HP – Demain, à Pré-au-Lard – Cut scene #1

Note : Ce chapitre ne fait pas parti des vieux que j'avais déjà écrit, il est tout neuf du mois dernier et je l'ai finalement couché sur le papier car la scène n'arrêtait pas de passer en boucle dans ma tête et que ça commençait sérieusement à me rendre cinglée.
(/!\ Risque hautement probable de fautes diverses et variées.)
Concernant ce chapitre : Se déroule directement après l'OS principal ; Ron, Hermione et Ginny sont des idiots finis, et Minerva aime la guimauve bien sucrée. Ainsi que le whisky, accessoirement.


Les cuisines étaient faiblement éclairées par quelques bougies flottantes alors qu'Harry était assis en bout de table, le nez plongé dans une de ses copies tout en mordillant sa plume.

Il alternait entre rature et bonne note, tout en complimentant distraitement Twinky, l'elfe de maison qui se tenait derrière lui dans l'ombre, et qui prenait un plaisir tout particulier à servir le sauveur du monde sorcier de ses meilleurs thés et gâteaux, malgré l'heure tardive.

Quand il avait accepté le poste de professeur, il n'aurait jamais imaginé la charge de travail colossale que cette profession exigeait. Il découvrait chaque jour une nouvelle facette de ce job, et même si enseigner lui plaisait, c'était sans regret qu'il avait décidé de ne pas renouveler la chose une année de plus. Comment diable Severus et Minerva avaient-ils fait pour rester à leur poste si longtemps ?!

Il soupira et reprit sa correction.

C'est concentré et une fourchette en bouche que Severus le trouvera quelques minutes plus tard. Il avait l'air si ridicule, et si perdu dans son travail qu'il ne l'avait même pas entendu entrer. Il se rapprocha de lui à pas de loup et leva les yeux au ciel à la vue du gâteau qui traînait sagement à ses côtés.

« Eh bien monsieur Potter, n'auriez-vous pas oublié quelque chose ? »

Surpris, Harry releva la tête et suivit du regard Severus qui s'installa en face de lui.

« Euh, je devrais ?

- Si l'on tient compte du fait que mes oreilles ont chauffées plusieurs fois cette semaine car tu as estimé nécessaire de me rappeler à chaque occasion le « rendez-vous » que tu avais, normalement, planifié pour aujourd'hui, je crois en effet que tu as omis quelque chose. »

Harry grogna lamentablement et laissa sa tête retombée sur la table dans un bruit sourd.

« Oh non, je suis désolé … J'y ai pourtant pensé toute la journée et je suis même venu en avance pour préparer mais j'ai –

- Oublié ?

- Ouais, oublié … »

Harry jura silencieusement et Severus sourit.

« Désolé Severus, vraiment. Mais il n'est pas trop tard, je peux demander à un elfe de –

- Tu vas me faire croire que tu vas diner après avoir mangé des sucreries ?

- Ahem …

- C'est bien ce qu'il me semblait. »

Severus étendit le bas pour attirer l'assiette du gâteau à moitié mangé vers lui. Harry lui passa machinalement sa fourchette, surpris ; et Twinky couina, horrifié, lorsque Severus mangea à son tour un bout de gâteau. Il grimaça, c'était décidemment trop sucré pour lui, puis reporta son attention vers Harry, en fronçant les sourcils.

« Que s'est-il passé ? »

Harry se figea mais reprit néanmoins sa correction de manière nonchalante.

« Qu'est-ce qui te fait croire qu'il s'est passé quelque chose ?

- Voyons, Harry. On avait prévu ce dîner depuis la semaine dernière, et au vu de ton enthousiasme, dans des circonstances normales, il n'y a rien qui aurait pu te le faire oublier. Donc je réitère ma question, que s'est-il passé entre ce matin et ce soir ? »

Le jeune professeur soupira. Severus était trop perspicace pour son propre bien.

« D'accord. Tu te souviens du courrier que j'ai envoyé à Ron et Hermione au sujet de notre – enfin, de nous ?

- Celui dont tu n'avais à ce jour, et ce malgré trois semaines d'attente, reçu aucune réponse ?

- Celui-là même. Eh bien, Hermione m'a finalement répondu. »

Si Severus remarqua son ton un peu amer, il n'en dit rien. Harry sorti de son sac un bout de parchemin soigneusement plié mais qui avait l'air d'avoir été manié de nombreuses fois, et le lui présenta.

« Dois-je comprendre par ta réticence que ce que je vais lire là-dedans ne va pas me plaire ?

- Eh bien, tout dépend de ce que tu -

- Harry.

- D'accord, d'accord. Non, ce n'est pas plaisant. Loin de là, en fait.

- Donne-moi ça. »

Harry se tendit à son ton tranchant et s'exécuta sans un mot. Il entreprit ensuite de retourner à sa copie, après avoir fait revenir l'assiette vers lui. Il entendit vaguement Twinky remuer légèrement derrière lui mais c'est l'air grognon de Severus qui retenait toute son attention. Celui-ci reposa le parchemin après sa lecture d'un air passablement dégouté. Harry reposa également sa plume, plus tout à fait motivé pour travailler.

« Je ne me faisais pas spécialement d'illusion sur leur façon d'aborder notre situation, ni de ce qu'ils puissent penser de moi pour peu que leur avis m'intéresse ce qui est loin d'être le cas, mais de là à balancer ainsi ces années d'amitié de cette façon ...

- Je pensais peut-être naïvement qu'ils pourraient comprendre.

- C'est ce qui aurait dû se passer si tes amis se souciaient un tant soit peu de ce que tu peux ressentir.

- Je suspecte Ginny d'être la cause de ce manque de … Considération ? Elle n'a jamais vraiment digéré notre rupture et Hermione m'a démontré plus d'une fois ces derniers mois de quel côté elle se rangeait. L'influence de Ron, probablement, qui a finalement décidé de défendre sa petite sœur bête et ongle. Peut-être les choses auraient été plus simple si je n'avais pas touché Ginny avec – comment dit-il ? Ah oui, « mes traitres mains de déviant ». Même Molly m'a parue beaucoup plus froide lors de notre dernière correspondance alors qu'elle m'avait assurée comprendre la situation. Je n'ose imaginer ce qu'elle doit penser maintenant … »

Severus fronça les sourcils et Harry soupira. Il était effectivement déçu et blessé que ses amis ne cherchent même pas à comprendre mais comment pouvait-il leur en vouloir ?

« J'espère que tu n'es pas en train de te dire que tout est de ta faute. Ou que tu cherches à prendre leur défense. Parce que ça serait tout à fait ridicule, dans les deux cas.

- Severus … Écoutes, oui, je suis partiellement responsable. D'accord Ginny a probablement prit les choses beaucoup trop à cœur et le fait que je lui ai menti ne joue clairement pas en ma faveur. Mais je regarde un peu la situation de leur côté et il faut se rendre à l'évidence. Qu'elles étaient les chances qu'ils acceptent sans se poser la moindre question le fait que je puisse être attiré par un homme beaucoup plus âgé que moi qui ne m'a pourtant pas rendue la vie facile ces dernières années ? Pas étonnant qu'ils soient « dégoutés » de cette relation « contre-nature ».

- Si c'est vraiment ce que tu penses, autant arrêter les choses maintenant avant que ça n'aille plus loin. » Harry regarda Severus droit dans les yeux et soutient son regard froid. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas été la cible du ton polaire du Maître des Potions mais il se surprit à ne ressentir qu'un calme certain. Il comprenait que Severus avait besoin de se préserver et qu'il le faisait de manière offensive les trois quarts du temps. Et c'est de manière tout aussi froide qu'il lui répondit car il doutait parfois du futur de leur relation, et qu'il n'avait pas besoin que Severus se mette à douter lui aussi alors qu'ils les avaient tous deux mis sur cette voie.

« Es-tu soudainement devenu idiot ? Crois-tu que je n'aie pas réfléchi à toutes les implications ? Penses-tu que je me serais véritablement jeté corps et âme dans une relation sans anticiper l'effet que ça aurait sur les gens qui me sont proche ? Je ne te dirais pas que j'avais prévu cette réaction de leur part, loin de là, mais crois-tu que le reste du monde sorcier ne va pas également s'octroyer le droit d'avoir une opinion ? Tu crois qu'on va nous faire des compliments élogieux dans la Gazette quand ça sera rendu publique ? Parce qu'à mon humble avis, on ne va pas tarder à faire la une de tous les journaux du pays. J'ai déjà pensé à tout ça, et j'ai décidé que je n'en avais rien à faire de ce qu'ils pensent tous. J'ai décidé que oui, ça me ferait mal que mes amis me tournent le dos, mais comme tu peux le constater, j'accorde une importance à ce que nous avons. Maintenant si ça TE pose un problème, alors effectivement autant arrêter avant qu'il ne pleuve des beuglantes au dîner. »

Un éclair de rage passa dans les yeux de Severus et il renifla avant de piquer rageusement dans le gâteau.

« Si j'étais intéressé par ce que tous ce que ces veracrasses pensent, on ne serait même pas là pour en parler. Et la prochaine fois que tu me traite d'idiot, tu dors sur le canapé. »

Harry n'eut conscience d'avoir arrêté de respirer une minute que lorsque l'air arriva violemment dans ses poumons. Pour peu qu'il ait réussit à paraître confiant lors de son petit discours, il préférait ne pas imaginer ce qu'il se serait passé si Severus lui avait dit qu'il désirait effectivement stopper cette relation après avoir été rejeté par les gens qui comptaient le plus pour lui.

Il fit venir l'assiette vers le centre de la table et métamorphosa sa plume en fourchette avant d'en remanger un morceau. Twinky semblait au bord de la syncope. Voyant qu'ils étaient sur la même longueur d'ondes, il se permit de reprendre d'un air plus léger, histoire de détendre l'atmosphère.

« Voyons le bon côté des choses, imagine ce que ça aurait donné si c'est à Sirius que j'aurai dû envoyer cette lettre ! »

Severus grogna et Harry pouffa de rire. Le sourire qu'il aborda ensuite s'évapora en même temps qu'un mal de tête le lança. Il ferma vivement les yeux en fronçant les sourcils. Il ne les ré ouvrèrent qu'au tintement d'une fiole. Harry remercia Severus du regard en empoignant ce qu'il remarqua être une potion contre la migraine.

« Ça n'a toujours pas disparu ? » demanda Severus.

« Je pensais que oui, mais visiblement non. Dès que je pense à Sirius j'ai ces souvenirs en tête. Le vrai, comme le faux. Et le mélange des deux ne fait pas bon ménage.

- Je regrette finalement de ne pas avoir jeté ce sort à Albus. » Harry préféra changer de sujet.

« Heureusement que j'ai un maître des potions sous la main qui se promène toujours, pour une raison que j'ignore, avec quelques fioles en poche. »

Severus lui fit cette fois-ci un sourire satisfait et une douce chaleur enveloppa Harry.

« Faites attention Monsieur Potter. Je pourrais croire que vous n'êtes avec moi que pour cette unique raison.

- Ca ne fait aucun doute ! »

Ils continuèrent à manger leur gâteau en s'envoyant des regards brulants jusqu'à ce que la porte d'entrée des cuisines s'ouvre de nouveau.

Harry et Severus tournèrent la tête vers Minerva qui s'arrêta net au pas de la porte avant de rougir violemment. Harry se mit à rougir à son tour en comprenant qu'elle ait eu peur de tomber sur une scène qu'elle préférait probablement éviter et Severus haussa un sourcil.

« J'espère que vous n'êtes pas en train d'imag –

- Oh, taisez-vous donc. »

Elle entra et s'installa aux côtés d'Harry, toujours rouge comme une tomate. Elle trouva un instant adorable le fait qu'ils étaient là tous les deux à partager un gâteau en tête à tête sous une lumière tamisée mais préféra de pas énoncer ce fait à voix haute. Elle n'était pas certaine de vouloir voir la tête de son vieux camarade si elle s'avisait à le qualifier d'adorable.

« N'avais-vous donc pas idée de ce que c'est de vous savoir ensemble ? Ne vous méprenez pas, je suis très contente pour vous, je pense vous l'avoir dit à maintes reprises. Mais tout de même, cela faisait longtemps que nous n'avions pas connu cette situation à Poudlard.

- Et c'est un mal ? » Demanda Severus en haussa un sourcil.

« Pas du tout ! Mais encore une fois, j'espère que vous prenez toutes les précautions pour -

- Inutile. »

Minerva parut surprise alors qu'Harry acquiesça doucement en les resservant en thé.

« Inutile ?

- L'information risque de devenir publique plus rapidement que prévue. Et nous n'avons de toute façon plus vraiment de raison de nous cacher.

- Je ne comprends pas.

- Harry a prévenu ses camarades concernant notre situation et il semblerait que les Gryffondor soient moins loyaux que je ne le pensais.

- Est-ce vrai ? » Minerva se tourna vers le jeune professeur. Harry soupira.

« En tout point exact. Ils n'avaient déjà pas bien pris ma rupture avec Ginny, cette nouvelle-là est probablement celle qui a fait déborder le chaudron.

- Et bien entendu aucun de vos amis n'a jugé Miss Weasley pour l'empoisonnement qui aurait pu vous couter cher ?

- Un philtre de confusion n'aurait de toute façon, dans des circonstances normales s'entend, pas pu me faire grand-chose puisque je suis capable de contrer les effets de potions plus puissantes que celle-ci. Mais que voulais-vous faire contre la détresse d'une pauvre jeune fille rongée par le chagrin d'un cœur brisé ?

- Laissez-moi deviner : Molly Weasley ?

- Dumbledore, en fait.

- Les Gryffondor ne sont effectivement plus ce que c'était. » Grogna Minerva. « Je ne peux croire qu'Albus vous ait cela, n'a-t 'il donc aucune considération ? Je commence à croire que c'est lui qui a besoin de prendre sa retraite !

- J'ai arrêté d'essayer de comprendre Dumbledore. Ça n'a plus vraiment d'importance aujourd'hui, et je ne suis pas mort, alors si mes soi-disant amis veulent me blâmer pour le comportement de Ginny, grand bien leur fasse. Je suis fatigué de devoir agir selon le bon vouloir de chacun.

- Voilà qui est bien dit ! Je suis personnellement ravie de vous voir vous prendre en main, et si vous ne pouvez compter sur l'amitié de vos camarades, sachez que vous pouvez compter sur la mienne.

- Merci Minerva, votre attention me touche. »

Harry et Minerva se sourient et Severus devait s'empêcher de toute ses forces de ne pas lever les yeux au ciel. Salazar que ces Gryffondor pouvaient être mielleux.

« Pourquoi êtes-vous là, au fait ? » Demanda finalement Severus.

« Vous ne l'aviez sans doute pas remarqué mais j'ai raté le dîner ce soir et il se trouve que j'ai faim. N'est-ce là pas la raison pour laquelle vous êtes vous-même attablés ?

- Eh bien, c'était l'idée de départ. Mais monsieur Potter ici présent était trop préoccupé suite au courrier de ses "amis" pour se souvenir que nous devions dîner ensemble ce soir. Et bien entendu, le stress ne l'a pas épargné de se gaver de gâteaux. Alors le dîner en tête à tête, ça sera pour une autre fois, n'est-ce pas ? »

Harry grogna pour la forme. « Tu deviens vexant, Severus. » auquel il ne reçut qu'un sourire moqueur.

Minerva s'empêcha de gémir un « aww » dégoulinant de guimauve à leur échange et se contenta de sourire niaisement. Comment Merlin avaient-ils pu se détester durant autant de temps et s'entendre aujourd'hui à merveille ?

« Je dois bien admettre que ce gâteau m'a l'air tout à fait délicieux. Puisque vos plans ont été chamboulés, vous ne voyez bien sur aucune objection à ce que je vous accompagne, n'est-ce pas ? Je n'avais l'intention que de prendre une assiette et de retourner dans mes quartiers mais votre compagnie est beaucoup plus appréciable.

- Faites donc. Voulez-vous un peu de thé ?

- Du thé ? Je préférerai quelque chose de plus fort. Twink - ? Merlin qu'avaient-vous fait à ce pauvre elfe ? »

Le pauvre Twinky, probablement peu habitué à voir deux personnes partager la même assiette, se tenait les oreilles les larmes aux yeux. Minerva pesta un instant contre la sensibilité exacerbée de ces pauvres créatures et lui demanda de remplacer le thé par le meilleur whisky qu'il possédait, ainsi que de préparer une nouvelle fournée de gâteaux. Twinky fut si ravis que jamais il ne se mit à l'ouvrage aussi rapidement.

« Ai-je bien entendu ? De l'alcool, dans les cuisines d'une école ? » Harry fit semblant d'être choqué, étant bien sûr parfaitement au courant de ce fait. Minerva leur servit une bonne rasade à chacun et en but une gorgée avec un soupire d'aise.

« Quel est le problème ? Il n'y a pas que des élèves ici.

- Et beaucoup d'entre eux sont la cause de notre consommation d'alcool. »

« Severus ! » Minerva secoua la tête, amusé par la remarque. « De toute façon ce n'est pas comme si les élèves savaient comment y accéder.

- Oui, oui bien sûr. » Harry semblait très absorbé par son propre verre de liquide ambré et leva un regard innocent à Minerva qui eut une légère exclamation de surprise. Même Severus paraissait blasé.

« Tu savais comment y accéder avant qu'on te le dise.

- Depuis ma quatrième année. » Acquiesça Harry et Minerva grogna alors que Severus abordait maintenant un rictus plus que satisfait.

« Vous venez de me faire perdre la dernière bouteille de mon meilleur Scotch. » Se lamenta Minerva.

« Vous pariez sur ce genre de chose ?!

- Il faut bien pimenter un peu la vie scolaire ! Et ces dernières années, étant donné que vous gagniez tous les matchs de Quidditch, il a bien fallu trouver autre chose de moins « évident ». »

Ce fut au tour d'Harry d'avoir l'air très satisfait de lui-même et Severus fronça les sourcils lorsqu'il tourna la tête vers lui.

« J'ai dû te faire perdre des tooooones de choses, alors !

- Tu es un vrai gamin, Potter.

- Susceptible ?

- Un mot de plus et c'est le sofa. »

Minerva rougit de nouveau en les imaginant mais tous deux n'avaient d'yeux que pour son vis-à-vis.

« Oh, tu ne le feras pas.

- Ne teste pas ma patience. » Il était pourtant évident qu'il n'était pas sérieux, et Harry savait que Severus ne pouvait plus se passer de sa bouillotte personnelle.

Minerva but d'une traite le reste de son verre et soupira vivement.

« Quel dommage de ne pas pouvoir profiter de vous deux plus longtemps, cela va très certainement me manquer. »

Severus termina également son verre. « Voyons Minerva, ne soyez pas aussi mélodramatique, il est évident que nos routes ne vont pas se séparer.

- Hors de question ! Je vais vous inonder de tellement de lettres que vous n'aurez pas le temps de toutes y répondre. »

Minerva posa sa main sur son bras d'un air doux. Elle était heureuse et fière d'avoir cette relation privilégiée avec son jeune collègue qu'elle considérait comme beaucoup plus que ça. Et avec son ami de longue date dans l'équation, les choses n'en étaient que meilleures.

« Entre deux transplanages j'espère avoir également l'opportunité d'échanger quelques mots de vive-voix avec vous deux. Et ma maison ne manque pas de chambre d'amis !

- Bien entendu, nous devrions être en mesure de passer vous voir régulièrement. Ne soyez pas si inquiète. Et si l'ennuie vous prend, sachez que nous serions ravis de vous compter parmi nous. » Harry acquiesça vivement.

« J'apprécie votre proposition, mais je pense que vous devriez profiter de cette expérience ensemble. Après tout, c'est presque comme une lune de miel ! » dit-elle avec une lueur de malice dans les yeux.

L'effet fut immédiat, Severus écarquilla les yeux de surprise et Harry s'étouffa avec son verre. C'est le maitre des potions qui se reprit le plus vite.

« Allons Minerva, vous allez un peu vite en besogne.

- Pas de ça avec moi jeunes gens, j'ai eu de nombreuses occasions de vous observer ces dernières semaines depuis que je sais pour vous eux et il ne s'agirait selon moi que d'une simple formalité. »

Une formalité, hum ? Minerva sut que cette phrase n'était pas tombée dans l'oreille d'un sourd alors qu'Harry et Severus s'observaient maintenant comme s'il y avait vraiment besoin de considérer la question. Elle sut cependant que sa manière inhabituellement serpentarde d'aborder la chose avait fait mouche si le regard doux de son vieux camarade et le rougissement soudain d'Harry étaient assez parlant.

Et c'est une satisfaction toute particulière qu'elle sourit à son tour avant de resservir un verre à chacun et faire basculer la conversation sur un sujet plus banal.