Disclaimer : Pas à moi. Vous reconnaissez ce qui provient de l'univers Twilight, Caterpillars appartient à The Spill Canvas, Caterpillar à The Cure.

Rating : Chapitre Mature, comme d'habitude.

Note de l'Auteure : Ce chapitre, bouclé depuis un moment, dormait sur une application que j'adore pour écrire - mais qui en vérité n'est pas très pratique, notamment car elle se synchronise pas sur mon pcp. Je tente d'être plus rapide la prochaine fois - même si je pense que cette fic aura un rythme d'un chapitre/mois.

Merci à Emy1805 pour sa gentille review.

Et bonne lecture ! ;)


V

« Et ce sera tout pour le prochain cours. »

La sonnerie retentit, le brouhaha habituel noyant les derniers mots du professeur.

Je poserai bien ma tête sur mon livre pour soupirer une dernière fois face à ce héros qui m'émeut un peu trop, mais déjà je suis entraînée vers le cours suivant.

Quelle femme serait-elle assez cruelle pour refuser cet amour insensé, celui d'un homme qui a tout fait, tout réussi pour lui plaire – pour lui préférer son petit confort ? N'a-t-on pas toutes des rêves de passion, en premier lieu ? Ou le temps change-t-il cela, et je ne suis qu'une jeune ingénue qui ne connaît rien à la vie ?

Je pense à ma mère, qui elle a choisi l'aventure, et a tout planté pour cela. Mais Renée était peut-être encore jeune, ceci expliquant cela. Et moi ? Ai-je ce gène de la folie aventurière ou celui qui me ferait rester dans mon confort casanier ?

La réponse m'échappe, mes théories vaseuses s'envolent en fumée alors qu'une chevelure légèrement rousse apparaît dans mon champ de vision. Moi, tout ce que je veux, c'est que l'on m'aime.

Dommage que Edward ne soit pas Gatsby.


« Tu en fais une tête, trop de devoirs ? »

Je soupire de derrière mon ouvrage.

« C'est Daisy. Elle m'agace tellement. Je comprends qu'elle hésite, je comprends, mais préférer son mari à son amour… »

Alice fait une moue en mordant dans son sandwich.

« Et en même temps, c'était là les valeurs de l'époque, tu sais. »

Je hausse une de mes épaules.

« Je ne nie pas la propagande que chaque livre fait plus ou moins. Mais clairement, elle n'a pas le bon rôle. Car si cet amour était si fort, si elle aimait vraiment Gatsby autant qu'il l'aimait, elle aurait dû et pu… »

L'éclat de rire de mon amie m'interrompt.

« Quelle rêveuse tu fais ! Bien sûr que l'amour est beau, grand et fort… Mais il n'est pas toujours suffisant.

- Comment ça ? »

Mâchonnant tranquillement, ses yeux pétillent d'amusement. Quelle est cette blague qui m'échappe ? Quel est ce secret auquel je n'ai pas été conviée ?

« Alice ? »

L'interpellée, l'air angélique, pose sa serviette sur la table après s'être essuyée la bouche.

« Si l'amour suffisait, Bella, il n'y aurait pas autant de divorces. C'est bien qu'il faut quelque chose de plus. »

Mes yeux s'écarquillent de stupeur, elle n'est quand même pas en train de…

« Pas du sexe, voyons, Bella ! »

Sa voix sonne outrée par le raccourci que j'ai fait et qu'elle a lu sur mon visage.

« Le sexe, c'est facile de s'entendre dessus, comme l'amour, à dire vrai. Je parle d'encore autre chose... Quelque chose qui fait qu'un couple a une vision commune, des intérêts similaires, et des projets. Ils avancent ensemble. »

Je secoue la tête. Je commence à voir. Ça me déplaît fortement, en revanche.

« Et parfois, la vision de quelqu'un change. Donc la direction change. Le couple est amené à se renouveler. »

Mon air affligé fait ricaner Alice.

« Oh, Bella, ne fais pas cette tête ! »

Je détourne les yeux, embêtée. Est-ce cela que Renée a vécu ? Qui l'a poussée à passer le cap du confort ?

« Ton pragmatisme aura raison de moi, Alice. »

Son sourire se crispe légèrement tandis qu'elle me tapote la main.

« J'aime Jasper, Bella. On a pas encore une véritable vision commune, au-delà de la fac, j'entends. Mais imagine qu'il veuille ouvrir un ranch et moi, plutôt vivre en ville dans une maison tout confort ? Ça ne marchera pas. Et s'entêter ne servira à rien qu'à nous dégoûter, nous détruire un peu plus. »

Elle a raison. Je soupire d'agacement. Comment peut-elle avoir raison ? Alice a mon âge !

« Ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas essayer. Parfois, on a des surprises, on trouve un compromis… Mais très souvent, trop souvent… »

Je sais ce qu'elle va dire avant que les mots ne franchissent ses lèvres.

« Ce sont les femmes qui acceptent de changer leurs rêves ? »

Alice acquiesce doucement.

« Je pense que c'est même pour cela qu'on nous élève de la sorte, pour nous oublier, nous invisibiliser. On nous prépare à accepter de passer en dernier. »

La conclusion vers laquelle elle tend me déplait, pourtant je suis le cheminement :

« Donc Daisy…. A le mérite de faire son choix, même si c'est sous la pression de son époux ? »

Mon amie repose sa bouteille d'eau, hausse une épaule à son tour.

« Elle symbolise bien la dualité de cette femme écartelée entre plusieurs compromis, tu ne trouves pas ?

- La femme qui ne sait pas choisir pour elle, et qui choisit le confort et la facilité ? »

Alice éclate de rire, oubliant de porter à ses lèvres son sandwich.

« Décidément, tu lui en veux ! »

Bien sûr que je lui en veux. Moi, si j'étais aimée par Gatsby… Mais Alice n'a pas tort, pour la première fois, le personnage de Daisy m'apparaît surtout digne de pitié.

Que fut-elle sotte de ne pas choisir l'amour, que fut-elle oppressée pour ne pas savoir choisir…

Mes mains se resserrent sur la tranche de mon livre. Faut-il donc que toutes celles qui sont aimées soient de pauvre petites choses frêles et fragiles.

Les filles normales ne sont-elles pas aussi digne d'amour ?


Je referme ma porte, décidée à dormir cette nuit. Je ne serai pas une énième Daisy, oppressée par les hommes, quand bien même celui qui me rejoint entre mes draps est aussi beau qu'apollon, et aussi viril que…

Je rougis à ces pensées. Suis-je vraiment en train de m'imaginer sous les coups de rein d'un jeune éphèbe aux cheveux tirant sur le roux ?

Il est plus que temps que cette addiction cesse. Est-ce sain d'aimer un homme qui n'a que faire de moi ? Est-ce normal de le laisser rentrer chez moi alors que je dors – d'ailleurs, comment rentre-t-il ici ?

Il n'a pas les clefs, et ne sonne jamais.

L'énigme qu'est Edward Cullen ne semble pas prête à être résolu de sitôt.


« Edward, j'ai des questions. »

Sa voix amusée coule sur moi, tandis que ses mains me caressent lascivement :

« Dis-moi. »

L'espace d'un instant, je pense à lui dire tout autre chose, qu'il me fait perdre la tête, que je l'aime sans doute, et je suis même prête à être Gatsby s'il m'assure qu'il ne sera pas Daisy. Je cligne des yeux pour me concentrer, retrouver ma question.

« Comment rentres-tu ici tous les soirs ? »

Son sourire en coin laisse sous-entendre mille choses, plus folles les unes que les autres.

« Un magicien ne dévoile jamais ses secrets. »

Une moue irritée se forme sur mes lèvres.

« Ne devrais-je pas savoir ? D'une c'est chez moi, et de deux, cela pourrait être dangereux si tu passes tous les soirs par une fenêtre ou je ne sais quoi.

- Tu t'inquiètes pour moi ou pour ton arbre ? »

Me caressant la commissure de la bouche du pouce, il me regarde avec cet air intense qui me fait chavirer, oublier tout. Je serre mes draps, tente de me ressaisir. Des réponses, des réponses, je vais obtenir des réponses.

« Je pense que c'est une fol...

- Voilà tout le problème, tu penses encore - je fais donc quelque chose de mal ! »

Son souffle se mélange au mien, ses lèvres sur les miennes l'instant d'après, tandis que ses doigts agrippent ma mâchoire, avec une tendresse relative. Edward ne me laissera pas mener la barque, n'en déplaise à mon féminisme. Edward est-il vraiment celui que je pense ?

« Bella, Bella, Bella... »

Il murmure mon prénom comme une prière, me déposant sur ses cuisses, sa main descendant jusqu'à ma culotte qu'il écarte rapidement.

« Fais-moi confiance », murmure-t-il en me pénétrant d'un doigt lascif.

Alors qu'il mordille mon cou, j'empoigne ses cheveux, ses épaules. Mon bassin se presse contre sa main, son pouce contre mon clitoris, je ne pense plus à rien, sauf à me rapprocher de lui autant que possible. A le sentir au plus profond de moi. A me sentir aimée, comme chaque fois.

« Tu es tellement humide... »

Un gémissement m'échappe tandis qu'il me pénètre d'un second doigt.

« Je vais te prendre toute la nuit », déclare-t-il en me regardant droit dans les yeux.

Et je ne peux qu'espérer que ce sera vrai, qu'il restera toute la nuit.