Note de l'auteur : Bonjour à tous mes lecteurs adorés ! Eh oui, voilà un nouveau chapitre qui vous ravira, je l'espère.

Sur ce, je vous laisse le découvrir ^^


"Sakura… Tu fais une fausse couche."

Ces mots n'avaient aucun sens. De quoi parlait-elle ? C'était tout simplement impossible. Elle devait se tromper. Forcément !

"Non, non, non. Tu dis n'importe quoi Shizune. C'est impossible. Impossible ! bégaya-t-elle.

- Sakura, je t'assure que c'est bien ça. Il n'y a aucun doute", dit doucement Shizune, les yeux emplis de compassion.

Sakura était abasourdie. Des milliers de questions se pressaient dans sa tête qui était sur le point d'exploser. Shizune l'aida à retirer son short et sa culotte. Ils étaient en sang.

En sang…

La jeune fille se mit à trembler, la panique s'emparant d'elle définitivement. Était-elle réellement en train de faire une fausse couche ? Comment ça pouvait être possible ? Elle n'avait jamais eu de relation sexuelle. Jamais de petit ami, même !

Avec douceur et humanité, Shizune expliquait à Sakura ce qu'elle faisait, mais les mots avaient peine à atteindre l'esprit tourmenté de la jeune fille. Elle était en état de choc. A un point tel que la douleur physique passait au second plan. Ou bien était-ce le résultat de l'injection d'anti-douleur ?

L'aîné collecta l'eau de la bassine dans ses mains, en une énorme bulle, avant de la transférer à l'intérieur de la patiente via son vagin. Elle lui expliqua qu'elle avait soigné les blessures causées par la perte de l'embryon et qu'à présent, elle évacuait ce qu'il restait de sang. La fraîcheur de l'eau l'électrisa et la ramena à la réalité.

"Shizune. Comment est-ce possible ? Je n'ai jamais été… intime avec qui que ce soit."

La médic-nin reporta son regard dans les yeux de jade luisant de larmes de son amie.

"Je suis désolée Sakura, mais tu n'es plus vierge. C'est un fait.

- Attends, c'est normal chez les kunoichis de rompre notre hymen sans... pénétration. C'est le cas de beaucoup de sportives de haut niveau, et nous également, n'est-ce pas ?

- Oui, c'est vrai. Néanmoins, c'est bien un embryon que ton corps a rejeté", ajouta-t-elle fébrilement. D'après sa taille, tu n'étais enceinte que de quelques semaines, peut-être un mois."

Sakura se mit à pleurer bruyamment. Elle s'effondrait, toutes ses certitudes balayées en un instant. Plus rien n'avait de sens. Elle pensait ne rien avoir oublié d'important dans cette amnésie, mais elle se trompait lourdement. Elle avait eu une relation sexuelle, mais avec qui ?

"Putain ! Pourquoi je ne me souviens de rien ?! Qui est-ce ? Qui m'a fait ça ?!

- Je ne sais pas… Je suis désolée."

Sakura cherchait et faisait le tour de tous les hommes qu'elle connaissait et de tous les shinobis qu'elle avait rencontré depuis son accident. Aucun n'était proche d'elle. Aucun ne lui avait montré d'affection. C'est alors qu'une idée sordide s'imposa à elle.

"Et si… et si ce n'était pas consenti ?" dit-elle la voix chevrotante.

Shizune détourna son regard vers le sol, sachant très bien qu'elle ne pouvait pas lui mentir.

"En fait, c'est assez probable. Quelques cas de viols dans les campements ont été relayés. Sachant que certaines victimes de viol préfèrent garder le silence..."

Sakura se remit à trembler et à pleurer à chaudes larmes, se recroquevillant en position fœtale. Shizune, le cœur gros, enveloppa la jeune fille dans ses bras et la serra fort contre elle pour tenter de la consoler.

"Non ! C'est un cauchemar ! Qui peut faire un truc pareil ?!

- Tu sais comment c'est en temps guerre..." répondit une Shizune très mal à l'aise.

Oui, toutes les kunoichis étaient sensibilisées au sexe comme arme de guerre dès lors qu'elles passaient genin. On leur apprenait à éviter les situations à risque, à reconnaître un comportement déplacé et à arrêter l'acte avant qu'il ne soit commis. Néanmoins, ça arrivait. Certains hommes n'étaient pas capable de se retenir. D'autres étaient carrément excités par le fait de violenter une femme.

"Non, je ne me serais pas laissée faire. Je me connais. Je me serais défendue.

- Tu sais… certaines femmes, aussi fortes soient-elles, se retrouvent parfois à subir un tel acte sans oser se rebeller. Dans certains cas, il s'agit d'un ami, d'un homme que tout le monde aime ou qui a un pouvoir hiérarchique sur sa victime et celle-ci se sent prise au piège. Elle pense qu'elle ne peut rien faire contre lui, que personne ne la croira ou bien, que c'est mieux pour tout le monde qu'elle subisse en silence."

Sakura pleurait bruyamment ce qui bouleversa encore plus Shizune. Elle n'aimait pas la faire souffrir avec cette sordide réalité, mais la jeune fille aux cheveux rose n'étaient plus une enfant. Ça ne servait à rien de lui faire croire que tout ça ne pourrait jamais lui arriver. Certains viols étaient même d'une banalité déconcertante. Un peu trop d'alcool, quelques gestes déplacés et une chose en entrainant une autre... Même les kunoichis n'étaient pas épargnées par le sentiment de culpabilité, bien caractéristique des victimes.

De plus, le grand méchant loup n'avait bien souvent pas l'apparence d'une bête sanguinaire. La plupart du temps, c'étaient des hommes respectés, avec du charisme et avec tout ce dont ils avaient besoin.

Quand bien même, Shizune devait essayer d'amoindrir la douleur de son amie. Trouver les mots justes.

"Allez Sakura… On ne sait pas si c'est ce qu'il s'est passé. Peut-être qu'au contraire tu as trouvé l'amour dans les bras d'un beau ninja ? L'un de ceux de Suna ou d'Iwa dont je te parlais juste avant ! minauda-t-elle pour abaisser la tension.

- Alors pourquoi il n'est pas là ? éclata-t-elle. Pourquoi aucun garçon n'est venu me voir à l'hôpital ? Personne n'est venu à part mes amis. Personne ne s'est inquiété pour moi..."

Et elle repartit dans une crise de lames à laquelle Shizune se sentait impuissante. Elle savait que c'était vrai. Seuls ses amis proches étaient venus la voir. Aucun petit ami n'en faisait parti.


Shikamaru courait comme un fou hors de la structure qui servait d'hôpital. La panique en lui pulsait dans ses veines comme un cheval au galop. Comment pouvait-il se trouver dans un tel merdier ?

Inquiet pour Sakura, il avait écouté à la porte l'examen de Shizune. Il n'en était pas fier, mais il voulait s'assurer qu'elle allait bien. Néanmoins, ce qu'il avait surpris allait au delà de tout ce qu'il avait pu imaginer.

Déjà, un premier coup de couteau quand il l'entendit se morfondre sur ce connard de Sasuke. Elle était donc revenu au stade où elle l'aimait comme une folle ? Il en était malade. Quand elle était avec lui, il avait senti que son ex-équipier ne comptait plus pour elle. Elle ne voyait que lui. Mais maintenant qu'elle l'avait oublié, il devait attendre qu'elle fasse à nouveau le choix d'avancer sans Sasuke. C'était tellement injuste.

Dieu que c'était bon d'entendre Shizune lui conseiller exactement de faire ça : passer à autre chose. S'il avait pu, il l'aurait embrassée pour la remercier ! Il jubilait. Peut-être qu'elle écouterait cette voix de la raison. Shizune était une femme sage et raisonnable. Elle avait participé à l'entraînement de Sakura et était donc une figure essentielle dans sa vie. Il fallait que Sakura l'écoute.

Sauf que juste après, la voilà qui conseillait à la jeune fille de se trouver un copain parmi les ninjas étrangers de l'alliance. Non mais à quoi jouait-elle ?! De quoi elle se mêlait celle-là ? Voulait-elle mettre cette toute jeune fille dans les bras de n'importe quel connard ? N'avait-elle donc aucun sens patriotique ?

Puis soudain, Sakura cria de douleur. Que se passait-il ? Shikamaru fulminait de ne pas pouvoir voir ce qu'il se passait. Qu'avait-elle ? Était-ce grave ? Et surtout, devait-il débouler dans la pièce pour s'enquérir de son état de santé. En avait-il seulement le droit ?

Et puis le couperet tomba. Une fausse couche… Son esprit se vida d'un coup. Plus aucune pensée ne circulait à ce moment-là tandis que ces deux mots résonnaient dans sa tête.

Sakura était donc enceinte... de lui ? Elle portait son enfant ? Son enfant, bordel ! Ils avaient conçu un bébé ensemble ! L'image de Sakura portant son enfant dans ses bras lui apparut soudain et il eut envie de pleurer. Il la voyait si belle, couvant ce bébé d'un doux regard emplit d'amour, avant de le regarder lui, un sourire éblouissant son merveilleux visage.

Une partie de lui avait envie de voir ce rêve se réaliser, bien que cette idée l'effrayait également au plus haut point. Il était bien trop jeune pour devenir père, bon sang ! Mais… Sakura sera une mère merveilleuse. Aucun doute là-dessus. Et il serait le plus chanceux des hommes si...

Shikamaru sortit brusquement de sa rêverie. Sakura était désespérée. Elle se croyait toujours vierge et réalisait que non de la plus brutale des manières. Elle était affolée et c'était de sa faute. Il aurait dû lui dire ce qu'ils étaient l'un pour l'autre. Aussi compliqué que ça pouvait être, il aurait dû essayer de lui expliquer. Les remords l'étreignaient et menaçaient de l'étouffer complètement. Mais il lui était impossible de revenir en arrière. C'est trop tard !

Ou bien devait-il entrer maintenant le lui dire ? Devait-il la rassurer ? En était-il capable ? Est-ce qu'elle n'allait pas encore plus paniquer ? Le doute le paralysait. Que devait-il faire ? Quelle était la meilleure solution ?

"Qui est-ce ? Qui m'a fait ça ?!" cracha Sakura derrière la porte. Shikamaru grimaça au ton qu'elle avait employé. Elle disait ça comme si leur relation était horrible et dégoûtante. Comme s'il l'avait intentionnellement fait tomber enceinte.

Mais quelque part c'était vrai. En fait, il n'avait même pas demandé à Sakura si elle prenait un moyen de contraception. Il avait juste profité des moments avec elle sans se soucier des conséquences. Il réalisait qu'il avait toujours considéré la grossesse comme un problème féminin, inconsciemment bien sûr. Mais il aurait dû s'en inquiéter. Il aurait dû anticiper. Oui, c'était elle qui voulait perdre sa virginité et qui était venue le voir dans ce but, mais il aurait dû être plus responsable dans cette histoire.

Puis un mot de la conversation derrière la porte atterra le jeune stratège : "viol". Bon sang, Sakura croyait qu'elle avait été violée ? C'était un cauchemar. Il ne pouvait pas la laisser croire ça. Elle devait savoir et tant pis pour les conséquences.

Sa main sur la poignée de la porte, il s'arrêta net en entendant Shizune lui dire : "Dans certains cas il s'agit d'un ami, d'un homme que tout le monde aime ou qui a un pouvoir hiérarchique et sa victime se sent prise au piège."

Un ami… Un homme avec un pouvoir hiérarchique… Son corps se couvrit d'une pellicule de sueur froide. Et s'il était accusé de viol ? Si Sakura ne croyait pas son histoire hautement louche, soit dit en passant, comme quoi elle lui aurait demandé de la dépuceler ? Il se prit la tête dans ses mains et enfonça ses doigts dans son crâne à s'en arracher le cuir chevelu.

Cédant à la peur qui s'était infiltrée en lui, Shikamaru fit demi-tour et sortit de l'hôpital d'appoint sans un bruit avant de courir pour s'éloigner au plus vite de tout ce bordel. Ok, c'était de la lâcheté, mais il ne pouvait pas passer pour un violeur. Ça le détruirait.


Sakura ne dormit que par intermittence cette nuit-là. Elle avait encore du mal à réaliser tout ce qu'elle avait appris. Et tout ce qu'elle ignorait la tuait.

Au petit matin, on toqua à la porte et elle vit apparaître Ino. Immédiatement, la présence de son amie la réconforta et elle sourit aussi chaleureusement qu'elle en était capable.

"Hé grand front, qu'est-ce qu'il t'arrive ? Shizune m'a dit que tu n'allais pas bien mais sans m'en dire plus", dit la blonde avec une grande douceur dans sa voix.

Elle s'inquiétait. C'était touchant.

"Ino tu tombes bien. J'ai besoin de te parler. Vraiment, dit Sakura en grimaçant.

- Ok. Je t'écoute", répondit la blonde en s'asseyant près du lit d'hôpital.

Ino était nerveuse. Elle sentait que quelque chose de grave était arrivé.

"Je ne sais pas comment dire ça de la bonne manière, alors je vais juste le dire comme ça me vient." Elle inspira longuement avant de reprendre. "J'ai fait une fausse couche hier soir."

Les yeux d'Ino commencèrent à se rétrécir avant de s'agrandir sous le choc de cette nouvelle.

"Mais… depuis quand tu… tu… tu avais quelqu'un ? bégaya-t-elle, abasourdie.

- Hé merde, j'espérais que tu savais quelque chose. J'en sais rien du tout figure-toi. J'étais apparemment…" Même dire ce mot lui était difficile. "J'étais enceinte depuis un mois environ et… bah je n'ai aucun souvenir de ce qu'il s'est passé depuis deux mois, alors…" Elle poussa un soupir d'exaspération en fermant les yeux. "Bordel, je croyais être encore vierge, merde !"

Ino ne savait pas quoi répondre. C'était trop soudain, trop bizarre. Sakura avait des relations sexuelles et ne lui avait rien dit ? A bien y réfléchir, elle se sentait même vexée, mais fit taire ce sentiment égoïste. C'était vraiment pas le moment pour ce genre de considération.

"Tu n'as aucune idée de qui pourrait-être le… père ?"

Sakura secoua lentement la tête, l'air dépitée.

"Dis-moi Ino, je ne t'ai parlé d'aucun garçon ? Peut-être un shinobi d'une autre nation ? Est-ce que tu m'as vu trainer avec un garçon ?

- Non franchement, je ne vois pas, répondit la blonde après avoir longuement réfléchi.

- Putain ! ragea-t-elle. Si ça se trouve j'ai été violée. Tu te rends compte ? Shizune m'a dit qu'il y avait eu quelques cas dans les campements. J'ai tellement peur que c'est ce qui me soit arrivé."

Elle serra ses jambes contre son torse et ses yeux s'embuèrent immédiatement de larmes. Ino se leva aussitôt et la prit dans ses bras, la serrant le plus fort possible.

"Mais non voyons. C'est pas possible. Personne n'aurait osé toucher à l'apprentie de Tsunade, cette furie à la force surhumaine et au front immense !"

Malgré sa peine, Sakura ne put contenir un léger rictus au plus grand bonheur de son amie.

"Arrête. La plupart ne savent pas qui je suis.

- Tu rigoles ? Tu participes aux meetings du matin et aux débriefings du soir. Tu gères souvent l'hôpital de secours et tu es allée au front prêter main forte. Tout le monde sait qui tu es voyons."

Elles ne dirent rien pendant un moment, l'une dans les bras de l'autre. Les paroles d'Ino avaient tout de même un peu apaisée Sakura.

"J'espère que tu as raison.

- Tu sais quoi Sakura ? En fait, je suis sûre que tu n'as pas été violée. Plus j'y pense et plus c'est évident.

- En quoi c'est évident ? s'étonna-t-elle, un regain d'espoir dans les yeux.

- En fait, chaque fois que je te voyais, je te trouvais heureuse.

- Heureuse ? Qu'est-ce qui te faisait penser ça ?

- Eh bien… avec cette guerre, tout le monde est anxieux, sous-tension, voire au bord de la dépression. Les gens pleurent, sont effondrés ou bien paniqués. Les sourires se font rares. Mais toi, tu souriais énormément. Je pensais que c'était pour donner du courage aux autres. Franchement, j'étais admirative de ton sang-froid et ta capacité à aller de l'avant. Mais au final, je pense que tu étais juste heureuse d'avoir quelqu'un de spécial pour toi."

Sakura réfléchit longuement aux paroles de son amie. Se pouvait-il qu'elle ait vécu une histoire d'amour ? Ou bien une relation y ressemblant ? Si c'était bien le cas alors elle n'avait apparemment pas perdu de temps pour lui donner sa virginité.

"J'admets que ton raisonnement est logique. Et je préfère ça à la version du… viol, dit-elle avec une grimace. Mais dans ce cas, de qui s'agit-il ? Shizune m'a aussi dit qu'il se pouvait que j'avais trouvé quelqu'un, mais j'ai beau me creuser la tête, je ne vois pas du tout. Aucun garçon n'est venu me voir à l'hôpital à part Naruto et Kakashi. Ah oui, Shikamaru aussi, mais c'est parce qu'il culpabilisait pour mon amnésie.

- Je ne sais pas Sakura. Votre relation était apparemment secrète, puisque je n'étais même pas au courant, répondit-elle avec une pointe de reproche dans la voix. Du coup, il ne doit pas oser venir te rendre visite s'il sait que tu as perdu la mémoire.

- Il aurait tout de même pu essayer de me faire retrouver la mémoire justement. C'est sûrement qu'il s'en fout de moi. Si ça se trouve, il voulait juste coucher avec moi et maintenant il est bien content de ne pas avoir la lourde tâche de me dégager.

- Ou alors il est mort sur le champ de bataille…"

Sakura écarquilla les yeux en grand en réfléchissant à cette théorie. Dans ce cas-là, elle ne saurait jamais qui il était ni la vraie nature de leur relation. Mais quelque part, au fond d'elle, elle sentait que dans ce cas-là, elle avait sûrement des sentiments pour lui. Elle n'aurait pas donné sa virginité à n'importe qui.

"En tout cas, t'as pas d'bol, grand front, reprit Ino en soupirant. T'as réussi à tomber enceinte malgré le contraceptif de Tsunade.

- Le contraceptif ? J'étais sous contraception ? J'avais donc prévu de… Ouah ! C'est dingue. J'aurais jamais cru ça de moi. Enfin, pas maintenant en tout cas.

- Mais non, bécasse ! Avant le début des combats, l'équipe médicale a distribué un contraceptif puissant, efficace pour trois mois, à toutes les kunoichis le désirant. Néanmoins, Tsunade a insisté auprès des kunoichis de Konoha pour qu'on le prenne toutes sans exception.

- Donc je savais, non, je pensais, que je ne pourrais pas tomber enceinte…

- Oui. C'est vraiment pas de chance car il est efficace à 99,99% ! Il a été mis au point par Tsunade il y a des années de cela."

Sakura avait largement de quoi réfléchir. Au début de la guerre, elle avait pris un contraceptif réputé infaillible. A présent, le fait qu'elle ait donné sa virginité ne lui semblait pas si déconnant. Elle aimerait tant se souvenir. Dans quel état d'esprit était-elle ? Est-ce qu'elle était tombée amoureuse d'un shinobi de l'alliance ? Est-ce qu'ils avaient eu des projets d'avenir ?

Avait-elle vécu une véritable histoire d'amour ? Cette idée lui réchauffa le cœur et un petit sourire s'imposa sur son visage. Ce n'était sûrement pas aussi beau, mais elle pouvait bien rêver un peu.


Les jours passèrent et Shikamaru n'eut pas le courage de passer voir Sakura de nouveau. Il ne supportait pas l'idée qu'elle pensait avoir été violée. De plus, il était maintenant terrorisé qu'elle découvre que c'était lui le père de l'enfant qu'elle avait perdu. Il avait peur d'être accusé de viol, mais surtout qu'elle, elle en soit persuadée.

Chaque fois que le doux visage de Sakura lui apparaissait, il se disait que l'heure n'était plus à la romance. Il essaiera de la reconquérir quand la guerre sera finie, s'ils étaient encore vivants bien sûr. Et pour cela, il fallait finir cette satanée guerre !

D'ailleurs à présent, tout commençait à se précipiter. Leur ennemi s'est révélé être Obito Uchiwa, dont Shikamaru n'avait jamais entendu parler avant ça. Et il travaillait de concert avec Madara Uchiwa, fraîchement ressuscité grâce à Edo Tensei. Décidément, ces Uchiwa étaient vraiment galère ! Il n'y en avait pas un pour rattraper l'autre.

Les Uchiwa avaient l'avantage et ont marqué un grand coup en ressuscitant Jûbi. La lutte semblait perdue. Le moral des troupes était au plus bas. Shikamaru œuvrait avec Ino et Chôji. Ensemble ils relayaient les stratégies élaborées par son père au QG de l'alliance. Ils donnaient beaucoup de fil à retordre à leurs ennemis, mais jusqu'à présent, impossible de vraiment renverser la tendance.

Puis tout à coup, Jûbi envoya une nouvelle orbe démoniaque, mais cette fois, pas contre les ninjas sur le terrain. Non, cette fois, il visait le QG. Il visait son père.

Son cœur manqua un battement. Il se mit à transpirer et à trembler de panique. Non, ce n'était pas possible. Pas comme ça. Pas maintenant, bordel !

Et au lieu de s'enfuir, Shikaku préféra rester au QG pour transmettre sa toute dernière stratégie afin de stopper les attaques de Jûbi à l'ensemble des ninjas de l'alliance. Il donna sa vie pour tenter de leur décrocher la victoire.

Putain ! Shikamaru ne pouvait même pas dire au revoir à son père, lui dire qu'il l'aimait et qu'il ferait tout pour le rendre fier ! Non… l'instant d'après c'était fini. Shikaku Nara, chef du clan Nara n'existait plus. Il venait de perdre son père. Jamais plus il ne le verrait. Jamais plus il n'écouterait ses conseils. Jamais plus il ne jouerait au shogi avec lui.

Après avoir perdu son maître, c'était maintenant au tour de son père de le quitter. Un sentiment de vide implacable s'abattit sur lui et Shikamaru réprima un haut le cœur. Il ne devait pas paniquer. Il ne pouvait pas se permettre de paniquer.

Il baissa les yeux sur Ino, en pleurs, car elle aussi venait de perdre son père au QG. Chôji prononça son nom avec hésitation. Avec appréhension même. Et Shikamaru réalisa qu'il avait peur de le voir craquer totalement. Alors non, il n'allait pas se laisser abattre. Il n'en avait pas le droit. Surtout pas après le sacrifice de son père. Il allait être plus fort qu'il ne l'avait jamais été dans sa courte vie.

"On est en guerre. Trêve de bavardages inutiles."

C'était son devoir de montrer l'exemple.

"Idem pour toi, Ino."

Elle aussi ne devait pas perdre de temps. Leur deuil devrait attendre. Ils devraient faire sans. Ino le comprit et sécha ses larmes du revers de la main.

"Il ne nous reste plus qu'à suivre les instructions de mon père."

'Merci papa. Je suis fier de toi', pensa-t-il.

Au loin, la chevelure rose de Sakura voletait dans la brise. Elle se battait avec acharnement et ne lâchait rien. Elle aussi avait laissé ses problèmes de côté le temps d'en finir avec cette foutue guerre. Il pria un instant pour que la jolie kunoichi survive. Il n'était plus question de la garder à l'abri dans l'hôpital à présent. Il ne pouvait plus assurer sa sécurité. De plus, la force et les compétences de la jeune fille étaient trop importantes pour s'en passer.


L'arbre divin étendit ses racines et dépouilla les shinobis qu'il attrapait de leur chakra. Des dizaines avaient péri en une fraction de seconde. Les ninjas restant paniquaient. Ils se mettaient à fuir à toutes jambes, la peur de la mort ravageant même les meilleurs d'entre eux.

Ils étaient pourtant tous recouvert du chakra protecteur de Naruto, mais l'arbre divin se repaissait de leur substance vitale comme d'un enrobage chocolaté.

Pas assez rapide, Shikamaru se fit toucher par une de ces satanés racines. Immédiatement, il sentit son énergie le quitter et s'écroula inerte sur le sol dur. Par miracle, le jeune shinobi put se défaire du lien qui menaçait de prendre jusqu'à son dernier souffle.

Chôji et Ino se précipitèrent sur lui dès qu'ils le découvrirent étendu au sol. Il avait les joues creusées, les traits fatigués et les yeux enfoncés dans leurs orbites. Il faisait peur à voir comme s'il allait mourir d'un instant à l'autre. Son meilleur ami releva son buste et tint sa tête contre lui. Ino versa une larme et appelait désespérément à l'aide.

Bizarrement, Shikamaru n'avait plus peur. Il allait mourir, il le savait. Fini de souffrir, il était prêt à passer l'arme à gauche. Il allait rejoindre son père et ce n'était pas si mal. Revoir également Asuma lui plaisait bien comme plan.

Une douce sensation se diffusa dans ton son corps à partir de son ventre. Était-ce la mort qui arrivait ? Non, au contraire. On l'empêchait de partir. Il ouvrit péniblement les yeux pour découvrir Sakura agenouillée devant lui à tenter de le maintenir en vie. Elle essayait de le sauver de toutes ses forces. Il eut envie de lui sourire, mais n'en était pas capable. Elle était si belle malgré l'inquiétude qui se lisait sur son visage.

A ce moment-là, l'aura rouge flamboyante de Naruto se matérialisa à nouveau autour du shinobi à terre, à la surprise de tout ceux qui l'entourait. Shikamaru entendit Ino expliquer à tous qu'elle sentait par la télépathie qu'il s'agissait du profond désir de Naruto de sauver tous ses compagnons. Shikamaru en eut un pincement au cœur. Il se remémora que cet idiot en faisait toujours trop pour les autres. Il donnait toujours le meilleur de lui-même pour les aider, sans faiblir ni faire aucun compromis. Et il dû admettre que c'était bien à cause de Naruto si lui-même avait changé en la personne responsable qu'il était à présent.

Shikamaru soupira. Il ne pouvait pas se laisser mourir. Il ne pouvait pas se libérer de ses souffrances. Il devait être là pour Naruto, comme lui l'avait été là pour eux tous.

"Papa, je suis vraiment désolé. Mais voilà, Naruto m'interdit de venir te rejoindre", dit-il tout haut d'une voix fébrile.

"Arrête Shikamaru, tu ne dois pas parler", le sermona Sakura. "J'ai pas l'intention de te laisser mourir."

Il regarda la médic-nin, une pointe d'espoir réchauffant son cœur.

"Tu as retrouvé la mémoire ?" demanda-t-il faiblement.

Sakura plissa les yeux, l'air interrogateur. Puis ses lèvres s'étirèrent en un sourire sans chaleur.

"Toi alors… Toi aussi tu penses aux autres avant tout. Non, je ne me souviens pas, mais ne t'en préoccupes pas. Il faut maintenant que tu te relèves et que tu te battes. J'te rappelle que Naruto a besoin de notre aide à tous."

Naruto… Oui, elle avait raison. Pour le moment il ne devait penser qu'à lui. Alors il puisa de la force dans le souvenir des épreuves que le jeune garçon avait dû affronter seul. Il jura qu'il ne le laisserait plus jamais être seul à nouveau. Naruto dégageait un charisme unique qui lui donnait envie de marcher à ses côtés, d'être là pour lui. D'avancer avec lui.

Naruto n'avait pas de frère pour l'épauler, alors Shikamaru décida à ce moment-là que ce rôle devait lui revenir. Il devait survivre et se battre pour devenir le conseiller de Naruto au moment où il deviendrait Hokage.

Shikamaru puisa dans ses dernières forces et se redressa sous les yeux ébahis de ses amis autour de lui. Tous se réjouissaient de le voir tiré d'affaire. C'est alors que Tsunade arriva juste devant lui et apposa la paume de sa main droite sur son front. Instantanément, Shikamaru recouvra l'ensemble de ses forces. Il sentit son corps déborder de vitalité et ce sentiment était jouissif. Il allait se battre pour sauver le monde shinobi tel qu'il existait et aussi pour Naruto.

Le sourire éclatant de Sakura l'éblouit un instant. Il se battrait aussi pour elle. Pour eux.


Note de l'auteur : Bon je sais... ça manque de baisers, de chaleur corporelle et tout et tout. Mais, je n'ai pas le choix, j'ai décidé de les faire souffrir un peu :p

Mais je vous rassure (avant de recevoir vos foudres), dans le prochain chapitre... les choses vont un peu se décanter ;)