Hi,
Oulouou j'ai enfin terminé d'écrire le chapitre 6 !
M'enfin, je vous présente le premier chapitre de cette fic au nom beaucoup trop long !
J'espère que vous l'apprécierez !
Sinon, il me semble que je ne l'avait pas précisé dans le précédent chapitre mais en fonction du point de vue sur lequel j'écrierais je vais utiliser une écriture inclusive. Les personnages ne l'utilise pas tous car iels évoluent différemment et ne sont pas confronté au mêmes choses donc voila, ne soyez pas surpris !
Bonne lecture !
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Chapitre 1
Elle l'a trouvé. Sur le sol sale d'une quelconque impasse oubliée. Elle y est habituée. Il est tout abîmé. Elle y est habitué. Il dort encore. Elle tape dans son ballon. Encore et encore. Elle ne se lasse jamais. Aujourd'hui plus encore. Elle se dit que Fudo a raison. Se bourrer la gueule puis se faire tabasser, ça doit aider à oublié. Si elle n'avait pas peur de se faire violer sûrement qu'elle viendrait avec lui. Ça puait ici. Un mélange de pisse, de poubelle et de shit. Et puis Fudo, son vomi et son sang. Elle voulait dégueuler. Elle frappa plus fort dans son ballon. Elle voulait oublier mais elle ne pouvait pas. Et Fudo qui dormait comme un bienheureux. Il ne savait pas, lui. Mais même quand il saurait. Il ne les connaissait pas tant que ça, lui. Le mur en face d'elle craqua. Elle se demanda si elle pourrait le casser. Peut-être avec sa super technique. Elle sourit et tira un peu plus fort encore. Fudo bougea. Elle envoya le ballon dans le ventre. Il cria. Plus de surprise que de douleur.
« Debout, grosse merde. »
Toussant. Les bras enserrant son ventre. Fudo releva son visage défiguré. Et en la reconnaissant il sourit.
« Hey, Rushe »
La jeune fille lui tendit la main. Il se releva difficilement. Mais toujours ce sourire au coin des lèvres. Rushe adorait se sourire. C'était ce qui faisait qu'elle admirait Fudo. Même si ça n'était qu'un pauvre type tout cabossé qui se détestait lui-même.
Elle récupéra son ballon. Il y avait la signature de Fudo dessus. Mais pas que la sienne.
Elle sortit vivement de l'impasse.
« Dépêche-toi. »
Fudo ne savait pas encore.
Quand il fut sortit lui aussi elle le regarda dans les yeux. Avec fureur.
« On rentre, t'as raté des trucs. Et après on se fait du un v un jusqu'à ce que je ne tienne plus sur mes jambes. »
Il garda son sourire en coin et s'appuya sur elle.
Iels rentrèrent.
L'appartement était comme toujours. Dans un désordre sans pareil. Une odeur de brûlé sortait de la cuisine. Éclipsant même celle de tabac froid. Ils se dirigèrent vers le salon. Un petit salon encombré. Une table basse. Divers cendriers. Un canapé essoufflé. Des vêtement sales. Une télé à peine plus grande que l'écran de leurs ordinateurs. Des pilles de livres des plus variés. Des objets en tout genres. Et puis deux lettres. Et Paolo.
Il n'avait pas bougé. Son regard était toujours vide. Fixé sur une pille de livre qui manquait de s'écrouler. Assis. Par terre, entre le canapé et la table basse.
Fudo s'affala sur le canapé. Il jeta un coup d'œil à Paolo. Puis à Rushe. Il finit par faire comme de rien. Vérifiant que ses blessures n'étaient pas trop grave. Attendant qu'un des deux commence à lui expliquer. Mais Rushe fixait Paolo avec intensité. Et Paolo faisait de même avec le vide. Il commença à désinfecter l'éraflure qu'il avait sur le bras gauche. Il avait dû se la faire quand on l'avait jeté dans l'impasse. Rushe s'avança jusqu'au canapé. Soit de deux pas.
« Tu n'iras pas. », assena-t-elle.
Paolo sursauta. Son regard s'alluma et il tourna la tête vers l'adolescente.
« Comment ? »
Mais elle ignora sa question.
« Explique-lui. »
Elle montra Fudo d'un mouvement de tête.
Paolo baissa la sienne. II chuchota.
« Je… Luca est mort, Hidetoshi à disparu et on m'envoie au front. »
Sa voix était terrifiée. Il était sur le point de pleurer.
Fudo lui avait les yeux écarquillé. Il n'était pas près à recevoir tout ça en pleine face. Il regarda Rushe. Luca était son cousin. Hidetoshi le meilleur ami de son cousin. C'était eux qui l'avait accompagné à son premier match de football. Quand elle avait enfin retrouvé la vue. Il y a six ans. Et maintenant.
La peur arriva comme une balle transperce le cœur. Non. Paolo ne pouvait pas partir. Pas mourir. Pas lui. Et le laisser seul. Avec Rushe. Avant qu'elle y soit envoyé, elle aussi. Et qu'elle meure. Et qu'il soit vraiment seul. Et qu'il finisse lui aussi par mourir. Dans ce pays qui n'était pas le sien. Par ces italiens qui lui reprochait d'être ici, en vie, dans leur pays. Par ces italiens qui lui avaient interdit de rentrer chez lui quand la guerre s'était déclarée. La Troisième Guerre Mondiale. Ça ferai bientôt un an.
Et sans Paolo. Sans Rushe. Il mourrait, c'était sur. Par les tabacs des italiens ou par sa propre initiative. Sans eux, il n'était plus rien. Sans Eux. Eux qui venaient de perdre deux de leurs propres Eux. La douleur, la peur. Elle battait si fort à ses oreilles.
« Pour Hidetoshi on ne sait pas encore s'il est mort ou fait prisonnier ou s'il a déserté mais… il est plus là. »
Le désespoir faisait trembler la voix de Paolo.
« Et… et moi… »
La voix se brisa.
Paolo renifla. Mais Fudo sut qu'il pleurait.
« Je ne veux pas. Je ne veux pas finir comme… comme ma mère. Je- J'ai vu son cadavre et je… Je ne veux pas. Je veux… Putain ! Je veux vivre moi ! »
Et Fudo entendit ses sanglots. Et il était sur le point de pleurer lui aussi. Et Rushe qui le regardait. Le regard dur. La mâchoire serrée.
« T'es sensé partir quand ? », dit-elle.
Paolo lui lança un regard hanté.
« Le vingt. Dans dix jours. »
« Tu n'iras pas. »
Rushe les scruta attentivement avant d'ajouter.
« On se casse. »
Elle sourit.
« En dix jours, on a le temps de faire nos bagages et de partir. »
« Où ? », s'exclama Paolo.
« La Suisse. »
La Suisse. Logique. Mais terrifiant.
Ils n'y avaient pas pensé, trop de risques, trop de morts, trop d'incertitudes.
Mais maintenant, Rushe avait proposé. Comme si par sa proposition, elle les avait libéré. Les chaînes entravant même l'idée de se rebeller oubliés.
Partir. Clandestinement. Pour la Suisse. Pour la Paix. Pour la Vie. Pour l'Espoir.
Absurde d'abord puis d'une logique sans faille.
Iels iraient. Peut-être iels mourraient, mais finalement ce que leur promettait leur avenir n'était pas différent. La mort reste la mort. Autant essayer de vivre que de s'y condamner.
Et même si rien que l'idée de traverser l'Italie entière dans la clandestinité la plus totale le terrifiait, Fudo acquiesça. Avec un sourire arrogant. Sûr. Faussement.
Paolo les regarda chacun leur tour avant de sourire. Lui aussi. Avec détermination. Espoir. Peur aussi, toujours.
Un objectif trouvé. La rage de vivre lui hurlant que c'était la bonne chose à faire. Et l'envie de cracher à la gueule du destin. Celui qui les condamnait à la mort.
Iels survivraient. Quoi qu'iels leurs en coûte. Eux tous.
« Dix jours ? Ouais ça peut se faire. »
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« Dans une histoire pareille, il n'y a rien à faire, il n'y a qu'à foutre le camps. »
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