Et voilà un nouveau chapitre qui devrait en énerver quelques uns ^^ J'espère que ça continue à vous plaire, et gardez à l'esprit que, n'étant pas Américaine, je ne connais rien au système en vigueur là bas. Il est tout à fait possible que ce que je raconte ne soit pas tout à fait au point. Voilà.

Les TMNT ne m'appartiennent pas, je ne gagne pas d'argent dessus.

Bonne lecture !

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Chapitre Deux :

« Je suis désolé, Léo, mais on n'aura aucun renseignement à propos de ces enfants. On ne les a jamais vus, tu comprends ? »

La déception fut difficile à encaisser pour le jeune homme qui s'était pourtant sermonné dix mille fois sur l'espoir stupide qu'il entretenait. Qu'espérait-il exactement ? Pouvoir retrouver des garçons sans noms, perdus de vue depuis seize ans et qui, pour ce qu'il en savait, pouvaient se trouver n'importe où aux États-Unis ? Il aurait dû s'attendre à ce que ça ne soit pas possible.

La main que Karaï posa sur son épaule lui fit relever la tête. À sa grande surprise, sa sœur n'avait pas du tout l'air découragé, bien au contraire. Un sourire rassurant ornait ses lèvres.

« Tu ne t'attendais quand même pas à ce que ce soit si facile, pas vrai ? Se moqua-t-elle gentiment. Mon pauvre gars, tu ferais un très mauvais flic. »

Elle lui tapota l'épaule et le poussa sur le côté pour faire face au responsable administratif de l'établissement. L'homme avait reconnu Léonardo au premier coup d'œil lorsqu'ils étaient entrés, et semblait vraiment navré de ne pas pouvoir l'aider. Il adressa un sourire tout aussi désolé à Karaï.

« Ça ne sert à rien d'insister, mademoiselle, déclara-t-il avant que celle-ci ne puisse ouvrir la bouche. Nous n'avons jamais vu ces enfants, il n'y a donc aucune raison pour que nous ayons des informations à leur sujet. Chercher plus loin ne servirait à rien.

- D'accord, acquiesça la sœur de Léo d'un air légèrement agacé. J'avais déjà compris cette partie, merci. Mais vous avez bien dû entrer en contact avec la responsable de l'autre orphelinat à un moment donné, non ? La femme qui s'occupait de mon frère avant qu'il n'arrive dans votre établissement. »

L'espoir de Léonardo revint aussi vite qu'apparut la surprise sur le visage de leur vis-à-vis. Après un petit temps de réflexion, celui-ci hocha la tête.

« Effectivement, nous devons avoir ses coordonnées quelque part. Mais ça date d'il y a seize ans, ces infos n'auront pas été numérisées et elles ne seront peut-être plus à jour. Il faudra chercher dans les archives.

- On a tout notre temps, répondit Karaï avec un sourire ravi. On pourrait y jeter un coup d'œil ?

- Laissez-moi téléphoner à la direction et je vous répondrais. »

Une demie heure plus tard et après être passé par le bureau du directeur lui-même, Léo et sa sœur épluchaient d'énormes classeurs datant de Mathusalem à la recherche des nom et prénom de celle qui, dans l'esprit du jeune homme, était restée comme la sorcière qui l'avait séparé de Donatello. Il n'était pas sûr d'avoir très envie de la voir, mais si cela pouvait l'aider à trouver ses frères, alors très bien. Il était prêt à accepter l'épreuve.

Il leur fallut deux heures de plus pour trouver ce qu'ils cherchaient et lorsqu'ils sortirent de l'orphelinat, midi et demi sonnait déjà.

« On se fait une pizza ? Proposa Léo qui avait retrouvé un certain optimisme.

- Ok. Et après, direction Ravenswood ! S'exclama Karaï. Tu vas voir, on aura bouclé ça en moins de deux !

- J'espère que t'as raison…

- J'ai toujours raison, petit frère. Je pensais que t'avais compris, depuis le temps. »

Un sourire narquois apprit à la jeune femme que cette théorie n'était pas universellement admise. Comme leurs estomacs criaient famine, ils achetèrent de quoi manger et prirent tout de suite le bus pour la banlieue dans laquelle vivait l'ancienne directrice de Léonardo.

Sur le chemin, le jeune homme ne pouvait pas détacher son regard du petit bout de papier sur lequel était marqué l'adresse et le numéro d'Elisabeth Snow. Son cœur battait la chamade. Cette femme représentait la première étape de sa quête. Allait-il vraiment retrouver ses frères ? Qu'étaient-ils devenus ? Qu'avaient-ils vécu ? Allaient-ils toujours s'entendre, d'abord ? Rien ne le garantissait après tout. Peut-être Léo n'allait-il retrouver ces garçons que pour s'apercevoir qu'ils n'avaient plus rien en commun ?

« Ça va ? Demanda Karaï en le poussant gentiment de l'épaule. Tu es bien silencieux.

- Hum… Tu crois qu'on a raison de faire ça ?

- De faire quoi ?

- De les chercher…

- Ah, tu ne vas pas me dire que tu abandonnes, hein ? On vient à peine de commencer, et…

- Non, mais je veux dire… Ils risquent d'être différents, non ? Est-ce que je suis sûr de vouloir savoir ce qui leur est arrivé depuis seize ans ? Si ça se trouve, ils ont pas du tout envie de me voir. Si ça se trouve, ils m'ont oublié…

- Tu ne pourras pas savoir tant que tu ne seras pas allé vérifier par toi-même, déclara Karaï d'un ton docte. Et si tu ne le fais pas, tu le regretteras toute ta vie. »

Comme Léo gardait le silence, la jeune femme passa un bras autour de son cou.

« Écoute, c'est le fait de ne pas savoir qui te ronge. C'est ça qui t'empêche de dormir. Mettons que tu découvres des trucs pas sympas à leur sujet, par exemple qu'ils ont tournés gros cons, ou qu'effectivement, ils t'ont oublié – on est d'accord que je n'y crois pas une seule seconde – au moins tu seras fixé. Tu n'auras plus à t'inquiéter pour eux. C'est déjà pas mal, non ?

- Je suppose.

- De toute façon, je ne fais même plus ça pour toi, maintenant, conclue Karaï en mimant l'indifférence. C'est moi, qui ai envie de les rencontrer. Qu'ils soient gros cons ou pas. »

Léonardo eut un sourire amusé et donna un coup de poing joueur à l'épaule de sa sœur en se levant. Ils étaient arrivés à leur arrêt. Les deux jeunes gens mirent vingt minutes pour trouver la fameuse adresse et furent soulagé de constater qu'Elizabeth Snow vivait toujours au même endroit. Elle devait avoir autour de soixante-dix ans à présent.

La vieille dame ouvrit grand la porte, sans le moindre signe de méfiance et presque immédiatement après que Léo et Karaï aient sonné. Sans doute le dernier souvenir que Léonardo conservait d'elle avait-il altéré ce dont il se souvenait d'elle en général, car la petite grand-mère mignonne et souriante qui lui faisait face n'était pas du tout en accord avec les doigts de sorcières et la tristesse hypocrite qu'il avait à l'esprit.

« Bonjour jeunes gens, les salua-t-elle avec une expression de curiosité polie. Je peux vous aider ? »

Jusque-là, Léo n'avait pas été sûr de ses sentiments vis-à-vis de cette femme, mais en voyant son air chaleureux, et en reconnaissait les traits de ce visage qui avait été celui du premier adulte à qui il avait fait confiance, le jeune homme sentit sa colère s'effacer. Il y avait toujours un peu de rancune, mais plus de reproches. Après tout, ce n'était pas elle qui avait choisi de fermer son orphelinat, et Léonardo et ses frères n'avaient pas été les seuls enfants à être replacés à cause de ça. Ce n'étaient que les souvenirs d'un gamin de six ans qui avaient déteint sur les aprioris qu'il avait d'elle, or, il était à présent adulte. Ça ne pouvait donc plus compter.

« Bonjour, madame Snow, la salua-t-il en souriant à son tour. Vous vous souvenez de moi ? Je suis Léonardo. De l'orphelinat du boulevard Hoffman. »

Elle fronça les sourcils et sembla réfléchir, puis secoua finalement la tête.

« Je suis désolée, s'excusa-t-elle en les invitant à entrer d'un geste. Ma mémoire n'est plus ce qu'elle était et j'ai eu à m'occuper de beaucoup d'enfants. Mais venez donc me raconter plus en détail, peut-être que ça me reviendra.

- Vous êtes sûre ? Demanda Karaï. On ne vous dérange pas ?

- Au contraire, ma petite, ça me fait plaisir d'avoir un peu de compagnie. Mes enfants ne viennent qu'un week-end par mois et mes petits-enfants ont d'autres choses à faire plus amusantes que de venir voir leur vieille grand-mère. Entrez, entrez, la cuisine est par là. »

Curieux, Léo et sa sœur la suivirent à l'intérieur de son minuscule appartement. Elle les fit asseoir autour d'une table et posa devant eux une assiette de gâteaux, sur lesquels Karaï fondit tel un rapace. Les gros yeux de son frère ne lui firent absolument aucun effet.

« Vous voulez quelque chose à boire, les enfants ? Demanda la vieille femme. Du thé ou du café ? J'ai du Coca-Cola si vous voulez.

- Ça ira madame, merci, répondit Léonardo en passant sur le terme « enfants ».

- Comme vous voudrez, moi je prendrais un café.

- Ce n'est pas très conseillé, à votre âge, si ? S'inquiéta Karaï.

- Ma petite, j'ai quatre-vingt-trois ans, répondit madame Snow. J'ai atteint un âge où je crois avoir le droit de choisir ce qui est bon pour moi. Vous n'êtes pas d'accord ? »

Le frère et la sœur échangèrent un regard amusé. Elle leur était sympathique, cette vieille qui buvait du café et semblait faire suffisamment confiance à de parfaits inconnus pour les inviter à entrer chez elle.

« Alors, dites-moi tout, les invita-t-elle en s'asseyant à son tour. Vous étiez tous les deux à mon orphelinat ?

- Non, seulement moi, répondit Léo. Je m'appelle Léonardo.

- En quelle année y étiez-vous ? Je suis vraiment désolée, mais ma mémoire vacille.

- J'avais six ans quand vous avez fermé. Vous vous souvenez ? J'étais dans la même chambre que trois autres garçons, Michelangelo, Raphaël et Donatello. »

Soudain, les yeux de la vieille dame s'arrondirent et les jeunes gens surent que les souvenirs lui étaient revenus. Un grand sourire s'étala sur ses lèvres.

« Oh, mon dieu, tu es Léo ! S'exclama-t-elle, ravie. Je me souviens ! Vous étiez tellement adorable tous les quatre. Vous séparer a sans doute été la chose la plus dure que j'ai eu à faire de toute ma vie.

- Je peux vous poser une question à ce propos ? Intervint Karaï en voyant le visage de son frère se fermer un peu à ce souvenir. Pourquoi les avoir séparés ? Vous ne pouviez pas les replacer ensembles ?

- Croyez-moi, si j'avais pu, je l'aurais fait, mais il y avait beaucoup d'enfants à qui je devais trouver un toit, à l'époque, et très peu d'orphelinats pour les accueillir. De plus, c'était aux orphelinats de choisir quels enfants ils acceptaient de prendre sous leurs ailes. Je m'estime déjà heureuse que tous mes protégés aient été placés à la fermeture. Ce n'était pas prévu, vous savez ? Sinon je m'y serais prise plus tôt pour chercher des places. D'ailleurs, Léo, qu'est-ce que tu deviens, toi ? Tu ne peux pas savoir ce que ça me fait plaisir d'avoir de tes nouvelles ! Tu dois avoir vingt-et-un ans maintenant, si mes calculs sont justes. C'est ça ? Que fais-tu de beau ? »

Souriant, Léonardo lui raconta les grandes lignes de sa vie depuis l'âge de six ans et finis par aborder la vraie raison de sa présence ici.

« Je voudrais retrouver les garçons de mon dortoir, déclara-t-il finalement. J'ai besoin de votre aide. »

Le sourire de la vieille dame se fit doux. Elle hocha doucement la tête.

« Bien sûr, ça me ferait extrêmement plaisir de t'aider.

- On voudrait savoir dans quels établissements ils ont été envoyé, ce serait possible de consulter les dossiers ? Demanda Karaï.

- Oh, ça ne sera pas nécessaire, répondit Elizabeth Snow dont le visage devint triste. Certaines choses ne s'oublient pas. Et croyez-moi, les regards haineux de Michelangelo et Raphaël, et les larmes de Léonardo et Donatello en font partie. Je me souviens très bien quelles étaient chacune de leurs destinations. »

La gorge de Léo se serra à tel point qu'il se crut au bord du malaise quand la vieille dame leva les yeux vers lui.

« Est-ce qu'ils sont restés au même endroit toute leur vie ? Là est la question que tu dois te poser. Mais tu auras au moins un début de piste, n'est-ce pas ? Donatello a été envoyé dans un établissement à Phoenix, en Arizona. Michelangelo à Saint-Paul, dans le Minnesota. Quant à Raphaël… Il est resté sur New York, comme toi. Tu devrais sans doute commencer par lui. »

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Merci d'avoir été au rendez-vous, n'oubliez pas de me dire si ça vous a plu ;)

Saluz