Petit mot de l'auteure : ce texte a été écrit pour la 2e nuit du FoF sur le thème "Ange"


Aziraphale était un ange, ce qui signifiait plusieurs choses.

Tout d'abord, qu'il avait des ailes, pouvait réaliser plusieurs petits miracles et qu'il possédait des goûts musicaux absolument désastreux. Mais surtout, le fait qu'il soit un ange signifiait qu'il était profondément gentil. Ça, Crowley l'avait assez vite remarqué en le côtoyant. Mais malgré le côté agaçant de sa personnalité, le démon s'en était plutôt bien accommodé. Toutefois, la gentillesse de Aziraphale arrivait parfois à lui taper sur le système avec une force presque insultante.

Aujourd'hui était un de ces jours.

Ils étaient tous les deux dans la librairie de l'ange, occupés à vaquer à leurs occupations – Aziraphale lisait, Crowley buvait en tâchant de ne pas renverser de l'alcool sur les précieux bouquins de l'ange. Malheureusement, leur charmant après-midi fut interrompu par l'arrivée impromptue d'un client. Fidèle à sa tactique habituelle, le propriétaire des lieux ne daigna pas lever ses yeux de sa lecture, espérant décourager le visiteur. Crowley, qui de toute façon se fichait bien de ce qui pouvait se passer dans ce nid à poussière, aligna son comportement sur celui de son ami. Toutefois, ils furent bien obligés de lever les yeux lorsqu'ils sentirent une drôle d'odeur : de la fumée.

Le client avait en effet allumé une cigarette et prenait sa dose de nicotine en pleine librairie. Lorsque Crowley le fit remarquer à Aziraphale, celui-ci, en bon petit ange, tâcha de lui trouver une excuse.

- Peut-être n'a-t-il pas vu le signe non fumeur à l'entrée, avança-t-il.

Crowley n'avait pas l'air très convaincu, le visiteur ayant une bonne tête de con – et après des millénaires aux Enfers, il savait de quoi il parlait. Mais il se contenta d'hausser les épaules, laissant à Aziraphale le soin de lui demander de cesser de fumer. Évidement, tête de con refusa.

- Vous ne comprenez pas, une simple étincelle de cigarette pourrait mettre le feu à tous ces précieux ouvrages, argumentait l'ange.

- Ce que je comprends, c'est que si je veux fumer, je fume, répondit l'autre, et c'est pas une espèce de gros bonhomme pédé et dégeu qui va m'en empêcher.

Peut-être était-ce parce qu'il se donnait tant d'efforts pour bien se comporter alors que cet humain dépassait toutes les bornes, peut-être était-ce parce qu'il n'appréciait pas voir l'ange se faire insulter gratuitement tout en restant insupportablement poli et gentil, en tout cas Crowley décida d'intervenir.

- Mon ange, si il veut fumer, laisse le. Après tout, un peu de feu n'a jamais fait de mal.

Là, évidement, le client se tourna vers lui, surpris de voir le roux prendre son partit. Mais alors qu'il allait le remercier, Crowley releva ses lunettes de soleil et lui montra ses yeux. Au lieu des habituelles pupilles serpentines se trouvaient des flammes venues tout droit des enfers – un petit tour de passe passe qu'il avait appris à ses heures perdues.

Devant cette vision d'horreur, le client manqua de s'évanouir de terreur et fuit la librairie à toutes jambes. Fier de son coup, Crowley retourna s'asseoir.

Quant à Aziraphale, au lieu de lui faire des remontrances sur l'usage mal placé de ses capacités magiques, il fit un petit sourire avant de reprendre son livre.