Voilà le nouveau chapitre ! Je m'excuse pour la semaine dernière, j'ai complètement oublié d'expliquer ce qu'était le MIT.

Le MIT est le Massashussetts Institue of Technology, une des fac les plus réputée et les plus dures du monde. Les gens qui sortent du MIT font partie de l'élite intellectuelle mondiale, voilà voilà. Donnie est un petit génie, en somme ^^

J'espère que ce chapitre vous plaira toujours !

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Chapitre cinq :

Jamais Léonardo n'avait été plus stressé qu'à cet instant précis, pas même lorsqu'il avait passé ses examens finaux, ou lorsqu'il s'était rendu chez Splinter en tant que fils pour la première fois. Même sa première compétition de ninjutsu ou sa première copine ne l'avaient pas rendu anxieux à ce point. Il comprenait mal la raison de cette angoisse qui lui compressait la cage thoracique, en revanche, il comprenait parfaitement que la porte en face de lui était l'ennemi le plus redoutable qu'il ait jamais eu à affronter.

Le jeune homme avait passé les quatre derniers jours dans une sorte de déni qui lui avait permis de suivre ses cours aussi efficacement que d'habitude, mais qui ne l'avait pas préparé à ce qu'il allait vivre maintenant. Il s'était lui-même convaincu que retrouver son frère en à peine deux semaines était, selon toutes les lois de la nature, du karma et de l'univers, absolument impossible. Pourtant, il était là, tétanisé devant la porte de l'appartement de Raphaël. Le cœur battant à cent à l'heure.

« Ça va ? S'inquiéta Karaï en posant une main sur son épaule. Tu te sens bien ?

- Pas vraiment… Balbutia Léo. Écoutes, c'était une mauvaise idée en fait. Il n'a peut-être aucune envie de me voir. On ferait mieux de partir et de…

- Pas question, trancha la jeune femme en attirant son frère dans une étreinte rassurante. On a déjà parlé de ça. »

Léonardo eut un soupire tremblant. Il savait qu'elle avait raison, et il avait de toute façon une terrible envie de voir Raphaël de ses propres yeux, mais la peur qu'il ressentait était plus forte. La peur de s'être trompé, la peur de l'inconnu, la peur de la déception. Et si son frère ne le reconnaissait pas ? Et s'il s'en fichait ? S'il l'avait oublié, ou si, tout simplement, il n'accordait pas autant d'importance que Léo à leurs retrouvailles ? Sans lui laisser le temps de se reprendre, Karaï frappa à la porte derrière laquelle on entendait un mélange de Rock et de cris.

« Karaï ! S'exclama Léo d'un ton paniqué. Qu'est-ce que tu fais ?!

- Hey, on va pas camper ici, si ?

- Non, mais je voulais… »

Le jeune homme ne termina pas sa phrase car à ce moment-là, la porte de l'appartement s'ouvrit. Une adolescente apparut dans l'encadrement. Elle devait avoir seize ans, mais ses cheveux violets, ses piercings et ses vêtements noirs, semblables à ceux de Karaï la faisaient paraître plus âgée. Elle toisa Léo et sa sœur du regard l'espace d'un instant alors que la musique et les cris à l'intérieur envahissaient le couloir.

« Je peux vous aider ? », demanda-t-elle d'un ton légèrement hautain.

Comme Léo gardait le silence, sa sœur s'avança d'un pas.

« Bonjour, on cherche Raphaël. Il habite bien ici, pas vrai ? »

Derrière l'adolescente, les bruits d'une dispute se faisaient entendre par-dessus la basse et la guitare. La jeune fille hocha la tête et ouvrit la porte pour les inviter à entrer. Elle les guida jusqu'au salon dans lequel deux hommes étaient en train de se battre pour obtenir la télécommande de la télévision. Alors que le bruit était proche de l'insupportable, l'adolescente arrêta la musique.

« Oh ! Aboya-t-elle à l'adresse des lutteurs. Arrêtez, bande d'idiots ! Raph, y'a des gens pour toi. »

Aussitôt, les deux hommes démêlèrent le nœud qu'ils avaient formé de leurs membres et se redressèrent. Sans une seconde de réflexion, Léonardo reconnu Raphaël. Celui-ci épousseta ses vêtements et donna un coup de coude à son camarade, l'air passablement énervé. Il était râblé, d'une tête plus petit que Léo, mais sans doute deux fois plus épais. Par contre, contrairement à ce dernier qui devait se battre pour éliminer le moindre gâteau dont il abusait, Raphaël n'avait pas une once de graisse. Uniquement des muscles. Ses longues dreadlocks étaient remontées en queue de cheval et un bandeau rouge qui tranchait avec le noir de sa peau ceignait son front. À côté de lui, son compagnon, quoi que tout aussi baraqué, ressemblait à une allumette. Il était plus grand, peut-être légèrement plus âgé, la peau pâle, les cheveux bruns et courts. Une barbe de deux jours commençait à dévorer son visage. Ses yeux se posèrent immédiatement sur Karaï et un sourire séducteur naquit sur ses lèvres.

« Hey… Salut, toi, ronronna-t-il. Moi, c'est Casey. C'est quoi, ton joli nom ? »

L'adolescente poussa un lourd soupire et lui donna un coup de pied.

« Refrène un peu tes ardeurs, tu veux ? Pourquoi tu te sens obligé de faire ça ?

- On se connaît ? Interrompit Raphaël d'un ton poli et curieux à l'adresse de ses visiteurs. Je peux faire quelque chose pour vous ? »

Mais Léo n'était plus capable de répondre. Il ne pouvait même plus quitter son frère du regard car brusquement, tous les souvenirs qu'il avait cru oubliés à son propos reprenaient vie dans sa tête. Le visage de son frère refaisait surface, son caractère, son attitude, tout. Tout le submergeait et le mettait dans l'incapacité de réagir. Comprenant cela, Karaï prit de nouveau le contrôle de la situation.

« Enchantée, déclara-t-elle en contournant le canapé pour attraper la main de Raphaël et la serrer, un sourire ravi sur le visage. Je suis Karaï. J'ai tellement entendu parler de toi !

- Euh… Content de te rencontrer, répondit le jeune homme, un peu gêné. Eux, ce sont Casey, et sa sœur, Angel, ajouta-t-il en pointant ses compagnons du pouce. Je peux savoir comment tu me connais ?

- Oh ! Oui, oui, bien sûr, répondit Karaï en indiquant Léo du doigt. Voilà mon frère. Il s'appelle Léonardo. »

Le visage de Raphaël se figea immédiatement dans une expression d'espoir sceptique quand il fixa son regard sur le concerné. Il commençait à comprendre, mais n'était pas sûr d'y croire. La capacité de se mouvoir revint à Léo aussi soudainement qu'elle l'avait quitté.

« On se connaissait il y a très longtemps, déclara-t-il en souriant, de plus en plus heureux chaque seconde passant. On était dans le même orphelinat quand on avait…

- Six ans. »

Léonardo hocha la tête.

« Avec Donatello et Michelangelo, ajouta Raphaël dont la joie illumina le visage. Merde, j'arrive pas à y croire ! »

Il franchit d'un bond le canapé en coin qui le séparait de Léonardo en riant et le souleva littéralement de terre lorsqu'il le sera dans ses bras. Les barrières de ce dernier tombèrent aussitôt et il retourna l'étreinte, riant lui aussi.

« Hum… Est-ce que je devrais être jaloux ? Demanda Casey d'un ton taquin, avec le même sourire curieux que celui qui ornait les lèvres de sa sœur.

- Oh, Casey ! S'exclama Raphaël en s'écartant finalement de Léonardo sans ôter son bras de ses épaules. C'est Léo ! C'est mon… »

Il s'arrêta brusquement et jeta un regard à celui-ci, comme s'il cherchait une confirmation. Le frère de Karaï laissa un immense sourire envahir son visage et hocha la tête.

« Mon frère, confirma-t-il. Raph est mon frère. »

Alors que le visage de Raphaël s'illuminait littéralement, ceux d'Angel et Casey s'ornèrent de sourires stupéfaits. Karaï, elle, avait seulement l'air satisfait de son travail.

« C'est ouf ! S'écria Angel en se laissant tomber sur le canapé. Ça n'arrive que dans les livres ce genre de truc !

- Comment tu… Pourquoi ? Balbutia le jeune homme noir qui ne semblait toujours pas en revenir et examinait le nouveau venu sous toutes les coutures. Seize ans, mec ! Pourquoi maintenant ?

- Dis merci à Karaï, pour ça, répondit Léo en adressant un sourire chaleureux à sa sœur.

- Merci, répéta tout de suite Raphaël à l'adresse de la jeune femme.

- Alors… Tu vis ici ? Demanda Karaï.

- Tous les trois, répondit Casey en englobant sa sœur et son ami d'un geste.

- Ou plutôt, eux y vivent, et moi je squat. », précisa Angel avec un rictus moqueur.

Les cinq jeunes gens passèrent l'après-midi ensemble. Léonardo était incroyablement heureux. Toute la peur qu'il avait pu ressentir au début s'était métamorphosée en bonheur. Raphaël et lui s'entendirent immédiatement et il ne fallut pas deux heures pour qu'ils se comportent l'un avec l'autre aussi naturellement que s'ils n'avaient pas été séparés pendant seize ans. Le frère de Karaï avait du mal à y croire. Était-il possible d'effacer en un regard tant d'années de séparation ? La réponse était apparemment oui, car au bout de quatre heures, Raph et lui avaient déjà échangés toutes les grandes lignes de leurs vies.

Raphaël avait été un enfant turbulent. On avait essayé de le placer à plusieurs reprises mais son comportement avait toujours fini par rebuter les familles d'accueil. Cela ne le dérangeait pas car, comme l'avait dit l'homme qu'avaient rencontré Léo et Karaï, il avait été la vedette de l'orphelinat jusqu'à son départ. Il n'avait jamais supporté les méchancetés dont les orphelins pouvaient être victimes et s'était battu toute sa vie contre quiconque pouvait être méchant envers ses protégés. C'était ce qui lui avait valu plusieurs séjours en cellule. Il s'était lié d'amitié avec le commissaire et avait réalisé que les flics n'étaient peut-être pas seulement les gars payés pour taper sur les gens comme lui. Après ses examens finaux, il avait voulu rentrer dans la police, mais s'était vite aperçut qu'il n'était pas fait pour ça. Il s'était finalement orienté vers une faculté de sport et espérait devenir un jour professeur de boxe. C'était là-bas qu'il avait rencontré Casey qui était devenu son meilleur ami et très vite, ils avaient commencé une colocation. Dans l'ensemble, il ne se plaignait pas. Il gardait des souvenirs très durs de son enfance et de son adolescence, mais le résultat en valait la peine. S'il n'avait pas été très heureux au cours de son enfance, il l'était à présent.

Après les récits de leurs vies revisitées en long et en large, la conversation s'orienta bientôt vers un sujet plus grave. Les trois autres avaient depuis longtemps laissé les deux frères se retrouver et s'étaient lancé dans un débat sans fin à propos de quelle équipe universitaire de foot devrait gagner la coupe cette année. Casey draguait sans vergogne une Karaï très peu intéressée pendant que Léo et Raph abordaient enfin un sujet qui leur tenait à cœur.

« Tu as des nouvelles de Michelangelo et Donatello ? Demanda Raph après une évocation peu subtile de Léonardo.

- Oui, soupira celui-ci. J'ai des bonnes nouvelles pour l'un et des mauvaises pour l'autre. Je commence par quoi ? »

Le visage de Raphaël prit une expression inquiète. Léo raconta ce qu'il savait à propos de leurs frères et si la nouvelle de l'admission de Donatello au MIT enchanta Raph, celle de la situation de Michelangelo lui mina le moral.

« Est-ce que… Est-ce que tu voudrais les chercher avec moi ? Demanda Léonardo avec espoir. On pourrait profiter des vacances d'Octobre pour voir si Donatello est toujours dans le Massachusetts, qu'est-ce que tu en dis ?

- J'en dis que je suis cent pour cent avec toi ! S'exclama Raphaël. Moi aussi je veux les revoir ! »

Finalement vint l'heure de rentrer chez soi. Karaï et Léo saluèrent leurs nouveaux amis et à peine la porte de l'appartement se fut-elle refermée que le jeune homme serra sa sœur dans ses bras, assez fort pour lui briser les côtes.

« Merci Karaï, marmonna-t-il, au bord des larmes. Je ne sais pas ce que je deviendrais sans toi.

- Tu moisirais dans ton orphelinat jusqu'à la fin des temps, c'est sûr, répondit la jeune femme en lui rendant tendrement son étreinte. Alors, petit frère, c'est qui la plus chouette sœur du monde ?

- Aucun doute, c'est toi.

- Et mon cadeau, il n'est pas génial ?

- T'imagines même pas. », répondit Léonardo.

Plus qu'heureux, ils prirent le chemin du retour.

« En tout cas, on dirait que tu as un ticket avec Casey, plaisanta Léo en s'asseyant dans le bus.

- Tu parles ! S'exclama sa sœur dans un rire. Il drague beaucoup, mais si je répondais à ses avances, il s'enfuirait en courant, c'est sûr !

- Ah bon ? Pourquoi ?

- C'est dingue, Léo, t'es aveugle, ou quoi ? Tu sais, les yeux, ça sert à regarder, pas seulement à voir.

- Je ne comprends pas…

- Il n'y avait que deux chambres dans cet appart, et l'une d'elle était clairement celle d'Angel. Et puis Casey qui demande s'il doit être jaloux quand Raph te sert dans ses bras ? Ils sont en couple, c'est clair.

- Vraiment ? Merde, j'avais rien remarqué !

- Forcément, petite tête, se moqua Karaï en donnant une pichenette sur le front de son frère. Tu ne te sers jamais du poids chiche qui te sert de cerveau ! »

Avec un agacement feint, Léonardo fit mine de la frapper. L'excitation et la joie le rendaient comme ivre. Maintenant qu'il avait rencontré Raphaël, il ne pouvait plus attendre de rencontrer Donatello et Michelangelo. Il n'avait qu'une seule envie, se retrouver seul avec eux trois, même l'espace d'un instant. Retrouver cette impression d'unité qu'il n'avait plus eut depuis ce jour fatidique, seize ans plus tôt. Et il ne doutait plus, à présent, que cet instant viendrait. Devait-il aller chasser Michelangelo jusque dans le Minnesota pour ça.

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Je vous avais prévenu pour le Rasey, alors s'il reste des gens qui n'aiment pas ça, je suis désolée, mais c'est parfois utile de lire les blabla de l'auteur.

ça vous a plus ? Hein, hein ? =D alors n'oubliez pas de me le dire dans les commentaires !

A la semaine prochaine ;)

Saluz