Bonjour à toutes et à tous, j'espère que vous allez bien ! Pour ma part, j'ai un rhume.
Merci pour toutes vos reviews, ça me fait toujours chaud au coeur d'en recevoir ! Je n'ai pas répondu aux dernières et j'en suis désolée mais je répondrais aux suivantes, promis !
Merci à LycorisSnape pour sa correction :)
Chapitre 03
La révélation de Drago
13 novembre 1996 – Infirmerie
Hermione Granger avait mal. Son corps entier semblait douloureux, courbaturé, comme si elle était tombée du haut de la tour d'Astronomie.
A la réflexion, c'était peut-être le cas.
Elle ne savait pas où elle se trouvait, ni pourquoi. Elle tenta de se réveiller totalement car elle savait qu'elle rêvait encore. Elle se sentait coincée dans cet étrange état entre le réveil et le rêve, flottant dans des limbes noires, comme si elle était allongée sur de l'eau et se laissait dériver sur une mer sombre.
« Réveille-toi » sembla murmurer une voix à son oreille.
Cette voix lui était familière mais elle n'arrivait pas à mettre un visage dessus.
Elle dériva ainsi pendant un temps interminable, jusqu'à ce que les voix se firent de plus en plus proche. Puis, elle eut la sensation que tout s'éclairait autour d'elle et que des silhouettes se dessinaient devant elle.
Elle fit alors un dernier effort et ouvrit les paupières.
La douleur la fit grimacer. Chaque muscle la faisait souffrir et elle ne put s'empêcher de crier de douleur en tentant de remuer ses bras et ses jambes. Madame Pomfresh se précipita alors à son chevet, pâle, armée d'un flacon rouge vif.
– Par Merlin, miss Granger, vous êtes réveillé !
Elle lui servit immédiatement un verre d'eau et déboucha ensuite le flacon rouge.
– C'est un anti douleur très puissant, tenez.
Hermione but avidement le liquide qui avait un vague goût de fruit rouge et prit une grande inspiration qui lui était, la aussi, douloureuse. Elle se sentait épuisée et désorientée.
– Miss Granger, n'essayez-pas de parler, lui intima Madame Pomfresh. Je vais avertir le directeur Dumbledore de votre réveil. Nous sommes le treize novembre, vous étiez dans une sorte de coma depuis un mois mais vous allez bien. Je pensais bien que vous étiez proche du réveil.
Hermione la regarda, les pensées tourbillonnant dans sa tête.
– Vous devriez vous reposer, je vais chercher le directeur et je reviens immédiatement…
Hermione entendit à peine la fin de sa phrase et sombra dans un lourd sommeil.
Elle se réveilla de nouveau quelques heures plus tard. Elle se sentait cette fois-ci plus alerte et la tête moins lourde. Elle bougea légèrement ses bras et ses jambes et ressentit des courbatures douloureuses mais pas la souffrance de la dernière fois.
Cette fois-ci, elle prit le temps de regarder son environnement. Madame Pomfresh avait entouré son lit de rideaux blanc pour lui donner un peu plus d'intimité. Les hautes fenêtres laissaient passer la lumière du dehors qui éclairaient légèrement son lit. Apparemment, le soleil se levait à peine. Hermione observa ses doigts pâles et minces qu'elle agita doucement.
Elle tourna la tête à sa droite et vit une carafe en argent sur sa table de nuit, laquelle croulait littéralement sous les cartes de rétablissement, les bonbons et un vase de grosses fleurs jaunes venant probablement de Harry.
Elle mourrait de soif… Elle leva son bras et tenta de l'attraper mais elle se sentait encore trop faible et ne put qu'empoigner l'anse sans parvenir à la soulever. Soudain, un bruit de pas furtif interrompit son geste. Hermione laissa retomber son bras sur la couverture rouge et sentit son cœur rater un battement quand les rideaux autour de son lit s'écartèrent légèrement pour laisser voir la silhouette grande et pâle de Drago.
Hermione ne savait pas très bien de quoi elle avait l'air, mais elle était sûre que Drago avait minci et avait l'air plus pâle qu'à l'ordinaire. En revanche, le regard qu'il avait quand il l'a vit éveillé, Hermione était sûre qu'il ne l'avait encore jamais vu comme ça.
– Hermione, murmura-t-il en s'approchant. Comment… Comment vas-tu ?
– Tu as mauvaise mine, répondit-elle en souriant.
Drago eut un sourire et Hermione remarqua que c'était la première fois qu'il l'appelait « Hermione » et non pas Granger comme habituellement.
– Tu devrais voir ta tête, répliqua-t-il en souriant. Tes cheveux sont hors de contrôle.
Hermione tâta ses boucles brunes et laissa retomber son bras sur le lit en se sentant épuisé.
– Est-ce que tu sais ce qu'il s'est passé ? demanda-t-elle.
Drago perdit son sourire et passa une main dans ses cheveux blonds avant de s'asseoir sur le lit. Il jouait machinalement avec sa baguette magique et finit par faire tomber de la neige sur le lit.
20 août 1998 – Tribunal du ministère de la Magie
– Vous n'avez aucun souvenir du maléfice ? demanda une femme du Magenmagot aux cheveux gris et à l'air sévère.
– Aucun, madame, répondit Hermione. Je sais uniquement ce que l'on m'a raconté, à savoir que je n'ai fait que très brièvement effleuré le collier, contrairement à Katie qui l'a touché à mains nues. Je suis restée près d'un mois à l'infirmerie avant de pouvoir reprendre une vie normale.
– Saviez-vous que Drago Malefoy avait l'intention d'ensorceler Katie Bell ?
– Bien sûr que non, sinon…
– Et saviez-vous que c'était lui qui vous avez blessé involontairement ? coupa la femme.
– Je ne l'ai appris que quelques semaines plus tard, admit-elle.
– En avez-vous informé quelqu'un ?
– Le professeur Dumbledore, après avoir convaincu Drago d'accepter l'aide de l'Ordre du Phénix, expliqua Hermione qui se sentait nerveuse avec tous les regards braqués sur elle.
– Professeur Dumbledore ? intervint Shacklebolt.
– Je confirme les dires de Miss Granger, approuva Dumbledore. Mr Malefoy et elle sont effectivement venus me voir à la fin du mois de janvier, me semble-t-il.
– Merci, professeur, conclut la femme avec un hochement de tête.
– Miss Granger, intervint un autre homme en relisant brièvement ses notes, avez-vous averti un de vos amis de ceci ?
– Je l'ai dit à Harry Potter. Uniquement à lui, précisa-t-elle.
– Pour quelle raison ?
Hermione resta silencieuse quelques instants.
– J'avais un peu… peur des réactions des autres, je pense. Je craignais qu'ils ne comprennent pas ma liaison que je ne pensais pas, à ce moment-là, vraiment sérieuse. Je me suis toujours sentie très proche de Harry, je savais qu'il ne me jugerait pas. Par la suite, j'ai salué cette décision puisqu'elle a protégé Harry l'année dernière et m'a fourni un alibi face aux… Mangemorts. La réaction de mes amis a été bien plus crédible, expliqua-t-elle.
– Et violente, je suppose.
– En effet, murmura Hermione.
Elle osa un regard en direction de Harry qui lui fit un sourire encourageant. A ses côtés, Ginny semblait totalement confuse. Elle regarda ensuite Rogue qui semblait tout autant de mauvaise humeur qu'une heure plus tôt, puis Drago qui était pâle et la fixait d'un air un peu effrayé.
Non loin de lui, Pansy Parkinson discutait à voix basse avec Daphné Greengrass en lui jetant des regards indéfinissables. Hermione croisa ensuite le regard de Theodore qui lui fit un bref sourire.
Tout était si surréaliste…
– Miss Granger ? reprit Shacklebolt. Vous pouvez reprendre votre récit, nous vous écoutons.
Hermione prit le temps de boire un verre d'eau puis reprit son histoire.
20 novembre 1998 – Dans les escaliers menant au quatrième étage
– Pour l'amour du ciel, Ron ! s'exclama Hermione. Je peux porter mes propres livres !
Mais Ron n'en avait cure puisqu'il prit très chevaleresquement les livres de défense contre les forces du Mal des bras d'Hermione jusqu'à la salle de classe et les lui posa sur la table.
– Merci, dit-elle en souriant, mais ce n'était pas nécessaire.
– Oh c'est si mignon, minauda Pansy Parkinson en ricanant, Weasley joue les chevaliers servants pour une miss-je-sais-tout aux dents de castor.
Son habituelle bande éclata de rire comme si Parkinson venait de dire la blague du siècle. Hermione l'ignora, peu impressionnée et s'installa à sa place. C'est alors qu'elle remarqua que Malefoy fixait Ron avec un air mauvais.
Drago avait un comportement des plus étranges depuis le réveil de Hermione. Il cherchait sa compagnie plus fréquemment qu'à l'ordinaire lorsqu'elle était seule et manquait beaucoup de cours. Tant et si bien qu'elle avait appris que le professeur McGonagall lui avait donné une retenue pour devoirs non faits.
Elle avait pu quitter l'infirmerie une semaine après son réveil. Elle avait vu les professeurs McGonagall, Rogue et Dumbledore mais aucun ne savait qui l'avait attaqué, tous en revanche s'accordaient sur le fait que Katie – toujours à Ste Mangouste – et même Hermione n'étaient que des dommages collatéraux. Harry, bien entendu, pensait que c'était Malefoy et Ron ne savait pas très bien où se positionner.
Hermione avait peine à croire qu'elle avait manqué un mois entier de cours et que le mois de décembre approchait à grand pas. C'était incongru de se dire qu'elle avait été dans le coma après un grave maléfice de magie noire. Pourtant, dans les faits, elle était plus mince, plus fatiguée, et elle ne se sentait plus en sécurité à Poudlard. Ce dernier point en particulier la minait plus que les autres et elle n'aimait plus se retrouver seule à la bibliothèque. Elle s'en était ouvert à Harry et Ron qui avaient mis en place une sorte de ronde sans lui en parler pour qu'elle soit toujours accompagnée. Elle leur en était reconnaissante même s'il devenait plus compliqué de croiser Drago, qui, de son côté, s'agaçait de la voir sans cesse accompagnée.
Rogue entra dans la salle de classe, la cape virevoltant dans son dos. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il savait faire des entrées dramatiques. Il leur fit ouvrir leurs livres au chapitre dédié aux Inferis et enleva cinq points à Gryffondor quand Harry entra en retard et en catimini. Le tout sans se retourner du tableau noir où ils inscrivaient les instructions du prochain devoir.
Harry sembla sur le point de répliquer mais Hermione tira sur sa manche pour le forcer à s'asseoir.
– Mr Potter, s'exclama soudain Rogue, quelle est la différence entre un Inferi et un fantôme ?
Harry releva lentement la tête et posa sa plume en regardant Rogue pendant quelques secondes.
– Et bien… les fantômes sont transparents, répondit-il.
– Quelle réponse pleine d'esprit, ironisa Rogue. Merci beaucoup, Mr Potter, les fantômes sont transparents.
Hermione connaissait la réponse mais elle se sentait épuisée. Elle ne rêvait que de dormir, peu importe ses cours de l'après-midi. Et ça, ça n'était pas normal. Elle ignora donc les coups d'œil de Harry et se contenta d'écouter très vaguement les sarcasmes de Rogue.
– Miss Granger ! aboya soudain Rogue en faisant sursauter tout le monde, surtout Neville qui renversa son flacon d'encre sur ses notes de cours. Quelle est la définition d'un inferius ?
Hermione releva la tête et croisa les yeux noirs de son professeur.
– Les inferi sont des êtres humains morts et ramenés à un semblant de vie par un ensemble de sortilèges complexes et fortement empreints de magie noire, expliqua-t-elle. Ils ne disposent donc pas d'une conscience, ce sont seulement des marionnettes.
– Et ils ne sont pas transparents, marmonna Harry dont la définition était moins académique mais pas moins proche pour autant
Hermione cessa d'écouter le reste du cours. Elle se sentait épuisée et vide. Harry le remarqua et lui tapota le bras.
– Ça va, Hermione ?
– Oui, oui, ça va, marmonna-t-elle.
– Tu ne notes rien.
Hermione contempla son cahier qui ne contenait qu'une vingtaine de notes en tout et pour tout.
– Je suis vraiment épuisée… avoua-t-elle.
Elle se demanda comment elle aurait la force de grimper jusqu'au septième étage pour tout dire.
– Va à l'infirmerie, conseilla-t-il.
– Pourquoi faire ? rétorqua-t-elle. Non, Harry, j'ai juste besoin de sommeil et en plus j'ai manqué beaucoup trop de cours.
– Peut-être que Mr Potter peut nous éclairer sur ce qui est plus important à ses yeux que mon cours, les interrompit la voix doucereuse et sarcastique du professeur Rogue derrière eux.
Hermione sursauta et se redressa. Quant à Harry, comme à son habitude, il ne se démonta pas.
– Je tentais de convaincre Hermione de se rendre à l'infirmerie puisqu'elle ne se sent pas bien, expliqua Harry.
Rogue se tourna vers Hermione et la jaugea du regard. Elle songea qu'elle devait avoir l'air vraiment malade et fatiguée puisqu'il lui ordonna de ranger ses affaires et de filer à l'infirmerie.
Harry commença à faire de même mais Rogue l'interrompit.
– Mr Potter, qu'est-ce que vous faites ?
– J'accompagne Hermione.
– Certainement pas. Je ne laisserais pas Miss Granger comme prétexte pour vous balader librement dans les couloirs à une heure pareille. Mr Malefoy, vous l'accompagnez à l'infirmerie et vous revenez ici dans la minute !
– Mais… commença Harry.
– Silence, Potter, où ce sera une retenue, coupa Rogue.
Harry lança à Hermione un regard désolé et elle quitta la salle en compagnie de Malefoy. Ils marchèrent en silence quelques mètres puis se prirent délicatement par la main.
– Rogue est au courant, supposa Hermione.
Le fait que Rogue envoie Malefoy pour l'accompagner était, à ses yeux, suffisamment éloquent.
– Je ne sais pas, avoua Drago, mais il se doute de quelque chose. Ça va ? ajouta-t-il en lui jetant un coup d'œil inquiet. Tu as l'air sur le point de tourner de l'œil et si tu crois que je vais te porter jusqu'à l'infirmerie, tu te trompes.
Elle eut un sourire en coin.
– Je suis épuisée, avoua-t-elle.
Hermione capta son reflet dans une vitre recouverte de la pluie qui tombait sans discontinuer depuis la veille. Elle était très pâle.
Drago passa un bras autour de sa taille.
– Quel chevalier servant, ironisa Hermione.
– Weasley peut aller se rhabiller, je suis bien meilleur que lui, lança Drago.
Hermione lui lança un coup d'œil étonnée.
– Jaloux, Malefoy ?
– Jamais de la vie, ricana-t-il.
Mais il n'ôta pas son bras pour autant. Arrivé au deuxième étage, Hermione entra à l'infirmerie et Madame Pomfresh lui ordonna immédiatement de s'allonger, ce qu'elle fit sans protester.
– Monsieur Malefoy, vous pouvez partir, lui intima l'infirmière d'un ton sévère.
Drago lui fit un clin d'œil et repartit dans l'autre sens. Hermione était sûre que de toute façon, quel que soit le temps qu'il mettrait à revenir en cours, Rogue n'y prêterait même pas attention.
20 août 1998 – Tribunal du ministère de la Magie
– A ce moment-là, madame Granger, saviez-vous que le professeur Rogue était au courant de votre liaison avec Mr Malefoy ? demanda une des juges.
– Non, madame, mais je m'en doutais, répondit Hermione. Vu les… dissensions entre nos maisons respectives, il n'aurait pas été très judicieux de lui demander de m'accompagner à l'infirmerie. Ni très logique. Je pense que le professeur Rogue voulait que je découvre quelque chose à propos du plan de Malefoy.
– Professeur Rogue ? Intervint Dumbledore en se tournant vers son ami. Pouvez-vous, je vous prie, nous éclairer sur ce point.
Rogue se leva et prit la parole.
– J'ai découvert la liaison de Miss Granger et de Mr Malefoy à la fin de leur cinquième année, expliqua-t-il. J'étais donc au courant et j'ai effectivement pensé que Miss Granger pourrait m'aider là où j'échouais.
– Pouvez-vous préciser ? Demanda un membre du Magenmagot qui semblait avoir le double de l'âge de Dumbledore au bas mot.
– Je tentais du mieux possible d'aider Mr Malefoy à ne pas se salir les mains, je voulais à tout prix lui éviter… ce que je n'ai pas réussi à éviter pour moi-même, disons.
Dans le rang juste en dessous, Harry fixait un point devant lui en tentant de faire comme si la situation entre Rogue et lui n'était pas devenu excessivement gênante.
– Merci, professeur, le remercia Dumbledore.
– Miss Granger, avez-vous découvert quoi que ce soit à propos du plan de Mr Malefoy ?
– Oui, mais bien plus tard parce que j'ignorais que Drago puisse avoir quoi que ce soit à faire avec ça. Avec mon accident, précisa-t-elle.
– Comment avez-vous réagit ?
– Et bien…
20 novembre 1998 – Dans la bibliothèque
– Il t'a fait du mal ?
– Non.
– Il t'a insulté ?
– Non.
– Il t'a ensorcelé ?
Hermione lança à Harry un regard consterné par-dessus Le Livre des sorts et enchantements, niveau 7, qu'elle lisait pour rattraper son retard sur le sortilège d'Amnésie.
– Harry, ne sois pas ridicule ! Malefoy m'a simplement emmené à l'infirmerie, voilà tout. Nous avons à peine échangé un mot.
Harry lui lança un regard perçant de ses yeux verts et Hermione songea qu'il commençait parfois à ressembler au professeur Dumbledore.
– Quoi ?
– Quelque chose ne va pas, marmonna-t-il. Hermione, s'il te plaît, est-ce que Malefoy te menace ? Si oui, dis-le-moi, je peux t'aider.
Hermione soupira et se replongea dans la lecture de son lire. Malgré elle, elle pensa à ce que Harry venait de dire et fut sur le point de le faire. De tout lui avouer, de se confier enfin sur le secret qu'elle cachait depuis plusieurs mois.
– Tout va bien, Harry, répondit-elle finalement. Tu penses sincèrement que je laisserais quelqu'un comme Malefoy me menacer sans rien faire ?
Le mois de décembre arriva bien vite au goût de Hermione qui avait la sensation que le temps lui filait entre les doigts depuis son coma.
Hagrid avait apporté dans la Grande Salle les habituels douze sapins et Hermione, Ron et les autres préfets se chargeaient de les décorer. Naturellement, au bout du deuxième jour, Ron manqua de finir étranglé par Peeves à l'aide d'une guirlande et Harry – qui n'avait rien à faire là mais s'ennuyait ferme seul dans la salle commune – fut coincé sous le gui par Romilda Vane.
– Il faut reconnaître qu'elle est très jolie, ricana Ron.
Ils avaient quitté la Grande Salle pour décorer le couloir du premier étage et Harry tenta de l'étrangler avec le reste de la guirlande.
– C'est pas bientôt fini tous les deux, râla Hermione. Je vous signale qu'on a mieux à faire.
– Oui Weasley, écoute donc ta maman aux dents de castor, ricana Malefoy qui était adossé contre une colonne.
– La ferme, Malefoy ! s'exclama Ron, les oreilles rouges.
Hermione lança un regard sévère à Malefoy qui la fixa dans les yeux avec son habituel sourire narquois.
– Va donc t'occuper de décorer le premier étage, suggéra Hermione, ça t'évitera d'avoir à dire des bêtises.
– Je ne crois pas, répliqua Malefoy nonchalamment, je vais plutôt laisser ça aux Sang-de-Bourbe.
Il avait dit ça visiblement sans réfléchir puisqu'une brève expression d'horreur apparut sur son visage. Hermione le fixait toujours, ses yeux noisette à présent brillants de larmes. Ron tira sa baguette magique mais Hermione fut plus rapide et Drago fit un vol plané de plusieurs mètres avant d'atterrir lourdement sur le sol.
Harry eut à peine le temps de tourner la tête que Hermione partait à grandes enjambées vers les étages.
– Hermione ! s'exclama Ron en lui courant après.
Harry, lui, avait une autre idée. Il espérait que Ron ne ferait pas pleurer Hermione davantage comme il avait parfois le don de le faire, et s'approcha de Drago qui se relevait, ses cheveux blonds ébouriffés.
Depuis quelques temps, il avait des doutes, pas à propos de Malefoy devenu un Mangemort, ça non il en était presque sûr, mais il était persuadé que Drago faisait chanter Hermione d'une façon ou d'une autre. En colère, il s'approcha alors de son ennemi de toujours, sa baguette pointée sur sa poitrine.
– Tu vas arrêter ton cirque tout de suite, Malefoy, dit Harry alors que Malefoy se relevait en grimaçant.
– De quoi tu parles ?
– Je sais que c'est toi qui a ensorcelé Katie et Hermione, expliqua-t-il posément.
Malefoy le fixa de ses yeux gris en silence, les poings serrés. Il devait rêver de sortir sa baguette magique tout en comprenant que Harry serait plus rapide que lui.
Harry n'avait pas toujours confiance en lui mais il avait survécu à Voldemort par trois fois, ça n'était pas un petit crétin de Malefoy qui allait lui faire peur.
– Et donc ? Pourquoi tu ne vas pas pleurer dans les jupes de ta mère, Potter ? Oh, j'oubliais, elle est morte, ricana-t-il.
Sentant une boule de colère naître au fond de lui, Harry s'approcha, la main si crispée sur sa baguette magique que ses jointures étaient blanches.
– Et si tu n'y prend pas garde, menaça Harry, Voldemort tuera la tienne aussi.
L'effet fut radical. Le visage déjà pâle de Malefoy sembla devenir tout à coup d'un blanc aussi laiteux que Nick Quasi-Sans-Tête. Il ne répondit rien mais plongea sa main dans la poche de sa robe de sorcier.
– Non ! s'exclama Harry. Pas un geste.
Malefoy se figea, sans toutefois ôter sa main de sa poche.
– Qu'est-ce que tu veux, Potter ? cracha-t-il d'un ton venimeux.
– Je ne sais pas pourquoi tu tournes autour d'Hermione mais si tu la menaces, si tu lui fais du chantage, si tu lui fais du mal, je peux te jurer que Voldemort sera le cadet de tes soucis ? C'est clair ?
– Tu crois me faire peur ? demanda Malefoy qui était pourtant toujours très pâle.
– J'ai vaincu Voldemort plus d'une fois, si j'étais toi, je reconsidérerais mes choix de vie, Malefoy.
– Mes choix, murmura Malefoy. Il faut bien être le Survivant pour sortir des bêtises pareilles. Quant à Granger, ne t'inquiète pas, je ne lui veux pas le moindre mal.
– Tu ne m'en veux pas si je ne te crois pas, rétorqua Harry. Tu viens de l'insulter i peine cinq minutes.
– Demande-lui, lança Malefoy en retrouvant son habituel sourire narquois. Maintenant, si tu veux bien m'excuser, j'ai mieux à faire que de rester ici parler avec toi.
Harry baissa sa baguette et le laissa s'éloigner de quelques mètres.
– Où tu vas ? demanda-t-il de but en blanc.
– Bien sûr, je vais te le dire puisque ça te regarde, Potter, ricana-t-il.
Et il disparut au détour d'un couloir.
Harry retrouva Hermione et Ron dans la salle commune. Elle semblait toujours furieuse et était cachée derrière son épais grimoire de Numérologie et grammaire. Ron grignotait des dragées surprises de Bertie Crochue en lui lançant de temps à autre des regards inquiets.
Hermione n'avait pas envie de parler du tout. Malefoy et elle avaient un accord et il avait promis de ne plus l'appeler ainsi. Ce qu'elle avait été bête de lui faire confiance et de commencer à l'apprécier plus que de raison !
Elle déclina la proposition de Harry et Ron d'aller dîner et resta seule dans la salle commune où elle grignota quelques Patacitrouilles qui lui restait de la boite que Harry lui avait offert pour son anniversaire. Elle s'enfonça dans un fauteuil avec Pattenrond sur les genoux et L'Histoire de Poudlard dans les mains et se plongea dans sa lecture.
Elle en émergea une dizaine de minutes plus tard quand un tapotement à la fenêtre se fit de plus en plus insistant. Hermione avait d'abord pensé à la pluie, puis à Hedwige, mais c'était en réalité un hibou grand-duc qu'elle ne connaissait pas. Elle se leva, ouvrit la fenêtre et le hibou s'envola pour se percher près de la cheminée où il ébouriffa ses plumes détrempées.
Hermione détacha la lettre accrochée à sa patte et se rassit pour lire.
« Granger,
Je suis désolé pour tout à l'heure.
On peut se voir ?
Je t'attends dans le couloir du septième étage.
J'ai quelque chose de très important à dire. DM »
Hermione haussa un sourcil. Elle avait très envie de ne pas y aller, précisément pour lui apprendre qu'on ne lui parlait pas ainsi. Malgré tout, elle se demandait ce qu'il voulait lui dire. Ça pouvait être soit très positif, soit très négatif.
Elle donna un biscuit Miamhibou au hibou grand-duc qui dormait, la tête sous l'aile, sous l'œil attentif de Pattenrond et s'enveloppa dans sa cape avant de sortir dans le couloir du septième étage. Elle trouva Malefoy appuyé sur le mur en face d'une tapisserie représentant des trolls. Normalement, ce mur était là où se trouvait la Salle sur Demande.
Elle toisa Malefoy d'un regard sévère.
– Oui ?
– Je suis désolé, dit-il d'un ton contrit.
Le problème avec Drago c'est qu'elle ne savait jamais s'il était sincère ou moqueur. Ou les deux.
– Ça ne suffit pas, rétorqua-t-elle. Les choses étaient claires entre nous, Drago, tu ne devais plus m'appeler ainsi.
– Je n'ai pas réfléchis, répondit-il en s'approchant. Je suis vraiment désolé.
Hermione secoua la tête.
– Si je te dis que tu es ma Sang-de-Bourbe à moi, c'est mieux ?
Hermione haussa un sourcil si haut qu'il disparut sous sa frange de cheveux.
– Je ne sais vraiment pas quoi penser de ça, avoua-t-elle un peu consterné. C'est ta façon de faire des compliments aux filles ? Laisse-moi te dire que tu n'es pas très doué.
– Parce que Weasley est mieux peut-être ? Ironisa-t-il. Ou Potter ?
– Je pensais plutôt à Victor Krum mais ta jalousie est déplacée, Drago, répliqua-t-elle avec un sourire. Ni Harry, ni Ron ne m'ont jamais insulté.
C'était très Serpentard comme manœuvre et ça n'échappa pas à Drago.
– Viktor Krum ? Vous êtes toujours en contact ?
– Absolument, approuva-t-elle.
Il pâlit un peu.
– Tu es très Serpentarde quand tu veux, Granger.
Hermione se contenta de sourire, fière de son effet.
– Alors, reprit-elle au bout de quelques minutes de silence un brin boudeur, de quoi voulais-tu me parler ?
Drago sembla hésiter un instant puis il s'éloigna du mur et se mit à marcher devant.
– Qu'est-ce que tu fais ?
– J'ai besoin d'un endroit où on soit tranquille, répliqua-t-il.
Soudain, une porte apparut sur le mur, plus petite que pour celle de l'A.D. Drago la poussa et vit une sorte de petite pièce qui ressemblait un peu à la salle commune des Gryffondor. C'était confortable et accueillant avec un feu qui ronflait dans une cheminée, des fauteuils moelleux, et de grandes fenêtres qui donnaient sur le Lac Noir. Sur un pan du mur, une bibliothèque semblait proposer des tonnes d'ouvrages que Hermione rêvait d'ouvrir.
Hermione entra et Drago referma la porte derrière lui.
– La Salle sur Demande, commenta-t-elle. Bonne idée.
– C'est le fan-club de Dumbledore qui m'a donné l'idée, avoua-t-il.
– L'Armée de Dumbledore, rectifia-t-elle.
– Tellement pompeux, commenta-t-il avec un sourire en coin.
Hermione s'installa sur un des fauteuils et le regarda droit dans les yeux.
– Alors ?
Drago perdit son sourire et se mit à faire les cent pas dans la pièce.
– Bon… ce que je vais te dire n'a rien à voir avec les petites querelles adolescentes entre Potter et moi, commença-t-il. C'est plus grave. Bien plus grave.
Il commença à fuir son regard et Hermione eut, au fond d'elle, la confirmation de ce qu'elle craignait.
– J'ai… J'ai attaqué Katie, avoua-t-il d'une voix plus aiguë qu'à l'ordinaire. Plus précisément, je l'ai soumise à l'Imperium pour qu'elle donne le collier ensorcelé à Dumbledore. Il était le destinataire de tout ça.
– Pourquoi ?
Hermione ne se sentait pas capable de prononcer d'autres mots que ça.
– Il me l'a demandé, Hermione. Tu-Sais-Qui, souffla-t-il en la regardant pour la première fois.
Ses yeux gris semblaient sur le point de fondre en larme.
– Pourquoi ? répéta-t-elle.
– Il va tuer ma mère, lâcha-t-il dans un sanglot. Si je ne le fais, il va nous tuer.
Il s'appuya sur le second fauteuil comme s'il ne se sentait plus capable de tenir debout. Hermione se leva d'un bond et s'approcha de lui. Il avait perdu toute arrogance, toute fierté et semblait perdu et malheureux, pire, terrifié par ce qui l'attendait en cas d'échec.
– Je ne savais pas qu'elle… que tu serais… j'ai jamais voulu te faire du mal, lâcha-t-il finalement. Jamais. Je suis venu te voir tous les jours quand tu étais dans le coma.
Hermione ferma les yeux et laissa les informations imprégner son cerveau. Elle qui était toujours si prévoyante, elle n'aurait jamais pu imaginer ça. Elle prit plusieurs inspirations et tenta de rationaliser le tout.
– Qui est au courant ? Rogue ?
Drago hocha la tête.
– Il a promis de m'aider mais je crois qu'il essaie surtout de ramener la gloire à lui.
Hermione ne regarda avec consternation, le même regard qu'elle avait envers Harry ou Ron quand ils disaient n'importe quoi.
– Rogue est du côté de Dumbledore.
– C'est ça, ricana-t-il. Entre Tu-Sais-Qui et Dumbledore tu préfères croire Dumbledore ?
– Largement, répliqua-t-elle.
Drago ne répondit rien.
– Drago… est-ce que tu as la… Marque ?
Drago fuit son regard une fois de plus et hocha la tête.
– Oh, bon sang ! s'exclama-telle en perdant soudainement son calme. Espèce d'idiot !
– Je n'avais pas le choix, se défendit-il. Tu crois qu'on peut lui dire non ?
– Tu dois le dire à Dumbledore, reprit-elle.
– Certainement pas !
– Pourquoi ?
– Parce qu'il va tuer ma mère, cria-t-il presque. Elle est la personne la plus importante pour moi.
– Justement, insista Hermione, Dumbledore peut la protéger, la mettre en sécurité.
Drago sembla hésiter et se remit à faire nerveusement les cent pas.
– Je ne te laisserais pas sombrer, lui dit-elle.
– C'est trop tard, lâcha-t-il en se laissant tomber sur un fauteuil, la tête entre les mains.
– Bien sûr que non, rétorqua-t-elle fermement, laisse-moi t'aider.
Il resta silencieux longtemps puis murmura :
– Ne dis rien à Potter, s'il te plaît…
– Il pourrait t'aider, objecta Hermione, mais d'accord.
Il se laissa presque couler entre ses bras et Hermione resta un long moment à le serrer contre elle, fixant le feu de la cheminée en se demandant dans quoi elle venait de se fourrer.
Note de fin : J'espère que vous avez aimé, à bientôt pour la suite :)
