et quand ce ne fut plus supportable de vivre à la maison, j'ai emménagé chez lui. Père était enragé, » dit Gaara, ricanant à ce que lui seul trouvait drôle.

"C'est… Naruto laissa sa phrase en suspens et fixa son ami, choqué. Je veux dire, ce n'est pas…

_Si, ç'en est, finit pour lui Gaara en secouant la tête. Mais je m'en foutais, et je l'ai laissé faire, parce qu'être avec un homme qui avait deux fois mon âge était mieux que de vivre sous le même toit que ma famille. »

C'était une histoire triste, une qui donnait envie à Naruto de consoler encore plus son ami Ce n'était pas que de la tristesse qui tourbillonnait dans sa poitrine – c'était plus chaud, et plus profond. « Comment ça a fini ? »

Mais Gaara regarda seulement par la fenêtre. Puis, il fit face au blond à nouveau. « On peut changer de sujet ?

_Oh, oui, désolé, murmura vite Naruto. De quoi veux-tu parler ? »

Gaara tambourina des doigts contre la fenêtre, mas s'arrêta quand il vit la grimace sur le visage de Naruto.

« Qu'est-ce qu'il y a dans cette voiture qui te rend si attaché à elle ?

_ C'était la voiture d'Iruka, » répondit le bond, marquant son respect pour son père adoptif décédé. Gaara baissa sa main et n'osa plus tambouriner contre la fenêtre, ni ailleurs. Naruto lui donna un minuscule, petit sourire. « Tant que j'ai cette voiture, c'est comme si une part de lui était encore en vie, et près de moi.

_Oh, Naruto…" dit le rouquin en l'attirant contre lui. Naruto le laissa le tenir et lui caresser ses cheveux blonds.

"Quand il est mort, il ne m'a pas laissé beaucoup d'argent. Après avoir financé l'enterrement, j'avais juste assez pour deux mois de loyer. Finalement, j'ai été obligé de prendre la route, » dit Naruto qui essaya de faire comme s'il avait s'agit d'un voyage excitant. Gaara lui ébouriffa les cheveux d'un air inquiet.

« Pendant un moment, il n'y avait plus que moi et Felicia. Mais après j'ai rencontré quelqu'un, et j'ai emménagé avec, pour avoir de la nourriture, une douche, et un lit.

_Tu as essayé de contacter les services sociaux, ou une institution dans le genre ? demanda le rouquin avec curiosité.

_Oui, au début. Mais on m'a dit de trouver un travail, puisque j'avais dix-sept ans – à quelques semaines de dix-huit – et ils pensaient que je pouvais prendre soin de moi, répondit Naruto avec un ricanement sarcastique. Ils n'en savaient rien.

_Les gens ne savent jamais rien, affirma Gaara en lui tapotant le dos, un petit sourire triste sur le visage.

_Je n'ai jamais trouvé de travail, parce que j'avais peu d'éducation, et pas assez d'expérience pour être qualifié, même dans les jobs les plus simples. Il y avait toujours quelqu'un d'un peu meilleur que moi. »

Gaara hocha la tête, compréhensif. « A mes yeux, on dirait que tu étais presque SDF

_Ce n'était pas le cas. J'avais cette voiture. Et des petit-copains, petites-copines, qui étaient assez gentil pour mettre un toit au-dessus de ma tête, défendit Naruto. Et quand ils en avaient assez de moi et qu'ils me jetaient dehors, ça ne me prenait jamais longtemps de trouver un autre endroit. Tu peux me croire, à l'époque j'étais jeune et beau, et j'avais pas de cicatrices.

_Naruto, chuchota tristement le rouquin. Ça n'avait pas l'air bien du tout. Et à t'entendre il y en a eu plus que quelques-uns. »

Le blond rougit et hocha la tête. « Je sais. Je n'ai pas été très sincère, moi non plus. Désolé. Et je sais que tu risques de me juger, mais s'il te plaît, crois-moi, à l'époque je n'avais pas l'énergie de tout prendre en charge. Et j'en avais assez de vivre dans cette voiture. La nuit, je ne me sentais pas en sécurité, et quand on m'offrait un meilleur endroit où dormir, c'était plus simple de juste baisser mon pantalon et me pencher en avant en échange, tu vois ce que je veux dire ?

_Eh ben, tu en as fait du chemin. Tu as un travail maintenant, et de l'argent, et un endroit sûr où vivre.

_Et je t'ai toi comme petit-ami, sourit Naruto.

_Tu en as de la chance, pas vrai ? répliqua Gaara avec ironie en lui ébouriffant les cheveux.

_Tu l'as dit, » répondit le blond avec un sourire lumineux, avant qu'une expression plus sombre ne prenne place.

Ils restèrent silencieux un long moment, jusqu'à ce que le feint martellement de la pluie ne les réveille de leur pause tranquille. La pluie se fit plus forte, et il faisait encore plus sombre. La température chuta dans l'habitacle, et Naruto se serra un peu plus contre Gaara, qui prit la couverture sur le siège avant pour l'étendre sur eux deux.

Le lendemain, ils se réveillèrent au son exubérant des oiseaux qui gazouillaient. Une fois de plus, le monde était indéniablement réel et présent. Rien de la magie nocturne ne subsistait dans l'air, et Naruto laissa son regard errer vers la plage isolée et les traces encore visibles sur le sable.


Quand elle parlait, Naruto était suspend à chacun de ses mots, comme si chacun d'entre eux était extrêmement important. En se rapprochant de Sakura, il sentit une légère tension dans l'un des passants de son jean. Il se retourna rapidement pour regarder Gaara, qui le regardait sombrement. Contrairement à ce à quoi il s'attendait, le rouquin ne le lâcha pas.

Naruto et Gaara étaient parties faire des courses et étaient rentrés pour découvrir cette délicieuse surprise : la visite inattendue de Sakura. Dernièrement, elle s'était montrée étrangement silencieux au travail, et disait que c'était à cause du travail. Quand Naruto lui demandait ce qui lui prenait tant de temps, elle changeait de sujet.

Dans leur cuisine chaleureuse, Kankurô s'était occupé de la préparation du thé, les laissant s'asseoir à table tous les trois. Vu que le rouquin était maintenant hyper-silencieux, la tâche de distraire leur nouvel invité ne revenait plus qu'à Naruto.

« Tu as un nouveau parfum, Sakura-chan ? » sourit Naruto en se rapprochant un peu pour avoir une meilleure appréciation de cette odeur musquée.

Un doigt dans sa poche arrière le retint pour le faire reculer, et il rit sans raison particulière. Kankurô leur jeta un regard examinateur avant de revenir à ce qu'il faisait.

"Euh, oui je crois," répondit-elle en souriant poliment. Puis son regard passa de Naruto à Gaara, et en une seconde elle regarda sa montre. « Malheureusement, je vais devoir ―"

Tûût, tût.

« … y aller, » finit-elle quand ce quelqu'un cessa d'abuser de son klaxon.

"Sasuke est là ? pâlit Naruto en agrippant la nappe.

_Oui. Il est venu me chercher, expliqua-t-elle platement en lui offrant un autre sourire poli. Désolée de devoir écourter ma visite.

_T'inquiète," Naruto essaya de lui remonter le moral – pourquoi, il n'en avait aucune idée, mais ça semblait être la bonne chose à faire.

Avec un dernier regard à Naruto, puis Gaara, elle partit. Kankurô étaient appuyé sur le comptoir de la cuisine, dos à la pièce, et si Naruto voyait correctement, il inspectait minutieusement la liste d'ingrédients imprimée sur le sachet de thé.

La porte d'entrée se ferma, il lâcha le sachet de thé.

Le doigt dans sa poche arrière se plia, mais Naruto eut l'audace de ne pas réagir.


A la manière d'un détective, Gaara examinait les lys un à un. Naruto était assis par terre, tapant sur son téléphone l'air un peu ennuyé. Il était censé lire les infos, cependant il ne cessait de se surprendre à regarder les mouvements restreints du rouquin.

Une image de lui, complètement à l'abandon sur la plage, lui revint, et il fixa son écran en rougissant.

"Tu fais quoi, déjà ?

_Je cherche des criocères de lys, expliqua Gaara, dont le ton indiquait qu'il l'avait déjà répété plusieurs fois. Elles endommagent les lys, comme tu peux le voir sur ces feuilles. »

Naruto marmonna quelque chose en réponse mais ne fit pas attention à la leçon de biologie. Aujourd'hui, son ami roux ne portait pas de chaînes. Quand il s'accroupissait dans le jardin, comme ça, sa ceinture cloutée faisait de son mieux pour maintenir son pantalon sur ses hanches.

Il se demandait quel sous-vêtement il portait aujourd'hui.

« Ça te dérangerait de m'aider ? » demanda Gaara en écrasant un insecte entre ses doigts.

Une étincelle de malice s'alluma dans les yeux de Naruto,, et il rampa vers lui à quatre pattes. Il était debout là, entre les parterres de fleurs, et avec un sourire doux et innocent Naruto enroula ses bras autour de ses jambes. Il attendit une réaction, et quand Gaara baissa finalement le regard vers lui, il sourit un peu plus et embrassa la braguette de son jean.

« Naruto… soupira-t-il, relève-toi.

_Mais tu voulais que je t'aide. Je pensais que tu apprécierais mes efforts, » dit sournoisement le blond en glissant ses mains de ses cuisses à ses fesses, finissant le mouvement d'une emprise pas si innocente.

Gaara essaya de maintenir un visage neutre, mais un soupçon d'amusement était visible. Il s'assit sur le sol, silencieusement vaincu. Sans plus d'avertissement, le rouquin l'embrassa, et bientôt Naruto se retrouvé allongé sous lui, entre les hauts parterres.

A son humble avis, ceci était bien plus intéressant, peu importe à quel point écraser des insectes semblait excitant.

Les jours suivant leur petit voyage à la plage, il avaient passé peu de temps éloigné l'un de l'autre. Naruto s'était bien accommodé de leur nouvelle proximité physique, et sa timidité n'était plus qu'un visiteur occasionnel.

Bien sûr, tout cela avait lieu en secret, car aucun d'entre eux n'était suffisamment à l'aise pour dévoiler leur relation au grand jour.

"Gaara ! Naruto !" hurla quelqu'un à l'autre bout du jardin.

« Merde. Lève-toi, jura Gaara en regardant brièvement par-dessus les lys. « Devine qui c'est, pour changer. »

Naruto grogna en ajustant son T-shirt. « Sans vouloir l'offenser, je ne supporterais pas une soirée film avec ton frère.

_Je sais, » marmonna le rouquin en revenant à son travail sans prêter attention à la tête brune qui s'approchait.

« Oh, vous êtes là les gars, » rit Kankurô en faisant comme s'il ne venait pas de chercher partout. Aujourd'hui, son T-shirt était à l'envers et, comme hier, ses cheveux n'étaient pas peignés. « C'est une bonne journée, non ? »

Gaara jeta un regard en coin à Naruto, et le blond dut se mordre la lèvre pour s'empêcher de rire. Avec un peu de chance, si aucun d'eux ne répondait, l'autre comprendrait et partirait.

"Alors, vous avez quelque chose de prévu ce soir ?" demanda brillamment Kankurô et avant qu'ils n'aient la chance de répondre, il reprit son onologue bizarre. « Il y a ce films, ça fait longtemps que je veux le voir. Je suis sûr qu'il te plairait, Naruto.

_Euh, hum ? dit le blond, maudissant le fait qu'on l'ait inclus à la conversation. Je-Je sais pas…

_Il y a cette actrice que t'aimes bien dedans, c'est quoi son nom déjà ? » marmonna Kankurô en se frottant le menton.

Du coin de son oeil, Naruto vit Gaara ouvrir la bouche, mais il savait qu'il était déjà trop tard.

« Je nous ai préparé à manger. Je pensais qu'on pourrait commencer dans une demi-heure, si ça vous va ? continua le brun en ajustant machinalement la montre à son poignet.

_Je crains que l'on ne puisse pas venir cette fois, » dit Gaara en écrasant un insecte.

Naruto se sentit mal pour le brun. Quand il vit un insecte rouge ramper le long d'une tige de fleur, il n'eut pas le cœur de le tuer.

"Peut-être que des amis à toi pourraient passer du temps avec toi ?" suggéra Gaara sans détourner son attention de sa tâche de jardinage.

Kankurô rit, d'un rire étrangement léger. « Ouais, » dit-il en commençant à rentrer.

Après quelques mètres, il s'arrêta et se retourna. « Oh, Naruto. Tu as de la terre dans les cheveux. Et un insecte."


Naruto jura à voix basse en accélérant. De toute la semaine, pourquoi avait-il fallu que ce soit aujourd'hui qu'il ait décidé de laisser sa voiture à la maison ? Regrettant son choix, il troqua marcher à grandes enjambées pour courir en espérant qu'il ne serait pas en retard.

Sakura lui avait proposé un petit café après le travail, et vu qu'elle était très silencieuse dernièrement, Naruto n'avait pas osé décliner l'invitation. Pendant trente minutes, il avait entendu qu'elle s'ouvre à lui, sans succès. Quand un klaxon intransigeant avait retentit dans la rue, Naruto l'avait suivie dehors.

Il n'eut qu'un bref aperçu du connard qui tenait le volant, et cela suffit à le faire voir rouge. Mais brusquement, elle l'avait enlacé et avait ébouriffé ses cheveux, lui faisant tout oublier. Leur voiture était partie longtemps après que Naruto se rende compte qu'il était censé rentrer à la maison.

Sa drôle d'humeur ne se calma pas même quand ses pieds fatigués ralentirent en entrant dans la jardin de sa maison. Il espérait juste qu'il n'était pas en retard. Mais il faut croire qu'il n'avait pas de chance aujourd'hui, car le break de Tenten était déjà garé à côté de son véhicule scabieux.

Avec une panique grandissante, il essaya de voir si elle était encore derrière le volant, quand quelque chose d'alarmant retint son attention.

Tenten, debout sur le porche, avec Gaara.

Naruto pâlit et se dépêcha de les atteindre, peu importe à quel point il était déjà essoufflé. Avec terreur, il la vit retirer sa veste, montrant sans aucun doute les cicatrices blanches qui ornaient ses bras comme des toiles d'araignées. Au vu de l'intérêt effrayant qu'elle semblait toujours posséder pour sa vie amoureuse, et au vu du regard vitreux qu'elle avait chaque fois qu'il mentionnait quelque chose à propos de ses petits-copains, la voir maintenant aux côtés de Gaara ne lui plaisait pas du tout.

"Salut Tenten ! Gaara !" rit-il nerveusement en se précipitant vers eux. « Alors comme ça tu as rencontré… Gaara ? » demanda-t-il ensuite, la fausseté de sa joie audible dans sa voix.

Pour toute réponse, Tenten sourit de toutes ses dents et lui pinça les joues. Naruto maintint son sourire gêné, n'osant pas encore regarder dans la direction de Gaara.

"On parlait de toi, annonça-t-elle malicieusement.

_V-Vraiment ? rit Naruto en essuyant la sueur de son front.

_T'inquiète, en vrai on parlait pas vraiment de toi. Du tout, dit Tenten avec un soudain sérieux qui prit Naruto par surprise. Il ne savait pas si cette information était sensée le rassurer ou pas.

Gaara le fixait d'un air neutre, ne lui offrant aucune explication quand à ce qu'elle voulait dire. Tenten remit sa veste, et ce ne fut que là que Naruto remarqua qu'elle portait encore ce débardeur large.

Alors, Néji n'était sûrement pas en ville.

"Tenten, laisse-moi te montrer ma chambre, dit Naruto en lui attrapant le bras, sans arrêter de sourire. Gaara est occupé, je crains qu'il ne puisse pas venir.

_Je ne suis pas occupé, dit Gaara d'un ton monotone.

_Il a peur que je le mette dans l'embarras, dit Tenten au rouquin en désignant Naruto du menton.

_Je sais, dit Gaara, et le sourire sournois qui apparut sur leur deux visages réussit seulement à alimenter l'inconfort de Naruto dans des proportions insoupçonnables.

_Au fait, je reste à dîner, informa Tenten. Les pas de Naruto ralentirent. Ton autre proprio m'a invité. Lui aussi il est gentil.

_Donc, tu as rencontré mes deux propriétaires. Formidable, » dit Naruto d'un ton vide, les menant dans sa chambre.

Tenten sauta sur le lit comme s'il s'agissait du sien, et arracha un sac de bonbon qui reposait sur la table de nuit. Gaara s'assit à côté d'elle comme s'ils se connaissaient depuis toujours, quelque chose qui n'échappa pas à Naruto. Machinalement, Tenten donna quelques bonbons à Gaara tandis qu'elle observait la chambre.

Les sourcils de Naruto palpitèrent et il s'assit avec précaution auprès d'eux. Gaara lui passa des sucreries, et lentement son anxiété commença à le lâcher. Étonnamment, Tenten entretenait une conversation plutôt civilisée avec le rouquin, rien de ce qu'il avait craint auparavant.

Quand le sujet bifurqua vers celui de la scarification, Naruto adopta le rôle d'auditeur. Il n'aurait jamais cru que Gaara s'ouvrirait à propos de ses problèmes auprès d'un étranger qu'il venait de rencontrer, mais il faut croire que son appréciation de son caractère était faux dans ce cas précis. Tenten avait des tas d'histoires pleines d'anxiété et de douleur infligée à soi-même, que Naruto connaissait toutes par cœur. Elle était une battante, une vraie guerrière, et la façon dont elle regardait Gaara avec sympathie pendant qu'il parlait, fit regretter à Naruto son comportement.

Il y avait de la soupe à dîner. Assis à la table de la cuisine, Naruto regarda Kankurô avec attention. Cheveux emmêlés, il prenait des cuillerées de soupe, sans faire attention à leur invitée.

Ça faisait un moment que l'aîné des frères avait totalement oublié les soirées films et les snacks, laissant Naruto et Gaara tuer le temps comme il leur plaisait.

Quand Naruto goûta la nourriture, il grimaça. Quelqu'un n'y était pas allé de main morte sur le sel, doublant la dose. On aurait dit que Kankurô ne remarqua pas la différence, cependant, puisqu'il lisait le même article de journal qu'il avait lu hier.