Bien le bonsoir! Voici le dernier chapitre de la semaine. Après la scène d'action, voici la séquence émotion. Je n'ai pas trop chargé parce que Skyland n'est pas vraiment une série où on voit de grandes scènes dignes des Bisounours. Et puis, un chapitre de ma dernière fic m'a particulièrement dégoûté de ce genre de scènes, j'ai voulu faire du super doux et ça a fini en dégoulinant, c'était écoeurant.
Réponse au commentaire :
Guest : Bienvenue au club "Qui veut donner une gifle à Lena?"! Je dois avouer que j'aime bien les chapitres sans Lena, c'est relaxant. Merci pour ton compliment et pour ton commentaire.
Merci pour votre soutien et vos commentaires. Bon week-end. Bonne lecture!
- Mahad! Dès qu'on sera de retour tu vas nettoyer le St Nazaire de fond en comble et astiquer tous les moustiques en prime! hurle Cortés alors qu'il rejoint le jeune homme près de l'entrée d'une grotte.
- C'est de l'abus d'autorité, dit Mahad, je vais me plaindre.
- Ah oui, et à qui?
- Hmm, laisse-moi réfléchir. Ah, je sais! Je vais te dénoncer à la Sphère et mettre une prime sur ta tête! Comme ça, je te livrerais et raflerais la prime.
- Tu te feras capturer en même temps, ta tête vaut plus que la mienne. Et je te rappelle que j'ai déjà une prime.
- Capitaine, le signal perçu par l'Hélios vient bien de l'intérieur de cette grotte, dit Wayan en approchant. C'est un vieux code que l'on utilise plus depuis une bonne dizaine d'années. Mais il contient des identifiants de la Résistance, alors celui qui a lancé le signal doit être de notre côté.
- Comment ça se fait que seul l'Hélios ait capté le signal? demande Mahad.
- Il passe sur une fréquence cryptée et rarement utilisée. L'Hypérion était réglé pour capter cette fréquence et comme tu as transféré le programme sur l'Hélios, ton vaisseau est lui aussi calibré pour ce signal.
- Quelle chance.
- Pas vraiment, dit Cortés. Très peu de personnes savaient que l'Hypérion pouvait capter des fréquences cryptées. De ce fait, celui qui a envoyé le signal est forcément au courant et comptait sur le fait que l'Hypérion passe dans les parages.
- Il doit attendre depuis un moment, alors, commente Wayan, s'il est encore là. Le signal remonte à plusieurs années, impossible de dire quand précisément.
- Puisque nous sommes là, allons jeter un coup d'œil, décide Cortés. Je ne serais pas tranquille tant que je ne saurais pas qui a lancé un signal exclusif à la Résistance et pourquoi.
- Donc j'ai bien fait de venir ici, dit Mahad.
- J'en jugerais quand on aura trouvé la source du signal. Si c'est un piège, tu nettoieras le phare du Vecteur en plus du St Nazaire.
- Esclavagiste, souffle Mahad.
- Ne parle pas de choses dont tu ignores tout, répond le chef de la Résistance. Un esclavagiste serait bien moins gentil que moi.
- Je crois que nous n'avons pas les mêmes dictionnaires. Ta définition de gentil est complètement différente de la mienne.
- Tais-toi et avance.
Mahad bougonne un peu mais entre dans la grotte, levant une lampe-torche pour éclairer le chemin. Cortés et Wayan le suivent de près, éclairant les côtés. Ils marchent un long moment sans rien trouver avant de parvenir devant des portes fermées.
- Et maintenant? questionne Mahad.
- Maintenant, on entre le code, répond Cortés.
- Quel code?
- Celui qui se trouvait dans le signal, dit Wayan. Où est le pavé numérique?
- Ici, indique Cortés. Tu as le code?
- Oui.
Wayan s'approche du clavier et entre une série de chiffres. Un cliquetis se fait entendre puis les portes s'ouvrent lentement vers l'intérieur en grinçant.
- Pas sinistre du tout, dit Mahad.
Ne tenant pas compte de sa remarque, Cortés et Wayan passent les portes en levant leurs armes. Mahad le suit rapidement quand il voit que les portes commencent à se refermer. Les trois hommes se trouvent dans une pièce circulaire dans laquelle se trouvent une table, quelques chaises et des cartons vides éparpillés un peu partout. Des ampoules diffusent un éclairage faible mais suffisant pour y voir. Un couloir de l'autre côté de la salle constitue la seule sortie. Cortés avance vers le couloir et Wayan et Mahad le suivent en silence. Le couloir mène à une autre salle ronde qui semble servir de point de convergence pour trois autres couloirs. Avec quelques signes de la main, le chef de la Résistance indique à Wayan de prendre le couloir de droite, Mahad celui d'en face tandis que lui-même s'engage dans celui de gauche. Les trois hommes se séparent après avoir vérifié que leurs radios fonctionnent. Mahad entre dans son couloir et avance lentement. Plusieurs portes se trouvent sur les côtés et le jeune homme les ouvre prudemment. À chaque fois, les portes donnent sur des chambres, des bureaux ou des placards, tous vides. Le couloir se termine dans une salle regroupant de nombreux ordinateurs et écrans de surveillances. Une porte au fond de la salle est fermée et Mahad s'en approche doucement, tenant son boomerang fermement. Il ouvre la porte lentement et passe la tête pour voir ce qui se trouve au-delà. La porte donne sur un bureau plus grand que les autres et mieux éclairé. Contrairement aux précédents, ce bureau est propre et bien rangé. Un grincement sur le côté attire l'attention de Mahad qui lève précipitamment son boomerang, prêt à le lancer.
- Oulà, doucement jeune homme, je ne te veux aucun mal! s'écrie une voix masculine. Je n'ai pas d'arme et je ne suis pas en état de me battre.
- Avancez pour que je vous voie, dit Mahad, ne restez pas caché dans l'ombre.
- D'accord, d'accord. Mais baisse ton arme, je ne suis pas vraiment rassuré.
- Avancez et je verrais si oui ou non je baisse mon arme.
Un soupir se fait entendre suivit par d'autres grincements. Un homme en fauteuil roulant sort d'un coin plongé dans l'ombre et avance vers Mahad. Ce dernier, le voyant effectivement désarmé et incapable d'attaquer, baisse son boomerang mais reste sur la défensive.
- Qui êtes-vous? Que faites-vous ici?
- Je fais partie de la Résistance, répond l'homme. Ou faisait partie, puisqu'il y a des années que je n'ai plus vu un seul membre. Je suis coincé sur ce bloc et je prie chaque jour que quelqu'un approche assez près pour capter mon signal et me vienne en aide.
- Comment êtes-vous arrivé sur ce bloc si vous ne pouvez pas en repartir?
- Je me suis écrasé ici, mon vaisseau était irréparable. Je savais que cette base avait été désaffectée alors je m'y suis réfugié et j'ai bricolé quelques ordinateurs pour envoyer un signal.
- Comment avez-vous survécu ici sans contact avec qui que ce soit?
- Je suis assez débrouillard. Il y a une minuscule source dans un coin de la base, pas assez pour intéresser la Sphère mais suffisamment pour permettre à un homme de survivre. Et même si la base a été désaffectée, les rations sont restées sur place. Il y en a assez pour durer encore au moins vingt ans. C'est dégoûtant, et lassant au bout de quelques mois, mais ça permet de survivre.
- Et le fauteuil? Il était dans un coin à vous attendre bien tranquillement?
- Non, je l'ai confectionné après m'être traîné jusqu'ici, répond l'homme en souriant. Comme tu peux le voir, il est fait avec un peu de tout.
Mahad examine le fauteuil et voit qu'en effet il est assez disparate. Les roues proviennent d'un vélo, le siège est fait d'une chaise recouverte du revêtement d'un fauteuil en cuir et les reposes-pieds sont de simples planches de bois. Le tout est relié par des barres de fer et des câbles soudés ou noués. Mahad saisit la radio dans sa poche et appelle Cortés.
- Dudule, j'ai trouvé un ermite. Il dit que c'est lui qui a envoyé le signal.
- Où es-tu? parvient la voix déformée de Cortés.
- Au fond du couloir que tu m'a confié, dans une petite salle sur le côté. Mon ermite est désarmé et sa mobilité est réduite.
- Reste avec lui, nous arrivons.
Mahad range la radio sous le regard curieux de l'homme dans le fauteuil.
- Dommage que la base crée de telles interférences, dit l'homme, j'aurais aimé mieux entendre cette voix. J'ai presque cru la reconnaître.
- Vous verrez bientôt le prince charmant à qui elle correspond. J'ai encore des questions pour vous en attendant que la compagnie arrive.
- Comme tous les jeunes, les questions sont sans fin à ton âge.
- Vous ne savez pas quel âge j'ai, alors ne jouez pas le vieux sage. Ce signal, il est envoyé sur une fréquence spécifique. Même si quelqu'un d'autre état passé à côté du bloc, le signal n'aurait pas été capté. Vous attendiez un vaisseau en particulier. Pourquoi? Et comment vous saviez pour sa capacité à lire cette fréquence?
- Ce vaisseau signifie beaucoup pour moi. S'il c'est celui qui t'a mené jusqu'ici, alors je ne peux que me réjouir. Mais toi, comment connais-tu le vaisseau et la fréquence?
- C'est moi qui pose les questions, contentez-vous de répondre. Que savez-vous sur ce vaisseau?
- Pourquoi devrais-je être le seul à répondre? Surtout à une personne qui ne s'est même pas présentée.
- Je ne me souviens pas que vous vous soyez présenté, non plus, réplique Mahad.
- Mon identité est à haut risque, je ne peux la révéler à n'importe qui.
- Quelle coïncidence, c'est pareil pour moi.
- Alors tu vois bien, nous sommes du même côté.
- Ce n'est pas parce que nous devons jouer à cache-cache avec certaines personnes qu'on est forcément amis.
- Bien, bien. Inutile de t'emporter. Je ne veux pas vraiment dissimuler mon identité mais si ça peut t'apaiser. Je me nomme M...
- Marcus?!
Mahad se retourne vivement en attendant la voix derrière lui et voit le chef de la Résistance ouvrir de grands yeux en fixant l'homme dans le fauteuil. Wayan se tient un peu en retrait, semblant légèrement perdu et échange un coup d'œil interrogateur avec Mahad.
- Aaron! s'exclame l'homme en faisant avancer le fauteuil pour se tenir devant Cortés. Comme ça fait du bien de te voir! C'est toi qui a capté le signal? Le St Nazaire est ici? L'Hypérion aussi?
- Comment il sait tout ça, lui? demande Mahad.
- Mahad, c'est...
- Mahad?! coupe l'homme. C'est... Tu...
- Bon, un peu de calme, soupire Cortés. Marcus, c'est bien Mahad. Mahad, il semblerait que tu ne le reconnaisses pas, mais voici Marcus Farel.
Le jeune homme reste un moment silencieux, fixant l'homme du regard, fouillant son visage. Marcus semble anxieux mais ne se dérobe pas à cet examen. Finalement, Mahad avance vers l'homme. Il se laisse tomber à genoux et l'enlace avec force.
- Tu es vivant! s'exclame Mahad, d'une voix un peu étranglée. Je sais qu'Othed a dit qu'on te retrouverait, mais je ne m'attendais pas à ce que ce soit si tôt. Maman et Lena vont être folles de joie!
Marcus ne parle pas, se contentant de rendre son étreinte à Mahad. Quelques larmes roulent sur ses joues mais il ne prend pas la peine de les dissimuler.
- Comme tu as grandi, dit enfin Marcus en éloignant un peu le jeune homme pour étudier son visage. Je ne t'ai absolument pas reconnu. Et pourtant, tu as les mêmes yeux que Mila, j'aurais dû le voir tout de suite.
- Si tu étais capable de me reconnaître juste avec mes yeux, je dirais que tu es seijin, plaisante Mahad.
- Non, je peux t'assurer que je suis un humain tout à fait normal!
- Encore heureux, il y en a déjà assez avec deux.
- Ta mère et Lena vont bien?
- Oui. Elles sont toutes les deux avec le Vecteur. Il s'est passé beaucoup de choses, tu ne vas pas en revenir!
- On aura le temps pour ça plus tard, coupe doucement Cortés. Nous devons rentrer à Puerto Angel. Marcus, tu es prêt à rentrer à la maison?
- Plus que jamais.
- Alors allons-y. Tu as besoin de récupérer quelque chose?
- Non, rien n'a la moindre valeur ici. Je veux quitter ce trou perdu et retrouver ma famille et mes amis.
- Parfait. Ton exil est fini, vieil ami, il est temps de revenir auprès des tiens.
