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Chapitre 5
« Viberto ! On est arrivé à Viberto ! », s'écria Someoka depuis l'avant de la camionnette.
Otonashi et Demonio s'écrièrent de joie. Goenji sourit. Kido n'eut aucune réaction. Et le stress de Paolo doubla. Il respira profondément. Tout sauf une crise d'angoisse.
La tête de Someoka apparu au travers de la petite fenêtre séparant l'avant et l'arrière de la camionnette. Tout sourire.
« Strada ! T'as une adresse d'hôtel qui soit safe ? », demanda-t-il.
Le cœur de Paolo s'accéléra. Il y avait déjà un problème ? Demonio cilla d'incompréhension.
« Hein ? Pourquoi j'aurais une... »
Goenji le coupa.
« Ryuugo ! On a déjà un plan pour cette nuit. Laisse Moretti nous y emmener. »
Un ''écoute Goenji !'' agacé se fit entendre. La voix de Rushe.
Le cœur de Paolo se calma un peu. Il n'y avait pas de problème. Juste Someoka qui n'avait pas lu le plan. Tout allait bien.
Someoka grogna et se rassit à sa place. Tout allait bien.
Otonashi reprit son explication sur le journalisme sportif à Demonio. Tout allait bien.
Goenji écoutait attentivement les explications d'Otonashi. Tout allait bien.
Demonio n'avait toujours pas osé dire aux autres qu'il fallait lea genrer au neutre. Tout allait bien.
Kido n'avait pas prononcé un mot depuis qu'ils étaient partis. Tout allait bien.
Paolo se pinça fort l'avant bras gauche. Sourit. Et écouta Otonashi. Tout allait bien.
Pourvu que tout aille bien.
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Otonashi fixait Demonio, Rushe et Fudo qui négociaient avec le personnel de l'hôtel. C'était une de ces grandes chaînes d'hôtels à bas prix disséminés un peu partout en Italie. Les chambres étaient minuscules et les services risibles. Confort minimal pour prix minimal. Mais il semblait que le trio réussirait à payer encore moins cher. Otonashi se demanda comment cela pouvait être possible.
Paolo s'approcha d'elle.
« Ça ira avec Fudo ? », demanda-t-il.
Elle regarda Paolo. Il savait. Elle se sentit gêné. Pourtant Fudo n'était pas du genre à se confier. Paolo avait dût l'apprendre autrement. Peut-être par Kido. C'était à ce moment là qu'il a arrêté de parler. Kido. Fudo. Et eux. Elle.
Elle soupira. Paolo avait l'air proche de Fudo maintenant. Rushe aussi. Elle n'aurait pas cru ça possible. Fudo et les autres, n'était-ce pas voué à l'échec ?
« Fudo à l'air de nous avoir pardonné... »
Paolo fronça les sourcils.
« Il ne devrait pas. »
C'était froid. Sec. Purement désapprobateur.
Même si Paolo les avait invité à fuir avec eux il ne pardonnait pas. A moins qu'il ne juge pas pour lui mais pour Fudo. Il ne montrait pas de méchanceté envers eux. Le Paolo de ses souvenirs ne voyait jamais que le bon côté des choses. De ce qu'elle voyait il semblait aujourd'hui que ce soit moins le cas. Pourtant il restait gentil et chaleureux. Comme si l'horreur de ce nouveau monde ne l'atteignait pas. Ou peu, trop peu.
« Je suppose que tu as raison. »
« Vous ne vous êtes pas excusé. »
Le même ton, encore.
Mais il avait raison. Ils avaient juste enterré leurs problèmes. En espérant ne jamais avoir à les déterrer. Et elle ne voulait pas les déterrer. Pas maintenant. Jamais peut-être.
Fudo, Rushe et Demonio revenaient vers eux. Un rictus satisfait aux lèvres. Ils avaient réussis.
Haruna regarda Paolo. Paolo la regardait déjà.
« Non, on ne s'est pas excusé. »
Paolo eut l'air encore plus froid.
Mais il se reprit vite. Le trio de négociants étaient arrivé à leur niveau. Il leur sourit chaleureusement.
« Alors ? »
« Vingt-cinq balles au total. », répondit Rushe avec arrogance.
Otonashi haussa si haut ses sourcils qu'ils disparurent sous sa frange. Ryuugo, Shuuya et Yuuto s'approchèrent. Fudo prit la parole.
« Du coup on a deux chambres de quatre, au premier étage. Il n'y a que des lits doubles. Faites des groupes. »
Il ne les regardait pas. Pas même un regard à Yuuto. C'était perturbant. Est-ce que Fudo les avait vraiment pardonnés ? Elle pensa qu'à la manière des autres, Fudo aussi devait avoir évolué.
La question des groupe était complexe, elle aussi. Par simplicité ils pourraient laisser Fudo, Paolo, Rushe et Demonio ensemble, mais ils ne le ferais pas. Car sinon, chacun resterai dans son petit monde et ils ne communiqueraient pas. Les deux groupes resteraient tel quel. Ça ne pouvait qu'être mauvais. Et puis, Haruna avait bien envie d'apprendre à connaître Demonio et Rushe. Tout le problème était de ne pas laisser Fudo et son frère ensemble. Elle s'insulta intérieurement. La même réaction. Encore. C'était instinctif. Qu'elle était stupide. Il ne lui faudrait pas seulement se rendre compte de sa connerie mais aussi la combattre. Pourtant, il lui arrivait encore de se dire qu'ils n'avaient pas eut tord. Elle éloigna ses pensées.
« J'aimerai bien être avec Demonio, pour qu'on apprenne à se connaître. », dit-elle.
« Moi aussi ! », approuva Ryuugo. « Je ne t'ai jamais parlé avant ! »
Ledit Demonio rougit jusqu'aux oreilles et jeta un regard implorant à Fudo. Voyant que celui-ci l'ignorait, il passa à Rushe. Celle-ci leva les yeux au ciel.
« Donc chambre 47, il y a Otonashi, Ryuugo, Demonio et moi, et chambre 45 Goenji, Kido, Paolo et Fudo. Ça vous va ? »
Haruna ignora l'angoisse qui l'a prit au ventre quand on la mit devant le fait que son frère et Fudo dormiraient dans la même chambre. C'était idiot.
Elle dit au revoir à l'autre groupe et suivit Rushe.
Ryuugo s'approcha d'elle.
« Kido et Fudo. »,dit-il. « Ils sont dans la même chambre. »
« Je sais. »
« Tu penses que... »
Elle ne le laissa pas finir sa phrase.
« Je ne sais pas. »
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Chambre 47. Quatre individus était assis sur un lit. Iels dînaient. Si un sandwich pouvait être appelé un repas. La chambre était minuscule. Deux lit doubles collés aux murs et à peine l'espace pour se déplacer entre eux. Aucun autre mobilier. Ni aucune décoration. Des murs jaunes et des draps blancs. Les conversations s'écoulaient tranquillement.
Mais au contraire des deux autres, Rushe voyait. Elle voyait que Demonio allait mal. Ael était au bord de la crise d'angoisse. Et elle savait pourquoi ! Du moins en partie. En fait elle ne comprenait pas quelque chose.
Elle connaissait Demonio depuis près de six ans. Et lea considérait comme un.e ami.e depuis presque trois ans. Alors depuis ce temps, cette situation, elle l'avait vécue déjà un millier de fois. Et malgré les disputes, les réconciliations et les explications Rushe ne comprenait pas. Paolo disait qu'elle avait du mal à se mettre à la place des autres et que Demonio était dans une position complexe en plus d'avoir une confiance en soi facilement ébranlable. Il devait avoir raison. Elle ne comprenait pas le complexe de la situation ni qu'il soit possible de ne pas avoir confiance en soi.
Elle fixa Demonio. Sentant sa colère monter. C'était simple pourtant ! Ael leur disait et eux iels arrêtaient ! Et s'iels le faisaient pas, Fudo, Paolo et elle les abandonnerait allègrement.
M'enfin, de toute façon iels avaient l'air plutôt ouvert d'esprits. Someoka leur avaient dis qu'avant que la Guerre ne se déclare il était en couple avec Shiro Fubuki de l'équipe Canadienne, et qui venait d'Inazuma Japan. Comme Someoka, Goenji, Kido et Fudo.
Et même si l'homosexualité était différente de la non-binarité, Demonio connaissait bien Fudo et si Fudo savait que les quatre japonais étaient transphobes il n'aurait pas accepté de partir avec eux. Fudo était pointu là dessus. Et Rushe savait que même pour Kido il n'aurait pas mit Demonio dans une situation où son identité serai remise en question. Il suffisait donc que Demonio le dise. Ael était stupide.
Elle lança un regard noir à Demonio avant de mordre avec hargne dans son sandwich.
Demonio l'aperçue et baissa les yeux honteuxse. Puis ael sourit à Otonashi qui lui demandait si ael aimait aussi le film « Us ».
Ils finirent par discuter film d'horreur et Rushe se renfrogna encore plus, elle avait en horreur lesdits films.
Et Shining par-ci et Massacre à la tronçonneuse par-la et puis bla bla bla Anthony Hopkins et ensuite bli blo blu Annabelle et encore tralala Lloyd Kaufman… Enfin de tout ça, elle ne connaissait rien.
Et elle s'ennuyait. Et elle voyait que Demonio respirait trop fort. Et elle était en colère. Et les deux autres qui ne voyaient rien. Et elle qui voulait les frapper. Et elle était en colère. Et qu'elle voulait leur dire mais qu'elle avait promis à Demonio ET Paolo de ne refaire ça. Et qu'elle était encore plus en colère.
Un papier passa sous la porte de la chambre. Elle était la seule à l'avoir vu. Elle fut curieuse. Et elle voulait arrêter d'être en colère. Elle se leva, surprenant les trois autres, descendit du lit et ramassa le papier. C'était une brochure. Elle resta étonné en lisant de quoi. Tant que Someoka lui demanda à haute voix ce que c'était. Rushe se retourna et avec un air désabusé lui tendit.
« C'est de la propagande pour l'armée... », dit-elle.
C'était pas la première fois qu'elle en voyait. L'entièreté de leur quotidien en était composé. Que ce soit sur internet, dans les transports, au travail, ou dans les discours politiques, la Guerre était toujours là. On leur disait de donner leur argent ou leurs vivres pour la Guerre et les soldats. On leur disait de s'engager puis au bout d'un certain temps selon des critères obscures on obligeaient certain d'aller au front. On reconvertissait les usines de jouet ou de cafetières en usine d'armement.
Encore et encore.
Mais Rushe n'avait jamais vu de propagande papier ni distribué de cette façon.
Otonashi puis Demonio se penchèrent sur le prospectus.
Une photo du dirigeant du pays, Matteo Fiammingo. Il était brun aux yeux brun, portait la moustache et souriait. En-dessous était écrit « Pour l'honneur de l'Italie, pour l'essor de l'Union, pour la gloire des italiens, ENGAGEZ-VOUS ! » et plus bas encore une image de soldats en rang bien aligné. Le dépliant était constitué d'une feuille pliée en trois où chaque ''pages'' prenait une couleur du drapeau italien, listant diverses raisons de s'engager ainsi que de détester l'ennemi.
Il n'était même pas beau ni un tant soit peu subtil comme ils en avaient l'habitude.
Hôtel miteux égal propagande miteuse, se dit Rushe avec sarcasme.
« Putain ! Il nous laisserons jamais tranquille avec leur foutu effort de guerre ! », s'énerva Someoka en froissant la brochure.
Rushe vit Demonio sursauter à la voix du métisse tandis qu'Otonashi arrachait le prospectus de ses mains. Elle s'adossa au mur et le lit avec attention.
Someoka sauta sur le lit vide et y fit les cent pas.
« Vous y croyez vous ? Ces facho qui essaient de nous convaincre de mourir en nous pondant de la propagande faite sur paint ! Ils nous méprisent tellement ! Ces salauds ! »
Demonio ricana.
« J'avoue, ils ont fait aucun effort. Il est archi moche leur truc. Ça ne peut donner envie à personne. Ils ont plus de personnel marketing ou quoi ? »
« Ils ont dû tous mourir en s'engageant ! », ajouta Rushe un sourire à la Fudo sur les lèvres.
« Bien fait pour eux ! », s'écria Someoka. « Hâte que Mr. Matteo s'engage un peu lui aussi ! »
Rushe ria et Demonio la suivit.
En lea regardant, Rushe se dit que mépriser ce gouvernement était une bonne manière de se détendre et d'oublier leurs problèmes. Vint ensuite la réflexion que ça ne les réglaient pas, ignorer les choses ne faisait que repousser l'échéance. Elle espéra que ça n'empirerai pas la situation mais même son espoir lui paraissait faux.
Au final, iels ne faisaient que se cacher et rien ne changeait. Pire, iels étaient lâches.
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Shuuya dormit mal cette nuit là. Réveil sur réveil. Il lui semblait que Morphée n'avait de cesse de le laisser entrer dans son humble demeure pour le foutre à la porte la minute suivante.
Il fini par arrêter d'essayer et fixa son camarade de sommeil. Kido. Qui n'avait visiblement aucun problème avec le marchant de sable et dormait comme un bien heureux. Avec ses lunettes.
Il eut un sourire triste. Avant Kido avait réussit surpasser cette sorte de peur qu'il avait de montrer ses yeux au monde.
Ce lien avec Kageyama. Mais les lunettes était revenu comme ses mots étaient partis. Il était comme un mort vivant depuis. Ils l'étaient tous, des mort-vivants, mais chez Kido c'était bien plus frappant.
Il ne paraissait pas faible ni désespéré comme le pouvait l'être Shuuya ou Ryuuga parfois.
Non.
Kido paraissait encore puissant et fier. Mais il n'était plus qu'un mur de glace.
Impossible à aider.
Shuuya savait que c'était de leur faute si Kido s'était refermer ainsi. Même s'il se plaisait à croire, les soirs de désespoir, que même sans eux la Guerre s'en serai occupé.
Mais non. Ce n'était qu'un fantasme.
Et la faute leur incombait. A eux et à Fudo, ne put-il s'empêcher de penser. Sans Fudo rien de tout cela ne serai arrivé. Et il ne pouvait être vraiment repentant. Car toujours il lui semblait que cela revenait à Fudo.
Fudo.
Cet enfoiré de Fudo.
Comment pouvait-il ressentir autant de colère envers lui ? Il savait que ça n'était pas réellement de sa faute. Alors pourquoi ?
Mais la fureur était toujours là. Au creux de son estomac. Et avec la fureur s'invitait la détresse.
Son index se mit à taper un rythme, toujours le même, contre la couette, mais il n'en avait pas vraiment conscience.
Ce devait être la faute de Fudo. Il leur avait prit Kido. Il était un voyou. Il avait visiblement des ennemis. La faute de Fudo. Pas la sienne. Ou au moins la faute de Fudo plus que lui. Lui qui était apprécié de presque tout le monde. Lui, fils de médecin. Lui, grand-frère. Lui, avait tant sacrifié pour les autres. Lui, qui était prêt à sacrifié encore plus. Il voulait tellement regretter mais c'était trop… Ça ne pouvait être de sa faute ! Fudo. Kido. Il… C'était… Ne NON !
Froissement de draps, ressors du lit qui grince.
Shuuya prit une grande inspiration, ne se souvenant pas avoir retenu sa respiration. Il étouffa son envie de vomir et se tourna vers le lit Bianchi-Fudo. L'italien était visiblement réveillé et le regardait d'un air indescriptible.
« Salut. », fit Shuuya pour se donner contenance.
Bianchi lui sourit vaguement et posa son regard sur Fudo. Il le fixait avec douceur, le blond se dit qu'il devait avoir ce genre de regards pour Yuuka. Il posa alors son regard sur le brun. Il avait l'air si faible ainsi, dormant sans défense recroquevillé sur lui-même, le corps pleins d'hématomes. Pourquoi était-il blessé ? Shuuya ne poserait pas la question. Pourquoi lui ne se sentait pas coupable envers Fudo ? Il ne voulait pas connaître la réponse.
Paolo se leva, il se dirigea vers la porte avant de se raviser et de se tourner vers lui. L'italien se mordit la lèvre et regarda l'heure sur son portable. Puis il revint vers Fudo et lui secoua l'épaule doucement. Le japonais se réveilla automatiquement.
« Il est plus de cinq heure », murmura Paolo en guise d'excuse.
Fudo grogna mais sortit du lit comme par réflexe. Il regarda les deux réveillés avec un air somnolant.
« 'vais me doucher », dit-il, puis il sortit en prenant une serviette au passage.
Bianchi suivi son exemple non sans adresser un dernier mot à Shuuya.
« Tu devrais aussi réveiller Kido, même si vous vous êtes laver hier. Faut qu'on parte vite. »
Le blond hocha la tête et quand la porte fut refermé, il s'attela à Kido des bras de Morphée. Le tout en se demandant si Paolo n'avait pas réveillé Fudo afin qu'il ne se retrouve pas seul et sans défense dans la même pièce que lui. Il espéra que ses nausées partirait.
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« Je ne suis plus que la somme de ma peur. »
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