Hello les gens !
Désolée pour ce temps d'attente, mais entre le boulot et les autres fics que je traduis je suis un peu débordée ^^
Mais bref, merci beaucoup pour vos retours, ils me font toujours super plaisir ! :D
Bonne lecture !
Chapitre 6 : Arc 1 : Acculé
"Oh mon Dieu," gémit Harry dans le creux de son coude. Son dos s'arqua sur le cuir sombre du canapé qui était devenu rapidement glissant à cause de sa peau humide. Malfoy leva les yeux de l'endroit où il se trouvait, c'est à dire agenouillé entre ses jambes écartées, l'une posée lâchement sur le sol tandis que l'autre était drapée sur l'épaule du blond. "Merde…"
"Rappelle-moi de te bâillonner la prochaine fois," la voix rauque de Malfoy dériva jusqu'à ses oreilles, et Harry aurait probablement rougi si tout son corps n'était pas déjà rouge. Il tremblait pitoyablement. "Tu es terriblement bruyant."
Avant qu'il ne puisse protester, Malfoy tordit ses doigts lubrifiés avec une pression constante et Harry laissa échapper un nouveau gémissement.
"Tu m'as dit que ces murs étaient insonorisés - ah - "
Malfoy gloussa profondément dans sa gorge, retira presque complètement ses doigts dans une traînée langoureuse avant de les renfoncer rapidement. Les yeux de Harry roulèrent dans sa tête. Le blond embrassa l'intérieur de sa cuisse, un geste tendre au début avant qu'il ne morde dans la chair, y déposant sa marque.
"Oh, ils le sont," le rassura Malfoy quand il s'arrêta, "Le bâillon serait simplement là pour me satisfaire."
Harry cligna des yeux avant de les baisser sur propre ventre qui montait et descendait sous l'effort, pour fixer une paire de yeux gris lubriques.
« Je suis… désolé, je ne voulais pas être bruy- » il s'interrompit dans un sanglot quand le pouce de Malfoy frotta contre son périnée, massant sa prostate à la fois de l'intérieur et de l'extérieur. L'autre main de l'homme effleura légèrement son torse en une caresse légère comme une plume, s'arrêtant lorsqu'elle atteignit l'un des tétons de Harry . « Mm… »
Ça y est, conclut vaguement le cerveau d'Harry, c'est comme ça que je vais mourir. Il laissa retomber sa tête contre le canapé.
"Arrête de t'excuser," murmura Malfoy avec une autre torsion de ses doigts. Le lubrifiant faisait un bruit obscène. « J'aime quand tu cris. Mais tu serais très beau avec un bâillon-boule dans ta bouche… ou un foulard de soie vert, » ajouta-t-il après coup avant que sa bouche ne s'accroche à l'autre cuisse de Harry pour le marquer là aussi.
"Dieu, tu es un tel pervers - oh putain, oh putain!" il fut coupé par les doigts de Malfoy s'enroulant autour de sa queue pour la première fois depuis qu'ils avaient commencé, et ce fut presque un soulagement d'être caressé. Cela le rapprocha encore plus près de l'orgasme, la chaleur enveloppant ses testicules jusqu'à ce que les doigts de Malfoy les serrent fermement à la base. Cette pression le ramena brutalement à la réalité. "Pourquoi ?" se plaignit Harry avec un gémissement malheureux.
"Tu ne devrais pas jurer autant," répondit Malfoy avec un sourire mauvais, "ni insulter ton patron."
Les couilles de Harry lui faisaient mal et son corps se courba pour inciter Malfoy à le relâcher et à continuer. "Tu es un putain de sadique," grogna Harry à l'homme. Il fléchit sa jambe drapée sur l'épaule de Malfoy alors qu'il enfonçait son talon dans le dos du blond pour se venger.
Ses représailles lui valurent une nouvelle pression punitive.
"Ungh."
Un rire sombre.
« Tu es une petite chose irrespectueuse, n'est-ce pas ? » se moqua Malfoy. "Tu te trouves dans une situation difficile, cependant, mon cher Harry," continua-t-il avec autant de désinvolture que s'il parlait de la pluie et du beau temps. Malfoy s'interrompit et tourna son poignet pour regarder sa Rolex.
L'œil de Harry trembla.
« …Ton service commence dans vingt minutes. Tu en auras besoin d'au moins dix pour te nettoyer parce qu'il est hors de question que je te laisse travailler dans mon club avec cette allure de débauché. » Pousse. "Tu auras besoin d'environ cinq minutes pour arriver en bas pour pointer, sinon tu seras marqué en retard." Pousse. « Cela nous laisse donc cinq minutes. Cependant, si tu continues à te conduire mal, je crains de n'avoir d'autre choix que de t'abandonner durant les dix prochaines heures avec des boules bleues. »
Les yeux de Harry s'écarquillèrent à l'avertissement ; il était atrocement dur . S'il n'arrivait pas à jouir, les dix prochaines heures seraient un véritable enfer à traverser. Même après la disparition de son érection, la douleur persisterait encore longtemps. Impuissant, il leva les yeux en direction de l'horloge suspendue au mur derrière Malfoy, puis les tourna vers le tyran entre ses jambes.
"Oh merde," gémit-il faiblement lorsque le pouce de Malfoy atterrit une fois de plus contre la peau derrière ses testicules tendues et frotta. Il n'allait certainement pas rester longtemps comme ça.
"Dois-je te laisser jouir, alors ?" ronronna Malefoy. Harry hocha piteusement la tête, s'avançant sur les longs doigts. "... Ce n'est pas de cette façon qu'il faut demander, Harry," réprimanda-t-il.
Harry serra les dents et fixa le blond arrogant. Il débattit avec lui-même environ trente secondes, se demandant si mettre sa fierté de côté en valait vraiment la peine. Finalement, son besoin de jouir domina celui de sauver sa face. Harry mordilla sa lèvre inférieure pendant un moment avant de donner sa réponse à contrecœur.
"S-s'il vous plaît ?"
"'S'il vous plaît' quoi ?"
Harry ressentit brusquement l'envie de donner un coup de genou dans le beau visage diabolique de Malfoy, mais ensuite l'homme fit rouler délicieusement ses doigts contre sa prostate et l'impulsion disparut avec son ego.
"S'il te-s'il vous plaît, laissez-moi jouir, monsieur ?" chuchota-t-il d'une voix hésitante. Entre le tutoiement et le vouvoiement, Harry ne savait plus comment s'adresser à son patron, mais celui-ci ne sembla pas s'en formaliser.
"Bon garçon," murmura Malfoy, les coins de sa bouche se tordant un peu vers le haut. Au lieu de protester contre ce terme désobligeant, comme il le faisait habituellement, Harry se mit à sourire. Les doigts de Malfoy commencèrent soudain à le palper sérieusement, massant son sexe tendu, le secouant au rythme de chaque poussée.
Cela demanda à peine un effort de la part de Malfoy ; en quelques secondes, l'orgasme de Harry l'emporta en des vagues dévastatrices. Son dos s'inclina complètement sur le canapé et ses jambes se crispèrent alors qu'il se relâchait. Sa vision devint noire et il ne put rien voir d'autre que des taches lumineuses voltigeant dans la pièce. Harry aurait crié s'il n'avait pas été aussi essoufflé , il ne put donc rien faire d'autre que trembler alors que chaque synapse et chaque nerf de son corps se réveillaient les uns après les autres, explosant comme des supernovas microscopiques.
Il fut vaguement conscient des doigts de Malfoy qui se retirèrent, le laissant vide et éreinté. Malfoy se leva et disparut dans la salle de bain pour revenir une minute plus tard avec une serviette. Il s'arrêta à côté de la forme molle de son partenaire et utilisa la serviette pour le débarrasser de l'humidité collante qu'il avait laissée sur son abdomen et à l'intérieur de ses cuisses.
Harry poussa un soupir rassasié, clignant des yeux rapidement pour s'éclaircir la tête. Il regarda le jeune héritier d'un air fatigué.
« Tu sais quoi ? Je suis convaincu que tu es le diable, » marmonna-t-il, ses mains essayant faiblement de remonter son caleçon et son pantalon alors qu'il était toujours étendu sur le canapé.
Malfoy haussa un sourcil élégant, souriant d'un air narquois alors qu'il examinait le gâchis causé par Harry. "C'est un peu ironique de ta part, étant donné que tu viens de passer les trente dernières minutes à m'appeler 'Dieu'," contra-t-il doucement.
« Toujours aussi narcissique à ce que je vois » lui retourna Harry.
Malfoy poussa doucement le pied de Harry avec le sien. "Dépêche-toi de te mettre au travail avant que je ne m'agace » exigea-t-il d'un ton hautain.
Narcissique , manipulateur, enfant gâté, condescendant, magnifique , diabolique, connard...
OoOoO
Cela faisait quatre semaines depuis que Harry avait rencontré Malefoy pour la première fois. Quatre semaines, et cela le tuait et le rendait vivant à la fois .
Jamais, il ne s'était jamais senti autant en conflit.
Drago Malfoy était un véritable sadique. Il était autoritaire et possessif et Harry… Harry ne détestait pas ça autant qu'il le devrait. Il aimait les querelles, il aimait la façon dont ils s'affrontaient, et bien qu'il ne se soit jamais considéré comme un individu particulièrement passif, il aimait la façon dont Malfoy le contrôlait et le baisait, le maintenant jusqu'au bord du gouffre.
S'asseyant sur le siège des toilettes destinées aux employés du Club Salazar , Harry enfouit son visage dans ses mains et soupira de manière inaudible. Une partie de lui avait encore honte d'être si faible dès lors qu'il s'agissait du blond. Il était embarrassé par la façon dont il avait envie d'être touché par Malfoy, il se jetait pratiquement sur son patron avant ou après son service (et parfois, comme samedi dernier, avant et après).
Mais Malfoy semblait le désirer tout autant.
En dehors de la chambre (ou plutôt du bureau), Malfoy était indéniablement charmant. Oh, il était aussi arrogant, et cela mettait les nerfs de Harry à rude épreuve, mais c'était aussi un vrai gentleman. Peut-être était-ce parce qu'il n'avait jamais eu une vie luxueuse comme Malefoy, mais Harry pouvait honnêtement dire qu'il n'avait jamais reçu de fleurs de la part d'un homme auparavant.
Une fois, à l'école primaire, Seamus Finnegan lui avait offert un œillet pour la Saint Valentin, mais Harry avait été tellement raillé par son cousin et sa bande de potes qu'il l'avait balancé dans une poubelle. Seamus avait été dévasté et humilié, et Harry lui avait glissé une petite fleur rouge en forme de cœur, en faisant attention à ce que personne ne regardait, pour s'excuser. Ce n'était pas franchement une demande en mariage, mais ils étaient restés en bon terme. (Curieusement, personne ne s'était moqué quand Lavande Brown lui avait donné un œillet exactement un an plus tard).
Son ex, Anthony, n'avait pas été du genre à lui acheter des fleurs. A de rares occasions, il lui avait acheté des chocolats, lesquels n'avaient pas survécu à Dudley. Son cousin avait le nez d'un limier et l'appétit d'une grosse baleine. Une fois qu'ils avaient commencé à devenir sexuellement actifs, tous les petits gestes romantiques avaient été remplacés par des branlettes maladroites dans la chambre d'Anthony ou des toilettes publiques insalubres. Honnêtement, il aurait dû savoir à quel point cette relation était vouée à l'échec...
Quoi qu'il en soit, vingt-quatre heures à peine après que les lys soient arrivés et que Harry les avait donnés à la veuve Whitman, une douzaine de roses rouges avaient été livrées à sa porte et Harry n'avait pas pu empêcher le petit sourire désemparé d'éclore sur ses lèvres.
Pour son premier bouquet, du moins.
Pour le second, qui contenait une douzaine de roses, il dut sortir et acheter un vrai vase parce que l'ancien n'était pas assez large. Quand Malfoy lui en avait envoyé un troisième, encore plus imposant, Harry avait considéré ça comme un gaspillage d'argent total. Harry décida qu'il n'avait pas d'autre choix que de distribuer une rose à chaque appartement de son immeuble, en déposant une devant chaque pas de porte et en s'éloignant aussitôt.
Il prévoyait de dire à Malfoy de se calmer avec les bouquets. Vraiment. Cependant, lorsqu'il rentra de son travail un mercredi soir, Harry aperçut Arabella Figgs, la dame aux chats, ramasser la rose sur son paillasson et la porter à son nez, inspirant profondément et fermant les yeux avant de sourire avec une gaieté sincère et de disparaître dans son appartement.
Elle n'avait pas été la seule à réagir de cette façon. Harry s'en était rendu compte par lui-même.
Il n'avait donc pu se résoudre à mettre fin à ce bref instant de bonheur.
"Tu sais que je vis dans un studio, n'est-ce pas ?" avait-il lancé un jour à Malfoy alors que les deux hommes haletaient entre deux baisers passionnés.
"Ça a l'air horrible," marmonna Malfoy dans sa bouche alors qu'il poussait Harry contre le mur.
"Espèce de snob," se moqua Harry en débouclant la ceinture de Malfoy avec des doigts pressés. "Ce que je veux dire, c'est que je n'ai pratiquement plus de place pour les mettre."
"Hmm," fredonna Malfoy, ôtant le boxer de Harry et le jetant sur le côté, "Je suppose que cela signifie que tu aimerais que j'arrête de les envoyer, alors ?"
"Pas besoin," souffla Harry, caressant le sexe de Malfoy, chaud et épais dans son poing, et regardant ses yeux s'assombrir d'un désir prédateur. "J'ai trouvé une solution."
Malfoy détourna sa bouche du cou arqué de Harry. "Tu donnes toujours mes fleurs aux mamies, n'est-ce pas ?"
Harry sourit effrontément à l'homme même si sa poitrine se soulevait à un rythme erratique, « Cela les rend heureuses. C'est pour ça qu'on envoie des fleurs, non ? Pour apporter de la joie aux gens ?" Malfoy se moqua doucement mais Harry put voir que le blond n'était pas en colère ou ennuyé par le fait que Harry donnait ses bouquets à des inconnus. Alors que Malfoy se retirait pour respirer, Harry réussit à haleter, "Vas-tu cesser de les envoyer?"
« Non… » répondit Malfoy, ses mains se tendant vers l'arrière de ses cuisses. Il le hissa dans ses bras dans une démonstration de force (certes) impressionnante. Harry enroula ses jambes autour de sa taille avant d'être fermement pressé contre le mur. "... mais je vais te faire crier—"
« Qu'est-ce qui te rend si heureux ? » demanda Daphné, tirant Harry de ses pensées. Il secoua rapidement la tête.
"Rien !" répliqua-t-il en se raclant la gorge. Elle le regarda avec méfiance mais sourit quand même et lui balança un coup de coude dans les côtes.
"Si tu le dis, chéri," s'esclaffa-t-elle. Daphné tendit à Harry le jigger qu'elle tenait comme si elle lui "passait le flambeau". Il le prit en haussant un sourcil et elle esquissa un geste vers la foule en liesse derrière lui. « Petite chose une et petite chose deux se dirigent par là. Elles vont probablement prendre des Dry Martini- l'une avec un zeste de citron et l'autre avec une olive – tu t'en occupes »
Harry hocha la tête alors qu'il souriait aux jumelles Patil qui approchaient. « Ouais, pas de soucis. Va faire ta pause. Justin est aux cuisines ? »
"Il est parti chercher des serviettes et probablement flirter avec Susan mais il devrait revenir d'une seconde à l'autre. Au fait, tu devrais arrêter d'aider autant le personnel de cuisine, je pense qu'il devient paresseux. J'ai vu Chang se limer les ongles tout à l'heure. »
« Elle était en pause ? »
Daphné pinça les lèvres. « Peut-être… »
« Ne sois pas si méchante, Daphné » la réprimanda-t-il. Elle roula des yeux.
"Tu ne l'aimes pas non plus."
"Ce n'est pas vrai," objecta Harry. "C'est une fille très bien."
Daphné le fixa de ses yeux bleus électriques alors qu'elle reculait lentement vers l'étroite ouverture derrière le comptoir.
"D'accord, d'accord, d'accord. Disons que ce n'est pas la personne que j'apprécie le plus. Tu es contente ?"
Daphné lui envoya un baiser du bout des doigts et disparut hors de sa vue.
OoOoO
Harry sortit un sac poubelle des conteneurs mobiles et le fourra dans l'une des bennes à ordures derrière le Club Salazar.
Il était encore tôt, à peine deux heures avant le lever du soleil, les plafonniers qui entouraient le bâtiment éclairaient faiblement l'allée. Il avait dû pleuvoir au cours de la nuit, remarqua Harry, lorsque sa chaussure plongea dans une flaque d'eau. L'odeur terreuse de la pluie et de l'herbe mouillée emplit ses narines alors qu'il balançait le dernier sac.
Harry ne vit pas la silhouette qui l'observait, tapie dans l'obscurité.
Il n'entendit pas la respiration légèrement saccadée, couverte par le bruit des roues du chariot qui crissaient contre le gravier et le bruissement des sacs à l'intérieur.
Il ne remarqua aucune présence autre que la sienne, jusqu'à ce qu'il se retrouve brutalement plaqué contre le côté du bâtiment.
Sous le choc, il poussa un cri et essaya par réflexe de repousser son agresseur quand une voix murmura doucement dans son oreille, "Chut, tout va bien, je ne vais pas te faire de mal, Harry."
Entendre son nom prit Harry au dépourvu et ce fut suffisant pour qu'il arrête de bouger. L'autre profita de son hésitation et Harry fut brusquement projeté au sol avant qu'il ne puisse pleinement retrouver ses facultés. Un poids l'écrasa ensuite, la lourde pression du corps d'un homme étiré sur toute la longueur de son dos.
L'instinct de survie d'Harry se réveilla au moment où un avant-bras se pressait contre ses omoplates pour le coincer. Il donna des coups de pied dans toutes les directions, luttant de toutes ses forces, comme un taureau essayant en vain de repousser son agresseur.
Il ouvrit la bouche pour crier mais fut interrompu par une voix bourrue dans son oreille. Harry se tendit.
« Oh, je savais que tu serais fougueux. Tu es si beau sous moi," murmura l'homme, "Je te promets que tu vas aimer ça."
Harry sentit ses entrailles se nouer de terreur, la peur le glaçant jusqu'aux os, et, alors que son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine, il ressentit un choc encore plus grand, parce qu'il connaissait cette voix.
« A-Avery ? » croassa-t-il d'une voix incrédule.
"Je vais te donner exactement ce que tu voulais, Harry," chantonna Avery à son oreille. "J'avais prévu de t'emmener à l''hôtel, mais je ne peux plus attendre."
" NON ! NON ! JE NE VEUX PAS " hurla Harry. "Lâchez-moi, laissez-moi partir !" Il essaya à nouveau de lutter, de repousser ses doigts glacés qui lui meurtrissaient les bras , mais Avery pressa son visage contre l'humidité du trottoir, irrité par la résistance du jeune homme.
« Ne pense pas que je n'ai pas remarqué la façon dont tes jolis verts me regardent ! La façon dont tu souris, la façon dont tu te penches pour prendre un verre sous le bar afin que je puisse mater ton si joli petit cul.. »
"Tu es un malade !" cria Harry, essayant en vain de se dégager de la prise de l'homme. La pierre froide et humide lui mordait la peau et sa vision était trouble, ses lunettes ayant glissé sous la force de l'agression.
"Tu es une putain d'allumeuse," grogna Avery avec colère, frottant son sexe dur contre le cul de Harry, de simples couches de vêtements les séparant, mais pour combien de temps encore ? "... et je vais t'apprendre une leçon que tu n'oublieras jamais."
Harry ouvrit la bouche pour crier à nouveau mais avant qu'il ne puisse émettre un son, le poids qui le maintenait au sol disparut tout à coup, comme si on l'avait arraché de son dos. Harry sentit ses poumons se remplir à nouveau d'air tandis que derrière lui lui parvenait des jurons et des bruits de lutte.
"Harry."
Ses yeux s'ouvrirent d'un coup et il se tourna lentement pour rencontrer une paire de chaussures cirées, des chaussures qu'il reconnut aussitôt et Harry sanglota presque de soulagement.
Malfoy s'accroupit à côté de lui et l'aida doucement à se remettre sur ses pieds. Trébuchant, Harry agrippa la manche de Malfoy, incapable d'empêcher son corps de trembler à cause du mélange grisant de peur et de colère qui le parcourait. L'un des bras de Malfoy s'enroula autour de sa taille, le tenant droit tandis que la vision floue de Harry captait la scène autour de lui.
Les deux videurs massifs, Crabbe et Goyle, retenaient un Avery bouillonnant de rage. L'homme essayait de se libérer férocement de leur poigne combinée. Zabini se tenait, devant lui, les bras croisés sur sa poitrine, le toisant avec dégoût.
Malfoy pressa tout à coup un mouchoir blanc sur la partie blessée du visage de Harry et celui-ci le repoussa, un peu agacé, "Je vais bien, je vais bien," assura-t-il à Malfoy.
"Tu saignes," insista sévèrement le blond.
"Je vais bien," répéta Harry, ses yeux tombant sur Avery qui se débattait.
"Dis-leur que tu le voulais !" beugla Avery. "Pendant des semaines, tu m'as pratiquement supplié de te bais-"La main de Zabini partit, frappant Avery au visage avant que l'homme n'ait eu le temps de dire le reste. Un craquement écœurant résonna dans la ruelle. La force de la gifle avait projeté la tête d'Avery en arrière et quand il leva à nouveau le visage, du sang coulait à flot de son nez et de sa bouche.
Harry se sentait stupéfait, détaché, comme s'il n'était qu'un simple spectateur, comme s'il n'était pas concerné alors que c'était lui qui était agressé quelques minutes plus tôt..… parce que ce genre de chose ne se produisait pas dans son monde. A la télé, aux infos, dans des journaux, mais pas dans sa vie. La petite vie de Harry Potter, un jeune homme invisible et insignifiant...
Il avait envie de vomir, de hurler, de cogner Avery, de s'arracher la peau avec les ongles, et plus que tout, il avait envie de rentrer chez lui et de pleurer toutes les larmes de son corps.
Il ne remarqua même pas que Malfoy s'était éloigné de lui pour s'approcher lentement d'Avery, une lueur dangereuse dans le regard, "Dis-moi, Avery, comprends-tu ce que signifie le mot « non » ?" demanda-t-il calmement.
"Oui," répondit l'homme d'une voix étranglée, du sang coulant sur son menton. Harry regarda Avery trembler légèrement dans la prise implacable de Crabbe et Goyle.
"Vraiment ?" siffla Malfoy d'un ton polaire, "Parce que ce « petit faux pas » est exactement ce qui t'a mis dans cette situation déplorable."
Le bruit d'une voiture attira l'attention d'Harry qui se retourna et aperçut des phares éclairer vivement l'allée, puis Malfoy apparut à nouveau à ses côtés.
"Viens. Je te ramène à la maison, Harry. »
Sa main se pressa contre le bas du dos de Harry et le dirigea vers la BMW. Nott était sorti du côté conducteur et leur avait ouvert la portière. Toujours secoué, Harry était incapable de prononcer un mot, il se contenta donc simplement de grimper à l'arrière du véhicule et de s glisser le long de la banquette afin que Malfoy puisse s'asseoir à côté de lui. La porte se referma et Harry poussa un soupir.
Ils s'assirent en silence dans la voiture pendant que Nott montait devant, la cloison acoustique le séparant de Malfoy et Harry. Celui-ci remonta ses genoux contre sa poitrine, se sentant absurdement coupable d'avoir mis ses chaussures mouillées sur les sièges en cuir de la voiture, mais il enroula quand même ses bras autour parce que la réalité écrasante de ce qui avait failli se passer le faisait se sentir plus vulnérable qu'il ne le voulait l'admettre.
Et il ne voulait surtout pas le montrer à Malfoy.
Celui-ci leva la main pour incliner le menton de Harry vers le haut et sur le côté, afin qu'il puisse l'examiner de plus près.
"Est-ce que ça va ?"
Harry hocha la tête, se sentant profondément las. "Ça va aller... Je veux juste rentrer à la maison et me reposer."
La main de Malfoy quitta le menton de Harry pour caresser sa mâchoire et remonter le long de sa joue. Harry savoura la douceur de son toucher, guère habitué à un geste aussi...affectueux de la part de Malefoy.
Le blond recula quand on frappa à la vitre. Le verre teinté fut aussitôt baissé pour révéler le visage sérieux de Zabini.
« Vos ordres, monsieur ? »
Malfoy regarda avec attention les deux colosses qui retenaient Avery. Les bras de ce dernier étaient pliés douloureusement derrière lui et il balbutiait quelque chose de manière incohérente. Même si Harry ne voyait pas totalement le visage de son patron, il entendit distinctement les mots qu'il prononça d'une voix froide et détachée.
« Brisez-lui les mains ».
La vitre remonta.
L'ordre de Malfoy frappa Harry avec la force d'un coup de poing et cela le sortit de son état léthargique. Une minute après, il se précipitait de l'autre côté de la voiture, bousculant Malfoy alors qu'il cherchait la poignée de la porte –de la vitre, tout ce qu'il pouvait l'aider à sortir du véhicule. "Non !" Harry haleta d'horreur, tirant inutilement sur la poignée, "Tu-tu n'es pas sérieux !" La porte ne bougeait pas, le bouton de la fenêtre ne fonctionnait pas non plus. "Tu ne peux pas- »
« Et pourquoi ça ? » répliqua Malfoy d'une voix placide, qui ne poussa pas Harry de ses genoux, mais captura ses poignets agités à la place.
« Laisse-le ! Tu ne peux pas lui faire de mal ! Appelle la police, fait-le arrêter… » Il essaya de dégager ses poignets, de frapper l'autre homme avec ses pieds comme un enfant en train de piquer une crise de colère. Son cœur battait rapidement alors que la panique le submergeait. C'était mal, pensa-t-il alors qu'il luttait contre le bras d'acier qui était enroulé autour de sa taille, le plaquant contre un corps dur et ferme. La voiture commença à s'éloigner et Harry se tordit sauvagement, frappa plus fort...
Claque !
La claque sur ses fesses fit sortir l'air de ses poumons, plus par surprise que par douleur.
"Assez."
Harry se figea.
Mis à part le doux vrombissement du moteur, la voiture était totalement silencieuse. Harry regarda fixement la porte qu'il avait tenté de forcer et il laissa tomber sa main de la poignée. Il prit subitement conscience de la façon dont il était positionné sur les genoux de Malfoy, de la façon dont la main de Malfoy reposait maintenant sur son dos après qu'elle venait de…
« Écoute-moi, » ordonna Malfoy si sévèrement que Harry sentit un frisson parcourir l'échine, « Cet homme là-bas allait te violer, Harry. Si mes hommes et moi n'étions pas arrivés à temps, il aurait pris ce qu'il voulait, puis t'aurait laissé agonisant sur le sol, dans un état sans doute pire que la mort. Il ne mérite pas ton aide. »
"C'est faux," fixa Harry, regardant la porte d'un air misérable même s'il savait qu'ils se trouvaient loin du club, loin du sort de son agresseur...
Peut-être Avery avait-il déjà subi son châtiment ?
L'estomac de Harry se noua.
"Tu aurais dû le faire arrêter."
« Cela n'aurait fait aucune différence, » affirma Malfoy, « Que tu le veuilles ou non, Avery vient d'une famille très respectée. Il a plus d'avocats que tu ne peux l'imaginer. La police peut l'arrêter autant de fois qu'elle le veut; à la longue, Avery n'aurait même pas passer une nuit dans une cellule de prison. »
Harry absorba les mots de Malfoy, sachant pertinemment que ses paroles étaient vraies malgré l'injustice que cela représentait, mais moralement , Harry ne pouvait pas simplement rester là et laisser- »
"C'est tellement horrible" protesta-t-il dans un silence pitoyable et il laissa tomber lourdement la tête contre le siège en cuir. Il se sentait fatigué et énervé, mais il ne fit aucun mouvement pour se lever, sans même savoir pourquoi.
"Ce monde est horrible Harry," rétorqua Malfoy sans détour, le pouce de sa main bougeant d'avant en arrière sur sa colonne vertébrale. Ces petits cercles finirent par calmer Harry. « Tu as dû prendre soin de toi pendant longtemps… » continua-t-il alors que la main se levait pour repousser les cheveux ébouriffés d'Harry. "Ça ne ferait pas de mal, tu sais, de laisser quelqu'un d'autre s'occuper de toi de temps en temps."
Harry resta silencieux mais il avait l'impression de s'enfoncer petit à petit dans le corps de Malfoy, de tomber dans sa chaleur et se noyer dans son odeur et il ne savait plus quoi penser de tout ça. Il avait envie de cet homme et en même temps, il voulait partir et et ne jamais regarder en arrière.
Sauf que les visages des Weasley lui traversèrent l'esprit, le pub, leur gagne-pain ; si Harry s'en allait, ils n'avaient aucune chance de rester ouverts.
Harry songea aussi à Malfoy, à l'exaltation qu'il ressentait à chaque fois qu'ils étaient proches, à cette tension qui les liait l'un à l'autre, à cette passion qu'il n'avait plus ressenti depuis des années. C'était un mystère, une incertitude. Pour la première fois, il ne ressentait pas le besoin de se débrouiller au jour le jour, d'exister uniquement pour le plaisir d'exister...c'était plutôt la volonté de poursuivre sa propre satisfaction, de redécouvrir ce qu'était le plaisir.
Des sensations étrangères à Harry.
Était-ce mal d'être égoïste ?
Probablement...
Harry leva lentement la main et la posa sur sur celle de Malfoy qui lui caressait les cheveux. Il y eut un moment d'hésitation, un instant figé dans le temps et dans l'espace où Harry sut qu'il devait prendre la décision de repousser ou non cet homme.
Il enroula sa main autour des longs doigts pâles et ne les lâcha pas durant tout le chemin du retour.
OoOoO
Trois jours plus tard...
Harry fit courir ses doigts le long du dos des livres alignés sur l'étagère. Il avait passé les vingt dernières minutes à parcourir les allées. La librairie d'Oscar Warren n'était pas la librairie préférée de Harry , mais après sa rupture brutale avec Anthony, il n'avait pas pu se résoudre à retourner chez Fleury et Bott.
C'était une boutique modeste, mais au charme désuet qui lui donnait un petit air pittoresque.
La fille des propriétaires, Myrtle, n'était pas vraiment un rayon de soleil (Harry l'avait surnommé Mimi Geignard au bout d'une semaine), mais à force de discuter avec elle, Harry avait fini par la trouver sympa. Il était quasiment certain qu'elle avait le béguin pour lui, mais Harry ne voulait surtout pas ouvrir cette boîte de Pandore. Elle n'était pas le genre de fille à supporter d'être rejeté, vu les nombreuses fois où il l'avait vue sortir des toilettes, les larmes aux yeux.
"Les garçons, sont si cruels, Harry," lui avait-elle dit une fois, le nez plein de morve, "J'ai rencontré ce garçon en ligne et du jour au lendemain, il a cessé de me parler ! Sans aucune raison. Tu es un si gentil garçon, pourquoi ne puis-je pas trouver quelqu'un comme toi ? ». Elle avait fait la moue, et l'avait fixé à travers ses lunettes rondes avec appétit. Harry avait jugé plus sage de partir.
Il réprima un frisson et regarda autour de lui pour voir si Myrtle travaillait aujourd'hui, la jeune fille adorait se cacher dans les rayonnages de la librairie.
Mais heureusement ce n'était pas le cas. Il n'y avait que Olive, sa collègue, qui gérait la boutique. C'était une jolie fille que Myrtle méprisait avec passion.
"Bonjour," salua une voix joyeuse derrière lui. Harry sursauta légèrement et se retourna pour trouver un homme d'une quarantaine d'années avec des cheveux dorés ondulés et un sourire éblouissant accroché aux lèvres.
"Euh, bonjour," retourna Harry gentiment mais prudemment. Son agression datée de quelques jours seulement et il restait toujours sur le qui-vive dès qu'un inconnu lui adressait la parole. Harry passait son temps à faire des va-et-vient entre son boulot au pub et son appartement, et dès qu'il se rendait au Club Salazar, il sentait une boule d'angoisse se loger dans son ventre. Il avait toujours peur que le cauchemar recommence.
"Ce livre que vous tenez là," fit l'homme, désignant la main de Harry. Celui-ci ne se rappelait même plus du titre du bouquin qu'il avait enlevé machinalement.
"Oh, désolé," s'excusa Harry. "Vous le voulez ?" demanda-t-il à l'homme qui sembla tout à coup déçu. Mais son sourire colgate revint aussitôt, plus rayonnant que jamais.
"Non, non " répondit-il, appuyé contre l'étagère, dans une attitude qui se voulait décontractée mais qui était plus ridicule qu'autre chose. « Mais c'est moi l' auteur du livre. J'adorerais vous le dédicacer, dès que vous l'aurez acheté, bien sûr ! » .
Il adressa un clin d'œil complice à Harry qui en perdit la voix.
"Gilderoy Lockhart," se présenta l'homme avec fierté, tendant la main vers Harry.
FIN DE L'ARC UN
Et voilà, c'était la fin du premier arc. Malfoy a tenu sa promesse et Avery a payé le prix de qu'il a voulu faire à Harry.
Que pensez-vous de Drago ? A-t-il eu raison d'infliger une punition pareille à Avery ? Ou êtes-vous plutôt d'accord avec Harry qui aurait préféré que son agresseur soit jugé ?
