CHAPITRE 3
" Soit, pensa Stan, mais elle va me le payer très cher "
Il sortit donc le corps de Crodussang du saloon, et chargea deux ouvriers qui passaient par là de l'enterrer. Ils le firent de bonne grâce, sans poser de questions. Stan savait que s'il rentrait, il ne pourrait s'empêcher d'étrangler son petit bijoux. Il alla donc rendre visite à un ami, pour se détendre un peu.
Au saloon, Elsana nettoyait le sang répendut sur le sol, sous le regard attentif de son justicier. Une sonnerie de téléphone retentit. Elsana arqua un sourcil, et alla fouiller dans son sac pour trouver son téléphone. En voyant le numéro de l'école s'afficher, la jeune femme paniqua. Elle décrocha, et porta l'objet à son oreille.
- Oui ?
- Mademoiselle Perry ? demanda une voix.
- Oui c'est moi, que se passe-t-il ?
- Votre sœur s'est battue, et elle est plutôt mal en point, vous devriez venir la chercher.
Elsana soupira, il ne manquait plus que ça.
- Très bien, j'arrive.
Elle raccrocha, et se tourna vers son unique client.
- Allez-y, je serai là quand vous reviendrez, dit-il avant qu'elle puisse parler.
La jeune femme hocha la tête, et se rendit aussi vite que possible à l'école. Elle se rendit dans le bureau du directeur. Alaina était assise sur une chaise, le regard perdu dans le vague.
- Mlle Perry ! Vous voilà ! fit le directeur.
- Bonjour, monsieur, répondit-elle.
- La situation est grave,dit-il, votre sœur s'est trouvée plusieurs fois dans cette situation au cours de l'année. Nous pensons qu'elle supporte mal le fait de grandir sans parents, et que vous êtes incapables de subvenir à ses besoins. Par conséquent, j'ai pris la responsabilité de lui faire la morale, et de contacter une association pour enfant en difficultés. Il se pourrait, que votre sœur soit envoyer dans un centre sur Mars, et que vous ne la revoyez pas avant ses dix-huit ans.
Elsana resta sans voix. Pourquoi elle ? Pourquoi ? Elle se mit à trembler.
- Viens Alaina, on s'en va, dit-elle.
- Au fait, il vaut mieux que votre sœur ne revienne pas à l'école. Le centre vous contactera pour vous dire la date où ils viendront la chercher. Au revoir, mademoiselle Perry.
Elsana sortit, Alaina sur ses talons. Elles retournèrent au saloon. Alaina s'assit sur une chaise. Elsana demanda à son client si il voulait quelque chose. Il lui répondit que non, mais ne sortit pas pour autant du saloon.
- Va à la maison, Alaina, on se verra ce soir, dit-elle à l'adresse de sa sœur.
Alaina se leva, prit les clefs, et rentra chez elle, les yeux emplis de larmes. Elle se maudissait. Par sa faute, elle ne grandirait pas avec sa grande sœur adorée. Elles ne riront plus ensemble. Elle n'entendra plus jamais la voix d'Elsa lui chanter sa berceuse préférée. Elle ne pourrait plus jamais serrer sa sœur dans ses bras. La vie est injuste. Alaina se jeta sur le lit de sa sœur, et éclata en sanglots.
Au saloon, Elsana faisait les cent pas. Son justicier la regardait en silence. Finalement, il se leva, et s'avança vers cette femme qui avait éveiller sa curiosité. Il avait enlevé son manteau, révélant une chemise et un pantalon noirs. Il avait quand même gardé son chapeau, ne voulant pas être découvert tout de suite. Sans réfléchir, il prit la jeune femme dans ses bras, dans le seul but de la réconforter. Elsana s'accrocha à lui, comme si il était son seul espoir de garder sa sœur auprès d'elle. Elle pleura longtemps contre lui. Elle releva doucement la tête, et sécha ses larmes.
- Est-ce que je peux voir votre visage, demanda-t-elle d'une voix tremblante.
L'homme à la cicatrice la regarda un moment. Puis finalement, il accéda à sa requête. D'une main assuré, il enleva son chapeau, et le laissa tomber sur le sol. Elsana le détailla un moment. L'homme qui la tenait dans ses bras avait une cicatrice sur la joue gauche, et portait un cache-oeil sur son œil droit. Ses cheveux étaient en bataille, et d'une belle couleur caramel. Son œil valide était d'un marron intense. Elle réalisa alors, qu'elle avait déjà vu ce visage quelque part. Mais elle n'arrivait pas à se rappeler où.
- Puis-je savoir votre nom ? finit-elle par dire.
- Seulement si vous me dîtes le votre, répondit-il, une lueur amusée dans le regard.
- Elsana, mais je préfère Elsa.
- Je m'appelle Albator.
Dans le cerveau d'Elsa, tout se mit en place.
