CHAPITRE 4

Ce fut avec la tête pleine de questions, qu'Elsa rentra chez elle. Elle n'avait pas osé demander à cet homme quel métier il exerçait. Elsa monta lourdement les escaliers. Elle ouvrit la porte d'entrée, et entra chez elle.

- Alaina, je suis rentrée !

Sa petite sœur sortit de sa chambre, les yeux rouges d'avoir tant pleuré. Elsa enleva ses chaussures, accrocha son sac au porte-manteau, et s'avança vers sa sœur. Celle-ci rentra dans sa chambre, et avant qu'Elsa ne puisse réagir, ferma sa porte à clefs. Alaina voulait rester seule. Elsa frappa doucement à la porte.

- Laisse-moi.

Elsa soupira, et entra dans son salon. Elle s'assit dans son canapé, et resta pensive un moment. Elle n'en revenait pas. Sa sœur allait lui être enlever. Arracher. Elle allait être former à l'image de Gaïa. De plus, un mystérieux inconnu l'avait réconforté. Il lui avait dit son nom. Un nom qui trouble. Empli de préjugés. Il lui avait dévoilé son visage. Elle l'avait déjà vue. Elle le sait. On frappa à la porte. Elsa se leva, et alla ouvrir. Qu'elle ne fut pas sa surprise de voir Albator sur le porche. Elsa arqua un sourcil.

- Vous me suivez ? demanda-t-elle.

- Non, mais vous avez oublié ça, répondit-il en lui tendant un morceau de tissu.

- Vous plaisantez j'espère ?

- Vous avez raison, ce vieux stratagème ne fonctionne plus depuis le temps. J'avais juste envie de vous voir, avoua-t-il.

Elsa sourit, et pris le morceau de tissu.

- Je vous en pris, entrez, fit-elle.

Elle se décala pour le laisser passer. Albator entra, et accrocha son chapeau à côté du sac d'Elsa, ainsi que son manteau. Elsa ferma la porte, et précéda son visiteur dans le salon.

- Vous voulez boire quelque chose ?

- Par pitié, non.

- Même pas un verre de Red Bourbon ?

Il esquissa un sourire.

- Finalement, je vais me laisser tenter.

Elsa sortit deux verres, et les remplit du liquide couleur grenat. Elle apporta les verres d'une démarche purement professionnelle, et les posa sur la table basse. Son invité en prit un, et but une gorgée. Elsa fit de même.

- Else, tu aurais pas vue mon pyjama, par hasard ? fit la voix d'Alaina.

- Sous ton oreiller, ma chérie.

Elsa entendit le bruit de la porte de la salle de bain. Elle soupira.

- Vous voulez en parler ? demanda Albator.

- Je ne veux pas vous ennuyer avec mes histoires.

- Si je peux être utile pour quoi que se soit, je...

- Vous ne pouvez pas m'aider ! cria Elsa.

- Je suis sûr du contraire, dit-il d'une voix calme.

Elsa poussa un soupir d'agacement.

- Pourquoi, vous avez des pouvoirs magiques ? demanda-t-elle d'un ton insolent.

- Non, mais je...

- Alors, vous ne pouvez pas m'aider. C'est tout.

Albator ne répliqua pas.

- Désolée, je ne voulais pas vous crier dessus, et être insolente envers vous.

Il la regarda un moment.

- Ce n'est rien, affirma-t-il.

Elsa fit un sourire timide, et s'assit sur le canapé. Son invité s'assit à côté d'elle. Ils finirent leur verre en silence. Alaina débarqua en pyjama dans le salon, et s'assit sur le canapé à côté de sa sœur, un livre à la main. Elsa vit alors ses mains écorchées, et son œil au beurre noir. Elle prit l'une des mains de sa sœur, et l'examina attentivement.

- Ce n'est rien, Else, je te promet.

- Tu plaisantes, ma chérie, répliqua Elsa.

- C'est pas grave, je te dis !

- Je vais quand même te donner de la glace pour mettre sur ton œil, déclara la grande sœur en se levant.

Elle alla dans la cuisine, et prit un sachet de glaçon, qu'elle enveloppa dans une serviette. Elle revint dans le salon, et tendis le tout à sa sœur. Alaina le prit, et le porta à son œil. Elle grimaça.

- C'est froid, se plaignit-elle.

- Normal, c'est des glaçons. Un autre verre ? demanda-t-elle à l'adresse de son invité.

- Non, merci, répondit-il.

Elsa ramassa les verres, et les mit dans l'évier. Dans le salon, Albator tentait de parler avec Alaina.

- Tu lis quoi ? demanda-t-il.

Alaina le regarda en se demandant pourquoi il était là. Elle n'avait aucune envie de répondre, mais comme elle était bien élevée, elle répondit quand même.

- Le secret des Limbes.

- Il est bien, tu verras.

- Je sais, répliqua-t-elle, je l'ai déjà lu.

- Pourquoi tu le relis ?

- Parce que c'est mon préféré, répondit-elle en soupirant d'agacement.

Elsa revint à ce moment là. Ses yeux se posèrent sur son invité. Elle le dévisagea pendant plusieurs minutes. Celui-ci le remarqua, et il leva un sourcil interrogateur. Elle baissa immédiatement les yeux.

- Je vais y aller, finit-il par dire.

- Je vous accompagne.

Ils sortirent du salon. Albator reprit ses affaires, et se tourna vers la jeune femme.

- Merci, dit-il, j'espère qu'on se reverra.

- Je l'espère aussi, répondit Elsa.

Elle ouvrit la porte, et laissa sortir l'homme à la cicatrice.