Cora : Ne t'inquiète pas, il va bien. Je suis dans la chambre avec lui et je veille au grain. Il risque plus rien.

Law : Merci.

Cora : Ca va aller ?

Law : Non. Je vais crever d'angoisse. Ou de haine. Je sais pas.

Cora : Reste calme.

Law : Comment veux-tu que je reste calme. J'ai envie de tout cramer. C'était la fois de trop. J'ai les mains qui tremblent et je peux à peine écrire je suis pas loin de la crise de rage

Cora : Je sais. Mais ne t'emporte pas, il est tiré d'affaire. Il dort là mais il était conscient il y a une demie heure. (Il est difficile à tuer apparemment, il avait raison.)

Law : Il a dit quelque chose

Cora : Alors que ça faisait "mal sa mère", puis il s'est évanoui, il s'est réveillé, il a insulté Kaido, il s'est de nouveau évanoui et après avoir pris des anti-douleurs il a fini par me dire que tu allais être fâché contre lui parce qu'il aurait "encore fait le con". Je lui ai dit que non, tu serais pas fâché.


Sans les messages de Cora, j'aurais foutu le feu au château depuis longtemps.

Je tremble sans interruption depuis des heures, je ne sais même pas quelle heure il est. Il fait nuit et je suis seul dans les combles, à rejouer la scène en boucle dans ma tête. J'ai d'abord cru à un cauchemar mais je me suis donné suffisamment de gifles pour comprendre que c'était vrai. Kid a pris une balle, sous nos yeux. Sans que qui que ce soit puisse l'empêcher. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé après, c'est le black out. J'ai vaguement le souvenir d'avoir entendu Bonney et Nami me parler et me porter. Quand j'ai repris mes esprits, j'étais dans la cafétéria et tout le monde discutait autour de moi avec des voix inquiètes. Je me suis aussitôt précipité en dehors, la tête vide. Je voulais tuer Kaido, trouver un flingue et lui coller une balle en pleine tête, à lui ou un de ses hommes, peu importe. Le premier qui me serait passé sous la main aurait pris pour les autres. Je ne ressentais plus rien d'autre que de la rage aveugle et elle avait besoin d'être apaisée.

Heureusement pour eux, Cora m'a envoyé un message à ce moment-là et ça les a sauvé. Le savoir vivant m'a tellement soulagé que toute ma soif de sang a disparue. Je n'aurais pas supporté qu'il meurt. Mais je ne peux pas m'empêcher de me demander comment c'est possible qu'il ait survécu, Kaido l'aurait raté volontairement ? Il va le laisser croupir à l'infirmerie comme punition ? C'était de la cruauté pure et simple ? Rien de tout ça n'a de sens et j'en ai assez.

Je suis venu ici pour essayer de réfléchir mais j'en suis incapable. C'est encore pire de voir la chambre vide, de voir ses affaires étalées partout dans la pièce et de me dire que ce soir, il aurait pu ne plus jamais y toucher. Que tout ces objets, ces créations sans queue ni tête auraient pu rester là, figées sous la poussière à tout jamais, me brise le cœur. Il faut que j'aille le voir à l'infirmerie, de mes propres yeux, pour me remettre à penser correctement. Si Cora est avec lui, je n'aurais aucun problème pour entrer.

Je me fiche du couvre feu et des gardes et fonce dans les couloirs. L'un d'entre eux essaye de m'arrêter, je lui colle mon poing dans la figure et profite de l'effet de surprise pour filer. Je n'ai pas le temps de me faire enfermer au mitard. Mes nombreuses virées nocturnes m'ont appris à me déplacer rapidement et à emprunter les passages les plus rapides. Je n'ai aucun mal à infiltrer l'infirmerie pour la troisième fois sans attirer l'attention sur moi.

La première chose que je vois en entrant est la silhouette massive et intimidante de Cora, qui se redresse vivement à mon approche. Il ne s'attendait pas à un visiteur. Il se radoucit lorsqu'il me reconnaît.

Mes yeux se posent sur le seul lit occupé de la pièce. Kid est bien là et dort paisiblement, les bras en croix. Il est couvert de bandages et est encore plus pâle que d'habitude mais voir sa poitrine se soulever à un rythme régulier est le plus doux des cadeaux. Ce n'est que maintenant que je sens la fatigue me frapper de plein fouet, je chancelle et m'assoit sur le lit d'en face, avant de perdre connaissance encore une fois. Cora s'approche de moi et pose sa main réconfortante sur mon épaule.

— Tu devrais dormir un peu.

— J'avais besoin de vérifier qu'il était bien... Vivant.

Il me tapote amicalement le dos et m'invite à m'allonger sur le lit. Son conseil me paraît judicieux. Maintenant que j'ai Kid sous les yeux et que je peux m'assurer qu'il respire, peut-être que mon cerveau acceptera de se mettre en veille une minute. Pour l'instant, je me perds dans la contemplation du visage endormi de Kid. Ses cheveux lui collent au front à cause de la sueur, j'imagine qu'il a dû souffrir. Il fera comme si de rien était à son réveil, mais je le sais. Les trop nombreuses cicatrices sur sa peau témoignent de toute les souffrances qu'il a déjà endurées et maintenant, il va en avoir une de plus.

— Comment est-il toujours en vie ? Demandé-je, un peu dans le vide.

Cora s'assoit sur un tabouret trop petit pour lui et le fait rouler jusqu'à moi. Juste assez près pour que je distingue ses gestes dans l'obscurité.

— D'après le médecin, sa ceinture abdominale l'a sauvé. En résumé, il est tellement costaud que la balle n'a fait que déchirer ses muscles. Pas ses organes. Il a perdu beaucoup de sang, c'est surtout ça qui l'a mis en danger mais il s'en remettra. Il lui faudra du repos, c'est tout. Je ne sais pas s'il pourra bouger correctement avant quelques mois.

— Il faudra l'attacher à ce lit dans ce cas. Il n'acceptera jamais...

Mes yeux commencent à se fermer tout seul. Je sens ma tête s'enfoncer dans l'oreiller et Cora me déposer une couverture sur le dos. Je me laisse enfin aller dans les bras de Morphée mais quelqu'un toque à la porte et trouble mon sommeil. Je me redresse violemment, prêt à sauter à la gorge de ce mystérieux visiteur qui oserait s'approcher d'un Kid blessé sous ma surveillance. Cora me tempère et me fait signe de ne pas bouger, il s'en occupe. Il va voir à la porte — Il a un flingue dans sa poche arrière, ça devrait me rassurer mais ce n'est pas le cas. Dieu que je déteste ces trucs.

Il sort de l'infirmerie et je m'attends à tout : des coups de feu, des éclats de voix, mais il ne se passe rien. Cora revient très vite et m'indique la sortie d'un petit coup de tête.

— C'est pour toi, précise-t-il.

Je me lève, sans comprendre. Ce n'est sûrement rien de dangereux, il n'aurait pas eu l'air aussi détaché sinon. Mais qui peut bien me réclamer à un moment pareil ? C'est plus qu'évident que je veux qu'on me foute la paix. Je me risque tout de même sur le pas de la porte et voit enfin celui qui m'attend. Yamato.

Il me faut quelques secondes avant de réaliser. Sur le moment, je l'associe immédiatement à son père et j'ai envie de lui coller mon poing sur le nez mais il est déjà suffisamment amoché. Son coquard et sa lèvre fendue me rappellent qu'il s'est déjà bien fait éclaté. Mais je suis mitigé, je ne comprends pas pourquoi il n'a pas lutté plus que ça pour ne pas avoir à se battre. Je suppose qu'il est venu pour voir comment va Kid. Mais il n'y a aucune chance que je laisse qui que ce soit passer cette porte et il le sait.

— Personne ne t'a soigné on dirait.

— J'en vaux pas la peine, dit-il, paraphrasant son père.

D'habitude, je me montrerai compatissant mais je ne suis pas d'humeur. Qu'il me dise ce qu'il fout là et en vitesse.

— Qu'est-ce que tu veux ?

— J'ai une proposition à te faire.

Je suis sceptique.

— T'as intérêt à ce qu'elle soit bonne parce que dans trente secondes je referme la porte.

Il est stoïque. Ca m'intrigue suffisamment pour que je prenne le temps de l'écouter.

— La dernière fois, quand j'ai parlé de mon hésitation à me rebeller, tu m'as dit que je n'avais plus rien à perdre. C'était faux, il me restait encore un truc donc je devais me débarrasser : la surveillance de mon père. Depuis le début, je fais ce que je peux pour vous donner des petits coups de main par-ci, par-là, mais ce n'est pas suffisant. Tout ce que j'ai fait c'est attirer son attention sur vous et... Ca n'a pas loupé.

J'imagine que c'est sa façon de s'excuser.

— Tant qu'il gardait un œil sur mes agissements, je ne pouvais pas me permettre de vraiment mettre la main à la patte sans risquer de faire tuer quelqu'un.

— Ca valait le coup, grogné-je.

— Mais avec ce qu'il vient de se passer, enchaîne-t-il sans prêter attention à ce que je dis. J'ai obtenu exactement ce que je voulais. Qu'il ne doute plus de ma soumission et me prenne pour un incompétent complet.

Malgré ma fatigue, mon intérêt pour son discours s'éveille. Je crois savoir ce qu'il veut.

— Pour lui, je me suis juste fait massacrer comme un idiot alors que j'ai donné tout ce que j'avais. Il ne me croit pas plus capable de me rebeller que capable de faire du mal à qui que ce soit à présent. Et c'est tout ce dont j'avais besoin pour agir.

Il se tait et cherche une lueur d'approbation dans mon regard. J'attends patiemment qu'il termine.

— Ca veut dire que j'ai le champ libre et la possibilité de vous aider, alors je te pose la question : qu'est-ce que tu dirais si je te proposais de réduire cet endroit à néant et de nous débarrasser définitivement de nos tyrans de pères ?

La rage dans mes veines, que la fatigue avait chassée, se réveille instantanément et allume un brasier dans mes entrailles. C'est exactement ce que j'avais besoin d'entendre.

— Il était temps.

[Ellipse]

Comme je l'avais justement prédit : la convalescence n'est pas au goût de Kid. On lui a déjà répété une centaine de fois qu'il devait resté couché un moment mais il veut déjà se lever et se venger. Si je n'avais pas été là pour le retenir, il aurait déjà fait sauter ses points de suture. Il a du mal à admettre qu'il a failli mourir. Pire que ça, il est persuadé d'être invincible puisqu'une balle n'a pas réussi à le tuer. Il est prêt à en découdre avec la terre entière, le tempérer est extrêmement difficile.

J'aurais voulu passer plus de temps seul avec lui — histoire de lui faire comprendre à quel point j'ai eu peur pour lui — mais en journée, l'infirmerie est un vrai moulin. Ils sont nombreux à être venus lui rendre visite : Killer, Bonney, Nami... Sans oublier les victimes de rixes quotidiennes qui vont et viennent. Je n'ai même pas encore pu lui parler de la visite de Yamato. Tout est tellement confus dans ma tête, j'ai du mal à réfléchir. Encore plus avec les bavardages autour de moi. Kid est occupé à exhiber ses nouvelles cicatrices devant Killer.

— Mais je croyais qu'on t'avait retiré la balle ?

— Pas en entier apparemment, il reste des morceaux qui ne sont pas dangereux. Si un jour je sors d'ici, je sonnerai aux portiques dans les aéroports.

— Kid, t'es pas censé t'en réjouir, le sermonne Killer.

— Tu parles, je vais m'en vanter jusqu'à la fin de mes jours.

Nami est assise à côté de moi, je la sens qui s'agite. Je crois qu'elle veut me poser une question mais qu'elle n'ose pas. Je repense à ce que Doflamingo m'a demandé et à ce que Kid m'a raconté, je sais qu'elle cherche une camarade disparue. J'étais censé retrouvé les prisonniers, je n'ai absolument rien trouvé.

— Et toi, comment est-ce que tu vas ? Me demande-t-elle doucement, me prenant par surprise.

— Pas très bien, me contenté-je de répondre.

Elle me regarde avec compassion. Je ne sais pas si elle espérait vraiment pouvoir me demander quoi que ce soit mais je pense que la tête que je fais la décourage de tenter. Je devrais me réjouir de voir Kid en forme mais je n'y arrive pas. J'ai toujours autant envie de casser des trucs. Si je ne me retenais pas je serai déjà en train de faire passer tous les meubles par la fenêtre en poussant des cris de rage.

C'est encore plus difficile de ne pas le faire lorsque Kaido, en personne, entre dans l'infirmerie.

Son arrivée est un choc, tout le monde se tait immédiatement. Je me lève tellement vite que ma chaise tombe à la renverse. Killer devine que j'ai très envie de me jeter sur lui pour lui arracher la carotide avec les dents et se met devant moi pour m'empêcher de faire quelque chose de stupide. Je m'attendais à ce que Kid réagisse mais il ne dit rien, il se contente de le regarder avec un regard éteint, presque indifférent. Je le connais assez pour savoir qu'il se donne l'air de s'en foutre. Au fond de lui, il n'est certainement pas serein.

— On dirait que tu te remets bien de ta blessure, lui dit-il sans en avoir quoi que ce soit à foutre.

— Ouais, loupé. Dommage, grogne Kid en réponse.

Un silence tendu s'installe dans la pièce. Difficile de dire qui de moi ou de Kid a le plus envie d'attaquer. On sait pourquoi il est venu, qu'il crache le morceau et qu'il dégage.

— Je vois que tous les champions sont là, parfait, comme ça pas besoin de vous réunir. J'ai quelqu'un à vous présenter.

On sait, celui qui va nous torturer pendant une épreuve, on a deviné. Viens en au fait et dis nous comment tu comptes nous tuer.

— C'est... venu très vite, se risque à dire Killer.

— C'est normal, vous allez comprendre pourquoi.

Il fait signe à son acolyte de le rejoindre et celui-ci débarque alors, sorti de nulle part. Il était où ? Il attendait dans la pénombre pour faire son entrée ? J'en peux plus de ces poseurs, je veux les voir brûler dans les flammes de l'enfer.

Je le reconnais, c'est le seul que nous n'avons pas affronté. Il est aussi immense que le précédent mais lui à l'air très fier de montrer son visage au grand jour. Il a l'air fier tout court, au point de s'allumer un cigare dans l'infirmerie. Personne ne lui dit rien, on sait d'avance que ce serait inutile. Il s'appelle Queen et c'est le premier des serviteurs de Kaido qui a l'air de prendre un immense plaisir à venir faire son choix. Ca ne présage rien de bon. Il s'avance jusqu'au lit de Kid et fait semblant d'admirer ses facultés de récupération. Qu'il crache sa pastille et vite avant que je perde tout discernement et crame tout autour de moi.

— Assez palabré, le coupe Kaido. Choisis en un, tu veux ?

— Ouais, ouais, ça va pas être long, le choix est tout trouvé. En tout cas, toi t'as pas de soucis à te faire, dit-il en donnant une petite tape à Kid. Dans ton état tu pourras jamais assurer, hein ?

S'il n'avait pas été aussi massif et Kid aussi amoindri, il aurait déjà prit un coup de boule. Il se comporte comme s'il ne l'avait absolument pas remarqué et reprend son laïus.

— Alors ! Dit-il en se frottant les mains. Vous pouvez vous détendre, mon épreuve n'aura pas lieu avant plusieurs mois. Il faut un peu de temps pour préparer tout ça et en plus ça va plaire à tout le monde. Vraiment, c'est ce qu'il faut pour remonter le moral des troupes.

— Et elle consiste en quoi ? Demande Bonney, elle aussi très énervée.

— Avec le boss, on s'est dit que ce serait bien de vous offrir une vraie récompense pour votre conduite exemplaire de cette année. Vu ce qu'on nous avait raconté sur vous et sur ce bahut, on s'attendait à devoir mater une grosse mutinerie et au final : rien du tout ! Que dalle ! On est contents.

C'est sûr que confisquer tous les téléphones, annuler la radio libre, tabasser au hasard dans la foule, faire disparaître des résidents et humilier publiquement les "meilleurs éléments", ça dissuade. Quand j'y pense, Doflamingo, Crocodile et Mihawk étaient beaucoup plus permissifs et ça me tue d'avoir à penser ça.

— On ne vous donne pas trop la possibilité de vous divertir ici, à part écouter votre podcast-machin là, mais moi je peux vous offrir un gros truc. Pour fêter le retour du printemps, tout ça...

Personne dans la pièce ne comprend ce qu'il raconte.

— On va vous offrir une GROSSE FIESTA. Vraiment, la plus grosse de votre vie.

Il nous regarde comme s'il attendait qu'on l'applaudisse ou qu'on se jette à ses pieds pour le remercier mais il rêve un peu trop fort.

— Je parle de la totale : boissons, festin, et surtout... Musique !

— Musique ?

— Absolument. Parce qu'on ne fait pas de bonne fête sans musique et vous n'avez pas à vous en faire pour ça. Je serai en charge du show.

Il dit ça comme si c'était censé provoquer une ovation de notre part, il se met encore le doigt dans l'œil.

— Seulement, il faut que ça reste une épreuve pour l'un d'entre vous pas vrai ? C'est pourquoi le dernier champion — que je vais choisir immédiatement — devra assurer la deuxième partie du super concert que je compte donner. Et ce ne sera pas une mince affaire, je vous préviens. Il faudra assurer ! Sans vouloir me vanter, je suis très bon.

Il éclate de rire pour ponctuer sa propre phrase. Mon dieu, ce type adore s'écouter parler c'est insupportable. J'espère au moins qu'il est meilleur en fête qu'en discours.

— Choisis ta proie et finissons-en, le presse Kaido.

— Oui, pas de soucis, mon choix est déjà tout trouvé.

Il s'arrête, tire une latte sur son énorme cigare, lève le doigt en l'air comme s'il voulait qu'on l'interroge pour répondre à une question, puis pointe son index sur moi d'un air absolument déterminé.

— Toi. C'est toi qui va devoir monter sur scène et divertir la foule.

J'ai bien entendu ?

— Pardon ?

— QUOI ?! S'exclament tous les autres à l'unisson.

— Oui, vous m'avez bien entendu. Et si, je dis bien si, votre camarade nous offre une performance satisfaisante lors de sa prestation et bien... Nous pourrons éventuellement réfléchir à une récompense digne de ce nom pour tous les résidents. Car c'est l'épreuve décisive. Si au contraire, il se plante lamentablement alors... On devra réfléchir à une punition collective, malgré tout vos efforts. C'est le jeu.

— Mais ! Kid a gagné la dernière épreuve ! S'offusque Bonney. C'est nous qui menons la barque, pas vous.

— Vu son état, moi je dirais qu'il a perdu... Enfin bref ! Pas de quoi paniquer, les répétitions de cette superbe fiesta vont prendre des mois. Ca laisse le temps à votre ami de s'entraîner un peu. Il peut toujours checker mon instagram pour trouver de l'inspiration. ...Ah non, c'est vrai vous n'avez plus de portables. Tant pis !

Il se tourne vers Kaido.

— Quelque chose à ajouter boss ?

— Non, tout est clair.

— Et toi ? Dit-il à mon attention. Tu relèves le défi ?

— Avec joie.

Les têtes se tournent vers moi, j'essaye de ne pas me vexer de leur air choqué.

— Très bien, dans ce cas, on se revoit le jour du show !

Les deux monstres se retirent, toujours aussi contents de nous avoir pourri la journée, et nous laissent seuls avec nos pensées et notre désespoir. La porte se referme sur le dos de Queen et Bonney soupire immédiatement.

— On va tous mourir.

[Ellipse]

Kid a enfin pu sortir de l'infirmerie. Il aurait sans doute dû y rester, il a encore du mal à bouger sans souffrir le martyr, mais il aurait fini par exploser à force de tourner en rond. Et je serai ravi de l'avoir à nouveau près de moi s'il n'avait pas l'air aussi désespéré par ma nomination pour jouer la dernière épreuve. Je ne devrais pas être surpris, vu le thème, mais PERSONNE n'a confiance en moi pour gagner et c'est un tantinet agaçant.

— Arrête avec ça, je vais me débrouiller je te dis.

— Mais sérieusement comment tu vas faire ? Tu ne pourras jamais gagner, Tu n'es pas...

Il hésite à poursuivre.

— Tu n'es pas fait pour ça, je pense.

— Je te remercie, ça fait plaisir.

Le pire dans tout ça, c'est qu'il fait attention de ne pas me blesser en étant politiquement correct. Ce qu'il voulait vraiment dire c'est que je suis nul à chier. Même si c'est vrai — il me l'a déjà dit après tout — ce n'est pas la peine de me le rappeler.

— Je ne dis pas ça pour te mettre mal, se rattrape-t-il. Seulement... On te demande de faire un concert ! Tu as déjà du mal à te mettre en scène devant moi. Comment tu pourrais y arriver ? C'est pas une épreuve, c'est une putain d'exécution !

Je sais qu'il n'a pas tort mais pour le coup je m'en fiche. Cette représentation stupide, c'est peut-être exactement ce dont j'ai besoin pour mettre en place mon plan. Je n'en ai parlé à personne pour le moment, j'ai besoin de peaufiner les derniers détails, mais ça se précise. Si ce que j'imagine est réalisable alors... Il sera peut-être possible pour nous deux de partir d'ici.

Soudain, le vieux portable de Ace se met à sonner et nous fait sursauter tous les deux. Nous n'avions jamais eu l'occasion d'entendre sa mélodie stressante, digne d'un film d'horreur.

— Putain, soupire Kid. Ces vieux trucs c'est vraiment l'enfer quand ça sonne.

— Qui appelle surtout ? Cora ne parle pas...

Je m'en approche et ne reconnaît pas le numéro qui s'affiche sur l'écran. Je regarde Kid, il hausse les épaules et me dit de décrocher. Tout mon corps se met en alerte au moment où je porte le téléphone à mon oreille.

— Allo ?

— Comme quoi il te restait bien un téléphone, s'amuse Doflamingo au bout du fil.

Et merde. Je l'avais presque oublié avec toutes ces péripéties. Comment il a trouvé mon numéro ? Cora m'aurait trahi et le lui aurait donné ? J'espère qu'il a une bonne raison de m'appeler. Je me portais très bien sans sa présence.

— Tu t'es bien caché, dit-il. Je n'arrive pas à te mettre la main dessus.

— C'est pour cette raison que je me cache.

— Peut-être, mais maintenant tu vas être obligé de venir me trouver. Après ce que je viens d'apprendre, tu ferais mieux de faire vite.

— De quoi tu parles ?

— Tu le sais parfaitement.

Oh non.

Je savais qu'il finirait par savoir que j'étais le champion désigné pour la dernière épreuve, d'une façon ou d'une autre, mais je préférais ne pas y penser. Je n'ai pas du tout envie qu'il s'en mêle.

— Viens. Maintenant, m'ordonne-t-il avant de raccrocher.

Kid me regarde ranger le portable avec un air excédé et devine tout seul ce qu'il se passe.

— Doflamingo, hein ?

— Hélas. Il veut me parler de la dernière épreuve et je n'ai pas envie d'avoir cette conversation avec lui, mais alors pas du tout.

— Peut-être qu'il veut te filer un coup de main ?

Qu'est-ce qui lui prend de dire ça ? Qu'il me lance une pierre au visage, ça m'achèvera plus vite. Comme si je voulais de son aide, je n'en ai jamais eu besoin jusqu'à présent ce n'est pas aujourd'hui que ça va commencer.

— Je ne suis pas un incapable, je ne veux pas de son aide.

— Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire.

Sa mine déconfite me fait culpabiliser. Je n'ai pas à m'en prendre à lui, il n'y est pour rien.

— Je sais, ne fais pas attention. J'y vais, je te raconterai.

Je voulais l'enlacer brièvement en guise d'au revoir mais notre étreinte dure beaucoup plus longtemps que prévu. A cause de moi. Maintenant qu'il a failli mourir, je suis mort de peur à l'idée de le laisser tout seul et en même temps je ne veux pas l'infantiliser, comme je l'ai trop souvent fait. Il me faut du temps pour réussir à le lâcher. J'ai tellement envie qu'on puisse être ensemble sans avoir peur que l'un de nous ne revienne jamais.

— Je reviens le plus vite possible.

— T'inquiète, je promets de ne plus me faire tirer dessus, plaisante Kid.

— Dis pas ça comme si c'était de ta faute.

Je l'embrasse et je file sur le toit, direction le bureau de Doflamingo.

[Ellipse]

Je mets un pieds dans la pièce et il referme prestement la porte, comme s'il voulait éviter qu'on soit vus ensemble. Il a l'air de mauvaise humeur, encore. J'imagine qu'il va me sermonner de ne pas avoir trouvé quoi que ce soit qui puisse l'aider à se tirer de son pétrin, comme j'étais censé le faire.

— Tu devines pourquoi je t'ai fait venir ? Dit-il en s'asseyant dans son immense fauteuil.

Si je ne le connaissais pas bien j'aurais presque l'impression qu'il est... gêné. On dirait qu'il fait attention à sa posture. Ou son apparence, c'est très bizarre. J'essaye de ne pas faire attention.

— Tu vas m'engueuler d'avoir aucune nouvelle à te donner, comme d'hab ?

— Ce n'est pas ce qu'il y a de plus urgent pour le moment. Si on parlait de ta... nomination ?

Je soupire. Et allez, c'est parti.

— Oui, je vais me ridiculiser devant tout le monde sur une scène, c'est un problème ?

— OUI, s'écrit-il soudainement.

Il a l'air profondément outré. On dirait que j'ai insulté sa mère. Je ne m'attendais pas à ça. Voyant que je suis surpris, il essaye de retrouver un comportement détaché et sûr de lui.

— Oui, c'est un problème que tu te laisses humilier aussi facilement, ajoute-t-il plus posément. Parce que c'est toujours moi la cible de ces mises en scène, pas toi.

— Bien sûr, tout est à propos de toi dans cette histoire ! T'as énormément souffert, tu n'as pas du tout jubilé quand t'as fait ton petit jeu à la con pour choisir un champion, c'est toi qui a tout prit pendant que nous on s'amusait bien ! Quel enfer ça a dû être...

— Ne change pas de sujet. Pour l'instant, tu ne peux pas nier que si Queen t'a choisi, c'est parce qu'il sait que tu vas te foirer en beauté. Et crois moi, même si ça ne te paraît pas si grave à imaginer, ce que tu risques de vivre est pire qu'une humiliation. C'est qui t'attend c'est le sort d'un monstre de foire ! C'est un prétexte pour te démolir et réduire ta crédibilité à néant. Et par ricochet, la mienne.

— Tu dis ça depuis le début et tu ne fais toujours rien, t'as qu'à buter Kaido toi-même et tu seras peinard. C'est facile pour toi. Une petite balle et hop !

Il s'appuie sur son fauteuil, souffle fort, puis étend ses longues sur son bureau. Il n'a pas l'air affecté le moins du monde parce que je dis mais je sens toujours une gêne de sa part. Comme s'il était observé.

— Pour en revenir au sujet : tu le sais que tu vas te planter. N'est-ce pas ? Tu es le roi de la plantade après tout.

Je n'ai pas d'autre choix que d'être d'accord avec lui mais plutôt crever que de l'admettre.

— Seulement, moi vivant, il est hors de question que ton échec soit filmé et nous ruine la vie à tous les deux.

— Donc le vrai problème c'est ta réputation ? C'est une blague ?

— J'ai la possibilité de te donner un coup de main pour que ta performance ne soit pas un naufrage complet.

Il se lève de son fauteuil, fait le tour de son bureau et m'indique le fond de la pièce du plat de la main, là où se trouve son petit salon. Je n'y avais pas fait attention en entrant, puisqu'on ne le voit pas depuis ma place, mais il y a quelqu'un d'installé dans un des fauteuil et qui attend patiemment.

Je comprends mieux pourquoi il se comporte comme si on épiait ses gestes ; c'est le cas. Ce qui m'inquiète, c'est qu'il accorde de l'importance à l'opinion de cette personne.

— J'ai quelqu'un à te présenter, dit-il en m'invitant à prendre place autour de la table basse.

Je fais le tour du fauteuil pris et m'installe sur la banquette d'en face afin de poser mes yeux sur la personne qui nous attend sagement, un verre à la main. Je ne l'ai jamais vue avant.

C'est une femme avec de très longs cheveux brillants, noir de jais. Probablement la plus belle femme que j'ai jamais vu de ma vie et tout dans son maintien porte à croire qu'elle en est parfaitement consciente. Même assise je devine sa haute taille, grâce à ses longues jambes. Elle a un port altier et une expression hautaine qui me prouvent qu'il a fallu de solides arguments pour la convaincre de prendre place dans ce fauteuil. A la seconde où je pose mes yeux sur elle, elle hausse un sourcil et me jauge sans la moindre gêne. Son visage de glace est stoïque mais extraordinairement expressif : je n'ai aucun mal à comprendre qu'elle me trouve pathétique.

Elle se tourne vers Doflamingo — j'éprouve une petite satisfaction en comprenant qu'elle le considère avec le même dédain que moi. Elle n'a pas l'air contente de me rencontrer.

— C'est une blague ? Lui dit-elle, d'une voix mélodieuse mais tranchante comme une lame de rasoir.

— Je t'avais prévenue.

Elle soupire et reporte son attention sur ses ongles parfaitement manucurés, visiblement morte d'ennui. Doflamingo, que je soupçonne de ne pas apprécier cette femme le moins du monde, se tourne vers moi pour faire les présentations.

— Je te présente Hancock. Une... collègue de longue date.

— Tu te fatigues pour rien mon grand, le coupe Hancock. Finissons-en et dis moi exactement ce que tu veux que j'en fasse.

Il se renfrogne et ma sympathie pour cette femme grimpe de quatre vingt pour cent en une seconde.

— Je veux que tu fasses en sorte qu'il ne me ridiculise pas devant la terre entière.

— Rappelle moi pourquoi j'ai accepté cette cause perdue ?

— Parce que tu m'en dois une.

Ils se fusillent tous les deux du regard. Je me sens vraiment de trop mais j'ai l'habitude, je les laisse faire leur petit manège devant moi, en attendant de comprendre ce que vient faire Hancock dans cette histoire. Elle soupire, détache son regard de Doflamingo pour m'examiner à nouveau et fait la grimace.

— Non mais c'est pas possible là, comment veux-tu que j'arrive à faire quelque chose de ça ?

— Débrouille-toi, lui répond-t-il.

— Et pourquoi tu me veux me confier cette tâche ? Tu ne peux pas le faire toi-même ? Tu es trop vieux pour ça maintenant peut-être ?

Faire des remarques sur l'âge de Doflamingo est risqué, il est susceptible, mais la façon dont Hancock le mouche me confirme qu'elle n'a absolument pas peur de lui. D'où sort cette femme ?

— Tu es capable de t'en charger ou pas ? Insiste-t-il, sûrement pressé de la voir déguerpir.

— On verra bien, soupire-t-elle. Les miracles c'est pas mon rayon. Mais je déteste suffisamment Queen et Kaido pour essayer. Après ça, tu ne m'adresses plus jamais la parole.

— Avec joie.

Ils scellent leur pacte d'un regard et Doflamingo retourne à ses occupations. Je n'ai absolument rien compris à ce qu'il vient de se passer. Hancock se lève de son fauteuil et se passe un petit coup de main sur les cuisses et les fesses pour chasser la poussière. Comme je le présageais, elle est vraiment très grande. Elle me toise à nouveau puis me fait signe.

— Viens avec moi.

Inutile de poser des questions, je sais bien qu'elle ne me répondra pas.

[Ellipse]

Hancock m'a conduit dans une pièce au hasard, une salle de classe vide, et l'a fait vidée en un clin d'œil. Il a suffit qu'elle interpelle deux gardiens et leur ordonne sèchement de déménager le mobilier. Ils se sont exécutés sans broncher. Elle les aurait hypnotisés ça aurait été pareil ; les deux pauvres gars ont fait ses quatre volontés en espérant recevoir un nonosse et elle les a dégagés sans un merci une fois leur tâche accomplie. Après ça, elle m'a demandé de me tenir devant elle et m'a évalué, pour la troisième fois, comme une bête de concours.

Je suis resté planté au milieu de la pièce à la regarder me tourner autour. Je n'ai encore rien fait que je suis déjà ridicule.

— Marche un peu, me dit-elle, les yeux rivés sur moi.

— Comment ça ?

— Marche ! M'ordonne-t-elle à nouveau. Tu mets un pied devant l'autre et tu avances.

— Un "s'il te plaît" n'aurait pas été de trop...

— Ne parle pas, ça te rend encore plus déprimant.

Pressé d'en finir avec ce cirque, je m'exécute et avance de quelque pas.

— Mon dieu, soupire-t-elle encore, désespérée. Une catastrophe.

Ca commence à m'énerver toutes ces remarques. Je n'ai pas autant d'égo que Doflamingo mais à force de me faire traiter de calamité sur pattes depuis ce matin, je vais finir par me mettre en colère.

— Qu'est-ce qu'il y a encore ?!

— Je croyais que Doflamingo t'avait enseigné deux ou trois choses mais en fait on part de zéro.

— C'est à dire ?

— Je pensais que tu serais plus gracieux que ça, au moins un minimum. Comme lui quoi.

— Gracieux pour quoi faire ?

Elle me regarde comme si j'étais parfaitement stupide.

— Tu es idiot en plus de ça ? Décidément, ça fait beaucoup pour une seule personne.

Je suis à deux doigts de perdre mon calme.

— D'après ce que j'ai compris, m'explique-t-elle à contrecœur, tu dois te préparer à monter sur scène d'ici plusieurs mois et te débrouiller suffisamment bien pour divertir le public et t'éviter la ruine. Sauf que le verdict est sans appel : tu n'as rien pour toi mon pauvre garçon. Ni élégance, ni style, ni attitude, ni rien du tout. Je suis censée trouver le moyen de te rendre séduisant et divertissant mais je ne suis pas sortie de l'auberge. Tu n'as rien de ce qu'il faut pour te mesurer à Queen, c'est peine perdue. Tu n'es rien de plus qu'un cochon qu'on envoie à l'abattoir...

Je suis en train de me faire insulter depuis une heure, pourquoi je me laisse faire en fait ?

— J'ai accepté de rendre un service à Doflamingo pour qu'il me lâche la grappe mais je ne vois pas comment je vais faire. Et ça m'ennuie, maintenant que j'ai donné ma parole c'est aussi ma réputation qui est en jeu. Tu m'étonnes qu'il ne t'entraîne pas lui-même, ça doit être une atroce douleur pour lui d'avoir élevé quelqu'un qui n'a pas un gramme de prestance dans le sang.

— STOP MAINTENANT !

Le silence qui suit et le regard pétrifiant de Hancock pourraient me faire regretter mon insolence mais cette fois je n'en peux plus.

— Je vais vraiment finir par péter un plomb si j'entends encore une seule putain de réflexion.

Je viens me mettre à son niveau pour qu'elle ne soit pas de nouveau tentée de me prendre haut.

— Je ne me suis pas tapé tout ce que je me suis tapé pour m'entendre dire que je ne vais pas y arriver. On m'a foutu dans cette taule sans que j'ai mon mot à dire, je suis obligé de me farcir les conneries de Doflamingo depuis des années, on m'a pris tout ce que j'avais pour essayer de faire de moi un potentiel remplaçant et, alors que je me tiens parfaitement à carreau, c'est mon mec qui prend ! Je suis même prêt à subir vos conneries de show sur scène alors que j'aurais dû vous cracher au visage et me tirer depuis longtemps ! J'ai survécu à toutes vos saloperies !

Elle me regarde droit dans les yeux, pas impressionnée le moins du monde. Elle est a deux doigts de bailler.

— ... C'est censé me convaincre que tu es compétent ? Parce que ça ne marche pas très bien.

— C'est censé te prouver que je suis prêt à n'importe quoi pour aller au bout de ce truc, parce que PUTAIN ! J'EN AI MARRE D'ETRE SOUS ESTIMÉ ! ET SI TU CROIS QUE JE SUIS PAS CAPABLE D'APPRENDRE TROIS PAS DE DANSE POUR SAUVER MA PEAU TU TE METS LE DOIGT DANS L'OEIL MA GRANDE ! T'AS PAS COMPRIS DANS QUOI TU T'ES EMBARQUÉE ! C'est pas ton mépris de merde qui va marcher sur moi ! J'ai vu tous mes proches se faire descendre, tu crois que je vais trembler de devoir me trémousser cinq minutes pour amuser la galerie ? Que je vais avoir trop peur de perdre ma dignité ? Moi ? JE SUIS UNE DIVA EN PUISSANCE, ALORS T'ES GENTILLE, TU VAS FAIRE TON TAF ET ME LES DONNER TES FOUTUS CONSEILS ! ET QUE JE SOIS CRÉDIBLE !

J'ai plus de voix, plus de souffle, mais putain ça fait du bien. Je ne sais pas pourquoi ça lui a explosé à la tronche à elle mais je ne regrette absolument rien. Elle écarquille les yeux et ses sourcils parfaitement dessinés se haussent de stupéfaction. Je pensais qu'elle allait m'en coller une mais un léger sourire flotte sur ses lèvres. Je crois que je viens de remonter dans son estime.

— Et bien ! S'extasie-t-elle. Le voilà, l'héritage de Doflamingo. On est déjà plus dans l'esprit.

Elle me regarde de haut en bas encore une fois, mais avec plus d'indulgence que les fois précédentes.

— Puisque tu es si motivé, autant commencer tout de suite.