Chanson : Jump de Van Halen. Bonne lecture
Billy ne su que répondre à ça. Il était perturbé de voir Steve, qui paraissait d'habitude si fort et sûr de lui, complètement au fond du gouffre. Il préféra juste serrer le jeune homme dans ses bras en lui caressant le dos pour le rassurer. C'était la seule chose qu'il était capable de faire sans blesser involontairement Steve déjà fragile. Ce dernier s'agrippait à lui comme si sa vie en dépendait, et peut être était-ce réellement le cas. Une fois les larmes taries, Billy ce mit en quête d'un nécessaire à pharmacie, pour soigner un minimum le bras, dans un état piteux, de Steve. Il trouva ce dont il avait besoin dans la salle de bain. Il désinfecta ainsi la blessure du jeune homme et la banda de façon à ce qu'elle ne s'infecte pas. Une fois cela fait, les deux garçons ne savaient plus quoi dire ou faire. Steve était honteux d'avoir craqué devant un type qu'il connaissait a peine et ne portait pas dans son cœur, mais ne contait pas non plus s'excuser car ça lui avait fait du bien de mettre des mots sur ce qu'il ressentait. Et l'autre garçon ne l'avait pas jugé ce qui bizarrement le mettait en confiance. Billy, lui, n'avait pas eu l'impression d'avoir été très utile pour le jeune Harrington. Il voulait lui ouvrir les yeux sur sa condition plus que favorable mais ne savait trop que faire. Ils se regardèrent dans le blanc des yeux quelques minutes avant que le blond ne brise la glace, excédé par le silence pesant:
« T'sais la vie c'est qu'une pute. Elle te sourit un temps et d'un coup sans prévenir elle te fou un coup de poignard dans le dos. J'vais dire un truc que je vais regretter donc t'as pas intérêt à le répéter à qui que ce soit princesse. »
Steve regardait Billy, attentif mais pas moins craintif. Il savait plus ou moins de quoi Billy était capable une fois en colère. Ce dernier lâcha un soupir avant de continuer à parler:
« Ma mère est morte quand j'avais 8 ans, sous les coups de mon paternel. Depuis mon père est alcoolique et me bat pour se défouler. Je le déçois et il a honte de moi, il faut dire qu'il y a de quoi. Et garde tout de suite ta pitié pour toi j'ai pas besoin de ça. Bref. Ce que je veux dire c'est que c'est pas pour autant que j'abandonne. A chaque chute je me relève pour montrer au monde et surtout à mon père qu'il ne m'aura jamais à l'usure, que malgré ce qui peut arriver je resterai debout et fier. Tes problèmes sont différents des miens et on a pas la même façon de réagir mais faut pas se laisser abattre. C'est ce que le monde veut, qu'on s'écroule. T'as vraiment envie de donner cette satisfaction à ces gens?! Si je reste en vie c'est pas pour le monde mais pour moi, une vie on en a qu'une, on va pas la gâcher pour des gens qui n'en valent pas la peine tu penses pas? »
Steve, complètement perdu par ce qu'il venait d'apprendre, se contenta d'hocher lentement la tête. Il voyait la peine dans les yeux de son vis à vis mais surtout un courage et une volonté sans borne. Il était déterminé à vivre comme il l'entendait quitte à emmerder le monde par la même occasion. Et à ce moment Steve l'admirai pour ça. Il comprenait à présent mieux le caractère et le comportement de tête brûlée de l'homme en face de lui. Billy repris la parole, un peu gêné que Steve le dévisage ainsi:
« Me regarde pas avec cette tête de merlan fris princesse. C'est pas grand chose. Et... si jamais t'as besoin j'suis là. J'ai pas envie que tu déprime ou que tu crève ça serai pas drôle j'aurai plus personne pour me tenir tête.
- Merci. Euh... toi aussi tu peux venir me voir si tu veux,bafouilla Steve. Si ton père est trop lourd tu peux passer à la maison, mes parents sont jamais là alors pas de problème. »
En réalité, même si Steve voulait venir en aide à Billy, il n'avait également plus envie d'être seul et espérait sincèrement que l'autre garçon accepte et vienne le voir.
« J'y réfléchirai, répondit le blond. Merci je suppose. »
Puis le jeune homme mit son manteau et sorti de la maison après un bref au revoir. Steve se retrouvant alors seul, repensa aux paroles de Billy, espérant que ce dernier vienne le voir un jour.
Il n'eu pas à attendre longtemps. Le soir même, toqua à sa porte un Billy couvert de sang et de bleus. Il se dépêcha de le faire rentrer et de le soigner. Après ce que le garçon avait fait pour lui, c'était la moindre des choses. Sans même qu'il pose la question, Billy lui expliqua que son père était derrière son état, furieux qu'il ne soit pas rentré à la maison depuis deux jours. Steve lui demanda s'il voulait rester ici pour la nuit ce que l'autre accepta. Billy revint au moins une fois par semaine, avec toujours de nouvelles marques de coups sur son corps. Quand il était chez Steve, il aidait ce dernier à se sentir un peu mieux à chaque fois alors que l'autre garçon faisait de même pour lui. Un sorte de routine s'installa ces soirs là. Billy faisait à manger ou commandait pendant que Steve faisait ses devoirs. Puis les deux garçons se posaient soit pour regarder un film soit simplement pour discuter de tout et de rien. Ça n'était pas grand chose mais les deux se sentaient ainsi écouté vraiment, pour la première fois depuis un certain temps.
