Bonne lecture !
Les traits fermés, je demeurai silencieux tout au long du trajet de retour jusqu'à chez moi. Akashi n'osa pas m'importuner avec cette histoire. La joue contre la vitre, je regardais au dehors, la voiture roulait à pleine vitesse et le paysage défilait trop vite: impossible d'en saisir les détails. Ma maison était à moins de dix kilomètres de l'école juste après un virage. Elle n'était pas bien grande mais était très jolie. Presque toutes les habitations du quartier avaient la même architecture. Le véhicule se gara devant chez moi, et la lumière de la porte s'alluma dans la foulée. Mon père ne dormait pas... Pourtant je l'avais envoyé un message pour le prévenir de mon retard. Je descendis du véhicule et refermai la portière derrière moi. Akashi fit de même, contourna la voiture et me rejoignit en disant : " Je suis navrée du comportement de Haizaki. Repose toi bien et passe une bonne nuit tetsuya. " J'attendis que le chauffeur démarre le moteur du véhicule et qu'elle soit hors de ma vue pour me diriger vers le pas de la porte où mon père m'y attendait.
" T'étais où ? me demanda t-il d'un air sérieux.
- A l'école.
Comme je tentais de passer devant lui pour me précipiter à l'intérieur, il me prit le bras pour m'en empêcher. Avec autorité, il me repoussa dehors.
- Avec ce Akashi ?
Il avait tout vu et je ne pouvais pas lui mentir.
- Oui
Je levai les yeux et rencontrai le regard sombre et troublant de mon père. Son visage maigre, au teint basané virant au jaune, était creusé d'un rictus de haine.
- T'as oublié ce que le père de ce type a fait à ta mère ?
- Non papa.
Malgré son énervement, je gardais une froideur, une indifférence voulue . Il me regarda intensément, et son expression devint froide et amère
- C'est quoi ces bleus? me lança-t-il, énervé. Il s'empressa de me faire entrer. Je m'assis sur la petite chaise au milieu de la salle. Puis mon père vint m'examiner. Je fermai les yeux, sentant ses mains tremblantes me toucher les bras et les jambes. ... J'avais tellement mal. Mon père était accroupi près de moi. Je n'osais pas le regarder. Je me sentais si honteux de ce qu'il pouvait penser de moi. Cependant, je l'entendis pousser un long soupir douloureux et tendre.
- C'est lui qui t'a fait ça ?
Je restai muet, hésitant à lui confier ce qu'il m'était advenu.
- Réponds moi! tonna t-il submergé par un mélange de fureur et d'incompréhension.
- Non, c'est un coéquipier de mon club, dis-je à voix basse.
- Sale enfoiré, il verra ce que je lui ferai.
Il marchait en rond en proférant les pires injures et menaces .
- Tu ne peux rien faire contre eux, ils sont trop puissants...
Il se retourna vivement vers moi.
- Donc tu préfère te faire martyriser par ces brutes, c'est ça ?
Je secouai le tête, silencieusement et répondis d'un ton ferme " non, je préfère agir intelligemment "
Doucement, il revint vers moi sans me quitter des yeux et s'agenouilla sur le parquet.
- Tetsuya, t'es tout ce qui me reste. J'ai promis à ta défunte mère de veiller sur toi. Je ne supporterai pas te voir rentrer tous les jours avec des blessures. Je peux toujours te transférer dans un autre collège.
Je me relevai d'un mouvement fluide, repoussant la chaise en arrière
- Je comprends papa, mais je ne peux plus faire demi-tour.
Je passai devant lui, non sans l'adresser un chaleureux sourire et me dirigeai vers ma chambre à l'étage.
- Mais fais attention Tetsuya "
Après cette longue conversation nocturne, je partis prendre une douche froide et me coucher dans la douleur. Et je repensais à mère... Et je me souvins de ce jour où elle était tard avec des marques rouges sur le corps. Si j'avais su que ça allait être le début de sa descente en enfer, je l'aurai supplier d'arrêter ce travail.
Maintenant elle n'est plus là et je m'en veux tellement.
Je regardais la télévision en sirotant le plus tranquillement du monde mon milkshake quand le bruit de la serrure se fit entendre, puis lentement, la porte s'ouvrit. Je vis ma mère entrer:
" Oh, tu ne dors pas Testuya ?
Je répondis instinctivement
- Ce sont les vacances.
Elle referma la porte derrière elle et marcha vers l'escalier qui menait vers l'étage.
Des légers cernes sous ses yeux indiquaient qu'elle était fatiguée.
- Cela ne t'empêches pas de te reposer, et en plus tu m'as beaucoup aidé au manoir aujourd'hui, merci.
- De rien.
Assis posément sur le divan, je l'observais très attentivement et remarquai une marque rouge sur son épaule droit dénudé. Je baissai les yeux sur ses jambes nues dont la courte robe noire laissait apparente. Je vis aussi des marques rouges...
- c'est quoi ces tâches rouges ? Lui demandais-je à la fois inquiet et curieux de savoir sa réponse.
Elle sursauta violemment, affolée.
- Oh ça ? en me montrant la marque sur son épaule
Je hochai la tête en signe de réponse.
- Ce n'est rien qu'un simple bleu.
- Papa m'a dit que tu étais rentrée avec un bleu sur le cou hier . Qu'est ce qu'ils te font faire là bas ?
Elle resta un long moment silencieuse, tout en me regardant intensément. Elle soutenait mon regard l'air songeur, comme si elle hésitait à me révéler le fond de sa pensée.
- Il faut que j'aille me coucher, je suis tellement fatiguée, Bonne nuit Tetsuya.
Elle s'enfuit dans l'escalier et partit.
Et ce fut comme ça tous les soirs où elle rentrait avec des marques. D'ailleurs à chaque fois que je lui posais des questions sur ces soi-disant "bleus", elle se repliait sur elle-même et renonçait à tout espoir de me répondre. Mais, je craignais de connaître la vérité.
Je me réveillais épuisé. Heureusement qu'on était Vendredi, le dernier jours avant le week-end. Je pris mon téléphone sur le chevet du lit et vis un message. Fronçant les sourcils, je l'ouvris et lis:
7h00:
- Urgent
Réunion à 8h dans le gymnase, soyez à l'heure
Akashi seijuro.
Comment a-t-il eu mon numéro? Et qu'est ce qu'il lui arrive de faire un rassemblement de bonnes heures.
Je me dépêchai de m'apprêter et de prendre mon petit- déjeuner, ainsi en trente minutes, j'avais fini de tout faire et pus avoir mon bus. Tout au long du chemin, je pensais à ce que pouvait bien dire le roux, ce matin. Même si au fond de moi j'avais ma petite idé priais pour qu'il ne revienne sur ce qu'il s'était passé hier soir. Je ne voulais pas que les autres le savent car c'était une honte pour moi. Je ressentais une peur comme jamais je n'avais connu. Ce n'était pas la peur de leur reaction, non, j'angoissais à l'idée qu'ils connaissent une de mes faiblesses. Le bus arriva à l'arrêt, j'attendis être le dernier élève à bord avant de descendre, non sans dire un faible "aurevoir" au chauffeur. Je me dirigeai alors vers l'entrée du collège et pris le chemin du gymnase avec la boule au ventre.
J'entrai à pas lents, silencieux et calme, dans le gymnase où mes coéquipiers avaient pris place dans les gradins. Sans qu'ils me remarquent, je m'installai sans mot dire, à plus deux trois mètres d'eux, sur une rangée plus bas. Néanmoins, je n'étais pas assez loin pour ne pas entendre leur sujet de conversation. Et, ils parlaient de cette réunion en se posant de nombreuses questions sur le déroulement de celle-ci . Je soupirai nerveusement et me mordis la lèvre inférieure, quand je constatai que mon bourreau de hier soir n'était pas là. Je pensais alors qu'il était en retard. Enfin, je ne voulais rien savoir de lui. Penser à lui, me rendait littéralement catatonique. Je me devais de ne pas me remémorer ces mauvais souvenirs, pour le bien de ma conscience. Akashi entra finalement, suivi de près par l'entraîneur. Son arrivée mit fin aux interrogations des joueurs. Le roux se mit devant nous, avec toujours cette air impassible et sérieux. Encouragé par la tranquillité de la pièce, il prit la parole de sa voix suave :
« je vous ais convoqué ce matin pour -
- Kuroko et Haizaiki ne sont pas là, remarqua brusquement le basané.
Mon absence était finalement passée inaperçue…
- Je suis là m'annonçai-je, comme pour les rassurer.
Il se tounèrent vers moi en ouvrant de grands yeux. J'enfonçai mon menton plus profondément dans mon écharpe noire qui cachait mes blessures.
- Pourquoi tu ne t'assieds pas près de nous? Questionna kise. Il me regarda, l'air inquiet. Ses yeux couleur de saphir me fascinaient toujours. Ils contrastaient magnifiquement avec la pâleur de sa peau.
Le souffle coupé, la bouche crispée je lui répondis que cette place me convenait. Il n'insista pas et ses coéquipiers n'avaient pas trouvé intérêt d'intervenir .
Le roux poussa un léger soupir d'exaspération et repris son discours
- Haizaiki a été expulsé du club déclara t-il
Et comme une même personne, les joueurs dans les gradins crièrent « quoi ? » Leurs yeux durent sortir un instant de leur tête tant la surprise était grand. Pour moi, ce fut un soulagement. Je fus soulagé sans savoir pourquoi, d'un poids extraordinaire à l'écoute de cette nouvelle.
- Et pourquoi ?
- Pour mauvais comportement, répondit le capitaine.
- Nous étions tous au courant qu'il fumait et buvait dans les vestiaires, mais ce n'est rien de grave Akashi, pourquoi le virer du club ?
- Je n'aime pas me répéter Daiki.
Le basané n'aima pas la réponse de son capitaine et grinça des dents, un masque d'incompréhension déformant son visage. ll croisa ses bras dans un mouvement plein d'orgueil en signe de rébellion.
- Kise ta période d'essai est terminée, tu es à présent un membre de la Génération miracle.
Le blond ne put s'empêcher de sourire. Depuis le temps qu'il attendait cette nouvelle.
Akashi me regarda fixement.
- Et toi Tetsuya, t'es trop nul, n'espère pas un jour intégrer l' équipe.
Je ne dis rien. Ce n'était pas de ma faute si je m'étais retrouvé dans ce club.
- Mais, continua le roux, tu t'entraîneras avec Daiki pour qu'il relève en toi tes vraies capacités.
Super… Je ne comprenais pas cette obsession de vouloir me garder à tout prix près d'eux. Je n'étais rien comme il avait dit tantôt, le basket ne m'intéressait pas.
- Mais pourquoi Haizaki est exclu du club ? demanda à nouveau le basané. Qu'est ce qu'il a fait ?
- Hier soir je l'ai surpris entrain … Akashi s'arrêta pour me regarder, enfin de juger l'effet. Puis il se reprit en fronçant ses sourcils .
-Arrête avec tes questions la réunion est finie, vous pouvez retourner en cours.
A cette annonce, je me relevai précipitamment pour sortir du gymnase, ne voulant pas rester une seconde de plus dans cet endroit. Mes cours avaient commencé depuis une bonne heure et, heureusement que j'avais une bonne excuse pour retourner en classe. J'étais ravi de savoir que mon agresseur avait été exclu, quelle chance de ne plus le revoir…. Au moment où je m'engageais dans le long couloir de l'étage pour accéder à la porte ma salle de la classe, je vis Musarakibara et Midorima qui se tenaient dans un coin sombre du corridor. Je m'arrêtai un instant pour réfléchir si continuer ou rebrousser chemin. Mais je souvins que je n'avais rien à faire d'eux et qu'il fallait que je me rende en cours. Regardant droit devant moi, les pieds appuyant fort le sol, je marchai en direction de la porte. Et, comme si je m'y attendais pas, les grands garçons vinrent se tenir devant moi, le corps droit, la tête haute.
- Tu connais la raison de l'exclusion de Haizaki dit le basketteur aux longs cheveux violets.
Je jetai un rapide regard à son ami puis lui répondit « non »
Son visage se tendit, son regard s'assombrit pendant peut être une minute avant qu'il ne prenne une profonde inspiration. Les yeux souriants, il s'approcha de moi tel un chat vers sa proie. Je n'avais pas bougé d'un pouce pendant tout ce moment. En même temps, je ne voyais pas ce que je pourrai faire. J'étais bloqué et je devais attendre pour voir ce qui allait m'advenir.
Soudain, le violet tira violemment mon écharpe vers lui. Je manquai de tomber mais je réussis à garder mon équilibre. Mon premier réflexe fut de cacher mes bleus.
- Et qui t'a fait ça ? Demanda Midorima
Je m'efforçai de garder mon calme et répliqua calmement
- ça ne vous regarde pas. Puis je continuais
- Je suis un élève inférieur et je peux vous parler qu'en cours, c'est écrit noir sur blanc dans le règlement.
Je restai immobile éprouvant un mal fou à dissimuler mon sourire narquois.
Midorima réajusta sur son nez ses lunettes en verre et d'un air prétentieux il dit :
- Nous sommes tes maîtres et tu dois obéir à nos ordres.
- Notre cher ami Haizaki a voulu te violer dans les vestiaires la nuit dernière intervint Musarakibara. Il caressa ma joue. Le contact de ses doigts sur ma peau eut l'effet d'une bombe.
Quelle horreur ...
Ses doigts glissèrent le long de ma joue, descendirent dans mon cou et effleurèrent mes blessures. J'étais certes passif mais je demeurai impassible. J'épprouvais du dégoût à son égard.
-Seijuro vous a surpris et le pauvre en a prit pour son grade. ..
Il s'écarta d'un pas, puis me regarda avec un petit sourire malicieuse.
- Mais j'imagine que tu as aimé cette belle expérience avec lui comme t'es une bonne salope.
Balayant du regard les deux hommes, j'esquissai un mince sourire. J'aimais la provocation, c'était bien attendu une des choses de la vie qui m'excitait. Une lueur moqueuse brillait au fond de mes yeux tandis que je commençai doucement à déboutonner ma chemise, dévoilant au fur à mesure mon torse.
- Tu fais quoi là ? s'exclama le basketteur aux cheveux verts en reculant d'un pas . Qu'est ce qui ne tourne pas rond chez toi ?
- Je me comporte en une parfaite salope.
J'ôtais ma chemise et la jetai au sol. Je les regardai non sans quelque ironie errant sur mes lèvres et dans mes yeux. Le violet passa la langue à l'intérieur de sa bouche, puis se lécha les lèvres.
-T'es pas si bête que ça. ...On est au milieu d'un couloir bondé à les heures de fins de cours, s'il se passe quelque chose c'est tout l'établissement que le saura dont un certain seijuro. Nous ne sommes quand même pas stupide comme Haizaki. Si tu veux nous faire plaisir rhabille toi et dégage devant nous, c'est un ordre.
Une idée me vint à l'esprit, je sentis émaner de moi une aura sombre .
"Non" Repondis- je comme un défi.
Je cria si fort que j'eus l'impression que j'allais mourir. Je criais si fort qu'on devait m'entendre à l'autre bout de la rue. Les portes s'ouvrirent violemment, heurtant les murs de chaque côté de l'autre. Des élèves et leur professeur sortirent en trombe. Une grimace de dépit et de colère se dessina sur le visage des deux basketteurs. En un geste fluide, Musarakibra me prit le bras pour m'entraîner vers les escaliers le plus proche. Une douleur fulgurante me transperça le bras quand le violet resserra son emprise dessus. Lorsque nous arrivâmes dans un petit coin sombre et isolé des gens, le grand homme me jeta sur le sol. Je levai aussitôt les yeux vers lui et tentai de contrôler la haine qui montait en moi. Tandis que je le défiais du regard, les dents serrées, il ne me quittait pas des yeux. Je vis toute une palette d'émotions se succéder dans son regard. Il me sourit. Avec dextérité, il détacha sa ceinture puis ouvrit sa braguette et fit jaillir son membre turgescent.
- Tu sais ce qu'il te reste à faire alors-
Il s'interrompit, Midorima venait d'arriver, avec ma chemise dans les mains. D'un air détaché, il s'avançait vers lui.
" Fais nous plaisir ma petite salope " S'exclama Musarakibara enjoué.
Voilà! :-)
