Note de l'auteur :Merci à tout ceux qui m'ont accompagnée jusque-là ! ^^ Votre soutien signifie beaucoup.

Et c'est reparti pour un chapitre super long ! Il y a 60% de drama et 40% de fluff, dans cet ordre.

P.S, j'espère que les émotions sont logiques. Qu'en pensez-vous, est-ce que Naruto et Gaara semblent connectés sur le plan émotionnel dans cette histoire ? Je demande juste parce que c'est quelque chose de particulièrement difficile à écrire pour moi, et je me demande toujours si j'arrive à le faire ressortir correctement.

Note du traducteur : Encore un chapitre, et vous aurez le fin mot de l'histoire. Je sais que je mets beaucoup de temps, mais j'ai pas mal de projets, et cette fic me demande beaucoup d'efforts pour que le résultat soit naturel et plaisant à lire. Je pense d'ailleurs que j'irai corriger les premiers chapitres plus tard, car j'ai pas mal progressé à mesure que je traduisais, et des erreurs que je commettais m'ont sautées aux yeux en relisant brièvement. Donc si vous venez de commencer, où si ça fait un moment que vous suivez cette histoire, ne vous en faite pas : je travaille lentement, mais je vais toujours au bout de mes projets d'écriture :). Bonne lecture à tous, et merci d'être allé aussi loin !


Chapitre 9 : l'homme de la maison d'à côté.

Il était rare de voir Kankurô aussi anxieux. Depuis qu'il avait repris le travail, il y a une semaine ou deux, il avait retrouvé son calme et son assurance habituels. Mais aujourd'hui, quelque chose clochait. Après avoir tout vérifié à de multiples reprises – est-ce que la machine à café était encore allumé, avait-il bien pensé à prendre son chargeur – il tenait enfin dans l'entrée, serrant nerveusement mes clés de la voiture dans ses poings.

« N'oubliez pas, vous pouvez m'appeler n'importe quand. N'importe quand, » répéta le brun pour la centième fois.

Gaara avait désormais atteint sa limite de tolérance face à l'agitation de son frère. Il répondit à son frère d'un bref hochement de tête, attendant très clairement qu'il s'en aille enfin.

« Surtout ne faites pas cramer la maison, ok ? » Kankurô essayait de détendre l'atmosphère avec cette petite blague, mais ses rires brefs n'avaient rien de détendu.

Gaara leva seulement les yeux au ciel et s'apprêtait à chasser son frère par la porte d'entrée, quand soudain Kankurô se dit grave de nouveau.

« Naruto, s'adressa-t-il au blond, vérifie que les portes sont bien verrouillées le soir. » Naruto acquiesça, mais il avait la sensation qu'il s'agissait là d'un message codé dissimulant autre chose, au vu des coups d'œil inquiets que Kankurô ne cessait d'envoyer à son petit frère.

« Et Gaara, continua le brun, fais en sorte que Naruto reste loin de la cuisine, d'accord ?

_Hé ! s'insurgea le blond, avant d'être interrompue par la caresse subtile de Gaara sur sa main.

_Tout ira bien ici, même sans ta surveillance permanente, assura Gaara, parvenant ainsi à calmer son frère d'un cran. Tu devrais vraiment y aller maintenant ou tu vas être en retard.

_Ok. Souvenez-vous, je ne suis qu'à un coup de fil d'ici. Ma formation dure du matin à l'après-midi, mais je laisserai mon téléphone sur vibreur. C'est juste pour deux nuits, et je serai de retour dimanche midi. » Il répétait ce que Naruto et Gaara avait maintenant bien mémorisé.

D'une poussée fraternelle amicale, Gaara décida Kankurô à sortir de la maison.


Ils s'étaient mis d'accord pour regarder un film après que Gaara aie arrosé les fleurs, mais il ne trouvait Gaara nulle part. Il était pourtant sûr d'avoir entendu quelqu'un entrer, mais il n'avait trouvé aucune trace de son ami. Fidèle à ses manières de paranoïaque, il avait rapidement inspecté le jardin. Des arrosoirs bides étaient appuyés contre la cabane à outil, comme d'habitude, et des gouttes d'eau séchaient sur leurs côtés dans la lumière du soir.

Il vérifia que la porte était fermée, même s'il semblait improbable que quelqu'un puisses menacer. L'anxiété inexplicable de Kankurô le rongeait, et il se demanda pourquoi il s'en souvenait justement maintenant.

« Gaara ? » appela-t-il quand il trouva sa chambre et celle du rouquin vides. Avec précaution, il toqua à la porte du placard avant d'entrer.

C'était vraiment lui, cette boule sous la couverture ? Naruto s'allongea à côté et ça trembla quand il l'enlaça.

« Pas d'humeur pour un film ?demanda-t-il l'air de rien, en essayant d'ignorer tous les signes significatifs que son cerveau avait enregistré.

_Peut-être pas ce soir, répondit Gaara, dont la tête émergea de la couverture.

_Est-ce que ça va ? » demanda Naruto, mais Gaara replongea sous les couvertures sans dire un mot.

« Qu'est-ce qu'il y a ? réessaya le blond en soulevant les couvertures pour pouvoir rejoindre le nid protecteur que son ami avait créé. C'est parce que ton frère n'est pas là ?

_Non.

_Alors qu'est-ce qu'il t'arrive tout à coup ? »

Mais Gaara se recroquevilla en une boule, le laissant seul avec ses questions. Ne sachant pas comment le pousser à s'ouvrir, Naruto enlaça son dos et se contenta se le tenir.

« Si tu te recroquevilles encore j'ai peur que tu disparaisse, dit tendrement le blond en caressant le bras du rouquin.

_J'aimerais que ce soit le cas, dit Gaara.

_Pourquoi ? » demanda Naruto qui essayait d'apercevoir son visage. Il commençait à faire pour sous la couverture, aussi il la repoussa juste assez pour découvrir leurs têtes.

Gaara se recroquevilla un peu plus. « Il est de retour.

_Qui ? »

Le rouquin se tendit et même quand Naruto caressa son ventre, il ne se détendit pas.

« L'homme de la maison d'à côté.

_Tu veux dire… cet homme ? répéta Naruto, celui qui t'a fait ce tatouage …? »

Un silence s'ensuivit et le rouquin ne parvenait pas à se détendre. « Je l'ai vu quand j'étais dans le jardin.

_Mais je croyais que tu m'avais dit qu'il avait déménagé, dit Naruto, confus.

_C'était le cas. Mais il n'a jamais vendu sa maison. C'était sa fille qui y habitait, ces dix dernières années, expliqua lentement Gaara tandis que son souffle s'accélérait.

« Tu es en sécurité ici, tu peux te calmer, » apaisa Naruto en l'attirant contre sa poitrine.

Gaara laissa échapper un couinement et se recroquevilla contre lui. Très tendrement il replaça les mèches rouges en embrassant le sommet de son crâne.

« Est-ce qu'il t'a vu ? demanda Naruto.

_Non. J'ai couru dès que je l'ai vu.

_Oh, Gaara… fit Naruto en le serrant un peu plus fort. Tu es en sécurité maintenant. »

Comme son compagnon ne dit rien, mais trembla nerveusement, un mauvais pressentiment se loger dans le creux de son ventre.

« Qu'est-ce qu'il y a chez lui qui te mets dans cet état ? »

Pour toute réponse, Gaara secoua la tête comme s'il essayait de nier quelque chose. Naruto ne savait pas si c'était à cause des pensées à l'intérieur de son crâne ou de leur conversation. La respiration de Gaara s'accélérait de nouveau et l'emprise qu'il avait sur le T-shirt de Naruto se resserra.

« Je ne veux pas le voir. Quand je le vois, je me souviens. Et je ne veux pas me souvenir. Je ne veux pas qu'il me rappelle toutes les choses avec lesquelles il m'a laissé, » chuchota Gaara, mais sa voix ressemblait plus à un feulement.

« Il t'a vraiment fait beaucoup de mal, dit le blond en bordant un peu plus le rouquin sous la couverture.

_Il avait un peu plus de quarante ans. J'en avais quinze, rappela seulement Gaara à travers ses dents serrées. Je lui ai fait confiance. Et en me protégeant de ma famille, il m'a donné une dette de gratitude que je ne pouvais pas rembourser. Alors je faisais ce qu'il me disais de faire, car c'était toujours mieux que ce que je devais endurer à la maison. Et au final, je me suis attaché à lui. C'était plus facile comme ça. Puis il est parti et on m'a replacé sous la coupe de mon père, et ce fut le retour de l'enfer. »

Naruto ne savait pas quoi dire. Que pouvait-on dire face à quelque chose d'aussi horriblement triste que ça ? Il caressait avec précaution les épaules du rouquin en dessinant de petits cercles, et il embrassa le sommet de son crâne.

Gaara semblait étrangement inerte, il ne répondait pas, comme s'il n'était pas là. Son visage figé ne laissait passer aucune émotion et ses mouvements étaient calmes et mathématiques. C'était comme si la panique qui l'avait habité s'était soudainement évaporée.

« Tu veux en parler ? Je serai toujours là pour t'écouter si tu as quelque chose sur le cœur, » chuchota Naruto.

Le regard vide que lui donna Gaara était terrifiant. Lentement, il secoua sa tête de gauche à droite pour dire « non ».

Le reste de la soirée, Gaara demeura bizarrement silencieux. Naruto conclut que ce devait être une réaction normale après le choc qu'il avait subi. Son esquive des fenêtres qui offraient une vue sur le jardin du voisin était aussi compréhensible, et avant de partir se coucher, Naruto vérifia deux fois que la porte était bien verrouillée.

Heureux de voir que son ami s'était calmé, malgré son silence sinistre, Naruto était certain que le rouquin se sentirait beaucoup mieux demain matin.


Une odeur forte et âcre réveilla Naruto qui toussa bruyamment. Instinctivement, il se retourna pour réveiller Gaara, mais il n'y avait personne à ses côtés. Toussaint de plus belle, il sortit de son lit et se précipita hors de la chambre en hurlante le nom de Gaara, certain que la maison était en train de brûler, comme Kankurô l'avait craint.

Après des recherches infructueuses il sortit dehors et l'odeur immonde se fit plus forte encore.

Des nuages de fumée sombres et épais s'élevaient du jardin et sans réfléchir il s'y rendit pieds nus en courant.

Soulagé de voir que son ami était vivant et allait bien, enfin sur le plan physique du moins, Naruto essaya de comprendre la scène. Un barrel rouillé était à l'origine cette fumée horrible, et probablement toxique. Les flammes se firent dangereusement hautes quand Gaara y jeta un nouveau costume en versant du liquide d'allumage.

« Tu te sens bien ? demanda calmement Naruto.

_Mieux que jamais, » répondit Gaara, dont la réponse avait tout sauf convaincu Naruto. Sur le sol gisait une pile de photos certaines encore encadrées, à côté d'un petit marteau et d'un t'as composé des vestes de costume de son père. Comme s'il accomplissait une tâche tout à fait ordinaire, Gaara éclata machinalement le verre d'un des cadres avant de les jeter au feu. Avant de brûler les costumes, il en fouillait les poches.

Une flasque métallique de poche brilla dans la lumière du soleil quand Gaara la sortit de sa cachette de longue date. Avec colère, il la serra dans son poing avant de la jeter au sol. Sans une once de nostalgie il la frappa de son marteau jusqu'à ce qu'il ne reste rien qu'un souvenir bosselé, puis la jeta au feu.

Les poings serrés contre ses flancs, le rouquin fixait des yeux le chaos fumant et donna un coup de pied dans le barrel, vaincu par la colère.

« Hé, fais gaffe, cria Naruto en retenant Gaara par les épaules, les yeux rivés sur le barrel chancelant qui par chance ne tomba pas. Tu ne trouves pas que ça suffit ? chercha-t-il à l'amadouer.

_Non. Il reste encore des vestes.

_Cette fumée est vraiment horrible. Je suis sûr que les voisins vont se plaindre si tu ne nettoies pas tout ça, » dit Naruto tandis que le rouquin se figea.

Au début il pensait que c'était à cause d'une chose qu'il avait dite, jusqu'à ce qu'il remarqué la présence d'un homme à l'air inquiet qui se tenait à cinq mètres d'eux. Son visage était à moitié couvert d'un voile blanc, un choix assez inhabituel selon Naruto, et il se demanda quelle sorte de marque de bronzage ça lui laissait.

« Est-ce que tout va bien, ici ? » demanda l'homme avec précaution, d'une voix amicale et inoffensive, tandis qu'il inspectait la source de cette fumée qui terrorisait tout le quartier.

« Tout est sous contrôle, « assura Naruto avec un sourire convaincant, tout en tenant le bras de son ami. Comme Gaara se tendit davantage, le blond ajouta : « Vous devriez sans doute partir. »

L'homme jeun œil aux environs, comme s'il n'avait pas du tout fait attention à ce qu'il lui avait dit. « Est-ce que ton frère est là ? »

La respiration de Gaara s'accéléra alors que l'homme, qui ne se méfiait de rien, s'approchait. Le voisin observa la pile de costumes qui n'avaient pas encore brûlés et les photos de familles avant de lancer un regard anxieux à Gaara. « Est-ce que tu te sens bien ? »

Naruto n'aurait pas pu anticiper la force avec laquelle Gaara se dégagea. Ni la vitesse avec laquelle le rouquin se saisit de l'allume-feu pour en projeter sur l'homme perplexe, qui était trop surpris pour éviter le barrel enflammé qui tombait vers lui et, malheureusement, ses vêtements prirent feu.

Au milieu des cris provenant du voisin horrifié, Naruto se rua sur les arrosoirs pleins que son ami devenu fou avait par chance amené ici un peu plus tôt – sans doute n'avait-il pas eut l'intention de brûler la maison, finalement. L'homme se roulait au sol, essayant sans succès de se débarrasser de ses vêtements. Sans perdre une seconde, Naruto toute versa l'eau sur lui jusqu'à ce que les flammes s'éteignent.

Pendant ce temps, Gaara avait heureusement saisit le second arrosoir et avait éteint le feu traître qui avait entamé l'herbe pour se diriger vers la maison.


Avec un nuage de négativité planant au-dessus de leur tête, Naruto et Gaara étaient assis à la table de la cuisine. Bien qu'ils aient aéré la maison, cette affreuse odeur de souvenirs brûlés imprégnait été les pièces.

« Est-ce qu'on devrait appeler ton frère ? demanda Naruto, inquiet.

_Ça non, dit Gaara avec un regard acéré.

_Il ne sera pas content quand il va rentrer, » affirma Naruto.

En guise de réponse, Gaara passa les mains sur son visage d'un air las. « Je suis désolé. »

_Tu avais beaucoup d'émotions enfouies. Elles auraient forcément faut surface à un moment ou à un autre, » dit Naruto d'un ton connaisseur. Accumuler des émotions cachées n'était pas sain. En faisant ça, tout ce qui était nié ne faisait que trouver un moyen de s'infiltrer à travers les couches épaisses sous lesquelles on l'avait enterré, comme une fleur mutante.

« Je ne dis pas que j'ai fait ce qu'il y avait de mieux à faire, mais je ne le regrette pas non plus, » dit Gaara, mais son ton légèrement hésitant et la façon dont il ne cessait de se frotter le front laissait penser à Naruto qu'il avait peut-être plus de remords qu'il ne le laissait croire.

« Tu penses qu'il va se passer quoi maintenant ? » se demanda Naruto à haute voix, le regard bleu sombre cherchant le visage du rouquin.

Gaara déglutit et sa nervosité grandit. « Kankurô va paniquer, et ça ne présage rien de bon. J'ai essayé de ne pas lui ajouter un poids supplémentaire sur les épaules, mais je n'ai réussi qu'à faire exactement ça. Il va peut-être essayer de m'envoyer vivre chez Témari, mais je sais que ce n'est qu'une menace creuse.

_Ton frère t'aime. Tu n'es pas un poids pour qui que ce soit, Gaara, » murmura le blond en saisissant sa main qui gisait sur la table. Gara serra brièvement la sienne en retour. « Ce qui t'es arrivé quand tu étais plus jeune n'était pas de ta faute. Ton frère le sait. Je suis sûr que tout ça va bien finir. »

Gaara n'en avait pas l'air sur.

« Je suis certain que Kankurô comprendra. On lui expliquera ce qu'il s'est passé et il comprendra. Pour ce qui est de notre voisin indésiré, on trouvera bien quoi faire, dit calmement Naruto.

Il faut croire que ses mots eurent l'effet escompté puisque la nervosité du rouquin finit par se dissiper.

« Naruto… Je ne sais pas ce que je ferais sans toi, confia timidement Gaara. Un large sourire s'étendit sur le visage hâlé.

_C'est pareil pour moi. »

Gaara répondit d'une petite mimique semblable à un sourire van que son expression ne s'assombrisse de nouveau.

« Je… je veux rester à tes côtés, pour toujours. Tu me stabilises, et je ne sais pas exactement comment tu fais ça, tu as juste ce genre d'effet sur moi. Je veux vivre avec toi, mais ça m'effraie de laisser mon frère derrière moi. Il sait lire mes humeurs. Et, peut-être que je m'inquiète un peu pour lui, aussi.

_Je comprends, dit Naruto. En plus de ça, il fait la meilleure cuisine du monde. Je ne sais pas vraiment comment cuisiner à part de l'eau. Et si on nous laissait à la merci de tes talents culinaires, on aurait du thé et des sandwichs pour l'éternité. »

Son humour sembla amuser le rouquin, qui soupira :Et je n'aime pas vraiment quitter la maison, alors devoir faire les courses et socialiser avec les autres est parfois un vrai challenge. »

C'était vrai et Naruto hocha la tête pour montrer son accord. « Vu que mes instincts protecteurs sont parfois, exagérés, nos virées pour faire des courses risquent de prendre beaucoup de temps, avant que je n'ai semé nos poursuivants de manière satisfaisante. »

Le rouquin lui jeta un regard entendu qui lui montra clairement qu'il n'avait rien oublié de leurs petites «opérations de diversion ». Grâce aux suspicions de Naruto, bien des routes de campagne leur étaient désormais familières.

« Juste imagine ce que ça donnerait si on vivait ensemble rien que tous les deux, dit Gaara à voix haute ce que Naruto était aussi en train de considérer. En plus, je n'ai pas de travail, et aucune ressource financière. Je ne ferai que t'épuiser financièrement, et peut-être même mentalement. »

Naruto soupira et saisit la main de Gaara. « Tu ne « m'épuiserais pas mentalement », comme tu dis. Au contraire, tu me fais me sentir mieux. Pour ce qui est de l'argent, je suis sûr qu'on arriverait à en trouver d'une manière ou d'une autre. Au moins on est là l'un pour l'autre, pas vrai ?

_Vrai. Mais je n'ai pas l'intention de rester sans emploi pour le restant de ma vie, dit Gaara avant de continuer, un peu hésitant. Je me disais que peut-être je pourrais faire des difficultés que j'ai surmontées un avantage. Je pense que je pourrais devenir éducateur. Il y a beaucoup d'ados troublés dehors qui ont besoin d'aide. Et Tenten m'a dit que j'aurais droit à une période d'essai là où elle travaille. Comme ça je pourrais voir si je suis fait pour travailler dans ce domaine. Si c'est le cas, par contre, il faudra que je retourne à l'école, pour recevoir une formation adéquate. »

D'entendre Gaara prononcer autant de phrases à la suite était nouveau, mais ça ne faisait que souligner l'exceptionnalité de le voir parler d'un avenir plein d'espoir. Ça fit sourire Naruto.

"Ça a l'air génial, Gaara. Tu peux être certain que je serai toujours à tes côtés pour te soutenir, à chaque fois que tu en auras besoin.

_Merci, dit le rouquin tout bas avec un soupçon d'embarras. Mais ne nous précipitons pas. Il n'y a encore rien de certain.

_Ce qui est le plus important, c'est que tu puisses t'imaginer un futur, répondit Naruto en serrant la main de Gaara. Et jusqu'à ce qu'on ait un jour une maison à nous, espérons que ton frère voudras bien vivre avec nous. »

Gaara acquiesça. « Oui. Espérons que Kankurô pourra nous tolérer jusque-là. »


« Gaara ? Naruto ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ici ? »

La voix inquiète de Kankurô les appelait depuis le rez-de-chaussée, accompagné d'un bruit sourd quant à la hâte il laissa tomber son lourd sac sur le sol.

Les coupables descendirent lentement les escaliers, honteux. Le barrel rouillé empestait et la pile de vestes dans le jardin, accompagnés de deux arrosoirs jetés au hasard sur la pelouse, n'étaient sûrement pas une vue ordinaire.

Et puis il y avait ces petites zones d'herbes brûlées, là où le feu avait pris avant d'être éteint.

« Gaara ? interrogea Kankurô d'une voix terriblement anxieuse. Tu m'expliques ? »

Dans le dos du rouquin, Naruto grimaça et tout son visage se figea. Il était impossible de tourner ça de manière positive, n'est-ce pas ?

_J'ai commencé à me débarrasser des vestes de costume de papa, comme on avait dit plus tôt, » commença Gaara.

Bien. Ca semblait normal, absolument rien de fou. L'inquiétude sur le visage de Kankurô s'estompa momentanément.

« D'accord. Et l'herbe brûlée ? Il s'est passé quelque chose ? » Maintenant son inquiétude revenait à chaque seconde de silence qui s'écoulait.

La grimace de Naruto se figea sur son visage quand Gaara releva la tête pour regarder son frère. « Le feu s'est échappé du barrel. »

Non. Non, non. Ca n'avait pas l'air bon du tout, et dans sa tête Naruto hurlait déjà quand le creux entre les sourcils de Kankurô se renforça.

« P-Pardon ? demanda le brun. Mais je ne t'avais pas dit de faire attention ? Tu as essayé de faire cramer la maison ou quoi ? » Kankurô donnait l'impression de plaisanter, mais la sueur qui perlait sur sa tempe disait tout autre chose.

Naruto était sur le point de fabriquer une explication pour les sauver mais Gaara parla plus vite. « Je n'ai pas essayé de brûler la maison. J'essayais de brûler le voisin. »

La mâchoire de Kankurô se décrocha sous le choc. « B-Bru-Bru- Brûler le voisin …? »

Naruto n'avait jamais vu le brun aussi paniqué. On aurait dit qu'il était sur le point de s'évanouir.

« Naruto a réussi à éteindre le feu qui avait pris sur ses vêtements. Il n'est pas mort ou quoi, » dit calmement Gaara.

Une. Deux. Trois secondes de silence total tandis que Kankurô enregistrait cette information. Le coin de sa bouche tiqua et une grimace saisit son visage entier. Il ouvrit la bouche à plusieurs reprises mais aucun son n'en sortait.

« On est désolés, » Naruto se dépêcha innocemment d'ajouter, et au moment où ces yeux onyx se posèrent sur lui, il réalisa son erreur.

« Personne ne voulait de mal à qui que ce soit ! » s'exclama le blond en panique, en agitant ses mains dans les airs de manière conciliatoire.

« Ce n'est pas vrai, interrompit calmement Gaara, comme si aucune émotion ne l'habitait à ce moment précis, j'avais l'intention de le faire souffrir. »

Si possible, l'inquiétude sur le visage de Kankurô se multiplia par dix et il attira son frère cadet dans une étreinte puissante. Ses yeux étaient bel et bien humides, et il les serra fort, laissant les larmes couler sur ses joues. Naruto assista à la scène avec un malaise grandissant. Il était alors beaucoup plus inquiet de l'absence d'émotion chez Gaara que de la crainte qu'il y ait une limite à la patience de Kankurô à leur égard.


Pendant le dîner, les doigts de Kankurô tambourinaient sur la table en un rythme anxieux. Ses ongles étaient comme des dents de scies et ses yeux abritaient un regard vide.

« Il va porter plainte contre nous, pas vrai ? »

Gaara n'avait pas l'air inquiet du tout, et comparé à son frère il semblait aussi calme qu'un ciel d'été.

« Je ne pense pas qu'il va le faire ».

L'attention de Kankurô se tourna brusquement vers son petit frère et le tambourinement de ses doigts cessa. « Comment tu peux savoir ? Il va nous ruiner et nous mettre à la rue ! »

Même après cet argument, Gaara n'avait pas l'air concerné. Calmement, il prit une gorgée de son thé à la menthe et continua à lire le journal.

"Il a pas les couilles de nous faire un procès."

Kankurô fixa son petit frère d'un air étrange, comme s'il essayait de lire son humeur au travers des lignes. Le brun avait l'air grave et hanté à nouveau, et au fond de ses yeux il y avait un soupçon de tristesse sincère.

Naruto voulait les réconforter tous les deux, mais il ne savait pas quoi dire. Il avait l'impression qu'il se passait quelque chose, mais demander de quoi il s'agissait serait l'équivalent de jeter une allumette dans une marre de gazole.

"On devrait peut-être aller s'excuser auprès de lui ? »

La suggestion de Naruto rencontra un silence lugubre alors que deux paires d'yeux surpris se posèrent sur lui, incrédules. Gaara fut le premier à plisser les yeux et à figer un visage de pierre.

« Non. Personne ne va là-bas ».

Le déni absolu du rouquin sembla calmer le brun, étrangement. Naruto avait presque parié qu'il y aurait un raisonnement mature – ou au moins des marmonnements paniqués – de la part de Kankurô, mais au contraire l'homme demeurait silencieux. Il se rognait de nouveau les ongles nerveusement.

Ding dong.

« Q-Qui ça peut être ? » pâli Kankurô en entendant la sonnette. Il se recula dans sa chaise. « Vous attendiez quelqu'un, les gars ? »

Gaara ignora le désespoir de son frère. « Tu veux que j'aille voir qui c'est ? »

Son expression était fixe et vide. Une fois de plus, c'était comme s'il n'y avait personne en lui. Kankurô regarda son petit frère avec inquiétude.

"Je vais ouvrir," répondit le brun alors que son regard inquisiteur s'attardait sur le rouquin. Avec des mouvements saccadés, il atteignit la porte.

Après quelques secondes il revint dans la cuisine, encore plus pâle que d'habitude. « Naruto, c'est pour toi.

_Hein ? Naruto avait l'air surprise. Qui ça peut être ? »

Là, sur le porche, était assise son amie aux cheveux roses, l'air tristement calme. La façon dont sa tête penchait lui donnait l'air plus triste encore.

« Salut, dit doucement Naruto en s'asseyant à côté d'elle. Je ne m'attendais pas à te voir ici. » Sakura continua de fixer les failles sur le plancher. Dans le jardin, la SUV de ses parents étaient garée bien proprement. C'était rare de la voir prendre leur voiture, vu qu'elle et Sasuke voyageait toujours dans la leur.

« Je l'ai quitté. »

Naruto répéta ses mots deux fois dans sa tête juste pour être certain qu'il l'avait bien entendue.

« V-Vraiment ? » demanda-t-il bêtement. Pour aussi longtemps qu'il se souvienne, son attachement à Sasuke avait survécu à plus d'obstacles que quiconque aurait parié. « Je ne m'y attendais pas. »

Sakura lui jeta un bref coup d'œil avec le plus triste des regards. « Je sais. Et je suis désolée de ce qu'il s'est passé au cottage. Sasuke a vraiment agi de manière horrible."

Naruto soupira. "Oui, c'est vrai. Mais tu connais sa famille.

_M'en parle pas, marmonna Sakura. »

D'aussi loin qu'il se souvenait, le seul but de la famille Uchiha se résumait à l'existence d'Itachi. L'adoration aveugle de M. et Mme Uchiha envers leur aîné n'était jamais remise en cause – une leçon que Naruto avait vite appris. Réaliser que leur idole était corrompue était quelque chose d'incompréhensible, et au lieu de voir la vraie couleur d'Itachi, la famille avait fermé les yeux et trouvé un autre coupable. Naruto ne le savait que trop bien. Il n'aurait simplement pas cru que Sasuke croirait si facilement sa famille et se servirait de lui comme d'un bouc émissaire. Mais apparemment il s'était trompé.

« J'ai passé la nuit dernière chez mes parents. Je vais rester là-bas jusqu'à trouver quelque chose pour moi, » expliqua Sakura de manière factuelle.

De ce qu'il savait, il semblait que le pire de la tempête émotionnelle était passé. Pas qu'il s'en souciait particulièrement, mais il ne pouvait s'empêcher de se demander comment Sasuke l'avait pris.

« Comment va Sasuke ? » s'entendit demander Naruto.

Sakura le regarda sèchement. « Il l'a pris mieux que je le pensais. Mais quand même, il refuse de voir ses fautes et à la place il a préféré me blâmer de l'avoir trahi. Kiba est avec lui en ce moment, pour l'aider à faire le deuil.

_Oh, dit seulement Naruto en frissonnant soudainement.

_Naruto, reprit-elle avec cette fois un air inquiet plaqué sur son visage, j'ai entendu ce qu'il s'est passé avec Kiba. Je suis tellement désolée. Je voulais vous rejoindre mais à la dernière minute Sasune m'a fait une énième crise de jalousie et m'a demandé de ne pas y aller. J'ai été stupide et je lui ai obéit. »

Naruto se demanda quel aspect de la vérité Kiba avait vraiment mis en avant. Mais tout ce qui comptait était que maintenant la sympathie de Sakura était de son côté. Peut-être avait-elle lu entre les lignes et avait vu le réel état des choses.

« Ne t'en fais pas pour ça, Sakura, » dit-il seulement, ne voulant pas aborder ce sujet maintenant. Il avait assez de problèmes comme ça, et là il voulait juste réconforter son amie, qui venait de rompre.

« Est-ce que ça va ? » demanda-t-il et instinctivement il se rapprocha d'elle. Automatiquement, elle s'éloigna et quand il le remarqua, quelque chose qui ressemblait à de la honte le submergea et il se décala plus loin.

« Ça va aller. On savait que ça allait arriver, dit Sakura en s'essuyant les yeux là où une humidité subtile s'était accumulée.

« Je suis désolé pour toi, compatit Naruto. Si tu veux parler, je t'écouterai. »

Tandis qu'un coup de vent parcouru le porche, elle frissonna et son parfum parvint ai nez de Naruto.

« Tu veux entrer ? Je peux te faire du thé, ou ce que tu veux. »

Elle le regarda avec sympathie. « Merci mais je dois y aller. Tenten vient dans une heure et il faut que je fasse des courses avant. »

Il comprit ce que ça voulait dire. Son réconfort maladroit n'était pas nécessaire, et quelqu'un se plus compétent que lui avait déjà été appelé pour lui venir en aide. Ce n'était rien. Il n'était pas envieux, du tout.

« Si tu veux, j'adorerais aller marcher avec toi demain » dit Sakura en remarquant son humeur.

Naruto se redressa instantanément. « D'accord ! »


Parler avec Sakura l'avait laissé désorienté.

Au lieu de rentrer, il se retrouva à errer dans le jardin. Les buissons épais le cachèrent vite alors qu'il s'aventurait plus loin dans la création fantastique d'un jardinier aux cheveux rouges.

Il croyait être seul, aussi il s'arrêta pour admirer ces petites fleurs violettes au bord de leur jardin. Gaara avait toujours la patience de lui répéter les noms de ses amis plantes, mais peu importe le nombre de fois qu'il entendait le nom de ces gars-là, il ne parvenait jamais à s'en souvenir.

« Bonsoir. »

Naruto sursauta, tiré hors de ses pensées, pour faire face à l'homme à l'air prudent qui se tenait de l'autre côté de la clôture. C'était le même homme que la dernière fois, qui avait encore ce style bizarre de couvrir la moitié de son visage d'un tissu blanc.

« Euh, salut », répondit Naruto, mal à l'aise.

En voyant les marques, qui avaient l'air sérieuses, sur les mains de l'homme, il se sentit obligé de s'excuser.

« Je suis désolé. »

L'homme s'inclina légèrement vers lui. « Ne vous en faites pas. Ce n'était pas votre faute. »

C'était vrai. Cependant, ça ne mettait pas Naruto plus à l'aise. Peut-être qu'il devrait y aller, vu que ses capacités oratoires s'était bizarrement évaporées de nouveau. Il jeta un œil par-dessus son épaule à la fenêtre de l'étage mais il ne vit personne.

« Vous êtes son ami, n'est-ce pas ? demanda gentiment l'homme.

_Oui, admit Naruto.

_C'est bon à entendre. Il n'avait pas d'ami auparavant, » dit calmement l'homme.

Naruto évalua à quel point il pouvait lui faire confiance, et ses éventuels motifs. Vu comment il se tenait, avec une posture parfaite, son regard posé avec tout sauf de la nervosité sur son environnement, il ne cherchait probablement pas à lui faire du tort. Ce serait exagéré de dire qu'il irradiait comme une personne digne de confiance, mais il ne donnait pas non plus l'impression de mentir.

« Qu'est-ce que vous voulez dire par « auparavant » ? demanda Naruto en traçant nonchalamment de son doigt le bord d'une feuille qui provenait d'un buisson proche.

_Tu sais peut-être déjà que j'ai vécu ici il y a une dizaine d'années, et que Gaara a vécu avec moi pendant quelques années, » expliqua l'homme. La douleur que l'on sentait dans sa voix fut tout de suite perçue par Naruto.

Pendant des années, hein ?

« Il l'a mentionné, haussa Naruto des épaules en regardant le ciel.

_Il avait de sérieux problèmes à la maison et il avait du mal à socialiser avec ses pairs. Je l'ai emmené chez un psychologue en espérant effacer les dommages que son environnement lui avait causé. Tout semblait aller pour le mieux, jusqu'à… Ah, c'était des temps difficile, à l'époque. En tout cas, je suis désolé de voir qu'il n'a pas surmonté ses problèmes, même encore aujourd'hui, dit l'homme en baissant le regard, comme s'il était vraiment triste.

_Q-Que s'est-il passé ? demanda Naruto, incapable de cacher plus longtemps la curiosité dans sa voix.

L'homme l'évalua en silence, son seul œil visible demeurait sur Naruto avant qu'il ne visite rapidement la fenêtre à l'étage.

« Il commence à se faire tard. Peut-être qu'on devrait continuer notre petite discussion un autre jour, » répondit l'homme poliment qui s'inclina légèrement avant de s'en retourner chez lui.

La conversation avait laissé un froid sur la peau de Naruto, qui frissonna. Il jeta un œil par-dessus son épaule vers la fenêtre à la lumière éteinte, encore une fois, mais il n'y avait personne.


Quelques jours plus tard, Naruto ramassait le courrier dans la boîte aux lettres en rentrant du travail. Paresseusement, il regarda les différentes enveloppes pour voir s'il y avait quelque chose pour lui, quand un nom étrange attira son attention.

Il y avait une lettre dédiée à quelqu'un nommé Baki. Naruto regarda l'adresse. C'était celle de la maison d'à côté.

Avec diligence, il se fit un chemin jusque-là, avec l'intention de déposer l'enveloppe inconnue dans la bonne boîte aux lettres en silence. Mais il voyait la lumière allumée par la fenêtre. Il y avait donc quelqu'un à l'intérieur. Naruto jeta un œil dans le jardin, avant de faire son chemin sur le porche du voisin avec hésitation.

Cinq secondes plus tard l'homme ouvrit la porte après avoir entendu la sonnette.

« Salut… Baki, salua Naruto en lui tendant la lettre. Elle est arrivée chez nous par accident.

_Je m'appelle Naruto, dit-il par courtoisie.

_C'est bon de vous rencontrer enfin. Vous voulez entrer ? » demanda Baki naturellement en ouvrant la lettre.

« Eh bien… » Naruto regarda aux alentours mais ne vit personne dans son jardin. Il savait qu'il n'aurait pas dû venir pour commencer, mais quelque chose l'avait poussé à franchir la limite. Il ne pensait pas que Gaara ou Kankurô étaient à la maison en ce moment, donc sa petite visite resterait probablement secrète.

« Je crois que notre conversation a été interrompue la dernière fois, » rappela l'homme qui scannait rapidement le contenu de la lettre. Puis il la jeta sur une table un peu plus loin.

Oui, leur précédente conversation avait effectivement quelques éléments qui intriguaient Naruto. Gaara était toujours si réservé quant à son passé, et par courtoisie il osait rarement le questionner à ce sujet. A cause de cela, ce n'était vraiment pas à lui d'essayer d'en savoir plus, seul. Et il n'était pas là pour déterrer des secrets. Ce qu'il voulait, c'était trouver de quoi faire partir ce voisin indésirable.

« D'accord » accepta finalement Naruto et laissa l'autre le mener à sa cuisine.

Tandis que l'homme se chargeait de faire du café, Naruto jeta un œil à son environnement. Des saintpaulias roses fleurissaient sur le rebord de la fenêtre. Drôle de choix pour un homme de cinquante ans.

Bientôt, une élégante tasse de café fumant lui fut servie. L'homme s'assit face à lui, pressant mécaniquement ses doigts dans la terre du pot pour déterminer le besoin d'eau de la plante.

« Tu as l'air d'être un bon ami de Gaara, » commença Baki sur le ton de la conversation.

Naruto toussa et reposa sa tasse. Il jeta un regard timide vers l'autre, essayant de voir s'il pouvait lui faire confiance. Mais son air gentil lui fit baisser sa garde.

« Ouais. »

Baki lui sourit chaudement et regarda par la fenêtre. « Je suis heureux qu'il ait quelqu'un comme toi près de lui. Tu as l'air d'être un bon gars, Naruto. »

Le blond traça de son doigt le rebord de sa tasse. Ce n'était peut-être que le café, mais il avait chaud et il était nerveux. Il regarda alentour, se demandant si ces meubles faisaient encore écho dans la mémoire de Gaara, si le rouquins s'était assis sur cette chaise et avait vu ce qu'il voyait maintenant. Naruto contempla l'idée qu'il était en fait un voyageur temporel, renvoyé dans le passé depuis le futur pour écarter Baki, pour que le Gaara du futur n'aie pas à faire face à autant de souffrance qu'il le ferait fait si le cours des événements ne changeait pas.

Rien que par ça, un lourd fardeau chargea les épaules de Naruto., et il se courba sous le poids de ses responsabilités.

L'homme attendit qu'il réponde mais comme ça ne venait pas, il recommença calmement à parler.

« Ça fait déjà longtemps que tu vis ici ? demanda Baki.

_Quelques mois, » répondit Naruto. Maintenant il devrait dire à cet homme le motif de sa visite, et arrêter de perdre leur temps à tous les deux. Il ouvrit la bouche à plusieurs reprises mais rien n'en sortit. Peut-être qu'il y avait quelque chose entre ces murs qui absorbait toute son énergie. Peut-être que l'enveloppe était un piège destiné à l'attirer ici afin de le priver de ses pouvoirs.

« Je suis heureux de voir que tu t'entends bien avec Gaara. Il a beaucoup grandi, tout comme Kankurô d'ailleurs, remarqua Baki, avant de continuer d'un ton plus sombre. Tu dois te demander pourquoi il m'a attaqué comme ça.

« Eh bien… dit Naruto, mal à l'aise, en tripotant la nappe. Gaara m'a dit quelques trucs. Et à partir de ça, je crois qu'il a ses raisons, même si je ne pense pas que ce qu'il ait fait était bien.

_Ne t'en fais pas, comprit calmement Baki. Je suppose que ça devait arriver un jour où l'autre. La seule chose qui me chagrine c'est qu'il souffre encore autant. »

Naruto acquiesça, pas sûr de savoir quoi répondre. Peut-être que c'était là le moment de remarquer qu'il n'était pas vraiment un voisin bienvenue. Il fixa le mur derrière Baki et une vieille photo délavée le fixa en retour. Une photo d'un homme qui ressemblait beaucoup au Gaara qu'il connaissait, mais en plus vieux. Etait-ce le Gaara du futur, qui le regardait procéder ? Il ne voyait pas très bien à cette distance, mais ces yeux cerclés de noirs semblaient hantés et vides. Il reconnaitrait ce regard n'importe où, mais il y avait quelque chose de différent dans ses traits.

Maintenant, Naruto ne pouvait plus exclure la possibilité que cette maison soit ensorcelée, d'une manière ou d'une autre.

Baki but une gorgée de son café avant de reposer la tasse d'un mouvement stable.

« Je crois que c'était des vestes de son père qu'il disposait, observa Baki et de nouveau, le blond acquiesça pour confirmer. Quand j'ai entendu que Rasa nous avait quitté, j'ai espéré que ses enfants bénéficieraient d'une vie meilleure.

_Ils ne mentionnent pas vraiment leur père décédé, » dit seulement Naruto en prenant une gorgée.

Baki désigna de son pouce la photo accrochée dans son dos, le portrait de l'homme à l'air hanté.

« Rasa était mon ami depuis l'enfance. On est allé à l'armée ensemble. C'était le bon temps, mais je voyais qu'il n'allait pas bien. J'ai essayé de l'aider du mieux que j'ai pu, mais malgré mes efforts, sa vie semblait aller dans une direction malsaine, » dit Baki avec un air lointain.

Naruto jeta un œil à la photo. Un frisson le parcouru. Le père de Gaara et Kankurô était un homme dont on discutait peu, et d'entendre autant d'informations à son sujet l'intriguait. Cependant, il n'était pas là pour espionner mais pour livrer un message.

« Ils ne se sont pas beaucoup ouverts au sujet de leur père. De ce que je sais, c'est un sujet sensible pour eux, et je ne pense pas qu'ils apprécieraient que vous m'en parliez, » dit poliment Naruto, qui espérait que ses mots mettrait une barrière naturelle à cette conversation, ce qui du coup lui permettrait de mettre son plan original en action.

Baki agita la main pour évacuer le sujet, ce à quoi Naruto ne s'attendait pas.

« Ne t'en fais pas pour ça. Je pense qu'il faut que tu saches. C'est trop douloureux pour qu'un des deux t'en parlent, mais si tu es au courant de certaines choses, ce sera plus facile pour toi de les comprendre. »

Les épaules de Naruto s'affaissèrent un peu en signe de défaite. Bien qu'il soit mal à l'aise, il ne pouvait empêcher cette étincelle de curiosité qui le chatouillait juste sous la peau.

« Rasa vient d'une long lignée de fondamentalistes, et ses parents voulaient qu'il devienne prêtre. Ce n'était qu'un autre placard dans lequel ses parents voulaient le faire entrer, et étrangement Rasa les a laissés faire. Après l'armée on s'est tous les deux mariés, Rasa à sa belle Karura, moi à une femme que j'ai rencontrée à l'université. On s'est installés ici et nos enfants ont grandi ensemble. C'était un temps merveilleux, jusqu'à ce que Karura ne meure, dit Baki en prenant une gorgée de sa boisson chaude. Naruto acquiesça avant de l'imiter.

Sa femme partie, Rasa était perdu. Prendre soin de ses trois enfants en étant seul était épuisant et j'ai essayé de l'aider du mieux possible. C'est à cette période que ma femme m'a quitté en emmenant notre fille unique avec elle. J'étais seul et dévasté pourtant chaque fois que je voyais Rasa j'ai ais l'impression que ma vie avait un sens, » continua-t-il dans son monologue.

Le soleil brillait plus fort maintenant comme si quelqu'un les écoutait du paradis.

« Mais Rasa était fier et renfermé, il rejeta mon aide plus d'une fois. Quelque part, Gaaea était très similaire à son père étant jeune. Gara a lui aussi souffert des travers de sa famille et était supposé correspondre à des attentes pour remplir un rôle particulier. J'avais peur que Gaara ne devienne un jour amer comme lui, alors j'ai essayé d'intervenir. Dans ses bons jours, Rasa était un père formidable, mais il avait tendance à évacuer ses problèmes de la mauvaise façon, dit Baki.

_On m'a dit qu'il avait des problèmes avec l'alcool, confia Naruto qui jeta de nouveau un œil à la photographie glaçante.

_C'était le cas, oui. Il avait ses raisons, et je le comprends, en partie. Mais la façon dont il traitait sa famille n'était pas correcte, et particulièrement Gaara. Ça m'attristait plus que tout de voir Gaara dépérir dans la prison mentale qu'était leur maison. »

Naruto observa les fleurs de nouveau et la texture veloutée de leurs étranges feuilles vertes lui rappelaient la rencontre tout aussi étrange qu'il avait eu avec Baki au bord de leur jardin quelques jours plus tôt. « Qu'est-ce que vous vouliez dire tout à l'heure, quand vous disiez que les choses commençaient à s'arranger pour Gaara, jusqu'à ce qu'il se passe quelque chose ?

_Ah, ça, » soupira l'homme ee passant la main sur le visage comme si le souvenir seul lui faisait mal.

« A cette époque, Gaara avait fait de gros progrès avec son psychologue. Même son père se faisait à l'idée qu'il vivait avec moi. Il ne voyait plus l'absence de son fils sous son toit comme le symbole de son échec en tant que père, mais comme un signe qu'un peu d'aide extérieure faisait une bonne différence. Tout semblait aller pour le mieux, comme un bon présage que nous attendions tous, » dit Baki qui releva les yeux vers le ciel avec un soupir content. Puis son humeur s'assombrit de nouveau.

"Jusqu'à ce qu'une nuit, Rasa nous as vu nous embrasser par la fenêtre. Après ça, tout est devenu très compliqué, dit Baki. Rasa est venu me menacer avec un fusil mais contrairement à d'habitude, il était sobre. Quand il a pointé le fusil sur moi, il était livide. Il m'a dit de rester loin de son fils mais je savais que Gaara n'irait pas mieux sous sa garde non plus. »

Naruto se sentait déjà malade.

"J'ai essayé de le raisonner, mais comme j'aurais dû le savoir ça n'a pas marché. En ce temps-là je jonglai entre deux boulots et j'étais sur le point de déménager. J'avais prévu d'emmener Gaara avec moi, tandis que ma fille, maintenant adulte, habiterait dans cette maison. Mais comme tu l'as deviné, ça ne s'est pas passé comme prévu.

_Comment ça ?

_Rasa m'a prévenu que si j'emmenais son fils avec moi, quelque chose de mal arriverait à ma fille, répondit Baki. Il me voulait derrière les barreaux mais je lui ai dit que je le signalerai auprès des services sociaux s'il essayait de me faire un procès. Il savait que ses enfants lui seraient retirés, alors il a calmement abandonné toute menace. Bordel, j'aurais dû le signaler de toute façon. Et je méritais d'être jugé, aussi, même si à l'époque j'étais trop lâche pour l'admettre. »

Naruto baissa les yeux sur sa tasse, retraçant gentiment le bord du bout des doigts juste pour rester connecter à la réalité.

« C'était juste un père qui aimait ses enfants, d'une manière compliquée. Et j'aimais ma fille. C'est pour ça que j'ai dû laisser Gaara derrière moi et le renvoyer chez l'homme avec qui il ne s'entendait pas. Je crois qu'il me hait aussi pour ça, même encore aujourd'hui. » Baki avait l'air plus vieux et découragé qu'auparavant.

Une vague d'amertume submerge Naruto. L'image d'un Gaara sous le choc, tremblant dans ses bras, lui revint à l'esprit et il se souvint à quel point l'"intervention" de cet homme avait marqué son précieux ami. Il était sur le point de se lever, et de livrer son message ici et maintenant, mais l'air autour de lui était lourd et le retenait contre sa chaise. Il ouvrit la bouche à plusieurs reprises, mais l'air épais envahit ses poumons, remplissant sa gorge et emportant avec lui les mots qui avait été pressés juste contre sa langue.

Mais la cible de son hostilité cachée ne sembla rien remarquer. L'expression sur le visage de Baki se fit blessée, et il secoua la tête comme si un crime commis il y a longtemps pesait sur ses épaules.

« Je voulais juste l'aider. Mais je me suis perdu en chemin.

_Comment avez-vous pu ? » Naruto trouva enfin sa voix. Sa gorge était sèche et le soleil de tout à l'heure avait déclin. Il se sentait malade et la mer au sein de son ventre état agitée. De l'orage grondait derrière les images de Gaara renversant d'un coup de pied le barrel en flamme vers son malfaiteur. Ce n'était pas la bonne chose à faire, mais il voyait maintenant pourquoi Gaara avait agi comme cela.

Baki se fit silencieux. Il tambourinait nerveusement ses doigts contre sa tasse jusqu'à ce qu'il se calme et soupirer. « Gaara était curieux de découvrir ce genre de choses. Il n'avait personne pour répondre à ses questions, et j'avais peur qu'on ne profite de lui à un moment ou à un autre.

_Donc vous avez fini par profiter de lui.

_Je sais. Et je me méprise pour ça, chuchota Baki. L'homme semblait désemparé et ses yeux étaient visiblement humides.

"Je n'ai jamais voulu aller aussi loin. Je voulais juste le protéger. Dans son adolescence, Gaara était très semblable à comment était son père. Il avait le même tempérament, et la même prévenance l'habitait. Même certains de ses gestes étaient des copies de Rasa. Et je sais que je n'aurais pas dû… mais je ne cessais de voir Rasa chaque fois que je regardais Gaara, et j'ai perdu le sens de la réalité.

J'ai juste… J'ai vraiment a-aimé Gaara, exactement comme j'ai aimé son père, et j'espère juste qu'un jour il sera capable de surmonter ses problèmes et de mener une vie pleine d'amour et de stabilité. Je sais que Gaara me méprise encore, et je sais que je le mérite. Je suis prêt à passer le reste de ma vie sans recevoir son pardon. J'aurais juste voulu pouvoir lui dire à quel point je regrette ce qu'il s'est passé, mais je crains qu'il ne veuille pas l'entendre. Il faut que tu me crois, Naruto, quand je dis que je ne voulais honnêtement que le meilleur pour lui, dit Baki en s'essuyant les yeux.

_Si vous voulez ce qu'il y a de mieux pour lui, je vous suggère de vous trouver une autre adresse, loin d'ici, » parvint enfin à dire Naruto en se concentrant sur chaque mot. Il n'avait pas besoin de laisser la colère envahir son ton, car peu importe à quel point ses émotions étaient justifiées, il n'était pas ici pour se faire un ennemi.

Baki ne répondit pas à sa suggestion, mais son œil unique ne pleurait plus. Ses doigts tremblaient légèrement mais quand Baki serra ses mains en poings, le mouvement cessa. Naruto releva les yeux vers le visage à moitié voilé et soudainement l'homme ne semblait plus aussi fragile. L'air était de nouveau lourd comme du plomb. Le regard de l'œil unique de Baki était collé à Naruto et semblait plus perçant que jamais, et derrière la fenêtre le soleil s'était caché derrière un nuage épais. De grosses gouttes de pluies s'écrasaient sur la fenêtre et la pièce s'assombrit.

Naruto aurait pu jurer que l'expression muette sur la photo s'était muée en quelque chose de plus menaçant durant cet échange, et quand ses yeux alertes revinrent sur Baki, l'homme semblait fouiller son âme. Naruto plissa les yeux pour se défendre. Il ne serait pas surprise d'apprendre qu'un œil qui voit tout, une caméra futuriste ou un truc du genre, se cachait derrière ce voile qui dissimulait la moitié de son visage. Peut-être que cet appareil enregistrait ses pensées même maintenant. Les coins de la bouche de Naruto tremblèrent alors qu'une puissante énergie grondait dans ses organes internes. Il continuait de fixer l'homme, et son œil supposément robotique, et lui envoyait des pensées qui le redirigerait loin de leur paisible voisinage. Vu comment l'homme l'étudiait calmement, il devait recevoir son message muet.

La mélodie joyeuse de la sonnette interrompit les pensées paranoïaques de Naruto.

« Excuse-moi », s'excusa Baki en partant ouvrir. Naruto se pencha sur sa chaise pour mieux entendre ce qu'il se disait.

"Gaara ? l'homme était surpris.

_Naruto est ici ?

_Oh, oui, il est là. On prenait un café. Tu voudrais nous rejoindre ? »

Naruto pouvait presque ressentir la tension d'ici. Il se leva et se dépêcha de venir à la porte, pour voir Gaara debout sur le seuil avec une expression dangereuse. Il n'avait pas l'air d'aller bien du tout.

« Je suis venu le chercher. On s'en va, tout de suite." On aurait dit un ordre horriblement confiant.

« D'accord, accepta calmement l'homme. Mais laisse-moi te dire que tu as un très bon ami.

_G-Gaara, » dit Naruto, et l'attention du rouquin dévia sur lui en un instant. Les yeux de jades semblaient vides, mais n'y avait-il pas quelque chose qui bouillait juste sous la surface ?

Tout en se grattant rapidement l'oreille, Gaara dit, « Viens. On s'en va. Maintenant.

_Ok," répondit instantanément le blond, qui comprit le message cache derrière ce geste de leur langage secret. Avec un dernier regard à leur voisin indésirable, il suivit son ami sur le porche.

« Naruto, appela Baki dans leur dos, merci. C'était bon de discuter avec toi. Tu peux me rendre visite quand tu veux. »

Avant qu'il ne puisse répondre, Gaara prit sa main et les guida à travers le jardin jusqu'à leur maison.

« Comment as-tu su que j'étais là-bas ? demanda Naruto, un peu essoufflé à cause de leur allure précipitée.

_Je t'ai vu depuis la fenêtre, à l'étage. J'avais l'intention devenir plus tôt, mais rien qu'à l'idée que j'aurais à le voir, j'ai juste… Gaara ne finit pas et son emprise sur la main de Naruto s'affermit.

_Je suis désolé, » s'excusa le blond. Un poids lourd lui retomba sur les épaules. Il n'avait aucune idée d'à quel point ça avait été dur pour Gaara de faire ces pas redoutés, et comment il avait dû se forcer à aller là-bas. Mais même alors, Gaara avait vaincu son anxiété pour venir à son « secours ».

Ce fut seulement quand ils furent à l'abri derrière la porte verrouillée de leur maison que Gaara lâcha sa main. Kankurô entra dans leur champ de vision, et il semblait pâle de nouveau.

« Qu'est-ce qu'il se passe ?

_Je rendais juste visite –

_A la boîte aux lettres, » l'interrompit Gaara en lançant un regard menaçant à son frère. Kankurô sembla comprendre, mais son regard inquiet s'attardait sur son petit frère.

Naruto voulait expliquer mais Gaara le menait déjà à l'étage.

Dans le placard, Naruto rampa dans le petit fort qu'ils avaient construit lors d'une tempête avec de l'orage. Leur petit cocon était constitué de plusieurs couvertures tendues par des chaises et des manches à balai. C'était comme une tente réconfortante faite à partir de matériaux épais. Maintenant que toutes les lourdes vestes de costumes n'étaient plus là, il y avait de la place pour tout ça.

Gaara rampa à côté de lui et enveloppa une couverture de rechange autour de Naruto, comme on emmaillotait un bambin en lui disant qu'il n'y avait pas de monstre sous son lit. Bien que ce soit la fin de l'été et que l'air était encore chaud, Naruto n'eut pas le cœur de refuse et à la place il sua dans ses vêtements.

« Ne retourne plus jamais là-bas, ordonna Gaara.

_Je suis désolé de l'avoir fait, » murmura coupablement Naruto.

Gaara resserra un peu la couverture qui l'entourait, et dégagea une mèche de cheveux blond de son front.

« On ne veut pas de lui dans nos vies. On ne va pas là-bas. »

Naruto comprit, même s'il n'était pas sûr de comment il devrait – s'il le devait - aborder ce qu'il avait appris aujourd'hui.

"De quoi avez-vous parlé ?" demanda Gaara, dont le regard scrutateur le fouillait de manière névrosée.

Il y avait en lui une vulnérabilité que Naruto n'avait jamais vue auparavant.

En pesant ses mots avec attention, il choisit de dire : « Il m'a parlé de quand tu vivais avec lui, de ton père, et de comment ça avait fini. »

Un regard glacé rencontra ses yeux bleus chaleureux, mais il s'adoucit vite. L'émotion bouillonnante qu'il avait perçu plutôt se muait en un tremblement qui envahit tout le corps de Gaara. Il eut un soupir douloureux et resserra son étreinte sur ses genoux. Naruto rejeta sa couverture pour l'enlacer.

"Je suis désolé. Je n'aurais pas dû aller là-bas. Et il n'aurait pas dû me raconter tout ça, parce que tu ne voulais pas que je sache. Je suis désolé pour tout ça, et je te promets que je ne l'approcherai plus jamais. Je ne voulais pas t'inquiéter autant, et je comprends que ça a dû être difficile pour toi de venir chez lui, et tu l'as fait par ma faute. Je n'aurais jamais dû faire ça. »

Gaara enfouit son visage contre sa poitrine et bientôt, ses snaglots silencieux et étouffés emplirent l'espace. Naruto l'enlaçait de toute sa force et chuchotait des encouragements affectueux à son oreille.

"Tout va bien, Gaara. Tu es en sécurité maintenant. Je lui ai dit de déménager.

_I-Il ne le fera pas. Il est revenu pour une raison, et il essaie de t'avoir de son côté, sanglota doucement le rouquin dans le noir. Il essaie de m'atteindre à travers toi.

_Je ne le laisserai pas faire, promis le blond. Je ne suis pas de son côté, jamais je ne pourrais l'être. Je suis du tiens, je le serai toujours. La seule raison pour laquelle je suis allé chez lui, c'était la lettre dans notre boîte aux lettre qui lui était adressée.

_Je me demande si c'était une simple coïncidence.

_Gaara… Je ne pense pas que quiconque ferait un truc pareil juste pour nous piéger," dit calmement Naruto. C'était étrange de s'entendre défaire les soupçons de quelqu'un d'autre, quand lui-même s'était posé des questions sur la lettre.

Quelqu'un toque doucement à la porte du placard, suivi par l'apparition du visage inquiet de Kankurô. Il entendit les sanglots retenus qui venaient de la tente bricolée, et s'approcha avec hésitation. Quand il vit son petit frère roulé en boule, il rampa jusqu'à lui pour le tenir à son tour. Il y avait des larmes dans les yeux du frère aîné, et Naruto du regarder à quelque chose de neutre sur le sol pour contrôler ses propres émotions. La présence de Kankurô semblait calmer Gaara, de quelque façon, et avec un peu de temps son état émotionnel se stabilisa assez pour qu'il puisse sortir de sa position bouclier.

Au moment où Kankurô vit les yeux rouges et gonflés de Gaara, il déglutit avec difficulté et lui serra le bras.

« Vous étiez chez lui, n'est-ce pas ? » demanda le brun.

Naruto acquiesça pour eux deux. Une expression douloureuse emplit les yeux de Kankurô et il frotta anxieusement les bras de son petit frère.

« G-Gaara… Je te promets de toujours te protéger. Je te jure que si j'avais su à l'époque, j'aurais fait quelque chose, chuchota le brun d'une voix tremblante.

_Tu ne savais pas parce que je ne t'avais rien dit. Et quand tu as tout découvert c'était déjà trop tard, dit Gaara en s'essuyant les yeux. Tu as fait de ton mieux, Kankurô. Tu as vraiment fait tout ce que tu pouvais, et je t'en remercie, même si je sais que je ne l'ai pas toujours vu.

_Ce n'est rien, expira Kankurô en prenant quelques respirations. Tout ira bien maintenant, je le promets. Tu m'as moi, et Naruto, et aussitôt que possible, on va déménager d'ici. »

Maintenant Gaara semblait surpris. « Quoi ?

_C'est la seule option. Je ne pense pas que Baki va partir bientôt, et je ne veux pas que tu le croises par hasard. Je veux te protéger, Gaara, et j'ai l'impression que tout ici te blesse. Je ne veux pas de ça, » expliqua le brun.

Naruto fixa silencieusement les frères. Un sentiment de frayeur l'envahit. Lui aussi souhaitait le meilleur pour Gaara, mais si les frères déménageaient, est-ce que ça voulait dire qu'il devrait leur dire au revoir ?


Plus tard dans la soirée, ils étaient assis tous les trois sur le sofa. Un film qui ne faisait pas de mal passait en fond sonore tandis qu'il mangeait avec faim la pizza qu'ils avaient commandée. Kankurô gardait constamment son regard inquiet sur Gaara, comme pour être sûr que son petit frère étais en sécurité, intact, à tous moments.

« On va vendre la maison, commença Kankurô en prenant une bouchée de sa part. J'appellerai Témari puis on cherchera des acheteurs. Si on en tire assez d'argent, on pourra s'acheter une maison plus petite, dans un autre district, où on aura chacun une chambre pour soi. »

Naruto était surprise. "Tu veux dire que vous m'emmènerez avec vous ?

_Bien sûr, répondit Kankurô sans même réfléchir. Tu fais partie de notre famille maintenant. Je ne peux pas voir ça autrement. »

Une joie inimaginable remplit Naruto, et la frayeur qu'il avait ressentie plus tôt s'évanouit. Tout ira bien n'est-ce pas ? Un truc le dérangeait encore, par contre.

« Et qu'est-ce qu'on fait du jardin ? » demanda-t-il.

Le rouquin se contenta de manger silencieusement sa part de nourriture.

"Je sais à quel point c'est important pour toi, dit Naruto en attendant que son ami dise quelque chose, n'importe quoi.

_Peut-être que la nouvelle maison aura un jardin similaire, elle aussi ? » pensa Kankurô à voix haute, qui essayait clairement de redonner le sourire au courant.

Gaara partagea finalement ce qu'il en pensait : « Aussi longtemps que je t'ai avec moi, je m'en fiche. Même si on s'en va, l'été reviendra toujours et les fleurs pourront éclore. »


L'été laissa finalement place à l'automne. Les fleurs avaient cessé d'éclore et les pommes étaient mûres. Un Vendredi, Kankurô arrangeait nerveusement ses cheveux devant le miroir du couloir, en jetant un œil à sa montre toutes les deux minutes. Quand il réalisa qu'il ne pourrait pas faire mieux que ce qu'il avait déjà, il soupira de déception et se concentra sur ses vêtements, pour changer. Après avoir sérieusement retiré quelques peluches, il commença à passer en revue ses chaussures. Il n'en avait pas tant que ça, mais ça semblait lui poser problème de trouver la meilleure paire.

Naruto riait seul dans son coin en voyant Kankurô et retourna dans la cuisine pour chercher un snack de dernière minute. Gaara s'assit à table, impassible comme d'habitude, et lisait le journal.

« Aller les gars, on va être en retard, les appela Kankurô depuis le couloir. Il jouait nerveusement avec ses clés.

_Relax. Elle ne s'attend pas à ce qu'on soit si ponctuel. Et c'est mieux si les invités arrivent par intervalles, » lui dit Naruto depuis l'entrée.

Une semaine auparavant, Sakura s'était trouvé un endroit où habiter. Elle faisait la pendaison de crémaillère ce soir et ils avaient tous été invités. Malgré l'opinion de Naruto, ils finirent par prendre la voiture de Kankurô. Naruto s'assit devant, pour donner les directions. L'anxiété de Kankurô ne s'était pas atténuée, vu qu'il ne cessait d'agripper la moitié inférieure du volant de façon à ce que ses poings se heurtaient presque au-dessus.

Quand ils se garèrent finalement devant l'immeuble de Sakura, Kankurô ne défit pas sa ceinture.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? » demanda Naruto.

Kankurô regarda par le pare-brise. « Je ne sais pas si je viens. Vous pouvez m'appeler quand vous voulez que je vienne vous chercher.

_Ça n'a aucun sens. Elle t'a invité aussi, tu te souviens ? Elle t'a envoyé un message, ce que moi et Gaara n'avons jamais reçu, lui rappela sèchement Naruto. Alors, tu viens. »

Il voulait dire quelque chose de gentil sur sa tenue pour lui donner un élan de confiance en lui, mais il ne savait pas comment le complimenter. Il n'était pas doué pour ce genre de conventions sociales.

« Tu ne n'as rien de ridicule, » finit par dire Naruto, le seul truc qui lui soit venu à l'esprit. C'était quelque chose qui le réconfortait toujours chaque fois qu'il doutait de lui, et ça arrivait souvent.

On dirait que ses mots avaient portés son message de la bonne façon. Après un léger clic, la ceinture de Kankurô fut défaite et il sortit de la voiture. Puis ils se firent un chemin jusqu'à la fête.

"Salut, entrez," les accueilli joyeusement Sakura en ouvrant la porte.

Gaara la salua comme à son habitude – un hochement de tête à peine perceptible – Et Naruto sourit de toutes ses dents, sans oser l'enlacer. Kankurô était étrangement réservé et essaya de survivre à la situation en lui serrant la main. Mais elle ne le laissa pas s'en tirer comme ça, et au lieu de prendre sa main elle l'attira dans un câlin amical.

Naruto et Gaara les laisse derrière et se firent un chemin jusqu'au salon.

Tous les employés de la librairie étaient là, ainsi que l'ancien propriétaire, Tsunade. Naruto la vit prendre une vive gorgée de sa flasque, cachée dans sa poche. Il soupira et partit prendre des snacks. N'étant pas fan de saké, Tsunade avait renouvelé son amour des paris. Avec un peu de chance personne n'aurait l'idée d'un jeu risqué ce soir. Sinon, Sakura n'arriverait pas à se débarrasser de sa tante avant un moment.

Gaara resta en permanence à ses côtés, et ce n'était pas surprenant. Il ne connaissait que trois personnes ici, et deux d'entre elles étaient hors de vue. Naruto lui tendit un plat emplit de snacks qu'il savait qu'il aimait, et une cannette de soda.

Après que Naruto ait salué rapidement les gens qu'il connaissait en présentant Gaara au passage, ils trouvèrent un coin calme où ils s'installèrent. Naruto ne cessait d'observer la façon dont Gaara mangeait sa part de snacks. Rien qu'une bouchée à la fois, comme s'il craignait de ne plus avoir de nourriture, et d'avoir à retourner au bar bondé. Personne ne leur prêtait attention. Avec un bonbon, il toucha les lèvres de Gaara et le rouquin l'aspira dans sa bouche, en faisant bien attention à effleurer ses doigts de sa langue. Une vague de chaleur monta aux joues de Naruto qui lui en offrit rapidement un autre. C'était addictif, de le voir savourer ces cadeaux comme ça, et Naruto se demandait s'il exagérait ce qu'il ressentait juste pour lui faire plaisir. Cette pensée fit accélérer son cœur.

Gaara tint ses mains et les serra avec insistance. Naruto jeta un œil alentour mais personne ne regardait dans leur direction. Gaara plissa les yeux d'une manière particulière en regardant Naruto : c'était un mélange intense d'objectif et de désir, presque possessif dans sa profondeur. Soudainement Naruto se souvint de toutes les fois où ils avaient été peau contre peau et la pièce commença à se réchauffer.

Lentement, Presque sensuellement, Gaara saisit le lobe de son oreille et le tordit, et immédiatement Naruto en compris le sens : il voulait partir.

Naruto jeta aux alentours et vit Ino qui mettait son sac sur son épaule. Avec un regard significatif à l'égard de Gaara, ils se levèrent tous les deux et lui demandèrent si elle pouvait les ramener chez eux. Elle ne vivait pas très loin, après tout.

La beauté blonde évalua son collègue également blond et son compagnon roux avec un désintérêt visible. Cependant, bientôt, une expression gentille – bien qu'un peu forcée – s'empara de ses traits et elle accepta.

Ils trouvèrent Kankurô dans la cuisine, qui aidait Sakura avec les snacks et les boissons.

« Kankurô, on rentre. Ino a promis de nous déposer. Sakura, merci pour la fête et félicitations, dit Naruto.

_Pourquoi vous partez si tôt, vous ne pouvez pas rester plus longtemps ? demanda Sakura, clairement surprise.

_Je suis désolé. Je ne me sens pas très bien pour être honnête. C'est peut-être cette bactérie à l'estomac qui circule en ce moment, et je ne voudrais pas risquer de rendre tout le monde malade, dit Naruto sur un ton d'excuse.

_Mais je peux venir avec vous les gars, pour que vous ne dérangiez personne, dit Kankurô qui était sur le point de se lever de sa chaise.

_Pas besoin. Oh, voilà Ino, on ferait mieux d'y aller », sourit rapidement les blond, avant de partir.


La première chose que fit Naruto quand ils furent rentrés fut d'embrasser son ami. Il pouvait encore goûter le sel et le sucre sur ses lèvres. Dans le couloir sombre, Gaara avait l'air encore plus intrigant et ses doigts se mêlèrent aisément à ses cheveux blonds, rapprochant leurs lèvres une fois encore.

Ils trébuchèrent un peu avant de retirer leurs chaussures et de monter les escaliers, main dans la main. Ces nuits d'automne était particulièrement sombre et dans le corridor faiblement éclairé, Gaara ressemblait presque à un fantôme avec sa peau ivoire.

Puis ce fantôme se pencha sur lui pour l'embrasser encore. De manière très réaliste, tout cela semblait irréel. Un frisson d'excitation parcouru son dos quand le baiser prit des teintes plus possessives.

« Je te veux tellement, » chuchota Naruto. Il y avait toujours ce goût salé et sucré sur ses lèvres, qui le titillait continuellement. Il en voulait plus, il fallait qu'il en ait plus, et Naruto gémit dans leur baiser de frustration.

« Je veux le faire ce soir, hoqueta Naruto, les joues brûlantes, si tu le désires aussi.

_Je le veux. »

Les yeux de Gaara luisaient d'envie, et même sa voix se cassa un peu. Ses mains plongèrent sous le T-shirt de Naruto, le soulevant pour révéler son torse. La pression du toucher de Gaara était incroyable, et laissait dans sa peau un désir brûlant.

Ce fantôme roux qui vivait dans cette maison, celui dont Naruto avait d'abord été un peu effrayé, était maintenant attire par lui comme un insecte attiré par une flamme. Gaara défit le jean du blond pour masser son érection par-dessus son boxer. Naruto laissa échapper un cri enchanté.

C'était ce qu'il voulait, il fallait qu'il en ait.

Il semblait Gaara partageait exactement ses pensées, puisqu'il serra son derrière de manière assez suggestive en se frottant contre lui. Naruto – piégé entre le mur du couloir et son fantôme adoré – agrippa désespérément l'arrière du T-shirt de Gaara, partiellement parce qu'il voulait le retirer, mais surtout parce qu'il voulait exprimer sa passion.

Le désir dans les yeux de Gaara les assombrit et il poussa Naruto dans la salle de bain. Le reste de leurs vêtements maintenant retirés, ils s'embrassèrent sous la douche. L'eau était chaude, mais la peau de Naruto l'était plus encore partout où Gaara le touchait. Vu comment son corps réagissait au sien, c'était un miracle que l'eau ne s'évaporait pas.

"J'arrive tout de suite," lui dit Naruto après la douche. Il voulait être sûr d'être propre partout, qu'il n'y avait rien en bas qui compliquerait inutilement les choses.

Gaara l'embrassa sur les lèvres et partit dans sa chambre.

Naruto y entra peu après, émerveillé par l'atmosphère douce que Gaara avait réussi à créer pendant son absence. Un T-shirt orange atténuait la lumière qui émanait de lampe de chevet, dont la lueur était maintenant moins aveuglante que d'habitude.

Naruto s'assit sur le lit en tremblant, mais son frisson fut vite oublié une fois que Gaara fut là, à côté de lui. Il pouvait se noyer dans ces baisers, dans cette façon dont le désir grandissait de plus en plus dans les yeux de Gaara jusqu'à dévorer toute l'orbe, dans laquelle ne restait plus que la passion.

Le rouquin respirait difficilement quand Naruto descendit le long de son corps, le prit dans sa bouche, et quand son dos s'arqua, submerge par l'émotion, il eut l'impression que le Plaisir de Gaara était le sien. Des hoquets brisés et des expirations aériennes se fondaient en un rythme stable et maintenant ces yeux de jades assertifs étaient embués par l'envie. Ce ne fut que quand les doigts tremblants de Gaara se mêlèrent à ses mèches blondes, le repoussant gentiment pour ne pas atteindre le sommet tout de suite, qu'il s'arrêta en se léchant innocemment les lèvres.

Naruto – maintenant étendu sur le dos, le rouquin entre ses jambes – soupira quand le premier doigt enduit de lubrifiant poussa au travers de l'étroit anneau de muscles. Puisque Gaara le suçait tout en visant sa prostate, il ne remarqua pas vraiment quand un deuxième et troisième doigt s'ajoutèrent gentiment. Pour être sûr de ne pas le faire jouir, Gaara ralentit le rythme et s'assura qu'il était suffisamment préparé et détendu.

Tout en serrant les draps dans ses poings, Naruto arqua son dos et fixa le rouquin, les yeux entrouverts. Seul Gaara pouvait faire brûler sa peau comme cela. Seulement lui pouvait allumer la mèche en lui d'un regard.

Il vit que Gaara mettait un préservatif, et y étalait du lubrifiant, et d'un hochement de tête Naruto lui dit qu'il était aussi prêt qu'on pouvait l'être. Ses jambes vinrent reposer sur les épaules de Gaara, et lentement le rouquin commença à s'insérer.

"Haah… hoqueta le blond en serrant les bras.

_Je te fais mal ? demanda Gaara d'un air inquiet, en s'arrêtant.

_N-Non… C'est juste que j'ai attendu ça pendant si longtemps, » dit Naruto.

Sa peau était parcourue d'électricité et partout où Gaara le touchait, ça le brûlait plaisamment.

Plus loin il allait, plus sauvagement le désir de Naruto grandissait. C'était excitant que Gaara soit si dur pour lui, qu'il puisse stimuler le rouquin à ce point. Le visage de Gaara était rouge de chaleur et ses cheveux, séchés à la serviette, collaient à son front. Quand il installa un rythme constant et que ses beaux yeux se fermèrent momentanément, c'était la plus belle vue que Naruto ait eut. Il plia légèrement le genou et trouva une position qui était beaucoup plus intense.

« G-Gaara », cria-t-il, la voix suintante de plaisir.

De voir le regard absent de Gaara suffisait presque à le faire venir, ainsi que la façon dont sa respiration haletante s'échappait de ses lèvres douces. Il ne pouvait s'en empêcher, Gaara était simplement si désirable à ses yeux, et la façon dont il ne cessait de toucher sa prostate ouvrait peu à peu tous les verrous qui le maintenait à la surface.

Ce fut l'été et le printemps, et tout l'univers en un moment. Ce fut une palpitation qui commençait où il était étendu, et qui finissait là où était Gaara, et toute leur alchimie électrique qui existait entre. La sueur, les halètements, et les draps serrés fermement, et une émotion dévorante qui remplissait lentement son âme et le faisait fondre en un battement de cœur tremblant.

Les yeux de Gaara étaient luisants d'émotion, ses joues pâles rougies, et de la sueur collait ses cheveux rouges à son front, ses mains tremblantes effleurèrent Naruto avant de se stabiliser sur le matelas de nouveau. Des gémissements désespérés lui disait à quel point c'était bon pour Gaara, et il pouvait le voir sur son visage, aussi, beau et la bouche entrouverte, et ses yeux à-demi clos étaient embués si bien qu'il ne distinguait rien, si ce n'était le reflet de la passion et du plaisir.

Et il savait qu'il ne devait pas venir si facilement, il devrait tenir plus longtemps, mais Gaara ne cessait de se mouvoir contre lui, symbole de la luxure, aussi il n'avait pas vraiment le choix.

« G-Gaara, si tu ne t'arrête p-pas, je vais v-venir, bégaya-t-il, et ses testicules se resserraient déjà contre son corps.

_Alors viens pour moi, » chuchota Gaara de sa voix rauque, et il caressa le membre de Naruto, étalant le liquide séminal sur le bout.

Oh, il ne pouvait pas tenir plus longtemps, et le visage déformé par le plaisir il bascula dans l'autre monde. Les quelques douces secondes qui suivirent le monde était un désordre envahissant d'émotions trop fortes pour qu'il puisse les comprendre. C'était une belle explosion et quand finalement il entrouvrit ses paupières épuisées, Gaara le fixait avec de grands yeux.

Naruto – étendu sur le lit les jambes écartées, le visage teinté d'un rose sensuel, en train d'essayer de reprendre son souffle après tant de gémissements incohérents – était une vision trop intense pour Gaara, semblait-il, car le rouquin s'effondra au-dessus de lui et ses mains tremblantes s'enroulèrent autour des épaules de Naruto.

Gaara tremblait et son dos était en sueur. Comme il ne cessait de gémir irrégulièrement et de répéter le nom de Naruto, il devait déjà être au moins partiellement dans une autre dimension. Quand ils s'embrassèrent leurs dents s'entrechoquèrent mais ce n'était que plus excitant, et quand Naruto mordit gentiment la lèvre de Gaara, le rouquin se défit presque en conséquence.

Les gémissements fervents de Naruto le stimulaient plus encore et alors le rythme de Gaara accéléra et il cria son nom. Comme toujours, Gaara était incroyablement beau dans la jouissance. Naruto adorait le voir trembler de plaisir, tous ses masques défaits tandis qu'une émotion pure envahissait tout son visage.

Dans la brume de ses émotions, Gaara se releva sur ses avant-bras pour regarder son amant, également essoufflé, avant de retirer doucement son érection satisfaite. Il tint l'extrémité du préservatif pour faire en sorte qu'il ne glisse et ne se renverse pas sur les draps. Comme si toute l'énergie du monde lui avait été retirée, il s'effondra à côté de Naruto.

Le blond caressa le dos de son amant épuisé et embrassa son front en sueur. Gaara avait le souffle court, les yeux à-demi clos, comme s'il fonctionnait à peine. C'était la vue la plus sincère que Naruto ait jamais vu. Il aimait réellement Gaara, il n'y avait aucun doute, et il ferait tout son possible pour le garder en sécurité et heureux.

"Je t'aime," chuchota Naruto, et quand il réalisa ce qu'il venait de confesser, il embrassa rapidement le rouquin.

Il ne savait pas si Gaara ressentait la même chose, s'il le ressentirait un jour, et pour leur épargner tous deux un moment de gêne il ne cessait de le réduire au silence par de tendres baisers.

Mais Gaara posa sa main sur sa joue pour les rompre, et le regarda avec des yeux brillants.

« Je t'aime aussi, » dit-il, et ses yeux se fermèrent avec un soupir profond et tremblotant.

Et dès lors Naruto sut qu'il voulait passer le restant de ses jours avec ce merveilleux rouquin. Peu importe les obstacles auxquels ils feraient face, il resterait toujours à ses côtés, et leur amour mutuel ne cesserait de fleurir. L'été reviendrait toujours, même après les plus sombres jours d'hiver.

Il eut un ricanement, car ses pensées étaient beaucoup plus mielleuses qu'il ne les aurait imaginées, et quand Gaara lui demanda pourquoi ce rire, il lui répondit seulement qu'il était heureux de l'avoir pour toujours à ses côtés.


Ils se réveillèrent vers dix heures le lendemain matin. Le mieux c'est que Kankurô n'était pas encore rentré. Quand Gaara se leva à son tour pour constater, lui aussi, par la fenêtre l'absence de l'Audi, un sourire mystérieux fendit son visage.

Naruto eut un rictus et ils partagèrent un air entendu.

Ils passèrent la matinée à manger les restes d'hier et à regarder la télévision. A cause d'une idée de Naruto, ils avaient décidés de s'habiller avec les vêtements de l'autre, juste pour l'absurdité du concept. C'était vraiment étrange de voir Gaara dans un sweat à capuche orange et une paire de jean bleu ciel. Ses chaussettes blanches faisaient l'effet d'une cerise sur le gâteau. Et ses cheveux rouges n'allaient avec aucune des couleurs qu'il portait.

Ca fit rire Naruto dans son coin, qui baissa les yeux sur son propre attirail emprunté. Un jean troué qui était un peu trop serré pour lui le fit rire légèrement. Un T-shirt tout aussi serré, qui faisait la promotion d'un groupe de hard-rock assez douteux, aurait sûrement été du meilleur effet sur Gaara, mais sur lui il semblait au mieux ironique. Les chaînes sur ses hanches tintaient à chaque fois qu'il bougeait et il aurait pu jurer que le regard de ces yeux de jade curieux se posait plus que d'habitude sur son entrejambe soulignée.

Ils avaient l'air de deux idiots et Naruto trouvait ça fantastique.

Vers quatorze heures ils s'embrassaient un peu sur le canapé. Naruto était au-dessus de Gaara, entre ses jambes écartées, et lui embrassait le cou. Quand Naruto ondula son bassin contre lui, pas du tout surpris de sentir quelque chose de dur, le rouquin laissa échapper un soupir encourageant. Naruto faisait en permanence attention aux préférences de Gaara concernant leurs rôles, et faisait attention à ne jamais l'embarrasser.

D'habitude, Gaara aurait mis fins à ces petites expérimentations plus tôt mais là, il semblait les apprécier d'une autre façon.

« On est ensemble du coup, ou quoi ? » demanda Naruto avec une timidité soudaine. Ca faisait un moment qu'il avait l'intention de demander, mais jusqu'à la nuit dernière il avait pris des précautions. Bien sûr, Gaara n'avait jamais montré aucun signe de rejet, mais ses expériences passées lui avaient appris à se méfier.

"Oui. Bien sûr qu'on est ensemble," chuchota doucement Gaara. Il était sur le point de ramener Naruto dans leur baiser interrompu, mais l'expression troublée sur le visage de Naruto le stoppa dans son intention. « Si tu veux savoir, ça fait un moment que je nous considère comme un couple.

_Vraiment ? déblatéra Naruto, émerveillé. La joie lui emplissait le cœur à toute vitesse.

_Oui, » dit Gaara et enfin le blond s'abaissa de nouveau pour l'embrasser. Mais après un moment, ce fut Gaara qui voulut ajouter quelque chose. « Les labels et les termes n'ont pas d'importance pour moi. Ce qui importe c'est qu'on ressente la même chose. Je ne veux personne d'autre que toi, Naruto. »

Il obtint un sourire chaleureux du blond. Mais le son de quelqu'un qui se garait dans le jardin et d'une porte de voiture qu'on refermait s'ensuivit. Quand Kankurô fut parvenu jusqu'au salon, Naruto et Gaara étaient assis oisivement sur le sofa, un bol de pop-corn à moitié rempli situé entre eux.

Kankurô s'assit à côté de Naruto, et on aurait dit qu'il n'avait pas remarqué que la télévision était éteinte. Ils fixèrent juste l'écran noir un moment.

'Tu es rentré, remarqua Naruto quand ce moment lui sembla un peu trop étrange

_Ouais, » répondit Kankurô, un peu rêveusement, en tapotant son genou au jean troué. Juste à ce moment Naruto se dit que le regard brumeux de Kankurô l'empêchait peut-être de réaliser que le rocker angoissé juste à côté de lui n'était pas son petit frère, mais son locataire blond.

« J'ai aidé Sakura à nettoyer après la fête, expliqua de fait Kankurô, quelqu'un avait apporté des cartes et quelques dés avec lui, et ce fut un sacré spectacle de réussir à faire sortir sa tante à la fin de la soirée. Avant que Tsunade ne puisse s'évanouir avec toute la liqueur qu'elle avait eu quelque part, Sakura a réussi à faire en sorte que Shizune vienne la chercher et la ramène bien chez elle. Apparemment, elle et la tante vivent ensemble. »

Naruto acquiesça seulement, ne sachant pas quoi dire. Il aimait écouter la voix suave de Kankurô et il ne voulait pas l'interrompre. Kankurô fixait encore l'écran noir de la télévision d'un air rêveur.

« C'était un bel appartement, tu trouves pas ? Le plancher était vraiment bien fait et la manière dont l'architecte a pris en compte tous les points de cardinaux est incroyable, » dit le brun.

Naruto et Gaara échangèrent un regard.

« Ça me donne juste tellement d'espoir que des appartements si fonctionnels existent encore. Peut-être que l'on trouvera aussi un endroit sympa, tous les trois ? » dit Kankurô avec excitation en attirant le Naruto habillé de noir dans une étreinte fraternelle. Il pressa sa joue contre le blond en frottant ses bras avec attention. « Tout ira bien, ne t'inquiète pas Gaara. »

Naruto était sur le point de dire quelque chose et Gaara observait juste la scène d'un air amusé, quand le grand frère se lança dans un autre monologue enthousiaste.

« Tu sais, je serais rentré hier soir mais il se trouve que j'ai bu un verre de bière sans même m'en rendre compte et je me suis dit qu'il serait dangereux pour moi de prendre la route comme ça.

_Kankurô, » appela calmement Gaara et le brun libéra la personne habillée de noir de son étreinte. Il tourna la tête dans la direction de la voix et sembla alors réaliser que la tête qui avait parlé avec la voix de Gaara avait échangé de corps avec celui de leur locataire.

« Vos habits… ne finit pas Kankurô, dont les yeux passaient de l'un à l'autre.

_Et ton T-shirt est à l'envers » fit remarquer Gaara.

Une légère rougeur teinta les joues de Kankurô qui croisa les bras sur sa poitrine.

Naruto ne put s'empêcher de sourire. Peu importe à quel point il était encore douloureux de savoir que Sakura était attirée par un autre que lui, il était très heureux de la tournure de l'événement.

Ses sentiments envers son amie aux cheveux roses étaient certainement platoniques, et il avait accepté il y a longtemps qu'il n'aurait jamais d'attention romantique de sa part. C'était plus qu'ok pour lui, et il ordonna à sa jalousie de partir. Si Sakura devait finir avec Sasuke ou Kankurô, il n'y avait aucun doute sur l'option que Naruto préférait – même si ce n'était pas ses affaires au fond.

Comme si ça ne signifiait rien du tout, Naruto souleva le bol de popcorn pour le placer sur ses genoux et s'assit plus confortablement sur le sofa.