Chanson: Love you so bad d'Ezra Furman. Chapitre tout mignon, aucun lemon. J'espère que ça vous plaira. On atteint bientôt la fin de l'histoire!

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En effet, il arrivait fréquemment à Steve d'avoir des pensées un peu déplacées à l'égard de Billy. La plupart du temps ça n'était pas grand chose: une petite réflexion sur les abdos parfait du blond pendant le basket, une pensée pour ses cheveux magnifiquement bouclés et incroyablement doux, une autre pour son sourire qui avait le pouvoir de le rendre heureux en quelques fractions de secondes. Ça n'était que des détails mais bon dieu qu'ils étaient gênants. Surtout que Steve ne comprenait pas bien pourquoi il pensait ça. Il avait d'abord pensé à de l'admiration et du coup, une sorte d'image idolâtrée de Billy. Il faut dire que c'est lui qui l'avait sorti de sa phase dépressive. Mais il n'adulait pas le jeune homme, il avait plutôt tendance à vouloir le couver. Il avait alors pensé à de l'amitié, après tout il est normal d'adorer ses amis. Seulement, Billy était bien plus proche de lui que n'importe quel ami qu'il avait pu avoir et en savait bien plus sur sa vie et ses sentiments que n'importe qui. De plus, il n'avait jamais trouvé aucun de ses amis sexy et n'avait jamais entendu parler de pareil cas chez d'autres personnes. Steve se trouvait donc perdu dans ses sentiments pour Billy.

Jusqu'à ce, qu'un jour, en cours de maths, il se mette à penser que Billy avait sacrément un bon petit cul, alors que ce dernier passait au tableau pour on se sait quel exercice d'arithmétique. Jusque là rien d'anormal par rapport à d'habitude pour le jeune Harrington. Seulement, Billy s'assit et se tourna vers lui alors qu'il jouait à sucer son crayon (une salle manie qu'il avait depuis qu'on lui interdisait de mordre le dit crayon). Il vit alors les yeux d'Hargrove devenir plus insistant sur ses lèvres avec quelque chose de profond dans le regard qu'il ne comprenait pas. Billy avait les joues légèrement rosies et il passa sa langue sur ses lèvres, par réflexe, les rendant ainsi rouges et humides. Steve trouva alors Billy incroyablement beau et ressentit une puissante envie d'embrasser ses lèvres si tentatrices. C'est là qu'un éclair de lucidité traversa son cerveau endommagé par la connerie: il était amoureux de Billy. Enfin, le terme amoureux était excessif. Il adorait le blond, là dessus aucune doute, son humour, sa voix, son rire, sa façon de penser, son physique à tomber. Mais était-ce assez pour dire qu'il l'aimait d'amour? Pas sûr. Au moins il était sûr d'être attiré par lui. L'idée lui paru étrange au début, il faut dire qu'il avait plutôt l'habitude d'apprécier les filles, mais au final elle expliquait tout. Il finit donc par admettre qu'il était attiré par Billy, et pas qu'un peu.

Steve se fit la réflexion qu'il vaudrait mieux que Billy n'en sache rien. Non pas qu'il ai peur que le garçon se moque, même si aucune possibilité n'était jamais complètement exclu, mais plutôt par ce qu'il avait peur qu'il s'éloigne de lui. Billy était la seule personne qu'il avait dans ce monde de merde et il n'avait pas envie qu'il l'abandonne pour une histoire aussi stupide, il ne pensait pas s'en remettre si cela venait à arriver. Il garda donc cette information pour lui avec autant de discrétion que lui permettaient ses joues rougissantes pour un rien. Toujours est-il qu'il réussit plutôt bien car Billy ne parut s'apercevoir de rien. Jusqu'au jour où Steve piqua une crise de jalousie. Il n'aimait pas l'idée que Billy apprécie de trop d'autres personnes que lui et depuis quelques temps il n'entendait parler que de Susan. Avec Susan j'ai fais ceci, Susan a dit cela, Susan a fait ci, j'ai acheté ça pour Susan. Au diable cette Susan de mes deux! Alors Steve se mit à crier qu'il n'en avait rien à fiche de cette fille et que si Billy était si bien avec elle, il n'avait qu'à la voir plutôt que de rester ici. Et il bouda comme un enfant, bras croisés sur le torse, assit sur le canapé. Billy vint s'assoir à côté de lui et lui dit:

« Tu ne sais pas qui est Suzanne n'est-ce pas?

- Non et je m'en fiche, répondit Steve bougon. »

Billy éclata d'un rire franc et magnifique aux oreilles de Steve:

« Eh princesse!lança-t-il. Susan c'est ma belle-mère, t'sais la mère de Max. Je pensais que je te l'avais dis. »

Il pose la main sur l'épaule de Steve qui tourna le visage vers lui, des petites larmes prêtes à s'échapper de ses yeux. Billy, blessé par cette vision prit alors Steve dans ses bras. Ce dernier murmura plein d'espoir:

« Alors t'as pas de copine?

- Non, répondit Billy.

- Et tu m'abandonnes pas?

- Non bien sûr que non princesse, dit Billy en serrant encore plus Steve contre lui. Je te lâcherai pas sauf si tu veux plus de moi. J'ai besoin de toi »

Steve senti que Billy se tendait. Il releva la tête pour le voir et le trouva en train de le regarder avec une expression si douce et triste sur son visage, comme si Steve était la plus belle chose du monde mais complètement insaisissable. Il eut envie alors de l'embrasser pour lui faire passer toute l'affection qu'il avait pour l'autre garçon. Il finit par craquer, et après tout au diable les conventions et puis c'est Billy qui lui avait apprit à faire ce qu'il voulait peut importe ce que disaient les autres. Il captura alors les lèvres de Billy avec les siennes. L'échange, autant qu'on puisse l'appeler ainsi puis ce que Billy était trop choqué pour réagir, fut assez bref mais Steve y passa le plus d'émotions possible. Le visage de Billy, toujours un peu étonné s'assombrit alors:

« Steve...dit-il, fait pas ça s'il te plaît.

- Pourquoi?! Répliqua le dit Steve. T'as pas aimé? T'en as pas envie?

- C'est pas ça, se justifia Billy. J'ai aimé et j'en ai envie, t'imagine pas à quel point, mais je veux pas être juste une espèce de bouée de sauvetage ou un lot de consolation. Ce que je ressent pour toi, c'est sincère.

- Moi aussi, murmura Steve »

Il était tellement heureux de la réponse de Billy. Il ne s'y attendait pas mais au final c'était magique. Des larmes, de joie cette fois-ci, perlèrent au coin de ses yeux et un immense sourire illumina son visage. Il ne résista pas à embrasser Billy, encore une fois, qui cette fois-ci répondit à son baiser. Il y en eu par la suite bien d'autres. Les deux garçons finirent par s'endormir, sur le canapé de Steve, dans les bras l'un de l'autre, heureux et sentant pour la première fois de leur vie à leur place.