Bonjour mes amours,

Je ne vous dirai pas qui avait trouvé ou non, mais ici vous aurez réponse à une interrogation vivace et datant de Vae soli : qu'est-il arrivé à Drago qui le traumatise encore à chaque orage ?

Merci à Damelith.


Chapitre 43

"You tried to hold me down, so I became a soldier

Built up all these walls, and now I'm climbing over (...)

Told me I was wrong, passion made you ruthless (…)

.

Breaking every chain that you put on me

You thought I wouldn't change, but I grew on ya

'Cause I will never be what you wanted

This fire, this fire, this fire is keeping me alive (…)

.

Breaking me, shaking me, shaping me into what I never wanted

Breaking me, shaking me, making my beating heart a little stronger."

Keeping me alive (acoustic version), Jonathan Roy.

.

« Tu as tenté de prendre le dessus, alors je suis devenu un soldat

Tu as construit des murs, et maintenant, je passe par-dessus (…)

Tu m'as dit que j'étais mauvais, tu étais sans pitié (...)

.

Je suis en train de détruire chaque chaîne avec laquelle tu m'as attaché

Tu pensais que je ne pourrais pas changer, mais j'ai grandi à travers tes limites

Parce que je ne serai jamais ce que tu voudrais

Ce feu, ce feu, ce feu, il me garde en vie (…)

.

Tu me cassais, me secouais, me modelais en ce que je ne voulais pas être

Tu me cassais, me secouais, rendais mon cœur plus solide. »

Ça me garde en vie (version acoustique), Jonathan Roy.


Assis en tailleur, Drago fixait les toits des habitations voisines depuis la fenêtre de sa chambre. Il ne se reconnaissait plus.

Ça faisait cinq jours qu'il savait. Et en même temps, il avait toujours su. Les évidences étaient là, il n'avait juste pas voulu les voir. Et depuis les révélations de Pansy, il avait la sensation d'être une coquille qui s'était ouverte sur un brasier.

Malgré tout, sa première réaction n'avait pas été de succomber aux flammes. Il avait fui, tout simplement. Il avait voulu partir loin, très loin de cette annonce. Et une fois arrivé en Angleterre, il s'était rendu compte qu'il ne pouvait pas faire face à Harry. Il ne pouvait pas lui dire à quel point il était fragile, impuissant, à fleur de peau. À défaut, il s'était rendu chez Théo.

Après avoir fui une première fois, il avait utilisé l'alcool comme deuxième échappatoire. Et à chaque lampée, il avait réalisé avec horreur qu'il se sentait de plus en plus miséreux. Plutôt que de l'apaiser en endormant sa conscience, la brûlure avait ravivé chaque fois un peu plus le feu.

Il en avait alors voulu au monde entier. À son père, pour lui avoir causé tant de blessures. À sa mère, qui n'avait su le protéger. À Harry, d'avoir exacerbé son mal être en refusant son amitié. À Harry encore, pour avoir toujours éveillé le pire en lui. À sa mère, une fois de plus, qui n'avait pas non plus pu le protéger des idées de son père et qui n'avait pas pu empêcher sa désignation en tant que Mangemort. À Dumbledore, qui savait, mais qui n'avait jamais rien fait, sinon lui proposer de rejoindre son camp alors qu'il était déjà bien trop tard. À sa mère, toujours, de laquelle il n'avait pas pu se détacher, et qui l'avait mis en situation de fuite après la bataille de Poudlard. Puis à lui-même, qui n'avait jamais associé sa souffrance, les images dans sa tête, et la réalité.

Toute l'injustice qu'il avait ressentie durant son adolescence avait flambé de plus belle. Et l'injustice amenait la colère et le retranchement dans sa tour d'ivoire. Il s'était d'ailleurs si bien isolé qu'il n'avait rien vu venir. Ni les cauchemars, ni la rétrogradation. Par moments, il avait réellement la sensation d'être un enfant. Mais le plus atroce était le sentiment d'horreur associé.

Heureusement, Harry ne lui en tenait pas rigueur. Harry. Harry. Merlin, si Drago ne se reconnaissait pas lui-même, il avait également la sensation de découvrir un autre Harry. Plus confiant. Plus patient. Plus aimant. Surtout plus confiant, en réalité. Il se comportait en véritable père de famille, ce qui achevait de perdre un peu plus Drago.

Il y avait une part de lui qui le tirait vers le passé. C'était celle qui souffrait telle une plaie à vif. Celle qui le mettait à terre, qui le terrait dans sa chambre tel un ermite. Mais surtout comme l'enfant qu'il était jadis, avant d'entrer à Poudlard. Devant Blaise et Pansy, il frimait, s'inventait un rôle de fils de riche absolument détestable. Mais une fois les invités partis, il se cloîtrait. Il lisait tous les livres de potions qu'il pouvait, s'intéressait à la Magie noire pour rendre fier son père, apprenait par cœur les Règles d'un Digne Sang Pur. Mais rien n'y avait fait, il n'avait jamais eu une seule parole valorisante ni même un regard approbateur de la part de son père. Il avait grandi avec une image paternelle négative.

L'autre part de lui voyait Harry. L'exact opposé de son père. L'homme qu'il avait aimé jusqu'à la haine, parce qu'il représentait tout ce auquel il n'aurait jamais droit. De la chaleur humaine. Une dévotion au péril des dangers. Chez les Malefoy, on protégeait les siens pour l'honneur. Chez Harry, on protégeait les siens par amour. Chez les Malefoy, le foyer était lieu de discipline. Chez Harry, le foyer était lieu d'indulgence. En fait, Drago se représentait son environnement différemment depuis quelques jours : il voyait en Harry le père qu'il n'avait pas eu, aurait aimé avoir, et qu'il ne serait lui-même jamais. Il en arrivait même à se demander si Théo n'avait pas eu raison : et s'il n'était pas prêt ?

Drago ferma les yeux. Son poing frappa doucement, à plusieurs reprises, son front. Il devait sortir de sa tanière. Il avait beau se laver, il avait la sensation de sentir le loup-garou lors d'une pleine lune. Aussi, son espace de travail était un véritable capharnaüm : il avait des parchemins, des crayons et des instruments de mesure éparpillés jusqu'au sol. Dans son espace physique comme dans son espace mental, c'était la confusion.

En vérité, il ne connaissait qu'une seule personne qui pouvait l'aider à trouver du sens à ce qui lui arrivait. Ou du moins, à assembler les pièces pour que l'ensemble de sa personne tienne la route. Et il s'agissait évidemment de Harry.

Drago se leva, cette fois bien décidé à se sortir de cette morosité. Ce ne fut qu'une fois arrivé dans la cuisine, où Harry et Teddy semblaient être en plein milieu d'une partie de cartes, qu'il réalisa qu'il portait toujours son pyjama. Il n'eut cependant pas vraiment le temps de s'appesantir sur sa négligence puisque sa venue fut remarquée.

« Dragoooo ! » s'exclama Teddy en sautant sur ses deux pieds.

La seconde d'après, le pré-adolescent le serra contre lui. Drago mit une seconde supplémentaire avant de réagir, répondant à son étreinte par une main apposée entre ses deux omoplates. Il n'avait même pas le goût de le repousser. Teddy avait ce naturel affectueux, de prime abord excessif du point de vue de Drago, mais qui savait aussi, de manière assez contradictoire, se limiter. Et cela s'expliquait aussi simplement que, autant il était un Poufsouffle, autant il savait que Drago était un Serpentard.

Et aussitôt cette formulation concrétisée dans l'esprit de Drago, aussitôt Teddy le relâcha et se rassit.

« Je suis content que tu sois revenu », ajouta Teddy, avant de s'intéresser à nouveau à la partie. « Ça va être dur de battre une professeuse ! »

Drago ne dit rien. Machinalement, il commença à se préparer un thé, écoutant distraitement les échanges entre père et fils. Ils devaient être en train de jouer à Duels à Poudlard.

« Pas vraiment, tu as autant de cartes plus fortes que de cartes plus faibles », répliqua Harry. « Tu vois, tu as eu Dilys Derwent. »

« C'est qui déjà ? »

Drago tourna la tête au moment où les personnages se matérialisaient hors de leurs réceptacles. Sans surprise, la sorcière combattit aisément la représentation de Mme Chourave, dans un mélange de vert et de jaune.

« Une ancienne directrice de Poudlard », expliqua Harry. « Tu as gagné le duel, récupère tes cartes, mon bouchon. »

Le tour d'après, ce fut les portraits de Lockhart et de Rogue qui s'affrontèrent. Étant tous les deux professeurs, Harry et Teddy durent les armer d'une seconde et Drago rigola au moment où le préfet de Serdaigle écrasa l'elfe, donnant cette fois la victoire à Harry.

« Nous savons tellement que dans la réalité, Rogue n'aurait pas eu besoin d'un élève pour avoir le dessus sur ce benêt de Lockhart », ricana Drago. « Mais sérieusement, il date de quelle année ce jeu ? »

Harry leva le visage dans sa direction, plus par automatisme, avant de sourire en croisant son regard moqueur.

« Ben… 1992 », répondit distraitement Harry en enchaînant sur le duel suivant. « Tu sais bien que le sourire le plus charmeur de Sorcière Hebdo se devait d'avoir l'honneur de figurer partout où cela était possible. »

« Rien ne vaut une bonne bataille explosive », râla Drago pour la forme.

Harry haussa les épaules.

« Helga Pousfouffle ! » s'écria Teddy en interrompant leur discussion futile. « Essaie de battre ça ! »

« Mme Pince ne peut rien contre ta fondatrice », pouffa Harry.

L'eau pour le thé de Drago arriva à ébullition et il y rapporta son attention. Il glissa sa cuillère de camomille dedans et s'adossa au plan de travail, observant à nouveau Harry et Teddy. Une scène si banale et pourtant si… réconfortante. Il n'imaginait pas sa vie autrement que dans des moments comme celui-ci.

« Tu veux jouer avec nous, Drago ? » lui lança Teddy, la main sur sa prochaine carte, prêt à la dégainer.

« Non, pas vraiment. Mais je peux peut-être rester un moment avec vous », suggéra-t-il.

« Ouiiii ! » se réjouit le plus jeune. « Regarde comme je suis trop fort ! »

Drago ne put réprimer un sourire. Il n'épilogua pas sur le fait que Duels à Poudlard n'avait rien à voir avec la force, ni même avec la technique, mais plutôt avec le hasard, et contourna la table pour s'installer en bout de table, juste aux côtés des deux autres.

Malgré la chaleur déjà élevée en cette fin de matinée, Drago encercla sa tasse. Ça accentuait le côté apaisant de la situation. Il réalisa alors que Harry était censé être au travail à cette heure-ci.

« Tu n'es pas à l'association ? » lui demanda Drago alors que ses yeux suivaient la lumière rouge de Dexter Fortescue anéantir Dumbledore. Improbable, une fois de plus.

« Non, j'avais envie de rester tranquille aujourd'hui », révéla Harry en ramassant son dû. « Je dois dire que, de toute façon, c'est moins fréquenté depuis l'explosion. À part les réunions volontaires, on est un peu au point mort, comme si on était dans l'attente. »

« C'est un peu le cas en même temps », affirma Drago en songeant à Finnigan.

Harry réagit à peine, concentré sur sa partie. Un sentiment de tristesse envahit soudainement Drago. Ce genre de moment était aussi simple qu'inexistant pour lui. Il n'avait pas eu un père qui, contrairement à Harry en ce moment même, pouvait prendre le temps de jouer avec lui. Et Drago ne savait pas vraiment ce qui sous-entendait sa tristesse. Était-ce de la jalousie ou le constat que sans modèle positif, il ne serait peut-être pas capable d'être un bon père ?

Puis il se rappela que Harry non plus n'avait pas eu ce modèle.

Drago soupira longuement par le nez, à nouveau dépassé par la situation. Les doigts de Harry entrèrent en contact avec les siens, glissant discrètement sa main dans la sienne tout en continuant à jouer. Rusard enchaîna un élève de Gryffondor alors que Drago observait l'enlacement de leurs membres.

Le contact avec la peau de Harry fut autant une bénédiction qu'une révélation. Drago allait avoir besoin de retrouver leur intimité pour se reconnecter à lui-même, pour relier le Drago du passé et celui du présent.

Comme un signe du destin, Teddy se leva de table, signalant qu'il n'avait plus envie de jouer et qu'il voulait aller lire. Harry et lui ramassèrent donc les cartes du jeu et Teddy les emmena avec lui dans sa chambre, couvé d'un regard triste.

« Qu'est-ce qui te chagrine ? » s'enquit Drago.

Harry soupira avant de tourner la tête vers lui, l'enveloppant à son tour de cette tristesse.

« C'est de la nostalgie. Il grandit, il s'éloigne de moi, du coup l'enfant qu'il était me manque », expliqua Harry. « Je n'aurais jamais cru dire ça un jour, pourtant c'est le cas. »

Drago ne dissimula pas sa surprise. Quand Teddy était finalement entré à Poudlard, la première réaction de Harry avait été de profiter de sa liberté retrouvée. Et aujourd'hui, c'était son absence qui prenait de la place.

Drago dégagea sa main de la prise de Harry, la glissant sur sa mâchoire, qu'il caressa du pouce. Les iris verts s'illuminèrent et, pris d'une impulsion, ils joignirent tous deux leurs bouches. Une sensation de plénitude envahit Drago alors que leurs lèvres s'écrasaient les unes contre les autres dans un mélange d'urgence et de tendresse. Dans un même geste, ils agrippèrent la nuque de l'autre et approfondirent leur baiser, gémissant, de plus en plus pressés de s'unir.

Si soudain. Si évident. Ils avaient besoin de se toucher pour se consoler l'un l'autre. Pour oublier.

« ...chambre ? » souffla Drago en s'éloignant à peine.

« Je n'attends que ça », répondit Harry sur le même ton.

Ils se hâtèrent, tels deux adolescents rattrapés par leur ivresse, et enclins à s'enivrer davantage. Ils gagnèrent le couloir et le lit en un temps record. Drago n'hésita que quelques secondes face à la porte de la chambre, mais prit sur lui pour la refermer. Avec Harry, il ne risquait rien.

Il se précipita sur lui, sur ses lèvres, sur son corps entier, et ils roulèrent sur le matelas, Harry ne se décidant pas à lui laisser le dessus. Drago recula son visage et éclata de rire. Avec lui, tout pouvait être si simple. Tout retrouvait de sa légèreté.

« Ça va le contrôle ? » se moqua-t-il.

« Il va très bien », rétorqua Harry en voulant à nouveau plongeant sur ses lèvres.

Leurs bouches s'entrechoquèrent un peu violemment, Drago ayant à nouveau fait basculer Harry, prenant cette fois l'avantage. Ses soucis s'envolèrent.

Visiblement, Drago avait le même effet sur lui, puisque Harry était hilare. Son rire se répercutait dans la pièce, faisant exploser le cœur de Drago de bonheur. Ça, c'était quelque chose. Ça, ça avait la force de l'évidence. Ça, il en voulait encore plus.

« Donne-moi l'avantage, Harry », réclama-t-il, la voix lourde d'un mélange d'amour et de désir.

« Tu m'excites encore plus, Drago », se plaignit Harry.

Drago se redressa, assis à califourchon sur lui, empli de fierté. Il sentit un sourire en coin se dessiner sur son propre visage.

« Comment ça ? »

« En jouant au plus fort. En me parlant comme ça. »

« Et si je fais ça ? » le provoqua Drago en commençant des mouvements du bassin, frottant ses fesses sur sa verge à travers leurs vêtements.

Les paupières de Harry se fermèrent légèrement et ses yeux se révulsèrent tandis qu'il laissait échapper un râle.

« Encore... »

Drago sentait lui aussi les vagues de plaisir le gagner. Il était tellement concentré dans sa tâche qu'il eut un sursaut de surprise lorsque Harry agrippa ses hanches, accentuant ainsi la pression de leurs bassins. Quand il attrapa à nouveau sa nuque pour le faire venir sur lui, Drago ne répondait déjà plus de rien. Il était ailleurs. Tout juste sa conscience réalisait que la pointe de la langue de Harry quémandait un passage.

Son corps brûlait de sentir Harry encore plus près. Alors il mordit doucement sa langue, le faisant gémir, et se retira dans un bruit de succion, avant de disparaître dans son cou, le mordant encore. Drago sentit la résistance du muscle sur ses dents aussi bien qu'il entendit le soupir haché à quelques centimètres de son oreille. Ses mains s'emparèrent en même temps de son ventre, si fermement appuyées qu'il releva son T-shirt tandis qu'il remontait jusqu'à ses aisselles.

Cela fait, il quitta la chair de son cou pour trouver ton téton, l'enveloppant d'abord de sa langue, avant de serrer ses dents autour dans un léger bruit métallique au moment de rencontrer son piercing. Harry glapit, s'accrocha prestement à la mâchoire de Drago, en même temps qu'il se cambrait.

Tout aussi brutalement, Drago le lâcha à nouveau, et le souleva de manière mettre son sexe à hauteur de visage. Il se faisait l'effet d'une créature sauvage prête à dévorer sa proie, et l'idée d'avoir un organe palpitant à proximité ne l'aidait pas à avoir les idées claires.

Le bouton du pantalon sauta entre les doigts de Drago et la tirette glissa pratiquement toute seule tant la verge de Harry était déjà bien dressée.

« Par le caleçon de Merlin, Drago, je suis dur comme un manche à balai », gémit Harry, les paupières mi-closes.

Il était à sa merci. Si beau, si vulnérable. Pendant cette parenthèse, il était tout à lui. Non, mieux encore, il s'offrait à lui.

« De quoi est-ce que tu as envie ? » chuchota Drago.

« Aspire-la. »

Drago ne se fit pas prier. Il arracha pratiquement short et caleçon, puis saisit l'objet de ses désirs. Il le lécha de toute sa hauteur, l'enveloppa de sa langue, bava plus que nécessaire, tout ça sous les soupirs lourdement appuyés de sa victime consentante.

Suivant son impulsion, Drago laissa ses dents traîner sur la peau tendue, non sans précaution. Les réponses auditives lui confirmèrent que Harry aimait ça. Il laissa encore sa langue s'insinuer dans le sillon préputial avant de prendre le gland en bouche, le suçotant au point d'imprégner ses papilles de liquide pré-séminal. Il goûtait Harry, il voulait Harry, il se nourrissait de lui.

« Drago... », flancha Harry.

« Mmmmh ? » répondit-il, la bouche pleine, levant les yeux dans sa direction.

Leurs regards se croisèrent, déclenchant un incendie dans les entrailles de Drago. Les iris du Gryffondor étaient voilés par le désir.

« Mon tour... »

Drago recracha son sexe sans aucune bienséance, et Harry l'invita à remonter en emprisonnant son buste entre ses genoux. Leurs salives se mélangèrent encore quelques minutes, avec plus de douceur cette fois, jusqu'à ce que Harry les fasse basculer.

À califourchon sur lui, il retira son T-shirt, avant de prendre tout son temps pour déboutonner sa chemise de pyjama. Ce après quoi il en écarta les pans, et passa ses paumes sur son abdomen et son torse, toujours sans se presser. Drago se sentait mangé du regard et c'était terriblement excitant.

Les lèvres de Harry remplacèrent alors ses mains, embrassant son corps en sens inverse, appuyant tellement que Drago en avait des Billywigs dans le ventre. Alors qu'il baisait la ligne de poils sous son nombril, sa main se referma soudainement sur ses testicules, qu'il commença à malaxer à travers son pantalon.

Alors qu'elles roulaient dans leur sac de façon plus que satisfaisante, la bouche de Harry continuait à descendre. Elle suivit sa bosse, et le mélange entre la pression entre le frottement avec le textile était grisant.

« Harry... », se plaignit Drago.

« Oui ? » réagit Harry, tous sourires, simulant l'innocence.

« Touche-la ! » s'impatienta-t-il.

Harry pouffa.

« À vos ordres, prince de Serpentard ! »

Drago grommela. L'homme qu'il aimait était un emmerdeur de première catégorie. Il répondit néanmoins à sa requête et Drago fut rapidement dépossédé des vêtements qu'il lui restait, ainsi que de toute maîtrise sur sa personne.

La peau nue de Harry frottait contre la sienne, tandis que les lèvres se joignirent, en même temps que son tentateur personnel exerçait des mouvements manuels de va-et-vient sur sa verge.

OoOoO

Un lourd silence pesait dans la chambre. Drago était allongé sur le dos, le regard dans le vide, encore choqué. Harry jouait avec sa ligne de poils, ce qui, en soi, n'était pas déplaisant, mais donnait vraiment l'impression à Drago qu'il ne s'était rendu compte de rien. Ou plutôt, qu'il ne prenait pas la pleine mesure de ses paroles.

« J'étais sérieux, tu sais », révéla Harry.

Drago soupira.

« Comment est-ce que tu peux faire une telle annonce à ce moment-là ? » protesta-t-il.

« J'en sais rien ! » râla à son tour Harry. « C'est sorti tout seul. Est-ce que c'est vraiment un si mauvais moment ? Je l'ai senti comme ça, je l'ai fait... Je ne savais même pas que j'allais t'en faire part maintenant ! »

Fichu Gryffondor impulsif.

« Parce que ça t'arrive souvent de demander à un mec qu'il t'épouse pendant que tu jouis ? » rétorqua Drago, de mauvaise foi.

Harry soupira et roula sur le dos.

« Tu sais bien que non », soutint-il, amer.

Drago ferma les yeux. Il était énervé. Mais le pire, il en avait conscience, c'était qu'il n'était pas énervé contre Harry, mais contre lui-même. Il aurait dû se réjouir, le questionner sur les raisons, sur ce que cela signifiait pour eux deux. Mais non, il ne pouvait penser qu'au fait qu'il était cabossé, déformé, détruit, peut-être même jamais construit, à cause de ce que son père lui avait fait.

Drago se redressa brusquement et s'assit sur le bord du lit. Il sentit le matelas s'affaisser derrière lui, mais garda les yeux rivés sur ses mains, qu'il triturait nerveusement.

« Je ne suis pas celui que tu crois, Harry », tenta-t-il.

« Les circonstances se répètent », commenta ce dernier.

« Comment ça ? »

« On fait l'amour, puis tu as besoin de te confesser », expliqua-t-il.

« Merci pour ta délicatesse. »

Il eut le bon ton de ne pas relever.

« Alors, comment est-ce que je te vois, selon toi ? »

Drago saisit alors : il l'avait blessé. Le filet de sa voix était ténu. Et il pouvait le comprendre dans le fond. Le problème était qu'il ne savait même plus quelle réponse lui donner. Dans sa tête, tout se bousculait, et en particulier la culpabilité et l'horreur. Il aurait dû savoir, comprendre, mais il avait fallu qu'il confronte Pansy pour que les mots se glissent dans son oreille et remontent jusqu'à son esprit.

Il s'était moqué de Harry en troisième année avec les Détraqueurs, mais il avait mis si longtemps à réaliser que si ça ne l'affectait pas, c'était parce qu'il était déjà fait de ténèbres…

« Disons surtout que tu ne sais pas tout sur moi », corrigea Drago, plus précautionneusement cette fois.

« Sans blague. Je sais qu'on communique mieux qu'avant, mais il y a une chape de secrets au-dessus de… eh bien de toute ta vie, en fait. Je connais l'homme que tu es aujourd'hui, je devine celui que tu as été ado, mais à part ça, je ne sais rien », développa Harry.

« Et alors ? » réagit hargneusement Drago, qui savait pourtant qu'il avait raison.

Cette discussion le tendait beaucoup trop, il n'arrivait pas à avoir une conversation saine et ça l'énervait d'autant plus. C'était plus fort que lui.

« Alors rien », répliqua calmement Harry en s'asseyant à côté de lui. « Ce n'est juste pas un truc que je découvre et qui peut m'étonner. »

« Et le fait que mon père me violait quand j'étais gosse, ça te surprend ou tu l'avais vu venir aussi ? » s'emporta Drago en se levant d'un bond.

Il se mordit les lèvres en réalisant ce qu'il venait d'avouer. Ou plutôt, de quelle façon il l'avait fait. Il pouvait bien parler de l'impulsivité de Harry à présent. Il n'osait même plus le regarder en face. Il se comportait comme un monstre.

Harry ne prononçait pas un mot et que ça stressait encore plus Drago. Son cœur battait à la débandade, douloureux. Il avait la sensation de s'éparpiller, accentuée par le vertige qui le gagnait progressivement.

« Dis un truc ! » s'affola Drago. « S'il-te-plaît... »

« J'ai des envies de meurtre », déclara-t-il, la voix sombre. « Après l'avoir démembré à la moldue. »

« Certainement pas », refusa Drago.

Il déglutit. Osa enfin affronter Harry. Son visage était fermé et déformé par une rage sauvage, qui aurait effrayé Drago s'il n'avait pas la certitude qu'il réagissait par amour.

« Il doit payer ! » s'insurgea Harry. « Si tu portes plainte, tu obtiendras justice ! Le Magenmagot sait déjà ce qu'il est. Ils te croiront, ils… »

« Non, non, et non », persista Drago. « Il n'en est pas question. »

« Pourquoi ? »

« Parce que ! » lâcha Drago avant de soupirer. « Parce que si je fais ça, tout le monde va savoir que… que… que je suis sa victime. »

La colère de Harry sembla alors retomber comme un soufflé. Il ouvrit la bouche, puis la referma, les paupières papillonnant d'hébétement. Ses traits se radoucirent progressivement, et il le dévisagea avec deux grands yeux comme des gouffres.

« D'accord, je peux comprendre ça. Qu'est-ce que tu veux alors ? »

« Rien », soupira Drago. « Je veux juste que tu me croies. »

Harry acquiesça.

« Bien sûr que je te crois… Et, du coup, ça… ça refait surface maintenant ? » risqua-t-il.

Drago secoua la tête, comme dans une tentative vaine d'éviter l'afflux d'émotions et d'images. Mais l'orage grondait déjà dans sa tête, l'ombre de son père se dessinait dans l'encadrement de la porte, et il avait beau pleurer, rien n'y faisait. Peut-être même Lucius était-il encore plus rude avec lui parce qu'il ne se comportait pas avec dignité.

Harry entra dans son champ de vision, ses pupilles émeraude occupant tout l'espace tandis qu'il apposait son front au sien.

« Le plus dur est derrière toi, je te le promets. Tu ne seras plus jamais ce petit garçon de cinq ans à la merci de son père, d'accord ? »

Drago hocha la tête, plusieurs fois. Il était comme anesthésié. Ou atteint. Il tomba néanmoins dans les bras de Harry et ce geste le réconforta.

OoOoO

Drago avait été silencieux tout le reste de la journée. Journée qu'il avait passée au lit, dans les bras de Harry.

Il n'avait pas souvenir d'un moment plus tendre que celui-ci, mais triste aussi. En libérant la parole, il avait rendu réelle sa souffrance et, ça, c'était compliqué. Heureusement, Harry était parfait. Il le tenait serré contre lui et, tel un enfant en recherche d'affection, Drago se laissait faire. Les doigts de Harry glissaient tantôt sur sa joue, tantôt dans son cou, et Drago gardait les paupières fermées.

Ils restèrent ainsi jusqu'au soir. Harry se dégagea dans un soupir de paresse.

« Il faut que je pense au repas, au moins pour Teddy. Tu as une envie en particulier ? »

Le Serpentard le dévisagea avec deux grands yeux. Ses pensées étaient vides, il était comme engourdi à l'intérieur.

« Je vais commander un truc, je reviens vite », lui promit Harry, qui sembla avoir compris.

Drago resta inerte, incapable d'évaluer le temps qui passait. Cependant, il fut sorti de sa léthargie par quelques coups frappés à la porte, et nul doute qu'il s'agissait de Teddy. Il était toujours nu comme un Véracrasse et incapable de réfléchir.

Il entendit cependant la voix de Harry dans le couloir, sans que ça soit intelligible. Il revint juste après et grimpa dans le lit. Il tendit une plaquette de chocolat sous le nez de Drago.

« Tiens », fit Harry sans plus de cérémonie. « Teddy tenait absolument à t'en donner. »

Drago l'attrapa par automatisme, se demandant bien ce qu'il allait pouvoir en faire.

« Je ne suis pas déprimé », protesta Drago. « Et l'idée de manger me donne la nausée. »

« Je la ramènerais pour éviter qu'elle fonde, alors. »

La plaquette fut déposée sur une table de chevet, puis ils retrouvèrent leur position initiale. Drago ne réagit pas lorsque Teddy les appela à l'arrivée de la commande et secoua simplement la tête quand Harry lui demanda s'il l'accompagnait. Il partit en l'embrassant sur la tempe.

À son retour, Drago n'avait pas bougé. Ou pratiquement pas. Il regardait le plafond qui s'assombrissait au fur et à mesure que le soir tombait sur la ville. Il ne tourna la tête qu'en sentant le matelas s'affaisser du mauvais côté.

Harry tenait une tasse à la main.

« Je t'ai fait une tisane. »

« J'ai des nausées. »

« Mais il faut que tu boives, Drago. Surtout qu'il fait chaud. »

Drago haussa les épaules et se remit en place. Il entendit alors le son de la porcelaine qui touche le meuble et Harry fit le tour du lit. Il se rallongea et prit son visage entre ses mains.

« Je m'inquiète pour toi, Drago. »

« Tu ne devrais pas », répliqua-t-il, non sans émotions.

Il en avait la gorge nouée.

« Eh bien tant pis alors, je devrais pouvoir m'en sortir quand même », fit Harry en haussant les épaules, avant de le lâcher et de se coucher sur le dos. « Tu devrais vraiment boire, par contre. Ce serait un bon début. »

Drago le dévisagea, sidéré. Il avait trouvé le moyen pour être présent et ferme, mais aussi respectueux de ses limites. Quoi qu'il fasse, depuis quelques temps, il parvenait à la fois à montrer son désir d'être avec lui et à considérer ses besoins de distance.

Par Salazar, il était la concrétisation de tout ce qu'il avait toujours attendu… lui-même se trouvait insupportable.

« Harry ? » tenta Drago en se rappelant ce qu'il lui avait dit un peu plus tôt dans la journée.

« Oui ? »

Les pupilles émeraude le fixaient avec douceur.

« Tu étais vraiment sérieux tout à l'heure ? »

Sa voix tremblait. Harry fronça les sourcils. Son cœur se serra d'appréhension, à l'idée qu'il se soit monté des pièces de théâtre.

« À propos de quoi ? »

« Du mariage. »

Il eut un moment d'arrêt. Se redressa sur un coude, le regard accroché au sien.

« Oui », commença-t-il, avant de prendre une grande inspiration. « J'ai jamais ressenti ça pour personne, Drago. Il n'est pas question que je perde ce qu'on a pour des considérations qui… au final, ne vont pas changer grand-chose pour moi. Et, en plus, ça te rendrait tellement heureux. »

Drago déglutit. Ses yeux étaient humides.

« Oui… mais… ça ne me suffirait pas…. »

« Je sais. J'y ai réfléchi aussi. Et... »

Harry prit une nouvelle inspiration. Le cœur de Drago battait la chamade.

« Oui, c'est un oui. Je… Je ne sais pas comment expliquer ça, je crois juste qu'à force d'y penser, j'en ai fait une évidence, la seule voie possible », souffla Harry. Il cherchait véritablement ses mots, et Drago n'en revenait pas. « Je suis sûr que sans toi, ça n'aurait jamais été envisageable. Mais depuis que je sais que tu ne vois pas les choses autrement… je les considère. Je vois Teddy, et le fait qu'il grandisse me rend nostalgique. Je vois l'appartement, et je le trouve presque vide sans enfants qui courent en tout sens. »

Harry se gratta le crâne, visiblement perturbé. Quand il reprit la parole, sa voix tremblait.

« Tu m'as changé, Drago. Je crois que je suis incapable de voir un autre avenir, maintenant. »

Drago ne put réprimer la naissance d'un sanglot, qui le prit au dépourvu. Il n'arrivait pas à croire ce qu'il venait d'entendre.

« Mais… et tes besoins de liberté ? »

Harry haussa de nouveau les épaules. Il renifla. Lui aussi était ému.

« Le temps que… ce ou ces enfants grandissent suffisamment pour aller à Poudlard, j'aurais quoi ? Quarante-cinq ans ? J'ai encore tellement de temps pour sortir. Mais… d'une certaine façon, j'y avais déjà renoncé à l'arrivée de Teddy. Je croyais que ça me manquait. Et je suis désolé d'avoir été injuste avec toi, Drago. Je pensais vraiment que ces circonstances de temps l'étaient pour moi… mais en fait… non. »

« Je ne suis pas sûr de comprendre ce que tu es en train de me dire, Harry. »

Il se faisait l'effet d'un Boursouf. Il ne parvenait qu'à le dévisager comme un idiot.

« Mes priorités ont changé. Je suis avant tout un père. Même avant d'être ton compagnon, je pense... Question de responsabilités. Mais… rah, ce n'est pas vraiment ça que je voulais dire », s'exaspéra-t-il. « Ça fait longtemps que j'ai arrêté de sortir tous les weekends, et il m'a fallu du temps pour comprendre que je n'en avais plus envie. La vie que je mène pour l'instant me plaît vraiment, si ce n'est que je veux la remplir de… de preuves de notre amour ? »

Drago resta coi. Son cerveau venait d'exploser sans préavis. Harry lui disait enfin tout ce qu'il avait attendu depuis tout ce temps. Il devait y avoir Strangulot sous roche. Et ce Strangulot, c'était peut-être Drago lui-même.

« Enfin, note que je ne te parle pas d'exclusivité hein. C'est juste que l'idée de baiser d'autres mecs est descendu bien bas dans la liste des choses qui comptent… dans mon quotidien », nuança Harry.

Drago réagit à peine. C'était bien autre chose qui le tracassait.

« Et si, moi, je ne suis plus certain de pouvoir être un bon père ? »

Le doute claqua et Drago n'assuma pas, préférant baisser les yeux. Quand il leva à nouveau les yeux sur Harry, il avait la bouche ouverte, marquant son incompréhension.

« Mon père m'a détruit », soupira Drago, réalisant que le contexte avait son importance. « Je le constate seulement depuis quelques jours… Mais c'est la vérité. Je peine déjà à te montrer que je t'aime… alors à un enfant qui a terriblement besoin de l'amour de ses parents, c'est... »

« … juste une autre manière de fonctionner », acheva Harry en se redressant subitement. Il s'assit en tailleur, dévisageant Drago. Il respirait la détermination. « Teddy tient beaucoup à toi, tu sais. »

Drago ouvrit la bouche pour l'interrompre, mais Harry fut plus rapide que lui.

« Je sais ce que tu vas me dire. Teddy apprécie tout le monde. Sauf que Teddy n'a jamais demandé à ce que Dean reste quand je l'ai quitté. Il n'a jamais cherché à savoir si j'avais quelqu'un dans ma vie jusqu'à ce que, toi, tu reviennes. Il t'estime. Il adore ta compagnie. Il te fait confiance. Il ne s'offusque pas de ta rudesse, il comprend juste que tu es honnête et authentique. Et moi aussi, par Godric ! »

Harry s'approcha un peu plus de lui, une lueur résolue dans ses pupilles, et Drago crut qu'il allait l'embrasser. À la place, il bascula par-dessus lui, posa un pied puis un genou à terre, avant de prendre sa main dans la sienne.

Ne croyant pas à ce qui était en train de se passer, Drago se redressa, s'asseyant sur le bord du lit. Il était sidéré.

« Je sais qu'officiellement, on n'est plus ensemble », poursuivit Harry. « Je n'ai même pas de bague pour faire ça dans les règles de l'art. Or, je sens que c'est le bon moment pour ça, là. »

Tout cela, c'était également sans compter sur le fait que Drago était encore nu, et ce n'était pas vraiment dans cet état qu'il avait prévu la scène, mais il ne pensait plus qu'aux battements de son cœur qui cognaient violemment dans sa poitrine.

« Drago. »

« Harry », souffla Drago, qui ne pouvait pas décrocher son regard du sien.

« Je n'avais pas imaginé qu'un certain 24 décembre 2002, en apportant des colis pour le repas du réveillon de Noël des détenus, je croiserais à nouveau ta route. Je me figurais encore moins que j'allais me prendre d'affection pour toi, au point de t'héberger à ta sortie… et tomber amoureux de toi. »

Drago se mordit la lèvre. Il avait envie de pleurer, tellement le moment était irréaliste. Était-il sûr de ne pas rêver ?

« Sept ans et demi plus tard, je suis incapable de concevoir ma vie sans toi. Alors, Drago… acceptes-tu de m'épouser et de devenir le père de mes enfants ? »

« Par Salazar, Harry... », murmura le concerné, avant de glisser au sol, se plaçant au même niveau que lui. C'était tellement… trop pour lui, émotionnellement parlant. « Tu… tu… vraiment ? »

« Vraiment », confirma Harry, les yeux brillants de larmes. « Tu… te rappelles qu'à Azkaban, je vous avais fait lire Verlaine ? Il y avait le texte que tu devais préparer... »

« Alors le chevalier Malheur s'est rapproché », se rappela Drago.

« Il a mis pied à terre et sa main m'a touché », poursuivit Harry.

« Son doigt ganté de fer entra dans ma blessure. »

« Tandis qu'il attestait sa loi d'une voix dure. »

« Et voici qu'au contact glacé du doigt de fer. »

« Un cœur me renaissait, tout un cœur pur et fier. »

Comment ils pouvaient s'en rappeler après autant d'années, c'était un mystère. Mais la confiance que Harry donnait en leur amour n'avait pas de prix. Le doute n'avait pas sa place. C'était comme si ça avait été écrit depuis si longtemps déjà.

De la même manière qu'à l'époque, Drago lui tendit son petit doigt. Leur symbole de promesse à eux.

« Je jure de toujours me battre pour nous », répondit-il, la voix chevrotante. « Évidemment que je veux être ton mari. »

Harry attrapa son auriculaire, avec un sourire que Drago ne lui avait jamais vu : intimidé. Et amoureux.

OoOoOo

L'immense tour d'Azkaban se dressait devant Drago. L'angoisse était palpable, il n'était pas serein. Pourtant, il avait l'intuition qu'il faisait ce qu'il fallait. Pour s'autoriser à être un bon amant, un bon mari, un bon père, il devait affronter celui qui l'avait détruit.

Il passa les portes et la sécurité dans un état second. Il n'entendit même pas les instructions du gardien, qui n'était plus celui qu'il avait connu dans l'aile des jeunes. Il le suivit jusque dans la salle des visites jusqu'à le reconnaître.

Lucius Malefoy, de son nom, ne faisait pas ses cinquante-sept ans. Les presque dix années qu'il avait passées derrière les barreaux semblaient s'être ajoutées à son compteur d'âge. Son regard, cependant, n'avait pas changé d'une patte de Boullu. Et lorsqu'il se posa sur lui, bourreau et victime se reconnurent instantanément. Drago se pétrifia face au sourire froid et figé de celui qui lui inspirait le Schéol.

Quelque chose avait malgré tout changé. Le Schéol n'avait plus la couleur des ténèbres, mais était au contraire d'un gris clair fade, sans vie. Lucius Malefoy était affaibli par les nombreuses années d'incarcération.

« Mon fils, quel plaisir de te voir après… combien de temps déjà ? Cela remonte à l'enterrement de ta mère », lança-t-il d'emblée, d'une voix doucereuse.

Drago serra la mâchoire. Il ne lui avait pas fallu dix secondes pour lui faire regretter sa venue. Mais il avait un dessein trop important pour le laisser le balayer en moins de deux.

« Épargne-moi tes discours », le coupa directement Drago. « Je ne suis pas là pour ça. »

« J'imagine que c'est une question d'argent, alors. Tu n'es tellement pas digne d'un Malefoy, tu es un incapable et, bien sûr, tu n'as pas pu fonder ton empire. »

Drago était effectivement loin de la carrière qui pourrait satisfaire le sorcier en face de lui. Heureusement, son avis n'avait plus aucune valeur. Il ne cherchait plus à le rendre fier, et Lucius était d'ailleurs à mille lieues de ses véritables intentions.

« Ton héritage est sale, père », lui rétorqua-t-il avec mépris. « Je n'en veux pas une seule Noise. »

Lucius siffla, menaçant.

« Ton ingratitude a atteint le seuil de la populace. C'est une ignominie, je ne t'ai pas élevé avec de tels préceptes. »

« On est bien d'accord là-dessus », confirma Drago avec froideur. « Tu es fourbe, arrogant et pourtant si misérable. Rien qui puisse m'inspirer un quelconque modèle à suivre. »

Les iris, déjà fort clairs, devinrent pratiquement translucides.

« Que viens-tu faire ici, sinon m'insulter ? » cracha l'aîné.

Drago le toisa avec une clairvoyance jamais atteinte auparavant. Les réponses, il les avait sous les yeux.

Son géniteur était l'incarnation d'un mal que Drago avait toujours refusé de voir en lui. Il s'était toujours pensé en tant que marionnette, puis martyr dont la colère était le moteur de sa survie. À présent, il regardait la vérité. Du moins, il s'y efforçait.

Il était aussi sensible que son père était cruel. Mais il avait également tout de sa froideur et de son arrogance, qu'il n'aimait pourtant pas. Aujourd'hui, il n'en acceptait pas encore la responsabilité, mais un jour, il serait prêt à la prendre pour lui.

Pour Harry. Pour la famille qu'ils allaient construire ensemble.

Retenant un sourire victorieux, Drago mit sa main sous le nez de Lucius, qui afficha des yeux ronds de stupeur.

La veille, avec Harry, il s'était rendu en bijouterie magique. Ils avaient acheté ensemble leurs bagues de fiançailles. Harry avait choisi lui-même : de l'or pour Drago, pour avoir un peu de Gryffondor avec lui, et de l'argent pour Harry, pour avoir un peu de Serpentard avec lui. À l'intérieur, chacun avait une gravure personnalisée : le chevalier pour le premier, et le cœur pur pour le second.

« Qui ? Qui va porter notre nom ? » releva Lucius, mal à l'aise.

« Oh, nous n'avons pas encore décidé. Qu'est-ce que tu penses de Potter-Malefoy pour notre descendance ? »

Lucius vira au blanc craie. Pour la première fois de sa vie, Drago eut la sensation d'avoir le dessus sur son père.


Je pense que je n'ai qu'une question à vous poser : ressentez-vous ce sentiment de victoire à l'issue de ce chapitre ? 30 chapitres de Vae soli et 43 de Failles pour en arriver là... On sent le bout et les 6 chapitres qui vont venir clôturer tout cela.

Flux énergétique de scarabée sur vous,
Cailean