Chanson: Can't help falling in love d'Elvis Presley
Voici donc le dernier chapitre de ma fiction, tout en douceur. Bonne lecture
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En réalité, les garçons n'eurent pas à se battre pour vivre ensemble. Du moins pas contre le monde. La plupart des gens n'en avaient rien à faire, une autre partie n'osait pas s'attaquer à eux et le reste acceptait sans émettre d'objection significative. C'est plutôt contre eux même qu'ils durent lutter. Ils ne se disputaient cependant jamais et pour des raisons simples. Steve avait trop peur que Billy l'abandonne et Billy avait peur de la réaction que pourrai avoir Steve en s'énervant. Ils durent apprendre à composer ensemble. Les premiers mois furent les plus difficiles pour eux. Ils avaient en permanence leur peur au ventre. Parfois, ils en venaient, chacun de leur côté, à penser qu'ils devraient arrêter leur histoire ici, avant que l'autre ne les blesse. Seulement, à peine pensaient-ils à rompre, que l'idée s'effaçait d'elle même, trop douloureuse. Ils avaient affreusement besoin l'un de l'autre pour tenir dans ce monde de fou. Sans s'en rendre vraiment compte, ils développaient l'un pour l'autre de l'amour. Un amour pur et doux. Seulement ils le teintaient de doutes. Cela aurait pu rester longtemps comme ça s'ils n'avaient pas prit leur courage à deux main.
Un jour où ils ne faisaient rien de particulier, Billy se tourna vers Steve, adossé au comptoir de la cuisine et lui dit:
« Steve, j'ai besoin qu'on parle. »
Le brun se tourna vers lui, le regard interrogateur.
« On peut pas continuer comme ça, continua Billy.
- Comment ça? demanda Steve, imaginant déjà le pire des scénarios.
- On passe notre temps à douter de nous. J'veux dire, je vois bien que t'as peur que je parte et c'est étouffant parfois parce que je dois marcher sur des œufs.
- Et toi t'as peur que je sois comme ton père, dit tristement Steve. C'est vrai.
- Exactement. C'est pas supportable comme situation. J'ai besoin que tu sache que jamais je t'abandonnerai. J'ai besoin de toi et je pense que toi aussi t'as besoin de moi. Tu sais, une fois je t'ai dis que je vivais pour moi. C'est faux. J'ai un but maintenant aussi niai soit-il. C'est de te voir sourir princesse. Si je me lève chaque matin, c'est dans l'espoir de te rendre heureux. Ce que je veux dire c'est...
- Je t'aime, termina Steve. »
Il prit alors Billy dans ses bras et ce dernier lui rendit son étreinte.
« Mon dieu Billy. Moi aussi, sans toi je suis plus rien. T'es devenu tellement en si peut de temps. Jamais je pourrai te faire du mal, jamais tu m'entends?! Je t'aime trop pour ça.
- Merci, murmura Billy.
- Non mon cœur, répliqua Steve, ça sert à rien de me remercier pour ça c'est normal!
- D'accord, acquiesça le jeune homme. »
Les garçons restèrent ainsi quelques secondes, minutes, heures. Ils ne savaient plus, le temps importait tellement peut pour eux. Ce qui comptait à présent, c'était l'amour qu'ils avaient pour l'autre et qu'ils savaient au moins égal. Différent sûrement, mais pas moins beau que celui que l'autre leur portait.
Après leurs aveux, ils devinrent plus sereins et il fut plus facile de parler. Ils ne se disputèrent pas plus pour autant. Leurs caractères se complétaient un peu trop pour ça. Quand Steve s'emportait, il suffisait d'un mot, d'une caresse de Billy pour le calmer. Quand Billy prenait peur et que ses démons ressortaient, Steve n'avait qu'à le câliner et lui ébouriffer gentiment les cheveux et alors il se souvenait qu'il n'était pas seul. Ils vécurent paisiblement dans la maison de Steve. Ils ne pensèrent d'ailleurs pas à vivre ailleurs, ils s'en fichaient plus ou moins et ici au moins, les gens s'étaient habitués à eux. Seulement un jour, les choses changèrent. On annonça à la télé que les mariages homosexuels étaient autorisés au Massachusetts. Les deux hommes, à présents âgés de 37 ans, se regardèrent. Ils n'y avaient jamais pensé, se contentant de leur routine et de leurs petites affections quotidiennes. Mais à cet instant, cela paru comme une évidence, comme le but ultime de leur existence.
« Mon cœur...
- Oui! cria presque Billy.
- Quoi? demanda Steve surpris.
- Ne m'assomme pas en discours inutiles et niai. Oui je veux t'épouser. »
Un sourire immense parcouru le visage de Steve qui ne perdu pas une seconde pour embrasser son futur époux. Ils pleurèrent un peu de joie mais pas autant que le jour de la cérémonie. En effet, le 17 juin 2004, soit un mois après la légalisation du mariage homosexuel dans l'état du Massachusetts, on pu assister au mariage de nos deux tourtereaux. Il n'y avait pas grand monde, pour ne pas dire personne. Mais les deux hommes n'avait besoin de personne d'autre que leur moitié. Celle qui les avait relevé au plus bas, celle qu'ils aimaient du plus profond de leur cœur et surtout celle qui leur avait appris à être aimé.
