Bonsoir à toutes et à tous !

Je vous remercie chaleureusement des reviews, mise en favoris/alerte :)
Voici le deuxième chapitre. A partir de là, je vais alterner entre moments au tribunal et retour en arrière pour comprendre comment tout a commencé.

J'espère que vous aimerez et bonne lecture !

Oh et un gros merci à LycorisSnape pour sa correction :)


Chapitre 02

Le récit d'Hermione

1er septembre 1996 – Poudlard Express

Le Poudlard Express filait à travers la campagne écossaise jusqu'à l'école de sorcellerie Poudlard. La pluie tombait depuis le début de l'après-midi et Hermione Granger somnolait, la tête appuyée contre la vitre froide du train.

Sur la banquette d'en face, Ron lisait son vieil exemplaire de En vol avec les Canons, et Luna le dernier numéro du Chicaneur à l'envers, une paire de Lunascope sur les yeux. Neville, quant à lui, faisait une partie d'échec avec Ginny tout en grignotant des sucreries.

– Où est Harry ? demanda Hermione en regardant par terre comme si Harry aurait eu l'idée de s'y allonger.

Harry était parti alors qu'elle s'était assoupie une demi-heure plus tôt.

– Parti vérifier sa théorie, je crois, marmonna Ron derrière son livre. Et il devait aussi me ramener des Patacitrouilles.

Neville lui en jeta un tandis que Hermione soupirait et se levait pour enfiler sa robe. Après tout, la nuit venait de tomber et ils allaient arriver à Poudlard dans peu de temps.

L'absence de son ami l'inquiétait et elle décida d'aller le chercher. Elle soupçonnait Harry d'être en train de se fourrer dans les ennuis jusqu'au cou, juste pour confirmer sa théorie « Malefoy est un mangemort » en temps réel.

Soupirant profondément, elle parcourut les couloirs à la recherche du compartiment des Serpentard où, elle en était sûre, Harry se cachait sous sa cape d'invisibilité comme l'idiot qu'il était quand il y mettait du sien.

Le train s'arrêta en gare de Pré-au-Lard et Hermione dut se frayer un chemin parmi la foule des élèves marchant en sens inverse. Elle croisa Pansy Parkinson et Blaise Zabini qui parlaient à voix basse entre eux. Ils lui lancèrent un regard mi-moqueur, mi-mauvais et sortirent du wagon. Hermione n'eut pas à chercher bien longtemps son meilleur ami puisqu'il était dans le compartiment de Drago Malefoy, allongé par terre avec sa Némésis au-dessus de lui, sa baguette à la main.

Hermione sortit sa baguette à la vitesse de l'éclair et la pointa sur le Serpentard devant elle. Toujours aussi pâle, il lui semblait qu'il avait encore grandit pendant l'été et la dépassait largement désormais. Il portait son uniforme de l'école et ses cheveux blonds étaient, comme toujours, soigneusement coiffés. Il lui lança un rictus méprisant et rangea sa baguette dans le revers de sa robe de sorcier.

– Ta maman est venue te chercher, Potter, lança-t-il. Tu m'excuseras Granger, mais j'ai dû stupéfixer ton cher ami le Survivant vu qu'il avait décidé de venir écouter mes conversations, caché là-dessous.

Il lança la cape d'invisibilité qu'il tenait à la main à Hermione qui l'attrapa au vol. Puis il contourna Harry avec un regard hautain et mauvais et passa à côté de la jeune fille. Au moment où leurs épaules se touchèrent, sa main frôla la sienne et attrapa brièvement ses doigts avant de partir du compartiment à grandes enjambées.

Harry, bien sûr, n'avait rien vu. Personne ne savait rien à propos de… eux, en admettant qu'il y avait un eux et c'était très bien ainsi.

Hermione n'était pas sûre de ça et la question l'avait angoissée tout l'été.

Les choses étaient déjà suffisamment compliquées et surréalistes sans avoir à rajouter Malefoy dans l'équation.

Enervatum, dit-elle en agitant sa baguette magique au-dessus de l'idiot qui lui servait de meilleur ami.

Harry se releva en tenant son nez ensanglanté et Hermione pointa sa baguette sur lui. Il eut l'air brièvement effrayé puis sembla comprendre qu'elle voulait simplement réparer son nez.

Episkey !

– Aie ! Merci, Hermione, grogna-t-il en essuyant le sang avec sa manche.

– Je peux savoir ce qui t'a pris ? C'était stupide !

– Hermione, j'avais raison ! s'exclama-t-il d'un ton triomphant. Il prépare quelque chose…

La sorcière leva les yeux au ciel et nettoya les vêtements de Harry. Il enfila la robe que Hermione avait amenée avec elle et ils sortirent les derniers du train. Pendant ce temps, Harry lui raconta la conversation qu'il avait surprise entre Malefoy et ses amis. Hermione sentit une pointe de peur lui transpercer l'estomac mais elle se raisonna. Drago ne pouvait pas être devenu un Mangemort, c'était complètement impossible que quelqu'un comme Voldemort se préoccupe d'un enfant de seize ans, même si son père en était un.

– Je ne sais pas, Harry, soupira-t-elle alors qu'ils passaient la sécurité.

Plusieurs Aurors montaient la garde, dont Tonks qui avaient les cheveux d'un châtain terne et l'air malheureuse.

– Elle n'a pas l'air d'aller bien, remarqua Harry en se distrayant pour la première fois de son obsession envers Malefoy.

– Je ne sais pas ce qu'elle a, avoua Hermione. Elle a l'air… éteinte.

Éteinte était le mot qui convenait, elle les salua avec un sourire visiblement forcé et Harry et Hermione prirent le chemin de la Grande Salle où la Répartition avait déjà eu lieu. Quand ils entrèrent, les têtes se tournèrent vers eux et Hermione se souvint que Harry était de nouveau un héros depuis les événements au ministère de la Magie, en juin dernier. A son plus grand déplaisir d'ailleurs, si on considérait la façon dont il fixait le sol.

– Vouzétiezoù ? demanda Ron, la bouche pleine de pomme de terre.

Ginny le regarda en soupirant.

– Plus tard, répondit Harry en se servant du ragoût.

De l'autre côté, à la table des Serpentard, Drago Malefoy mimait quelqu'un se faisant casser le nez en provoquant l'hilarité de ses amis. Ron et Harry lui jetèrent un regard mauvais et se remirent à manger. Hermione croisa brièvement les yeux rieurs de Drago et lui lança ce qu'elle espérait être un regard sévère. Il lui répondit par un clin d'œil presque imperceptible et Hermione se recentra sur sa tarte à la mélasse pour camoufler son rougissement.

Après le banquet de début d'année, ils montèrent se coucher et Harry en profita pour expliquer à Ron ce qu'il avait entendu. Fort heureusement, Ron sembla du même avis que Hermione.

– Soyons réaliste, Harry, lança-t-il en chassant un première année de son fauteuil préféré pour s'y avachir. Pourquoi Tu-Sais-Qui voudrait de quelqu'un comme Malefoy ? Un crétin total n'en voudrait pas.

Ils s'installèrent sur le canapé, un peu plus loin, face au feu qui crépitait avec chaleur. Hermione attrapa Pattenrond qui passait entre ses jambes et le posa sur ses genoux pour le caresser. Elle éprouvait une étrange sensation de froid qui n'avait rien à voir avec la température de la pièce.

Se pourrait-il que tout ait changé en un seul été ?


Le lendemain matin, elle se réveilla de bonne heure alors que le clapotis de la pluie s'intensifiait contre les vitres du dortoir. Elle ouvrit les yeux, caressa Pattenrond qui était lové contre son ventre et écarta doucement les rideaux écarlates de son lit pour contempler la fenêtre. La nuit semblait encore noire bien que, à l'horizon, on distingue un mince filet rougeâtre indiquant que le soleil commençait à se lever lui aussi.

Elle referma les rideaux et roula sur le dos en s'enveloppant plus étroitement dans la couette chaude de son lit.

Au bout de plusieurs minutes, elle comprit qu'elle ne se rendormirait pas alors elle se leva sur la pointe des pieds pour ne pas réveiller Parvati et Lavande, puis s'enferma dans la salle de bain pour se préparer.

Les couloirs étaient déserts quand elle descendit prendre son petit-déjeuner, un épais grimoire sous le bras pour pouvoir lire en attendant Harry et Ron. Elle marchait au quatrième étage quand elle entendit des pas derrière elle, elle voulut se retourner mais quelqu'un la plaqua contre le mur froid. Elle plongea sa main dans sa robe pour sortir sa baguette magique mais elle reconnut Drago Malefoy qui la regardait avec amusement.

– Tu m'as fait peur, râla-t-elle.

– Navré, Granger, je ne te pensais pas du genre facilement effrayée, ricana-t-il.

Il ne s'écarta pas d'elle pour autant. Elle le regarda et il se pencha pour l'embrasser un peu maladroitement comme s'il ne savait pas très bien s'il avait le droit ou pas.

– On risque de nous voir, chuchota-t-elle.

– Et alors ? Saint Potter et la Belette vont me tomber dessus comme des chevaliers servants ?

– Ne les appelle pas comme ça, rétorqua-t-elle.

– Désolé, Granger, soupira-t-il en levant les yeux au ciel.

Elle eut un sourire.

– Et ne m'appelle pas comme ça non plus.

– Pourquoi ? s'étonna-t-il. C'est ton nom.

– Mais j'ai un prénom, rétorqua-t-elle en souriant. A propos, Harry a entendu des tas de choses pendant qu'il était perché dans le filet à bagage de ton compartiment.

Drago se tendit et s'éloigna un peu d'elle en fixant un tableau.

– Ne te préoccupe pas de ça.

– Ah non ? Parce que lui s'en préoccupe, l'informa-t-elle.

– Je m'en suis douté quand je l'ai vu perché là-haut comme un hibou, railla-t-il. Et alors ?

– Et alors je me demande si tes fanfaronnades sont vraies, poursuivit-elle.

Drago la regarda un instant.

– Bien sûr que non, lâcha-t-il, mais mon père est à Azkaban alors il faut bien que je donne le change.

– Je suis désolée pour ton père.

– Tu peux, parce que c'est en partie de ta faute, approuva-t-il avec un sourire insolent.

– Il a essayé de nous tuer…

– … alors que vous tentiez de l'empêcher d'accomplir quelque chose qui ne vous regardais pas…

– … dans un endroit où il n'avait pas pas plus le droit que nous de se trouver, conclut-elle en souriant.

Drago ouvrit la bouche et la referma sans qu'aucun son n'en sorte.

– Brillante, comme toujours, railla-t-il finalement.

Hermione lui répondit par un sourire en coin. Un brouhaha dans les couloirs indiqua que la plupart des élèves descendait prendre leur petit-déjeuner. Drago s'éloigna d'elle non sans avoir brièvement pris sa main dans la sienne.

Elle le regarda s'éloigner en direction des étages avec la certitude douloureuse qu'il venait de lui mentir.


La première heure de la matinée fut dédiée aux options et cours divers que les élèves pouvaient, ou pas, choisir en fonction de leurs notes aux BUSEs. Hermione fut félicitée pour ses excellents résultats et put immédiatement poursuivre les mêmes cours qu'avant.

Le cours de potion fut déstabilisant. Elle se retrouva avec Harry, Ron, quelques Poufsouffles, Serdaigles et Drago, Theodore Nott et Blaise Zabini du cours précédent. Ils étaient peu car les exigences draconiennes du professeur Rogue en termes de potions en avaient découragé plus d'un.

Le professeur Slughorn, un homme enthousiaste portant une robe d'un vert émeraude, leur présenta diverses potions dont l'une, d'une couleur nacrée magnifique,sembla accaparer l'attention des élèves. Hermione l'avait reconnue du premier coup, en revanche, elle avait oublié que la potion avait une odeur différente pour chaque personne.

– Moi je sens un parfum d'herbe fraîchement coupée, de parchemin neuf et…

Ses joues rosirent un peu et elle préféra ne pas terminer sa phrase. Hermione avait sentit l'odeur de la peau de Drago quand elle était dans ses bras. Elle cacha son embarras derrière ses cheveux et surprit un coup d'œil indéfinissable de son Serpentard, installé plus loin.

– Bien sûr, l'Amortentia ne crée pas vraiment un sentiment d'amour, poursuivit le professeur Slughorn. Il est impossible de fabriquer ou d'imiter l'amour. Non, elle produit une forte attirance ou une obsession…

Hermione fut contrariée de perdre ainsi le fil du cours mais elle réussit néanmoins à identifier avec succès deux autres potions : le Polynectar (qu'elle avait élaboré en deuxième année) et le Veritaserum.

– Extraordinaire, miss Granger ! s'enthousiasma Slughorn. Faites-vous partis de la famille de Hector Dagworth-Granger, le fondateur de la Très Extraordinaire Société des potionnistes ?

– Je ne crois pas, monsieur, répondit Hermione en souriant. Mes parents sont d'origine moldue.

Hermione vit, du coin de l'œil, Drago marmonner quelque chose à l'oreille de Nott et les deux se mirent à rire. Elle fronça les sourcils, un peu peinée. Drago et elle n'avaient pas réellement défini leur relation mais il y avait une règle à laquelle Hermione avait tenue, il avait désormais interdiction de l'appeler Sang-de-Bourbe, ou de se moquer d'elle à cause de sa condition de née-moldue. Condition dont elle était fière par ailleurs.

– Oh, Mr Potter, l'amie dont vous parliez et qui est la meilleure élève de cette école, ce ne serait pas Miss Granger, par hasard ?

– Si monsieur, approuva Harry en souriant.

– Oh, Harry, rougit Hermione.

Elle lui sourit, tandis que Drago faisait la même tête que s'il venait d'adopter un Scout-à-Pétard. Hermione se força à ne pas repenser à lui de la journée. Après tout, elle avait bien d'autres choses en tête et tout sauf envie de se mettre à penser à un garçon plus d'une heure par jour.


20 août 1998 – Tribunal du ministère de la Magie

Le juge interrompit Hermione dans son récit et relu les notes prises par sa plume à Papotte qui était, elle l'espérait fort, plus efficace que celle de Rita Skeeter.

– Miss Granger, à ce moment-là, vous étiez donc déjà dans une relation suivie avec Mr Malefoy ? Demanda-t-il.

– En effet, murmura-t-elle presque imperceptiblement.

Autour d'elle, les murmures s'intensifièrent et elle se refusa à regarder la salle.

– Depuis combien de temps ?

– Nous nous sommes mis ensemble pendant notre cinquième année, expliqua-t-elle. Cela dit… au départ, ce n'était pas réellement de l'amour, juste… Comment dire…

– Simplement deux adolescents attirés irrésistiblement l'un vers l'autre ? suggéra habilement le professeur Dumbledore.

Hermione hocha la tête

– Miss Granger pouvez-vous raconter les circonstances de votre couple ? Comment vous êtes-vous rapprochés, par exemple ? demanda une femme que Hermione identifia comme étant de la famille de Susan Bones.

– Peut-être que, suggéra Dumbledore, cette explication pourrait-elle survenir après le récit de Miss Granger concernant la façon dont elle est devenue Mangemort ? Je crains de perdre le fil si nous devions faire un autre retour en arrière.

– Effectivement, approuva la femme. Dans ce cas, Mrs Granger, pouvez-vous nous expliquer quel a été le déclencheur de vos sentiments ? D'après votre récit, vous semblez attachée à Mr Malefoy mais pas au point de le suivre dans la magie noire.

– Bien sûr, un événement simple mais assez tragique est à l'origine de tout cela. Après tout, on se rend souvent compte de ce qu'on perd qu'après l'avoir perdu…


23 septembre 1996 – Quelque part dans les couloirs du quatrième étage

– Granger, soupira Drago.

Il était vingt heures trente et Hermione et lui patrouillaient dans les couloirs. Après tout, leurs rondes de préfets étaient les seules occasions où ils pouvaient publiquement se côtoyer sans attirer l'attention.

Hermione ne répondit rien à ses soupirs, pas plus à ses railleries et encore moins à ses supplications. Elle faisait la sourde oreille à tout ce qui émanait de lui, vexée et peinée qu'il se soit moqué d'elle deux jours plus tôt, lors du cours de potion.

– Tu veux savoir ce que j'ai dit à Nott ?

– Non.

– Je lui ai dit que Slughorn allait être déçu, voilà, râla-t-il. Rien de bien méchant.

– Ben voyons.

– Tout le monde le sait que tu es brillante. Je le sais, Potter le sait, Weasley l'oublie tous les ans mais il le sait, Dumbledore le sait, McGonagall bénit le Choixpeau de t'avoir envoyée à Gryffondor donc elle le sait, Rogue le sait à son plus grand déplaisir, et maintenant tu es la deuxième chouchoute de Slughorn qui le sait également, railla-t-il.

Hermione stoppa sa marche et se tourna vers lui.

– C'est donc ça qui te gêne ? Je suis invitée à ses soirées et pas toi ?

Drago pâlit un peu et reprit sa marche d'un air furieux.

– Je suppose que, de toutes façons, tu as mieux à faire que d'y aller, lança-t-elle l'air de rien. Comme traîner au septième étage, seul.

Elle lui lança un regard pénétrant auquel il répondit par un sourire en coin.

– Toujours aussi maline, hein, Granger ?

Elle reporta son attention sur la ronde quand elle sentit Drago se rapprocher d'elle et l'embrasser doucement sur la joue puis furtivement sur la bouche.

– Si tu crois te faire pardonner aussi facilement… commença-t-elle les joues un peu roses.


Le mois d'octobre amena avec lui un vent polaire et une neige épaisse qui se mit à tomber rapidement et avec une telle intensité que le parc de Poudlard fut bientôt couvert d'un épais manteau immaculé.

Le premier week-end à Pré-au-Lard arriva à point nommé pour distraire les sixièmes années de la montagne de devoirs que tous les professeurs avaient décidé de leur donner. Hermione fit la grasse matinée dans la chaleur de son lit et ne se leva que lorsque Pattenrond insista pour qu'elle lui donne un biscuit pour chat.

Vu le froid qui semblait régner au dehors, elle enfila son bonnet, ses gants en peau de dragon et son écharpe. Elle compléta le tout par sa lourde cape d'hiver et prit également le bocal où elle avait enfermé des flammes perpétuelles, bien utiles en cas d'hiver rigoureux.

– Quel temps affreux, marmonna Ron alors qu'ils étaient tous les trois serrés contre Hermione qui tenait son bocal entre les mains.

Harry avait sa baguette tendue devant lui qui soufflait de l'air chaud pour faire fondre la neige.

– On va aux Trois Balais ? Suggéra Hermione dont les dents claquaient de froid.

Ils se frayèrent un chemin parmi la foule et eurent du mal à entrer dans le pub de Madame Rosmerta, la jolie tenancière, surchargé d'élèves.

– Ils ne peuvent pas aller ailleurs, non, râla Ron une fois qu'ils eurent trouvé une table vide, à l'étage. Je vais commander, s'empressa-t-il de dire alors que Harry se levait.

Il partit d'un pas vif, les oreilles roses.

– Heureusement qu'il n'a pas vu ça, dit Harry en désignant du mention Ginny et Dean Thomas qui s'embrassaient goulûment dans un coin, à l'abri des regards.

Hermione pouffa de rire et enleva ses gants et sa cape. Ron revint quelques minutes plus tard en portant trois choppes de Bièraubeurre. Il remarqua alors Ginny et cligna stupidement des yeux pendant quelques secondes.

– Mais… C'est Ginny ! s'exclama-t-il, les oreilles rouges. Qu'est-ce qu'elle fait ici avec lui ?

– Oh rien de spécial, répondit évasivement Harry.

Ce fut le moment que choisit Ginny pour embrasser de nouveau Dean.

– Presque rien, rectifia Harry en prenant les Bièraubeurres.

Ron la fixa quelques secondes, toujours debout, et déclara :

– Je ne l'aime pas.

– Dean ? s'étonna Hermione. Il est très gentil pourtant.

– Il embrasse ma sœur, répliqua-t-il.

– Qui est parfaitement assez grande pour se gérer toute seule, conclut Hermione. Assieds-toi, maintenant.

Ron s'assit à côté de Harry non sans cesser de fixer Ginny et Dean.

– C'est un crétin, marmonna-t-il.

Hermione était installée face au balcon qui donnait sur le rez-de-chaussée du pub. Elle vit du coin de l'œil Drago entrer, seul, dans le pub. Malheureusement, Harry l'avait vu aussi.

– Regardez, souffla-t-il en désignant Malefoy d'un signe de tête.

– Il vient juste boire un verre, marmonna Ron qui jetait de fréquents coups d'œil à sa sœur.

Ses priorités n'étaient clairement pas les mêmes que celles de son meilleur ami à ce moment précis. Mais Drago sortit de leur champ de vision en se dirigeant vers les toilettes.

– Hum, dit Harry.

– Oh regardez, Slughorn, s'exclama Hermione pour dévier la conversation.

Le nouveau professeur de Potions, habillé d'une robe pourpre, semblait passablement éméché et bavardait d'une voix enthousiaste avec un groupe de Serpentard. Il remarqua alors Harry à l'étage et grimpa avec une agilité étonnante pour un homme de sa corpulence.

– Harry, mon garçon ! J'espère vous voir à ma prochaine soirée ! Un petit repas sans prétention entre élèves triés sur le volet.

– Oh, je…

– Harry en sera enchanté, répondit Hermione qui n'avait pas envie de se retrouver une fois de plus coincée entre McLaggen et Zabini.

– Merveilleux ! Miss Granger vous êtes bien entendu la bienvenue aussi, clama Slughorn.

Puis il se tourna vers Ron et le regarda comme s'il ne se souvenait pas bien de qui il était.

– Content de vous voir, Walenby ! s'exclama-t-il avant de s'éloigner.

Harry et Hermione lancèrent un regard contrit à Ron qui semblait de très mauvaise humeur. Hermione termina sa Bièraubeurre et laissa ses amis débattre de la relation de Ginny avec Dean pendant qu'elle se rendait aux toilettes.

Elle eut du mal à se frayer un chemin parmi la foule d'élèves qui se pressait dans le pub pour se tenir au chaud. En plus, Hermione vit par une fenêtre un peu embuée que la neige s'était remise à tomber dehors.

Arrivée aux toilettes, elle entendit les cris d'une dispute et s'approcha. Près des lavabos, Katie Bell, une Gryffondor de septième année qui jouait au Quidditch avec Harry, se disputait avec son amie Leanne.

– … Katie, ne sois pas ridicule, qu'est-ce qu'il t'arrive ? Qui t'a donné ça ?

– Je dois le donner au professeur Dumbledore, répondit Katie d'une voix étrange. Je dois le faire, Leanne.

Hermione entra dans la pièce et regarda Katie.

– Tout va bien ? demanda-t-elle.

– Oui.

– Non, s'exclama Leanne, visiblement heureuse d'avoir quelqu'un d'autre à qui parler. Katie dit n'importe quoi.

– Je dois donner ce paquet au professeur Dumbledore, répéta Katie.

Elle avait un regard étrange, un peu vitreux, et tenait entre ses mains un petit paquet enveloppé dans du papier kraft.

– Qui t'a donné ça ? demanda Hermione.

– Je… je ne sais pas.

Leanne échangea un regard désespéré avec Hermione.

– Elle est entrée aux toilettes et en est ressortie avec ça, se lamenta Leanne. Quelque chose ne va pas, donne-moi ça !

– Non !

Leanne se jeta sur Katie qui leva les mains pour empêcher son amie de toucher le paquet. Hermione put alors l'attraper mais Katie s'y accrocha et le papier se déchira. Tout se passa ensuite très vite. Hermione eut à peine le temps de voir un éclat brillant scintiller à travers la déchirure du papier qu'une douleur fulgurante la traversa de part en part. Elle entendit un hurlement de douleur puis de terreur résonnait à ses oreilles mais elle n'était déjà plus en état de comprendre qui hurlait, ni pourquoi. La douleur sembla se propager en elle comme du venin et elle sombra dans l'inconscience.


Note de fin : Hum hum... pauvre Hermione !

J'espère que vous avez aimé, n'hésitez pas à me donner votre avis et je vous souhaite une belle semaine (je suis en vacances dans deux jours, j'ai hâte) !