2.
Sortant du bain, Alphégor trouva un jeune homme lui tendant une serviette.
« Je sais m'essuyer depuis longtemps ».
Mais Alphégor inclina légèrement la tête en signe de remerciement.
- Merci.
S'enveloppant dans le grand drap de bain, il se sentit bien, toute sa peau exhalant les parfums de l'eau où il s'était prélassé.
- Quel bonheur. Avant, je devais me sécher tout seul ! Avoir du personnel cela a du bon. Mais heureusement que l'Empereur Shémar prend les frais à sa charge car je serais bien incapable de les assumer. Je dois vraiment lui être précieux. Je ne comprends pas toujours pourquoi, mais c'est ainsi et je ne vais pas m'en plaindre. Et s'il pouvait m'offrir une fiancée, cela m'irait !
Alphégor consultait les derniers plans de vols transmis par le QG du Nouvel Empire quand Orhen son Second se fit annoncer.
- Nous sommes prêt, Capitaine ! Un an encore de vérifications minutieuses et les Condors sont prêts à prendre leur envol !
- Enfin ! Le temps a été plus qu'agréable, mais il me tardait de me retrouver sur une passerelle, dans l'espace !
- Je vous comprends. J'ai également été conditionné en ce but.
Alphégor But quelques gorgées de café pour accompagner ses pancakes à la confiture.
- Jusqu'ici, je n'ai rencontré que des Xendriens de ma génération. Où sont les anciens, les enfants ?
- Sur Néa Oxendr. En totale sécurité. Et nos Alliés sont enfin là : Orendois et Xynomphs. Ils vont appuyer notre Armada. Voilà pourquoi nous avons patienté durant un an.
Alphégor sourit tout en plongeant sa cuillère dans une onctueuse mousse au chocolat.
- Je crois que je vais devoir aller voir notre Empereur pour prendre mes ordres. Dès que j'aurai fini cette coupe.
- Je suis effectivement venu vous chercher.
- La Générale Anthonienne sera là ?
- Evidemment ! C'est l'ultime plan de bataille, la Générale ne peut qu'être présente. A nous d'être à la hauteur, comme tous les Capitaines de Condors.
- Je le serai, assura Alphégor avec un sourire assuré. Je ne suis pas parti les mains vides de l'Amphipolis, j'ai emporté une copie des tactiques de mon père ! L'ancien ennemi de notre côté, à son corps défendant, voilà ce que j'appelle un atout indéniable !
Da la tête, Orhen approuva, se retirant pour laisser Alphégor finir son petit déjeuner.
Non Militaire, Alphégor avait conservé ses tenues civiles mais en une année il avait obtenu ses petites entrées au Palais de l'Empereur Shémar et ce fut avec un petit salut que les gardes le laissèrent passer.
Dans la salle où Orhen lui avait dit de se rendre, le jeune homme se retrouva face à Anthonienne, Générale de la Nouvelle Armada de Xendr et épouse de l'Empereur. Prunelles vertes, chevelures d'or, la jeune Xendrienne portait magnifiquement la combinaison pourpre Militaire qui rehaussait ses formes parfaites.
- Mes compliments, Générale, fit respectueusement Alphégor.
- Plaisir de te revoir, Capitaine Ramsdheim.
Les portes refermées, Anthonienne se départir de sa mine solennelle pour sourire quasi amicalement.
- Vraiment ravie de te retrouver, Alphégor. Je t'ai délaissé de très nombreuses semaines.
- Tu es notre Générale, la femme de l'Empereur. Tu as de nombreuses et lourdes obligations, fit le jeune homme en se dirigeant vers un guéridon pour remplir un verre de cidre pour la belle Xendrienne.
- Et toi tu es un charmeur né. Tu es dangereux. Dommage que ce charme ne puisse emporter des victoires guerrières. Et tel va être notre lot pour une très longue période.
- J'ai bien des talents.
- Comme si je l'ignorais. Je sais avec quels efforts tu as suivi les simulations de combat, combien tu t'es entraîné physiquement, et tu disposes désormais de tes moyens associés aux tactiques de ton père. Bien des espoirs reposent sur toi. A présent je vais te mener à l'Empereur.
- Dommage que le titre d'Impératrice n'existe pas, tu l'aurais remarquablement porté.
- Flatteur !
Alphégor rit doucement tout en suivant sa guide jusqu'au bureau privé de Shémar l'Empereur de Xendr.
- Mon Empereur, fit Alphégor en s'inclinant légèrement.
- Capitaine, tu es Xendrien, tu devrais t'agenouiller.
- Je ne le peux toujours pas. Pardonne-moi encore une fois.
- Je t'ai à la bonne, Capitaine Alphégor. Tu as de la chance. Tu es prêt ?
- Je pense pouvoir servir au mieux.
- Tu t'es entraîné, tu as forci. Tu es parfaitement à ta place pour la mission que j'ai à te confier. Je suis ravi au-delà de toutes espérances. Le Condor Eternium t'attend, finies les simulations de guerre, tu repars dans l'espace pour de vrai ! A nous les Mondes Libres !
Alphégor leva le poing, en signe d'approbation, d'allégeance et de détermination.
- A nous les Mondes Libres !
